BONNE CHANCE A NOTRE NOUVEAU PRÉSIDENT !

Dimanche 14 mai 2017
Jour de l’investiture d’Emmanuel Macron comme 8e Président de la Ve République

Lors d’une campagne on dit beaucoup de choses, des choses justes et puis aussi des bêtises.

Parfois on se fige sur ce que tel ou tel représente à ses propres yeux, sans chercher à comprendre et connaître QUI IL EST vraiment et la flamme qui l’anime. Par-delà les mots, les discours, les promesses, les programmes, les projets… On projette à son tour, c’est le jeu des miroirs, des espoirs et de la parade électorale.

Jusqu’à présent je m’étais arrêté à l’image et j’étais passé à côté de l’homme. L’homme et non le personnage, qui par bien des aspects m’agaçait au point d’être emporté par ma colère : l’intellectuel brillant mais aussi éloigné du réel, le haut fonctionnaire des finances, l’ancien banquier d’affaires, le conseiller influent, le ministre puis le candidat fin stratège bardé du soutien des puissants.

Mes irritations m’ont aveuglé, je suis passé à côté de l’essentiel : ce qu’il n’est pas encore mais pourrait incarner demain.

Mais s’il y a une chose sur laquelle jamais je ne me trompe, c’est ma capacité à sentir et percevoir les changements profonds dans l’âme collective. Surtout au lendemain d’une élection et le jour d’une passation de pourvoir. J’avais ressenti et pressenti ce que serait le quinquennat de Sarkozy puis celui de Hollande le soir-même de leur victoire et le jour de leur investiture.

Aujourd’hui j’ai senti une France réellement apaisée. J’ai côtoyé des gens pleins de beauté intérieure, fait de magnifiques rencontres. J’ai vu de parfaits inconnus se parler, ouvrir leur cœur, aller vers l’autre. J’ai vu des jeunes couples, des familles, des amis célébrer je ne sais-quoi, des bouquets de fleurs à offrir, des enfants calmes, des inconnus diserts et des solitaires contemplant l’horizon. J’ai capté des confidences et en ai fait beaucoup, en ce beau dimanche de printemps doux, ensoleillé avec quelques averses. J’ai même croisé des clochards chevelus dans les couloirs du métro qui avaient l’élégance et la présence digne et droite de vieux sages.

Assurément il y a un vrai changement. Il y a comme une élégance retrouvée, moins de fausseté, de fermeture ou de haine dans les regards, du verbe juste et plus posé, sans emphase ni travers, de la simplicité et de l’esprit dans l’air…

Reste à souhaiter bonne chance à notre nouveau président. Et à l’aider à réussir. Non pas à gouverner à la hussarde et réformer par ordonnances. Mais à donner du SENS à son action politique à la tête du pays. A bien s’entourer, à savoir écouter, dialoguer, arbitrer, décider sans être ni trop complaisant ni trop tranchant.

J’invite particulièrement ceux qui comme moi n’ont pas voté pour lui, se sont abstenus ou ont voté blanc, et qui se méfient de lui à tort ou à raison, à baisser un peu la garde, à ne pas avoir peur et surtout à conspirer avec tous pour le meilleur dans l’intérêt de tous, de la France et du monde qui l’entoure.

De rester vigilants mais aussi bienveillants.

Car c’est en imaginant ensemble dans son fort intérieur puis en échangeant qu’on crée des champs de possibles, qu’on donne ensemble corps et vie à la réalité dans laquelle nous vivons maintenant et vivrons demain.

Bonne semaine à tous !

En Marche vers le 21e siècle ! Oui, mais lequel ?

Mis en avant

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Avec l’élection d’Emmanuel Macron au terme de 6 mois de campagne d’une violence inouïe, la France est enfin entrée aux forceps dans le 21 e siècle.

Elle vient de purger tout son appareil politique, de dynamiter les partis traditionnels, de dégager toutes les têtes d’affiches, aidée par les deux taons sécessionnistes Le Pen et Mélenchon.

Et de se faire des frayeurs avec un thriller inspiré de la Grande Terreur, du Cuirassé Potemkine et de la Nuit des longs couteaux.

La purge digne des procès de Moscou va se poursuivre lors des législatives.

Un très grand nombre d’apparatchiks et de seconds couteaux sont d’ores et déjà sur la rampe de dégagement. Ils ont perdu leurs illusions et sont contraints de solder les comptes d’une carrière trop vérolée par l’affairisme, le clientélisme, l’opportunisme et la langue de bois.

A l’image de Manuel Valls, qui après avoir trahi la gauche, trahi Hollande, trahi Hamon, trahi le PS, rêve encore de trahir Macron.

Beaucoup trop pressés de se recycler dans la nouvelle République en Marche vont bientôt y laisser des plumes. Voire la tête.

Une nouvelle génération accède au pouvoir : les momos quadragénaires et quelques yoyos trentenaires poussent la génération bobo vers la retraite anticipée.

Exit donc la drauche et les goitres.

Exit la France à Papa des nostalgiques du Général ou de Tonton.

Exit les politicards rances, réacs et corrompus.

Exit la Social-démocratie molle et les ayatollahs de l’Ecologie.

Exit le sombre spectre d’un retour à la France de Pétain et la guerre civile annoncée entre néonazis apôtres du blanchiment au Kärcher et islamo-fascistes alliés aux puissances de l’Argent-roi.

Exit les rêves d’une France mitterrando-gaullienne qui donnerait des leçons de démocratie à l’Allemagne et à l’Europe, forcerait celle-ci à un aggiornamento de valeurs en prenant la tête d’une fronde des nations méridionales en croisade contre les Nantis hanséatiques, la Banque Européenne et l’oligarchie financière mondiale.

Place au Neuf !

Le Chant du Renouveau auquel seuls quelques gogos ont vraiment cru durant la campagne s’incarne aujourd’hui enfin sous les traits d’un puissant Appel d’air.

La France de 2017 ne sera donc ni une réplique de la clownerie trumpiste, ni à la botte glacée de Poutine.

Oubliés les scénarios frexistes et frontistes de droite comme de gauche.

On en oublierait presque que désormais c’est En Marche forcée vers le Meilleur des mondes imposé par le système.

Dans le peu d’espace de souveraineté et de liberté que nous laissent encore les institutions mondialistes, quelle nouvelle configuration politique va se mette en place sur les ruines du monde ancien pour improviser une parodie de démocratie et jouer la farce du Pouvoir ?

Puisque les Français sont incapables d’étendre leur constellation au-delà du périphérique et leur contemplation au-delà de leur nombril, dans quel sens va-t-on l’écarquiller pour en faire surgir des reliefs spectaculaires ?

Le 21e siècle a commencé sans la France il y a plus de 15 ans avec les attentats du 11 Septembre.

Cet électrochoc dans la Conscience collective, instrumentalisé sinon orchestré de hautes mains, avait brutalement signé la fin de l’Histoire des états-nations.

Au concert pacifique des Nations Unies il avait substitué le spectre apocalyptique du Choc des civilisations.

On a ainsi amusé la galerie avec des croisades contre l’Axe du Mal, puis un nouveau Califat fantoche.

Afin de subtiliser aux yeux des masses subjuguées le seul axe qui désormais oriente toute la marche du Progrès planétaire. Celui d’un Nouvel Ordre Mondial soumis aux lois de la finance, tendu vers un Bonheur consumériste, en équilibre instable sur le fil de la croissance tel un équilibriste sans filet suspendu au-dessus du vide.

Ignorante de ces réalités pourtant essentielles qu’elle rejette d’un ricanement hautain en les taxant de complotisme, la France continue de jouer à faire des rois pour les guillotiner dès qu’on lui rend la main. Sans voir que l’Histoire s’est subitement accélérée et l’a abandonnée sur bas-côté telle une vieille dame aussi encombrante et inutile qu’arrogante et futile.

En à peine 6 mois entre les primaires socialistes et le second tour des présidentielles, la France s’est vue déposséder de ses défroques de douairière et kidnapper ses dernières illusions de Patrie des droits de l’homme par un gamin facétieux qui lui a tout piqué sans jamais rien lui promettre d’autre qu’un mirage pompeusement baptisé « Notre projet ».

Aujourd’hui le seul projet qui vaille a abouti avec une ample succès : faire élire Emmanuel Macron et repousser la furie frontiste dans les émonctoires d’une Histoire honteuse d’où elle n’aurait jamais dû resurgir.

Et maintenant, que vais-je faire ?
De tout ce temps que sera ma vie ?
De tous ces gens qui m’indiffèrent
Maintenant que tu es partie…

Voilà où est en Marianne après une nuit de noces à peine escamotée face à tant d’austère gravité.

Le 21e siècle dans lequel elle se réveille au lendemain du 7 mai a le parfum de l’Exil et l’aridité drue des cimes rocailleuses où personne ne l’avait jusqu’ici entraînée.

Finis les verts pâturages des collines de Normandie, les vaches rousses blanches et noires sur lesquelles tombent la pluie ! Finies les rillettes Bordeaux-Chesnel, et le petit jaja qu’on se jette en sifflant Le Temps des cerises !

Place aux rigueurs marmoréennes d’une France « efficace et juste », à peine adoucie par le refrain têtu d’un harangueur de hangars descendu de son estrade pour faire les comptes et fourbir ses bataillons de petits soldats issus de la « société civile » et en marche pour bâtir la Nouvelle Société tant promise.

Le seuil de ce 21e siècle enfin franchi, la France croit déjà recouvrer sous les vivats unanimes une place de Diva dont elle n’aurait jamais dû s’absenter. Mais derrière les cotillons en pastoc et les airs de fin de banquet, que lui réserve-t-il au juste ?

La France vient de rejoindre le concert des nations embarquées de gré ou de force dans le tourbillon de la mondialisation.

Elle frétille car ce dépucelage auquel rien ne semblait pouvoir la soustraire sera finalement consommé dans les bras d’un charmant jeune-homme au large front et aux grands yeux bleus, très poli et même un peu trop sage. Et non dans le costard poisseux d’un vieux kakou rescapé du Titanic sarkozyste, parangon de la famille tradi, pétri de Sens Commun et que rien ne peut décoincer pas même le vin de messe ou le parfum des billets de banque.

Mais sauvée du péril fasciste et propulsée dans la cour des grands, Marianne va-t-elle continuer de jouer les figurantes en faisant comme à son habitude semblant de tirer les ficelles ? Ou va-t-elle pouvoir enfin faire entendre à nouveau sa belle voix de soprane pour entonner le cantique des Droits de l’homme dont elle est la si fière et jalouse interprète ?

Pour cela il faudrait que les Français aient conscience de leur identité, de leur vraie place dans le monde, de leurs atouts et de leurs ressources face aux enjeux du siècle.

Or là c’est le blackout complet.

Déjà c’est la panique pour s’orienter sur le Monopoly hexagonal, entre la case Prison, les ors de la rue de la Paix et les trottoirs de Belleville, les Taxes & Consignations, les erreurs de la Banque en votre défaveur et une spéculation immobilière déchaînée où la Chine et le Qatar ont déjà raflé les plus belles artères.

Alors de là à s’imaginer en capitaine d’un vaisseau fantôme embarqué entre les cyclones tropicaux, les ressacs monétaires, les pirates de la finance et les ressacs du Marché, il ne faut pas trop en demander.

Pourtant ce siècle déjà bien entamé est sans doute le plus important dans toute l’Histoire de l’humanité.

L’enjeu n’en est rien de moins que l’arbitrage entre un suicide collectif annoncé et le saut de conscience vers un nouveau paradigme qui nous tend les bras.

Et ce paradigme n’a pas de « nouveau » que l’emballage.

Il s’agit d’accoucher ensemble ni plus ni moins que de l’homme de demain.

Un homme qui ne soit ni un avatar désenchanté du progrès matérialiste. Ni un barbare sanguinaire rescapé d’une mémoire trop longtemps cadenassée par la Raison triomphante portée par un Occident hégémonique. Ni un éparpillement de confettis centrifuges aussi riquiqui et obsolètes que désolidarisés. Ni un engloutissement dans un Grand Tout confusionnel aux stéréotypes dictés par la Matrice.

La France aurait un rôle éminent à jouer face à un pareil défi. Si elle acceptait de décoller son regard de ses écorchures hexagonales, de s’ouvrir pour de vrai au vaste monde en plein bouleversement, de chausser des lunettes vraiment neuves, d’abandonner ses lubies droits-de-l’hommistes totalement has been et déconnectées du réel, de cesser de s’ériger en modèle de vertu et d’apprendre à penser la réalité avec un peu moins d’orgueil idéaliste et un peu plus de pragmatisme confiant.

Pas sûr qu’il faille pour cela compter sur un nouveau monarque ni une recomposition politique.

Encore que si l’on ne s’arrête pas qu’aux petites combines médiatiques, l’occasion pourrait en fournir l’amorce sinon le prétexte.

Bienvenue dans le Monde d’après !

Reste à s’engager pour accoucher enfin du monde d’aujourd’hui !

Un monde où il fasse mieux vivre, où chacun ait vraiment sa place et sa chance, où la course au fric ne soit plus l’Alpha et l’Oméga de la raison d’exister.

Un monde qui déjà émerge et où 7 milliards d’humains ne seraient plus seulement connectés que pour produire et consommer toujours plus de machins inutiles en se retrouvant toujours plus seuls.

Un monde où les interactions de conscience à l’échelle planétaire ne serviraient pas qu’à partager la dernière pitrerie de Trump ou des gif animés de chats déféquant sur la lunette des chiottes.

Un monde où la science et les dieux, la raison et l’âme sensible seraient enfin réconciliés.

Et où tous seraient soucieux de contribuer au mieux-être collectif sans penser d’abord à soi ni devoir pour autant vendre son temps et sacrifier sa vie au bénéfice d’une poignée de thaumaturges confits dans leurs richesses et leur soif de pouvoir.

La France aurait un beau couplet à défendre dans ce nouveau monde pour le coup réellement en marche vers un Ailleurs qui est d’autant plus déjà présent et radieux qu’on accepte de tourner résolument le dos aux mirages du vieux monde agonisant.

Mais le pourra-t-elle avant de renoncer définitivement à paraître autrement que dans le souvenir d’une grande nation qui avait su jadis éclairer le monde de son génie ?

Peut-être, si nous le voulons bien. Et si nous le voulons vraiment.

Ou pas.

A nous d’en décider.

Mais sans trop tarder, car la roue tourne de plus en plus vite…

Monarc toute ! *

Manu 1er, roi des Cons

Tel pourrait être le titre de la comédie que la France se joue à elle-même depuis le 7 mai.

Les Français ne voulaient ni de Hollande ni de Sarkozy : ils auront les deux ! Habilement dissimulé sous le masque trompeur du Renouveau.

Le programme du président élu est en effet la synthèse parfaite entre le quinquennat de François Hollande et le programme du candidat malheureux des primaires, dégagé avec pertes et fracas en 2012 et laminé en 2016 alors qu’il tentait un ultime come-back.

Tout le subterfuge pour faire avaler cette énorme pilule consiste à réunir sous les traits d’un parfait inconnu, dont l’ambition a été monnayée par un chèque en blanc à la doctrine ultralibérale, à la fois les attentes inconscientes d’un peuple en déshérence et son penchant impardonnable pour la mise en scène.

Ainsi est né le mythe Macron. Ou plutôt la plus grande mystification de l’histoire de la Ve République.

Les Français en ont marre de ces présidents falots qui n’ont d’autre idée en tête que leur plan de carrière ? Ils sont nostalgiques des bons rois, des grands hommes, des présidents hiératiques et de la pompe républicaine ? Fort bien ! A défaut d’un De Gaulle de substitution dont tout le monde se réclame mais dont personne n’est digne de porter le képi on va leur en fourguer plein la vue pour un bon prix !

Par-delà les arguties médiatiques totalement bidon autour du sacre du nouveau prince, s’il y a bien un enseignement que nous aura livré cette élection, c’est que les Français ne sont pas mûrs pour vivre en démocratie ni aptes à se gouverner eux-mêmes.

Ils veulent toujours se persuader qu’ils se sont choisis un monarque élu pour cinq ans renouvelables selon leur bon plaisir souverain. Et au terme d’une « thérapie de groupe » qui tient plus du psychodrame hystérique que du discernement serein.

Le seul candidat qui incarnait une véritable alternative humaniste aux mensonges du système, appuyée sur une vraie vision d’avenir, c’était Benoît Hamon. Mais son projet avait vingt ans d’avance sur la société et son message était inaudible. Noyé par le fracas des affaires, les outrances poujadistes d’une harpie poisse, les trahisons et les calculs d’apparatchiks en voie d’obsolétisation et pressés de suivre la petite musique d’un banquier de sacristie transformé en joueur de flûte par un appareillage médiatico-financier hors-norme.

Jean-Luc Mélenchon aurait pu incarner la relève et renverser la table dressée pour les noces du peuple transi avec son nouveau messie. Mais son marxisme indécrottable même teinté d’écologie, son ressentiment obsessionnel à l’égard d’un PS qui n’avait pas su s’incliner devant son génie et qu’il entendait fermement dynamiter, son trop grand mépris pour les élites et son obstination orgueilleuse à ne rien concéder, le condamnent à n’être qu’un éternel agitateur, un stoïcien d’estrade prophétisant le malheur à qui veut l’entendre. Souvent avec pertinence, mais aussi avec trop de véhémence. Et donc condamné à ne rassembler qu’un bataillon de grognards insoumis prêts à en découdre avec la terre entière.

Scénario impossible dans une France morcelée, étrillée, à bout de souffle, où la soif de pacification l’emporte sur le désir de révolte.

Une France prête à se ranger derrière un illusionniste habile et résolu sorti de nulle part. Quitte à avaler n’importe quel bouillon de légumes qu’on lui sert pourvu que ce ne soit pas la ciguë frontiste.

Aujourd’hui Marianne se rêve en Cendrillon enlevée par son Prince charmant dans une caricature de conte de fée à faire pleurer de rire.

Voilà donc le bon élève flanqué d’une vieille perruche aussi muette qu’une carpe promu en avatar d’Henri III au jus de mélisse sorti d’un chapeau de magicien pour mettre un terme aux guerres fratricides. Et sacré roi de France dans une mise en scène pharaonique, entre les cariatides antiques, les candélabres royaux et la Pyramide maçonnique du plus beau musée du monde.

Au terme d’une campagne harassante en cette soirée du 7 mai, les Français en ont eu pour leur compte de pompes superlatives où l’Ancien régime et la Révolution, et surtout la gloire des grands argentiers rehaussée par des chambellans roublards, communièrent dans un grand exercice de n’importe-quisme aussi obscène que scandaleux.

Pas de Te Deum pour le nouveau monarque. Juste l’Hymne à la Joie pour scander la procession du prince charmeur aussi grave qu’un clystère devant une foule de nains joyeux confits d’admiration devant tant de grandeur retrouvée.

Pas d’oriflammes royales. Juste une marée de drapeaux tricolores et la couronne étoilée du Nouvel Ordre Européen.

Pas de discours inspiré. Juste une diarrhée interminable de formules creuses débitées par un gamin zozotant empêtré dans un lyrisme forcé sans saveur ni art de la dramaturgie.

Pas d’étiquette savante, pas de protocole suranné. Juste un parterre œcuménique réunissant des quadras à lunettes, des bobos ecstasiés et des zyvas hilares en pleine décompensation post « Tout sauf Marine ».

Du Mitterrand premier degré, sans la roublardise du Sphinx ni le cercle jaloux des courtisans empressés.

Après la Force tranquille, voici la farce tranquille.

La République devenue subitement aussi vide que la pyramide inversée sur laquelle était dressée cette scène incroyable.

Mais tout le monde s’en fout. L’important c’est qu’on ait dégagé tous ces incapables corrompus et évité Le Pen. On verra bien ce que ça donne avec ce nouveau gadget présidentiel. De toute façon il est tellement vide et lisse qu’on peut projeter sur lui tous ses espoirs et ses fantasmes. Alors allons-y gaiment !

Un Président de la République consacré dans le palais des rois de France : personne n’a relevé l’absurdité criante du symbole. On est aujourd’hui tellement pressé de sortir de cette campagne plus proche du lavage de linge sale et du guillotinage en série que du débat démocratique. Et d’oublier 5 années d’agitation vulgaire suivies de 5 autres d’impuissance affligeante. Avec en prime le spectre de la purge extrémiste pour achever le suicide collectif.

Nous voici donc en pleine romance kitsch.

Le système est assuré de sa continuité, d’un contrôle total du pouvoir et d’une emprise sans précédent sur des esprits mystifiés par cette mascarade électorale.

Incapables d’engager un authentique et salutaire examen de conscience, les Français sont maintenant sous le charme de l’illusion qu’on leur a fabriquée et qu’ils ont gobée avec l’impatience de nourrissons pressés d’engloutir leur biberon.

Aux mensonges d’appareil s’ajoute le mythe patiemment édifié d’un jeune monarque-président nouveau, moderne, éclairé, déterminé, bienveillant et surtout très correct.

Très politiquement correct, c’est essentiel ! Pas un faux pas, pas un faux pli ne doit ternir cette icône photoshopée de la Nouvelle France, dont le vide absolu et l’imposture magistrale devrait faire hurler de rage nos intellectuels aujourd’hui amidonnés dans des postures de courtisans lèche-botte.

Puisque les Français sont assez cons pour se contenter de cette caricature de Kennedy de bac-à-sable, ce qui leur pend au nez dans quelques années c’est le retour en force d’une Marion Maréchal requinquée après un congé de maternité en marge du marigot politique. Une hypothèse autrement plus flippante que la grosse Tata Marine et sa clique de tapioles souverainistes.

Puisque les Français sont manifestement incapables de devenir une nation vraiment démocratique et en phase avec le siècle, pourquoi ne pas aller jusqu’au bout de leur logique et tenter le scénario d’une bonne restauration ?

Louis XX Roi des Français, ça aurait quand même plus de gueule que Manu 1er prince des Cons !

Après tout ce serait dommage de se contenter d’un emballage doré sans l’élixir royal qui va avec !

Mais non. La France de 2017 c’est Ridicule sans la noblesse. La Cour sans l’esprit. L’Hymne à la joie sans hymen et sans vraie joie. Et La Marseillaise en pendentif réduite à une rengaine pop.

La France est de nouveau « en marche » puisque ce slogan imbécile a suffi à l’ébrouer. En marche comment et vers quoi, peu importe du moment que ça bouge. Après Le Changement et la changitude, voici la Marche-attitude.

Tous les imbéciles pâmés sont désormais prêts à s’identifier à l’enfant prodige dont l’accession éclair au pinacle ne doit évidemment qu’à son intelligence, son opiniâtreté, la dynamique de renouveau dont il est porteur et son extraordinaire charisme rassembleur.

Anesthésiés, mithridatisés, les Français sont incapables de voir derrière le sketch burlesque de « la start-up En Marche ! » le visage cynique et grimaçant d’une multinationale aux ramifications planétaires.

Ils se piquent au jeu du jeune banquier moulé par le Grand Orient et devenu l’Élu du peuple orphelin. Un apothicaire picard à la Cour des rois de France. Pinocchio sacré Napoléon.

La plaisanterie serait hilarante si elle n’était tragique.

Alors quid pour se dégriser de cette douce hallucination collective ?

Les ordonnances estivales suffiront-elles à dissiper le voile ? Même pas sûr tant le poison est profondément inoculé. Et tant les Français sont prompts et consentants pour se faire gruger, pourvu qu’on leur serve une jolie fable sur papier glacé.

Faudra-t-il d’autres vagues d’attentats encore plus meurtrières ? C’est fort probable vu l’amateurisme du jeune usurier en matière de politique internationale et son atlantisme dévoué.

Faudra-t-il finalement en passer par la case FN pour que les Français comprennent qu’ils se roulent eux-mêmes dans la farine à force de prendre des casseroles et des timbales pour des orchestres symphoniques ?

Faudra-t-il que cette marionnette vende ce qu’il reste de souveraineté pour financer l’or du Temple afin que la meute des autistes se dégage enfin du lisier où elle patauge depuis tant d’années ?

Ce qui est certain c’est que les Français ne sont pas encore guéris de leurs pires péchés.

Pour sortir de cette impasse et entamer un véritable Réveil il faudrait, hormis les pièges délétères du consumérisme et la dictature vulgaire du C’est mon choix, que la France se délivre du poison qui hante son âme depuis plus de deux siècles.

A savoir la religion maçonnique qui a abâtardi l’idéal républicain en républicanisme de pacotille. Et kidnappe toute possibilité d’instaurer en France une vraie démocratie digne de ce nom au bénéfice d’une mascarade interminable où l’on rejoue sempiternellement le sketch du monarque-élu pour oublier que d’autres tirent les ficelles en nous mettant la main dans l’urne.

Car la vérité c’est que la France victime de son orgueil autiste se croit le modèle de la démocratie dans le monde alors qu’elle n’est qu’une monarchie d’opérette à peine moins ridicule que sa voisine d’Outre-Manche.

Et que ses monarques successifs loin d’incarner le peuple et la Nation n’incarnent que leur ambition et celles des argentiers qui les font élire pour mettre en place leur agenda.

Quand les Français auront enfin compris que la République et les Droits de l’homme dont on nous rebat les oreilles à longueur de discours ne sont qu’une poudre aux yeux. Que le refrain Liberté Egalité Laïcité qu’on clame à tout bout de champ n’est que le paravent pavlovien d’une grande manipulation destinée à nous endormir. Que la seule religion d’Etat dont les principes soient réellement appliqués et dont seuls les grands prêtres soient autorisés à gouverner est celle de la GLNF et du Grand Orient. Que derrière les poncifs du républicanisme à la française se cache une véritable religion dont les officiants dirigent toute l’architecture rhétorique, institutionnelle et politique de notre soi-disant démocratie. Alors entreverront-ils peut-être des voies pour s’inventer un avenir qui s’enracine au-delà de 1789, traverse toute l’épaisseur de leur Histoire et ouvre des perspectives pour construire un avenir qui tienne vraiment debout et ne soit pas juste un rêve éveillé.

Ce qui fonctionne très bien aux Etats-Unis, pays fondé par des colons épris d’idéaux maçonniques et puritains ayant érigé un Nouveau Monde sur un cimetière d’indigènes sacrifiés à leur ambition visionnaire, n’a jamais vraiment pu prendre durablement en France.

La Ve république est la seule monarchie républicaine qui tienne depuis 6 décennies. Mais ses fondations tremblent à mesure que la France contrainte et forcée entre dans le nouveau siècle marqué par la mondialisation, le déclin des états-nations, le crépuscule des identités séparées et la fin des religions d’Etat.

Et à chaque crise qui met en péril nos institutions, le besoin de revenir sans vraiment se l’avouer au pacte monarchique est le seul dénominateur apte à rassembler une France de plus en plus divisée et incapable d’affirmer son identité sans sombrer dans la caricature ou le relativisme communautariste.

Il ne s’agit pas de dénoncer la Franc-maçonnerie dans un accès de suspicion complotiste. Mais de voir simplement la réalité pour ce qu’elle est et d’arrêter de se raconter des histoires.

Toutes nos institutions, nos partis politiques aujourd’hui en pleine recomposition, notre Parlement, nos gouvernements successifs sont des théâtres où se joue une pièce écrite en coulisses dans les ateliers et les loges. Avant de le dénoncer le cas échéant il faudrait surtout avoir le courage de le reconnaître. Nous ne sommes pas en démocratie. Celle-ci est une mascarade.

Nous sommes représentés et dirigés majoritairement aux plans politique, économique, syndical par une élite de citoyens souvent méritants, parfois même brillants, cooptés et engagés ensemble pour construire une société idéale selon des modèles et principes méthodiquement débattus en loge.

Une aristocratie fondée sur le mérite personnel, l’engagement collectif et l’Idéal de Fraternité a remplacé depuis 2 siècles la vieille noblesse féodale et patrimoniale.

Il faudrait donc arrêter de se raconter des salades et admettre que nous vivons en France dans un régime méritocratique relayé par une médiacratie puissante qui usine et recycle en permanence les croyances, les représentations et les discours collectifs, en précédant plus qu’en illustrant les courants de l’opinion. Et que cette aristocratie laïque sert au niveau mondial une super caste de ploutocrates issue de la crème des centres décisionnels de la finance et des affaires.

Les idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité ne sont pas pour autant d’horribles mensonges. Mais ils ne valent que subordonnés à l’arbitrage des salles de marchés, aux impératifs de croissance et de rentabilité qui sont les leviers pour faire tenir l’illusion collective qui tient lieu de Meilleur des mondes.

Si nous ne sommes pas d’accord avec ce modèle, il faut en tirer les conséquences. Or c’est majoritairement le cas même si nous ne savons pas très bien nous dépatouiller de cette vérité qui colle tellement à nos vies, à nos idées, à nos croyances, pilote nos espoirs et nos attentes que si nous écartons parfois nos œillères c’est pour mieux nous aveugler ensuite.

Emmanuel Macron est le produit parfait de cette élite. Le dire n’est ni un mensonge ni une exagération mais un constat lucide.

Soit on s’en accommode et on joue le jeu en connaissance de cause. Soit on se donne les moyens de changer la donne, et cela passe d’abord par une épreuve de vérité. Épreuve âpre à laquelle les Français ne semblent pas vouloir se plier.

D’autant que changer vraiment de paradigme n’a de sens que si cela s’inscrit dans un changement au plan mondial : la France (et même l’Europe pour peu qu’elle revienne à des principes plus humanistes, ce qui ne semble pas pour demain…) ne peut pas à elle seule réinventer une roue sur laquelle elle est perchée et qui ne tourne pas à son avantage.

S’agissant d’une France du 21e siècle qui peine à s’inventer une identité heureuse et se réconcilier avec elle-même, si nous sommes incapables de construire une vraie démocratie participative et si nous semblons tant nostalgiques de notre passé monarchique, pourquoi ne pas imaginer une forme de monarchie post-moderne ?

Mais si nous voulons inventer ce régime inédit, il faut nous garder de faire machine arrière en oubliant l’héritage républicain comme lors des précédentes restaurations. Eviter aussi de tomber dans le panneau de la mégalomanie grandiloquente du type Premier Empire. Et dessiner réellement les contours d’une Constitution qui réconcilierait à la fois notre attachement à la tradition monarchique et à une culture aristocratique qui ont tissé 14 siècles de notre Histoire et continuent de nourrir l’âme française, avec les aspirations sociales, humanistes, universalistes, réellement « progressistes », ancrées dans le siècle, ouvertes sur le monde et l’avenir, qui seules pourraient permettre à la France de rayonner de nouveau, et non de se ridiculiser dans un nombrilisme décliniste déconnecté du réel.

Nous n’en sommes évidemment pas là.

Mais peut-être est-ce une sortie envisageable au terme d’une nième réplique annoncée de cette « crise » sans fin dont l’étiologie économique, politique, sociale, culturelle ou identitaire n’arrive jamais à en épuiser le sens.

Qui sait ?…

Lorsque nous serons enfin guéris de cette torpeur narcissique et que nous aurons brisé les mythes dont nous nous intoxiquons nous-mêmes, en cherchant toujours des boucs émissaires commodes et des dérivatifs caduques à nos paresses et nos lâchetés ataviques.

La France n’a plus depuis longtemps de religion d’Etat. Et elle semble incapable de reconnaître que la seule religion d’Etat qui nourrit ses principes et ses institutions est réservée à une élite.

Du coup son rapport au sacré et la Transcendance est confisqué. Elle s’embourbe dans un rationalisme scientiste, laïcard et un républicanisme mensonger. Elle peine à s’accorder au grand changement de paradigme contemporain qui arrache la conscience collective hors des mythes et des excès de la rationalité pour l’élever vers une nouvelle Conscience planétaire émergente.

La Transcendance de l’Idéal démocratique et républicain ne peut fonctionner si le peuple en est exclu et si seule une élite en comprend les mécanismes et en déteint les clés.

La Transcendance du Collectif ne peut fonctionner non plus dans une société aussi colbertiste et jacobine que la société française, où l’égalité des droits toujours revendiquée n’épuise jamais les hiérarchies de classes et les rivalités de clans.

Le seul modèle que les Français connaissent pour s’arranger avec leur désir d’unité et de grandeur tout en préservant leur diversité et sans sombrer dans la lutte des classes c’est de se rassembler autour de la figure du Roi.

Les Français ont une culture du débat et un culte de l’Autorité symbolisée par le chef suprême, mais pas de culture du consensus comme les démocraties du Nord de l’Europe. Ils ne peuvent faire société sur l’entendement collectif. Ils ne peuvent faire société que sur le rapport de forces transcendé par la figure du leader charismatique dont ils rêvent toujours sans jamais pouvoir faire coïncider leur rêve avec la médiocrité de l’offre politique.

Dont acte.

Seul un vrai monarque non pas de Droit divin mais dont la hauteur de vue et la noblesse d’esprit, symboliques sinon réelles, puissent cristalliser l’aspiration du peuple à réunir ses idéaux, ses ambitions, ses rêves de gloire et de grandeur et sa générosité profondément ancrée dans le respect de l’humain, pourrait incarner cet ordre auquel les Français aspirent sans arriver à en définir les contours.

Une figure nouvelle qui prolongerait l’héritage des rois, endosserait les idéaux des Lumières, incarnerait un lien spirituel et charnel plus que social ou politique entre les Français, entre le peuple et son chef. Et qui serait véritablement garante de l’identité de la Nation, de la permanence des institutions et de la capacité à faire corps tous ensemble avec et par nos ressemblances et nos différences, et non seulement à rivaliser, coexister ou vivre ensemble.


*Anagramme de Macron

Pourquoi le couple Macron est éminemment pathologique et pourquoi on devrait s’en inquiéter

Quand je vois à quel rythme délirant se multiplient les offuscations dans la presse et sur les réseaux sociaux à propos des saillies ironiques et des interrogations sur la différence d’âge entre le nouveau président élu et son épouse, j’en viens à craindre que mes tentatives pour redresser des perspectives soient totalement vouées à l’échec.

La religion maçonnique égalitariste dont Macron est l’apothéose a fait tellement de dégâts dans les consciences qu’on est en arrivé à un degré de confusion qui pourrait être irréversible.

Aujourd’hui on est tellement persuadé qu’un homme = une femme, que tout se vaut, que toutes les différences n’ont pas de sens, qu’on en vient à ne plus rien comprendre à ces différences qui sont pourtant le moteur des relations humaines.

Le politiquement correct pressé d’abolir toute polémique mettant en cause les dogmes égalitaires transforme chaque esprit un peu fragile en commissaire zélé prompt à traquer tout propos jugé vexatoire, offensant et donc jugé coupable parce que supposé « sexiste », « misogyne » ou autre.

Certains voudraient même voir dans le couple Macron composé d’un bon élève des grandes écoles de la République propulsé au sommet du pouvoir par ses mentors et d’une prof de lycée passablement pédophile devenue épouse-mère le comble de la modernité !

Et fustigent ceux qui au contraire ironisent ou simplement s’émeuvent qu’on ne puisse voir dans cette différence d’âge autre chose qu’une coquetterie tendance.

On en appelle même aux droits LGBT pour faire taire toute critique en prétendant que chicaner la nouvelle Première Dame sur son âge canonique reviendrait à s’attaquer aux principes intouchables du Mariage pour tous.

Dans cette frénésie d’amalgame et de lessivage identitaire, on confond notamment l’égalité « de droit » et l’IDENTICITE.

On sent poindre constamment dans les discours de Macron cette confusion qui consiste à passer du souci égalitaire à la langue de bois égalitariste, puis à l’indifférenciation confusionnelle. Ce piètre orateur n’a de cesse de souligner à chaque phrase « les femmes et les hommes« , « celles et ceux« , en prenant soin de diluer toute aspérité du discours dans une bienveillante androgynie castratrice, non-violente, soumise et ultra politiquement correcte.

Pourtant à l’évidence si les hommes et les femmes sont et doivent demeurer égaux en droit, ils ne sont absolument pas identiques. La différence des sexes – qui est distincte des différences de genres – est même l’archétype de la différence.

Même si on voudrait les gommer par excès de zèle égalitaire et à cause d’une phobie féministe de la discrimination, et même si les rôles et les identités évoluent heureusement, hommes et femmes ne seront jamais totalement identiques. Du moins tant que deux hommes ne pourront pas faire un enfant ensemble et que le cerveau des hommes et des femmes obéira à des déterminismes biologiques par certains aspects radicalement opposés.

Ainsi on voudrait nous faire croire qu’être en couple avec une femme serait exactement pareil qu’être en couple avec un homme. Que les unions homos et hétérosexuelles non seulement doivent bénéficier de droits égaux mais qu’elles sont équivalentes. Au risque de tomber dans le déni de réalité.

Or les unions de même sexe ne sont pas équivalentes et n’ont pas le même sens que les unions hétérosexuelles. Ce que le fourre-tout du Mariage pour tous a totalement ignoré dans son empressement égalitariste.

Non que les unes soient inférieures aux autres : elles sont simplement différentes et ne renvoient pas aux mêmes valeurs ni aux mêmes référents culturels, fondateurs dans les sociétés. Ignorer cela c’est ne rien comprendre aux réalités recouvertes sous ce concept bancal d’homosexualité. Et passer à côté des trésors humains et spirituels qu’elles renferment. [i]

De même, la différence d’âge est évidemment fondatrice de la relation, au plan symbolique et psychologique autant que social ou anthropologique. Quand les conjoints ont un écart d’âge suffisant, elle renvoie aux valeurs de filiation, de parentalité, de transmission entre les générations.

Or la relation entre un homme plus âgé et une femme plus jeune n’est pas équivalente à celle d’un jeune homme avec une femme en âge d’être sa mère.

Qu’une femme mariée soit ménopausée n’a en soit aucune importance. Et le fait de l’être n’empêche évidemment pas une femme d’aimer et d’avoir une sexualité épanouie même si elle ne peut plus avoir d’enfant. C’est dans l’ordre symbolique que cela a du sens. Surtout quand elle est mariée à un homme en âge d’être son fils.

Pas besoin d’avoir lu tout Freud pour comprendre qu’un lien affectif prolongé avec une mère-amante traduit pour un jeune homme un Œdipe contrarié et des troubles affectifs évidents.

Les relations mère-enfant au sein d’un couple ne sont en soit ni exceptionnelles ni pathologiques. On en trouve même des traces dans la Bible ou le Coran : Khadija, la première femme du prophète Mahomet, était de loin son aînée. C’est même elle selon certaines interprétations de la sunna qui l’aurait initié aux textes sacrés en plus d’avoir été l’interprète de ses révélations.

Dans toutes les traditions la femme a toujours plus ou moins tenu pour son époux le rôle d’interprète des signes, de pont vers l’Inconscient, voire le Divin. Mais si elle peut être utile et féconde, une relation maternante entre un homme et une femme plus âgée n’est pas faite pour durer.

Tout comme les relations homosexuelles entre un jeune homme et un homme mûr ont évidemment un caractère initiatique (et donc passager), vécu aujourd’hui sous la forme d’un paternage conjugal.

Les repères parentaux s’étant dilués et les rites de passage à l’âge adulte ayant disparu dans nos sociétés il est tout à fait compréhensible de voir aujourd’hui se multiplier des couples entre un jeune homme à peine sorti de l’adolescence et un « daddy » plus âgé qui joue le rôle de père de substitution. Mais ces derniers savent pertinemment que ces relations ne sont pas faites pour s’éterniser, à moins de se cristalliser sous la forme d’une « symbiose » où toute évolution personnelle est gelée au risque sinon de mettre en péril l’équilibre du couple.

Sans même évoquer l’homosexualité non assumée d’Emmanuel Macron et sa relation cachée avec Matthieu Gallet, le simple fait d’avoir épousé sa prof de français rencontrée à l’âge de 15 ans témoigne d’un déséquilibre psychique profond. Et d’un rapport à l’autorité particulièrement biaisé. Que l’on sent poindre chez le jeune président dans ses accès de fureur contenus chaque fois qu’un détracteur entrave son désir narcissique de reconnaissance et son aspiration à être adulé comme le fils chéri épris de perfection qui cherche à plaire à sa mère.

Ironiser sur ce couple n’est donc pas grave. Se poser des questions à quelques jours de l’investiture de l’Enfant-roi me semble en revanche essentiel.


[i] Pour plus de détail sur le sujet, voir mon blog : https://sautdelange.wordpress.com