L’islamisme et le Diable

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On dit souvent que la plus grande ruse du Diable c’est de parvenir à faire croire qu’il n’existe pas.

Ne pas croire à l’existence du Diable en tant que personnification du Mal ne signifie pas qu’il n’existe pas des mécanismes « diaboliques », des forces entropiques ou de division à l’œuvre dans notre vie sociale, relationnelle ou spirituelle.

Si le Diable n’existe pas, l’islamisme existe quant à lui bel et bien. Et l’on constate chaque jour sa montée inexorable, les dégâts et les menaces qu’il fait peser sur nos démocraties.

Sa quête du pouvoir se traduit par une emprise croissante sur les esprits, au sein des communautés musulmanes mais aussi au dehors, une contribution à la confusion grandissante qui gagne les esprits, et des phénomènes objectifs d’infiltration de nos sociétés, avec une méthode aussi discrète qu’implacable.

Le Diable islamiste est donc bien réel. Il a plusieurs visages. Celui très patelin et courtois de « l’intégration », du « dialogue », de la respectabilité, du mérite, de la douceur, de l’amour de la France et de la République…

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Ruse ! « Taqyia ». Dissimulation. Simulation et double langage. Duplicité. Duperie. Tromperie. Piège. Feinte. Mensonge.

Il a ensuite celui, plus engagé mais toujours acceptable du moins dans sa rhétorique, de la défense des musulmans mal aimés, stigmatisés, discriminés, opprimés, humiliés, agressés. Une noble cause dont il se fait le porte-parole. Au nom des idéaux démocratiques et des lois républicaines : liberté, égalité, laïcité, droits des femmes et des minorités.

Ruse ! Toujours la ruse !

Et puis il y a un visage plus privé. Un visage réservé aux adeptes ou aux nouvelles recrues. Un visage qui s’accompagne d’une parole beaucoup plus agressive, dénonciatrice, accusatrice, frondeuse, radicale, intransigeante, catégorique, fière, arrogante voire menaçante. Une parole qui n’hésite pas à s’opposer frontalement à la République, à la démocratie, aux droits de l’homme, aux lois prétendument injustes ou « liberticides », à la France « colonialiste », « raciste », « xénophobe », « esclavagiste », à l’Occident décadent, perverti, impur…

Ainsi, plus on passe progressivement de la componction feinte, du pacifisme béat ou de la bienveillance de circonstance à la haine la plus acerbe, plus on se radicalise, plus on glisse imperceptiblement d’une « religion de paix et d’amour » à une soif violente de conquête et de destruction de l’autre. Et puis un jour la main fraternelle tendue à l’autre est celle qui vient poser des bombes à sa porte. Et cette parole aimable se fait vomissement de haine, d’insultes et d’appels au meurtre. Comme une innocente soudain possédée.

Le Diable islamiste a plusieurs visages, et il n’en a qu’un seul. Croire que le djihadisme et le terrorisme n’ont strictement rien à voir avec l’Islam, ou que l’islamisme ne serait qu’un système politique à visée communautariste est une bévue.

L’islamisme n’est pas une hydre, c’est une armée qui combat sur de multiples fronts : religieux, social, humanitaire, communautaire, politique, spirituel, économique, financier, médiatique, stratégique, éthique, local, mondial…

L’islamisme est, comme le Diable, le Prince du Mensonge et le maître des illusions.

Pour se rendre invisible, l’islamisme arrive à faire croire qu’il n’existe pas.

Pour les musulmans il se présente comme « l’Islam ». Le vrai, le pur, l’authentique. Beaucoup se font abuser. Car l’islam qu’on leur vend est aussi un pansement contre les blessures d’amour propre que ces hypnotiseurs exacerbent afin de mieux manipuler et endoctriner les esprits égarés.

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Pour les autres, l’islamisme s’évapore en une myriade de couleurs, d’officines et d’organes d’influence destinés à défendre « les musulmans », à les représenter ou à porter leur voix « démocratiquement » lors de suffrages électoraux. Difficile d’identifier dans ce dédale protéiforme une seule et même tête.

Et puis l’islamisme, pour faire oublier son existence, a eu l’idée géniale de s’inventer un contrepoint aussi pratique qu’indispensable : l’islamophobie.

Une chimère, un égrégore fondé sur un sentiment diffus. Ce sentiment de malaise irréductible à une seule logique mais bien ressenti par les fils et les filles d’immigrés originaires de pays musulmans, et parfois musulmans eux-mêmes. Un sentiment qu’on dénonce tour à tour comme la résultante d’un racisme xénophobe ou de classe, une haine ou un mépris post-colonialiste, une suspicion ou une discrimination au quotidien perceptible dans les grandes villes, dans la vie professionnelle, dans les discours, les codes et les usages sociaux, autant de mécanismes d’exclusion vis-à-vis d’un « prolétariat » qu’une France élitiste et méritocrate continuerait d’inférioriser.

L’islamisme se nourrit de ce malaise en le réduisant à des discours sur l’appartenance et l’expression religieuses. En laissant croire que ce que la société rejette, c’est l’Islam lui-même.

Ou plutôt « les musulmans ». Car le Diable est aussi celui qui accuse, qui convoque des procès, qui réclame justice au nom du Juste et du Bien, comble de la perversion. Alors le Diable fabrique des coupables, en appelle à tous les cœurs purs pour les fustiger : les « extrémistes », ces opposants bien commodes tant leurs vindictes est évidentes. Mais ça ne suffit pas, parce que l’extrémisme et l’islamisme sont à bien des égards les deux pièces d’une même monnaie et des opposants qui se renforcent. Et puis il seraient dangereux de montrer du doigt un quart des électeurs. D’autant qu’il existe des musulmans ralliés au vote RN.

Alors on évoque des « racistes » aussi vagues qu’imaginaires. Un concept beaucoup plus habile, car il permet d’assimiler une religion à une race, ce qui est absurde mais fonctionne. Et de faire oublier aussi que l’islamisme est un projet politique. Le racisme, c’est toujours un thème qui marche bien en France : le politiquement correct et la bonne conscience sont toujours prompts à débusquer dans un discours une virgule de travers qui pourrait être le signe d’un racisme dissimulé.

Voilà comment on manipule les concepts, les signes et les symboles pour donner de la consistance à une illusion.

Appropriation, captation, détournement sémantique, l’islamisme surfe à dessein sur l’ère du soupçon, aiguise les douleurs et les rancœurs, durcit les oppositions, dramatise des micro-événements, façonne un imaginaire victimaire, cannibalise et fascine l’opinion pour mettre en scène une fable sinistre où « les musulmans » seraient les uniques victimes d’un nouvel holocauste contemporain.

A l’horreur terroriste, systématiquement relativisée, minimisée ou passée sous silence, vient se substituer un hologramme anxiogène où la minorité musulmane avancerait vers un précipice.

L’islamisme est d’abord et avant tout le grand Maestro de la fantasmagorie. C’est de cet art qu’il tire son pouvoir.

Comme tous les grands manipulateurs spirituels il sait que ce que nous nommons « réalité » n’a aucune existence intrinsèque. Car tout ce que nous expérimentons est produit par la conscience. Manipulez les consciences et vous créerez de la réalité. Hitler l’avait fort bien compris. Et avant la montée du nazisme, les spécialistes de la psychologie des foules avaient déjà conceptualisé ces phénomènes de sujétion des masses.

L’islamisme est aujourd’hui l’un des plus grands manipulateurs spirituels, habile à jongler avec les discours, les croyances et les représentations. C’est ainsi qu’il arrive à faire croire qu’il n’existe pas, mais que ceux qui le combattent au nom de la vérité sont les véritables ennemis du public qu’il fascine et kidnappe pour asseoir ses ambitions.

L’islamisme n’est pas une idéologie qui rassemble, mais une idéologie qui divise pour mieux confronter et détruire. Son essence est « dia-bolique » (qui « divise ») et non « sym-bolique » (qui « unit »). L’islamisme s’oppose à l’aspiration profondément ancrée en l’homme à l’Unité. Une aspiration inscrite au cœur de toute démarche spirituelle ou religieuse sincère comme au cœur de tous les idéaux humanistes. Une aspiration et un principe central dans l’Idéal républicain. Car pour s’imposer, l’islamisme, comme tout mouvement sectaire, s’appuie sur le doute, la séparation, la scission, la suspicion à l’égard de l’autre transformé en ennemi hostile. Il projette sa propre hostilité contre ce qu’il abomine : la liberté, l’unité, la fraternité et la dynamique de la vie, pour justifier un projet totalitaire fondé sur la négation, la destruction, l’anéantissement.

Hitlérisme, stalinisme ou islamisme : il n’y a aucune différence. On y retrouve les mêmes constantes : totalitarisme, assujettissement, nivellement, négation de l’altérité, destruction, violence et pour finir morbidité.

Ne soyons pas dupes, restons vigilants, attentifs aux moindres signes, toujours en éveil et prompts au discernement. Car le Diable avance toujours masqué. Et le Diable se niche toujours dans les détails.

Assiste-t-on à un retour de l’ordre moral ?

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Je ne crois absolument pas que nous assistions aujourd’hui à un « retour de l’ordre moral » en France ni ailleurs, thème très en vogue il y a 25 ou 30 ans chez les anciens gauchistes et ex-révolutionnaires libertaires de Mai 68. Et qui concernait d’ailleurs essentiellement la question des mœurs.

Car la situation de la France ou des démocraties occidentales n’a plus grand chose à voir avec le thatchérisme et le reaganisme des années 80, sinon que cette décennie aura vu le triomphe de la religion ultralibérale urbi et orbi.

Mais cette religion ultralibérale (qu’on qualifie communément de « néolibéralisme » pour faire plus soft) s’impose depuis une vingtaine d’année en avançant masquée. Les stratèges américains qui l’ont imposée chez eux et en Europe ont entre-temps forgé un concept habile et efficace : le « progressisme ». Lequel consiste à diluer les anciennes rivalités politiques et idéologiques bipartisanes (« la droite » et la « la gauche » pour faire court) dans une illusion de bipartisme (Républicains vs. Démocrates) ou, dans le cas de Macron téléguidé par ses mentors américains, européens et lobbyistes, d’un parti unique (LREM) incarnant le projet d’une société « efficace et juste » (entendez « efficace et efficace ») présenté sous une forme des plus floues alliant libéralisme et (du moins en théorie) progrès social.

Le progressisme n’est nullement un ordre moral. Pour la bonne et simple raison qu’il n’en a aucune. Sa seule justification c’est de service le marché mondialisé, de diluer les identités nationales dans des institutions transnationales qui les paralysent pour servir le libre-échangisme, et d’empêcher toute entrave à l’achèvement du processus de mondialisation économique.

Paradoxalement le système qu’il met en place est la forme la plus subtile de totalitarisme qu’on ait jamais produit, parce qu’il se fonde sur l’adhésion volontaire et enthousiaste des citoyens devenus de simples consommateurs.

Ce totalitarisme est résolument amoral. Car toute morale, toute éthique, conduirait inéluctablement à en dénoncer l’imposture et les fondements. C’est bien ce qui se joue aujourd’hui avec les accointances du système avec l’islamisme. Un système politique depuis longtemps instrumentalisé pour déstabiliser, contrôler, remodeler des régions entières du monde en fonction des intérêts de ses acteurs.

Macron est l’exemple le plus illustre de cette politique. Et son relativisme systématique du « ni ni » ou du « et en même temps » n’en est que la traduction rhétorique. Macron n’a aucune morale, aucune vision, aucun projet, sinon servir les intérêts qui l’ont fait élire. L’islamisme n’est qu’un paramètre dans cette équation stratégique, qui peut ou non servir ces intérêts et sa carrière. Ses postures et ses discours n’ont jamais été que du marketing politique. Sa « conversion » récente à l’écologie en est l’exemple éloquent.

Le marché n’aime pas l’ordre, même s’il craint l’anarchie. Il prône la liberté mais d’abord celle de l’entreprise, des échanges, de la concentration financière et des mouvements de capitaux. Le marché n’a aucune morale, car le système de valeurs sur lequel il réponse ne dépassent jamais l’efficacité, la productivité, la rentabilité et la profitabilité. Tout le reste n’est qu’accessoire. Et ses appétits ne se fondent que sur des valeurs hyper basiques : l’avidité, l’appropriation, l’accumulation, le rapport de force et la loi du plus fort, voire la coercition, la corruption et la violence.

Le marché crée un « hologramme de valeurs » destiné à orienter les évolutions et à tirer profit des habitudes de consommation, en leur conférant une valeur ajoutée artificielle. Il incite par exemple à « consommer bio ou écolo » pour flatter la conscience écologique des consommateurs. En vérité c’est juste un élément du marketing-mix pour concevoir et vendre davantage de produits collant au plus près des évolutions sociétales. Un laboratoire pharmaceutique qui vend des traitements contre le cancer ne souhaite surtout pas contribuer à réduire le nombre de cancers, il souhaite juste profiter au maximum du très juteux marché de l’oncologie. Quant aux fabricants de voitures électriques, leur but n’a jamais été de contribuer à lutter contre le réchauffement climatique, mais de créer un nouveau « segment » de marché parallèle à celui des véhicules à essence.

En conséquence le modèle de société qui s’est imposé ressemble plus à un chaos amoral contrôlé (au sens des modèles économiques fondés sur les théories du chaos), où les apparences de la morale collective et de la vertu personnelle sont préservées grâce aux credos discursifs du politiquement correct, qu’à un « ordre moral ». Les idéaux libertaires hérités de Mai 68 sont aujourd’hui profondément intégrés dans la société postmoderne et numérique. Ils irriguent tous les modèles sur lesquels se fondent les langages, les process de création, de production et de consommation, comme les usages sociétaux. On ne pourra pas revenir en arrière. D’autant que l’hédonisme et l’individualisme de la société de consommation sont devenus des piliers de l’ultralibéralisme pour se maintenir et piloter cet hologramme de bonheur matérialiste collectif tendu vers le meilleur des mondes possibles.

L’slamophilie, maladie du siècle

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Au chapitre des grandes perversions cartographiées par les siècles derniers il y avait la pédophilie, la zoophilie, la scatophilie, la nécrophilie… La spasmophilie quant à elle ne relève pas du même registre lexical.

Il faudra bientôt en ajouter une autre d’un genre inédit : l’islamophilie.

Antonyme de l’islamophobie qui n’est qu’une fiction, l’islamophilie est elle belle et bien réelle. Elle désigne l’attirance contre-nature des gens de gauche, de certains centristes et écologistes, pour une idéologie contemporaine ravageuse, une forme de fascisme religieux et d’asservissement totalitaire : l’islamisme. Mais aussi la complaisance commune de certains intellectuels, journalistes et politiques pour cette idéologie, caractérisée sous le vocable d’islamo-gauchisme.

Tout naturaliste des déviances se doit d’établir un catalogue détaillé des espèces étudiées. Les islamophiles se répartissent donc en différentes catégories nosologiques. D’un point de vue psychopathologique, ils présentent différentes formes de troubles psychiques qui vont de l’altération des fonctions cognitives et des facultés de jugement, un narcissisme exacerbé de type pervers manipulateur, des délires de persécution, des formes dissociatives de la personnalité de type schizoïde, des crises de démence, jusqu’à des pulsions masochistes voire au syndrome de Stockholm, à savoir l’empathie d’une victime pour son bourreau ou pour un terroriste pourchassé.

Le premier noyau d’agrégation de la tribu des islamophiles se compte parmi les musulmans laïcs ou libéraux éloignés de l’idéologie islamiste mais piégés par le discours victimaire défendu par ceux-ci. S’ils s’engagent pour défendre tous les musulmans indifféremment contre la « haine islamophobe » qui s’abattrait sur eux, c’est plus par réflexe identitaire et communautaire que par adhésion à un Islam pur et dur. Certains de ces islamophiles musulmans nourrissent un ressentiment particulièrement intense à l’égard de la société française, à cause d’un sentiment de stigmatisation sociale dont ils s’estiment les victimes. Cela peut parfois les conduire à se laisser embrigader ou à relayer la propagande victimaire des islamistes au point de rejoindre les rangs des radicalisés. Mais la plupart du temps ces musulmans pacifiques ou de circonstance se mobilisent autour du fameux slogan simpliste (et mensonger), destiné lui aussi à empêcher tout débat et tout discernement sur l’Islam : « PAS D’AMALGAME ».

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L’islamophilie se rencontre aussi parmi d’autres spécimens que sont les survivants des religions déclassées du siècle dernier : communisme, trotskisme, marxisme-léninisme. Ces irréductibles gauchistes tentent désespérément de survivre à l’effondrement des idéologies en se recyclant dans d’autres formes de fanatisme religieux. Ils trouvent dans la cause des musulmans opprimés un succédané très tendance de la cause prolétarienne, tombée dans l’oubli depuis la disparition de la classe ouvrière. Dans leur cas la collusion avec l’islamisme est donc une nouvelle forme d’ouvriérisme, qui s’attache à défendre les fils et les filles des anciens travailleurs immigrés contre la haine de classe colonialiste, raciste et xénophobe.

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A cette deuxième catégorie vient s’ajouter une troisième : les fameux « idiots utiles » de la gauche. Ces minimalistes de l’éthique politique adeptes d’une pensée light et renouvelable ne sont animés que par un souci du paraître médiatique. Ils collent aux indignations contemporaines pour se donner une épaisseur intellectuelle et un succédané de morale. Bien qu’ils soient très virulents sur les plateaux télé, leur enracinement idéologique n’a aucune profondeur : ce sont des idéalistes hors-sol.

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Toujours pressés de défendre une cause nouvelle, ils réagissent de façon compulsive pour manifester leur soutien sans jamais prendre la peine de réfléchir, ce dont ils sont notoirement incapables. Adeptes d’une morale du clic et des principes jetables, ces enfants de la société de consommation et du numérique sont aussi versatiles que féroces et prompts à bouffer du « nazi », un mot-valise qu’ils customisent à outrance pour désigner tous ceux qui ne partagent pas leur avis. Ils alignent ainsi les poncifs et les engagements mimés comme on collectionne les pin’s : écologie, antiracisme, féminisme, enfance martyre, LGBT, antispécisme, bio, vegan… Tout est bon à prendre pourvu que ce soit tendance et politiquement correct. Les idiots utiles se rencontrent beaucoup parmi la génération des baby-boomers (les bobos ex soixante-huitards comme Daniel Cohn-Bendit) et leurs enfants : la « génération morale » ou Génération Macron des jeunes quadras nés avec la crise. Parmi les politiques frappés d’islamophilie, certains n’obéissent qu’à d’évidents calculs clientélistes, en draguant la « communauté musulmane » à laquelle ils envoient régulièrement des signaux. C’est le cas notamment de Jean-Luc Mélenchon, débouté de sa stature de tribun du peuple à cause de ses outrances égotiques et mégalomaniaques, et qui manfesti un soudain revirement en faveur de la cause islamiste. Mais aussi de Ian Brossat ou de Clémentine Autain, rescapés du PCF et de la gauche trotskiste, ou encore d’Anne Hidalgo, laquelle drague ouvertement le vote communautariste en alignant les déclarations islamophiles aussi ineptes que pseudo-branchouilles.

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Une dernière catégorie d’islamophiles bisounours se retrouve parmi certains croyants d’autres religions, le plus souvent des catholiques « progressistes » et quelques juifs libéraux égarés. Souvent engagés dans le « dialogue interreligieux » ou membres d’associations républicaines d’amitié intercommunautaire, ces braves hérauts de la fraternité instrumentalisent à loisir les principes républicains, notamment la fraternité, la laïcité ou la liberté de conscience, pour défendre une vision inclusive, œcuménique, hyper relativiste et profondément idéaliste d’une société multiculturelle, multireligieuse et ouvertement communautariste, où les religions et les philosophies se féconderaient les unes les autres sans discernement aucun par l’écoute respectueuse, l’entraide fraternelle voire le méli-mélo syncrétique.

Loin des savantes « disputations théologiques » médiévales entre des grands esprits et des libres penseurs issus du judaïsme, du christianisme et de l’Islam, ce scoutisme interculturel, naïf et bon enfant, prône un respect intégral de « l’autre » qui peut aller jusqu’à l’aveuglement et la complaisance coupables quand il s’agit de cautionner des dérives sectaires empreintes d’une volonté de conquête idéologique et politique, comme le salafisme, le wahhabisme ou les Frères musulmans. Ou de défendre farouchement le voile islamiste au nom des libertés religieuses en renonçant à tout examen critique.

Ainsi les jeunes de l’association Coexister, qui regroupe des chrétiens, des juifs, des musulmans de toutes obédiences, mais aussi des bouddhistes, des athées, des agnostiques, des laïcs et des je-ne-sais-pas-où-j’en-suis au nom d’une volonté inclusive la plus large possible, ont fait perdre toute crédibilité à leur élan initial qui prétendait s’ouvrir à l’autre pour conjurer les réflexes de repli communautaire. A titre d’exemple, leur participation, clairement dénoncée par des défenseurs de la laïcité comme Caroline Fourest, au Salon de l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France, devenue récemment Musulmans de France) : une foire aux intégrismes musulmans où l’on croise tour à tour les fans de Tariq Ramadan, des salafistes, des crypto-djihadistes, et bien sûr des Frères musulmans surnuméraires, au milieu de stands vendant des niqabs (voile intégral), des DVDs de prêches d’imams interdits en France et des livres sulfureux sur l’Islam. Coexister est aussi emblématique de ces religieux qui au nom d’une solidarité entre la calotte, la kippa et la chéchia, ou de celle des religieux ligués contre une laïcité vue comme trop agressive et « liberticide », ferment volonté les yeux voire cautionnent des dérives objectivement préoccupantes. Ou sont incapable de décrypter la sémantique ambiguë des « signes religieux ostentatoires » en tant qu’instrument de propagande de l’islamisme dans sa stratégie de conquête de territoires et de droits.

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Quant aux ressorts psychologiques de l’islamophilie, elle s’appuie souvent sur un complexe d’infériorité sinon une haine de soi nourrie par la mauvaise conscience postcoloniale, qui entretient une fascination pour « l’étranger », objet de toutes les projections fantasmatiques.

Tous les islamophiles ont en commun une fascination inconsciente ou inavouée pour l’homme hétérosexuel arabo-musulman. Une sorte d’inversion du mépris colonialiste pour les « races inférieures » ou les « peuples primitifs » conquis. Une fascination qui va de pair avec celle qu’exercent les icônes de la rébellion adolescente, frondeuse, anarchique et métissée issues des banlieues. Bien qu’ils n’oseront jamais l’avouer, le machisme exacerbé et transgressif qu’incarnent le mâle musulman ou la racaille excitent leurs fantasmes refoulés de demis-hommes émasculés par les excès d’un féminisme castrateur dont ils se réclament. C’est pourquoi ils sont les premiers à défendre le voile, travesti en étendard féministe.

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Médine, rappeur islamiste français

L’islamophile est en effet souvent un homme, doublé dans bon nombre de cas d’un homosexuel refoulé souffrant d’un complexe de castration, et dont l’inconscient est travaillé par les mythes séculaires véhiculés par la culture arabo-musulmane sur « l’homme arabe » ou « l’homme musulman ». Un onagre rebelle, vigoureux, hypermembré, aux appétits sexuels insatiables et à la puissance sexuelle démesurée. Ce fantasme se nourrit de toute une mythologie orientaliste peuplée de harems, de hammams, de palais sensuels, de séductrices lascives, de jeunes esclaves soumis et de paradis luxurieux. Autant de thèmes relégués dans les oubliettes de la culture arabe recouverte hélas depuis le siècle dernier par la chape de plomb islamiste, mais toujours très présents dans les mythes de « l’Âge d’or », ou recyclés dans une rhétorique sexiste avec un contentement vulgaire par les jeunes rebeux des cités.

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Ingres : Le Bain turc

L’islamophile est donc bien un archétype de pervers doublé d’un schizophrène et parfois d’un manipulateur. A l’occasion l’islamophile est un masochiste dévoyé qui s’émerveille du désir exacerbé de revanche des « bougnoules » sur les « kouffars » (mécréants). Un sous-produit du désenchantement et de la ruine des idéaux démocratiques dans une société individualiste et éclatée, avide d’immédiateté, de sensations et de consommation.

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Le comble du malheur c’est que l’islamophile entend retrouver le sens perdu dans une idéalisation messianique de l’ailleurs lointainement héritière des divagations rousseauistes à propos du « bon sauvage ». Il est l’aboutissement d’un processus de domination qui aurait échoué à conquérir les sexes et le monde et se résoudrait à céder aux charmes d’une armée de Spartacus soulevés pour asservir leurs anciens maîtres. Car l’homme arabe musulman incarne dans l’imaginaire qu’il entretient la domination des mâles sur les femelles, comme la domination des croyants sur les infidèles et les esclaves. Et, dans le discours fondamentaliste, le triomphe de l’unique vérité imposée par la force conquérante à des sociétés décadentes, abîmées dans les plaisirs et ruinées par leurs états d’âme.

L’islamophilie s’appuie sur un rêve de verticalité retrouvée, projetée sur une religion dévoyée. Les laïcs et autres gauchistes athées et anticléricaux qui ne croient pas une seule seconde en un dieu révélé se flagellent d’émotion, s’évanouissent comme des pucelles et se prostituent comme des houris en miaulant pour célébrer ces fanatiques qui osent fronder la République, imposer leur charia archaïque et leur pastiche jaloux d’une divinité violente aux sales Français dégénérés. Après avoir consacré leur vie à bouffer du curé, voilà maintenant que ces insensés sucent de l’imam.

En d’autres siècles on aurait prescrit l’internement ou le bûcher pour ces désaxés traîtres à leurs anciens credos et à la mère patrie. Mais non. Aujourd’hui on leur tend des micros, on leur réserve des charges et des prébendes dans toute l’aristocratie médiatico-politique, on les laisse défiler en bon ordre avec des ennemis déclarés de la démocratie dont ils se réclament, on commente à l’infini leurs élucubrations victimaires au lieu de se concentrer sur les vrais problèmes, les vraies victimes, les vrais ennemis.

Il est temps de prendre la mesure de cette gabegie. Car l’islamisme, lui, progresse chaque jour dans les esprits. Et la grogne monte inlassablement dans l’opinion face à des politiques gangrenés par l’esprit de Munich et qui ont renoncé à endiguer ce fléau.

Il est temps que nos élites se réveillent pour dénoncer l’incurie. Que la complaisance des fourbes et des écervelés soit enfin exposée au grand jour. Car il en va de notre avenir, de notre santé démocratique et de l’unité de notre belle République.

Pourquoi certains veulent qu’on ne parle que du voile et plus du tout de Mickaël Harpon ?

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On peut à juste titre s’étonner de l’ampleur excessive du débat sur le voile relancé à propos de l’affiche de la FCPE présentant une femme voilée puis de l’intervention d’un élu RN contre une femme voilée au Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté. Au point d’occulter totalement celui sur la radicalisation amorcé suite à l’attentat de la Préfecture.

S’agit-il d’un simple phénomène d’emballement médiatique, d’une forme d’autocensure, d’un réflexe discursif qui focalise sur le voile dès qu’on évoque la question de l’Islam, ou d’une obnubilation des journalistes et de l’opinion publique sur une symbole qui cristallise les représentations ?

Sans doute un peu des trois.

Peut-on supposer qu’il y ait une volonté de censurer un sujet fondamental qui touche à la sécurité nationale derrière un paravent qui occuperait les esprits sur la question du voile ?

Personne n’imagine aujourd’hui qu’un quelconque pouvoir en ait la capacité sinon l’envie.

La seule question qui vaille alors d’être posée c’est : à qui peut profiter la relégation au second plan du combat à engager contre le fondamentalisme islamiste et la traque des profils radicalisés ?

Assurément ceux à qui profite le plus cette monopolisation du débat sur le voile sont les premiers intéressés, à savoir les islamistes eux-mêmes. Et ce pour trois raisons.

D’abord parce qu’en occupant les Français sur la partie émergée de l’iceberg on minimise le problème, on lui ôte toute apparente gravité et on empêche les Français de regarder la question de fond : qu’est-ce que la radicalisation ? Qui sont les islamistes ? Quel est leur projet et quel danger représentent-ils pour la démocratie ?

Ensuite parce que le voile permet de cristalliser les tensions en opposant dans une vision manichéenne et victimaire les gentils – les musulmans, les femmes qui portent un voile et ceux les défendent au nom de la liberté de conscience, de la laïcité ou de la défense des minorités – et les méchants – les extrémistes, les racistes, les xénophobes, islamophobes et tous ceux accusés de vouloir stigmatiser les musulmans ou restreindre les libertés.

Enfin l’hystérisation du débat sur le voile profite à ceux qui veulent se servir de cette thématique de « la stigmatisation des musulmans » en confortant l’idée que le voile serait un simple « choix vestimentaire » ou un « signe religieux » indissociable de l’Islam, et en incitant les personnes de confession ou d’origine musulmane à faire bloc autour des femmes voilées selon un réflexe communautariste.

Au contraire parler objectivement et sereinement des phénomènes de radicalisation et de la meilleure façon de protéger les musulmans en premier lieu de ceux qui veulent les instrumentaliser permettrait de rassembler tous les Français autour des valeurs républicaines et de la défense de la démocratie contre toute atteinte à son intégrité, son unité ou ses valeurs.

C’est pourquoi il est essentiel de sortir de cette myopie intellectuelle qui consiste à s’obséder sur le voile pour revenir à des préoccupations plus générales, plus essentielles et plus urgentes.

Car la question du voile n’a d’intérêt d’être posée que relativement à la conscience du danger d’une idéologie qui l’instrumentalise pour en faire un signe de ralliement, un étendard et une pierre de scandale.

L’attentat djihadiste perpétré à la Préfecture de Police par un Français converti à l’Islam et radicalisé a marqué un tournant majeur dans la conscience collective à propos de la réalité du risque terroriste. Il a montré que la menace pouvait venir non plus seulement de l’extérieur, d’une organisation terroriste implantée à l’étranger et recrutant sur le territoire français des « soldats » ralliés à sa cause, mais du cœur de la population et même du cœur de nos institutions.

A la figure d’un Mohamed Merah, jeune délinquant des cités recyclé dans le djihadisme, ou de kamikazes comme Salah Abdelslam organisant depuis la Belgique des attentats sur le sol français commandités par Daesh, succède celle d’un bon père de famille martiniquais, agent de la Préfecture depuis 16 ans, habilité secret défense, et dont la radicalisation était passée sous les radars des services de renseignement.

La prise de conscience amorcée à propos des dangers réels de l’islamisme a aussi jeté un éclairage plus critique sur l’incompétence, l’inaction ou l’échec du gouvernement à prévenir les phénomènes de radicalisation. Mais aussi sur l’absence d’une vraie politique de lutte contre l’islamisme parallèlement aux efforts de la lutte antiterroriste.

La lutte antiterroriste se concentre sur des actions dans le domaine du renseignement, la prévention et la neutralisation des actes terroristes. Mais le djihadisme n’est que l’aboutissement spectaculaire et dramatique d’une politique sournoise qui vise à répandre une idéologie, endoctriner les personnes de confession ou d’origine musulmane, désigner l’Etat, la France, la République ou la démocratie comme un système qui stigmatise et persécute les musulmans, et les pousser au mieux à se retrancher de la nation, au pire à entrer en conflit avec elle.

L’antiterrorisme ne peut rien sans une politique réfléchie et efficace de lutte contre l’islamisme.

Or autant il est relativement facile de désigner des criminels qui attentent à la sécurité et à l’ordre public en tuant des innocents, autant il est beaucoup plus difficile de combattre une idéologie. Encore faut-il identifier son ennemi, le nommer, comprendre sa stratégie et le combattre en s’appuyant sur la loi.

On ne peut combattre une religion ni assimiler l’Islam radical, politique et idéologique, aux différents courants de l’Islam présents en France.

On ne peut non plus pénaliser des idées. A moins que celles-ci ne constituent explicitement un trouble à l’ordre public, une menace pour des personnes ou la sécurité. L’antisémitisme est pénalement répréhensible parce qu’il encourage la haine des Juifs. Mais ce n’est pas une doctrine ou des discours antisémites qui sont hors-la-loi, ce sont ceux, personnes ou organisations, qui en font la promotion.

Si l’on veut lutter contre l’islamisme il faut donc que l’Etat s’engage à identifier, poursuivre, dénoncer et juger les individus et les organisations qui en font l’apologie, se revendiquent ou appartiennent à ces courants idéologiques : imams, responsables et organismes religieux, éducateurs, etc…

Il faut prouver la volonté d’endoctrinement et les menaces objectives que ces discours idéologiques font peser sur des personnes et la société. Le risque d’endoctrinement, d’embrigadement, de sujétion idéologique, le risque de radicalisation, le risque de trouble à l’ordre public et celui d’infiltration des réseaux de pouvoir.

Par exemple il ne faut pas hésiter à interdire en France des organisations qui sont l’émanation des Frères musulmans ou se réfèrent à son idéologie. A interdire à des personnes qui se réfèrent implicitement de ces organisations de siéger dans des instances représentatives du culte musulman ayant pour vocation de dialoguer avec l’Etat.

Cette politique ne pourra porter ses fruits sans un patient effort d’éducation fondé sur le rappel des fondamentaux républicains. Education en direction de l’opinion pour rappeler les principes démocratiques et l’esprit de la loi, pour inviter à se rassembler autour de ces principes et à refuser toute tentation de la division. Education à l’école sous la forme d’une initiation civique à la citoyenneté pour enseigner les valeurs républicaines, sensibiliser aux risques de radicalisation, expliquer la réalité et les motivations du terrorisme, comprendre les phénomènes de dérives sectaires et les dangers de l’affrontement communautariste. Education en direction des populations musulmanes pour rappeler l’attachement aux principes de liberté de conscience et de culte mais aussi inviter à un devoir citoyen de cohésion et de vigilance quant aux dangers qui les menaces en premier lieu.

Ce combat demande de la détermination, de la nuance et de la constance. La réduction des immenses enjeux qu’il comporte à des micro-polémiques sur le voile constitue la meilleure façon de le faire échouer, de neutraliser toute vigilance et tout discernement critique, et de figer le débat national autour de l’opposition binaire entre les « pour », complices implicitement de la stratégie islamiste, et les « contre », assimilés aux extrémistes.

Il ne faut pas éluder la question du voile, de sa symbolique et de son instrumentalisation dans l’espace public. Mais cela n’a de sens que dans le cadre d’une réflexion globale et exigeante sur les limites acceptables des discours et des pouvoirs idéologiques, politiques ou religieux qui utilisent la référence à l’Islam comme un stigmate identitaire en vue de diviser, d’opposer, de contester l’ordre, l’éthique ou le droit républicains.

Toute cristallisation imaginaire des peurs légitimes à propos de l’islamisme sur les stéréotypes d’un ennemi « visible » qui serait symbolisé par un démarquage vestimentaire ne peut que brouiller l’analyse et précipiter les mécanismes de boucs émissaires.

Face à un « ennemi invisible » et qui entend le rester, la seule façon de se protéger est de se battre en refusant de s’arrêter à la quête de « signes extérieurs de radicalisation » mais de toujours veiller à rattacher la sémantique aux discours, aux idées et aux intentions qu’elle sert.

Comment combattre l’islamisme ? Idéologiquement, en s’appuyant sur les valeurs républicaines. Juridiquement en pénalisant les « dérives sectaires ».

Mis en avant

ddhc

Face aux dangers de l’Islam radical qui engendre dans l’opinion des cristallisations sur des débats restreints comme le voile ou le burkini, on invoque souvent le principe de laïcité et la Loi de 1905, sans jamais être capable d’en proposer une application claire et comprise par tous.

Une chose est certaine : la loi de 1905 n’a pas été conçue pour répondre aux dangers de l’islamisme.

Pourquoi cette loi, appelée « Loi de séparation des églises et de l’Etat », ne se suffit pas à illustrer la conception française de la laïcité ou celle de « République laïque » ?

Même si cela ne transparaît pas à la lecture du texte, la loi de 1905 a été élaborée dans un contexte d’anticléricalisme virulent à l’égard de l’église catholique porté par des radicaux comme Emile Combes, nourris d’une philosophie rationaliste, scientiste et athée.

Le texte définitif de la loi est marqué par une volonté d’apaisement, mais aussi de séparer clairement le rôle de l’Etat et celui des églises, de rappeler la liberté de conscience et de culte, mais aussi de veiller à une stricte « neutralité » de l’Etat quant à la gestion et au financement des églises.

On ne pas comprendre correctement ce qui fonde le principe de laïcité à la française si l’on s’en tient à une lecture littérale de cette loi.

Souvent certains interprètent telle loi ou tel principe, la liberté de conscience, la laïcité, en en faisant des absolus et en justifiant des interprétations qui trahissent l’esprit de notre République.

Car la République n’est pas qu’un régime politiqu. C’est avant tout un Idéal, toujours à réinventer. Et qui résulte d’un choix de valeurs, soutenu par une armature philosophique, traduite en principes et règles juridiques et éprouvé dans le temps.

Pour comprendre l’esprit de la Loi de 1905, pour bien l’interpréter, il faut comprendre comment la laïcité s’articule par rapport aux principes fondateurs de notre République. Pour cela, on doit la resituer dans l’ensemble du corpus éthique et juridique qui fonde notre démocratie.

Il ne s’agit pas ici de faire un cours de Droit. Mais de comprendre le système de valeurs qui fondent notre démocratie, et en quoi tout fondamentalisme religieux qui s’exprime à la manière d’un projet politique contre les lois de la République et la démocratie doit être à tout prix combattu.

Parmi les grands piliers éthiques sur lesquels s’appuient notre démocratie, on peut retenir :

1 LIBERTE – EGALITE – FRATERNITE

2 DEMOCRATIE

3 HUMANISME et UNIVERSALISME

4 UNITE ET INDIVISIBILITE

5 SOCIAL

6 LAICITE

1 Les Droits de l’Homme : Liberté, Egalité, Fraternité

Ces 3 principaux réunis dans la devise nationale forme un triptyque de valeurs indissociables les unes des autres.

La liberté n’est pas un privilège de naissance, elle est indissociable de la qualité de citoyen[i].
La liberté de conscience et la liberté de culte figurent parmi les libertés individuelles essentielles.

La liberté n’est pas néanmoins l’absence de limites à la volonté personnelle ou au libre-arbitre. Elle s’exerce dans le cadre du Droit, qui est l’émanation de la nation et non d’une divinité ou d’une instance supérieure.

L’égalité de droit suppose que tous les citoyens ont les mêmes droits.
Mais aussi qu’il ne peut exister d’exception à l’application du Droit en vertu d’un quelconque privilège ou en référence à toute autre juridiction ou loi relatives notamment à une religion.

La Fraternité découle des deux précédents principes. Sans liberté ni égalité il ne peut exister de vrais liens de fraternité entre les citoyens.
La Fraternité suppose la reconnaissance de l’altérité mais aussi d’une identité commune qui transcende toutes les différences.
La Fraternité n’est pas qu’une simple juxtaposition pacifique d’individus, comme peut le laisser entendre l’expression récente de « vivre ensemble ».

L’exercice de la Fraternité suppose une collaboration active et permanente entre les citoyens à différents échelons de la société ayant pour buts l’entente, la cohésion, la solidarité, le dépassement des clivages identitaires, catégoriels, idéologiques ou partisans, et l’engagement collectif de chaque citoyen vers la recherche de l’intérêt général, du bien commun, de l’épanouissement social, et une vision commune de l’avenir.

2 La France est une démocratie

Cela veut dire que le peuple est souverain.
Le peuple n’est pas une collection d’individus résidant sur un même territoire.
Le peuple identifié à « la France » ou « la nation française » est un ensemble de citoyens unis dans un même creuset identitaire forgé par une Histoire, des valeurs, des institutions, une langue et culture communes.
Le multiculturalisme et le communautarisme sont des notions contraires à la conception française de la démocratie fondée sur le républicanisme.

Au pluralisme des identités, la République privilégie l’intégration dans un ensemble plus vaste qui garantit à la fois l’application des libertés individuelles et l’appartenance à une même entité

A la différence d’autres modèles démocratiques qui ont émergé en Europe au cours du 19e siècle, la démocratie française et la notion de « peuple » ne sont pas forgées autour d’une ethnie, un ethnos, mais autour d’un ethos, un Idéal, une éthique. Il n’existe pas d’ethnie française comparable à la revendication nationaliste d’une ethnie russe ou germanique. Le peuple français se reconnaît dans une même appartenance à une nation fondée sur un territoire, une langue, une mémoire, une culture et des valeurs communes.

3 La République est fondée sur un Idéal humaniste et universaliste
La République n’est pas fondée sur un athéisme d’Etat ou la négation des religions. Mais elle est fondée sur une vision humaniste et universaliste de l’homme, de sa dignité, de sa place dans le monde et la société.

Cet Idéal s’exprime notamment dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

Les fondements philosophiques de cet Idéal s’appuient notamment sur la primauté donnée à la Raison comme fondement de l’existence, de l’exercice du libre-arbitre et de l’organisation des sociétés humaines.

Cet Idéal n’est pas centré sur une nation mais tend vers la réalisation d’un projet universel de fraternité, d’ententes entre les peuples et de justice pour toute l’humanité.

4 La République est une et indivisible
La République ne peut se concevoir que comme une entité totalement unie.
Il ne peut coexister en France d’institutions séparées ni de corps qui se constitueraient en-dehors de la République ou prétendrait échapper à ses lois.
Tout ce qui vise à fracturer la République, toute revendication d’un statut particulier ou d’un groupe social séparé fondé notamment sur l’identité ethnique, régionale, communautaire ou religieuse, et qui justifierait l’exemption totale ou partielle de ses membres des principes et des lois qui s’appliquent à l’ensemble de la communauté nationale, est radicalement incompatible avec la République.

5 La France est une République sociale
Cela ne signifie pas uniquement qu’elle a pour vocation de préserver la justice sociale.
Mais aussi et surtout de s’incarner dans le cadre de d’un projet de « société » humaniste.
La qualité de « citoyen » est intiment liée à sa dimension sociale, et non individualiste. Elle vise la participation de tous les citoyens à la recherche collective du bien commun et de l’intérêt général.
La République n’est donc pas une institution qui vise la satisfaction des aspirations individuelles mais la cohérence dynamique de tous ses membres et leur appartenance commune à une seule et même entité sociale.

COMMENT COMBATTRE LE SALAFISME ?

Le salafisme et les mouvements islamistes présents en France s’adressent aujourd’hui à des populations musulmanes ou originaires de pays musulmans afin de les endoctriner dans une forme d’islam radical résolument en marge de la République et hostile à ses principes.

Il n’est pas possible de combattre ces mouvements sur la seule base de la laïcité. Ces groupes se revendiquent eux-mêmes de « l’Islam » et s’appuient sur la liberté de conscience pour répandre leur idéologie. Il est souvent très difficile de déterminer les discours, les pratiques, les actions qui constituent des infractions par rapport à la loi, ou de prouver que leur objectif inavoué porte atteinte aux principes de la République.

La seule action juridique qui permettrait de mettre un terme à l’emprise de ces mouvements serait de les interdire pour dérive sectaire. Et d’interdire toute association en France qui serait l’émanation de ces mouvements ou en relaierait l’idéologie.

Il est ainsi possible d’identifier parmi les associations supposément « représentatives des musulmans en France » celles qui relèvent clairement de l’idéologie des Frères musulmans, à commencer par Musulmans de France (ex UOIF).

Comment se définit la dérive sectaire en France ?

La lutte contre les dérives sectaires est une priorité en France.
Toutefois, au nom du principe de laïcité, le droit français ne donne pas de définition officielle des sectes pas plus que des religions.
Mais un faisceau d’indices permettant de caractériser l’existence d’un risque de dérive sectaire :

La dérive sectaire

Il s’agit d’un dévoiement de la liberté de pensée, d’opinion ou de religion qui porte atteinte aux droits fondamentaux, à la sécurité ou à l’intégrité des personnes, à l’ordre public, aux lois ou aux règlements. Elle se caractérise par la mise en œuvre, par un groupe organisé ou par un individu isolé, quelle que soit sa nature ou son activité, de pressions ou de techniques ayant pour but de créer, de maintenir ou d’exploiter chez une personne un état de sujétion psychologique ou physique, la privant d’une partie de son libre arbitre, avec des conséquences dommageables pour cette personne, son entourage ou pour la société.

Les indices :

– la déstabilisation mentale
– le caractère exorbitant des exigences financières,
– la rupture avec l’environnement d’origine,
– l’existence d’atteintes à l’intégrité physique,
– l’embrigadement des enfants,
– le discours antisocial,
– les troubles à l’ordre public
– l’importance des démêlés judiciaires,
– l’éventuel détournement des circuits économiques traditionnels,
– les tentatives d’infiltration des pouvoirs publics.

Parmi ces indices relevés par l’autorité publique, 6 peuvent directement concernent les discours, pratiques et actions menées par les Frères Musulmans et les autres mouvements intégristes musulmans :

  • La rupture avec l’environnement d’origine, ou du moins la mise à l’écart du reste de la société voire la rupture avec des pratiques de l’Islam jugées « non orthodoxes »
  • L’endoctrinement des enfants et des jeunes en général. Notamment les jeunes socialement précarisés, en rupture avec leur famille, le système éducatif ou la société, tentés par des formes plus ou moins radicales de révolte. Ils sont l’une des cibles privilégiées de militants islamistes.
  • Le discours antisocial, ou plus précisément les discours qui mettent en cause la République, la démocratie, la France, la société française et ses lois.
  • Les troubles à l’ordre public. Seule la mouvance djihadiste prône le recours à des actions violentes qui constituent d’authentiques troubles à l’ordre public.
  • Le détournement des circuits économiques traditionnels. Celui-ci s’exprime par le développement d’une économie parallèle fondée sur le halal (qui n’est pas un pilier de l’Islam), et à renforcer le contrôle sur des populations musulmanes en orientant les musulmans une pratique rigoriste exclusive associée à des modes de consommation communautaristes séparés des circuits de consommation habituels.
  • Les tentatives d’infiltration du pouvoir. C’est l’un des principaux objectifs des Frères musulmans. Il concerne d’abord les instances représentatives du culte musulman où la confrérie est aujourd’hui surreprésentée. Il vise aussi à infiltrer les réseaux de pouvoirs politiques et administratifs locaux ou régionaux grâce à un entrisme en direction des mairies ou des conseils régionaux visant à mettre en avant des associations islamistes et leurs représentants. Plus récemment il prend la forme d’une infiltration de la politique nationale par la présentation de listes communautaristes affichant une relative neutralité « démocratique » mais promues par des musulmans fréristes.

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ELEMENTS JURIDIQUES

Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, 1789

Art. 10.

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi.

Constitution

Art. 1 §1

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances (…)

[i] Cf. Art 1 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen

L’Islam, le sexe, la femme et le voile

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chasseriau

L’Islam est apparu dans l’Arabie du 7e siècle qui était alors un carrefour de cultures sémitiques. En tant que religion il s’est développé à partir d’un corpus théologique et juridique hérité du judaïsme ancien et de sa relecture par le christianisme.

Dès sa naissance l’Islam s’est affirmé et imposé contre des cultes polythéistes présents à La Mecque et fondés sur l’adoration de divinités féminines.

D’un point de vue anthropologique l’Islam comme le judaïsme ancien sont apparus dans un vaste contexte de redéfinition des formes et des dogmes religieux lié au passage progressif de sociétés matriarcales vers des formes assez radicales de patriarcat.

La place de la femme dans la société et la religion s’en est trouvée fondamentalement bouleversée. L’institution du mariage apparue avec le patriarcat a établi la femme dans un statut de subordination et de propriété par rapport à son mari.

Tout ce qui se rapporte à l’expression de la sexualité et du désir féminins fut alors recouvert de peurs, de tabous et de suspicions. Dans l’imaginaire collectif ces peurs accompagnaient la crainte de voir les femmes reprendre le pouvoir sur les hommes comme dans les sociétés matriarcales anciennes où ceux-ci étaient réduits au simple rôle de reproducteurs.

C’est donc bien une suspicion globale jeté sur le sexe féminin qui justifia tous les interdits et toutes les prescriptions religieuses sur la sexualité des femmes. Elle va avec une volonté de circonscrire et contrôler la sexualité en général et le désir féminin en particulier grâce à des règles précises qui en régulent l’expression.

L’institution de la circoncision pour les nouveaux nés de sexe mâle participe de cette volonté de contrôle du pouvoir religieux, de la Loi et de la morale par rapport au sexe et à ses débordements.

La peur de l’impureté, récurrente dans la loi mosaïque, en particulier celle attachée aux menstrues, justifie l’obligation faite aux femmes d’effectuer des rituels de purification après leurs règles comme après avoir accouché.

L’encouragement fait aux Juifs pieux de réjouir leur femme le jour saint du Shabbat marque l’assimilation indissociable de la sexualité conjugale à la piété religieuse. Comme la volonté de sacraliser le sexe selon une logique qui assure aux hommes la préservation du pouvoir sur les femmes.

L’Islam primitif reprend cette volonté de mainmise sur les femmes en l’accentuant encore.

La polygamie et la possibilité pour les hommes d’épouser une jeune fille non nubile, la justification de l’usage de la violence pour réprimander une femme et la multiplication des interdits imposés aux femmes dans la société contribuent à verrouiller le pouvoir absolu que la communauté exerce sur les femmes par l’intermédiaire des maris.

On a souvent répété que l’Islam avait voulu émanciper les femmes. On a même présenté le prophète comme un modèle de féminisme comparé aux usages en vigueur à son époque à La Mecque.

Selon bon nombre d’islamologues soucieux de vérité, il s’agit d’un mythe. L’Islam a bel et bien œuvré pour reléguer les femmes dans un statut, des droits et un rang inférieur et les soumettre. En les empêchant de pouvoir s’exprimer en tant qu’individus, sans se référer à leur mari.

Si l’on ignore ces vérités, on ne peut comprendre le danger représenté par l’idéologie salafiste, qui se réclame d’un Islam radical et une vision fantasmée de ses origines et prétend s’imposer à tous les musulmans.

Aujourd’hui, le port du voile dans l’espace public pour les femmes musulmanes ne représente absolument pas un gage de liberté et d’expression d’une « différence ». C’est au contraire, qu’elles le veuillent ou non, le rappel d’un ordre social qui sacralise la soumission des femmes, contrôle leur identité et leur sexualité en les soumettant à des codes et des règles très stricts, et souhaite uniformiser de la société.

On ne peut comprendre véritablement l’ambiguïté de la symbolique du voile dans le monde arabo-musulman sans rappeler la façon particulière dont il départage deux types opposés de femmes : la femme vertueuse et la courtisane.

Cette distinction témoigne bien de la volonté éminente du pouvoir masculin de définir les codes d’une féminité licite et d’une autre illicite, destinés à satisfaire le plaisir des hommes.

Ainsi la femme vertueuse se doit de montrer tous les signes de sa soumission à son mari et à la religion, de préserver en public sa pudeur du regard des autres hommes, de rester toujours discrète et d’obéir rigoureusement à son mari pour ne pas le déshonorer. L’impératif de conformité à ce modèle s’étend aux filles non mariées, aux jeunes-filles, aux tantes ou aux sœurs qui vivent sous le même toit.

A l’inverse la courtisane est une femme libre, une séductrice, une danseuse ou une prostituée. Mais surtout un personnage ambigu qui suscite réprobations, mais qui émoustille aussi les hommes en incarnant tous les raffinements délicieux des plaisirs charnels associés à la beauté, la sensualité, au charme et à l’ivresse.

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Le voile de la courtisane est l’instrument de sa séduction. Elle se voile pour mieux se dévoiler ensuite. Le voile – les voiles – aguichent par leurs couleurs, leurs matières chatoyantes, leur transparence qui laisse deviner la rondeur des formes, le velouté de la peau, la noirceur de la chevelure.

La courtisane est une icône, une femme enviée pour son audace et sa beauté, autant qu’une pécheresse réprouvée par les gens pieux. Les femmes mariées rêvent de lui ressembler, copient en cachette ses parfums et ses potions pour séduire les hommes, à l’abri des regards.

La société ne peut tenir ensemble sans ces deux modèles qui s’affrontent et se repoussent. Car il ne peut exister de vertu sans vice. Mais aussi parce que le choix de la vertu selon des codes religieux ne peut se justifier que relativement à la promesse de plus grands plaisirs.

Ce qu’il faut aussi comprendre c’est que cette opposition entre deux icônes de la féminité en Islam n’est pas identique à l’opposition entre une vision puritaine et une vision transgressive et libertaire de la femme et de la sexualité, comme la morale occidentale en a forgé les contours.

Toute la culture « orientale », arabe ou persane, n’a cessé de cultiver la quête sensuelle de l’ivresse symbolisée par le vin ou les plaisirs charnels avec une puissante tension rhétorique, esthétique et mystique. L’érotisme et l’ivresse sont des thèmes prépondérants dans la poésie, l’iconographie et la chorégraphie arabes. Le thème du vertige y est central.

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Aussi codifié soit-il, le sexe en Islam n’est nullement un interdit. L’obsession farouche de l’adultère, de la séduction pour les femmes mariées, la condamnation virulente de pratiques jugées dévirilisantes et impures comme l’homosexualité, surtout pour ceux qui s’y adonnent en étant passifs, n’empêche absolument pas les hommes d’exprimer une libido impérieuse. Une libido d’autant plus valorisée qu’elle est entourée de mythes sur la « puissance de l’étalon arabe ».

Quant à l’Islam, il n’ignore pas le sexe, bien au contraire. C’est même la seule religion monothéiste dont la vision du Paradis soit associée à une promesse de plaisirs érotiques infinis, de vierges et de jeunes éphèbes promis aux bons musulmans.

La courtisane et les plaisirs qu’on lui associe représente donc ce jeu ambigu et troublant entre l’image du péché et celle d’une transe mystique et érotique qui ravit l’âme au-delà de toute limite imaginable.

La radicalité du salafisme par opposition aux formes d’Islam traditionnelles c’est qu’il jette un voile terrifiant sur tous les plaisirs et sur la sexualité en particulier. Pour un fanatique musulman tout devient suspect et condamnable : l’alcool bien sûr mais aussi l’excès de nourriture, la musique et la danse parce qu’elles prédisposent à la lascivité et à l’avachissement dans les plaisirs sensuels, la sexualité et ses raffinements, jusqu’à finalement la joie elle-même.

Et le retour du refoulé se traduit par obsession du sexe, du vice, du libertinage, de l’homosexualité et de la beuverie, tous abondamment pratiqués sous forme décompensatoire par ceux qui sont les plus farouches gardiens d’une morale fanatique.

Il n’est point pour s’en convaincre de regarder du côté des crimes barbares commis et de l’esclavagisme sexuel coutumiers chez les soldats de Daesh. L’Arabie saoudite qui a érigé en religion d’Etat un mouvement sectaire considéré comme une hérésie de l’Islam, le wahhabisme, et qui entend en faire le modèle pour tous les musulmans, est aussi l’un des pays du Moyen-Orient où les élites proches du pouvoir s’adonnent le plus à l’alcool et à des débauches sans frein ni restrictions, bien à l’abri des regards.

La valorisation de la figure de la courtisane propres aux cultures islamiques traditionnelles est totalement absente chez les fondamentalistes qui n’y voient que dépravation et scandale. La dénaturation de l’Islam en idéologie politique conduit à une amnésie totale quant à la richesse culturelle et à la variété qui caractérise les sociétés islamiques traditionnelles.

En définitive ce que l’idéologie salafiste promeut, en dehors de son projet politique de conquête du pouvoir, c’est la mort.

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On le voit très clairement quand on observe les différents uniformes que les salafistes veulent imposer aux femmes. Plus le costume se radicalise et cache la femme jusqu’à la faire disparaître sous un linceul noir, plus il exprime la mortification. Et l’image de ma femme, totalement privée de vie et d’érotisme, finit par s’assimiler à celle d’un fantôme, d’une succube ou d’un maléfice.

Le voile islamique est un élément sémantique utilisé dans le langage de propagande islamiste pour indiquer une frontière, une démarcation, un retranchement. Il exprime un marquage territorial et identitaire sur des femmes transformées en panneaux publicitaires pour une idéologie.

Et ce marquage n’est aucunement celui de « l’Islam », mais celui d’une idéologie qui utilise l’Islam pour lui substituer une vision totalitaire et mortifère, contraire à l’esprit et à la réalité de l’Islam originel, ignorante des cultures d’Islam et de leur thématique quant à la féminité et à la sexualité, et radicalement opposée à toute émergence d’un Islam tourné vers l’humanisme et la modernité.

Le voile dans la symbolique de la République

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Casquée, coiffée d’un bonnet phrygien ou tête nue, seins dénudés ou couverts, Marianne c’est à la fois la République et la France. Une icône de la femme qui nourrit notre imaginaire et personnifie notre Idéal collectif comme la mère patrie.

Face à cette allégorie figurant une femme libre, forte et courageuse, a-t-on raison de mettre en concurrence celui de la femme voilée ? Ont-ils raison ceux qui la présentent comme un archétype de l’obscurantisme religieux qui voudrait prendre la place de Marianne ?

Si l’on oppose ces deux figures de la féminité radicalement opposées, faut-il croire comme le magazine Marianne que « 30 ans après Creil, la République a capitulé« .

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On a souvent tendance à considérer que le débat sur le voile est aujourd’hui sans importance, dépassé, inutile parce que stigmatisant, et que les priorités sont ailleurs.

Il est certain qu’il y a bien d’autres thèmes qui méritent qu’on s’y attache, et que le combat qu’il faut mener contre le salafisme ne se résume évidemment pas à une affaire de voile.

Néanmoins ce n’est peut-être pas si anodin si 30 ans après l’affaire de Creil le port du voile islamique dans l’espace public cristallise toujours autant les tensions.

Si l’on s’attache à décrypter sa symbolique on comprendra qu’il constitue un point d’achoppement au cœur de ce qui fait l’originalité et la force de notre modèle de société et de nos choix de valeurs, et de la façon nous entendons les préserver.

Il est étonnant qu’on veuille évacuer le sujet en réduisant le voile à « un bout de tissu ». Un drapeau est pourtant lui aussi un bout de tissu, beaucoup d’insignes sont faits de bouts de tissu. Ce qui importe ce n’est pas la matière mais le sens de cet accessoire.

Est-il d’ailleurs si accessoire ? Qu’est-ce qui compte le plus dans un vêtement ? La fonction, l’objet ou la signification ?

Il est tout de même stupéfiant qu’à une époque où le culte de l’image n’a jamais été aussi important, bon nombre de gens semblent n’être que si peu attentifs aux signes qu’ils envoient par leur apparence et leurs comportements à leurs congénères.

Serions-nous devenus une société « multitribale », où les codes vestimentaires, de langage et de comportement ne seraient que des signes de reconnaissance pour marquer son appartenance à tel ou tel groupe afin de mieux ignorer les autres ? Une façon d’établir un marquage territorial et sémantique par le jeu des symboles vestimentaires ?

Quand un homme se promène dans le métro avec un costume cravate et un attaché-case, il signifie : « Je suis cadre, je travaille et j’appartiens à une grande entreprise. » Il affiche l’uniforme qui correspond à la norme sociale du décideur CSP+.

Quand il y a 40 ans les punks arboraient au cœur des cités un uniforme rebelle fait de blousons noirs, de bottes et treillis militaires, de coupe iroquoise et d’épingles à nourrice fichées sur la peau et les vêtements, ils voulaient signifier leur expression commune d’un rejet agressif de la société et d’un désespoir anarchique.

A l’opposé quand les jeunes fans de rap des banlieues, souvent issus de l’immigration, adoptent l’uniforme bling bling de leurs idoles fait de pantalons baggy, de T-shirts de basket, de casquettes vissées sur le crâne, de colliers imposants et d’accessoires de grandes marques, c’est pour signifier qu’ils font partie d’une même tribu. Mais aussi pour dire : « J’existe. J’exhibe ma fierté et les signes de la réussite matérielle à laquelle j’aspire dans une société qui me rejette. Et pour conquérir ce droit, je suis prêt à tout. »

Quand une femme se promène voilée dans la rue en France, elle n’adresse pas le message : « Je suis musulmane. »

Il n’y a pas que les musulmanes qui portent un voile. Il existe de multiples façons de porter un foulard répondant à toutes sortes de motivations esthétiques, de protection contre le froid, d’appartenance à une classe ou d’obéissance à un précepte religieux.

Une femme voilée ne marque pas seulement une « différence » culturelle. Le message qu’elle envoie est aussi : « Je me retranche. »

Je me retranche de quoi ?

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  • Du regard des hommes. Que ce soit un choix volontaire dicté par la pudeur, ou imposé par un discours moral ou religieux, pour se conformer à un modèle de féminité déclaré licite : celui de la « femme vertueuse ».
    Le plus absurde est que dans une société ou la majorité des femmes ne sont pas voilées, le voile islamique ne soustrait aucunement celle qui le porte au regard des autres : au contraire il agit comme une fonction d’affichage d’une différence ou de convictions.
  • De la société. Autrement dit : « Je porte un voile en public parce que j’appartiens à une communauté qui me définie en tant que personne, avec un statut, des droits et un rôle à tenir bien définis. »
  • De toute projection éventuelle des autres et de la société qui pourrait m’identifier selon telle ou telle qualité. En d’autres termes je ne suis réductible ni à mon sexe, ni à mon origine, ni à mon appartenance ethnique, ni à une quelconque identité ou communauté extérieure, ni à la qualité de simple citoyenne ou d’être humain. Je suis définie par l’Islam. Il s’agit alors d’une assignation identitaire.

Le port du voile dans l’espace public ne peut pas symboliquement et inconsciemment être perçu autrement que comme une forme de provocation. Ce n’est pas un simple « signe religieux » comme un autre qui témoigne de la foi de celui qui le porte. Il est non seulement « ostensible », il a aussi sa particularité signifiante.

Le voile imposé aux femmes n’est pas qu’un accessoire de pudeur ou de bienséance. Il rappelle en effet que l’Islam (et pas seulement l’islamisme) opère une partition radicale entre « les musulmans » et « les infidèles ». L’Islam vise à définir l’être humain et la société selon une logique totalisante sinon totalitaire. Le « djihad » ne se limite pas au seul combat spirituel, intérieur, comme les partisans d’un Islam spirituel et non légaliste le revendiquent. Le djihad est un devoir imposé à tout musulman de convertir ceux qui n’adhèrent pas à la foi musulmane. D’ailleurs l’Islam est la seule religion qui se soit imposée aussi vite dans l’Histoire sur un vaste territoire.
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On peut penser que la pratique de l’Islam dans un pays démocratique comme la France s’acclimate de la liberté de conscience et des valeurs républicaines et vouloir passer à autre chose. C’est en partie vrai. Mais la difficulté de certains musulmans à comprendre la logique qui voudrait généraliser l’interdiction du port du voile, leur incapacité à en débattre sans céder à des crispations ou des peurs à propos d’un fantasmatique « racisme anti-musulmans » le prouvent.

Les politiques comme les musulmans devraient comprendre qu’au-delà de la question du voile, une volonté réformatrice de l’Islam de France serait une immense chance pour tous. Alors qu’aucun pays musulman au monde ne connaît une vraie démocratie, l’émergence d’un véritable Islam de France s’inspirant authentiquement du meilleur de l’idéal républicain et permettant l’exercice d’un culte indépendant, apaisé et ouvert serait une chance pour les musulmans, pour l’intégration, pour la France et pour les pays de culture musulmane dans le monde.

Malheureusement la volonté assimilatrice de la République est souvent perçue comme un rejet, un soupçon, une volonté d’interdire aux musulmans de vivre leur foi. Certains musulmans projettent inconsciemment sur cette volonté d’assimilation le zèle convertisseur de l’Islam à l’égard des non-musulmans. Il n’en est rien. L’assimilation selon les principes républicains procède d’une volonté de permettre à chaque citoyen issu d’un autre pays de jouir pleinement de ses droits, de l’égalité des chances et de participer pleinement à la vie de la nation.

Même riche de ses différences, une nation n’est pas qu’un territoire ouvert à tout. Il n’existe pas de nation sans un socle commun de valeurs, une langue et une mémoire communes.

La sémantique du port du voile en France n’est donc la même que dans les pays musulmans où elle est plus généralisée. En France elle s’apparente à un affichage, un démarquage, une mise à l’écart. Qu’ils soient délibérés ou non, conscients ou non, volontaires ou subis.

Or c’est précisément l’intention de mouvements fondamentalistes comme les Frères musulmans de vouloir obliger les femmes à porter le voile, comme une manière d’affirmer que toute personne a priori de confession musulmane appartient à une même communauté régie par les mêmes lois.

Or pas plus qu’on naît en France avec des droits et devoirs particuliers liés à une caste ou un privilège de rang, personne ne « naît » musulman. On le choisit. Et tout enfant né en France de parents musulmans ou originaires de pays musulmans est avant tout un citoyen français à part entière. Il a le droit de se définir librement par rapport à une identité religieuse, ou de refuser d’en avoir une. C’est un principe qu’il faut sans cesse rappeler, car cette réalité concerne beaucoup de descendants d’immigrés qui vivent un grand mal-être et peinent à se définir, surtout quand les pressions familiales et communautaires leur rappellent qu’ils « sont » musulmans. Et que la volonté personnelle d’adopter une autre religion est qualifiée d’apostasie, de rejet de ses origines et de sa famille.

La République est garante des libertés individuelles, en particulier des droits des femmes. Le problème que fait peser le port du voile dans l’espace public, et surtout dans tout lieu placé sous l’autorité de la République, c’est qu’il est impossible de trancher pour savoir selon les cas quand il relève d’une contrainte et quand il est choisi.

C’est cette ambiguïté qui assimile de facto le port du voile à la sémantique du « retranchement ». Or dans le registre symbolique on ne peut accepter ce type de retranchement qui renvoie implicitement à une prescription religieuse obligeant les femmes à renoncer à leur apparence de femmes et leur statut d’êtres libres, pour n’apparaître que comme des « possessions » jalousement gardées par leurs maris, leurs frères et la communauté.

La République fondée sur les Droits de l’Homme professe que hommes et femmes sont égaux. L’Islam non. En conséquence toute interprétation de l’Islam qui professe le contraire est opposé aux principes de notre démocratie traduits dans les lois civiles.

On voudrait exercer un chantage en nous faisant croire que notre corpus juridique est flou et inadapté aux principes de laïcité qu’on voudrait réduire à la garantie de la liberté confessionnelle. C’est absolument le contraire : c’est chaque confession qui doit s’adapter au principe de laïcité compris dans son entièreté. La loi sur le voile doit être adaptée et précisée pour empêcher toute lecture ambiguë et mettre en cohérence les principes et leur application concrète.

Pour garantir la liberté d’expression, de conscience et l’égalité entre tous, le principe de neutralité républicaine doit être appliqué de façon claire et non interprété comme une indifférence bienveillante de l’Etat à l’égard des discours et des pouvoirs religieux. Tout lieu placé sous l’égide de la République, écoles, universités, assemblées, mairies, administrations, hôpitaux publics, etc, doit être sanctuarisé. Toute expression ostensible ou prosélyte manifestant l’appartenance exclusive à une religion, doit être interdit.

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Ceci est la seule façon de garantir un espace pour un exercice paisible de l’autorité publique et de la citoyenneté républicaine, où chaque identité, singularité, particularisme ait la liberté de s’exprimer sans revendiquer pour soi ou pour les autres le primat d’une quelconque forme d’autorité supérieure.

Cette façon de concevoir la laïcité n’est pas un anticléricalisme militant comme les pères de la loi de 1905 le voulaient, mais une façon revivifier la symbolique républicaine et l’idéal démocratique portés par la France en restaurant un symbolisme vivant dans des lieux, dans des discours, dans des modes d’exercice du pouvoir qui l’avaient déserté.

Sans cet effort, nous courons le risque de voir se dissoudre nos principes et nos valeurs dans une compétition relativiste de modèles éthiques et symboliques, ou de perdre totalement le sens de valeurs que nous invoquons pour nous rassurer mais qui ne sont plus que des mythes, « les Droits de l’homme » notamment.

On oublie certains autres principes qui ne figurent pas dans notre devise nationale mais en découle. Comme l’universalisme. La République n’est pas fermée sur elle-même, elle est ouverte sur l’universel.

Mais aussi la République est une et indivisible.

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On devrait souvent rappeler ce principe car il n’y a pas d’exercice de la Fraternité sans un engagement de chacun pour l’intérêt général, l’épanouissement de tous et la recherche du bien commun. Sans cet effort, la République risque de se fissurer, de se diviser ou de se dissoudre dans une indifférenciation englobante : celle perceptible de la globalisation. En ce sens le concept de « vivre ensemble » en est l’exact contraire : la juxtaposition de sujets et de communautés vivant dans une indifférence tranquille les uns par rapport aux autres.

Tout ce qui désunit ou divise la République doit être condamné. Notamment l’instrumentalisation de ses principes et de ses symboles selon des logiques corporatistes, communautaristes ou sécessionnistes.