Protégé : Avec Emmanuel Macron la politique se résume à une mystique

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Les 23 avril et 7 mai, ne laissons pas d’autres décider de notre avenir à notre place !

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Les 23 avril et 7 mai prochains, nous ne voterons pas seulement pour élire celui ou celle qui nous représentera pour 5 ans. Un président dont les pouvoirs, nous le savons tous, sont de plus en plus limités, dans une « démocratie » qui par bien des aspects relève davantage du symbole trompeur que d’une réalité.

Dans 5 et 20 jours, nous aurons à choisir entre plusieurs modèles de société. Et entre des avenirs radicalement opposés que nous imposerons aux générations futures.

Le modèle libéral, qu’on nous présente encore aujourd’hui comme la seule voie possible dans une économie mondialisée, a non seulement montré ses limites. Il a conduit la France vers son déclin et trahi les idéaux qui ont façonné l’Europe au sortir de la guerre. Il continuera demain de mener le monde vers le chaos et la destruction si nous ne sommes pas capables de lui substituer d’autres modes de vie, d’échange et de développement.

Cette idéologie qui prétend offrir le bonheur pour tous sur des seuls critères matérialistes, sert en vérité les intérêts d’une toute petite minorité. Assujettie aux logiques intrépides de la finance mondialisée et au culte de l’argent-roi, elle condamne à la pauvreté et à de nouvelles formes d’esclavage des milliards d’êtres humains. Et concentre les richesses et les pouvoirs dans les mains d’une élite toute-puissante.

Dénoncer publiquement cette vérité pourtant évidente et attestée vaut aussitôt suspicion de « complotisme », preuve que son hégémonie sur les consciences exerce un pouvoir quasi-totalitaire qui interdit toute expression d’une contestation objective et sereine.

Les conséquences des politiques menées au nom de cette idéologie sont pourtant désastreuses sur nos vies, l’avenir de notre espèce et de notre planète.

Le modèle de croissance hyperproductiviste et consumériste qu’elle défend dégrade notre environnement, épuise les ressources, ou en confisque l’accès en privatisant des éléments aussi essentiels que l’eau, les semences végétales, et pourquoi pas demain l’air respirable dans nos grandes cités surpolluées.

Elle instrumentalise les guerres et fabrique de la terreur à des fins politiques, stratégiques et financières. Elle déstabilise des régions, et tient sous son joug états et citoyens par le levier de la dette. Elle fait et défait les gouvernements, manipule les opinions grâce à des discours monolithiques validés par des « experts » et relayés par les médias. Elle nourrit les esprits des signes et modèles qui la servent grâce à l’industrie du divertissement.

Dans les sociétés dites démocratiques, elle repère et désigne ses champions, façonne leurs politiques, oriente leurs programmes avant de les faire adouber par les électeurs afin de mettre en application ses choix politiques et stratégiques dans une parodie de démocratie.

Aujourd’hui, au moins 2 des 11 candidats en compétition pour recueillir nos suffrages sont tout entiers au service de cette idéologie : François Fillon, qui incarne la poursuite du vieux modèle ultralibéral tel qu’il a été appliqué en Europe et aux Etats-Unis depuis 4 décennies. Et Emmanuel Macron, qui en constitue la poursuite sous les traits d’une apparence de renouvellement.

La promesse que le candidat d’En Marche ! entend incarner de redéfinir l’offre politique en dépassant le vieux clivage droite-gauche n’est nullement le fruit du hasard ni un simple slogan de campagne. C’est en vérité la résultante d’une stratégie conçue et appliquée de longue date par les stratèges néolibéraux américains. Ceux-ci avaient repéré très tôt ses talents et misé sur le potentiel de ce jeune énarque dont ils ont facilité l’accession éclair vers les plus hautes sphères de l’Etat, après une « formation » aux arcanes du libéralisme au sein de l’administration des Finances puis comme directeur-associé d’une grande banque d’affaires*.

La candidature d’Emmanuel Macron n’est donc aucunement la résultante d’une ambition ni de ses seuls mérites personnels. C’est une option préparée de longue date et qui demain permettra si le peuple lui offre ses suffrages d’accéder au pouvoir et d’appliquer une politique, qui loin de renouveler quoi que ce soit constituera le parfait prolongement des 3 mandats précédents, de Jacques Chirac à François Hollande.

La campagne inédite à laquelle nous assistons depuis 4 mois s’est construite sur le rejet des candidats traditionnels, mis-à-part François Fillon, dont les affaires n’auront pas réussi à ruiner le crédit auprès de l’électorat conservateur.

Elle s’est aussi orientée autour d’un nouveau clivage qui désormais oppose des candidats libéraux (« pro-système ») et des candidats qui contestent le modèle dominant et en proposent des alternatives plus ou moins réalistes : Benoît Hamon pour la gauche du Parti Socialiste, Jean-Luc Mélenchon pour le Front de Gauche, et Marine Le Pen pour le Front National.

Cette dernière séduit des électeurs déboussolés, excédés par le carriérisme et les mensonges des politiques traditionnels, inquiets des dérives de la mondialisation, l’immigration incontrôlée, la montée des extrémismes religieux et la menace terroriste. Prêts à adhérer à cette vision d’une France repliée sur elle-même, jalouse de son identité, et lancée dans une aventure qui romprait avec ses partenaires européens et ferait fi des bouleversements planétaires. Une perspective qui loin de nous protéger, précipiterait notre pays vers une faillite et un déclin assurés.

Benoît Hamon incarne à l’inverse un projet plus apaisé, résolument humaniste et par bien des aspects antinomiques des intérêts qui entendent pérenniser le modèle dominant. Il paye aujourd’hui le prix d’une campagne pas assez offensive ni suffisamment audible, en proie à des assauts incessants. Son projet a en effet été sans cesse minimisé, décrédibilisé, caricaturé en une « utopie irréaliste » portée par un candidat accusé d’être trop frondeur, isolé et incapable de rassembler son propre camp.

Jean-Luc Mélenchon séduit par son verbe mais son programme fait peur à beaucoup. On le décrit comme un crypto-communiste aux sympathies coupables pour des dictateurs latinos comme Chavez ou Castro, aux complaisances impardonnables pour Poutine voire le régime de Bachar El Assad.

Au-delà de ces raccourcis parfois fondés, souvent déformés, qui appellent plus d’esprit de nuance envers une personnalité complexe, la candidature de Jean-Luc Mélenchon cristallise des mécontents qui refusent la poursuite d’un modèle voué à l’échec, qui a depuis longtemps montré ses limites et son incapacité à endiguer les crises ; mais aussi des électeurs qui ne se résolvent pas à tourner le dos au monde ou à l’Europe en désignant des boucs émissaires et en divisant davantage les Français.

Cependant, au-delà de l’expression de ces mécontentements légitimes, le programme du candidat de La France insoumise incarne une toute autre vision du monde et de la France. Que ses opposants s’empressent de caricaturer en la décrivant comme irréaliste, dangereuse voire suicidaire. Mais qui par bien des aspects préfigure ce que sera le monde de demain s’il consent à s’inventer un autre avenir.

L’écologie en est l’un des piliers majeurs : elle est au cœur du programme de Jean-Luc Mélenchon, dont on peut gager que la conversion récente n’est pas qu’un simple artifice de façade destiné à renouveler le chant de l’internationalisme trop daté. Beaucoup d’idées inspirées par des experts sont réellement innovantes. Elles ont été pour certaines appliquées avec succès dans d’autres pays qui ont acté le tournant de la transition écologique et initié d’autres politiques de développement.

Les chances sont nombreuses en termes de recherche et d’innovation, d’économie alternative et de créations de nouveaux emplois, associées à une volonté de renforcer notre système de protection sociale au bénéfice des plus démunis.

Mais au-delà de la substitution d’un modèle ou d’une économie à une autre, c’est un véritable basculement de conscience qu’il permettrait d’opérer. La France est un pays qui jouit d’un réel dynamisme et d’un formidable potentiel intellectuel, culturel et d’innovation, hélas souvent occulté par sa coupable propension au déclinisme nombriliste.

Quant à la volonté de redéfinir les règles de fonctionnement d’une Europe à bout de souffle, totalement vendue aux intérêts des lobbies libre-échangistes, gageons que la France si elle se tient fermement déterminée à entraîner ses partenaires vers un aggiornamento de ses valeurs et de la règle du jeu européen, pourrait reprendre à l’Allemagne le rôle de moteur de l’Europe et réorienter celle-ci vers un avenir plus en phase avec les aspirations de ses peuples. En redonnant le primat à la justice sociale, à l’harmonisation des règles économiques et fiscales, en redessinant les axes de notre politique internationale commune. Ce que le non majoritaire à la Constitution européenne confisquée par le Traité de Lisbonne n’avait pas pu entériner.

Nous voici donc face à un choix crucial, qui est sans doute le plus important que nous ayons à faire depuis la Libération. Car il définira sans doute les contours de notre avenir commun pour les décennies à venir.

Ne cédons pas aux sirènes du marketing et aux mensonges des maîtres-chanteurs. Ne nous laissons pas abuser par des discours de façade destinés à nous endormir pour demain mieux nous asservir. Ni par des peurs qui nous feraient choisir par défaut un candidat inexpérimenté et sous influence en espérant échapper au cataclysme d’une France qui ferait bégayer l’Histoire en la renvoyant à ses pires démons.

Il nous reste 4 jours pour nous déterminer.

Soyons lucides mais aussi audacieux.

Misons sur l’expérience, la culture et le sens de l’Histoire, le pari du partage dans un monde ouvert et non menaçant ou replié sur lui-même : toutes ces qualités qui à l’évidence inspirent le candidat Mélenchon. Oublions ses aspérités qui dérangent et offrons-lui au moins la chance d’amender ses égarements en misant sur la sagesse et le pragmatisme mûris par l’expérience.

L’alternative qui s’offre aujourd’hui à nous est simple : nous entêter sur une voie qui conduit immanquablement à précipiter la ruine de notre humanité et de nos valeurs universelles, ou redonner le primat à l’imagination, à l’ambition et à l’initiative collectives, à l’humain, et acquiescer enfin au changement de paradigme conscientiel et civilisationnel qui nous ouvre les bras.

Bonne semaine. Et bon vote !


*Pour ceux qui douteraient de ces affirmations, lire cet article très objectif, factuel et éminemment sourcé écrit par un observateur expert en géostratégie : Macron ciblé par la CIA ?

La rafle de la Mémoire

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Marine Le Pen a sans doute trop été marquée par les égarements nationalistes de son mentor Paul-Marie Coûteaux, qui a méthodiquement formaté la candidate devenue présidente du FN et façonné sa « culture française » conformément à ses propres obsessions de crapaud souverainiste tout à tour idolâtre de Mitterrand, de Chevènement, de de Villiers puis du clan Le Pen.

Comme elle subit manifestement l’influence de l’un de ses maîtres à penser, l’immonde Eric Zemmour, qui ne sait plus quoi faire pour tenter de faire oublier ses origines prolétaires et juives-arabes, rêve d’une « France éternelle » aussi mythique qu’outrancière, dénature l’Histoire dans son dernier pamphlet Le Suicide français, au point de pasticher le Général en héritier de Maurras et de Barrès, et s’abîme dans un abject révisionnisme en réhabilitant la figure à ses yeux incomprise du Maréchal.

Je crois la fille du fondateur plus habile et moins marquée par l’idéologie nazie que son père. Mais ses amitiés jamais démenties pour des camarades d’Assas devenus des piliers du parti frontiste et jamais évincés malgré leur appartenance assumée aux pires factions antisémites comme le GUD en disent long sur sa complaisance et l’imposture d’un ravalement de façade orchestré uniquement pour attraper des gogos aigris par l’irresponsabilité objective des apparatchiks de « l’UMPS ».

La voici aujourd’hui face à ses contradictions, avec cette ultime provocation qui la renvoie aux outrances de son père qu’elle avait d’abord cru pouvoir remiser dans les oubliettes.

Depuis que le FN grimpe dans les sondages, les fachos qu’on avait priés de dégager des meetings relèvent la tête et donnent du coffre en multipliant les abjections.

Habile, la bourgeoise clodoaldienne qui se rêve en Madone des laissés-pour-compte n’est pas exempte d’un fatal faux pas, comme en témoigne cette sortie d’anthologie sur le Vel d’Hiv’. Il ne s’agit pas d’un dérapage contrôlé à la Papa, mais d’une bourde manifeste à peine calculée.

Car pour bien comprendre l’ignominie de son propos, il ne faut pas s’arrêter à ce qui scandalise au regard des standards éthiques contemporains et des discours admissibles quant aux pires heures de notre Histoire récente. Mais il convient de resituer sa déclaration dans un contexte historique et politique qui a vu l’opinion française opérer une mue salutaire sur un sujet hier encore tabou.

Au soir de la Libération la France s’était rachetée une bonne conscience en surfant sur les mythes de la Résistance. Tous les Français étaient subitement devenus gaullistes, défilaient sur les Champs-Elysées pour acclamer leur libérateur, quand une majorité suivaient le Maréchal quelque mois auparavant. Par peur, par fidélité au héros de Verdun qui prétendait les laver de la honte de la débâcle et des humiliations de l’Occupation, plus que par idéologie. L’Appel du 18 juin ne réunissait qu’une fronde minuscule de « terroristes » et d’hommes de l’ombre. Seuls quelques courageux ont vite compris que l’avenir de la France passait par Londres, l’alliance des vrais patriotes et des communistes alliés de Staline, si elle souhaitait en avoir un, sortir de la guerre avec les honneurs et faire entendre sa voix dans le concert des peuples libres victorieux de la barbarie nazie.

La déportation de 141.000 de ses enfants fut passée sous silence, la responsabilité de la France mise sous le tapi. Puisque l’Etat français n’était pas la République, la France ne pouvait être accusée d’avoir collaboré à ces horreurs, que beaucoup semblaient découvrir quand les premiers suivants d’Auschwitz débarquaient à l’Hôtel Lutétia.

La rhétorique républicaine, officiellement justifiée par le triomphe de la Résistance sur la collaboration, incarnée par la figure totémique du Général, et portée par le mythe gaullien de « la France éternelle », avait validé le sentiment unanime qu’il fallût mieux faire silence sur certaines vérités sombres source de désunion et passer ces crimes par pertes et profits, au nom de l’unité et de la dignité patriotiques retrouvées.

Seuls quelques historiens opiniâtres ont osé déterrer des non-dits, mais personne ne voulaient les entendre. Jusqu’à ce que les cicatrices se refermant et les générations passant on put enfin regarder notre Histoire avec davantage de sérénité et d’objectivité.

Jacques Chirac a eu ce courage blasphématoire aux yeux de certains de faire amende honorable, en présentant les excuses officielles de la France à ses enfants livrés à l’ennemi. Quitte à rouvrir des plaies et se mettre à dos une bonne partie des gaullistes qui ne goûtaient guère qu’on pût ainsi briser un tabou bien commode et renverser le tabernacle immaculé érigé par leur grand-homme.

Marine Le Pen s’attire aujourd’hui un opprobre légitime, non par son relativisme qui ravive des mémoires meurtries, mais parce qu’elle surfe sur cette ambigüité républicaine. Son but est sans doute moins de laver la France de Vichy de ses crimes bien qu’elle soit l’objective héritière de cet embarrassant courant qui porta l’extrême droite française au pouvoir entre 1940 et 1945, que de blanchir à contre-courant la France dont elle rêve et qui n’existe que dans ces lubies d’une culpabilité qu’on lui servirait injustement à propos de la Shoah et qui selon elle serait injustifiée.

On reconnaît bien là la patte de Zemmour, qui sans se compromettre dans les excès d’un Soral ou d’un Faurisson manipule les faits pour asseoir ses propres mythes d’une France qui n’a jamais existé et renvoyer la responsabilité de sa décadence sur des boucs émissaires commodes que sont les enfants d’immigrés, l’Islam et leurs thuriféraires complaisants, ces anciens soixante-huitards devenus des bobos alliés au capitalisme. Lesquels auraient abîmé la France dans un « déconstructivisme » coupable, l’auraient vendue aux intérêts américains pour la laisser aujourd’hui en lambeaux. Les mêmes thématiques qu’on retrouve à longueur de meetings dans la bouche de sa disciple dévote.

Accuser Marine Le Pen d’antisémitisme brut de décoffrage est un mauvais procès. Qui ne fera que la renforcer dès que sera de nouveau entonné le sempiternel refrain de la victimisation injuste des « vrais patriotes » défendant la France contre ceux qui veulent la détruire.

Pour résister à cette provocation, il faut plus intelligemment en appeler à l’évolution de la conscience historique, qui a exhumé du shéol de l’Histoire tout un pan rejeté de notre mémoire collective. Non pour accuser la France de crimes qu’elle a effectivement commis, même si tous les Français de l’époque ne sont évidemment pas coupables. Mais pour faire acte de repentance collective en assumant la responsabilité commune en dépit des hauts faits de la Résistance qui s’y était opposée, seule condition d’un vrai pardon et d’une vraie réconciliation de tous ses enfants.

Briser ce nouveau pacte républicain c’est revenir 70 ans en arrière et gommer tout le travail historique et l’amendement éthique réalisés trois générations après ces tragiques événements.

On n’écrit pas l’Histoire à reculons. Or c’est exactement ainsi que procède le FN dans sa mythologie, sa rhétorique et son programme fou conçus pour une France qui non seulement n’a jamais existé mais ne pourra jamais plus revivre compte tenu du chemin parcouru et des enjeux qui la situent dans une inévitable perceptive ouverte et mondiale. Sa seule chance c’est de saisir cette mondialisation tant redoutée, non comme une fatalité à repousser mais comme une chance pour redonner du sens à une Europe qui a trahi ses pères et s’est vendue sur l’autel du dieu Mammon.

Le FN est le dernier parti qui pourrait opérer cette transformation. Car il ne se nourrit que de mythes et de rancœurs accumulées et entretenues pour manipuler les esprits les plus faibles en cultivant la haine sur le terreau de ressentiments légitimes.

Si les esprits savent faire preuve de discernement plus que d’offuscations-réflexe dictées par la peur de la peur, ce parti est mort dès à présent. Faisons en le pari et ne cédons surtout pas au piège d’une condamnation qui serait vouée à l’échec si elle ne s’appuyait que sur de mauvais arguments.


Pour plus de détails sur l’évolution historique de la mémoire de Vichy, lire cet excellent article d’Henry Rousso, historien et directeur de recherches au CNRS : « Après la déclaration de Marine Le Pen sur le Vel d’Hiv, quelle responsabilité de la France et des Français sous l’Occupation«