L’Age du coeur de glace. La pandémie de l’indifférence

Mis en avant

Le sort, cruel et injuste, réservé aux vieux dans nos sociétés en dit long sur notre état de déliquescence morale et spirituelle.

Et d’abord sur notre obsession phobique de la mort, que nous cherchons par tous les moyens à soustraire à notre regard, alors qu’elle s’étale chaque jour avec son cortège d’horreurs, mais à distance, dans des reportages télé que nous ingurgitons chaque soir avec notre escalope pommes dauphines.

Réalité inéluctable qui donne pourtant un sens à nos choix existentiels, mais que nous croyons pouvoir parvenir à gommer de nos préoccupations, de nos discours, de notre vocabulaire codifié, de notre quotidien angoissé et de nos sociétés postmodernes. En la réduisant tout au plus à une hypothèse, dans une utopie chimérique transhumaniste, dernier avatar du matérialisme scientiste.

La mort est une frontière effrayante, dont nous préférons conjurer l’effroi qu’elle nous inspire en circonscrivant son échéance inéluctable entre les murs dénudés d’hôpitaux, en confiant les corps mourants aux hospices de la Science et de l’Administration funéraire, incapables que nous sommes d’accompagner nos proches à domicile et d’entourer leur transit vers l’au-delà de nos présences aimantes et rassurantes.

Si la naissance est général un évènement visible, accessible et entouré d’amour, son corollaire, la mort physique, est une chose honteuse, angoissante, que nous fuyons et déléguons à d’autres, spécialistes de soins palliatifs, médecins, infirmières, ministres du culte et employés de pompes funèbres.

Ce faisant, nous trahissons nos angoisses et nos fragilités. Et nos fausses croyances. Car pour un très grand nombre d’entre nous en 2020, la certitude que nous partageons c’est que nous sommes notre corps. Et rien d’autre. Sinon éventuellement doté d’un esprit, lequel n’est que la résultante de processus biochimiques nés dans le cerveau.

La science a beau avoir démontré depuis 30 ans que ce schéma déterministe etait faux, que la conscience existait et même préexistait indépendamment du bon ou du mauvais fonctionnement de notre cerveau, qu’elle survivrait même à la mort cérébrale, rien n’y fait.

Il est vrai que cette société hédoniste, matérialiste, consumériste, superficielle, rationaliste, qui survalorise le domaine physique et maintient sous assistance respiratoire, du moins en France, des dogmes dépassés d’une médecine mécaniste, déterministe, matérialiste, cette société nous pousse à croire que rien, aucune vie n’existerait au-delà de la mort physique du corps. Et donc à repousser la confrontation impossible avec cette réalité que « je » vais mourir un jour, en nous croyant exempts de cette condamnation, ou à faire comme si nous étions immortels.

Immortels nous le sommes, puisque nous sommes des consciences individuées, temporairement équipées d’un corps biologique, vulnérable et mortel.

Sauf qu’on ne peut vraiment commencer à vivre cette existence tant qu’on n’a pas accepté la mort, c’est à dire qu’on passera un jour à autre chose. A moins de vivre toute sa vie dans une sorte de rêve infantile d’invincibilité et de toute puissance. Ce que beaucoup d’adultes immatures continuent de faire.

Pour peu qu’on accepte le caractère reel et inéluctable de la mort physique, reste à affronter l’hypothèse de sa propre déchéance physique ou psychologique, du grand âge, de la maladie, de la sénilité, de la souffrance voire l’éventualité de l’agonie. Autant de réalités que tout nous porte à fuir, mais auxquelles nous renvoie l’image de nos propres parents vieillissants.

Il est alors toujours facile de nous disculper de nos lâchetés en prétextant être trop occupés par notre travail, nos responsabilités professionnelles, sociales, familiales, pour avoir les temps et les moyens de nous consacrer à nos vieux parents vieillissants, dont l’autonomie diminue, et dont le devoir filial comme les liens affectifs intimeraient pourtant que nous nous occupions nous-mêmes. Nous préférons alors nous en remette à des « professionnels », à des organismes spécialisés qui en ont la charge.

Nous acceptons même l’idée révoltante que l’État ne s’occupe pas du tout ou si peu des vieux, en remettant la charge de prendre soin de nos concitoyens les plus âgés qui ont bossé, cotisé et contribué au bien commun toute leur vie, parfois avec dévouement, génie ou héroïsme, à des vampires privés dont l’unique but est de faire le plus d’argent possible en en dépensant le moins possible pour leur confort.

Trop heureux d’être débarrassés de l’angoisse d’avoir à prendre en charge un vieux père Alzheimer ou une vieille mère impotente et incontinente, nous ne songeons même plus à nous insurger contre ces rapaces qui vivent de nos lâchetés, de nos démissions, avec la bénédiction d’une société pour laquelle un invidividu qui n’est pas ou plus productif, qui ne travaille pas, consomme peu et ne génère pas de la plus-value, est un poids-mort, une charge inutile. Une charge qu’il faut bien « gérer » le temps nécessaire puisqu’on ne peut pas s’en débarrasser comme un simple déchet. Alors autant que cette charge soit rentable pour quelques intérêts privés.

C’est ainsi que moyennant quelques aides sociales on accepte de confier ses plus proches à des EHPAD à 3.000€ minimum par mois. Avec les risques liés à ce confinement dans ce qu’il faut bien appeler des camps de concentration asseptisés pour personnes âgées dépendantes. Maltraitance, souvent davantage due au sous-effectif et au stress des soignants qu’à des malveillances volontaires. Promiscuité avec d’autres personnes très âgées dépendantes, souvent séniles ou gavés de sédatifs pour rester tranquilles. Absence ou carence de sorties, d’activités. En tout cas rien qui puisse remplacer la seule chose qui rende la fin de vie supportable pour des personnes âgées livrées à leur solitude, à leur impuissance, à leurs angoisses et à la dépression : des proches aimants, une vie de famille, le rire des petits-enfants…

Se débarrasser tout simplement des vieux en les éliminant n’est pas une option. Enfin en principe. Certains futurologues eugénistes n’hésitent pas à évoquer froidement cette éventualité, comme une nécessité pour les générations à venir : dans la perspective d’une surpopulation mondiale devenue ingérable, se débarrasser des vieux au-delà d’un certain âge comme des improductifs et des bouches inutiles est une option raisonnablement envisageable.

Bien sûr une telle horreur ne pourrait se produire en France ! Pas si sûr… Car faisons fi des pudibonderies et hypocrisies d’usage : le décret du 28 mars signé par le Premier ministre et le Ministre de la Santé, et qui incite les médecins à prescrire l’usage du Rivotril, un puissant sédatif, à des personnes âgées souffrant de formes aiguës de Covid-19 à titre de soins palliatifs (alors que ce médicament potentiellement létal est formellement contrindiqué en cas d’insuffisance respiratoire), n’est ni plus ni moins qu’une incitation à l’euthanie active, décomplexée bien qu’illégale, et même considérée comme un meurtre passible de 30 ans de prison.

L’épidémie de Covid-19, les peurs archaïques qu’elle réveille, l’arrêt de l’activité économique et le confinement de milliards d’êtres humains qui l’accompagnent, nous incite à réfléchir. A nous confronter à nos angoisses, nos lâchetés, nos erreurs, nos fausses croyances et vaines perspectives. En posant des questions essentielles comme celle de la mort physique, de la maladie, des interactions et liens qui nous unissent, du but de l’existence, du sens de l’engagement collectif, de notre façon de faire humanité, dans nos familles, nos sociétés, nos états ou cette civilisation mondiale qui se cherche des contours et un sens. Notre facon d’être unis, solidaires ou simplement interdépendants. Notre façon de donner du sens commun à cette existence en honorant ceux qui s’apprêtent à la quitter.

Ce sont ces questions dont il faudrait urgemment débattre, plutôt que de savoir si nous ferons -8% ou -9,% de PIB cette année, et s’il faut relocaliser d’urgence pour être moins dépendants de la Chine.

Pourquoi le couple Macron est éminemment pathologique et pourquoi on devrait s’en inquiéter

Quand je vois à quel rythme délirant se multiplient les offuscations dans la presse et sur les réseaux sociaux à propos des saillies ironiques et des interrogations sur la différence d’âge entre le nouveau président élu et son épouse, j’en viens à craindre que mes tentatives pour redresser des perspectives soient totalement vouées à l’échec.

La religion maçonnique égalitariste dont Macron est l’apothéose a fait tellement de dégâts dans les consciences qu’on est en arrivé à un degré de confusion qui pourrait être irréversible.

Aujourd’hui on est tellement persuadé qu’un homme = une femme, que tout se vaut, que toutes les différences n’ont pas de sens, qu’on en vient à ne plus rien comprendre à ces différences qui sont pourtant le moteur des relations humaines.

Le politiquement correct pressé d’abolir toute polémique mettant en cause les dogmes égalitaires transforme chaque esprit un peu fragile en commissaire zélé prompt à traquer tout propos jugé vexatoire, offensant et donc jugé coupable parce que supposé « sexiste », « misogyne » ou autre.

Certains voudraient même voir dans le couple Macron composé d’un bon élève des grandes écoles de la République propulsé au sommet du pouvoir par ses mentors et d’une prof de lycée passablement pédophile devenue épouse-mère le comble de la modernité !

Et fustigent ceux qui au contraire ironisent ou simplement s’émeuvent qu’on ne puisse voir dans cette différence d’âge autre chose qu’une coquetterie tendance.

On en appelle même aux droits LGBT pour faire taire toute critique en prétendant que chicaner la nouvelle Première Dame sur son âge canonique reviendrait à s’attaquer aux principes intouchables du Mariage pour tous.

Dans cette frénésie d’amalgame et de lessivage identitaire, on confond notamment l’égalité « de droit » et l’IDENTICITE.

On sent poindre constamment dans les discours de Macron cette confusion qui consiste à passer du souci égalitaire à la langue de bois égalitariste, puis à l’indifférenciation confusionnelle. Ce piètre orateur n’a de cesse de souligner à chaque phrase « les femmes et les hommes« , « celles et ceux« , en prenant soin de diluer toute aspérité du discours dans une bienveillante androgynie castratrice, non-violente, soumise et ultra politiquement correcte.

Pourtant à l’évidence si les hommes et les femmes sont et doivent demeurer égaux en droit, ils ne sont absolument pas identiques. La différence des sexes – qui est distincte des différences de genres – est même l’archétype de la différence.

Même si on voudrait les gommer par excès de zèle égalitaire et à cause d’une phobie féministe de la discrimination, et même si les rôles et les identités évoluent heureusement, hommes et femmes ne seront jamais totalement identiques. Du moins tant que deux hommes ne pourront pas faire un enfant ensemble et que le cerveau des hommes et des femmes obéira à des déterminismes biologiques par certains aspects radicalement opposés.

Ainsi on voudrait nous faire croire qu’être en couple avec une femme serait exactement pareil qu’être en couple avec un homme. Que les unions homos et hétérosexuelles non seulement doivent bénéficier de droits égaux mais qu’elles sont équivalentes. Au risque de tomber dans le déni de réalité.

Or les unions de même sexe ne sont pas équivalentes et n’ont pas le même sens que les unions hétérosexuelles. Ce que le fourre-tout du Mariage pour tous a totalement ignoré dans son empressement égalitariste.

Non que les unes soient inférieures aux autres : elles sont simplement différentes et ne renvoient pas aux mêmes valeurs ni aux mêmes référents culturels, fondateurs dans les sociétés. Ignorer cela c’est ne rien comprendre aux réalités recouvertes sous ce concept bancal d’homosexualité. Et passer à côté des trésors humains et spirituels qu’elles renferment. [i]

De même, la différence d’âge est évidemment fondatrice de la relation, au plan symbolique et psychologique autant que social ou anthropologique. Quand les conjoints ont un écart d’âge suffisant, elle renvoie aux valeurs de filiation, de parentalité, de transmission entre les générations.

Or la relation entre un homme plus âgé et une femme plus jeune n’est pas équivalente à celle d’un jeune homme avec une femme en âge d’être sa mère.

Qu’une femme mariée soit ménopausée n’a en soit aucune importance. Et le fait de l’être n’empêche évidemment pas une femme d’aimer et d’avoir une sexualité épanouie même si elle ne peut plus avoir d’enfant. C’est dans l’ordre symbolique que cela a du sens. Surtout quand elle est mariée à un homme en âge d’être son fils.

Pas besoin d’avoir lu tout Freud pour comprendre qu’un lien affectif prolongé avec une mère-amante traduit pour un jeune homme un Œdipe contrarié et des troubles affectifs évidents.

Les relations mère-enfant au sein d’un couple ne sont en soit ni exceptionnelles ni pathologiques. On en trouve même des traces dans la Bible ou le Coran : Khadija, la première femme du prophète Mahomet, était de loin son aînée. C’est même elle selon certaines interprétations de la sunna qui l’aurait initié aux textes sacrés en plus d’avoir été l’interprète de ses révélations.

Dans toutes les traditions la femme a toujours plus ou moins tenu pour son époux le rôle d’interprète des signes, de pont vers l’Inconscient, voire le Divin. Mais si elle peut être utile et féconde, une relation maternante entre un homme et une femme plus âgée n’est pas faite pour durer.

Tout comme les relations homosexuelles entre un jeune homme et un homme mûr ont évidemment un caractère initiatique (et donc passager), vécu aujourd’hui sous la forme d’un paternage conjugal.

Les repères parentaux s’étant dilués et les rites de passage à l’âge adulte ayant disparu dans nos sociétés il est tout à fait compréhensible de voir aujourd’hui se multiplier des couples entre un jeune homme à peine sorti de l’adolescence et un « daddy » plus âgé qui joue le rôle de père de substitution. Mais ces derniers savent pertinemment que ces relations ne sont pas faites pour s’éterniser, à moins de se cristalliser sous la forme d’une « symbiose » où toute évolution personnelle est gelée au risque sinon de mettre en péril l’équilibre du couple.

Sans même évoquer l’homosexualité non assumée d’Emmanuel Macron et sa relation cachée avec Matthieu Gallet, le simple fait d’avoir épousé sa prof de français rencontrée à l’âge de 15 ans témoigne d’un déséquilibre psychique profond. Et d’un rapport à l’autorité particulièrement biaisé. Que l’on sent poindre chez le jeune président dans ses accès de fureur contenus chaque fois qu’un détracteur entrave son désir narcissique de reconnaissance et son aspiration à être adulé comme le fils chéri épris de perfection qui cherche à plaire à sa mère.

Ironiser sur ce couple n’est donc pas grave. Se poser des questions à quelques jours de l’investiture de l’Enfant-roi me semble en revanche essentiel.


[i] Pour plus de détail sur le sujet, voir mon blog : https://sautdelange.wordpress.com