Bedos ou le vertige du vide

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Dois-je le confesser avec honte ? Ou le revendiquer comme la Légion d’Honneur du bon goût ? Guy Bedos ne m’a jamais fait rire. Et ne m’a jamais intéressé, encore moins ému.

Adolescent déjà, j’étais gêné de voir les adultes se fendre en regardant ses outrances et ses provocations. Mais percevais déjà intimement plus de fausseté que de talent dans ces petits yeux bouffis et satisfaits, dans ces mimiques arrogantes et faussement complices, dans ces effets de pitre grossier…

Pourtant Dieu sait que j’ai toujours aimé rire. Et que je n’aurais jamais manqué un sketch comique ou une émission de divertissement pimentée d’humoristes à la télé.

Je suis de la génération de Le Luron. Devos c’était déjà celle de mes parents. Mais j’ai toujours considéré le grand Raymond comme un Maître du Rire. Et le petit Thierry comme un virtuose de l’impertinence. Quand on regarde ses sketches aujourd’hui on ne peut que s’incliner derrière le remarquable travail d’écriture et les effets de scène drôlissimes, mélange de farce burlesque, se sensibilité extrême, d’insolence gamine et de plaisir transgressif.

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Que dire de Bedos ?

La seule chose que retiendra ma génération c’est sans doute le sketch du dragueur, interprété avec son ex compagne Sophie Daumier. Un sketch qui l’a rendu célèbre dans ces années érotiques, mais dont il n’est même pas l’auteur.

Tout le reste ensuite n’est que prétention, arrogance, contentement narcissique et vulgarité.

C’est tout un symbole : Bedos meurt quelques jours seulement après Jean-Loup Dabadie, son génial parolier. Comme pour signifier que sans lui, il n’était rien. Une illusion.

Depuis ces premiers essais adolescents sur les planches et les plateaux télé, Bedos n’aura fait que cultiver son aigreur, son ressentiment. Faisant faussement rire des imbéciles avec des sujets tragiques. Mais sans le talent d’un Desproges. Bien loin de là.

Son vrai sujet, sa vraie cible, toujours dissimulés sous des prétextes, c’était lui-même. Et sa propre vie de raté. Un classique. Que son orgueil pourtant ne pouvait s’avouer.

Le comique – si l’on peut parler de comique – de Bedos tient finalement en très peu de choses. Quelques émotions dérisoires. Ce mauvais clown n’aura fait toute sa vie que tenter de faire rire avec son propre désespoir. Il se savait sans doute nul, dépourvu de vrai talent d’acteur et de comique. Mais son ego ne pouvait le supporter. Ne restait alors que le pastiche, la fausseté, la surenchère, la fuite en avant.

Dans la France des années Giscard finissantes puis de la Génération Mitterrand triomphante, Bedos s’est trouvé comme beaucoup d’autres saltimbanques des beaux quartiers un créneau « engagé » : la bonne conscience de gauche. Faussement supérieure. Faussement amusée.

Les cibles étaient faciles, resservies à chaque sketch et à chaque spectacle jusqu’à l’overdose.

La droite, pastichée en Empire du Mal. Et opposée de façon bouffonne et manichéenne au Royaume du Bien : la gauche caviar mitterrandolâtre des années Tonton.

Car même à gauche certains en prenaient pour leur grade. Telle Martine Aubry, rhabillée telle une has been ringarde en une phrase et trois vacheries.

La vacherie. Voilà le seul ressort comique et idéologique de ce bouffon aussi vide qu’une urne un soir de banqueroute électorale.

Pour être pris au sérieux et faire partie du sérail, de la cour, dans ces années marquées par des émissions comme Droit de Réponse, matrice de toutes les secondes parties de soirées déclinées 20 ans plus tard par les Ardisson, les Fogiel ou les Ruquier, il fallait être forcément impertinent, méchant, grossier même. Couper la parole à qui mieux mieux pour insulter, rabaisser, calomnier.

Bien avant que les rappeurs du Bronx n’inventent la punchline assassine, les bouffons de Minuit avaient déjà mis au point l’artillerie lourde des mousquetaires de la Pensée unique.

Une pensée qui allait s’imposer en quelques années pour renverser l’ordre établi. L’ancien régime. Celui incarné cette fois non pas par les aristos guillotinés sous la Terreur, ni même seulement pas « les bourgeois » chers à la rhétorique gaucho-marxiste. Mais par « la Droite ». Une entité maléfique terrassée par le règne messianique du Progrès, de la Justice, de l’Humanisme et de la Fraternité sociale. Le Diable. La Honte. L’éternel ennemi rejeté dans les ténèbres de l’infâmie.

Ainsi donc toute une génération de frustrés qui avait rongé son frein durant 23 ans de domination de la vie politique française par l’UDF et le RPR, allait pourvoir assouvir sans fin sa vengeance et traîner dans la boue les vaincus.

En France dans les années 1980, il ne pouvait y avoir que deux camps : la Gauche incarnant le Bien, et la Droite incarnant le Mal, ridiculisée autant qu’honnie.

Ces grands esprits nourris de magnanimité et de fair-play allèrent donc passer le reste de la décennie et les suivantes à taper sur les vaincus, à les enfoncer le plus possible, à les humilier. Et le citoyen Bedos, Grand Accusateur du Comité de Salut Public, allait pouvoir s’en donner à cœur joie.

Comme si lui et ses confrères humoristes ou « artistes » n’avaient subi durant les années précédant la Résurrection mitterrandienne que censures, crachats et avanies.

Une façon aussi de faire semblant d’oublier que dès 1983 et le tournant de la rigueur, Mitterrand soudainement converti aux sirènes néolibérales allait trahir la Gauche qui l’avait élu, le Programme Commun supposé servir de plateforme de gouvernement avec le PCF, et une bonne partie de son propre parti, pour conduire une politique centriste, libérale et européiste totalement calée sur celle de son prédécesseur. N’étaient les quelques avancées sociétales qui allaient lui offrir les voix d’une jeunesse avide de libertés et de souffle neuf.

Ceci allait sans doute contribuer à creuser l’aigreur du grand humoriste et de ses pairs. Qui désormais en seraient réduits à assurer l’après-vente « culturelle », ou du moins cathodique d’une fausse promesse de campagne face à l’espoir trahi de 15,7 millions d’électeurs de gauche roulés dans la farine par leur idole. Lequel s’avéra par la suite être un ancien pétainiste qui n’avait jamais renié son passé collaborationniste ni ses amitiés coupables avec des tortionnaires nazis.

Il furent nombreux à faire la claque sur les plateaux télé de la Mitterrandie, emmenés par Jack Lang et ses amis. Puisque le peuple avait été trahi, ne restait plus qu’à lui balancer du pain et du cirque, selon les bonnes vieilles recettes du césarisme républicain.

Bedos allait donc faire partie de ce cortège de bateleurs hypocrites de la bonne conscience de gauche appelés à la rescousse pour se flageller à chaque élection perdue. Ou pour ranimer la flamme de la ferveur de gauche à chacun des drames qui ont émaillé les deux septennats. Antiracisme, lutte contre l’antisémitisme, pour les droits de femmes et surtout des minorités, Bedos le pied-noir missionnaire allait être de toutes les causes en vogue, de tous les combats « progressistes ».

Ses offuscations devinrent vite indissociables de ses effets comiques, toujours les mêmes, toujours téléphonés. Avec toujours le bouc émissaire facile : la Droite, les fascistes, les racistes…

Une façon de ne surtout pas se poser de question, de ne pas se remettre en cause, de se rassurer en se prouvant qu’on est un type bien, qu’on est dans le bon camp, qu’on est dans le sens de l’Histoire et du Progrès. Contre tous les fascismes, tous les obscurantismes, les conservatismes.

Avec toujours les mêmes ficelles : la caricature gouailleuse, la fausse provocation, l’ironie caustique et faussement complice, le clin d’œil faussement équivoque à une salle acquise, et la chute repérée à 10 kilomètres.

Au final Bedos n’aura été qu’un faire-valoir. Un alibi. Une sinistre imposture. Le symbole d’une époque accouchée dans la fausseté, le ressentiment et l’aigreur. L’icône d’une génération et d’une caste incarnées par le pharaon Mitterrand et sa Cour. Cette gauche caviar parisienne, pétrie de bons sentiments, engoncé dans son narcissisme, son faux puritanisme et sa morale de café-théâtre. Sûre d’être dépositaire du Vrai, du Juste et du Beau. Mais totalement ignorante voire méprisante des réalités vécues par ceux, les petits, les gueux, qu’elle prétendait défendre. Et qui se contenta de mettre en scène des caricatures prétentieuses, ridicules et surjouées, au travers de ces bouffons de cour érigés en porte-voix : les Renaud, les Balavoine et autres saltimbanques fils de bourges missionnés pour célébrer la bonne conscience de nantis hypocrites.

Bedos n’est qu’une outre bouffie d’alcool et de contentement égotique. Un pitre. Un minable singeant les grands dont il n’était capable d’égaler ni le talent, ni la sincérité, ni la hauteur d’âme.

Deux générations d’humoristes brillants et qui resteront, eux, dans les mémoires. Coluche, Desproges, Roumanoff, Lemercier, Alévêque, et même Bigard malgré sa vulgarité. Suivis par Les Nuls, Les Inconnus, de Caunes et Garcia, Djamel, Foresti…

L’exhibition la plus scandaleuse et la plus pathétique du vide abyssal qui fait office de talent, de conscience sociale ou politique, dont nous aura gratifiés Bedos une fois descendu au plus bas à force de ridicule, d’obscénité et d’alcool, aura sans doute été sa prestation radiophonique au lendemain des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hypercasher en janvier 2015.

Alors que tous les républicains, les démocrates, les Français et les autres réunis par un même attachement aux Droits de l’homme, à la liberté et à la dignité humaine, défilaient sur le pavé parisien ou soutenaient le mouvement en reprenant à leur compte le slogan « JE SUIS CHARLIE », Bedos l’islamo-gauchiste ne trouva rien de mieux que d’éructer dans le micro qu’on lui tendait : « CHARLIE HEBDO ? QU’ILS CRÈVENT ! » Et de tenter de justifier l’injustifiable – la défense de terroristes djihadistes contre des journalistes sacrifiés au nom de la liberté d’expression – par un argumentaire confus noyé dans les reflux d’alcool.

Reniant ainsi toutes les valeurs qu’il avait prétendu défendre toute sa vie. Et se rangeant de facto dans le même lot que l’immonde Dieudonné. Lequel n’est plus humoriste depuis 20 ans au moins mais un militant d’extrême droite révisionniste et pro-djihad.

Le plus triste c’est qu’aussi criminels et obscènes ses propos puissent être, l’abominable Dieudonné conserve même encore aujourd’hui plus de talent comique que Bedos n’en aura jamais eu dans toute sa carrière. Affligeant.

Pour trouver aujourd’hui de vrais talents comiques qui ne soient pas des rediffusions d’eux-mêmes ou des pâles copies de leurs aînés, il faut chercher du côté de la jeune génération. Des auteurs décalés comme Le Chinois Marrant, ou des petits jeunes sans complexes de la génération des yoyos, les fils désillusionnés de ces bobos confinés dans leur fatuité bien-pensante.

Ou bien il faut aller voir ailleurs pour tromper l’ennui parisien. A Montreux. A Marrakech. Ou à Bruxelles, avec l’émission désopilante Le Grand Cactus sur la RTBF, la seule à reprendre le flambeau du meilleur de l’humour burlesque made in Canal+ des 90s.

Je n’ai pas de véritable haine contre Bedos même si son personnage me dégoûte et les couronnes qu’on lui tresse me hérissent. Je n’irai pas non plus pisser sur sa tombe : un geste qu’il aurait sans doute adoré faire s’il avait eu plus de couilles que de gueule. Je préfère le laisser croupir dans un oubli certain, seule condamnation qu’il mérite et qui l’irrite.

Et à tous ceux qui ont adulé du vent, du mensonge, de la vanité, je dis : réveillez-vous ! Ne laissez plus ces amuseurs insignifiants et ces faussaires de la bonne conscience vous dicter vos engagements ou vos colères. Soyez vous-mêmes. Soyez vrais. Et ne vous laissez plus jamais abuser par de faux comiques qui mélangent l’idéologie, les flatteries de cour et l’humour réchauffé.

Parce que l’humour sauve quand il est vrai. C’est-à-dire inspiré par l’esprit. Mais il avilit celui qui en use comme celui qui en rit quand son seul but est de déguiser l’envie, la haine, la détestation de soi ou des autres en apogée des valeurs.

La guerre contre le terrorisme et l’islamisme n’est pas une guerre de bombes et de fusils mais une guerre « spirituelle », une guerre de conscience, universelle, multiforme et globale

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Dans un article publié le 30 janvier 2020 à propos de l’affaire Mila, le magazine Charlie Hebdo souligne fort justement le lien entre le terrorisme djihadiste « classique » et les menaces de mort dont est victime la jeune adolescente.

Si l’on veut combattre efficacement le terrorisme djihadiste et l’idéologie islamiste qui l’alimente, il est en effet indispensable de comprendre que le terrorisme n’utilise pas que des bombes, des kalachnikovs, des couteaux ou des gibets. Il commence avec les intimidations et les menaces.

Le terrorisme est avant tout une idéologie et une doctrine politiques avant d’être un phénomène caractérisé par sa violence et ses revendications. Et les armes auxquelles ils recours ne sont que des moyens parmi d’autre pour parvenir à ses fins en semant la terreur.

Le Djihad est même une stratégie méthodiquement élaborée, appliquée et relayée par les Frères musulmans et les salafistes, et dont une des étapes comprend l’endoctrinement et l’entraînement de musulmans radicalisés à la « résistance » à « l’islamophobie« , aux « humiliations » et « persécutions » infligées aux musulmans par une société déclarée hostile et un Etat qui les « haïssent ». Un entraînement à la persuasion, à la contradiction, à la coercition, à la pression et à l’offensive. Par l’usage sélectif de petites ou de grandes violences. Des violences psychologiques, verbales, sociales, idéologiques et communautaires, justifiées par la « liberté de conscience », la lutte contre la haine ou l’injustice sociale.

C’est pourquoi il faut atomiser radicalement ces prisons rhétoriques qui empêchent de voir le réel tel qu’il est. Comme ces discours sur le « pas d’amalgame« , « rien à voir« , « pas en mon nom« . Et ce chantage permanent à « l’islamophobie » en guise de censure idéologique.

Car le but de ces discours mensongers, aveuglants, victimisants, culpabilisants est d’isoler le phénomène du terrorisme dans un « ailleurs » imaginaire. De le circonscrire dans un halo d’anathèmes conjurateurs pour en occulter le pouvoir virulent de contamination mimétique. Et de le repousser vers un horizon « hérétique » qui ne concernerait en rien ni l’Islam authentique ni les musulmans totalement étrangers à cette dénaturation. Des musulmans totalement disculpés a priori et exonérés de tout soupçon de collusion avec le Diable.

Une façon d’asseoir le mythe de « l’Islam, religion de paix et d’amour » qui serait totalement étranger et étanche à cette « perversion de l’Islam » que serait le terrorisme islamiste.

En vérité il existe une continuité indissoluble entre la révélation coranique, « LES » islams, leurs mouvances orthodoxes ou fondamentalistes, leurs transcriptions en idéologies politiques, le djihadisme, le terrorisme moral, intellectuel ou psychologique islamiste et le Djihad armé.

Les musulmans qui se réfugient derrière cette fausse justification de la liberté de conscience, de « l’islamophobie« , du « blasphème » ou de la « haine anti-musulmans » pour harceler, menacer et agresser des personnes qui ont osé s’en prendre à leur religion sont d’authentiques terroristes, même s’ils ne brandissent pas des couteaux.

Car même s’ils ne font pas péter des bombes, s’ils ne défenestrent pas une grand-mère juive sous l’effet de « bouffées délirantes », la plupart de ces justiciers autoproclamés qui veulent défendre leur Islam applaudissent souvent ces « héros » qui commettent en son nom les crimes les plus abominables.

Les armées de justiciers d’un Islam profané embrigadés par le CCIF constituent à n’en point douter l’arrière-front des djihadistes qui passent à l’acte en prenant les armes contre des innocents.

Il y a plusieurs façons de passer à l’acte. La frontière entre intégrisme, fanatisme et terrorisme ne s’arrête pas à la définition que donne aujourd’hui la loi du crime de sang ou de l’attentat terroriste. On peut aussi passer à l’acte en harcelant, en insultant, en proférant des menaces de mort, en portant atteinte à l’intégrité morale, sociale ou à la vue privée d’une personne. En la privant de la faculté de circuler librement, de s’exprimer librement, de faire ses courses, d’étudier, de partager ou publier ce qu’elle pense sans porter atteinte aux personnes.

Les menaces contre Charlie Hebdo qui précédèrent après la parution des caricatures l’incendie de ses bureaux puis le massacre des journalistes de sa rédaction étaient déjà une forme de terrorisme.

On ne terrorise pas seulement en tuant. La première arme du terrorisme c’est la parole. Et l’image.

Car le terrorisme ne vise pas les corps mais les consciences. Cette guerre n’est pas une guerre de territoire ni de fantassins, mais une guerre idéologique, conscientielle et spirituelle.

Il est donc urgent de mettre à jour notre définition juridique du terrorisme. Et pour cela il convient d’en comprendre toute l’articulation idéologique, stratégique et rhétorique.

Car il existe aussi et d’abord un djihadisme idéologique, qui se décline en livres pour adultes et pour enfants, en sites web, en forums de discussion sur internet et les réseaux sociaux.

Il existe un djihadisme psychologique, qui terrorise d’abord les musulmans, les fascine, les enveloppe et les contraint. Qui les soumet à une norme sociale, religieuse et politique par l’emprise psychologique qu’il exerce sur les consciences. Et qui force tous les membres d’une même « communauté » à un uniformisme normatif de la pensée et des comportements.

Il existe un djihadisme social, qui disloque le lien social entre les citoyens, distend le vivre ensemble, exacerbe les tensions identitaires, alimente la concurrence victimaire, nourrit la violence mimétique, et creuse les clivages artificiels entre « eux » et nous ».

Il existe un djihadisme économique qui normatise les modes de production, de distribution et de consommation par le marché du halal. Et en récolte les dividendes pour financer d’autres djihads.

Il existe un djihadisme financier, orchestré par le Qatar, l’Arabie Saoudite, la Turquie et les Frères musulmans. Pays et organisation qui subventionnent illégalement des associations islamistes en Europe déguisées en œuvres sociales, humanitaires ou éducatives. Mais qui sont tout entières vouées au recrutement et à l’endoctrinement des jeunes des quartiers. Comme ils financent des listes électorales islamistes illégales quoique bénies par le pouvoir exécutif.

Il existe un djihadisme judiciaire, qui s’attaque de façon systématique à tous ceux qui critiquent l’Islam radical, les ruine financièrement et psychologiquement pour les contraindre à renoncer à leur combat.

Il existe un djihadisme culturel, qui instrumentalise, subvertit ou refondent les modèles et discours culturels, réinvente l’Histoire, redéfinit « l’identité française » à sa propre mesure. Il infiltre la pensée, la littérature, la musique, les arts plastiques, les instituts culturels et départements de musées consacrés aux « cultures d’Islam ». Il influence même les canons de la mode mis en scène par les stylistes et grands couturiers, en imposant progressivement le hijab comme un accessoire « féministe », communautaire et tendance d’une mode ouvertement islamiste rebaptisée « mode pudique ».

Tous ces djihads en vérité ne sont que les différents visages d’un seul. Ils servent tous la même idéologie, les mêmes acteurs et les mêmes buts : soumettre les musulmans de France, influencer puis contrôler la société, ses modèles, ses discours, sa culture, ses institutions, ses dirigeants, sa justice, ses principes et ses lois. Puis soumettre le monde pour imposer un ordre théocratique et totalitaire.

Il agit patiemment et méthodiquement par la persuasion, l’endoctrinement, la coercition, la subversion, l’intimidation, la culpabilisation, la victimisation. Chaque fois qu’il ne peut recourir directement à la force pour atteindre ses objectifs de destruction et de conquête.

Le djihad « soft » et sournois des Frères musulmans au visage glabre et patelin n’est ni moins « radical » ni moins dangereux que le djihad offensif des terroristes salafistes barbus en kamis ou treillis. En vérité c’est le même terrorisme décliné en une multitude d’avatars tous réunis autour d’une même tête.

« Nous sommes légion ! » Cette citation tirée de l’Evangile de Marc et du possédé démoniaque guéri par Jésus, devenue au cours de la décennie 2000 le slogan des Anonymous, est un thème souvent repris sur les réseaux sociaux par les jeunes musulmans fanatiques fascinés par cette idéologie islamiste-djihadiste. Son message est clair : nous sommes nombreux, nous sommes partout et nous sommes déterminés à vous faire plier !

Ce que veulent les islamistes, ce n’est aucunement défendre l’Islam ou les musulmans qui seraient menacés dans un des pays du monde où ils sont au contraire le plus protégés et ont la chance de vivre la religion de leur choix en paix. Leur projet c’est d’imposer à tous leur idéologie et de détruire méthodiquement, progressivement et sans aucune concession les fondements d’une société qui a érigé la Liberté, notamment la liberté de conscience en absolu. Pour lui substituer un ordre totalitaire, où toutes les libertés sont abolies ou codifiées selon une norme arbitraire et universelle.

Il serait temps que la France reconnaisse la Confrérie des Frères musulmans et ses satellites français (UOIF, CCIF, AMIF notamment) non seulement comme des dérives sectaires mais comme des organisations terroristes. D’autres pays l’ont fait, qui ont condamnés les Frères musulmans comme terroriste et déclaré l’UOIF comme une organisation terroriste.

Les islamistes sont le principal ennemi de la France et des démocraties du monde aujourd’hui. Il est temps de prendre les armes, les bonnes armes, et de s’en servir avec détermination pour mener enfin une vraie guerre partout où ils s’infiltrent. Une guerre idéologique, culturelle, politique, juridique, sociale, économique, financière, autant que militaire.

Une guerre civilisatrice et non « de civilisations », ou d’une civilisation contre une autre. Car l’islamisme n’est pas une civilisation. C’est l’abolition de toute civilisation, comme l’étaient le projet hitlérien ou le projet stalinien.

 

13 novembre : A quoi servent les commémorations ?

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Pendant plusieurs années, j’ai eu beaucoup de mal avec ces commémorations obligées des attentats de Charlie et du 13 novembre.

Comme tous les Français, j’avais été bouleversé par ces attentats. Mais la mémoire, individuelle et collective est un être vivant, qui pour vivre et se développer a besoin constamment de se renouveler.

Tout travail de deuil, personnel ou national, suppose à un moment donné une mise à distance volontaire du traumatisme vécu. Une mise au repos des émotions et de la conscience, notamment par respect pour des êtres fauchés prématurément par le tragique.

Les rescapés qui revenaient des camps de la mort étaient les premiers à ne pas vouloir évoquer ce qu’ils avaient vécu. A vouloir célébrer la vie et ne surtout pas se laisser enfermer dans une culture morbide d’un passé indicible. Tout comme les poilus qui revenaient de l’horreur de Verdun, ou les soldats du front russe.

En 2016 et 2107 j’ai tenté d’alerter sur les dangers de cette crispation mortifère sur des commémorations à n’en plus finir, qui ne faisaient que rouvrir des blessures et empêcher cette cicatrisation de la mémoire. Et qui avaient pour autre conséquence d’enfermer la France et les Français dans un statut de victimes sidérées et impuissantes face au terrorisme : l’un des buts précisément de la terreur.

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4 ou 5 ans après ces attentats, les choses ont commencé à évoluer. La mémoire s’est davantage apaisée. Le temps a fait son ouvrage. Et ces événements tragiques nous apparaissent avec une tonalité différente, moins aiguisée.

Daesh, au moins en Syrie, a été vaincu. La menace terroriste n’a pourtant pas disparu. Pas plus que l’idéologie islamiste ne s’est évaporée. Le combat a juste changé de visage.

L’attentat de la Préfecture début octobre est venu nous rappeler que le terrorisme existait toujours, qu’il avait juste changé de forme. Moins spectaculaire, plus insidieux.

Comme un cancer l’idéologie djihadiste s’est infiltrée dans les esprits, a produit des métastases inattendues chez certains de nos concitoyens gagnés par le fondamentalisme musulman. Peut-être le danger est-il même aujourd’hui plus menaçant parce que plus profond et plus diffus, protéiforme.

Aujourd’hui le « devoir de mémoire » et ces commémorations prennent une toute autre allure. Il ne s’agit plus simplement de commémorer des événements que personne n’a oubliés. Mais d’en revisiter la signification pour donner du sens à ce que nous vivons aujourd’hui.

3 jours après la marche de la honte qui a réuni quelques 13.000 « musulmans » français emmenés par des officines et des personnalités clairement gagnées à l’islamisme, après ces amalgames honteux entre des symboles de la Shoah comme l’étoile jaune et cette imposture intellectuelle et politique qu’est « l’islamophobie », nous célébrons aujourd’hui les attentats de Paris de la nuit du 13 novembre 2015. Et les 130 victimes que firent ces massacres dans les rues de la capitale et au Bataclan.

« Ne pas oublier » ces victimes : c’est évident. Mais ne pas oublier surtout que ceux qui encore aujourd’hui osent prétendre qu’ils n’ont « aucun lien » avec le terrorisme, comptent parmi eux des idéologues qui ont endoctriné de jeunes Français, les ont convertis à une vision radicale, rétrograde, haineuse et agressive de l’Islam, ont contribué à leur radicalisation, et les ont poussés un jour à rejoindre les rangs djihadistes.

« Pas d’amalgame ! », « Pas en mon nom ! », « Rien à voir » : tous ces slogans simplistes ne peuvent plus fonctionner aujourd’hui.

C’est aux musulmans eux-mêmes qu’il appartient en premier lieu de faire ce travail de discernement, de libération, de lutte contre toute forme d’endoctrinement, d’embrigadement au nom de l’Islam, de conscience, de sanctuarisation de la limite qui sépare le juste de l’injuste, le vrai du faux, et acceptable de l’inacceptable.

C’est le contraire de l’adhésion à une religion morte, figée dans le littéralisme, ce qu’en principe ne permettent pas les langues sémitiques comme l’hébreu, l’araméen ou l’arabe, la langue du Coran, parce que leur structure consonantique interdit toute interprétation monolithique et offre à l’esprit une pluralité de sens.

Il y a donc dans le cœur-même de la tradition musulmane une impérieuse nécessité d’actualisation du sens. Ce que réprouvent les fondamentalistes qui voudraient se l’accaparer en le refermant sur une seule et même lecture licite.

C’est donc tout un travail de relecture de leur tradition, de son articulation avec les fondements éthiques de la République, un travail de conscience et de mémoire qui attend les musulmans de France. Un travail identitaire et éthique, collectif et non seulement individuel, surtout pas communautariste mais authentiquement républicain.

Et ce travail honnête et courageux passe notamment par un travail de mémoire sur ces attentats contre l’unité de la nation et des citoyens français.

Un travail nécessaire pour ne pas céder, par crainte d’être déclarés complices ou coupables, à la tentation d’occulter sous le sceau de l’oubli une mémoire qui risque de hanter certains comme un spectre, et de revenir un jour frapper à leur porte comme le retour du refoulé.

Il est facile de vouloir séparer les bons des méchants, les terroristes des vrais musulmans, les « Je suis Charlie » des anti-Charlie.

Sauf que la réalité ne se résume pas à ces schémas binaires. Il y a toute une frange nombreuse de musulmans honnêtes et attachés à la République, mais qui risquent de se laisser piéger par les discours mensongers des islamistes sur « l’islamophobie ». De se laisser gagner par des peurs qu’on fabrique et qu’on instrumentalise pour les amalgamer. Ou bien de voir sa propre conscience neutralisée par un tiraillement entre son appartenance à la communauté nationale et son attachement une « communauté musulmane » qu’on prétend menacée.

Le virus de l’islamisme s’apparente plus à un sida qu’à un cancer. Un sida qui trompe les mécanismes de défense immunitaire, qui déjoue les mécanismes de congruence identitaire afin de semer le doute, de s’insinuer et d’amener ses victimes à ne plus se reconnaître qui elles sont : des citoyens français à part entière. Et qui finit par les retourner contre un pays qui les aurait rejetés.

C’est contre cette maladie qu’il faut lutter. Et pas seulement contre l’idéologie qui en est responsable et ceux qui la propagent.

Tout combat contre l’islamisme, le fondamentalisme, les dérives sectaires qui les accompagnent et les menacent qu’ils font peser sur la cohésion nationale, sur la sécurité publique, sur les lois et les principes républicains doit se faire AVEC Les musulmans, surtout pas sans eux ou contre eux.

Ce combat diot être fondé sur une volonté de rassembler. Non sur une illusion de tolérance libertaire aveugle à toutes les dérives. C’st pourquoi il doit fédérer autour d’un socle de valeurs communes sans cesse rappelées, y compris dans leurs applications les plus basiques.

Quant aux commémorations elles n’ont de sens que si elles participent à un travail de réconciliation de la mémoire collective traumatisée par des actes admonitoires qui visent à la profaner et la diviser.

Zemmour et Charlie

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Le Suicide français versus Je suis Charlie.

Deux France.

Presque deux planètes centrifuges.

Tout les oppose.

Comme s’oppose la nostalgie passéiste et la foi en l’avenir.
Le fantasme d’une matrice nationale et identitaire et la réalité d’un creuset pluraliste et républicain.

L’un et l’autre ont-il une possible postérité ?

Premier constat : force est de le reconnaître, Zemmour est incapable d’élaborer une pensée.
Zemmour ce n’est pas une pensée mais une anti-pensée.
C’est l’affectivité et la réactivité qui envahissent et subordonnent l’intellect.
Chez Zemmour l’intellect en est réduit à servir aux affects les plus nauséabonds des artefacts de justifications frauduleuses.
Zemmour est profondément nihiliste.
Et foncièrement pervers.

Je suis Charlie, c’est d’abord un élan.
Un élan émotionnel. Des tripes et du cœur.
Un élan transversal et universel.
Mais c’est aussi un réveil.
Un soulèvement massif.
Un contre-choc.
Le glas d’une torpeur.
Dans laquelle Zemmour tente de nous noyer en prétendant la dénoncer.

Ni Zemmour ni Charlie ne produisent de vision ni de pensée.

En revanche, si l’un obéit à une amertume haineuse et nostalgique de racines chimériques,
l’autre est la résurgence de ces racines communes qu’on disait désuètes ou délaissées.

Il est la manifestation vivante et positive d’une éthique partagée de ce qu’on nomme aujourd’hui « le vivre ensemble ».

Là où Zemmour divise, oppose et accuse,
Charlie rassemble, s’impose et récuse.

Zemmour désigne des boucs émissaires, stigmatise, culpabilise.

Capture l’Histoire et l’action politique au bénéfice d’une idéologie des extrêmes et du Néant.
Et interdit pour finir tout exercice d’une véritable responsabilité collective fondée sur des valeurs communément admises et partagées, celles de la République. Dont il fait un pastiche sacrilège et grimaçant.

Je suis Charlie s’impose comme un rempart collectif face à l’arbitraire et à la barbarie.

Là où Zemmour fait fi, Charlie fait front.
Pour récuser toute connivence avec les forces de destruction.

Zemmour est une poussée d’acné narcissique, égotique et frondeuse.
Un chantage affectif.
Un caprice trépignant de sale gosse autiste.
Un rejet de l’autre par idéalisation du même, auquel il voudrait tant ressembler pour effacer la honte de trop médiocres origines.

Charlie est une lame de fond.

Le cri du Réel.

Vivant, divers, pluriel.
Uni et rassemblé.
Authentiquement « français » dans l’âme et cosmopolite dans la forme.

Zemmour ne retient de cette France qu’il pleure qu’une « souche » morte et pourrie.
Là où Charlie en incarne le tronc commun. Solide. Dressé. Souverain et impérieux.
Un bloc d’où s’étire de multiples ramures.

Zemmour hait le soleil, l’air vif et la diversité. Celle des êtres et des choses vivantes.

Et la vie, la vraie surtout.
Il ne s’épanouit que dans l’obscurité putride des bousiers, dans le retour délétère et corrompu à un « avant » qui n’est plus que l’humus des grands conifères. A peine un songe ténébreux.

Charlie est cet assaut de résistance face à une sauvage et trop injuste cognée.

Mais le bras qui avait armé celle-ci  est de la même veine que le ressentiment putride qui en avait nourri le projet bien qu’il lui fût étranger.

Zemmour hait l’Islam. Mais fait à l’évidence le jeu des terroristes islamistes.

Zemmour n’aime pas la France. Il se contente de la rêver.
Je suis Charlie EST la France.
La France éternelle.
Pas celle des manuels d’Histoire tronqués que nous vend l’obscur polémiste.
La France d’aujourd’hui. La France d’hier. Et celle de demain.

Zemmour a perdu son pari : celui de signer un pacte avec le Diable pour punir l’angélisme de ceux qu’il honnit.

Zemmour est vaincu. Ce qu’il incarne – échec, haine et division – vient d’être fracassé par un tsunami dont nul ne soupçonnait l’imminence et l’ampleur.

La France est de retour.

Populistes, nationalistes et autres déclinistes, ces sinistres fossoyeurs n’ont plus qu’à ravaler leur désespoir et leur rancœur.

La France est là.
Et c’est à elle seule qu’il appartient d’écrire la nouvelle page de son auguste Histoire.