L’Eveil pour les Nuls

Mis en avant

Attelé depuis plus d’un an à la rédaction d’un essai intitulé L’Evangile quantique sur le thème ambitieux mais casse-gueule de la physique quantique et de la spiritualité émergente, je m’astreins chaque jour à faire le tour sur Facebook des groupes consacrés en principe au sujet.

Il faut dire qu’une simple recherche sur les thèmes « quantique », « spiritualité » ou « Eveil » prouve que le sujet passionne et que ces groupent abondent.

Assurément c’est même LE sujet du siècle. Puisque le changement de paradigme, l’émergence d’une conscience globale, la dilution des religions et de la rationalité dans un paradigme conscientiel beaucoup plus vaste englobant la rationalité et l’irrationnel, la spiritualité, la non-dualité et les sciences post-modernes, est à n’en point douter le prémisse du plus grand bouleversement que connaîtra l’humanité au cours du 21e siècle.

Dans un contexte discursif marqué par l’hégémonie des modèles systémiques, par la foi en la rationalité, le matérialisme, le scientisme et le néolibéralisme triomphants, on ne peut a priori que se féliciter que des esprits se tournent vers d’autres voies pour puiser du sens.

Sauf que les réseaux sociaux étant ce qu’ils sont, on y côtoie le meilleur comme le pire, y compris et surtout, faute de repères, en matière de spiritualité et de prétendues sciences.

Certains groupes exigeants et sérieux consacrés à la physique quantique requièrent avant toute adhésion un minimum de pertinence de la part des postulants : chaque demande est soumise à quelques questions destinées à vérifier qu’on en connaît un minimum sur le sujet.

Mais tous n’ont pas cette précaution. Il existe hélas pléthore de groupes (en anglais bien sûr mais aussi quelques-uns en français) qui s’autoproclament des groupes « d’Eveil » de « physique quantique et spiritualité » et autres titres ronflants, qui après un examen succinct s’avèrent d’énormes attrape-nigauds.

Citons par exemple les groupes Physique quantique et spiritualité, L’Eveilleur quantique ou QWAYM (Quantum World Awaken Your Mind).

Disons-le tout net : ces groupes sont de magistrales impostures.

Leur niveau affligeant se caractérise non seulement par un laxisme coupable, mais par une franche propension au n’importequisme.

Une connaissance plus qu’approximative voire inexistante sur les théories quantiques et de la vie spirituelle autorise un déversement de délires fumeux et de questions toutes plus saugrenues les unes que les autres.

A titre d’exemple cette question posée il y a quelques jours par une internaute : « J’attire souvent des personnes toxiques. Quelqu’un peut me dire pourquoi ? »

Réponse laconique : « Parce que t’as trop écouté Britney Spears ! »

Ou encore plus cocasse et symptomatique de la spiritualité-minute : «  Si vous pouviez faire un discours de 30 secondes à la Terre, que diriez-vous ? »

Ou mieux encore : « Si toi aussi tu es éveillé, clique sur j’aime. »

On dirait un salon New age où se côtoient médecines douces, catéchisme pour les Nuls, Psycho magazine, courrier du cœur, étalage des états d’âmes les plus éclectiques et exhibitionnistes, recettes de grands-mères et psychoses de gourous du dimanche en 5D.

Il suffit d’agiter des mots magiques comme « quantique » et « Eveil » et hop !, chacun y va de son couplet pseudo inspiré.

On m’objecte souvent quand j’émets à l’occasion des réserves critiques sur les posts les plus éloignés du sujet que ce genre de remarques scrogneugneu n’a rien à faire dans un groupe où la béatitude consensuelle fait office de conscience. Mais las !

La spiritualité n’a rien à voir avec la guimauve. Et suppose pour éviter cette mélasse confusionnelle où l’on se complait dans ces défouloirs de bonne conscience un minimum de discernement et d’esprit critique.

Il ne suffit pas de faire « AOUM ! » ou d’écarter les doigts de pied en contemplant les étoiles pour atteindre le Nirvana.

« Tolérance ! », m’objecte-t-on souvent en guise de drapeau blanc.

Le mot est lâché. Il ne s’agit pas de s’éveiller collectivement, de s’élever, de conspirer pour une conscience globale éclairée par la fine fleur des recherches quantiques. Mais de « tolérer » la bêtise la plus crasse et l’illusion d’être une lumière quand on est une limace.

Ces groupes ressemblent malheureusement davantage à C’est mon choix qu’à des chemins d’Eveil.

J’ai parfois des scrupules à déranger l’harmonie confite des kékés du Nouvel Age, après tout il en faut pour tous les goûts. Mais la complaisance des administrateurs qui ne font manifestement pas leur boulot m’exaspère.

Quand je lis les inepties et balbutiements qui composent 95% des posts je me dis que le but de certains groupes est plus de faire du chiffre, du buzz, en agrégeant tous les gogos qui veulent bien déblatérer, que de permettre à tout un chacun de puiser quelques pépites pour s’éveiller vraiment, sans se contenter de polir son propre nombril.

Un minimum d’exigence serait bénéfique. Au moins pour paraître sincère et crédible.

Au risque sinon de produire l’effet inverse du but annoncé : célébrer la médiocrité et le narcissisme des esprits affalés dans la contemplation de soi-même.

Au lieu de faire œuvre de mobilisation générale pour le Grand saut de Conscience, qui est je le répète l’événement essentiel de ce siècle.

Pour l’heure, plutôt que des appellations ronflantes et trompeuses comme « L’Eveilleur quantique », ces groupes mériteraient plutôt le qualificatif de « Roupilleurs labyrinthiques ».

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Cassé Cassius !

 

CASSIUS ?

Oui… mais non !

Pourquoi je n’irai pas voir Cassius aux Nuits Fauves le 16 février, ou n’importe où ailleurs ?

Parce que Cassius symbolise la quintessence de la French Touch tête-à-claques.

Pire encore que Justice, c’est dire !

Que Guetta ? Non, on parle musique tout de même.

Tout ce que j’abhorre dans la musique électronique, bien que leurs productions soient d’une indéniable qualité.

Revenons au point de départ. Chicago, Detroit, New York. Puis Londres et toute la planète.

Ceux qui ont 50 ans et plus, ou qui étaient à la soirée Let There Be House avec Marshall Jefferson et Tony Humphries au Rex Club le 25 janvier, voient très bien de quoi je veux parler.

Les gamins fauchés du South Side qui ont inventé ces musiques il y a 30 ans et plus, surtout la house de Chicago, n’étaient pas des musiciens à proprement parler. Encore moins des stars. Tout au plus des DJs qui gagnaient péniblement leur vie en mixant dans des clubs totalement inclusifs, ouverts à tous, aux prolos, aux Blacks, aux pédés, aux moches, surtout pas qu’aux VIP.

L’esprit Midwest et la débrouillardise. Une 808 ou une 909 empruntée à un pote, un vieux DX7 et hop ! C’est parti pour un loop à faire hurler les dancefloors.

Ils ne cherchaient pas à gérer un plan de carrière, à se rendre inaccessibles, en méprisant le marigot des teuffeurs et des musicos du dimanche qui rament des nuits entières dans leur chambre pour pondre un track correct.

Pour mieux comprendre ou rafraîchir ses souvenirs, voir cet excellent documentaire I was there when House music took over the world.

 

 

Vers 1994/1995, 10 ans après ces débuts héroïques, les musiques électroniques avaient envahi le monde. Du moins tous les recoins underground de la planète. Wake Up vivait ses derniers moments de folie (encore au Rex), Garnier et la techno entraient en dissidence, les raves commençaient à s’essouffler, le hardcore avait brisé la magie, les esctas étaient frelatées, les teuffeurs partis sur les routes dont certains ne reviendraient jamais.

Et puis soudain, patatras !

1997. Deux fils-à-Papa versaillais aux airs d’ados bien sages balancent un OVNI sur les ondes radio et les clubbers fatigués. Around the World signait la fin des outrances trance, rave et hardcore. Et les vrais débuts de la French Touch version mondialisée. Avec un clip totalement décalé, millimétré et soigneusement chorégraphié par Michel Gondry.

Dans la foulée, Thomas et Guy-Man inventeront un son nouveau, révolutionnaire, l’électrohouse, qui sera la bande-son des années 2000, copié à l’infini.

Mais pour l’heure, avec l’album Homework, on est plutôt dans une resucée de sons bien funky voire disco, avec des samples éneaurmes montés en boucle, hystérisés par une distorsion, une compression et une dynamique incroyables, saupoudrés de quelques gimmicks obsédants au vocoder et emmenés par un beat binaire et entêtant.

Et pis c’est tout.

Bien malin celui dont on allait lui aussi beaucoup parler, et qui avait propulsé ces ritournelles disco à peine filtrées au rang d’hymnes planétaires. Et les deux robots sur les starting-blocks d’une carrière brillantissime.

Zdar et Boom Bass (Philippe et Hubert pour les intimes), les deux membres du duo Cassius, ont débarqué à la même époque, ou quelques années après. Eux aussi savamment marketés par le petit label de Barbès qui deviendra très très grand : Ed Bangers. Créé par Pedro Winter, un Versaillais lui aussi mais bien plus déjanté, au look de Viking, fana de skate, de rock, de hip hop, de drogues psychédéliques, et surtout au nez très creux et hyper malin.

Alors que les musiques électroniques sortaient de la clandestinité et d’une réputation de merde grâce à Jack Lang et des labels ambitieux comme F Com, Ed Bangers allait brouiller les pistes, produire des OVNI mélangeant house, hip hop, pop-rock et tout ce qui pouvait trancher avec les standards de la dance.

Rien n’était laissé au hasard : visuel coloré et décalé, clips rétro-pop léchés, look néo grunge ou dandy électro pour les artistes, buzz parisien impitoyable et promo mondiale avec des connexions auprès des plus grands : on a vu le résultat en 2013 avec l’album Random Access Memories… La machine Ed Bangers allait vite catapulter ses protégés vers les plus hauts sommets.

1999 (référence au meilleur album de Prince, what else ?…) et sa house léchée, sophistiquée, intello, élitiste, presque froide, « française » quoi, allait faire le tour du globe.

Mais ces icônes de la French Touch unanimement célébrées, auxquels ont pourraient ajouter tous les groupes phares des années 2000, les Air, Justice, Kandinsky, Vitalic… ont tous en commun le même ressort marketing : L’ATTITUDE !

Electropop un peu évanescente pour Air, franchement plus rock, crasseuse et putassière pour Justice, disco ou électroplouf pour les 2 autres.

Cassius c’est la classe. Ils ont joué avec les plus grands. Et ne se produisent (du moins à l’époque) que dans les clubs les plus hype de la planète. Ou dans des mini-clubs hyper confidentiels pour happy fews triés sur le volet (« Quoi, t’es pas sur la guestlist ? Dégage ! ») Comme le Paris Paris pas loin du Palais Royal, où je les avais vus en concert privé avec -M- et quelques potes k1ris, sur invitation uniquement. Mehdi et Pedro à moitié à poil et totalement ecstasiés aux platines : une soirée mémorable !

Quand on pense à l’humilité absolue et sincère d’un génie comme Frankie Knuckles, franchement les gars, allez vous rhabiller !

Et puis au fond, Cassius, c’est chiant !

La pose, toujours la pose… Saint Trop’ ou le dernier spot à la mode : « Ah tiens, on a enregistré tout l’album (15 Again) en 15 jours dans une grande villa à Ibiza, c’était top ! »

Cassius, c’est l’exact opposé du house spirit : One nation under a groove. Un truc planétaire qui ne connaît aucune frontière. De race, de genre, et surtout d’origine sociale : « You may be Black, you may be white… »

Cassius c’est le parisianisme le plus contenté qui se reluque le nombril parce que quelques journaleux ont décidé que la French Touch était un truc à part et so chic : Sacré Français !

Beaucoup ont exploité le filon. Avec du meilleur comme du pire. Les 90s et 2000s ont été marquées par des succès comme Music sounds better with you qui ont fait le tour du monde et pas qu’une fois.

De Cassius que retiendra-t-on ? The Sound of violence, of course (référence implicite à The Sound of silence de Simon & Garfunkel, c’est dire le côté arty et élitiste…) 1999, bien classieux tout de même. Plus quelques tubes qu’on a déjà oubliés.

Mais pour le good spirit, passez les gars !

Cassius c’est un peu la revanche du clubbing VIP branché et faussement cool version 2000 sur les mégateufs underground, déjantées et inclusives des 80s/90s, vaincues par le business de la dance music, la gentrification de l’électro, la radicalisation et la marginalisation des teuffeurs abrutis par le hardcore et les mauvaises dopes.

Quand même pas Retour vers l’Elysées Mat’ ou l’Apocalypse (boîtes hyper sélect et disco phares du Triangle d’or dans les 80s), mais so happy fews bien fake tout de même.

Que Cassius se produise aujourd’hui aux Nuits Fauves c’est tout un symbole.

Du film éponyme de Cyril Collard qui a marqué les années sida, ce club aussi célèbre pour sa programmation pointue que pour ses excès de dope en tout genre a voulu capté la quintessence d’une époque. Que reste-t-il de ce spot de drague, temple du bareback (les quais d’Austerlitz), où l’on ne touchait pas que du French ?… Et qui à l’heure de l’Institut de la Mode et du Wanderlust n’est plus qu’un lointain souvenir : glauque, poisseux, dangereux.

Le vertige devenu vestige.

Un frisson customisé pour clubbers trentenaires sortis des beaux quartiers.

Si Cassius n’a plus rien pour entretenir la flamme que cet ersatz de décadence c’est tout un symbole.

Pas grave, il y a tant d’autres artistes et tant d’autres lieux qui méritent aujourd’hui d’être célébrés.

Hélas pour l’ego démesuré de l’écurie Ed Bangers, pinacle de la French Touch années 2000 qui aurait presque fait oublier les pionniers comme Garnier, les années 2010 ont vu débarquer un florilège d’innombrables jeunes producteurs et DJs hexagonaux hyper doués et hyper talentueux. Qui ont tout pigé du B-A-BA de la house et de la meilleure. Qui écoutent de tout, phagocytent tout, recyclent tout – house, techno, hip hop, électro, soul, pop, disco, funk, dubstep, glitch hop, world music… – avec un style, une aisance et une effronterie déconcertantes.

En 30 minutes ils vous pondent un machin dément avec un son qui tue, à la fois dégoulinant de sensualité et qui cartonne grave, à faire pâlir les godfathers de Chicago.

Etre né avec une Gameboy dans la main et maitriser le potentiel infini des nouveaux joujoux électroniques, ça aide…

Ces Disclosure français n’ont pas d’ego à monnayer aux platines du Faust ou du Yoyo. Juste leurs 20 ans et quelques tubes irrésistibles comme unique passeport.

Gare les Cassius et autres pédants ! La relève va vite vous dégager. En vous servant une standing ovation en plus…

Gay trip : sortez des sentiers battus !

Le site gayvoyageur.com recommandait cette semaine 7 destinations gays où passer un long week-end.

Paris, Londres, Madrid, Amsterdam, Oslo, Rome, Reykjavik.

Quelle merveille d’originalité !

Si vous voulez vous dépayser sortez des sentiers battus, que diable !

Terrasse du Cox l’été, Paris Le Marais

Paris on oublie. Y vivre heureux en sachant profiter de l’extraordinaire qualité de vie, de l’offre culturelle inégalable, sans subir les vicissitudes d’une grande capitale polluée, surpeuplée, orgueilleuse et passablement insupportable, y vivre une vie relationnelle et une sexualité épanouies en évitant les Barbies barbues parigotes, laides, stupides et névrosées du Marais, requiert des qualités d’organisation et une créativité hors pair.

Rome. Unique objet de mon assentiment… A voir et revoir bien sûr si l’on a un tant soit peu de goût. Mais comment faire abstraction de ses habitants en particlier les commerçants si hautains et exécrables avec les touristes ? Quant à la vie gay, elle est sinistre au possible (Vatican oblige…) A moins d’aimer les saunas où cardinaux et prélats viennent s’empapaouter gaiment.

A Rome l’éternelle préférez Naples l’éphémère, flanquée aux pieds du fumant Vésuve. Pour la gentillesse des Napolitains, beaucoup plus sexys surtout pour ceux qui aiment les nounours bien velus. Pour l’atmosphère virile – macho même – ambiguë et franchement homophile de ses bars hétéros, où l’on boit des canons en se tapant sur

Zio Paps, Naples

l’épaule devant un match de foot (Zio Paps par exemple). Pour son ambiance méridionale, populaire et métissée. Pour la richesse de son patrimoine et la beauté de la région. Les grandes dames parisiennes pourront toujours aller montrer leurs robes griffées à Capri ou Ischia…

Plus au Sud, allez explorer le Mezzogiorno : Calabre, Pouilles, Basilicate et bien sûr la Sicile. Là vous trouverez de vrais ragazzi au beau milieu de magnifiques ruines, dans les ruelles étroites autour des églises baroques, sur les places des villages alanguis ou sur des plages désertes aux eaux préservées. Des bien virils, bien hâlés et bien poilus. Le Sud de l’Italie est beaucoup plus fun en réalité que sa réputation macho et coinços le laisse croire. A condition de sortir des codes de la tapiolerie et de savoir surfer sur l’équivoque. C’est tellement plus excitant que des piercings sur chaque centimètre-carré de peau ridée !

Madrid. Une capitale aux airs de ville de province. Un mythe. Devenue finalement plutôt ennuyeuse comparée à ce qu’elle a été (la movida, Almodovar et la belle époque de Chueca c’était dans les 80s, chérie…). Avec son Tataland standardisé et segmenté au possible. Encore que Chueca soit mille fois préférable au Marais, et ait bien d’autres attraits que ses bars gays. Comme ses boutiques arty, différentes et pas pareilles (quoique un peu trop bobasses). Quitte à passer un weekend à Madrid, traversez la Gran Via et allez explorer les hauteurs de Lavapies, le vrai quartier branché du moment. Avec ses épiceries indiennes et pakis, ses concerts en plein air, ses bars et boutiques décalées, et sa population jeune et très mélangée. Et puis ses bars bear, parce que pour les vrais amateurs c’est là-bas que ça passe…

Mais non, oubliez Madrid et ses dindes barbues, arrogantes et méprisantes comme des Parisiennes.

Night, Eixample, Barcelone

Foncez à Barcelone. Atmosphère plus européenne garantie. Et puis il y a la mer : on respire. Ah le côté mégalo et déjanté de l’architecture moderniste ! Ces boîtes insensées, ces cruising bars dantesques où l’on ne s’embarrasse pas de chichiteries pour fourrer la main dans la culotte de son voisin. Et où le mélange des genres et la franche camaraderie nous changent des clones dépressifs au faciès délavé du Cox. Ne vous cantonnez pas à Gayxample, encore moins à Sitges franchement has been et peuplé des mêmes tapioles à barbe interchangeables qui ne connaissent que le Triangle Rose Sitges-Mykonos-Gran Canaria. Explorez plutôt Raval si vous aimez les Pakis bien roots. Et surtout les quartiers branchouilles et créatifs comme Poble Sec ou San Antoni (plus chic) au Sud. Ou Gracia au Nord qui se cherche encore une âme…

Séville et Alhambra

Plus authentique, descendez jusqu’en Andalousie. Pour ses trésors culturels évidemment : Cordoue, Séville, Grenade, L’Alhambra, Cadix, Jerez, Malaga… Non, Torremolinos on oublie ! Pour la beauté de ses paysages, de ses villes et de son littoral. Pour le charme mauresque, le sentimentalisme irrésistible de ses autochtones. Et la sevillana. Enfin allez-y quoi !

London ? Oui, c’est une ville fascinante et incontournable. Surtout si l’on aime le vrai métissage (pardon, le « multiculturalisme ») avec un standing autrement plus soigné que nos banlieues pouraves… Mais n’espérez pas y faire autre chose que du tourisme et du sexe. Ici on ne connaît pas les sentiments. Et tous les gays londoniens vous diront d’un air blasé qu’ils ont renoncé à y trouver l’âme sœur. Il faut dire que Londres a été créée par les Romains pour faire du fric, et que c’est toujours sa raison d’être Number one… Mais pour ceux qui aiment la musique et les fêtes déjantées, difficile de rivaliser. Fuyez les boîtes gays. Surtout Vauxhall, le nouveau quartier gay hyper chiant en semaine et trop loin du centre de toute façon. Faites éventuellement un saut au XXL (le samedi soir uniquement), en vous rappelant que vous entrez dans le temple mondial de l’Arrogance et des Divas. Evidement faites un tour à Soho à l’heure du happy hour, ou pour flâner dans les boutiques l’après-midi. Toujours beaucoup plus excitant, plus vaste et surtout et éclectique que le Ma-raie. Sinon pour vous éclater sur la meilleure musique du monde, oubliez le Heaven et foncez au Fabric, l’un des meilleurs clubs house de la planète (et de loin !), ranké dans le Top 5 mondial. Si vous y croisez Harry, faites-lui un bisou pour moi.

Dublin

Plutôt que Londres, trop convenue, essayez donc Dublin, ses bars à bière (rousse, évidemment) et ses Rouquins si chaleureux. Ou l’Ecosse : dépaysement garanti !

Amsterdam. Oui bien sûr… Coffee shops, bars cuirs, musées sublimes, balades à pied ou à vélo sur les canaux, galeries d’art hyper tendance. Le côté aristo un brin décadent des Amstellodamois. Mais le bon goût tout de même, ça ne s’invente pas ! No fumette à l’extérieur, comme ces jeunes touristes cuvant leur bédos foncedés sur le macadam : habitude méprisable aux yeux des locaux ! Quand on est bien élevé on organise une fête chez soi, avec quelques amis chics et choisis, quelques bons plats, quelques bons alcools, éventuellement un bon DJ, et un bon stock de meilleure beuh. Suivie d’une touze décomplexée le cas échéant. Ou d’une sortie dans un de ces clubs où l’on joue une Nu house intelligente et sublime.

Comparativement à Amsterdam, Bruxelles offre l’avantage d’être plus proche, plus abordable, moins élitiste, résolument internationale, et franchement marrante (encore que, depuis les attentats…) Ah le côté bon vivant, gouailleur et rigolard des Belges ! Même les keufs près du commissariat du centre sont hyper sympas (hyper mignons et très coquins…) Ah le trip moule-frites après une Jupiler à la terrasse du Baroque, « LE » bear bar de la rue du Marché-au-Charbon… Les soirs de Démence la rue est blindée de grands gaillards barbus venus de toute l’Europe. La Démence justement, on évitera soigneusement. A moins d’être une grosse truie cocaïnée. Une fois dans sa vie c’est rigolo, après ça devient vite une addiction vulgos. Quant à celles qui s’embarquent sur la Croisière Démence, elles sont irrécupérables.

Place Jules Dillens, Quartier Saint-Gilles, Bruxelles

Allez faire un tour dans le quartier Saint-Gilles, métissé, branché, rempli de boutiques rigolotes, de galeries d’art sans chichi, de terrasses où savourer toutes les spécialités du monde, et de kikis espagnols, rebeux ou d’ailleurs. Mais gare aux quiproquos : on n’est pas au Dépôt et certains rêveraient de vous faire les poches…

Oslo ? Reykjavik ? Pas vu pas pris.

En Europe on ne saurait oublier Lisbonne. Prague pour les baroqueuses. Berlin, incontournable et l’une des capitales les moins chères d’Europe.

Prague

La Suisse on oublie carrément. Sauf pour emmener Belle-maman en cure thermale ou y planquer ses biffetons. Déprime garantie et porte-flouze vidé en 3 secondes chrono : Genève, ennuyeuse au possible, demeure et de très loin la capitale la plus chère de toute l’Europe. Lausanne, avec ses ruelles en pente et ses étudiants, paraît plus fréquentable. Mais on ne risque guère la frénésie.

Istanbul ? Allez-y très vite avant que le glacis de la dictature islamiste du tyran Erdogan ait tout recouvert. Mais quelle ville ! L’ambiance Shéhérazade dans les quartiers touristiques comme Sultanahmet ou Galata, les mosquées sublimissimes, le Grand Bazar, ou plus roots le Bazar égyptien. La folie de Taksim de jour comme de nuit, les immenses clubs bears blindés de costauds carrément massifs, hyper poilus et hilares

Taksim la nuit

venus de tout le Moyen-Orient. Les quartiers ultra modernes et très européens comme Mecidiyeköy. Ceux plus plan-plans comme Kadıköy (ne pas rater son marché…) ou Üsküdar sur la rive asiatique… Et ses innombrables hammams dont certains feraient pâlir d’envie les saunas les plus hots de Paname.

Pour une atmosphère plus méditerranéenne, moins empesantie par la religion et beaucoup plus libérale, préférez Izmir. Pas franchement jolie mais beaucoup plus cool. En évitant bien sûr les infernales usines à touristes comme Kusadaçi. En revanche si vous avez le temps, une escapade à Ceçme, le Saint-Trop’ turc, s’impose. Une journée de plus et traversez les 7 km de mer qui séparent la Turquie de l’île grecque de Chios. Un écrin d’authenticité oublié, des eaux turquoise si limpides qu’elles paraissent irréelles : à des années-lumière de Mykonos. Et sa capitale, Chios, pourrait vous réserver quelques surprises… Pourquoi pas descendre jusqu’à Ephèse à 80 km au Sud, pour visiter le site archéologique.

Pour les amateurs de fêtes torrides et de bears Middle-East, allez passer un long week-end à Beyrouth. On y afflue par charters entiers de tout le Moyen-Orient pour ses fêtes bears. En plus il y a de quoi visiter. Le Liban est un pays très beau et très attachant. Et les Libanais n’en parlons pas : ce sont les plus beaux hommes du monde et les plus grands charmeurs !

Si vous craignez de vous faire trucider par le Hezbollah, allez passer quelques jours à Tel Aviv, la New York de la Méditerranée. Une ville qui ne dort jamais, elle non plus. On s’y amuse toujours beaucoup, la température de l’air frise les 30° à Noël et celle de l’eau est sublime toute l’année. On y croise des beautés du monde entier. On y mange une cuisine étonnante, avant-gardiste, souvent bio et métissée. Et le choix des ambiances est varié. Passer le Nouvel An dans les rues bondées de Tel Aviv par 25° la nuit est une expérience inoubliable ! Quant aux fameuses soirées Papa Party et Arisa, est-il besoin de les présenter ?

Dubaï c’est plus loin. On n’a pas encore testé mais il parait qu’on s’y amuse pas mal. A condition de rester discret et prudent si l’on veut frayer avec quelques ressources locales. Mieux vaut avoir un compte bancaire bien ronflant et un forfait mobile étendu : pour les rencontres gays tout se passe sur les applis, en surchauffe le week-end… Pour le tourisme, l’hébergement et les sorties, à moins d’être invité et guidé par un habitant local, mieux vaut prévoir un beau budget : Dubaï est TRES CHERE, mon fils !

Pour des séjours plus longs qu’un simple week-end, pensez à Mexico City, Buenos Aires, Rio ou Sao Paulo. Santiago (Chili) n’est pas mal non plus à ce qu’il paraît. Si l’on tient à rester vivant on évitera Quito (Equateur), Caracas et bien sûr tout le Venezuela, beaucoup trop dangereux. La Havane et Cuba ont toujours un charme fou, le sexe y est plus volcanique que jamais, mais l’américanisation en marche sur fond de fin de règne castriste aura bientôt recouvert l’extraordinaire culture cubaine. Voilà pour l’Amérique latine.

Montréal est toujours charmante l’été (indien). Et pourquoi pas Toronto.

L’Extrême Orient on connaît moins, mais Tokyo, Hong Kong voire Shanghai doivent valoir le détour. Même si ce ne sont pas vraiment des destinations gays de premier plan.

Quoi qu’il en soit, bon voyage et sortez couverts !

Big Pharma, médecines alternatives et Changement de conscience

Mis en avant

Selon l’OMS le paludisme était encore en 2015 la 7e cause de mortalité dans les pays à bas revenu, la première étant les infections respiratoires.

Pourtant, beaucoup de maladies pourraient être efficacement soignées, certaines épidémies comme le paludisme éradiquées, avec des traitements naturels, efficaces et peu coûteux.

Notamment les infections virales ou bactériennes, grâce à des substances naturelles qui sont de puissants antibiotiques dénués d’effets secondaires.

Voir notamment cette vidéo qui démontre comment une plante peut vaincre le paludisme.

Même des affections de longue durée qui engendrent une forte mortalité et coûtent très cher à la collectivité comme le cancer, le sida ou le diabète peuvent être soignées efficacement grâce à certains traitements alternatifs. Parfois avec une efficacité supérieure aux traitements allopathiques, comme par exemple pour le cancer.

Mais on n’a pas le droit de le dire. Parce que cela risquerait de faire du tort à Big Pharma.

Et que la Doxa favorable à ce puissant lobby, verrouillée par des médecins corrompus et relayée par les pouvoirs publics, entretient dans l’opinion publique des croyances fausses, une vision univoque, qui rendent inaudible et discréditent tout discours alternatif.

Quand on cherche à promouvoir les médecines naturelles, quand on s’attaque aux lobbies pharmaceutiques, quand on dénonce leurs agissements coupables, la corruption des médecins, des institutions scientifiques et des pouvoirs publics, la dissimulation d’informations sur les effets secondaires des médicaments, ou plus incroyable, des scénarios dignes de films de science-fiction comme la dissémination criminelle d’agents pathogènes ou de substances nocives afin de vendre plus de vaccins ou de médicaments et de maximiser les profits, on est accusé au mieux de « complotisme », au pire on s’expose à devenir la cible de procès ruineux. Et si l’on est soi-même médecin, on s’expose à être rayé du Conseil de l’Ordre.

Pourtant les médecines naturelles, comme les médecines traditionnelles (chinoise, ayurvédique, amazonienne et autres) utilisent des remèdes naturels efficaces aux effets connus depuis des millénaires.

Quant à la recherche, elle ne cesse de découvrir de nouvelles voies thérapeutiques dans des domaines d’avenir comme l’épigénétique, les neurosciences, les états modifiés de conscience, les nanoparticules, la robotique ou certaines applications pratiques des théories quantiques.

Le Chiffre d’Affaires de l’industrie pharmaceutique dans le monde a augmenté de 175% en 15 ans. Il était en 2015 de plus de 1000 milliards de dollars (OMS).

Les enjeux sont considérables : scientifiques, économiques, financiers, sociaux, politiques, humanitaires, éthiques…

Hélas l’éthique est souvent oubliée, saccagée, au bénéfice du seul critère de la rentabilité financière.

L’industrie pharma est tout sauf une œuvre philanthropique. C’est au contraire une machine à générer des milliards de profits. Dans laquelle sont impliqués de grands conglomérats multinationaux, des banques, des états, des dirigeants politiques, des milliardaires au CV plutôt trouble comme Donald Rumsfeld…

On ne combattra pas une telle hydre en dénonçant des scandales ou juste avec des discours de vérité sur telle ou telle épidémie, ou sur telle ou telle substance aux vertus curatives négligées.

C’est un long travail sur les consciences, sur les opinions publiques, sur les décideurs, qui conduira peu à peu l’humanité à s’extraire de ces logiques barbares et asservissantes. Pour placer la quête du Bien commun au pinacle de nos valeurs et de nos objectifs communs au plan planétaire.

La santé publique est sans doute l’un des axes les plus critiques du Changement à l’œuvre aujourd’hui.

La pression démographique, l’accroissement des inégalités mais aussi des échanges et de la mobilité au plan mondial renforcent ce phénomène.

Les petits ruisseaux font les grands fleuves. Et l’éveil de consciences est l’affaire de chacun d’entre nous.

Ne restons pas esclaves d’idéologies et de mensonges pilotés par ceux qui veulent nous maintenir dans l’ignorance. Ne soyons pas les vaches à lait de structures et d’institutions entièrement vouées au profit maximum et servent les intérêts d’un tout petit nombre.

Sachons inventer d’autres logiques, qui soient réellement bénéfiques à l’homme et à ouvrent la voie d’un avenir radieux pour l’humanité.

En mai, fais ce qu’il leur plaît ! – Macron, mai 68 et les bobos

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Etudiant lançant des pavés lors des manifestations étudiantes le 25 mai 1968 dans le Quartier latin à Paris

On fêtera bientôt les 50 ans de mai 68.

Vous vous rendez compte ?

Le Président Macron, c’est le moins que l’on puisse dire, a d’autres priorités à son agenda et semble peu pressé de fêter l’événement.

Plus à l’aise dans les salons parisiens qu’avec les symboles de la gauche populaire.

Plus en phase avec le très politiquement correct « esprit du 11 janvier » qui reflète bien l‘atmosphère anémiée du moment qu’avec la Grande Récré des enfants du baby-boom, le souffle révolutionnaire des barricades et ce genre de commémorations un peu casse-gueule.

Pas de risques, pas de vagues, et surtout pas question de donner une caution à la rue.

Et gare à ceux qui contreviendraient au devoir de réserve : ils seront sévèrement sanctionnés !

Après le temps des cerises, le temps des prunes.

Pas d’artistes du moment, de stars ni de people conviés pour scénariser ce Cinquantenaire. Comme au temps des grand-messes mitterrandiennes qui avaient élevé le fameux « Bicentenaire » au rang de rite planétaire.

Même pas un entrefilet dans la presse pour rappeler que cela fera 50 ans dans trois mois que quelques étudiants chevelus de la Sorbonne et de Nanterre emmenés par un rouquin très agité déclenchaient toute une série de grèves et de manifs qui allaient mettre la France cul par-dessus tête et faire chanceler le régime gaulliste.

Aurait-on à ce point changé d’époque ? Que plus personne ne semble s’en préoccuper ?

Certes, la Génération Macron ou celle d’En Marche ! n’a rien à voir avec celle des bobos (bourgeois bohêmes).

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Les jeunes quadras d’aujourd’hui, à peine dépucelés de leur virginité politique à la faveur d’un fin stratège qui a dynamité tout l’échiquier, n’ont ni les référents ni les aspirations de leurs aînés, abîmés dans le confort et « l’esprit Canal ».

Cette génération au seuil de la quarantaine à laquelle appartient Emmanuel Macron, et que les sociologues du marketing appellent les momos (mobiles moraux), ont grandi dans les années 1990 : ils n’ont connu que la crise, le chômage et un marché du travail tendu. Ils ont dû sacrifier à de longues études, apprendre à s’adapter aux contraintes économiques, accepter d’être hyper mobiles et réactifs pour changer souvent de métier, de secteur, voire de pays au cours de leur carrière.

Serge July, Emmanuel Macron et Mark Zuckerberg, icônes des générations « bobo », « momo » et « yoyo »

Ces braves petits soldats de la mondialisation obéissants et angoissés ne partagent absolument pas les rêves et les luttes rebelles de leurs parents les bobos.

Autant les bobos sont volontiers décalés, frondeurs, rebelles et contestataires – du moins dans la posture – autant leurs enfants les momos sont hypernormés, et à fond dans le Système !

Autant les baby-boomers ont rêvé d’un autre monde où la terre serait ronde, d’être réalistes en demandant l’impossible, de réinventer la société et de changer la vie, autant les momos sont de véritables gardiens zélés du Temple ultralibéral et « progressiste ». Prêts à dénoncer tout dérapage verbal, tout écart de comportement ou de langage qui risquerait d’écorner la Pensée unique et de dévier un tant soit peu de la ligne orthodoxe imposée par le politiquement correct.

Quant à la génération suivante, celle des yoyos (young yobs : jeunes loubards) qui composent une bonne partie de l’équipe Macron, ces trentenaires malins comme des bonobos et opportunistes comme par deux, ils n’en ont strictement rien à cirer des discours des élites et des politiques.

A eux on ne la fait plus ! On leur a tellement bourré le mou avec des discours moralisateurs, culpabilisateurs et anxiogènes, avec ces vieilles rengaines humanistes, droits-de-l’hommistes, libertaristes, égalitaristes, communautaristes ou féministes, qu’ils s’en moquent avec une effronterie aussi calculée que jubilatoire.

Ils se servent de tout, détournent tout, customisent tout, n’ont aucune morale, aucun scrupule et aucune préoccupation, sinon de saisir les opportunités à leur portée, et d’utiliser les failles du système à leur avantage. Pour s’en sortir, pour réussir, gagner de d’argent ou pour aider leurs potes.

Ils ne cherchent ni à flamber comme les bobos ni à placer leurs économies en s’angoissant à propos de l’avenir et de leurs gosses qu’ils n’ont pas encore comme les momos.

Eventuellement ils réalisent à l’occasion de juteux placements boursiers dans quelque startup, aussitôt réinvestis dans des achats dictés par leur fantaisie du moment.

Ce sont des jouisseurs, des opportunistes, des pragmatiques, qui n’en font toujours qu’à leur tête. Qui vivent l’instant présent et se moquent éperdument que le monde puisse s’écrouler autour d’eux, sinon pour kiffer sa race sur leur console de jeux.

Ils vivent en tribus, et en changent comme de paires de Nike.

Ils sont à fond dans les nouvelles technologies, car ils ont grandi avec une Gameboy entre les mains, surfent sur internet dès leur plus jeune âge, et en maîtrisent tous les rouages.

Ils anticipent sinon inventent eux-mêmes les modes et les nouveaux courants, plus pour s’amuser ou par opportunisme que par snobisme.

Ces yoyos ne sont pas ceux qu’on entend le plus dans le staff Macron. Sinon au travers de ce pragmatisme très réactif et sans réelles convictions sauf pour flatter la galerie. L‘esprit momo tient encore le haut du pavé, pour la vitrine du moins.

Ces deux générations sont les enfants de la mondialisation.

Mais ils ne fantasment pas comme leurs aînés sur un universalisme très idéaliste et politisé en prétendant bousculer l’ordre établi. L’ordre ou le désordre, ils s’en tapent.

L’ordre et les règles ils savent parfaitement les contourner. Et le désordre leur permet de tirer leurs biles au milieu de la confusion.

Si les momos sont à fond dans l’humanitaire, les yoyos s’en foutent royalement, sinon quand ça les touche directement ou pour faire mine de plaire à leurs grands-frères.

Pour les momos comme pour les yoyos, Mai 68 c’est comme la bataille de Marignan : un truc appris dans les livres d’Histoire.

Ou éventuellement un refrain barbant dont leurs parents les ont suffisamment bassinés pour qu’ils en ignorent la teneur.

Les momos regardent leurs vieux comme des pauvres ados rêveurs abîmés dans des glorioles pitoyables et leurs souvenirs de fac. En leur confiant à l’occasion la garde du petit dernier sagement endormi dans son landau connecté signé Stark ou Pinifarina.

Les yoyos quant à eux observent ces vieux darons avec amusement et respect, parce que quand même, Mai 68 ça devait être un sacré kif !

Mais ils en parlent comme d’un truc de ouf, exactement comme ils s’excitent sur le méga set de leur DJ favori dans le prochain festival électro.

Bobos et yoyos sont souvent potes.

Les premiers offrent aux seconds une conscience par procuration. Et les seconds permettent aux premiers de ne pas devenir gâteux en les initiant au vertige néo-psychédélique des réalités augmentées.

Globalement on est aujourd’hui en France aux antipodes des lendemains qui chantent.

Des couplets maoïstes, trotskistes ou castristes lancés depuis la tribune ou vomis sur les CRS-SS.

On est bien loin des expérimentations loufoques, de la révolution sexuelle, de la musique de Pink Floyd, des Doors, du pop art, des chemises à fleurs, des colliers hippies, de l’encens, de Woodstock, du LSD, des partouzes géantes et des slogans comme « Il est interdit d’interdire »…

Même si, la nostalgie aidant et la mode rétro 70s ou 90s des années 2010 faisant loi, on revisite ces icônes de la génération hippie.

Pour le reste, ça fait plusieurs décennies que c’est Back to reality!

Et pour les plus téméraires, un rail de coke, volume à fond, binge drinking et baise à tout va jusqu’au prochain after.

Mai 68, c’est au mieux un mythe sympa, au pire un truc ringard de musée.

Les bobos ont du mal à en démordre, mais on a changé de siècle.

Les crises économiques, la chute du Mur de Berlin, le 11 septembre, internet et Twitter sont passés par là.

Les idéologies qui ont bercé leur jeunesse ont été remisées sur les étagères de l’Histoire.


Leurs idoles, Marx, le Che ou Sartre, n’ont même pas leur statue au Musée Grévin.

Ceux qui ont portées ces années du Changement se sont recyclés pour les plus chanceux dans le journalisme ou la politique (mais ils ont été balayés par le tsunami En Marche ! ou sont devenus de sages courtisans du Prince…).

Ils bossent et parfois ont fait fortune dans l’écologie, l’économie verte ou le numérique, le multimédia, le marché de l’art moderne, le business du bio, du bien-être ou du développement personnel.

Et pour les plus largués, le Grand Soir se résume le plus souvent à croupir dans une ONG en attendant la ménopause du cadre, à tenter de reconstruire un château de sable en pleurant sur les ruines du PS, à publier des compiles rééditant les tubes de leurs groupes fétiches, ou bien à faire le guignol dans les talk-shows le samedi soir pour les nunuches engagées qui prétendent avoir une conscience et qui lisent Philo Magazine.

Quant aux plus endurcis, nombreux sont ceux ont pas finis fauchés par le sida, une overdose, un infarctus ou un cancer, ecstasiés et pesant 30 ans kilos sur une plage de Goa, ou carrément suicidés, soit à cause de leurs excès de sexe et de drogues qui leur ont ravagé la capsule, soit parce que leurs doux rêves se sont fracassés sur le roc des flamboyantes mais austères années 80.

Les rescapés ont quitté les radars et vivent planqués dans leur salon germanopratin, ou toujours scotchés dans leur ashram en Inde, une communauté new age ou une ferme dans les Cévennes.

Alors, faut-il ou non fêter Mai 68 ?

Si c’est pour ressortir les vieux gimmicks, sûrement pas !

Qui plus est, l’aspect politique et contestataire de cette ultime « révolution » n’est pas forcément bon à titiller.

Une bonne grève générale pour faire barrage à la Loi Travail est justement ce qu’a soigneusement voulu éviter le Président Macron, fort de son expérience d’éminence grise puis de ministre du quinquennat Hollande et des fameuses Nuits debout qui s’en suivirent.

Aujourd’hui tout le monde est rentré dans le rang. Et beaucoup s’extasient toujours devant ce jeune président si nouveau, si intelligent, si bien élevé, si propre sur lui, si posé, si courtois avec les femmes et si sympathique.

Les Français ont troqué un excité narcissique et corrompu, suivi d’un gros balourd qui les a roulés dans la farine sitôt élu en s’asseyant sur ses promesses socialistes, contre une sorte de Prime Minister brittanique, au style très monarchique, bon teint, sage et moderne. Et totalement à la solde des molochs américains et européens. Un peu comme Tony Blair.

Alors le Général à côté c’est Che Guevara !…

L’esprit et les valeurs libertaires de Mai 68 ont depuis l’ère Mitterrand totalement imprégné la société, ses modèles et ses discours.

Au point qu’on n’en a même plus conscience.

Même Sarko a été présenté récemment par certains commentateurs comme un héritier de l’Après-Mai 68. Qu’il avait pourtant combattu.

Sauf qu’aujourd’hui, voir des filles à poil à 18 heures à la télé comme au bon vieux temps des Coco girls du Collaro Show c’est totalement impensable !

De nos jours les normes sont bien verrouillées. Et quiconque s’en écarte risque le pilori médiatique dans la seconde qui suit, voire un procès ou le zonzon s’il refuse de faire repentance et continue d’alimenter le scandale.

On peut sacrifier à tous les écarts, toutes les perversions, toutes les outrances, tous les excès et tous les délires, du moment qu’ils sont soigneusement répertoriés et labélisés.

Pour le reste, si l’on s’écarte un tant soit peu de la Pensée unique, on est aussitôt taxé au mieux de « complotiste », au pire de « terroriste ».

Alors faire la révolution, vous n’y pensez pas !

Nos contemporains sont frileux, formatés, lobotomisés, partagent des indignations téléguidées et à géométrie variable.

L’indignation réflexe est une posture obligée si l’on veut s’afficher comme un bon citoyen équipé d’une conscience éthique.

Mais le libre arbitre et l’esprit critique – le vrai – ou la contestation de l’ordre établi au nom d’un Idéal ou d’un projet alternatif de société sont des crimes de lèse-conformisme inadmissibles en « démocrassie » !

Alors on se contente de faire semblant d’être un rebelle. On s’agite et l’on s’offusque aussitôt que son voisin fait un pet de travers. On monte des kabbales hystériques sur Facebook pour des boulettes. Et c’est ce cirque burlesque et grandiloquent qui constitue l’Alpha et l’Oméga des moutons de panurge.

Dont les neurones sont totalement grippés par leur flip incessant, soigneusement monté en neige par les médias à propos du terrorisme, de la vache folle ou de la bombinette nord-coréenne.

Pourtant, il serait urgent de réapprendre à rêver.

Urgent de s’enivrer.

Et de remettre l’imagination au pouvoir.

D’ouvrir les yeux sur l’avenir au lieu d’ânonner le même catéchisme. D’inventer le monde de demain. Un monde qui sera fraternel, universel, unifié et pacifié.

Ou ne sera pas.

Un monde qui verra toutes les consciences planétaires totalement interconnectées. Et en tout cas par autre chose que l’écran mensonger des logiques du Système.

Mais ça, soyons certain que les milices du Zeitgeist s’empressent de nous en dissuader.

Nous incitant au contraire à nous vautrer dans la fascination du Vide, le culte de l’Ephémère, de l’Insignifiant. A nous prosterner devant les idoles consuméristes de leur Panthéon des Vanités.

Plus qu’une nouvelle « révolution », politique, sociale ou institutionnelle, c’est un Grand Saut de la conscience qu’il convient pour nous tous ensemble d’opérer en ce siècle.

Un siècle qui verra s’accomplir les plus grands bouleversements que l’humanité ait jamais connus. Et qui l’obligera à faire face aux plus grands défis de son histoire.

Mais il faut plus que de la lucidité, de l’imagination ou de l’audace pour s’engouffrer dans la brèche de ce Changement radical qui nous aspire à lui.

Il faut accepter de mourir totalement à soi-même pour renaitre tout autre. De ne plus rien savoir ni connaître ni contrôler.

Et d’abdiquer son cher Ego au bénéfice du Bien commun.

Mais ce sacrifice, l’homo post-modernicus qui se vante pourtant d’être un rebelle et s’éprend de toutes les causes n’est pas prêt d’y consentir !

On peut se piquer d’avoir une conscience et rêver éventuellement de prolonger l’utopie matérialiste dans une fiction transhumaniste, mais de là à faire passer le sort des réfugiés climatiques avant sa tisane bio, NO WAY!

Alors oui, il serait temps de célébrer le joli mois de mai, avant que l’hiver ne s’abatte définitivement sur nos belles illusions.

Le « cas Finkielkraut » et ce qu’il révèle de la culture et des médias français

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Il y a ce qu’on appelle le point Godwin, qui consiste à faire de façon systématique référence au nazis ou à Hitler sitôt arrivé à un point crucial d’un débat qui s’éternise.

Il y aura bientôt le « point Finkie », tant aujourd’hui l’intellectuel honni est systématiquement cité à contre-exemple dans les discussions, sur internet ou dans les médias.

Pourquoi cette image si négative ? Est-elle vraiment justifiée ? Et pourquoi cette détestation si violente de la part d’une partie aujourd’hui devenue majoritaire de l’opinion publique, en particulier les jeunes ? Alors que celui-ci était encore célébré il y a dix ou quinze ans comme « le dernier » des philosophes sensés ?

Comment a-t-on pu aujourd’hui en arriver à assimiler de façon aussi indiscutable un ancien gauchiste de Mai 68, ex membre actif de l’Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes et figure de prou du mouvement de la nouvelle philosophie, à un suppôt de l’extrême droite et un inspirateur de Marine Le Pen ? Assimilé presque systématiquement à la clique des  » nouveaux réacs » qui comprend des polémistes de second rang comme Eric Zemmour. Ou, plus délirant encore aux pires antisémites, ces pseudos intellectuels de l’extrême droite radicale comme Renaud Camus ou Alain Soral.

Ou bien plus hallucinant encore, jusqu’à l’assimiler à des intellectuels du siècle dernier  adorateurs de Vichy et défenseurs de la Shoah comme Lauis-Ferdinand Céline ?

***

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Pour comprendre ce paradoxe et cette violence, il faut examiner comment les choses ont évolué.

Alain Finkielkraut est aujourd’hui devenu le symptôme d’une confusion qui s’est établie dans l’opinion française à la faveur des médias entre deux aspects bien distincts.

D’une part cette mode de l’insolence télévisuelle quasi systématique envers les élites. Dont le seul but est d’amuser le peuple et de faire du buzz… En détournant au passage l’attention du public des vrais problèmes.

Et d’autre part, la « conscience politique » de l’opinion majoritaire et de ceux qui la fabriquent, reflétée, « sacralisée » pourrait-on dire, sinon « déformée » par le prisme grossissant des émissions télé.

On aurait tort de congédier d’un revers de manche cette complaisance pour des modes de pensée arbitraires qui érigent la contestation en spectacle. Car ils sont les héritiers d’une tradition bien française. Celle de la farce, des bouffons, de la caricature burlesque et des polémistes. Lesquels jouaient autrefois le rôle indispensable de soupape pour exprimer et mettre en scène les frustrations et mécontentements populaires. Et constituent aujourd’hui un mode d’expression des libertés publiques et un moyen de faciliter la confrontation des idées dans une démocratie.

Encore que si les médias prétendent jouer le rôle de garants de la pluralité de l’information, ils sont surtout le gardien du Temple des idées considérées comme « justes » comme des « vérités » supposées factuelles.

Et donc sacralisent des discours autorisés plus qu’ils n’en constituent l’émulation et la critique.

Cette conscience politique était autrefois (depuis le Siècle des Lumières) l’apanage des esprits éclairés par la Raison. Que dès la Révolution française une certaine presse d’idées plus que d’opinion avait pour mission de relayer. Une presse qui comptait parmi ses éditeurs des écrivains et des philosophes progressistes. Soucieuse de publier pour le plus le bouillonnement des idées nouvelles qui inspiraient le débat au sein des assemblées, les nouvelle lois et les grands bouleversement politiques, idéologiques et sociétaux au noms des valeurs et grands principes humanistes.

Cet exercice du débat fondé sur des valeurs humanistes s’est imposé avec une prétention universaliste.

Et la philosophie, la vraie, pas celle des salons mondains et des lucarnes, tenait alors le haut du pavé. Inspirant aux politiques les changements selon un Idéal des plus élevé fondé sur la Raison, et centré la quête du bien commun, l’application des principes « révolutionnaires » énoncés dans les Droits de l’homme naissants pour remplacer l’ordre ancien.

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Finkielkraut est l’authentique héritier de cette tradition « progressiste », comme on dit souvent aujourd’hui.

Une tradition devenue au fil du temps « classique », même si les discours du politiquement correct s’y réfèrent toujours. Des discours renouvelés et bousculés par les valeurs libertaires de Mai 1968 et du siècle finissant, que Finkielkraut avait lui-même portées.

Il est donc compréhensible que dans la France de 2018, ce qu’on admet être « l’opinion majoritaire », pour peu qu’elle respecte les principes de notre République et de sa Constitution, fasse force de loi et s’impose à tous comme le modèle légitime.

Et cela justifie aux magistrats pour ce qui est des délits ou des crimes, d’un pouvoir de jugement critique  allant jusqu’à la sanction pour ce qui relèvent des idées, lesquelles sont plus rarement pénalisables.

C’est ce qu’on appelle le Quatrième Pouvoir. Autrefois simple « contre-pouvoir », devenu dans notre société de l’Information à l’heure d’internet et des médias de masse le seul et vrai pouvoir.

Hals, ce pouvoir est aujourd’hui devenu dans un petit pays comme la France encore très marqué par le centralisme jacobin un véritable temple souvent il faut le dire jalousement gardé par des plumitifs de seconde zone. Lesquels irriguent de leur orgueilleuse prose tous les caniveaux intellectuels de la presse quotidienne et de la télévision, dont le niveau, il faut le reconnaître avec objectivité, et sans passion ni concession, a considérablement chuté depuis 40 ans.

Il est même de bon ton de critiquer quasiment tous les jours l’indigence des programmes télé.

Et même le président Macron s’est saisi tout récemment de ce problème, en promettant de remédier au déficit criant de qualité des programmes du service public.

On ne va pas refaire l’histoire du journalisme et de la télévision. Mais il faut bien s’accorder à reconnaitre que la « téloche », mis à part quelques rares chaînes exigeantes et quelques très rares émission de qualité pour ce qui est du service public, n’est aujourd’hui rien de mieux qu’une vulgaire machine à divertir et abrutir le bon peuple. Entièrement soumise aux lois de l’audimat et totalement tournée vers l’unique objectif de satisfaire ses sponsors par le biais de la réclame. Laquelle impose des programmes découpés et formatés selon la quête de l’efficacité marketing maximale.

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De servir ses sponsors, les grandes marques, mais aussi ses actionnaires : des conglomérats industriels souvent centrés autour des mêmes activités : industries de l’armement, équipementiers ou immobilier…

Pas étonnant que ces mêmes groupes soient aussi investis dans le capitale de l’industrie du divertissement et forment de véritables empires maîtrisant toute la filière de l’information et de la consommation de masse.

Mais c’est un autre débat.

En tout cas on ne peut dénoncer les dérives médiatiques sans prendre en compte ces critères politiques ou économiques.

La télévision n’a aujourd’hui plus rien à voir avec celle des années de la France d’Après-guerre du Général De Gaulle. Epoque où l’unique chaîne du service public était chargée autant d’informé que de divertir. Elle était alors totalement soumise au « Ministère de la Culture et de l’Information ».

Mais ce ministère était dirigé par un certain André Malraux. Et la qualité des programmes du service public n’avait rien à envier au prétendu « pluralisme » actuel. Elle était au contraire bien supérieure à celles des programmes actuels, toutes proportions gardées et compte tenu des usages de l’époque.

Aujourd’hui cette conscience politique reflétée par la télévision et qui avant faisait débat dans des cercles où se réunissait l’élite est devenue l’objet d’un spectacle permanent. Qu’on relise Guy Debord pour s’en convaincre.

Elle ne se résume plus qu’à ce qu’on appelle la « Pensée unique », orientée selon les exigences du « politiquement correct ». Dont les valeurs sont verrouillées toujours autour des mêmes thèmes souvent plus approximatifs qu’inspirés pour ces idéaux qu’ils sont sensés défendre : droits-de-l’homme, liberté, égalité, justice, laïcité, défense du droit des femmes, des homosexuels, des minorités, antifascisme, antiracisme, communautarisme, anticolonialisme, écologie, parfois altermondialisme, culte de la « nouveauté » et de la branchitude, voire de la provocation érigée en art, reflets de la société « postmoderne »…

Bref, une conscience qui n’en est plus un mais qui traduit l’embonpoint las et la sclérose intellectuelle du parisianisme bobo et de ses icônes. Celui d’une caste qui ne songe qu’à se contempler le nombril, à se rassurer et à festoyer en célébrant le vide abyssal de ses pseudos idéaux tel un Veau d’or.

On a donc assimilé des réflexes anti-ceci ou anti-cela comme autant d’offuscations et d’exaspérations obligatoires et passablement sectaires bidouillé en prêt-à-penser étalé dans les médias et les talk-shows. Celui-ci fait office de conscience pour ceux qui ont renoncé à leur libre arbitre et se contentent de répéter les mêmes poncifs pour satisfaire leur narcissisme et faire montre envers leurs semblables d’une véritable conscience « démocratique », « républicaine », « humaniste », « progressiste », etc…

Toutes ces étiquettes ronflantes qui ont vidé de leur sens les référents éthiques qu’elles avaient kidnappés ou plagiés pour flatter l’ego de leurs héroïques défenseurs.

Depuis l’élection de François Mitterrand en 1981 et la libération de la parole qui s’en est suivie à la télé, depuis l’apparition d’émissions d’un genre nouveau comme Droit de Réponse, les producteurs et les journalistes ont imaginé en presque 40 ans une foultitude d’avatars. Depuis les émissions d’Ardisson, de Lunettes noires pour nuit blanches à Salut les Terriens, celles de Fogiel, de Ruquier. Et plus récemment, avec le succès de la téléréalité, les missions « populaires » sinon populistes d’un Cyril Hanouna, héritier d’Arthur, pour ce qui est de la version la plus bas-de-gamme et la plus beauf qu’on a concoctée pour les plus téléspectateurs les plus imbéciles, incapables de suivre les saillies de Yann Moix et Christine Angot…

Cette mode de l’insolence qui fait le sel des émissions prétendument « culturelles », est devenue et une véritable « culture ».

Celle de la vulgarité, de l’outrance et de l’arrogance.

Une culture que les bobos parisiens ont copiée, adoptée puis imposée à tous dans les discours et les postures mondaines, au cours des décennies 1990 et 2000.

Cette culture a assimilé comme pour s’en protéger en prétendant les défendre, les tics, le vocabulaire, l’attitude arrogante, les postures provocantes et le ton ultra-agressif et désinvolte des « cailleras, véritables icônes de la décennie 2000.

Avec cette certitude qu’il fallait flatter la médiocrité par souci de plaire aux minorités, et jeter du même coup au feu toutes les vieilles gloires poussiéreuses de la « tradition » classique. Tous les us et les discours hérités du passé, représentant le savoir, l’esprit et le «  bon goût » français. Tout ce Panthéon désuet et ridicule incarné par les académiciens ou les éditorialistes du Figaro.

C’est un parti-pris. Mais on s’est accoutumé à le considérer comme juste, « moderne » et inéluctable.

Eric Zemmour n’a pas tout à fait tort quand il dénonce cette évolution dans son livre Le Suicide français. Même s’il manque profondément de nuance,  de recul et d’honnêteté, et ne sert que ses propres lubies en creusant encore le vide qu’il dénonce pour servir un boulevard à Marine Le Pen.

Quoi qu’il en soit, force est de reconnaître qu’on a bien vite congédié et remisé au rang des pièces de musée Apostrophe et Bernard Pivot. Pour les remplacer par Ardisson, Jamel, Joey Starr et autres Booba. Et tous ces humoristes et artistes originaires des banlieues et icônes vivantes de la culture  » djeune » de se faire exciter et applaudir par des amuseurs aux dents longues.

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On a inventé un nouveau concept d’émission culturelle new-look.

Une véritable imposture au demeurant, puisque la « culture » la plus bas de gamme n’y sert plus que de vague caution pour faire le buzz en mixant le pire ou le plus banal et le plus commercial de l’actualité de la semaine : sorties éditoriales, pseudo écrivains qui viennent se pavaner et se féliciter d’avoir réinventé la roue, spectacles à succès… Et surtout agenda des copains – toujours les mêmes – qu’on invite à se polir le nombril sur les plateaux.

Ajoutez quelques people et quelques politiques égarés en manque de popularité, un pincée de sketchs burlesques (souvent très bons d’ailleurs) pour rythmer et pimenter la soirée, des ficelles de cirque ENEAURMES pour faire réagir le public, piéger les invités et les pousser au dérapage verbal ou à la contradiction en direct, parodiez la scène dramatique de l’exécution publique, n’oubliez jamais de mettre en scène des clashes soigneusement préparés pour faire le buzz… Secouez bien et vous avez la recette qui fait bingo en termes d’audimat !

Pour continuer de s’indigner ou de se bidonner, arrosez les réseaux sociaux des meilleurs moments de l’émission et le tout est joué.

Là où le bât blesse, c’est que cette prétention ronflante à illustrer l’esprit parisien et à défendre des valeurs engagées qui est celle des émissions comme On n’est pas couché, est cautionnée par la présence récurrente de philosophes de foire habitués des sunlights : les BHL, Onfray et autres Comte-Sponville.

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On n’est pas couché 21/11/2017 : la comédienne Camille Chamoux interpelle Alain Finkielkraut sur le thème « Islam et féminisme ».

Hélas, un intellectuel comme Finkielkraut, plus que son ancien comparse et coauteur du Nouveau désordre amoureux Pascal Bruckner, plus prudent à se montrer à la télé, s’est laissé piéger par les flatteries de certains puis la tentation de devoir se justifier une fois mis au ban des intellectuels respectables par une clique de bobos garants de la pensée unique.

Du coup on le voit trop souvent dans nos lucarnes et les animateurs pervers ne l’invitent plus aujourd’hui que pour ses tics nerveux et ses crispations inquiètes sur des thématiques éculées.

L’homme est intelligent, a encore de la ressource, et arrive souvent au terme d’un laborieux exercice d’explication de sa pensée à s’autojustifier et à retourner l’auditoire. Mais immanquablement il y a toujours ce moment où un mot mal interprété est monté en épingle par l’un des cabots vicelards qui lui tendent le crachoir et aussitôt jeté en pâture aux aboiements de la Plèbe.

On finit donc toujours par en conclure que l’horrible Finkielkraut n’est autre qu’un de ces intellos réac de l’ultra-droite. On l’assimile honteusement à Zemmour ou Marine Le Pen. Et on reste injustement sourds à ses propres dénégations quant à quelque complaisance que ce soit aux idées d’extrême droite.

Las !

La seule faute d’un homme d’esprit et de nuances qui incarne le monde ancien bousculé par la jeunesse, les stéréotypes, le goût du spectacle et de la jouissance immédiate et les modes du siècle, c’est de s’être prostitué dans ces défouloirs qui prétendent représenter la culture et être garant des valeurs.

Or ces bouffonneries télévisuelles ne sont rien de moins que des spectacles pour amuser la plèbe dignes des jeux du cirque. Dont ils reprennent d’ailleurs tous les codes. Combats de gladiateurs sous forme de clashes au scénario bien huilé. Mises en scène de tortures et d’exécutions publiques de condamnés à mort bouffés par les fauves : les « chroniqueurs ». Présence obligatoire des césars et des patriciens du moment : les politiques et les vedettes. Contribution du public inviter à confirmer ou infirmer la sentence prononcée envers les condamnés, musique tonitruante et interventions de bateleurs pour scander le rythme et faire plus d’audience, etc…

On n’y célèbre jamais la culture, la vraie. Pas nécessairement celle un brin surannée des beaux esprits, des encyclopédies et des académies. Mais celle de l’honnête homme, qui suppose élégance de l’esprit, érudition, intelligence, esprit critique et surtout ouverture, bienveillance envers l’autre, celui qui diffère ou qui surprend par sa singularité, et amour pour le présent et ses évolutions. Au lieu de complaisance crasse pour « l’actualité » et ses épiphénomènes, sensationnels et voyeuristes, dont elle se pourlèche en y abîmant la conscience des masses.

En définitive, Alain Finkielkraut ferait plus pitié que hurler. Parce que c’est un vestige du passé. Du « monde d‘avant ».

En qu’en vieillissant il se ternit, ressemble à une caricature de lui-même, se laisse salir et obligé de répondre aux injures, au lieu d’ignorer superbement les crapauds qui bavent sur sa robe d’académicien.

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La télé l’a tué. La popularité a entachée sa notoriété. Elle l’a livré aux appétits féroces de la basse-cour. Des nains.

Evidemment, qui aujourd’hui pourrait imaginer qu’on invite de grands intellectuels comme Jankélévitch, Raymond Aron, Michel Foucault ou même Paul Ricœur à débattre sur les plateaux des atermoiements du public face aux soubresauts de l’actualité ?

On a changé et de siècle et d’époque.

Qui ouvre d’ailleurs encore les livres de pareils monuments de la culture ?

Il ne s’agit pas d’être passéiste.

On peut tout à fait lire Proust le matin, Foucault l’après-midi, et Charlie hebdo le soir !

Ecouter Mozart en prenant son café, et Stromae ou NTM en faisant sa gym…

La question n’est pas de hiérarchiser à outrance les grands noms de la culture élevés au rang d’icônes.

La question est d’éviter de les banaliser en les noyant dans la soupe consensuelle et vulgaire des médias de masse.

Et de stariser de façon grossière des histrions insignifiants qui prétendent s’élever au niveau des grands félins de l’Olympe culturelle et leur voler la vedette.

En somme, ce qui manque à notre époque c’est la mesure, la tempérance et le discernement.

Et surtout les référents qui permettre de juger avec autorité qui est à considère comme une grande figure de l’esprit, et qui n’est qu’un comptempteurs du néant ou un avatar de l’ère du vide.

Soyons optimistes.

Et gageons qu’à la faveur des épreuves présentes et à venir, grâce à l’élévation statistique – toujours à espérer sinon promouvoir – du niveau d’instruction des jeunes, grâce à internet qui donne accès souvent au pire mais aussi parfois au meilleur, grâce à la conscience qui ne cesse d’évoluer et de grandir, on saura bien vite congédier ces excès coupables et sanctifier à nouveau des vraies valeurs.

Après tout, ce n’est pas parce Tout–le-monde-en-parle qu’un homme, une idée, une mode, une indignation, n’est autre chose que le reflet de coquetteries du moment, du Zeitgeist, ou de la pataugeoire où s’égayent les indigents du bulbe.

Et si personne n’en parle plus ou voudrait le taire, si personne n’en parle encore, c’est peut-être un signe qu’il faudrait revoir les priorités du moment.

Y a quà…

Et Si Au coin de la rue* on trouve parfois l’Aventure, il en sera toujours ainsi Des hommes et de bêtes*.

Au nom de l’autre*, Nous autres modernes* devrons toujours rester vigilants, mais aussi bienveillants les uns envers les autres pour éviter La Discorde*.

Car si l’on s’abîme à La Querelle de l’école*, que l’on s’aventure trop En terrain miné*, si l’on cède au chant des sirènes mondialistes au point de renoncer à jamais se demander Qu’est-ce que la France*, on se condamne à L’Identité malheureuse*.

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Celle de la violence qui plus jamais ne peut encore se dire :

« Et si l’amour durait* ? ».

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* Titres d’ouvrages d’Alain Finkielkraut

Dis-moi, Céline…

Mis en avant

Un dernier point à propos de Céline, et puis promis je passe à autre chose.
De grâce, ceux qui ont peur, et je les comprends ô combien !
Recouvrir du sceau de la censure et du tabou la littérature antisémite du début du 20e siècle, en particulier celle des intellectuels français qui ont ouvertement soutenu Vichy, est une erreur magistrale.
C’est exactement équivalent à vouloir raser Auschwitz. Ou interdire qu’on y emmène des jeunes Européens pour visiter les camps et se confronter à la réalité de l’horreur, au motif que cela pourrait leur donner des mauvaises idées.
Autant fermer aussi Yad Vashem tant qu’on y est.
Il faut que ces zones d’ombre de l’Histoire européenne et du « patrimoine culturel » (j’ose à peine le dire…) français soient exposées au grand jour.
Qu’on puisse les publier, les étudier, les transmettre aux générations futures.
C’est précisément ce qu’ont réalisé les Israéliens dans les différents bâtiments commémoratifs du Mémorial de Yad Vashem.
Mais tout comme Yad Vashem n’est pas un musée comme les autres, les pamphlets de Céline ne sont pas une « littérature » comme les autres, à balancer pour des raisons mercantiles sur les étalages des libraires en faisant du buzz.
Cela nécessite un minimum de préparation et un véritable encadrement pédagogique.
C’est sans doute la vraie raison qui a motivé les éditions Gallimard à reculer. Plus que la pression de l’opinion et la peur d’un nouveau scandale.
A ce propos, le politique est coupable de ne pas avoir donné de la voix et proposé des solutions pour que cette éventuelle réédition puisse se faire dans des conditions acceptables et soit utile à quelque chose. En hissant le débat à un niveau éthique au lieu de le laisser s’abîmer dans les affects.
Néanmoins, Céline ou d’autres : tout doit être accessible. Et surtout largement mais calmement commenté.
Il faut oser regarder les choses bien en face. Ne pas céder à la tentation de la peur, fût-elle légitime. Ou pire, de la mauvaise conscience et de la honte. Faire confiance à l’esprit critique. Au besoin le raviver.
Qu’on explique ainsi méthodiquement, scientifiquement, mais de façon dépassionnée les racines de l’antisémitisme politique qui a conduit les Nazis à la Conférence de Wannsee, qui précipita la Solution finale presque 20 ans après Mein Kampf.
Et comment certains Français en sont arrivés à justifier et collaborer avec de telles atrocités.
Sans les pamphlets de Céline, comment comprendre que des millions de Français aient applaudis à une telle absurdité ? Ou pour le moins n’aient pas eu la force de s’y opposer en condamnant la complaisance de leurs chefs et en faisant entendre leur voix, sinon depuis Londres ?…
Sans la force de l’exemple d’un écrivain par ailleurs célébré pour ses œuvres, comment admettre que seuls les collabos de Vichy aient pu entraîner tout un peuple à fermer les yeux sur les sorts de leurs compatriotes juifs ?
Tout le monde n’a pas eu la chance de pouvoir émigrer aux Etats-Unis en laissant passer l’orage, comme Michèle Morgan ou Jean Gabin. Et certains se sont très bien accommodés de cette période d’Occupation, quitte à vendre leur âme au diable pour asseoir leur gloire et leur fortune.
Il faudrait ajouter beaucoup de noms à cet inventaire. Qui sans atteindre les excès de haine d’un Céline, ont ouvertement collaboré avec l’ennemi. Des artistes de premier plan comme Maurice Chevalier.
Céline n’a pas eu à se chercher d’excuses : il a toujours soutenu l’antisémitisme nazi dont il s’est fait l’immonde thuriféraire.
A ce titre, il mérite non pas d’être dénoncé – le temps n’est plus aux règlements de comptes – mais d’être étudié.
Tout comme pour comprendre dans quel contexte culturel et historique s’enracine l’antisémitisme nazi, il faut expliquer aux jeunes Français, en particulier aux jeunes catholiques ignorants de leur histoire, les racines de l’antijudaïsme chrétien, qui remonte aux tout premiers temps de l’église primitive.
De Paul de Tarse (qui était juif…) aux Pères de l’Eglise. En passant par l’Inquisition espagnole. Et jusqu’à Vatican II, qui ouvrit une nouvelle ère de réconciliation et de dialogue entre Juifs et chrétiens (catholiques du moins, les protestants les ayant peu ou prou précédés de 4 ou 5 siècles).
Sans cette mémoire indispensable, on ne peut comprendre les évolutions des mentalités au cours de l’Histoire et le sort réservé aux Juifs en Europe occidentale, qui a abouti à cette aberration insensée que fut le massacre de 6 millions de déportés durant la Shoah auquel le régime de Vichy a activement collaboré.
Condamner Céline à l’oubli, c’est légitimer Faurisson et tous les négationnistes !
Car plus on gomme la mémoire d’une nation dans ce qu’elle a de plus corrosif, plus on autorise que certains kidnappent la mémoire et la corrompent en réécrivant l’Histoire pour satisfaire leur haine irascible du Juif.
Et ce ne sont pas les jeunes cerveaux dont mêmes les grands-parents aujourd’hui n’ont pas connu la Guerre, et qui baignent dans une culture du relativisme permanent, qui seront demain capables de dire à leurs propres enfants :
« Voilà ce que nos pères ont fait !
Voilà ce qui a existé et ne doit plus jamais se reproduire, ici ou ailleurs ! Pour quelque peuple de l’humanité que ce soit !
Et voilà comment certains esprits brillants ont justifié et appelé l’horreur de leurs vœux !
En manipulant leurs compatriotes égarés dans la confusion de la Débâcle, et trop las pour résister au bruit glaçant des bottes comme à l’idéologie nauséabonde de l’occupant !… »