Zemmour et Charlie

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Le Suicide français versus Je suis Charlie.

Deux France.

Presque deux planètes centrifuges.

Tout les oppose.

Comme s’oppose la nostalgie passéiste et la foi en l’avenir.
Le fantasme d’une matrice nationale et identitaire et la réalité d’un creuset pluraliste et républicain.

L’un et l’autre ont-il une possible postérité ?

Premier constat : force est de le reconnaître, Zemmour est incapable d’élaborer une pensée.
Zemmour ce n’est pas une pensée mais une anti-pensée.
C’est l’affectivité et la réactivité qui envahissent et subordonnent l’intellect.
Chez Zemmour l’intellect en est réduit à servir aux affects les plus nauséabonds des artefacts de justifications frauduleuses.
Zemmour est profondément nihiliste.
Et foncièrement pervers.

Je suis Charlie, c’est d’abord un élan.
Un élan émotionnel. Des tripes et du cœur.
Un élan transversal et universel.
Mais c’est aussi un réveil.
Un soulèvement massif.
Un contre-choc.
Le glas d’une torpeur.
Dans laquelle Zemmour tente de nous noyer en prétendant la dénoncer.

Ni Zemmour ni Charlie ne produisent de vision ni de pensée.

En revanche, si l’un obéit à une amertume haineuse et nostalgique de racines chimériques,
l’autre est la résurgence de ces racines communes qu’on disait désuètes ou délaissées.

Il est la manifestation vivante et positive d’une éthique partagée de ce qu’on nomme aujourd’hui « le vivre ensemble ».

Là où Zemmour divise, oppose et accuse,
Charlie rassemble, s’impose et récuse.

Zemmour désigne des boucs émissaires, stigmatise, culpabilise.

Capture l’Histoire et l’action politique au bénéfice d’une idéologie des extrêmes et du Néant.
Et interdit pour finir tout exercice d’une véritable responsabilité collective fondée sur des valeurs communément admises et partagées, celles de la République. Dont il fait un pastiche sacrilège et grimaçant.

Je suis Charlie s’impose comme un rempart collectif face à l’arbitraire et à la barbarie.

Là où Zemmour fait fi, Charlie fait front.
Pour récuser toute connivence avec les forces de destruction.

Zemmour est une poussée d’acné narcissique, égotique et frondeuse.
Un chantage affectif.
Un caprice trépignant de sale gosse autiste.
Un rejet de l’autre par idéalisation du même, auquel il voudrait tant ressembler pour effacer la honte de trop médiocres origines.

Charlie est une lame de fond.

Le cri du Réel.

Vivant, divers, pluriel.
Uni et rassemblé.
Authentiquement « français » dans l’âme et cosmopolite dans la forme.

Zemmour ne retient de cette France qu’il pleure qu’une « souche » morte et pourrie.
Là où Charlie en incarne le tronc commun. Solide. Dressé. Souverain et impérieux.
Un bloc d’où s’étire de multiples ramures.

Zemmour hait le soleil, l’air vif et la diversité. Celle des êtres et des choses vivantes.

Et la vie, la vraie surtout.
Il ne s’épanouit que dans l’obscurité putride des bousiers, dans le retour délétère et corrompu à un « avant » qui n’est plus que l’humus des grands conifères. A peine un songe ténébreux.

Charlie est cet assaut de résistance face à une sauvage et trop injuste cognée.

Mais le bras qui avait armé celle-ci  est de la même veine que le ressentiment putride qui en avait nourri le projet bien qu’il lui fût étranger.

Zemmour hait l’Islam. Mais fait à l’évidence le jeu des terroristes islamistes.

Zemmour n’aime pas la France. Il se contente de la rêver.
Je suis Charlie EST la France.
La France éternelle.
Pas celle des manuels d’Histoire tronqués que nous vend l’obscur polémiste.
La France d’aujourd’hui. La France d’hier. Et celle de demain.

Zemmour a perdu son pari : celui de signer un pacte avec le Diable pour punir l’angélisme de ceux qu’il honnit.

Zemmour est vaincu. Ce qu’il incarne – échec, haine et division – vient d’être fracassé par un tsunami dont nul ne soupçonnait l’imminence et l’ampleur.

La France est de retour.

Populistes, nationalistes et autres déclinistes, ces sinistres fossoyeurs n’ont plus qu’à ravaler leur désespoir et leur rancœur.

La France est là.
Et c’est à elle seule qu’il appartient d’écrire la nouvelle page de son auguste Histoire.

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