Pour combattre efficacement l’islamisme il faut aussi retrouver le sens du sacré et de la conscience collective

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La République et le sacré: vaste sujet !

Dans un article publié sur AgoraVox intitulé Le sacré est-il la pièce manquante du puzzle en France ?, l’auteur pointe un aspect essentiel mais hélas tabou, en tout cas peu débattu en France : la relation de notre République au sacré. Voire l’absence de sacralité, j’oserais même dire de « spiritualité » au sens de « conscience collective » incarnée dans la République.

Dans notre République laïque, même l’éthique se résume trop souvent à un consensus équivoque et fluctuant sur des principes strictement juridiques. Les valeurs fondatrices de la République (Liberté, Egalité, mais aussi FRATERNITE, Unité, Universalisme…) sont souvent délaissées au profit de revendications identitaires, catégorielles, nourries par l’esprit individualiste et consumériste contemporain. Revendications qui instrumentalisent le Droit et le dénaturent pour satisfaire des intérêts particuliers. Disloquant au passage tout reste de sentiment d’appartenance collective sinon d’unité nationale déjà bien malmenés. Une dérive qu’exploite au maximum la propagande islamiste, en incitant les musulmans à faire sécession.

Quant au Sens et à la Conscience collective qui réunit horizontalement et érige verticalement une nation, ils sont aujourd’hui dilués en une infinité de problématiques disjointes, ou recouverts par la confusion spirituelle, éthique et identitaire engendrée par le vertige d’une mondialisation galopante et le relativisme des valeurs qui l’accompagne.

C’est précisément cette absence de Conscience et ce vide de Sens collectif, ajoutés au grand maelstrom des croyances, des discours et des identités, qui offrent un espace favorable à toutes les régressions identitaires ou religieuses de type communautaristes, nationalistes ou fondamentalistes, souvent flanquées de discours idéologiques qui instrumentalisent les anciennes religions comme les mythes nationaliste en les sacralisant de façon aussi artificielle que réactive.

Quant à la « sacralité » et à la symbolique républicaines, elles ne se résument plus qu’à une pompe ornementale à l’occasion de rituels comme le Défilé du 14 Juillet, lors de la visite de chefs d’Etat étrangers ou de cérémonies répétitives de deuil national aux Invalides.

Le pouvoir politique quant à lui, surtout celui du chef de l’État, est aujourd’hui totalement déconnecté de toute sacralité.

Même les apparences ne sont même plus préservées. Les temps ont changé depuis l’instauration de la 5e République, et les nouveaux monarques présidentiels affichent plus volontiers une décontraction, une proximité et une simplicité calculées qui cadrent mieux avec l’esprit du temps et leur aspiration à se montrer « populaires » ou « proches des gens ». En outre, le Président est aujourd’hui plus un simple « gestionnaire » redevable d’un programme sur lequel il est élu qu’un véritable « Père de la nation » porteur d’un projet et dépositaire de la confiance du peuple comme de sa souveraineté. Un gestionnaire au service d’intérêts économiques et financiers plus que de ce peuple qui l’a en principe élu.

Aucun Président de la République depuis Chirac, aujourd’hui adulé comme le dernier modèle des Présidents du « monde d’avant », n’a incarné ce qui manque aujourd’hui cruellement à la France, à savoir une « Vision ». C’est-à-dire une conscience des aspirations profondes du peuple, des enjeux de l’avenir et d’une trajectoire qui permettrait d’en fédérer les énergies pour surmonter ses difficultés, se hisser plus haut sur l’échelle éthique et symbolique, d’être en mesure de servir de modèle et d’éclairer le monde selon la tradition humaniste et universaliste de notre République que nous avait léguée l’Histoire.

Ce déficit de sacralité, de Sens et de Conscience collective, symbolisée dans notre monarchie républicaine par la personne du Chef de l’Etat et les corps constitués, ce renoncement à l’ancrer sur une réalité spirituelle partagée, religieuse ou non, ne tient pas seulement au « désenchantement du monde » cher à Max Weber. Un désenchantement qui s’ajoute à une désillusion : celle la perte de souveraineté nationale et à la transformation des dirigeants politiques en  » hauts fonctionnaires du Système ».

Il tient aussi à une singularité française qui remonte à la Révolution et qui se traduit par une tendance hypercritique, honteuse sinon amnésique vis-à-vis de nos racines spirituelles. Et par « spirituelles » il faut évidemment entendre bien plus que le très polémique « héritage culturel chrétien ».

La laïcité est un principe essentiel de notre démocratie puisqu’il garantit la liberté de conscience, la liberté de culte et la neutralité de l’Etat à leur égard (sous réserve de fidélité aux autres principes). Mais c’est aussi une arme à double tranchant.

Ceux qui voudraient l’appliquer comme un dogme « laïciste » de façon intransigeante et fondamentaliste ne se méfient pas seulement comme de la peste de tout sujet religieux, ils ont tendance à réprimer toute expression dans la sphère publique d’un discours qui se réfère à une quelconque transcendance ou à l’esprit.

Cet extrémisme laïciste assèche et dénature la sève républicaine. Il en stérilise les capacité créatrice en la déconnectant artificiellement de la réalité spirituelle vécue par une nation. Que celle-ci en ait ou non conscience, qu’elle le formule dans des discours et un Pacte symbolique collectif ou non. Il annihile aussi toute capacité collective à ériger de nouveaux modèles symboliques en lien direct avec la réalité spirituelle, conscientielle, vécue par une nation. Et renvoit les référents collectifs à des mythes vidés de leur sens et de leurs pertinence par leur déphasage croissant avec la réalité présente vécue.

L’esprit existe, c’est une réalité indéniable, qu’il s’agisse de l’esprit d’une personne ou d’une nation. « Inconscient collectif », « égrégore national », « esprit de la République » : peu importe les termes, ces expressions revoient à une réalité de la conscience, non à des métaphores.

N’en déplaise aux hypermatérialistes et aux salafistes de l’athéisme militant, c’est même la seule « réalité » avérée : selon la physique quantique contemporaine la conscience préexiste à la matière et la « crée ». Cela vaut pour les particules, les atomes, les cellules et les organismes vivants, les peuples ou les civilisations les planètes ou l’univers entier.

Dire que la République ou la Nation a un « esprit » ce n’est ni une extravagance ni une forme d’animisme républicain, cC’est un constat.

Quant à la spiritualité, elle ne se limite évidemment pas aux seules religions. Lesquelles ne se limitent pas aux religions déistes.

Chaque individu, chaque groupe, chaque nation a sa propre « religion », entendue au sens large comme un système de croyances, de représentations et de relations entre les individus, le monde, l’Univers ou le Tout, et le Sens. Le communisme, le nationalisme, le libéralisme ou l’écologie peuvent être considérés comme des religions. Même si a priori elles ne se préoccupent que de social, de politique, d’économie ou d’environnement.

De même tout individu comme tout corps collectif, famille, communauté, nation, humanité est avant tout constitué, « créé » par la conscience qu’il nourrit sur lui-même, et la conscience de la réalité extérieure qu’il engendre aux travers de ses croyances « y compris rationnelles ou « scientifiques »), des représentations et discours qu’il élabore, des valeurs auxquelles il s’identifie, qui fondent son libre entre et son agir, les choix conscients et signifiants qu’il pose, et la mémoire personnelle ou collective qu’il nourrit et transmet.

Si la République est soucieuse de son Histoire, de ses valeurs, de ses discours, elle est en revanche beaucoup négligente quant à la symbolique qui relie ses enfants, leur permet de « communier » de façon rituelle dans un même sentiment d’appartenance et de cohésion, et de vivre au quotidien cette conscience d’appartenir à une même « nation », mais avant tout à une même « Conscience collective ».

Pour beaucoup de Français « non croyants » (non pas en un « dieu » mais simplement en « l’esprit »), l’évocation d’une éventuelle « spiritualité républicaine » relève de la folie, du mythe ou du gag.

Si ce sentiment de communion nationale ne peut se vivre qu’une fois tous les 20 ans au soir d’une victoire en Coupe du monde de foot, ou après une défaite militaire écrasante infligée à un ennemi, reconnaissons que c’est un peu dommage.

Le 2 janvier 1995, au soir de sa vie, François Mitterrand alors très malade adressait un ultime message émouvant aux Français. Un message d’espoir en forme de testament : « Mes chers compatriotes, je crois aux forces de l’esprit et je ne vous quitterai pas. » Un message étonnant de la part d’un homme issu d’une famille catholique conservatrice mais qui avait toute sa vie voulu donner l’image d’un socialiste agnostique.

Il fut un temps, celui de Robespierre, où la statue de la Déesse Raison et des tableaux à la gloire de l’Etre Suprême maçonnique trônaient dans les églises transformées en temples républicains, en lieu et place des anciennes divinités judéo-chrétiennes renversées.

Aujourd’hui il ne viendrait à l’idée d’aucun personnage public d’invoquer devant les Français la Déesse Raison, pas plus que Jésus, Elohim, Allah ou Vishnou, sinon pour répondre de ses convictions personnelles.

Cependant nul n’est besoin de « déifier » ou de personnifier l’esprit pour croire à son existence.

Nulle nécessité non plus de professer ou de nier l’existence de Dieu pour vivre la dimension sacrée. Fût-ce sous la forme négative d’une sacralisation du « Collectif » érigé en Transcendance et d’une interdiction ou d’une désacralisation autoritaire de tous les cultes, comme dans les totalitarismes athées ou les sectes nihilistes. Ce que fait aujourd’hui la Chine en « réécrivant » la Bible et le Coran pour les accommoder au dogme communiste.

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Pour retrouver le chemin d’une sacralité authentique et partagée, il faudrait déjà rompre avec les hypocrisies coutumières qui vident la République de son contenu, la résument à un contenant juridique, une coquille vide kidnappée par tous les abuseurs du peuple.

Une dérive objectivement « décadente » de l’esprit républicain qui fait le lit de l’islamisme comme de tous les populismes.

L’islamisme est une idéologie politique qui se sert d’une religion, l’Islam pour atteindre ses buts. Certes. Mais cette idéologie pour autant qu’elle pervertisse l’Islam est aussi éminemment spirituelle et non juste politique et communautariste.

L’islamisme est par essence « messianique ». Exactement comme l’étaient à peu près toutes les idéologies totalitaires du siècle dernier, notamment le nazisme et le communisme.

Le 3e Reich n’était en effet rien de moins qu’une projection fantasmatique et néoromantique du « Royaume » chrétien, fondé sur le triomphe du « peuple germanique » et d’une « race supérieure », la race « aryenne« , nouveau substitut du « peuple élu » destiné à l’extermination complète. Comme d’un projet de domination politique monde et d’instauration d’une société « moderne », « socialiste » et « révolutionnaire » de type nationaliste. L’hitlérisme est un projet socialiste et révolutionnaire parent sinon un avatar du bolchevisme qu’il combat. Mais il ne faut jamais oublier que c’est aussi un projet fondé sur une perversion des mythes judéo-chrétiens et un messianisme politique qui puise beaucoup dans la symbolique des religions païennes et même l’occultisme.

De même le communisme est un messianisme « social » qui représente une précipitation de la Parousie et de la Fin des temps, thème apocalyptiques judéo-chrétiens, dans le plan de l’Histoire selon sa vision marxiste fondée sur « la lutte des classes ». Une Parousie traduite sous la forme mythique autant que politique de la « Révolution prolétarienne » ou du « Grand Soir » comme sortie de l’Histoire selon le scénario parodique de l’Armageddon judéo-chrétien qui oppose à la fin des temps des forces du Bien aux forces du mal travesti en « Lutte finale » révolutionnaire. La « spiritualité » de la religion communiste s’affirme également selon un athéisme radical qui évacue toute référence au divin au bénéfice du seul « Collectif ». Ce qui ne l’empêche pas (pour ce qui est du stalinisme) d’emprunter dans ses rituels des éléments aux fastes de l’empire tsariste déchu comme à la liturgie orthodoxe.

Religions ou pas, il y a aujourd’hui dans le monde une « conscience apocalyptique » qui se manifeste de façon plus aiguë avec les crises convergentes. Les thèmes populaires du cinéma de science-fiction, des jeux vidéo ou des séries télé jouent abondamment sur ces thématiques en mettant en scène les angoisses collectives à propos de l’écologie, des catastrophes climatiques, géologiques et les divers chaos planétaires, et les spéculations sur les extra-terrestres venus détruire ou sauver l’humanité.

L’islamisme vient précisément proposer une interprétation, un projet et une alternative politique, mais aussi spirituelle, pour combler tous ces désordres. Et une réponse au vide de Sens laissé par les gestionnaires de la République.

Il est donc urgent et essentiel de retrouver du Sens dans notre démocratie. Un Sens collectif le plus large et le plus élevé possible, qui ne soit pas juste un rabâchage mécanique de principes (Droits de l’Homme notamment) auxquels beaucoup ne croient plus. Principes qui a bien des égards relèvent d’un mythe honteusement trahi par les réalités quotidiennes ou la corruption des élites.

Nos politiques sont des menteurs et des abuseurs. On ne peut pas leur en valoir, ça fait partie du métier. Le mythe du « grand homme » a du plomb dans l’aile. Ils n’existent plus que dans les livres d’Histoire.

Non contents d’être des professionnels de l’hypocrisie, nos dirigeants font aussi intelligence avec l’ennemi, puisqu’ils s’entendent à merveille avec les champions toutes catégorie du mensonge hostiles à la démocratie, à savoir les islamistes.

Raison de plus pour ne pas attendre des politiques qu’ils règlent un problème qui les arrange et qu’ils nourrissent par leur complaisance ou leur duplicité. Ce n’est pas d’eux que viendra une souhaitable restauration de la Conscience collective ou l’incarnation d’un Sens vacant. A nous d’embrasser les idéaux qui nous rassemblent et nous ont façonnés au fil des siècles, de les revisiter, de les revivifier, de leur redonner pleinement du sens, une vérité et une actualité !

Le « Salut » de la République face au péril islamiste et à tous les autres ne viendra ni du pouvoir politique ni d’un quelconque parti. Ni d’une religion ou d’une autre que la République aurait aveuglément abandonnée. Mais de l’éveil collectif des consciences. En l’occurrence des consciences « citoyennes ».

Celle de 70 millions de Français reliés à 8 milliards de Terriens que nous sommes.

Parce qu’il n’y a aucune alternative pour ce monde et pour la France en particulier que de construire une civilisation planétaire fondée sur les principes humanistes et démocratiques, une assemblée de peuples et de nations libres et solidaires, et la conscience d’appartenir à une même Conscience en voie d’unification complète : celle de l’Humanité orientée vers un même destin commun.

Allô Théo bobo !

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Bon, on l’aura compris : l’anus de Théo est passablement meurtri et ça mérite des émeutes.

Il ne se passe pas une heure sans que les médias ne viennent lui ausculter le fignard. Sans que les lascars de banlieue ne s’insurgent contre une maréchaussée qui semble avoir déshonoré leur propre virilité.

Toute la France est conviée à communier dans cet exercice salace de voyeurisme compassionnel.

Ayant perdu deux « L » au passage on est passé du pilonnage de Fillon à l’emboutissage de fion.

Il est vrai que depuis le supplice du pal, la populace était privée de pareils raffinements SM.

Faute d’avoir assisté au viol, la France veut des détails !

On parle d’accident… Le jeune-homme a-t-il gémi quand on l’a défloré ? Non c’est vrai, on aimerait savoir !… Auquel cas faut-il le flageller pour attentat à la pudeur, incitation à la débauche, tentative de corruption et subornation de policiers dans l’exercice de leurs fonctions ?

Bien sûr la bobasserie parisienne est la première à aboyer et se ranger derrière la complainte très convenue du cassage de flics. La morale est toujours du côté des opprimés. Et la vieille rengaine qui de « La chienlit c’est lui ! » à « Nike la Police ! » met en scène les assauts homériques entre méchants keufs et jeunes rebelles fait salle comble.

Ce n’est plus seulement ma cité qui va craquer, c’est toute la galaxie qui est happée par un vilain « trou noir » !

Il est vrai qu’il y a de quoi s’indigner… Et que l’occasion paraît trop belle pour ne pas se défouler.

Sur le fond comment ne pas donner raison à ceux qui dénoncent l’impunité des policiers, les bavures, les humiliations, sinon les meurtres arbitraires ?

Mais question qui fâche : à qui profite le crime ?… Suivez mon tailleur bleu marine…

Puisque le sujet est assez grave pour mobiliser tout le marigot médiatique, mettre en suspens la campagne, oublier les affaires du monde et même le foot, prenons le parti d’en rire, au risque de passer pour un collabo.

On regrette Coluche, Desprosges et Hara Kiri qui nous auraient délivrés d’un enlisement sinistre dans les fondements obscurs autant que de l’esprit de sérieux qui gangrène notre époque.

D’ailleurs les humoristes sont priés de servir la soupe en suivant les cris de la Plèbe : Canteloup ne s’est-il pas voué au lynchage pour avoir ironisé sur Europe 1 à propos de ce fait divers devenu affaire d’Etat ?

Pourtant plus le temps passe plus on atteint les sommets du burlesque et de l’absurde. On en vient à détailler comment une matraque télescopique peut « accidentellement » fouir un fion sans le consentement de l’intéressé ou la contrainte de l’impé(né)trant !

Et nos commentateurs d’épiloguer sur la taille du rectum et celle de la matraque. On sent comme un désir refoulé dans cette focalisation proctologique…

En tout cas un tabou est tombé : désormais on sait que les lascars ont un cul qui ne sert pas qu’à s’asseoir et que celui-ci est leur talon d’Achille. L’image du fier à bras tatoué musclé à la Booba en prend un coup !

Si l’on ajoute que la victime pacifique s’appelle « Théo » (Dieu), on frise le blasphème !

Soyons raisonnables. Mettre fin aux abus policiers est une chose. Se garder de ces excès en est une autre.

Il semble que la France ne puisse guérir des obsessions morbides qu’elles se fabriquent : hier Charlie, aujourd’hui Théo, demain…

Il serait temps d’enterrer les haches de guerre, les matraques et les machettes. De nous garder de souffler sur les braises et de diviser davantage : un jeu dangereux qui joue sur les phobies et les rancœurs.

Car « La peur conduit à la colère. La colère à la haine. La haine aux ténèbres. » (Bree Despain).

Mais aussi : « Quand les porte-monnaies sont vides les cerveaux se remplissent de colère et de boue. » (Paul Auster).