Après la démocratie

Réflexion à propos de l’article d’Emmanuel Todd :
« Élections européennes du 25 mai 2014 : Non, je n’irai pas voter !« 

Post-démocratie ?

Certes…

Mais cela remonte à plus loin que le Traité de Lisbonne !

Au risque d’être traité de « conspi », osons affirmer que nous vivons dans un monde proto-fasciste où l’on amuse le peuple avec une parodie de démocratie. Où nos dirigeants n’ont plus qu’un pouvoir de pantomimes. Où toutes les  décisions qui gouvernent notre vie de tous les jours se prennent à Bruxelles, à Francfort ou à Wall Street. Où les vrais maîtres du monde sont une poignée de dirigeants d’organismes financiers et des multinationales qui spéculent avec le plus odieux cynisme sur le cours des denrées alimentaires, sur l’accès à l’eau, sur la faim dans le monde, la pauvreté, qui n’hésitent pas à fomenter des guerres pour gagner des milliards en vendant des armes, à créer des épidémies pour vendre des médicaments, à renverser des régimes, à déclencher des révolutions, à soutenir des terroristes (autant que leurs victimes) pour ménager leurs intérêts stratégiques, etc.

Un monde où s’est installée sournoisement une sorte de dictature bisounours, un totalitarisme sous Xanax, où chacun est le complice euphorique de son propre asservissement. Où l’on achète à prix d’or des joujoux technologiques customisés dernier cri pour être mieux géolocalisé, écouté, pisté, surveillé, nomenclaturé et référencé par les agences de renseignement ou les officines de marketing direct. Sans parler des réseaux sociaux comme celui-ci.

Un monde où l’instantané a remplacé le Présent. Où le vertige angoissé et l’ivresse servile ont remplacé la sagesse, le détachement et l’équanimité. Où l’épaisseur du doute et le poison des fausses certitudes ont occulté le Réel et le Vrai.

Un monde où l’on est à chaque seconde surinformé, mais où l’information est constamment déformée, manipulée, instrumentalisée. Sinon fabriquée de toutes pièces pour influencer l’opinion.

Un monde où les marchands d’armes planétaires contrôlent les groupes de presse, les médias et les grandes multinationales du divertissement. Autant de machines à manipuler les cerveaux. Qui tantôt entretiennent l’angoisse à coup de faits divers sans intérêt remixés en boucle dans nos lucarnes en lieu et place d’information. D’images de guerre, de terreur, de barbarie, d’atrocités diverses complaisamment distillées. De scoops bien salaces et de psychoses savamment orchestrées. Le tout diffusé dans nos biberons télévisuels.

Un monde où scintillent les paillettes d’un bonheur cellophané, où le ciel étoilé s’est obscurcit de sombres menaces et d’avatars en 3D. Un monde où l’on nous vend des vacances de rêve, des divertissements à foison, des pinups botoxées. Un monde Photoshop. Un monde de paradis artificiels et d’artefacts du bonheur qui nous détournent des vraies préoccupations et des vraies valeurs.

Les sociologues du début du 20e siècle avaient conceptualisé les mécanismes de manipulation des masses. Les maîtres du monde en ont fait une réalité. Orwell et Huxley avaient prophétisé Big Brother et Le Meilleur des mondes. C’est aujourd’hui devenu une réalité. Très hype et séduisante. La réclame jouissive d’un monde cannibale.

Alors ? Faut-il débrancher le pod neuronal pour sortir de la Matrice ? Faut-il faire la Révolution ? Attendre le messie qui nous délivrera des griffes de Mammon ?

Oui et non.

A vouloir s’extraire totalement de ce monde, on court le risque de devenir aigri, parano ou schizophrène. Ou de rater le coche en jouant les Don Quichotte.

La seule issue est de se brancher sur « l’autre monde ». Celui promis par les vrais prophètes et le vrai Messie.

Qu’on l’appelle Royaume de cieux, Paradis des justes ou Nouvel Age, peu importe. Ce monde existe.

Ce n’est pas une vague promesse, un mythe ou une illusion. Il existe et attire à lui pour le métamorphoser tout l’ancien monde qui agonise sous nos yeux en croyant savourer sa victoire sur des consciences anesthésiées et la Vérité subtilisée.

Ce monde vit au travers de toutes les initiatives « parallèles » ou « alternatives ». Non pas « altermondialistes ». Quoi que.

Pour le découvrir il faut se pencher et non lever la tête. Se pencher et regarder ailleurs.

Eteindre la télé pour aller à au-devant du réel. Celui qui n’est pas encore vérolé par le merchandising du Mensonge.

S’engager dans les associations, découvrir des initiatives locales, soutenir la finance éthique, les banques chrétiennes, le microcrédit.

Soutenir les organismes humanitaires ou sociaux à taille humaine, proches du terrain. Plutôt que les grandes ONG sclérosées et corrompues.

Surfer sur les réseaux sociaux, à l’affût des nouveaux courants, des événements, des projets fondés sur la gratuité, l’échange, la solidarité.

Se laisser saisir par le foisonnement de projets créatifs et artistiques qui éclosent ici ou là, loin de l’art officiel et de ses provocations cyniques et désenchantées. Reflet de l’Ere du Vide.

Et puis surtout, s’ouvrir au monde de l’esprit.

Hors des chapelles institutionnelles. Hors des courants religieux fossilisés ou corrompus. Palper le pouls du Grand cœur qui bat à l’unisson et entrer dans ce nouveau monde spirituel qui vibre sous nos yeux aveuglés par les phares et les mirages d’un enfer captivant où le Sens agonise.

S’engager avec joie pour bâtir la Civilisation de l’Amour plutôt que souscrire au mythe du choc des civilisations.

Rejoindre les bons conspirateurs, qui chaque jour œuvrent à poser les fondations du monde de demain.

Ce n’est ni un rêve, ni une utopie ecstasiée, ni un nouvel opium du peuple. C’est le réel.

Un monde où l’Amour prime sur l’Argent.

Où l’autre prime sur l’Ego.

Où l’Etre prime sur l’Avoir.

Où l’Eternité prime sur l’agenda.

Toutes les grandes traditions spirituelles de l’humanité l’ont prophétisé ou en ont tracé la voie, chacune à leur manière.

Les religions l’ont perdu dans un labyrinthe de dogmes, l’ont étouffé dans un carcan de morale culpabilisante, l’ont dénaturé en un sentimentalisme benêt ou l’ont enterré sous le poids des habitudes et des rites oublieux du Sens.

Mais la porte en est toujours grande ouverte.

Il suffit de suivre les rayons du soleil. D’ouvrir son cœur. De faire retour à soi. Au dedans. Pour mieux s’ouvrir au dehors. De lâcher prise. D’abandonner ses chaînes. De renoncer à toute assistance respiratoire. A toute délégation de son libre arbitre.

Et surtout de reprendre les rênes de son existence. De libérer sa conscience des poisons et des fausses promesses. Du Zeitgeist. De renoncer à consommer et accumuler, de (se) mentir. D’être complice du grand maelstrom du Néant. Du Vortex. Du grand Abîme.

Et partant, retrouver le véritable pouvoir.

Celui de créer, d’inventer, d’innover. En visant le mieux-être collectif et non l’appropriation, la domination. Le don de soi et non le profit. La simplicité et non la sophistication. L’élévation et non l’abrutissement.

Le pouvoir est aussi celui du partage. Partage des ressources et des richesses, sans crainte de manquer ni obsession à posséder.

Celui de restituer à l’autre sa part de vérité, de singularité, sa vraie beauté.

Celui de vivre l’instant présent plutôt que de se projeter dans un futur imaginaire ou de cultiver la nostalgie d’un passé révolu.

Celui de préférer le bonheur de l’autre à sa propre satisfaction immédiate.

Ce pourvoir-là est immense et infini. Et il n’y en a pas d’autre en vérité.

Alors quel « régime » faut-il substituer à cette dictature qui nous fascine et nous broie ?

Ni démocratie ni théocratie.

Ni ploutocratie ni dictature du prolétariat.

Plus une éthocratie. Ou une noétocratie.

Le gouvernement des êtres par le Sens ou par l’Esprit.

Au-delà du demos, du peuple souvent réduit à la plèbe, ou de la transcendance du Collectif, souvent despotique.

Par-delà l’idéal dépassé des Droits de l’homme, il faut inventer d’autres principes. Construire un autre système de valeurs. Changer de paradigme.

Laisser advenir une autre réalité. Qui n’est pas systémique mais essentialiste. Pas écologique mais cosmogonique. Pas universelle mais holistique. Pas digitale mais quantique.

Difficile ? Au contraire !

C’est facile si l’on tombe les masques et les œillères. Mais c’est exigeant.

Car on ne peut tenter l’expérience à moitié. Soit on plonge tout entier dans l’Immensité, sans élastique, soit on reste sur le bord du rivage à attendre des jours meilleurs.

Alors tant qu’à tout perdre autant tenter de tout gagner !

A chacun sa liberté.

Comme le dit un proverbe du Talmud :
« Le jour où le messie viendra, tous les hommes seront sauvés.
Tous, sauf les imbéciles parce qu’ils ne voudront pas. »

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