Gay Games Paris 2018 : les jeux sont faits et refaits. Anatomie d’un fiasco

Mis en avant

En déplacement à Lausanne, je suis de loin cette 2e journée des Gay Games de Paris. Pour lesquels j’avais un temps été sollicité comme arbitre.

Un peu triste et amer de constater que mes réserves exprimées ici il y a quelques semaines étaient à ce point en-dessous de la réalité (cf. mon article « Les Gay Games ont-ils encore un sens et une utilité ?« , publié sur ce blog en plein Mondial de Football le 11 juillet dernier).

3 constats pour ce qui ressemble déjà à un fiasco monumental.

  • LA PARTICIPATION

10.000 participants selon les organisateurs, 800 selon la Police (humour).

A noter que BFM TV dans son reportage du 6 août commet une erreur de taille en qualifiant ce chiffre de « record depuis la création des jeux« .

En effet, sauf erreur les Gay Games d’Amsterdam 1998 avaient rassemblé 35.000 participants, il y a 20 ans déjà. Faisant de cette édition le plus grand événement multisport au monde pour l’époque, soit davantage que les vrais J.O.

Ce faible taux de participation pour une édition parisienne noyée au beau milieu d’un été caniculaire, et la baisse manifeste des participants depuis 20 ans, confirment ce que je pointais dans mon article il y a 3 semaines.

Le concept a beaucoup vieilli. Ces jeux n’attirent qu’une proportion très restreinte de gays et de lesbiennes, au sein d’un public déjà ultra ciblé (les membres de clubs sportifs LGBT), appartenant à une communauté au sein de laquelle les événements se sont multipliés ces dernières années. Leurs tarifs franchement prohibitifs ne les rendent attractifs que pour un tout petit nombre de LGBT parmi les plus motivés et les plus fortunés. Leur caractère confidentiel, la faiblesse des moyens déployés, une communication faiblarde et inaudible, la désertion des sponsors qui auraient pu leur donner une dimension et une visibilité plus en phase avec les prétentions affichées, font que les Gay Games de Paris peinent à se faire connaître et à rassembler au-delà de ce petit noyau dur.

Pour preuve : en 2018, soit 36 ans après leur création, beaucoup de LGBT même dans une grande métropole comme Paris qui compte l’une des plus grandes communautés LGBT au monde, ignorent encore jusqu’à leur existence. Et une semaine avant l’ouverture, beaucoup de ceux qui avaient déjà entendu parler des Gay Games ne savaient même pas qu’ils se tenaient à Paris !

Conséquence : un Stade Jean Bouin aux ¾ vide lors de la cérémonie d’ouverture.

Cérémonie d’ouverture des Gay Games de Paris au Stade Jean Bouin, samedi 4 août 2018

Ce qui malgré des sourires de circonstance et l’enthousiasme des participants donne une désagréable impression de raté. Surtout pour un stade parisien de second plan, sans prestige et de taille relativement faible. 17.800 places : on est loin des 80.000 places du Stade de France, ou même des 50.000 places du Parc des Princes.

Quand on compare, le Stade Arena à Amsterdam, le plus grand stade des Pays-Bas et l’un des plus grands d’Europe avec une capacité de 75.000 places, affichait quasiment complet lors de la cérémonie d’ouverture des Gay Games 5 en 1998. Les premiers jeux à se dérouler sur le continent européen, loin des grandes métropoles d’Amérique du Nord où ils s’étaient toujours déroulés. Un sacré pari pour l’époque.

Des jeux qui avaient rassemblé quelques 150.000 spectateurs sur une semaine.

20 ans plus tard, il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser. Autre temps, autres mœurs…

  • L’AGE DES PARTICIPANTS

Il serait intéressant d’interroger les statistiques officielles (si elles existent). Et de les comparer avec celles des éditions antérieures.

Mais à voir les rares reportages dans les médias et les vidéos postées sur internet par les participants, une évidence saute aux yeux : les participants ont beaucoup vieilli.

Beaucoup de quinquas bien tapés et quelques quadras grisonnants forment le gros des délégations. Assez peu de trentenaires, et quasiment aucun participant frôlant les 20 ans.

Même la délégation française, pour une très large part composée de Franciliens et qui n’avaient donc pas à payer des frais de voyage et de séjour à Paris, ne semble rassembler que des sportifs plutôt mûrs, et assez peu de jeunes ou très jeunes.

Conséquence des points précédemment évoqués : un événement dont le concept a vieilli, touchant une minorité aisée au sein de la minorité, et dont le ticket d’entrée ne les rend accessibles qu’à un nombre restreint, donc forcément plus âgé.

  • L’IMAGE CATASTROPHIQUE DE CES JEUX

Beaucoup même parmi les participants, bénévoles et organisateurs le disent tout bas, alors autant le dire tout haut : ces jeux sont franchement un fiasco.

Déjà avant l’ouverture les critiques ne manquaient pas de fuser. Notamment parmi certains dirigeants de clubs sportifs de la FSGL, la fédération organisatrice qui rassemble la plupart des clubs sportifs LGBT français. Excédés par l’amateurisme de l’organisation, les erreurs d’arbitrage dans la préparation, les tarifs exorbitants et le manque de moyens rassemblés dans une capitale comme Paris.

Même si cela paraît plutôt subjectif de l’affirmer, par-delà les discours consensuels de circonstance force est de reconnaître que ces jeux donnent une image assez « cheap » et du mouvement sportif LGBT, et de la communauté LGBT en général, et de Paris qui les accueillent pour la première fois cette année.

Faire nettement moins bien à 20 ans d’écart qu’une petite ville comme Amsterdam, toute proportion gardée, à une époque et dans un pays comme la France où les LGBT sont archi courtisés, choyés, et introduits dans toutes les sphères du pouvoir, ce n’est vraiment pas très reluisant.

A titre d’exemple, n’avoir rien trouvé de mieux comme tête d’affiche pour la soirée d’ouverture que le DJ israélien Offer Nissim, lequel ne rassemble aujourd’hui hors des frontières de son pays qu’une petite frange de nostalgiques des soirées gays trance des années 2000/2008, est assez symptomatique du fossé qui semble s’être creusé entre ces jeux réservés à une petite élite vieillissante et leurs organisateurs, avec l’époque, ses nouveaux codes et ses enjeux.

C’est un peu comme si on ressortait David Guetta ou Patrick Hernandez (Born to be alive) comme invité star d’une soirée hétéro bien beauf à l’Aquaboulevard.

Quel contresens pour une métropole de premier plan comme Paris !

Qui propose chaque semaine sinon chaque soir des soirées clubbing avec les plus grands DJ internationaux house et techno venus du monde entier, notamment de New York, Chicago, Detroit, Londres ou Berlin. Servis par les meilleurs sound-systems européens. Et ce pour quelques 10€ ou 15€ l’entrée. Voire gratuitement si l’on figure sur la guestlist. Contre 50€ à 65€ comme tarif de base pour l’entrée au Grand Palais samedi dernier.

J’avais participé aux Gay Games d’Amsterdam il y a 20 ans en tant que compétiteur dans les épreuves d’arts martiaux. Et je me souviens avoir été extrêmement impressionné par le niveau de professionnalisme, la qualité, l’ambiance exceptionnelle et le succès sans conteste de ces jeux.

On se serait réellement cru aux vrais Jeux Olympiques.

Il n’avait fallu pas moins de 3 heures aux sportifs de Team France pour pénétrer dans un Stade Arena noir de monde et survolté, à la suite des autres délégations appelées par ordre alphabétique. Assemblés aux abords du stade dès le milieu d’après-midi, dans une ambiance électrique, très amicale et très internationale, au milieu de jeunes sportifs du monde entier, nous n’avions quitté l’arène que vers 23 heures passées.

On avait ressenti le choc dès l’arrivée à la gare TGV. Comme dans le hall municipal réquisitionné en plein centre-ville pour accueillir les participants et les dispatcher vers leurs hôtes. Une ville en totale ébullition, entièrement dévolue à ces jeux.

Rien à voir avec Paris. Qui fait mine de célébrer les Gay Games avec 2 ou 3 officiels et quelques discours de circonstance, mais en vérité s’en contrefiche totalement. Notamment parce ces officiels ont les yeux rivés vers 2024 et les J.O. de Paris.

Côté équipements et visibilité, l’un des buts affichés de ces jeux, mise à part la Place de l’Hôtel de Ville pompeusement rebaptisée « Village Olympique » avec ses stands dignes d’une kermesse de grande école, plus quelques lieux mobilisés pour les épreuves sportives ou les événements culturels, les Gay Games font figure de happening plutôt plan-plan et discret.

On est en tout cas à des années-lumière du battage médiatique de l’an dernier lors de la Journée Olympique des 23 et 24 juin 2017. Durant lesquels quasiment tout le centre de Paris était mobilisé autour de l’événement.

Toutes les rives de la Seine des Invalides à Bastille était alors transformées en vaste terrain de sport. Avec piste flottante sur la Seine, démonstrations de plongeon acrobatique du haut du Pont Alexandre III, et grands sportifs multipliant les exploits devant une foule ravie venue en famille et en très grand nombre vibrer et soutenir la candidature de Paris pour les J.O. 2024.

Même le Président Macron nouvellement élu avait donné de sa personne en improvisant une partie de tennis sur les quais de Seine.

Comment les Gay Games auraient-ils pu espérer rivaliser avec un événement aussi emblématique, mobilisateur et tant attendu ? D’une notoriété inégalable, disposant de moyens autrement conséquents, d’une organisation hors pair, et du soutien unanime du monde sportif, politique, médiatique et de l’opinion publique.

Surtout pour un événement communautaire encore inconnu, se déroulant en plein mois d’août alors que les ¾ des Parisiens sont à la plage et les touristes plus occupés à visiter la Tour Eiffel ou Le Louvre qu’à applaudir quelques gays cavalant autour d’un stade de banlieue ?

Avec de l’imagination et de l’audace, pardi !

Or c’est précisément ce qui semble avoir cruellement fait défaut aux organisateurs.

Lesquels se sont déjà laissé imposer par la FGG (Federation of Gay Games) des standards rigoureux, sans doute en phase avec le contexte nord-américain où ces jeux sont nés, mais totalement en décalage par rapport à la réalité française et le contexte parisien.

Tout le monde ne s’appelle pas McDonald’s… Pour attirer du monde quand on n’est connu que d’un tout petit nombre, il faut de l’audace, de l’audace et encore de l’audace ! Etre innovant et décalé, faire le buzz, rassembler au-delà des plus motivés.

Tout le contraire de ce qui a à l’évidence été fait depuis 4 ans.

Avec un management à la Papa, des objectifs et méthodes directement issus du mouvement associatif, mais totalement inadaptées à un business événementiel comme les Gay Games. Des initiatives alignées à la va comme je te pousse. Et au final un événement impréparé, un manque de moyens humains, logistiques, marketing et surtout financiers, des effectifs de bénévoles insuffisants et un planning d’épreuves encore approximatif à peine deux semaines avant l’ouverture.

L’un des points noirs que pointait BFM TV, la difficulté à convaincre des sponsors de soutenir l’événement.

Inutile comme fait mine de s’en expliquer Manuel Picaud, Président des Gay Games de Paris 2018, d’incriminer « l’homophobie » de ceux parmi ces grandes enseignes sollicitées qui auraient souhaité pour verser leur écot poser comme condition que les Gay Games changeassent de nom.

Business is business. Et les grandes entreprises, en France du moins, ne font pas dans le pédé bashing. Mais regardent froidement où est leur intérêt. Et quel retour sur investissement elles peuvent espérer.

Or quand on peine à rassembler quelques sponsors davantage motivés par les retombées et la visibilité qu’offre un événement communautaire de premier plan comme la Marche des Fiertés, suivi par un très grand nombre de LGBT et qui rassemble bien au-delà de la communauté, notamment parmi les jeunes, pour un défilé en plein centre de Paris à une période phare de l’année (premier samedi de juin), comment espérer faire bander les foules avec un truc daté, sans grande originalité voire franchement ringard, mal conçu et mal promu, à la communication plus proche de celle d’une succursale de la Caisse d’Epargne d’une sous-préfecture de la Meuse que d’un grand événement sportif mondial ?

Dommage, franchement dommage !

Car Paris n’est pas près d’accueillir de nouveau un tel événement. Qui aurait pu montrer un autre visage de la communauté. Afficher d’autres valeurs que l’hédonisme superficiel et vulgaire propre aux établissements du Marais. Faire sortir de l’ombre le mouvement associatif LGBT. Et en particulier le mouvement sportif LGBT. Réalités totalement inconnues du grand public. Il est vrai moins croustillantes que les drag queens, les bears en cuir ou les orgies des boîtes et backrooms gays.

Je le disais déjà le 11 juillet : il faudrait repenser le concept.

Mais est-ce encore possible ?

Aujourd’hui j’en doute fort.

La FGG est enfermée dans sa tour d’ivoire. Le concept, très daté en 2018, n’a plus aucune utilité. Sinon offrir aux sportifs LGBT friqués une occasion de se rassembler une fois tous les 4 ans.

Un événement sportif et festif parmi beaucoup d’autres, vidé totalement de son contenu militant, de sa force admonitoire, très peu visible, et qui ne rassemble pas au-delà d’une petite élite aisée et très motivée, plus soucieuse de se faire plaisir que de changer le monde.

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Gay trip : sortez des sentiers battus !

Le site gayvoyageur.com recommandait cette semaine 7 destinations gays où passer un long week-end.

Paris, Londres, Madrid, Amsterdam, Oslo, Rome, Reykjavik.

Quelle merveille d’originalité !

Si vous voulez vous dépayser sortez des sentiers battus, que diable !

Terrasse du Cox l’été, Paris Le Marais

Paris on oublie. Y vivre heureux en sachant profiter de l’extraordinaire qualité de vie, de l’offre culturelle inégalable, sans subir les vicissitudes d’une grande capitale polluée, surpeuplée, orgueilleuse et passablement insupportable, y vivre une vie relationnelle et une sexualité épanouies en évitant les Barbies barbues parigotes, laides, stupides et névrosées du Marais, requiert des qualités d’organisation et une créativité hors pair.

Rome. Unique objet de mon assentiment… A voir et revoir bien sûr si l’on a un tant soit peu de goût. Mais comment faire abstraction de ses habitants en particlier les commerçants si hautains et exécrables avec les touristes ? Quant à la vie gay, elle est sinistre au possible (Vatican oblige…) A moins d’aimer les saunas où cardinaux et prélats viennent s’empapaouter gaiment.

A Rome l’éternelle préférez Naples l’éphémère, flanquée aux pieds du fumant Vésuve. Pour la gentillesse des Napolitains, beaucoup plus sexys surtout pour ceux qui aiment les nounours bien velus. Pour l’atmosphère virile – macho même – ambiguë et franchement homophile de ses bars hétéros, où l’on boit des canons en se tapant sur

Zio Paps, Naples

l’épaule devant un match de foot (Zio Paps par exemple). Pour son ambiance méridionale, populaire et métissée. Pour la richesse de son patrimoine et la beauté de la région. Les grandes dames parisiennes pourront toujours aller montrer leurs robes griffées à Capri ou Ischia…

Plus au Sud, allez explorer le Mezzogiorno : Calabre, Pouilles, Basilicate et bien sûr la Sicile. Là vous trouverez de vrais ragazzi au beau milieu de magnifiques ruines, dans les ruelles étroites autour des églises baroques, sur les places des villages alanguis ou sur des plages désertes aux eaux préservées. Des bien virils, bien hâlés et bien poilus. Le Sud de l’Italie est beaucoup plus fun en réalité que sa réputation macho et coinços le laisse croire. A condition de sortir des codes de la tapiolerie et de savoir surfer sur l’équivoque. C’est tellement plus excitant que des piercings sur chaque centimètre-carré de peau ridée !

Madrid. Une capitale aux airs de ville de province. Un mythe. Devenue finalement plutôt ennuyeuse comparée à ce qu’elle a été (la movida, Almodovar et la belle époque de Chueca c’était dans les 80s, chérie…). Avec son Tataland standardisé et segmenté au possible. Encore que Chueca soit mille fois préférable au Marais, et ait bien d’autres attraits que ses bars gays. Comme ses boutiques arty, différentes et pas pareilles (quoique un peu trop bobasses). Quitte à passer un weekend à Madrid, traversez la Gran Via et allez explorer les hauteurs de Lavapies, le vrai quartier branché du moment. Avec ses épiceries indiennes et pakis, ses concerts en plein air, ses bars et boutiques décalées, et sa population jeune et très mélangée. Et puis ses bars bear, parce que pour les vrais amateurs c’est là-bas que ça passe…

Mais non, oubliez Madrid et ses dindes barbues, arrogantes et méprisantes comme des Parisiennes.

Night, Eixample, Barcelone

Foncez à Barcelone. Atmosphère plus européenne garantie. Et puis il y a la mer : on respire. Ah le côté mégalo et déjanté de l’architecture moderniste ! Ces boîtes insensées, ces cruising bars dantesques où l’on ne s’embarrasse pas de chichiteries pour fourrer la main dans la culotte de son voisin. Et où le mélange des genres et la franche camaraderie nous changent des clones dépressifs au faciès délavé du Cox. Ne vous cantonnez pas à Gayxample, encore moins à Sitges franchement has been et peuplé des mêmes tapioles à barbe interchangeables qui ne connaissent que le Triangle Rose Sitges-Mykonos-Gran Canaria. Explorez plutôt Raval si vous aimez les Pakis bien roots. Et surtout les quartiers branchouilles et créatifs comme Poble Sec ou San Antoni (plus chic) au Sud. Ou Gracia au Nord qui se cherche encore une âme…

Séville et Alhambra

Plus authentique, descendez jusqu’en Andalousie. Pour ses trésors culturels évidemment : Cordoue, Séville, Grenade, L’Alhambra, Cadix, Jerez, Malaga… Non, Torremolinos on oublie ! Pour la beauté de ses paysages, de ses villes et de son littoral. Pour le charme mauresque, le sentimentalisme irrésistible de ses autochtones. Et la sevillana. Enfin allez-y quoi !

London ? Oui, c’est une ville fascinante et incontournable. Surtout si l’on aime le vrai métissage (pardon, le « multiculturalisme ») avec un standing autrement plus soigné que nos banlieues pouraves… Mais n’espérez pas y faire autre chose que du tourisme et du sexe. Ici on ne connaît pas les sentiments. Et tous les gays londoniens vous diront d’un air blasé qu’ils ont renoncé à y trouver l’âme sœur. Il faut dire que Londres a été créée par les Romains pour faire du fric, et que c’est toujours sa raison d’être Number one… Mais pour ceux qui aiment la musique et les fêtes déjantées, difficile de rivaliser. Fuyez les boîtes gays. Surtout Vauxhall, le nouveau quartier gay hyper chiant en semaine et trop loin du centre de toute façon. Faites éventuellement un saut au XXL (le samedi soir uniquement), en vous rappelant que vous entrez dans le temple mondial de l’Arrogance et des Divas. Evidement faites un tour à Soho à l’heure du happy hour, ou pour flâner dans les boutiques l’après-midi. Toujours beaucoup plus excitant, plus vaste et surtout et éclectique que le Ma-raie. Sinon pour vous éclater sur la meilleure musique du monde, oubliez le Heaven et foncez au Fabric, l’un des meilleurs clubs house de la planète (et de loin !), ranké dans le Top 5 mondial. Si vous y croisez Harry, faites-lui un bisou pour moi.

Dublin

Plutôt que Londres, trop convenue, essayez donc Dublin, ses bars à bière (rousse, évidemment) et ses Rouquins si chaleureux. Ou l’Ecosse : dépaysement garanti !

Amsterdam. Oui bien sûr… Coffee shops, bars cuirs, musées sublimes, balades à pied ou à vélo sur les canaux, galeries d’art hyper tendance. Le côté aristo un brin décadent des Amstellodamois. Mais le bon goût tout de même, ça ne s’invente pas ! No fumette à l’extérieur, comme ces jeunes touristes cuvant leur bédos foncedés sur le macadam : habitude méprisable aux yeux des locaux ! Quand on est bien élevé on organise une fête chez soi, avec quelques amis chics et choisis, quelques bons plats, quelques bons alcools, éventuellement un bon DJ, et un bon stock de meilleure beuh. Suivie d’une touze décomplexée le cas échéant. Ou d’une sortie dans un de ces clubs où l’on joue une Nu house intelligente et sublime.

Comparativement à Amsterdam, Bruxelles offre l’avantage d’être plus proche, plus abordable, moins élitiste, résolument internationale, et franchement marrante (encore que, depuis les attentats…) Ah le côté bon vivant, gouailleur et rigolard des Belges ! Même les keufs près du commissariat du centre sont hyper sympas (hyper mignons et très coquins…) Ah le trip moule-frites après une Jupiler à la terrasse du Baroque, « LE » bear bar de la rue du Marché-au-Charbon… Les soirs de Démence la rue est blindée de grands gaillards barbus venus de toute l’Europe. La Démence justement, on évitera soigneusement. A moins d’être une grosse truie cocaïnée. Une fois dans sa vie c’est rigolo, après ça devient vite une addiction vulgos. Quant à celles qui s’embarquent sur la Croisière Démence, elles sont irrécupérables.

Place Jules Dillens, Quartier Saint-Gilles, Bruxelles

Allez faire un tour dans le quartier Saint-Gilles, métissé, branché, rempli de boutiques rigolotes, de galeries d’art sans chichi, de terrasses où savourer toutes les spécialités du monde, et de kikis espagnols, rebeux ou d’ailleurs. Mais gare aux quiproquos : on n’est pas au Dépôt et certains rêveraient de vous faire les poches…

Oslo ? Reykjavik ? Pas vu pas pris.

En Europe on ne saurait oublier Lisbonne. Prague pour les baroqueuses. Berlin, incontournable et l’une des capitales les moins chères d’Europe.

Prague

La Suisse on oublie carrément. Sauf pour emmener Belle-maman en cure thermale ou y planquer ses biffetons. Déprime garantie et porte-flouze vidé en 3 secondes chrono : Genève, ennuyeuse au possible, demeure et de très loin la capitale la plus chère de toute l’Europe. Lausanne, avec ses ruelles en pente et ses étudiants, paraît plus fréquentable. Mais on ne risque guère la frénésie.

Istanbul ? Allez-y très vite avant que le glacis de la dictature islamiste du tyran Erdogan ait tout recouvert. Mais quelle ville ! L’ambiance Shéhérazade dans les quartiers touristiques comme Sultanahmet ou Galata, les mosquées sublimissimes, le Grand Bazar, ou plus roots le Bazar égyptien. La folie de Taksim de jour comme de nuit, les immenses clubs bears blindés de costauds carrément massifs, hyper poilus et hilares

Taksim la nuit

venus de tout le Moyen-Orient. Les quartiers ultra modernes et très européens comme Mecidiyeköy. Ceux plus plan-plans comme Kadıköy (ne pas rater son marché…) ou Üsküdar sur la rive asiatique… Et ses innombrables hammams dont certains feraient pâlir d’envie les saunas les plus hots de Paname.

Pour une atmosphère plus méditerranéenne, moins empesantie par la religion et beaucoup plus libérale, préférez Izmir. Pas franchement jolie mais beaucoup plus cool. En évitant bien sûr les infernales usines à touristes comme Kusadaçi. En revanche si vous avez le temps, une escapade à Ceçme, le Saint-Trop’ turc, s’impose. Une journée de plus et traversez les 7 km de mer qui séparent la Turquie de l’île grecque de Chios. Un écrin d’authenticité oublié, des eaux turquoise si limpides qu’elles paraissent irréelles : à des années-lumière de Mykonos. Et sa capitale, Chios, pourrait vous réserver quelques surprises… Pourquoi pas descendre jusqu’à Ephèse à 80 km au Sud, pour visiter le site archéologique.

Pour les amateurs de fêtes torrides et de bears Middle-East, allez passer un long week-end à Beyrouth. On y afflue par charters entiers de tout le Moyen-Orient pour ses fêtes bears. En plus il y a de quoi visiter. Le Liban est un pays très beau et très attachant. Et les Libanais n’en parlons pas : ce sont les plus beaux hommes du monde et les plus grands charmeurs !

Si vous craignez de vous faire trucider par le Hezbollah, allez passer quelques jours à Tel Aviv, la New York de la Méditerranée. Une ville qui ne dort jamais, elle non plus. On s’y amuse toujours beaucoup, la température de l’air frise les 30° à Noël et celle de l’eau est sublime toute l’année. On y croise des beautés du monde entier. On y mange une cuisine étonnante, avant-gardiste, souvent bio et métissée. Et le choix des ambiances est varié. Passer le Nouvel An dans les rues bondées de Tel Aviv par 25° la nuit est une expérience inoubliable ! Quant aux fameuses soirées Papa Party et Arisa, est-il besoin de les présenter ?

Dubaï c’est plus loin. On n’a pas encore testé mais il parait qu’on s’y amuse pas mal. A condition de rester discret et prudent si l’on veut frayer avec quelques ressources locales. Mieux vaut avoir un compte bancaire bien ronflant et un forfait mobile étendu : pour les rencontres gays tout se passe sur les applis, en surchauffe le week-end… Pour le tourisme, l’hébergement et les sorties, à moins d’être invité et guidé par un habitant local, mieux vaut prévoir un beau budget : Dubaï est TRES CHERE, mon fils !

Pour des séjours plus longs qu’un simple week-end, pensez à Mexico City, Buenos Aires, Rio ou Sao Paulo. Santiago (Chili) n’est pas mal non plus à ce qu’il paraît. Si l’on tient à rester vivant on évitera Quito (Equateur), Caracas et bien sûr tout le Venezuela, beaucoup trop dangereux. La Havane et Cuba ont toujours un charme fou, le sexe y est plus volcanique que jamais, mais l’américanisation en marche sur fond de fin de règne castriste aura bientôt recouvert l’extraordinaire culture cubaine. Voilà pour l’Amérique latine.

Montréal est toujours charmante l’été (indien). Et pourquoi pas Toronto.

L’Extrême Orient on connaît moins, mais Tokyo, Hong Kong voire Shanghai doivent valoir le détour. Même si ce ne sont pas vraiment des destinations gays de premier plan.

Quoi qu’il en soit, bon voyage et sortez couverts !