Voyage au bout de l’ennui – Nécrologie des soârées parisiennes

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Les insultes ne seront pas tolérées et leurs auteurs éventuels seront signalés.

Le but de cet article n’est nullement d’offenser les organisateurs de soirées, qui pour beaucoup font leur travail du mieux qu’ils peuvent, ni les jeunes, dont beaucoup n’aspirent qu’à s’amuser. Même si l’arrogance d’une minorité vient confirmer les arguments avancés ici.

Il ne s’agit pas non plus d’une « étude », encore moins d’une photographie objective du milieu festif parisien.

Les propos n’engagent que leur auteur. Et n’ont d’autre but que d’inciter à réfléchir et à réagir face à une « attitude » qui décrédibilise l’ambition parisienne de se croire le cœur du monde et l’épicentre du bon goût et de la fête, notamment en matière de musiques électroniques. Avec une grosse dose de second degré et de cynisme assumé. Rien de plus.

Merci à tous ceux qui ont manifesté leur approbation et leur soutien. Et tant pis pour les autres qui n’auront vu que le chant du cygne passéiste d’un vieux fêtard dépassé par son époque.

Ou pire, ces aigris et ces fats qui m’auront assommé de leur projections assassines, incapables qu’ils sont de se remettre en cause.

Que les dieux de la Fête vous pardonnent et May the House Force be with you!

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Chronique d’une mort annoncée

Paris, c’est l’endroit où les DJs préfèrent jouer aujourd’hui”, pouvait-on lire le 3 juin dernier sur le site web du magazine Télérama célébrant l’ouverture du Weather Festival.

De quoi s’étrangler de rire ! Une déclaration péremptoire, et symptomatique de l’orgueil hipster parisien le plus crasse.

Certes la programmation des soirées parisiennes fait rêver. Et beaucoup de stars internationales de premier rang aiment Paris et viennent souvent y jouer.

Par amour de la fête ? Ou juste pour cachetonner ?…

Si on croise souvent à Paris des légendes vivantes comme Robert Owens, qui vient en voisin (il habite Londres), ou Lil Louis (programmé plus de 3 fois en un an), que dire quand Derrick May joue accompagné d’un orchestre symphonique devant 20.000 spectateurs en ouverture du Weather Festival[i] ? Peut-on encore parler le fête techno ? Ou d’une entreprise très rentable ?

Derrick May durant le concert d'ouverture du Weather Festival, Paris, 4 juin 2015

Derrick May durant le concert d’ouverture du Weather festival, Paris, 4 juin 2015

Juste pour saisir l’esprit de ces rassemblements géants, qui n’ont plus rien de commun avec les raves d’il y a 25 ans, voici un extrait de ce que l’on peut lire sur le site du Weather Festival Paris 2015 :

« Les festivaliers ne peuvent pas venir avec leur propre nourriture ou boissons. Cependant, nous vous proposons une carte composée exclusivement de produits bio, sans porc, et nous avons même pensé aux végétariens. »[ii]

Bio, halal et végétarisme : tout est dit. L’écologie, le communautarisme et la diététique, autrement dit la segmentation marketing et le politiquement correct, ont remplacé l’hédonisme, l’universalisme et l’inclusivité qui étaient les principes phares du mouvement house et techno à ses débuts.

La nuit parisienne aujourd’hui, se sont des centaines de lieux où sortir chaque soir, des milliers de fêtes chaque année. Mais peut-on dire honnêtement qu’on s’amuse encore à Paname ?

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Paris l’ennui. Voilà ce qu’est devenue la fête aujourd’hui.


Comment en est-on arrivé là ?

          Changement de décor

Aujourd’hui la plupart des soirées proposées au clubber parisien se déroulent dans des lieux normalisés, sécurisés, aseptisés. Sans magie, sans rêve, sans spontanéité aucune.

Même les anciens hauts lieux du clubbing sélect et haut de gamme de papa, comme le Régine, le Baron et autres boîtes VIP du Triangle d’or, ne sont plus que des écrins défraîchis. Sauvés de la banqueroute par quelques organisateurs de soirées opportunistes, plus soucieux d’attirer dans les beaux quartiers une clientèle jeune mais exigeante et un brin classieuse, loin des usines à teuf et du populo brindezingue, que de faire revivre les gloires du Studio 54.

A défaut de l’ambiance champagne, paillettes et rouflaquettes des années Bee Gees ou Sylvester, on a le nom.

Nées dans des mégaclubs plutôt populaires où se mêlaient gays, blacks, artistes et jet set, comme le Paradise Garage de Manhattan ou le Warehouse de Chicago, les musiques électroniques ont depuis conquis le monde. Tout le monde. Et pas toujours le meilleur.

A leur naissance, les fêtes associées à ces musiques entendaient rompre avec le côté élitiste, encravatté et un peu chiant du clubbing VIP. Et célébrer dans une orgie planétaire l’abolition des frontières sociales, ethniques, culturelles ou sexuelles. Force est de constater qu’on a changé d’époque ! Et que depuis le grand creuset fusionnel et hédoniste de l’époque Summer of Love a été remisé au rayon des souvenirs. Segmentation, ségrégation et esprit de caste sont revenus au galop.

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Certes, les premières raves se déroulaient dans des lieux franchement glauques, voire carrément destroy : au milieu des gravats, des rats et des vitres cassées, dans des usines désaffectées perdues au fin fond de banlieues sinistrées.

Mais c’était au sortir des années 1980. Années qui avaient vu triompher l’individualisme forcené, le culte de l’entreprise, du matérialisme, de la réussite et de l’argent facile, les golden boys, les « restructurations industrielles », Margareth Thatcher, Ronald Reagan, Bob Ewing, les premiers boys bands et le Club Dorothée !

Ces lieux squattés l’espace d’une nuit prolongée jusqu’à l’heure du thé étaient à l’image d’une époque froide, violente et cynique, qu’une jeunesse sacrifiée, exsangue, ravagée par le chômage, la crise et le sida, entendait vite oublier.

Picture of rock concert, music festival, New Year eve celebration, party in nightclub, dance floor, disco club, many people standing with raised hands up and clapping, happiness and night life concept

Très vite d’autres lieux totalement improbables et vraiment exaltants furent pris d’assaut par des organisateurs, au départ tous amateurs et désintéressés, de ces fêtes aussi orgiaques qu’extrêmes, éphémères et illégales : champs perdus au bout de routes de campagne oubliées, clairières au beau milieu de forêts bucoliques, champignonnières, anciens forts militaires, ou plages de sable fin à l’autre bout du monde.

Et puis la musique et le mouvement se sont radicalisés. Le hardcore abrutissant a remplacé la house vocale et sensuelle. Le gabber crasseux embarqué à plus de 180 BPM hors des docks de Rotterdam a supplanté la techno « intelligente » ciselée par les humanoïdes groovy de la Motown. Les mauvaises drogues, cheap et frelatées, ont remplacé les love pills. Et la scène rave, au départ urbaine et inclusive, s’est scindée en sectes rivales embarquées dans un road movie sans fin.

Les teuffeurs sont devenus des anarchistes nomades et clochardisés, en marge du système. Refusant toute concession à la société capitaliste. Laquelle avait entre-temps phagocyté ces musiques issues de l’underground pour les customiser en produits (très) bankable et en prêt-à-teuffer branchouille et ripoliné.

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Le parti pris politique et idéologique, et le culte de la marginalité l’avaient emporté sur le côté fun, festif, créatif, décalé et second degré.

Jusqu’à ce que la police et l’Ordre moral sonnent la fin de la récré. Désormais pour avoir le droit d’organiser des mégafêtes sans passer par la case prison, il fallait montrer patte blanche, avoir les cheveux courts, une chemise propre et un beau business plan.

En 1995, les Daft Punk avaient entériné la fin de l’époque rave en sortant un OVNI musical aussi malin qu’inattendu, bidouillé avec quelques samples de disco-funk énormes et quelques gimmicks minimalistes scandés au vocoder. Around the world allait faire le tour du monde, rassurer les mères de famille, contenter les nouveaux parents lassés de leurs excès de jeunesse, faire la fortune des deux robots versaillais, et surtout des maisons de disque soudainement réconciliées avec ces musiques autrefois réduites à un mouvement éphémère sans aucune valeur artistique.

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Seuls quelques technivals très officiels et surtout juteux prétendaient encore entretenir l’esprit rebelle, pour une populace de jeunes prolétaires toxicos, sourdingues, gavés d’alcool et de drogues dures, et totalement hermétiques aux subtilités musicales.

Côté clubbing, au seuil du nouveau millénaire, de l’ère Bush, du 11 Septembre et du choc des civilisations, le Summer of Love, les smileys, les fringues hippy et l’utopie One nation under a groove avaient été définitivement remisés au rayon des vestiges du siècle précédent. Le revival 80s, le retour du rock et de la new wave et l’hégémonie d’une électro glacée avaient ringardisé (pour un temps seulement) les débordements fluo du disco et de la house.

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Tout était devenu aseptisé. Y compris et surtout la nuit. La musique bien filtrée. Les soirées bien marketées. Le sexe bien encapuchonné.

Une nouvelle génération qui n’avait connu que la crise, le chômage et les stages de reconversion, n’avait jamais rêvé sur les barricades ni ravé sur les plages dorées, celles des « momos », accédait au pouvoir.

Hyperconformistes, moraux et écolos, ils accusaient leurs aînés les bobos d’avoir troqué leurs idéaux humanistes contre une retraite-chapeau. Et d’avoir vendu leur âme sur l’autel du libre-échangisme, de la mondialisation et de l’ultralibéralisme triomphant.

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Cette génération « citoyenne » et désenchantée, pour qui le nirvana s’apparente à une pouponnière avec des landeaux désignés par Starck, un compte ING Direct, et dont les idoles absolues se nomment Grand Corps Malade, Lilian Thuram ou Nicolas Hulot, ne conçoit assurément pas la fête comme les enfants gâtés des années 1980 qui ont connu les orgies du Palace, les nuits baroques et ecstasiées du Space d’Ibiza ou la transe psychédélique au lever du soleil sur les plages de Goa.

          La musique adoucit les mœurs

Effrayés, les premiers chroniqueurs des médias mainstream et les politiques l’ont été par ce mouvement inattendu parti de Chicago et de Detroit, qui en quelques années a enflammé toute la jeunesse planétaire.

Margareth Thatcher aura tout fait pour tenter d’empêcher les raves. En vain.

Les majors ont longtemps snobé les musiques électroniques, préférant le R&B sensuel et la world music consensuelle, le gangsta rap et le rock revival faussement rebelles et surtout les produits phares de la télé réalité.

Quant aux médias, ils se sont plantés sur toute la ligne. A force de vouloir ridiculiser dans des talk-shows en prime time les fans de techno, de les réduire à des marginaux abrutis par le bruit, la drogue et le sexe, sans aucune culture musicale, ils ont mis 10 ou 15 ans à comprendre qu’au contraire ces musiques apparemment minimalistes et répétitives avaient été inventées pour la plupart par des artistes visionnaires, d’une grande culture musicale, et qui avaient su écrire la bande son du nouveau millénaire. Que tout le monde ensuite allait tenter d’imiter sans en maîtriser les arcanes.

Là où les DJs avaient réussi à faire fusionner les corps, les âmes et les cœurs, les marchands ont juste fusionné les genres musicaux et faire fondre toute magie dans une soupe infecte.

A force de vouloir traduire en concepts marketing (le mélange des styles et le brouillage des pistes) ce que les artistes s’amusaient à jouer sur le registre de l’allusion gratuite et du subliminal (un sample par-ci, un riff par-là), les fabricants de tubes ont tué la musique.

Car sans magie, sans gratuité, sans créativité, on n’a que des produits insipides et frauduleux.

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Après avoir enflammé les dancefloors et ressuscité les morts, l’électro version années 2000 s’est abîmée dans une pop sirupeuse et affectée, vide de toute énergie et de toute âme, juste bonne à servir de refrain pour des spots publicitaires ou des show-rooms de créateurs modasses.

Même Daft Punk et Justice, faussement rebelles et vraiment motivés par le fric, n’ont pas échappé à cette dégénérescence programmée. Leur électro maousse et putassière a peut-être été la bande-son des années 2000. Mais quand on gratte un peu, il ne reste pas grand-chose.

Le sommet du cynisme et de l’entubage de masse a été atteint avec leur dernier album Random Access Memories. Le plus bel exemple d’arnaque de toute l’histoire de l’industrie du disque !

Sorti en 2013 au terme d’un incroyable teasing de 6 mois, il rassemble le plus gros panel de célébrités de la dance music mondiale qu’on puisse imaginer. Du pape du disco technoïde visionnaire et incontestable comme Giorgio Moroder au génial et funky Nile Rodgers de Chic, en passant par le producteur-phare du R&B US Pharell Williams ou de l’attachant Todd Edwards.

Tout ça pour quoi ? Une bouillie innommable, des tubes mineurs apparentés au pire de la disco commerciale et de la pop californienne formatée pour MTV et les radios FM des années 1980. Absolument aucun intérêt musical ! Juste un concept : plus décalé et plus affecté tu meurs !

Cf. cette parodie suisse, à pisser de rire, à peine une caricature !

Refusant les Victoires de la Musique qui voulaient les consacrer, les robots sont allés chercher leur standing ovation parmi les people rassemblés à New York pour les MTV Music Awards. Burlesque et affligeant !

La musique ne fait plus tourner les têtes. Elle adoucit les mœurs. Le monde est en guerre. Contre Al Qaeda qui menace de le faire péter. Contre le réchauffement climatique qui menace de le faire basculer dans l’abîme. Contre les Reptiliens qui menacent de débarquer pour anéantir l’espèce humaine.

Alors il faut rester vigilants, ne pas trop s’étourdir, juste le temps d’une piña colada à l’heure de l’apéro sur la terrasse du Batofar, entre jeunes gens bien comme il faut triés sur le volet et bien gardés par une sécurité musclée.

Qu’on l’écoute en format compressé sur son iPhone ou boostée par un sound-system ultra pointu, la musique électro-branchouille des années 2000 est toujours aussi ennuyeuse. Archi gavée d’effets spécieux peaufinés en studio, elle a « le gros son qui tue », c’est sûr. Mais juste le son, pas la musique.

A l’aube des années 2010 on a pu croire à un tournant. Mais non : ce fut pire !

Les « plus grands DJs du monde » (et les mieux payés) se sont révélés être les plus grands fossoyeurs de l’art. Les David Guetta, Tiësto et autres Avicii. De la musique totalement décervelée et standardisée à outrance.

david-guetta Ces faiseurs de fric et de tendances, sans intelligence autre que celle de l’appât du gain, ont fait croire à toute une génération que la musique se limitait à des tubes vulgos et à des instrus faciles pour rappeurs newyorkais et stars du reggaeton en quête de second souffle et d’un son nouveau après une carrière fléchissante.

Auréolés de leur réputation de stars de la French touch ou du label « européen », ils ont imposé au hip hop et à la pop d’outre-Atlantique ce son « eurodance », ultra merdique et commercial, reproduit à l’infini. Avec ses saw basses agaçantes issues des artifices de l’époque rave et hardcore, ces vocals hystériques (« Everybody dance now ! »…), ces look de boys bands pour coiffeuses et ce beat débile qui n’est qu’un pâle avatar de la house. Le son Dance Machine pour les nuls avait supplanté la musique des vrais esthètes.

Voilà où l’on en est arrivé.

Triste. Mais cela explique pourquoi la nuit se meurt.

Et puis il y a l’inévitable gentrification de la capitale. Les anciens quartiers zonards de la périphérie sont aujourd’hui tellement clean qu’on pourrait lécher le sol. Et si quelques SDF traînent encore leurs guêtres puantes au milieu des fils à papa, ce n’est plus pour très longtemps. La tuberculose et le SAMU social les auront bientôt emportés. En attendant soyons tolérants et laissons-les croupir pénards, puisqu’on vote à gauche.


Petit manuel à l’attention de ceux qui aiment vraiment faire la fête

Rappelons aux fêtards avertis et aux apprentis organisateurs de soirées soucieux de respecter leurs clients quels sont les ingrédients d’une fête réussie.

          Le lieu

Un lieu, ce n’est pas juste une adresse ou une coquille. Un lieu c’est un espace, rempli d’histoire, d’entités positives et de bonnes vibes. Ou pas.

On n’éprouve pas les mêmes émotions et on ne se remplit pas les poumons, la tête et le cœur des mêmes énergies quand on fait la fête sur une plage immense sous les tropiques, entouré de cocotiers, de bougainvilliers et de dauphins, ou dans un ancien théâtre Belle Epoque qui a vu passer toutes gloires du music-hall, et au bord d’une autoroute à 8 voies, entre un camp de Roms et une décharge publique, avec les odeurs de vomis, de matière fécale, les seringues et les canettes de crack qui traînent par terre…

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Ce que la plupart des organisateurs de soirée et des gamins qui vont se trémousser dans ces rassemblements de jeunes preppies à peine sortis de leur master de management en économie durable ignorent, c’est qu’une vraie fête house ou techno est un rituel initiatique. Que les vrais DJs ne sont pas justes des noms célèbres alignés sur un flyer au milieu des sponsors, mais des chamanes.

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Quand on ouvre le bal, on y convoque les entités, les esprits qui vont conduire les voyageurs dans les mondes parallèles. Le choix du lieu n’est donc pas anodin.

Veut-on flirter avec les créatures d’Avatar ? Ou s’inviter au banquet d’Odin ? Visiter le Jardin des Délices ? Ou boire le sang des vaincus au milieu des dieux vengeurs du Walhalla ?…

          La musique

On le le répétra jamais assez : la musique ce n’est pas juste un son. Un beat boum boum ou pschitt pschitt.

C’est une culture. Une magie. Un pont entre des mondes.

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There is the known and the unknown. And between them there are the Doors”, avait lancé Jim Morrisson dans les années 1960.

Cela reste plus que jamais d’actualité.

Si l’on se cantonne au connu, comment espérer décoller ? Si l’on répète toujours les mêmes schémas éculés, à quoi bon prétendre faire de l’art. Autant faire du lard.

La nouveauté pour la nouveauté n’est pas non plus la bonne formule. La vraie musique est à la fois un révélateur du Présent et une porte ouverte vers l’avenir. Au moment de la franchir, on doit ressentir un frisson délicieux vous parcourir l’échine, comme la première fois qu’on s’apprête à faire l’amour avec l’être aimé.

Le pire, c’est quand – hélas souvent – la musique n’est réduite qu’à un élément du décor. Un palmier à ma droite, une sculpture post-moderne à ma gauche. Le DJ au fond. Un cocktail à la main. Des beautiful people partout, mais pas trop quand même. Et un tempo hypra cool parce qu’après tout on est là pour s’amuser, non ?…

C’est quoi le titre qui vient de passer ? Ta gueule, on s’en fout ! Pourvu qu’on fasse semblant.

Certains y croient vraiment. Pensent faire partie des élus. Et avoir atteint le sommet du bon goût. Ce sont les pires.

Bêtise et arrogance sont en effet les traits essentiels de tout Parisien branché qui se respecte.

Prétendre. Paraître. Surtout pas être. Encore moins exister.

Une musique digne de ce nom doit faire oublier qui l’on est. Ou croit être. Et rejoindre l’Universel. Propulser vers les cimes et l’au-delà, aux confins de la galaxie. Aux limites de l’espace, du temps et du Réel.

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« Sans musique, la vie serait une erreur », disait Nietzsche.

Combien ont une vie qui se limite à une erreur ? Qui ne connaissent de la musique que ce que leur inculture et leur prétention les ont habitué à côtoyer.

Les fêtes parisiennes dans leur grande majorité ne célèbrent pas la Musique. Mais l’ego de consommateurs qui viennent y faire étalage de leur vide intérieur.

Est-ce à dire qu’il n’y a plus de vrais artistes aujourd’hui ? Que tout a été dit et que plus rien ne se crée ?

Pas du tout ! Il faudrait être sourd ou passéiste pour le croire. Au contraire, la création musicale n’a jamais été aussi effervescente, alors que n’importe qui peut aujourd’hui s’improviser DJ ou musicien en tapotant sur sa tablette ou son PC.

Mais ce que les médias et le grand public retiennent n’est certainement pas le meilleur.

Beaucoup trop de « produits » tiennent le devant de la scène, depuis que les musiques électroniques ont été investies par les business angels et les majors.

Malgré la variété infinie de ce qui se diffuse chaque jour sur la toile, il faut savoir faire le tri pour trouver des pépites au milieu de la mélasse. Et savoir où chercher. Sûrement pas sur les réseaux sociaux ou les sites institutionnels. Plutôt sur des sites spécialisés ou alternatifs. Et en sachant comment utiliser les moteurs de recherche et YouTube.

Le problème avec les jeunes générations, c’est leur manque de recul et de culture musicale.

Aujourd’hui il est rare qu’on appartienne à une seule tribu. Et l’on écoute aussi bien du rap, de l’électro, de la musique orientale, du rock, du jazz, du classique que du dubstep ou même de l’opéra. Sans parler de la variété, incontournable pour qui passe au moins une heure par jour devant un écran.

Mais pour s’y retrouver et reconnaître la bonne de la mauvaise musique, encore faut-il avoir des repères et avoir passé des années à écouter de tout.

Hélas les radios libres n’existent plus, qui autrefois faisaient ce travail de sourcing en dénichant de vrais artistes et en les faisant connaître au jeune public. Remplacées par des officines de promotion pour des produits adressés avec un gros chèque aux programmateurs par les majors.

FG, Générations ou Fun Radio diffusent en boucle les mêmes idioties. Idem pour les chaînes de télé musicales.

Quant aux DJs, ils pensent plus souvent à leur plan de carrière et à partir aux States qu’à bousculer leur public en lui faisant découvrir des univers insoupçonnés.

Alors c’est un peu chacun pour soi. Les plus honnêtes s’en sortent en passant des heures à chercher le son différent, quand la plupart se la pètent en jouant les branchés pour flamber devant les copains.

Les musiques électroniques et la musique en général y perdent en richesse et en lisibilité.

Mais ça n’est pas grave, l’important c’est que ça rapporte.

          Le DJ

Professionnels. Les DJs d’aujourd’hui le sont assurément. Assistés par une technologie qui ne laisse plus aucune place au hasard.

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Quel dommage ! Car le hasard, qui comme chacun sait n’existe pas, est justement l’ingrédient qui manque à ces fêtes formatées.

Playlists bien huilées, marketing bien rôdé, sets impeccables. Rien à redire.

Mais où est la magie, la spontanéité, l’échange avec le public ?

Regardez-moi comme je mixe bien, comme j’ai de de beaux tracks ! Et regardez-vous comme vous êtes beaux ! Le DJ d’aujourd’hui, c’est « Miroir ô mon miroir, dis-moi que je suis la plus belle ! »

Crénom de nom ! Un vrai DJ n’est pas un aficionado de la technique, que diable ! Ni un garçon coiffeur.

Un vrai DJ est un chamane.

Et si la techno joue avec la fascination pour la technologie triomphante, les machines, les robots, c’est justement pour mieux affirmer la suprématie de l’être et de l’esprit sur la matière. Pas pour chanter la gloire d’un monde transhumaniste gouverné par la Matrice.

Encore moins pour résumer l’horizon du siècle au slogan « Tous egos ! ».

Si la musique ne dévoile pas le vertige des autres mondes, à quoi bon ?

Nous ne sommes pas seuls dans l’Univers. Certes, mais alors pourquoi attendre qu’ET vienne nous rendre visite ? Autant partir à sa rencontre ici et maintenant !

Ce ne sont pas les moyens qui manquent. Juste la foi.

Paris est une planète athée. Quand house et techno sont d’essence spirituelle.

Not everyone understands about house music. It’s a spiritual thing, a body thing, a soul thing (Amador).

Ceux qui se contentent de soirées branchouilles sans prendre le vaisseau d’Interstellar ont peur d’eux-mêmes. Et peur de rencontrer Dieu.

Tout le monde n’est pas Frankie Knuckles ou Laurent Garnier.

Et ceux qui songent à leur carrière ou à se faire un nom n’ont rien compris à leur métier. Qu’ils ne méritent pas d’exercer. Ce sont des pousse-disques même s’ils ont appris à mixer dans des écoles ou abusent de la fonction Sync sur leur table de mixage Pionneer dernier cri.

          Le public

Le public d’une soirée, ce n’est pas juste une « clientèle ». C’est son corps. Quand le DJ est son âme.

Éclectique et inclusif. Voilà la recette d’une vraie fête.

Un peu de people mais pas trop. Et surtout incognito et mêlés à la foule, pas au premier rang ou dans un carré VIP.

Pas trop rebelle non plus, juste un peu borderline. Encore qu’on aimerait voir plus de ces punks électro frondeurs, jouisseurs et barrés dans ces soirées pour jeunes cadres apathiques.

Black-blanc-beur mais pas que. Gays et hétéros mélangés : le temps n’est plus aux ghettos mais aux mariages pour tous.

Et surtout, surtout : pas de dress code. Et encore moins de jeans Calvin Klein bien proprets.

Be crazy, be beautiful, be happy.

Sortir sans se montrer sous son meilleur jour, à quoi bon ?

Et pas seulement pour pécho. Mais parce que toi, moi, nous sommes tous différents. Tellement uniques et tellement rien sans l’autre.

Baroque et extravagante, la fête doit être. Sinon ce n’est plus une fête, mais un apéro au country-club de Neuilly.

Donc exit tous ces jeunes comptables endimanchés, faussement cools et faussement sexy !

Place aux créatures, aux dandys, aux zazous, aux freaks !

Un public doit être beau et souriant ou ne pas être.

Organisateurs, soignez vos guest-lists ! Il ne suffit pas d’avoir 5000 invités sur une page Facebook pour vous s’assurer d’une soirée réussie. A moins de ne cibler que le tiroir-caisse.

          Substances illicites ?

Pas besoin de se fracasser la tête si l’on a des oreilles. Et quelque chose entre les deux.

Et un corps sensible. Qui vibre, qui chavire. Et qu’on aime la danse. pas juste remuer ses fesses dans un jupe à 1000€.

« Si je peux marcher je peux danser. » Danser, flotter, voler… En apesanteur.

Hélas certains ne savent même pas marcher, tout juste piétiner en rond, toujours le même verre à la main, et le même sourire débile aux lèvres.

Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que la drogue est toujours là. Oh, pas dans ces clubs bien sages où l’on est entre gens de bonne famille. Mais dans le milieu festif, oui.

Et la qualité des drogues qui circulent aujourd’hui n’a plus rien de commun avec celles que l’on échangeait sous le manteau au soir des années 1980.

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Cocaïne, GBH, et nouvelles drogues de synthèse vite bidouillées et écoulées sur le marché européen sous l’appellation frauduleuse d’ecstasy, sans aucune connaissance des effets secondaires ni aucune politique de prévention des risques, ont remplacé le MDMA, le LSD, les champignons magiques ou la mescaline.

Pour trouver des produits psychoactifs de qualité, testés et contrôlés, il faut se rendre à Amsterdam, la dernière Mecque européenne de la défonce intelligente. Plus pour longtemps sans doute.

Quoi qu’il en soit, nous déconseillons formellement aux jeunes candidats à l’euphorie assistée de gober n’importe quelle pilule achetée dans une soirée, même vendue par un ami qui prétend l’avoir testée.

Pire encore, prises sans connaissance du protocole à respecter, mélangées entre elles ou associées à des doses massives d’alcool, ces substances aux effets aléatoires peuvent conduire plus sûrement aux urgences ou à la morgue qu’au Nirvana.

Mais on ne le dira jamais assez : la musique, pourvu qu’on accepte de lâcher prise et de s’abandonner, est à elle seule le plus puissant des élixirs. Inutile d’en rajouter ou de mettre sa vie en danger.

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          L’esprit

C’est là où réside l’essentiel.

Esprit festif. Esprit décalé. Esprit novateur.

Oui, mais encore ?

Faire la fête alors qu’il y a 10 fêtes de ceci ou cela chaque jour au calendrier, pas facile.

Et pourtant. La fête c’est un état d’esprit, pas une « attitude ».

Pour trouver de vraies fêtes il ne faut pas seulement garnir sa messagerie de newletters mais être intelligemment sélectif.

A force d’être trop pointues les soirées électro parisiennes style Zig Zag ou Concrete font carrément mal au cul !

Sortez des sentiers convenus, traversez le périph, ouvrer vos yeux et vos oreilles.

Et surtout voyagez !

Car Paris n’est pas, loin s’en faut, « LA » capitale mondiale du bon goût et de la culture qu’elle prétend être. La Belle Epoque, celle où Paris était réellement le centre du monde, c’était il y a 115 ans ! Depuis la Ville-lumière est devenue un cloaque égocentrique, fake et surtout vulgaire.

Alors que les plus grands producteurs américains sont souvent des artistes très casual, accessibles et ouverts à la nouveauté, nos divas hexagonales ne sont qu’un ramassis de trous du cul insupportables, de marquises ridicules et de gogos stériles.

La nuit est à leur image. A force de multiplier les pseudos fêtes pédantes comme autant de cultes à l’Ere du Vide, les Nuits blanches et autres festivals barbants, les bobos se sont ridiculisés.

Alors qu’à Londres, à Berlin, à Barcelone, à Madrid, à New York, à Rio ou Buenos Aires on sait encore ce qu’art et fiesta signifient.

L’esprit doit être mondial, cosmopolite, ou ne pas être. Surtout pas parisien.

Si dans une fête on ne parle que français avec l’accent de Paname, fuyez !

Et si on est polyglotte, qu’on parle avec ses bras et ses jambes, alors Welcome to the Real world!

Entrez dans la danse. Et just believe in Love!…

[i] Du 4 au 7 juin 2015 dans le Bois de Vincennes
[ii] http://www.weatherfestival.fr/weather-festival-paris-on-4-5-6-juin-2015-fr-faq.html

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41 réflexions au sujet de « Voyage au bout de l’ennui – Nécrologie des soârées parisiennes »

  1. Et encore un article d’un vieux qui ne s’est pas vu le devenir. Qui parle exactement comme les vieux des années 90 parlaient des raves à l’époque.

    • Ha ha ha !
      Le « vieux con » vous salue bien bas !
      On est toujours le vieux ou la vieille conne d’un autre. Surtout quand on s’y attend le moins…
      Prenez garde à vos enfants : il vont vous en faire voir de belles…
      Allez, sans rancune. 😉

      • Hey Christophe

        T’aurai du laisser la sève couler sur l’aubier, ça te fait dire des conneries ! A en voir tes réactions sur les commentaires, je dirais que t’as un capital image à protéger et ça décrédibilise totalement ton propos. T’es un sacré hypocrite pour venir parler de tes anciens potes « clochardisés », parce que les frees, c’était les meilleurs années de ta vie. T’as trop pris de farine ça fait des grumeaux. On sait tous que la prise de drogue excessive ça rend la vie amer à l’image de ton article. Ça sent le renfermé, t’es blasé de la vie. On avait pas besoin de ton article pour savoir que la nuit à Paris c’est de la merde. Fracasouille outside !

      • Je tolère ce commentaire mais c’est vraiment le dernier.
        On ne se connaît pas, donc on ne s’insulte pas et on ne se tutoie pas !
        Visiblement on n’a pas non plus élevé les cochons ensemble.
        Je n’ai jamais été à une free party ni à un technival et ne suis pas prêt d’y mettre les pieds ! Les quelques raves auxquelles j’ai participé en 1989 ou 1990 n’avaient rien à voir avec ces assommoirs ploucs.
        Je n’ai jamais non plus sniffé de coco.
        Quant à ces projections vulgaires et blessantes, je vous les renvoie : allez consulter !

  2. Ca m’a fait du bien de lire ces lignes. J’ai commencé à analysé tous ça à la fin des années 90… je rêve de retrouver cette énergie positive, ce brassage culturel et social des débuts (90 pour moi). Je pensais qu’après une période de flottement une nouvelle contre culture intéressante allait émergé. Les gosses d’aujourd’hui on tellement été aseptisés par tant d’années de lissage mental que ca n’est pas gagné. Mais je ne désespère pas. Si on regarde ce qui c’est passé, à chaque fois que la société part en vrille, la contre culture est forte. A nous de faire en sorte qu’elle aille dans le bon sens… 😉

    • Bien sûr qu’il ne faut pas désespérer !
      On vit une époque formidable ! Et pas seulement la nuit…
      Et puis le monde est mondial, plein de réalité enthousiasmantes.
      Si seulement les clubbers d’aujourd’hui pouvait s’en rendre comlpte.

  3. Bonjour,
    J’aimerais vous contacter concernant l’une des photos, j’aimerais que vous la retiriez car j’apparais dessus. Merci de me contacter sur mon adresse mail.
    Bonne journée,
    Cordialement

  4. Il y a, malheureusement, plein de choses vraies qui sont écrites dans cet article. Cependant, rien de plus qu’un coup de gueule tourné vers le « c’était mieux avant » qu’on nous rabâche constamment.

    L’article se rattrape bien en rappelant que la fête existe toujours ailleurs. Paris s’éteindra aussi vite que sa flamme s’est allumée. Un simple mouvement de mode auquel seuls les vrais passionnés survivront. Mais encore une fois, qui sommes-nous pour juger les vrais passionnés des « faux » ?

    J’ai bien apprécié vous lire en tout cas.

  5. Très bon article, plein de bons arguments !
    Dommage de finir par un « L’esprit doit être mondial, cosmopolite, ou ne pas être. Surtout pas parisien » un peu en contradiction avec cette uniformisation que vous pointez à juste titre !
    Quoi qu’il en soit, une lecture salutaire !!

    • Mais non au contraire : le monde est mondial, oui, mais loin d’être uniforme.
      Tout le monde ne boit pas du Coca chez McDo.
      Le monde est divers, infini, changeant, exaltant !…

      • Pas évident de commenter via phone dans le rer, j’essaierai de me faire comprendre un peu mieux, une fois au calme 😉

      • Je partage pas mal l’avis de « control tower » par rapport au cosmopolitisme. Si je comprends ce que vous voulez dire à propos du besoin de fun dans la teuf (il n’y a qu’à voir à New York comment l’ambiance peut être folle sans drogue par rapport à Paris : on est d’accord !), je comprends déjà moins le côté cosmopolite. ça me semble un peu élitiste et contradictoire avec la critique des jeunes manager qui votent à gauche. Après, peut être que j’ai mal compris.

        Bon dans l’ensemble je suis d’accord mais après il y a quand même une nouvelle scène très intéressante depuis 5 ou 6 ans, en Allemagne, en Grande Bretagne, ou même en Roumanie, du côté de Vancouver ou d’Adélaïde. Il ne faut pas en rester aux dérives des années 2000. Aussi, à Paris il y a de nouveaux crew et projets un peu hors-circuits surement moins en lumière que Concrete et qui mérite qu’on leur donne du crédit.

  6. mouai menfin excuse moi mais c’est le cas dans 90% de la planète dans ce cas « Aujourd’hui la plupart des soirées proposées au clubber parisien se déroulent dans des lieux normalisés, sécurisés, aseptisés. » en Europe an Amerique, en Afrique ou en Asie c’est comme ça, c’est fini le temps que l’on a connu des raves ou du studio 54, on parle d’une musique qui était arrivé a une époque ou toutes les conditions étaient réunis pour donner le mouvement que l’on a vécu,
    j’ai été en Amerique du Nord dans l’Europe de l’Est ou en Asie ou ailleurs dans les club c’est pas mieux, partout dans le monde ya des club pour faire du fric et des club underground et ça ne sera plus Jamais à l’image de ce que l’on a connu il y’a 25 ans, le passé c’est le passé faisons avec nôtre temps, même Laurent Garnier est enfin redevenu enthousiaste, il y’a une nouvelle scène qui s’organise face à ça, ne soyez pas aigri je vous en pris celà ne reflète pas 100% du clubbing et de la scène electro s’il vous plait !

    • Je ne fais pas une « photo » du mouvement parigot, ou alors un « photomontage ».
      Pas objectif mais résolument subjectif.
      Oui les mêmes dérives existent ailleurs.
      Oui la nuit est avant tout un marché juteux, surtout en temps de crise.
      Je pointe juste un état d’esprit parisiano-parisien. Qui ne date pas d’hier et contre lequel se sont battus ceux qui ont inaugurés les premières soirées underground à l’époque de l’Elysées-Matignon et du Top 50…
      Mais le propre du système c’est de tout récupérer et de tout stériliser, surtout la critique qui le dénonce ou la marge qui le fuit.
      ceci dit je persiste : on s’amuse vraiment plus ailleurs !
      Et ce n’était pas « mieux avant », c’était différent. Et l’époque que l’on vit est formidable si on la vit bien. Me prêter des propos de vieux con c’est ne rien comprendre à ce que je veux dire.
      D’ailleurs les seuls « vieux cons » d’aujourd’hui sont justement ceux qui se contentent de la soupe qu’on leur sert avant d’aller relayer leur baby-sitter au chevet de leurs marmots…

  7. excellent article.. je retrouve pas mal de réflexion que je m’étais déjà faites… pour commencer on est d’accord que la dernière weather il y a quelques jours est un hold-up culturel… 57 balles l’entrée pour du son de m***, pour du vide, rien quoi…
    on pourrait faire la même analyse je suppose avec l’évolution du rap depuis les années 80, les gloires des années 90, le déclin des années 2000, et enfin le ridicule des années 2010 avec des pseudos gangstats qui font clic clic dans le vide avec leur doigts… j’aimerai lire une analyse du même acabit sur la mouvance rap…
    par ailleurs ton analyse sur la teuf parisienne mériterait plus de développement, lieu par lieu, son par son… il y a quand même pas que du mauvais dans la minimale (Popof, etc…) et également des nouveaux sons (Igorrr?)… mais c’est vrai que les vieux sons ont disparus, notamment la trance goa qui n’a pas décollée malgré un potentiel furieux… et puis sur le hardcore je suis pas d’accord, les vieilles cassettes d’extrem terror avec manu le malin sont toujours un régal…

    • Merci Chewing !

      Weather, une arnaque ? C’était tellement « éneaurme » que je me demande encore ce qui m’a pris d’avoir été crapahuter dans le Bois de Vincennes à 11 heures du soir pour finalement rebrousser chemin face aux troupeaux de bisons qui fonçaient vers le sésame. Organisation et flicage du Bois digne d’un sommet du G20. On se serait presque cru à sur la passerelle d’embarquement de Starfleet tant les moyens déployés étaient exceptionnels. Tout ça pour un pseudo Woodstock ultra sécurisé version Total recall ou Big Brother. Au secours !

      La même pour le pera ?
      Chiche ! Ça peut se faire…
      Je connais assez bien le milieu hip hop français pour m’être intéressé à la chose et avoir bossé avec quelques beatmakers il y a 8 ou 10 ans. Et j’en aurais beaucoup à dire sur le « rap froncé »… Même si c’est moins mon univers que l’électro.

      Je dégomme le hardcore ? Bah oui c’est facile, je sais. Et évidemment Manu le Malin j’ai écouté. J’en ai même fait un peu pour rigoler.
      Mais entre un peu de hardcore au second degré pour pimenter un set et 24 heures de teuf à 180 BPM très chargée en substances oxydantes, pour l’avoir vécu et y avoir survécu, je n’y remettrai jamais les pieds, même au milieu des champs de la Champagne !…

      La Trance de Goa ? J’en parle dans l’article mais pour le décor paradisiaque. La psytrance m’ennuie. Trop mentale. Pas assez de « chair », de stupre, trop mélancolique, obsessionnelle et désincarnée.
      Je suis une disco queen et j’assume. Larry Levan est pour moi indépassable. Frankie Knuckles mon grand frère de toujours. La Black music c’est ma baignoire de champagne ! Giorgio Moroder est gâteaux mais j’écoute toujours I feel love… Et George Clinton. Et Prince, D Train, Zapp, KC ou Bohannon. La house sans les vocals c’est comme une journée sans soleil. L’un de mes plus grands kiffe c’est la house ou l’électro gospel.

      Alors les machins électropop modasses à la con pour dactylo qui se prend pour Kate Moss, bof bof…

  8. Observant ce systeme de loin , je m’apercois un jour que KRK hedge fund a investi 551 millions de dollars pour racheter la branche DJ Pioneer , cela en dit long sur pourquoi le DJ n’est plus qu’un assemblage ou un alibi de 2 lettres permettant a cet enorme business de marcher et generer des retours sur investissements a des hedge funds de papy retraites 🙂 en faisant croire que tout le monde peut etre une start du jour au lendemain et dans la facilite , l’argent genere est apparement dans le software et hardware et enorme compare a il y’a 20 ans ….le volume s’est transfere des poches des majors vers ces companies qui d’ailleurs sponsorisent ces dj stars (circuit ferme d’elus )….ceci dit je suis un optimiste de nos jours en cherchant il y’a des courants souterrains de qualite , mais differents de cet epoque particuliere des annees 90.
    http://media.kkr.com/media/media_releasedetail.cfm?ReleaseID=870963
    Comme j’aime bien les chiffres , a noter que les 10 plus gros dj edm generent un revenu personnel de 600 millions de dollars ….incroyable quand je me rappel de ces passiones chez sal russo a bastille , avec laurent garnier a la Luna mixant devant 20 personnes 🙂 et guetta se faisant chambrer pour avoir achete le disque les plus nuls ou Luc Bertagnol venant avec ses flyers nous invitant au fort de champigny tout simplement avec un bonjour venez les amis 🙂 ou encore de patrick rognant invitant des anonymes a passer mixer a radio FG (celle d’avant) sans avoir rien a vendre sinon l’amour de la musique et de certaines valeures ….merci pour votre article clair , simple et realiste . let’s make our future ….

    • Un immense merci Sacha pour ces précisions !
      Oui, avec des chiffres à la clé, les arguments avancés ici ne peuvent être taxés de subjectivité aigrie…

  9. article très marrant. un régal ! Je partage en quelque sorte ton cynisme tout comme je crois aussi qu’on vit une époque formidable !
    Oui il suffit de tendre l’oreille pour entendre l’ébullition du nouveau!
    Mais ce qu’on peut constater quand on est un vieux » c’est que la grosse machine à servir de la soupe bien degueulasse se porte toujours aussi bien…
    Et en même temps il n’a jamais été aussi aisé de voyager…

    Par contre je suis pas d’accord qu’on défonce un groupe comme Justice . c’est typiquement une remarque de pargigo bobo ça 😉

    • Merci Vianney.
      Oui, une grande partie auront pigé ce que je voulais dire, mais rarement les moins de 40 ans…
      Les autres sont terriblement « premier degré » et m’auront pris pour le dernier des Mohicans.
      Pas grave, si ça a pu faire réagir et réveiller quelques esprits anesthésiés par le système.
      Justice ? Ha ha ha ! Tu rigoles ? Plus faisans tu meurs !
      On a beau être un fils de bourges versaillais (comme les Daft, Pedro, Air, etc…) il ne suffit pas de mettre une grande croix blanche sur la scène pour faire croire qu’on fait de l’électro chrétienne, je sais de quoi je parle.
      Tout dans leur musique et dans leur look n’est que poudre au yeux, attitude hippy-pop-rebelle, et décalé par opportunisme : quand tout le monde a les cheveux courts, une tronche de métrosexuel cosmétisé et vote Ségolène Royal, faire croire qu’on est grunge, qu’on la tignasse qui pue la bière et qu’on est anar, c’est le dernier chic. Non, Pedro Winter leur manager est un gros malin. Qui sait prendre l’époque à contre-courant et nous refait le coup des Daft Punk avec leur disco filtrée en plein tsunami hardcore. Le seul que je regrette vraiment dans son écurie c’est DJ Mehdi : il était si gentil, si joli, si…
      Dans le genre punk électro-grunge, je préfère de très loin les Italiens bargeots de Bloody Beetroots (« Betterave saignante », rien que ça ça vaut le détour…) Même si « Rocksteady » est une copie (en mieux) de Justice. Eux au moins me font marrer et ne se la pète pas !

  10. C’est sous la teinture avoir les cheveux blancs, et sous la parure faire la part des ans, c’est sous la blessure voir passer le temps, la mélancolie.

    • Teinture ? Pas vraiment
      Parure ? Bof
      Blessure ? non plus
      Mélancolie ? Allons bon !
      Nostalgie pas davantage.

      On peut avoir de la mémoire sans vivre dans un grimoire,
      avoir du goût mais pas le palais gâté,
      et vivre dans le Présent sans être complaisant.

      Quant aux allitérations, elle ne remplacent pas la réflexion. 😉

      La vie est une fête : vis-la !

  11. Bonjour, merci pour cette vision, mais je dirais qu’il manque le recul, pour revenir à la base, la fondation même de l’amusement, qui n’a jamais été l’indigestion. Or, il me semble ici que votre connaissance poussée, aboutie de la musique la fête et la nuit vous a mené, malgré une vision très juste et pertinente à être touché par le trop plein, par le « j’en peux plus » qui amène au manque de goût, à un terrain trop expérimenté, tout cela diminué par trop de souvenirs, trop de lieux déformés par d’autres fois, avant, en gros vous êtes maintenant éveillé en pleine nuit et vous voyez les gens se trémousser comme en plein midi et non comme des indiens mystiques dans un labyrinthe de lumières et de pénombres mystérieuses et charmantes, poussé par des rythmes envoutants.

    La base, quelle est-elle? Celle de se changer les idées, celle de faire une coupure, celle d’oublier et de se fondre avec délice dans une soirée sans fin, quitte à changer plusieurs fois de lieux pour la trouver (oui car ceux qui sortent pour vraiment s’éclater ne se laissent pas décevoir, ce serait comme abandonner l’idée de l’amour à la première déception sentimentale ou face à un trop plein d’expérience). Bref, la joie vient aussi du caractère unique, de la juste mesure. Je ne dis pas qu’il ne vous reste plus rien, au contraire, vous êtes devenu un tel expert que vous versez presque dans l’éxigeance du fabricant de soirées, de musiques, d’ambiances, plus que dans celui qui subit avec joie sa génération.

    Je ne dis pas que vous ne pouvez plus rien découvrir, au contraire, votre frustration montre que vous en avez diablement envie et que vous vous tenez à disposition pour cela. Peut-être avez-vous perdu cette simplicité d’approche parce que vous savez vraiment ce qui vous plaît, parce que vous connaissez votre culture, parce qu’un remake ne vous impressionnera pas mais vous décevra.

    Alors oui, je soutiens votre vision, oui votre culture sur ce sujet est parfaite, mais non votre conclusion n’est pas influencé de bons sous entendus. La nuit se vit comme une alternative au jour. La jouissance n’est pas une constante et la nature humaine a cela d’ingrat qu’elle s’habitue trop vite de tout, surtout au luxe.

    Un peu trop gâté, un peu trop français, un peu trop cultivé, un peu trop moderne, un peu trop visionnaire, vous pourriez changer des choses, mais pour cela il vous faudrait prendre le relais à bras le corps, construire vos rêves et organiser les fêtes des autres (t peut être découvrir que vous n’avez jamais autant fait la fête qu’en la faisant faire aux autres), mais devant cela vous préférez dire que l’époque est formidable mais… L’avantage du « mais » qui fait de nous des intellectuels et critiques sublimes, pour ne pas dire juste … des grincheux

    Et je vous comprends et je vous invite à changer deux trois petites choses dans le prisme par lequel vous regardez/pratiquez votre vie pour à nouveau en profiter, mais certainement autrement. Oui, vous avez mûri, oui on ne vous illusionne plus comme un gamin, oui vous avez les cartes en mains et non, on en vous fera plus croire que vous vous amusez comme un fou si ce n’est pas le cas (même à renforts d’open bars ou de vestes en faux zèbre, ou de mannequins à la mode un peu bourrés).
    Que votre vie s’éclaire de tout cela et que vous passiez les meilleures jours et nuits de votre vie à venir, c’est tout ce que je vous souhaite. 😉

  12. Mouais, c’est juste que ça s’est un peu trop démocratisé.
    50000 personnes à la Weather, tu peux pas avoir 50000 fous. Y avait un gros pourcentage de gens mous mdmeux qui venaient là pour venir là et essayaient de ne pas se faire chier. Bon ça va jme suis bien marré mais j’aurais du m’en douter quel con l’ambiance était pourrave.
    D’ailleurs je le vois dans mon entourage, les plus fous n’y sont pas allés;-)
    C’est devenu trop gros, un peu comme ces écoles d’ingé et de commerce qui viennent faire marcher tous ces p;ùm^)$@ de nouveaux commerces de Château d’Eau (ils ont flingué mon quartier ces salauds, des hec qui ouvrent un bar à cocktail faussement caché et encore des hec qui ont ouvert le pny à la place de mon kebab préféré putain. Faudrait leur dire que leurs trucs indés c des hec qui l’ont ouvert, ça les ferait fermer et mon kebab ré-ouvrirait).
    Ha bah j’ai tout mélangé, mais c’est à cause de Facebook!
    Mine de rien ça a accentué le phénomène.
    Avant Fb y avait pas tout cet engouement pour les events « indé » et l’affichage lié, enfin pas en masse.
    Mais ya encore plein de trucs que vous regrettez dans cet article, faut juste pas passer par Fb pour trouver ses soirées!
    PS: Bien joué c’est le genre d’articles qui va vous ramener plein de lecteurs! Il va bientôt être posté sur le groupe Weather et ils vont pas être contents les ptis ingénieurs!

    • L’article a bien été posté sur la page Facebook de Weather.
      Et les « ptits ingésnieurs » sont effectivement furax… 🙂
      Mais faire le buzz n’était pas le but : après il faut gérer l’après-vente. Et je ne vais pas y passer mes journées…

  13. Un manuel pour faire la fete? vraiment?
    Ca dénature un peu tout ce que vous avez dit juste avant, la fête se vit mais il n’y a aucune marche à suivre pour vivre cela…

  14. Tu fais une fixation sur la sécurité qu’il y a aujourd’hui autour de festival comme le weather. Excuse moi mais quand tu parles des raves des années 80 (j’ai vu pas mal de vidéos), où le sida se balade, le crack, l’héro blanche et les OD qui vont avec ça ne m’attire pas du tout. Tu as l’age d’avoir des enfants tu en as peut-être mais tu préférerais qu’ils sortent dans des rave de dépravés?

    D’autre part je pense sincèrement que tu es juste lassé de la vie, et que tu ne fréquente pas assez de jeunes pour savoir ce qu’il se passe car il y a des évènements de folie bien underground comme les containers (ou tu peux amener ton alcool) avec de bon DJ underground et aussi des évènements typique parisiens dans des lieux magnifique comme à l’electric porte de versailles et si tu viens voir Ben clock et dvs1 je peux te dire que tu fais pas semblant de kiffer !
    Je ne prends pas de drogue contrairement à toi avant mais je sais juste apprécier le son qui est ma drogue.
    Enfin je trouve abusé de juger les gens et leurs gouts comme tu le fait. Tu critique les parisiens qui pensent avoir le monopole du gout mais c’est exactement ce que tu fais en les cataloguant de bobo et fils a papa etc. d’autre part le mec qui écoute de la grosse com genre guetta si il kiff et ça lui procure du bonheur tant mieux non ?

    j’ai que 19 ans jai pas la meme culture musicale que toi mais je vais dans des soirées ou des tracks qui ont 15 ans passent assez souvent.

    Sinon je trouve que tu écris très bien.

  15. Critiquer la culture de masse et les bourgeois bien habillés c’est pas risqué, c’est pas cher et ca vieillit jamais, mais d’autre l’ont deja fait en plus profond et en moins chiant : http://www.jetenculetherese.net/societe/pourquoi-la-techno-cest-devenu-de-la-merde-et-que-maintenant-ca-ninteresse-que-les-encules/

    La c’est pompeux et chiant comme un discours de vieux reac qui s’ignore.

    La musique sonnerait mieux dans des terrains vagues qui sentent le vomi que dans des salles certifiées iso 9001 ? Ca c’est de la vrai foutaise marketing, on dirait des pubs danone avec des filles anorexiques qui mangent des yaourts dégueu dans des pres d’herbe verte. Le yaourt est toujours aussi dégueu, indépendamment du lieu. Les soirees avec dress code c’est mal ? Parce que bien sur ils laissaient rentrer tout le monde au Palace-dans-les-annees-80-ou-c’était-mieux-avant et il n’y avait jamais de videur dans les clubs de Detroit. Critiquer le paraitre de l’audience des soirees parisiennes ? Bien sur, ca fait coolos et anticonformiste mais qu’est-ce que c’est Bloody Beetroots sinon encore du putain de paraitre de faux rebelle pour reac qui s’ignore et qui font semblant de décapsuler des canettes de biere dans un clip de merde tourné avec une prod à 90K? La musique comme experience spirituelle ? Certes, ca fait 1200 ans qu’on le sait, et pourtant les tubes grégoriens sont pas joués sur les plages de Goa par des faux hippies sous exta.

    Speciale mention vieux con coolos pour le passage sur la drogue, genre je connais mais n’y touchez pas les enfants, meme si vos amis vous disent que c’est de la bonne. Au fait, on dit GHB.

    « Donc exit tous ces jeunes comptables endimanchés, faussement cools et faussement sexy !
    Place aux créatures, aux dandys, aux zazous, aux freaks ! »
    Kiki, ca c’est essentiellement une question de culture. C’est subjectif. Ce qui est beau / excentrique a tes yeux ne l’est peut etre pas aux yeux de tes parents, ou de tes amis, ou de tes enfants. Et réciproquement. Et, de fait, appremment.

    Enfin et surtout, le magnifique passage sur « la musique c’est un truc de connaisseur », paroxysme du scandale de vieux con qui veut legitimer le poids de ses années par une comparaison immediate avec son referentiel. Pas besoin d’avoir ecouté l’integrale de Frankie Knuckles pour critiquer Daft Punk.

    En realité, et heureusement, la qualité artistique n’a pas plus a voir avec la hauteur du compte en banque des organisateurs que par les odeurs ou l’absence d’odeurs du lieu ou elle est produite, ni l’accent de paname de l’audience ou le nombre de comptables presents dans la salle. Dire la musique de riche ou de comptable c’est de la merde, c’est aussi con que dire que la musique de jeune c’est de la merde. Ca veut rien dire, ca designe rien, c’est des stereotypes a la envoyé special. Une déclaration péremptoire, et symptomatique de l’orgueil d’ex cool en decalage avec la comprehension de l’evolution d’une partie de la culture de masse le plus crasse. La poutre et la paille.

    S’il se trouve que l’electro de masse d’aujourd’hui est de la merde, ce n’est pas parce qu’elle est jouée dans des clubs à la compta bien tenue écoutée par des gens qui sont chez ING Direct ou qui n’ont plus d’ideaux. C’est juste parce que les gens ont des gouts de merde.

    Pas tous heureusement. Et, aussi surprenant que ca puisse paraitre, ces gens qui ont bon gout sont aussi chez ING Direct. Bisous.

  16. Vrai mais erroné sur bon nombre de points cet article montre que vous avez effectivement tout saisi du but premier de la musique de son évolution et des soirées mais que vous n’avez rien saisi du tout à ce qui se passe actuellement. Je ne me retrouve pas dans l’image que vous donnez du public parisien, ni moi ni mes amis qui possédons tous une culture musicale extrêmement variée (à l’âge de 4 ans ma mère m’emmenait régulièrement à l’opéra (j’ai vu 8 fois Ariodante, ça ne s’invente pas), et j’écoutais avec elle Janis Joplin et Miles Davis). Peut être que nous représentons une minorité, mais nous sortons pour les raisons qui sont les bonnes. Peut être que le Weather propose des burgers bios, et peut être que Derrick May a joué devant plusieurs milliers de personnes, mais ça ne vient pas selon moi du fait (uniquement du moins) que la techno est une mode mais au contraire que nous avons tous besoin de nous sentir unis par le message que véhicule cette musique, au vu du contexte politique actuel. Alors on vit juste avec notre temps, on prend des selfies, et on envoie des snaps de nos Djs préférés mais c’est juste les codes actuels reprit par « notre » communauté. Quand à la MDMA elle n’a jamais été aussi pure et répandue que maintenant cela étant du au fait qu’ils ont apprit à la synthetiser avec un dérivé du produit habituel qui lui est légal donc plus facilement accessible, moins cher, plus pur. Nous ne sortons pas pour mettre des jupes à 1000 euros mais nous sortons pas maquillées (je suis une fille de 21 ans, précision) avec nos Nike (consumérisme peut être et alors) les plus défoncées pour nous coller devant nos caissons de basses et danser les yeux fermés. Qu’importe si il nous arrive de danser avec un mojito, c’est très bon les mojitos. Nous recherchons nos tracks, nous diggons, nous découvrons des nouveaux talents et révisons nos classique. Nous produisons, nous apprenons à mixer et nous sommes amoureux de ça. Alors peut être que pour certains la techno est une mode, mais pas pour tous, vous ne diriez pas ça si vous nous voyiez vraiment tels que nous sommes. Et au final laissez nous kiffer, c’était toujours mieux avant dit on mais vous dites vous mêmes que c’est la musique du « futur ». Et peut être que les plus grands ennemis de cet esprit « rave » ne sont pas ceux qui suivent leurs copains pour prendre leur premier para et qui consacreront peut être leur vie à cette musique, mais ceux qui ont connu les prémices de ce mouvement et qui ne cessent de dire que c’était mieux avant et que nous dénaturons le message. De l’amour, et je vous souhaite de nous voir à travers mes yeux 🙂

    • Gentil message, sincère et pas agressif, qui mérite d’être publié et approuvé.
      Ai-je vraiment à ce point froissé toute une génération ?
      Ce n’était pas du tout mon but. Pas plus que de mettre en avant mes souvenirs… de raver ? je l’ai si peu été en vérité…
      Ceux que je visais dans ce billet dur, ce sont les « Parisiens têtes de chiens » qui font de Paris une vile insupportable alors qu’elle est si belle, pas ceux qui ont l’âge d’être mes enfants et qui veulent juste s’amuser sans se poser de questions ésotériques.
      D’ailleurs Marianna, on s’est peut-être croisé ici ou là sur une piste de danse, qui sait ?…
      Ceux avec qui je m’entends le mieux justement, ce sont ces jeunes de 21 à 26 ans qui n’ont évidemment pas connu les débuts de la house et de la techno mais qui vibrent avec une sincérité qui fait plaisir à voir sur les mêmes musiques qu’on ressort depuis peu. Et sur des prods toute récentes mais vraiment kiffantes parce que vraies, intelligentes, bourrées d’énergie et de malice et en phase avec leur époque.
      Pour répondre à de trop nombreuses remarques sur mes goûts, j’écoute de tout et vraiment de tout, et suis à l’affût de ce qui émerge. Donc pas passéiste pour deux sous même si je connais mes classiques et sait différencier une pépite rare d’un fake à deux balles.
      La musique est un être vivant, sans cesse en évolution. Il serait stupide de rester scotché sur un son parce qu’il nous a fait vibrer à 20 ans. D’autres qui viennent de sortir me font autant sauter de mon fauteuil et danser comme un taré, pour le plus grand désespoir de mes voisins… C’est aussi ce qui maintient jeune.
      N’ayant pas d’enfants autres que « symboliques » c’est peut-être aussi pour ça que je me sens aussi en phase (et adopté) par cette jeune génération.

      Donc vraiment désolé pour le quiproquo.
      Et à bientôt sous le soleil de la nuit.

      • olalah ça s’étripe sur cet article ça fait plaisir
        la fête n’est pas morte sans doute non, et si ce n’est ici, ça sera ailleurs, à Rio, Londres ou Phuket… mais on parle aussi du son. Ce qui me déçoit c’est qu’on perd déjà le goût du DJing au vinyle. Déjà les platines numériques, bon… mais maintenant quand je vois un mec assis sur son imac… désolé mais je peux pas… en effet ça fait partie du truc, d’être prêt du DJ et d’être hypnotisé par ses mouvements précis, rapides et secs… poser le diamant au bon endroit du sillon, caler le BPM en quelques secondes… ça manque… il y a des très bons sons qui sortent de nos jours mais aussi des sons très moyens et j’ai l’impression que les gens s’en foutent un peu tant que ça fait boum boum… et c’est dommage parce qu’il y a vraiment une richesse extraordinaire dans ce qui sort… même si ce qui me manque c’est la variété… maintenant on a effectivement cette dichotomie son teuf/ son club alors qu’avant on pouvait mélanger un peu tout, et sur un même lieu avoir une scène transe, une scène house, une scène DB, etc… là à la Weather on avait 3 sons identiques dans l’esprit, et 1 un plus funky… et puis bon le prix c’est un problème aussi, 20 balles à la rigueur mais là c’est du vol
        par contre désolée mais je me désabonne de la discussion parce que la je reçois trop de mail à chaque com mais continuez à agiter le bocal

    • Sinon pour le « super MDMA », oui je suis au parfum, bien sûr…
      Mais il ne faut surtout pas trop l’ébruiter ! 😛

  17. Etant assez impulsif, j’y suis je pense allé un peu fort ^^.
    Aucune haine dans tout ça, un simple agacement et sentiment d’offense à tous ces gens qui se bougent le cul pour palier ce que tu avances.
    Keur sur l’ancien teuffeur que tu es.

    Et tu cracheras sûrement sur ce genre de point de vue mais sait-on jamais : https://www.youtube.com/watch?t=20&v=tgLbDvno6RM

    • Même si cette article est à nuancer selon les exceptions, il reflète bien ce que je ressent et vie depuis des années. Pour info, j’ai fais partie de l’organisation de pas mal de teufs et festivals, j’ai travaillé pendant 15 ans dans le son en concert, en reportage et sur des plateaux de télé. Depuis 2 ans, je suis photographe indépendant, même sur des teufs encore en ce moment… Je ne désespère pas et espère toujours que la contre culture se réveil un peu !

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