L’ascète à la taverne

Desert-Goutte-eau

Après mûre réflexion, il y a un choix à faire.

Nul n’est prophète en son pays.
Toujours chassés, haïs, martyrisés ou bâillonnés.
Mais nul ne peut éteindre le Cri.
Dans le désert passent des caravanes qui cherchent la Voie.
Près du puit, parfois, s’arrêtent quelques nomades.
Qui entendra enfin la Voix ?

L’homme révolté ne peut porter le flambeau de la Paix.

S’il faut tenir ensemble
Les deux bouts pour avancer
Nul ne peut montrer à la fois le Ciel et la Boue.

Y a-t-il encore de vrais artistes ?
Ceux qui révèlent le Sens
Au lieu de faire commerce du Néant.

Prophétique et révolté
Si l’Art ne montre pas la Voie
Il n’est qu’Illusionnisme, Mensonge et Imposture.

L’artiste éveillé peint avec de la poussière d’étoiles et d’humus
Qu’il trempe ensemble dans un cœur où coule une eau limpide.
Un cœur sec et tourné vers soi ne peut qu’être aphone.

Chaque jour il faut nettoyer l’aire,
Chasser l’aigreur et la tristesse
Aller au dehors
Faire provision de beau et le donner en partage.

Puis rentrer près de l’âtre
Tirer le vin doux
S’enivrer nu sous un Ciel sans nuage
La nuit
Et le jour chanter à tue-tête
Danser en spirale
Avec la multitude des ailes
Qui tournent et tournent et tourneront à jamais

Jusqu’à ce qu’il n’y a plus que des ailes,
Des plumes blanches,
Des voiles diaphanes,
Un Souffle
L’Infini
Et puis plus rien.

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