Un nouveau mouvement citoyen est né : 512, le Mouvement du 5 décembre !

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512 large

PRESENTATION

Le Mouvement 512 ou Mouvement du 5 décembre est né le 5 décembre 2019, journée de grèves nationales unitaires. Une série de manifestations contre la réforme des retraites qui a suivi celles des Gilets jaunes iinitié un an plus tôt.

Ce mouvement s’appuie sur un constat partagé par une très grande majorité de Français, porté par des revendications diverses et une colère populaire qui s’exprime de plus en plus fortement sans que rien ne change.

Animé par un souci de restaurer en France une vraie dynamique démocratique et une vraie justice sociale, le mouvement 512 porte plusieurs propositions, exigences et revendications dans les domaines institutionnel, politique, social, économique, budgétaire, fiscal, administratif, éducatif, culturel, écologique, diplomatique, humanitaire ou technologique.

Le mouvement 512 est un mouvement populaire et unitaire. Populaire parce qu’il émane du peuple souverain et non de ceux qui prétendent parler en son nom. Unitaire parce qu’il vise à rassembler la nation plutôt qu’à la fragmenter.

Le mouvement 512 n’est ni un mouvement anarchiste, ni un mouvement nationaliste, ni révolutionnaire. C’est un mouvement républicain, fidèle à l’esprit, aux valeurs et aux principes de notre République.

Son but est le rétablissement de la démocratie et des vertus républicaines, en particulier la justice sociale, la solidarité et l’engagement citoyen pour le bien commun. Son but n’est aucunement de changer de régime, de renverser l’Etat ou de diviser une partie de la population contre une autre.

En revanche ce mouvement entend demander des comptes à ceux qui usurpent le pouvoir contre l’intérêt du peuple.

NB : Le Mouvement 512 est indépendant de toute appartenance politique, syndicale, corporatiste, philosophique ou religieuse. Il ne soutient aucun parti, aucun élu, aucune association ou mouvement d’aucune sorte.

Il est l’émanation des citoyens qui se reconnaissent dans les mêmes valeurs démocratiques, républicaines, sociales et citoyennes.

UN CONSTAT

En mai 2017, le pouvoir a été confisqué au peuple pour être livré aux lobbies de la finance et aux multinationales.

Le Président actuel n’est pas un chef d’Etat mais un simple haut fonctionnaire du système, et non le représentant élu de la nation malgré l’apparence de légitimité démocratique dont il jouit.

Durant deux ans et demi, pas une de ses décisions n’a été engagée dans l’intérêt du peuple français ou de la France. Mais uniquement pour satisfaire ses sponsors qui l’ont fait élire.

Le Droit du Travail continue d’être démantelé, le système de protection sociale également, le régime d’assurance chômage est réduit au strict minimum, nos services de santé sont exsangues, les services publics à bout de souffle, quand ils ne sont pas livrés au secteur privé, de grandes entreprises nationales comme la SNCF, EDF, GDF, Aéroport de Paris, La Française des Jeux sont privatisées ou démantelées comme de simples bibelots.

Aujourd’hui la France n’est plus une démocratie, mais une oligarchie ploutocratique au service d’intérêts économiques, financiers, et des plus riches. Une oligarchie qui impose ses lois selon une idéologie néolibérale au service du Marché et non du peuple.

Nous voulons que le pourvoir soit rendu au peuple au plus vite, et que la France soit gouvernée par un pouvoir exécutif qui représente et défende vraiment les Français, en particulier les moins favorisés.

NOUS DEMANDONS

  • La démission immédiate d’Emmanuel Macron et la dissolution de l’Assemblée Nationale
  • La tenue d’élections présidentielles et législatives anticipées
  • La fin du régime de parti unique et la garantie d’une vraie alternance démocratique par le jeu des oppositions
  • La dissolution de LREM, parti factice destiné à servir l’ambition carriériste d’un seul homme
  • L’inscription dans la Constitution de l’interdiction de toute collusion avec le secteur privé des candidats aux élections présidentielles, législatives et régionales
  • L’interdiction pour tout lobby quel qu’il soit d’être représenté dans une assemblér républicaine. La pénalisation de toute tentative de corruption ou d’influence d’élus de la part d’organismes financiers, d’entreprises ou de lobbies, sous quelque forme que ce soit (y compris cadeaux, repas, vacances…)
  • L’abandon immédiat et total de la réforme des retraites
  • Une revalorisation immédiate du SMIC à hauteur de 30%
  • Un moratoire de 5 ans sur les hausses du prix des carburants, du gaz domestique et de l’électricité
  • Un encadrement des prix de tous les biens et services de consommation courante, avec une interdiction totale d’augmentation du prix des denrées alimentaires de base partout en France
  • La création d’un organisme public indépendant chargé de garantir l’encadrement du prix de l’énergie pour tous les fournisseurs
  • La création d’un ensemble de mesures incitatives pour permettre le passage d’ici 10 ans à 50% d’agriculture bio en France
  • L’interdiction progressive totale de tous pesticides et perturbateurs endocriniens (étalée sur 10 à 20 ans selon les produits). Le remplacement des pesticides chimiques par des pesticides naturels ou non polluants à prix compétitif. L’extension de cette mesure à nos partenaires européens.
  • La tenue d’une Convention Nationale de la Santé réunissant tous les acteurs concernés (Sécurité Sociale, médecins et auxiliaires de santé, pharmaciens, Assistance Publique, cliniques privées…) destinée à évaluer les conditions d’équilibre, d’harmonisation et d’excellence de tout notre système de santé, de la Sécurité Sociale, du maintien et de l’amélioration des soins et prestations, la réorganisation de l’Assistance Publique afin de garantir le fonctionnement de tous ses services, son refinancement afin de garantir de meilleurs services, plus de personnel médical, de soin et d’encadrement
  • L’inscription dans la Constitution de l’écologie et de la lutte contre le changement climatique comme priorités nationales au nom des générations futures, qui engage tous les services de l’Etat
  • La création d’une Commission de contrôle environnemental indépendante du gouvernement chargée de contrôler la conformité de tous les critères engagés par la France relatifs à la transition écologique et à la protection de l’environnement, avec un droit de sanction en cas de non respect
  • L’augmentation immédiate du budget de la fonction publique et l’embauche de 100.000 fonctionnaires supplémentaires dans les domaines suivants : santé, éducation, emploi, services sociaux, environnement, sécurité nationale pompiers, Police, lutte contre le terrorisme et la radicalisation…
  • La création d’un emprunt d’Etat à taux garanti supérieur à celui des produits d’épargne courants afin de financer les augmentations budgétaires dès 2021
  • l’inscription au niveau européen puis mondial d’un moratoire global visant à effacer la dette des états les plus pauvres. Mais aussi d’un moratoire pour tous les états endettés. Une dénonciation globale du système financier fondé sur la dette visant à assujettir les états et les pouvoirs politiques au pouvoir financier
  • La mise en place d’une table ronde au niveau mondial composée de représentants des différentes nations du monde visant à redéfinir les règles du capitalisme mondial, à refonder les liens qui subordonnent le monde de la finance, le monde économique et le monde politique (les états souverains) aux grandes institutions mondiales de la finance
  • Le refonte du Conseil économique et social en un Comité national d’expertise, composé des 1000 meilleurs experts français dans tous les domaines. Ce comité pourra être consulté à tout moment par le gouvernement ou le Parlement pour l’élaboration des lois, décrets et décisions. Mais aussi émettre des avis sur la politique du gouvernement, des collectivités, la situation économique, sociale, administrative de la France.
  • création d’un Conseil National Citoyen composé de citoyens non élus ayant pour mission de contrôler l’action de l’Etat, d’émettre des avis, recommandations ou sanctions analogues à celles du Conseil d’Etat dans les domaines suivants : budget de l’Etat, fiscalité, transparence des ministres et élus, finances publiques, haute fonction publique, administration et services publics, politique en matière économique, d’énergie, d’emploi, d’éducation, de défense, de sécurité et de renseignement, de transport, de santé, d’immigration, de défense des minorités, de culture et de francophonie, de relations extérieures, de coopération, d’aide au développement, d’écologie, d’aménagement du territoire, de collectivités territoriales, prévention de la précarisation sociale, de la violence, de la délinquance, de la radicalisation et du terrorisme, participation et votes de la France dans les institutions européennes, internationales et mondiales. Ce conseil sera composé de citoyens représentatifs de la société française tirés au sort parmi ceux qui se seront déclarés candidats sur internet. Ce Conseil n’est pas une forme de démocratie directe qui se substituerait à l’action du parlement, mais un moyen de remettre nos institutions en prise plus directe avec le peuples souverain.
  • L’élargissement du Référendum d’Initiative Citoyenne à des initiatives rassemblant 500.000 personnes sur internet. Examen systématique des autres initiatives à partir de 5.000 signataires
  • La France est la 6e puissance mondiale et compte en 2019 10 millions de pauvres. Une situation inacceptable.
    Nous demandons la création d’un Plan national de lutte contre la pauvreté. Comportant notamment la révision et la revalorisation des minima sociaux, des aides et des services proposés aux chômeurs de longue durée, aux personnes âgées, aux personnes malades, handicapées, invalides, aux personnes seules, aux mères célibataires, aux demandeurs d’asile et aux migrants… La création d’un organisme unique pour venir en aide aux sans-abris, en particulier en hiver, avec des services d’hébergement d’urgence, la distribution de repas, de vêtements, des services de santé, sanitaires, sociaux et d’entraide locale, une meilleure organisation et des moyens accrus pour les services du Samu Social, une meilleure coordination avec les ONG, associations et intervenants spécialisées.
  • Pour mieux s’occuper des plus démunis présents sur notre territoire la France doit mieux maîtriser son immigration. Nous demandons l’instauration de quotas justes et raisonnables pour satisfaire nos besoins réels en termes d’immigration économique. L’arrêt ou la réduction au minimum du regroupement familial. Une concertation plus étroite avec nos partenaires européens pour prévoir et adapter nos moyens et mieux encadrer l’immigration liée aux conflits et aux mouvements massifs de populations vers l’Europe. De meilleures conditions d’accompagnement et d’intégration pour les demandeurs d’asile. Nous demandons que la France soit avec l’Europe à l’initiative d’un Plan démographique mondial pour anticiper et gérer les futurs mouvements massifs de population (plusieurs milliards de personnes) liés aux migrations climatiques à venir.
  • La création d’un Plan national d’éducation, d’insertion et de lutte contre l’exclusion. Réviser complètement la logique du système éducatif, de formation, d’alternance. Redéfinir les priorités de l’Education nationale : préparer à la vie active mais surtout à la vie tout court. Renforcer dès l’école la formation à l’esprit critique, à l’esprit d’équipe, les facultés de raisonnement, d’initiative, de jugement, de collaboration. Initier à la vie en société, à la citoyenneté, à l’engagement social, au respect des différences, au partage, à la recherche de l’intérêt général plus qu’à la compétition et la réussite individuelle. Stimuler l’intelligence plus que l’apport de connaissances, la culture générale plus que l’hyper spécialisation, les savoir-faire cognitifs, relationnels et pratiques plus que techniques. Adapter l’école au monde ouvert de demain, plus qu’au monde du travail en France aujourd’hui. Développer des modes de valorisation des compétences individuelles autres que le travail salarié, notamment pour les personnes sans emploi, handicapées, les jeunes en insertion, les anciens détenus, les retraités, les exclus…

En mai, fais ce qu’il leur plaît ! – Macron, mai 68 et les bobos

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Etudiant lançant des pavés lors des manifestations étudiantes le 25 mai 1968 dans le Quartier latin à Paris

On fêtera bientôt les 50 ans de mai 68.

Vous vous rendez compte ?

Le Président Macron, c’est le moins que l’on puisse dire, a d’autres priorités à son agenda et semble peu pressé de fêter l’événement.

Plus à l’aise dans les salons parisiens qu’avec les symboles de la gauche populaire.

Plus en phase avec le très politiquement correct « esprit du 11 janvier » qui reflète bien l‘atmosphère anémiée du moment qu’avec la Grande Récré des enfants du baby-boom, le souffle révolutionnaire des barricades et ce genre de commémorations un peu casse-gueule.

Pas de risques, pas de vagues, et surtout pas question de donner une caution à la rue.

Et gare à ceux qui contreviendraient au devoir de réserve : ils seront sévèrement sanctionnés !

Après le temps des cerises, le temps des prunes.

Pas d’artistes du moment, de stars ni de people conviés pour scénariser ce Cinquantenaire. Comme au temps des grand-messes mitterrandiennes qui avaient élevé le fameux « Bicentenaire » au rang de rite planétaire.

Même pas un entrefilet dans la presse pour rappeler que cela fera 50 ans dans trois mois que quelques étudiants chevelus de la Sorbonne et de Nanterre emmenés par un rouquin très agité déclenchaient toute une série de grèves et de manifs qui allaient mettre la France cul par-dessus tête et faire chanceler le régime gaulliste.

Aurait-on à ce point changé d’époque ? Que plus personne ne semble s’en préoccuper ?

Certes, la Génération Macron ou celle d’En Marche ! n’a rien à voir avec celle des bobos (bourgeois bohêmes).

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Les jeunes quadras d’aujourd’hui, à peine dépucelés de leur virginité politique à la faveur d’un fin stratège qui a dynamité tout l’échiquier, n’ont ni les référents ni les aspirations de leurs aînés, abîmés dans le confort et « l’esprit Canal ».

Cette génération au seuil de la quarantaine à laquelle appartient Emmanuel Macron, et que les sociologues du marketing appellent les momos (mobiles moraux), ont grandi dans les années 1990 : ils n’ont connu que la crise, le chômage et un marché du travail tendu. Ils ont dû sacrifier à de longues études, apprendre à s’adapter aux contraintes économiques, accepter d’être hyper mobiles et réactifs pour changer souvent de métier, de secteur, voire de pays au cours de leur carrière.

Serge July, Emmanuel Macron et Mark Zuckerberg, icônes des générations « bobo », « momo » et « yoyo »

Ces braves petits soldats de la mondialisation obéissants et angoissés ne partagent absolument pas les rêves et les luttes rebelles de leurs parents les bobos.

Autant les bobos sont volontiers décalés, frondeurs, rebelles et contestataires – du moins dans la posture – autant leurs enfants les momos sont hypernormés, et à fond dans le Système !

Autant les baby-boomers ont rêvé d’un autre monde où la terre serait ronde, d’être réalistes en demandant l’impossible, de réinventer la société et de changer la vie, autant les momos sont de véritables gardiens zélés du Temple ultralibéral et « progressiste ». Prêts à dénoncer tout dérapage verbal, tout écart de comportement ou de langage qui risquerait d’écorner la Pensée unique et de dévier un tant soit peu de la ligne orthodoxe imposée par le politiquement correct.

Quant à la génération suivante, celle des yoyos (young yobs : jeunes loubards) qui composent une bonne partie de l’équipe Macron, ces trentenaires malins comme des bonobos et opportunistes comme par deux, ils n’en ont strictement rien à cirer des discours des élites et des politiques.

A eux on ne la fait plus ! On leur a tellement bourré le mou avec des discours moralisateurs, culpabilisateurs et anxiogènes, avec ces vieilles rengaines humanistes, droits-de-l’hommistes, libertaristes, égalitaristes, communautaristes ou féministes, qu’ils s’en moquent avec une effronterie aussi calculée que jubilatoire.

Ils se servent de tout, détournent tout, customisent tout, n’ont aucune morale, aucun scrupule et aucune préoccupation, sinon de saisir les opportunités à leur portée, et d’utiliser les failles du système à leur avantage. Pour s’en sortir, pour réussir, gagner de d’argent ou pour aider leurs potes.

Ils ne cherchent ni à flamber comme les bobos ni à placer leurs économies en s’angoissant à propos de l’avenir et de leurs gosses qu’ils n’ont pas encore comme les momos.

Eventuellement ils réalisent à l’occasion de juteux placements boursiers dans quelque startup, aussitôt réinvestis dans des achats dictés par leur fantaisie du moment.

Ce sont des jouisseurs, des opportunistes, des pragmatiques, qui n’en font toujours qu’à leur tête. Qui vivent l’instant présent et se moquent éperdument que le monde puisse s’écrouler autour d’eux, sinon pour kiffer sa race sur leur console de jeux.

Ils vivent en tribus, et en changent comme de paires de Nike.

Ils sont à fond dans les nouvelles technologies, car ils ont grandi avec une Gameboy entre les mains, surfent sur internet dès leur plus jeune âge, et en maîtrisent tous les rouages.

Ils anticipent sinon inventent eux-mêmes les modes et les nouveaux courants, plus pour s’amuser ou par opportunisme que par snobisme.

Ces yoyos ne sont pas ceux qu’on entend le plus dans le staff Macron. Sinon au travers de ce pragmatisme très réactif et sans réelles convictions sauf pour flatter la galerie. L‘esprit momo tient encore le haut du pavé, pour la vitrine du moins.

Ces deux générations sont les enfants de la mondialisation.

Mais ils ne fantasment pas comme leurs aînés sur un universalisme très idéaliste et politisé en prétendant bousculer l’ordre établi. L’ordre ou le désordre, ils s’en tapent.

L’ordre et les règles ils savent parfaitement les contourner. Et le désordre leur permet de tirer leurs biles au milieu de la confusion.

Si les momos sont à fond dans l’humanitaire, les yoyos s’en foutent royalement, sinon quand ça les touche directement ou pour faire mine de plaire à leurs grands-frères.

Pour les momos comme pour les yoyos, Mai 68 c’est comme la bataille de Marignan : un truc appris dans les livres d’Histoire.

Ou éventuellement un refrain barbant dont leurs parents les ont suffisamment bassinés pour qu’ils en ignorent la teneur.

Les momos regardent leurs vieux comme des pauvres ados rêveurs abîmés dans des glorioles pitoyables et leurs souvenirs de fac. En leur confiant à l’occasion la garde du petit dernier sagement endormi dans son landau connecté signé Stark ou Pinifarina.

Les yoyos quant à eux observent ces vieux darons avec amusement et respect, parce que quand même, Mai 68 ça devait être un sacré kif !

Mais ils en parlent comme d’un truc de ouf, exactement comme ils s’excitent sur le méga set de leur DJ favori dans le prochain festival électro.

Bobos et yoyos sont souvent potes.

Les premiers offrent aux seconds une conscience par procuration. Et les seconds permettent aux premiers de ne pas devenir gâteux en les initiant au vertige néo-psychédélique des réalités augmentées.

Globalement on est aujourd’hui en France aux antipodes des lendemains qui chantent.

Des couplets maoïstes, trotskistes ou castristes lancés depuis la tribune ou vomis sur les CRS-SS.

On est bien loin des expérimentations loufoques, de la révolution sexuelle, de la musique de Pink Floyd, des Doors, du pop art, des chemises à fleurs, des colliers hippies, de l’encens, de Woodstock, du LSD, des partouzes géantes et des slogans comme « Il est interdit d’interdire »…

Même si, la nostalgie aidant et la mode rétro 70s ou 90s des années 2010 faisant loi, on revisite ces icônes de la génération hippie.

Pour le reste, ça fait plusieurs décennies que c’est Back to reality!

Et pour les plus téméraires, un rail de coke, volume à fond, binge drinking et baise à tout va jusqu’au prochain after.

Mai 68, c’est au mieux un mythe sympa, au pire un truc ringard de musée.

Les bobos ont du mal à en démordre, mais on a changé de siècle.

Les crises économiques, la chute du Mur de Berlin, le 11 septembre, internet et Twitter sont passés par là.

Les idéologies qui ont bercé leur jeunesse ont été remisées sur les étagères de l’Histoire.


Leurs idoles, Marx, le Che ou Sartre, n’ont même pas leur statue au Musée Grévin.

Ceux qui ont portées ces années du Changement se sont recyclés pour les plus chanceux dans le journalisme ou la politique (mais ils ont été balayés par le tsunami En Marche ! ou sont devenus de sages courtisans du Prince…).

Ils bossent et parfois ont fait fortune dans l’écologie, l’économie verte ou le numérique, le multimédia, le marché de l’art moderne, le business du bio, du bien-être ou du développement personnel.

Et pour les plus largués, le Grand Soir se résume le plus souvent à croupir dans une ONG en attendant la ménopause du cadre, à tenter de reconstruire un château de sable en pleurant sur les ruines du PS, à publier des compiles rééditant les tubes de leurs groupes fétiches, ou bien à faire le guignol dans les talk-shows le samedi soir pour les nunuches engagées qui prétendent avoir une conscience et qui lisent Philo Magazine.

Quant aux plus endurcis, nombreux sont ceux ont pas finis fauchés par le sida, une overdose, un infarctus ou un cancer, ecstasiés et pesant 30 ans kilos sur une plage de Goa, ou carrément suicidés, soit à cause de leurs excès de sexe et de drogues qui leur ont ravagé la capsule, soit parce que leurs doux rêves se sont fracassés sur le roc des flamboyantes mais austères années 80.

Les rescapés ont quitté les radars et vivent planqués dans leur salon germanopratin, ou toujours scotchés dans leur ashram en Inde, une communauté new age ou une ferme dans les Cévennes.

Alors, faut-il ou non fêter Mai 68 ?

Si c’est pour ressortir les vieux gimmicks, sûrement pas !

Qui plus est, l’aspect politique et contestataire de cette ultime « révolution » n’est pas forcément bon à titiller.

Une bonne grève générale pour faire barrage à la Loi Travail est justement ce qu’a soigneusement voulu éviter le Président Macron, fort de son expérience d’éminence grise puis de ministre du quinquennat Hollande et des fameuses Nuits debout qui s’en suivirent.

Aujourd’hui tout le monde est rentré dans le rang. Et beaucoup s’extasient toujours devant ce jeune président si nouveau, si intelligent, si bien élevé, si propre sur lui, si posé, si courtois avec les femmes et si sympathique.

Les Français ont troqué un excité narcissique et corrompu, suivi d’un gros balourd qui les a roulés dans la farine sitôt élu en s’asseyant sur ses promesses socialistes, contre une sorte de Prime Minister brittanique, au style très monarchique, bon teint, sage et moderne. Et totalement à la solde des molochs américains et européens. Un peu comme Tony Blair.

Alors le Général à côté c’est Che Guevara !…

L’esprit et les valeurs libertaires de Mai 68 ont depuis l’ère Mitterrand totalement imprégné la société, ses modèles et ses discours.

Au point qu’on n’en a même plus conscience.

Même Sarko a été présenté récemment par certains commentateurs comme un héritier de l’Après-Mai 68. Qu’il avait pourtant combattu.

Sauf qu’aujourd’hui, voir des filles à poil à 18 heures à la télé comme au bon vieux temps des Coco girls du Collaro Show c’est totalement impensable !

De nos jours les normes sont bien verrouillées. Et quiconque s’en écarte risque le pilori médiatique dans la seconde qui suit, voire un procès ou le zonzon s’il refuse de faire repentance et continue d’alimenter le scandale.

On peut sacrifier à tous les écarts, toutes les perversions, toutes les outrances, tous les excès et tous les délires, du moment qu’ils sont soigneusement répertoriés et labélisés.

Pour le reste, si l’on s’écarte un tant soit peu de la Pensée unique, on est aussitôt taxé au mieux de « complotiste », au pire de « terroriste ».

Alors faire la révolution, vous n’y pensez pas !

Nos contemporains sont frileux, formatés, lobotomisés, partagent des indignations téléguidées et à géométrie variable.

L’indignation réflexe est une posture obligée si l’on veut s’afficher comme un bon citoyen équipé d’une conscience éthique.

Mais le libre arbitre et l’esprit critique – le vrai – ou la contestation de l’ordre établi au nom d’un Idéal ou d’un projet alternatif de société sont des crimes de lèse-conformisme inadmissibles en « démocrassie » !

Alors on se contente de faire semblant d’être un rebelle. On s’agite et l’on s’offusque aussitôt que son voisin fait un pet de travers. On monte des kabbales hystériques sur Facebook pour des boulettes. Et c’est ce cirque burlesque et grandiloquent qui constitue l’Alpha et l’Oméga des moutons de panurge.

Dont les neurones sont totalement grippés par leur flip incessant, soigneusement monté en neige par les médias à propos du terrorisme, de la vache folle ou de la bombinette nord-coréenne.

Pourtant, il serait urgent de réapprendre à rêver.

Urgent de s’enivrer.

Et de remettre l’imagination au pouvoir.

D’ouvrir les yeux sur l’avenir au lieu d’ânonner le même catéchisme. D’inventer le monde de demain. Un monde qui sera fraternel, universel, unifié et pacifié.

Ou ne sera pas.

Un monde qui verra toutes les consciences planétaires totalement interconnectées. Et en tout cas par autre chose que l’écran mensonger des logiques du Système.

Mais ça, soyons certain que les milices du Zeitgeist s’empressent de nous en dissuader.

Nous incitant au contraire à nous vautrer dans la fascination du Vide, le culte de l’Ephémère, de l’Insignifiant. A nous prosterner devant les idoles consuméristes de leur Panthéon des Vanités.

Plus qu’une nouvelle « révolution », politique, sociale ou institutionnelle, c’est un Grand Saut de la conscience qu’il convient pour nous tous ensemble d’opérer en ce siècle.

Un siècle qui verra s’accomplir les plus grands bouleversements que l’humanité ait jamais connus. Et qui l’obligera à faire face aux plus grands défis de son histoire.

Mais il faut plus que de la lucidité, de l’imagination ou de l’audace pour s’engouffrer dans la brèche de ce Changement radical qui nous aspire à lui.

Il faut accepter de mourir totalement à soi-même pour renaitre tout autre. De ne plus rien savoir ni connaître ni contrôler.

Et d’abdiquer son cher Ego au bénéfice du Bien commun.

Mais ce sacrifice, l’homo post-modernicus qui se vante pourtant d’être un rebelle et s’éprend de toutes les causes n’est pas prêt d’y consentir !

On peut se piquer d’avoir une conscience et rêver éventuellement de prolonger l’utopie matérialiste dans une fiction transhumaniste, mais de là à faire passer le sort des réfugiés climatiques avant sa tisane bio, NO WAY!

Alors oui, il serait temps de célébrer le joli mois de mai, avant que l’hiver ne s’abatte définitivement sur nos belles illusions.

La « fin du travail », ou le commencement d’autre chose ?

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Les élections présidentielles de 2017 ont fait de la question du travail comme ressource et comme valeur un thème central des débats.

Pour la plupart des candidats (principalement Macron, Fillon et Mélenchon), il faudrait s’en tenir au modèle classique : seule la contribution sous la forme d’un travail fourni à la collectivité peut justifier l’attribution d’un revenu à chaque individu valide et en âge d’exercer une activité.

Les candidats de gauche (Hamon et Mélenchon) font toutefois du thème de la protection sociale l’un des acquis à préserver impérativement compte tenu des menaces que font peser leurs remise en cause par les aménagements comme la loi El Khomri, symbole de la victoire du libéralisme et des « cadeaux faits au patronat » par un gouvernement prétendument socialiste.

Benoît Hamon bouleverse radicalement l’équilibre classique entre la vision classique des revenus issus du travail soumis à l’arbitraire des entreprises et celle du protectionnisme social étatique. En proposant pour la première fois dans l’histoire française de créer un revenu universel sans conditions d’attribution.

Une mesure polémique que son promoteur justifie par la perspective d’un proche avenir marqué par la raréfaction du travail, du fait de l’essor des nouvelles technologies et de l’amélioration de la performance productiviste, et conduisant au remplacement généralisé des employés par des robots.

Selon cette conception nouvelle, le travail ne serait plus la condition principale pour se voir attribuer un revenu dépendant de sa force de travail et de la valeur ajoutée produite, des mérites obtenus au terme d’une vie de travail passée à cumuler des points de retraite, ou de sa situation provisoire ou définitive d’incapacité à exercer une activité : chômage, invalidité, maladie, congé de maternité, formation…). Ce serait un revenu attribué à tous, de façon exclusive ou complémentaire à d’autres rémunérations, qui permettrait à chacun de vivre décemment, de se loger, se soigner et d’élever ses enfants. Sans pour autant être tenu à exercer une mission d’intérêt général pour justifier l’octroi d’une aide minimum comme le RSA, ou une tout autre contribution citoyenne pour mériter d’être payé sans travailler.

Quant au Front National, il bouleverse les clivages politiques habituels entre droite et gauche en proposant un modèle fondé à la fois sur le protectionnisme et la préférence nationale, un scepticisme radical à l’égard du système et des institutions mondiales et européennes qui en sont l’armature institutionnelle, et une volonté de « protéger » les catégories populaires contre toutes les « insécurités » liées à l’économie sauvage, au pourvoir de la finance, au terrorisme, à la violence sociale et au communautarisme.

Outre son coût exorbitant, la plupart de ceux qui réfutent l’idée de revenu universel qualifiée d’irréaliste, utopiste, démagogique voire scandaleuse, le font par fidélité au principe qu’on ne peut rémunérer quiconque sans contrepartie. Que tout revenu suppose sinon un travail du moins un échange d’intérêts réciproques, qu’il s’agisse de négocier de gré à gré ou de matérialiser par un échange financier le lien qui relie chaque individu à l’ensemble de la société.

Selon cette vision traditionnelle, rien n’est gratuit, tout se gagne. Et toute rémunération ne peut être conçue que comme la contrepartie d’un apport personnel au bien-être collectif. Le revenu est donc de fait la sanction du mérite personnel. Principe qui fonde la valeur travail autrement que selon le critère économique de « valeur ajoutée », mais selon le concept sociétal de « plus-value sociale ».

Une vision totalement contredite par les usages de la finance mondialisée, qui crée de la richesse instantanée par des simples jeux d’écritures comptables gérés par des ordinateurs, et permettent de constituer en un temps record des fortunes colossales sans aucun effort sinon l’aptitude à jouer avec les flux financiers.

La vision protestante qui fonde les valeurs du capitalisme et donne son sens au travail avait accrédité l’idée que la prospérité et la fortune personnelle, loin d’être un motif de honte ou d’envie liés à la possession des uns au détriment des autres, était au contraire la manifestation d’une gratification divine en vertu des mérites personnels. Notamment pour ceux qui par leurs efforts et leur persévérance à entreprendre utilisent leur richesse personnelle pour créer des usines, du travail, faire ainsi fructifier leur bien en investissant ou en faisant circuler le capital dans l’intérêt du plus grand nombre.

Selon ce modèle, le travail n’est aucunement une fatalité à laquelle chacun doit se soumettre pour vivre, mais au contraire une source d’épanouissement aussi bien pour le chef d’entreprise qui voit celle-ci prospérer que pour ses employés qui ont la chance d’y contribuer.

A la fin du 20e siècle, on en est même venu à croire et à faire croire que le travail était non seulement un motif de satisfaction et de fierté personnelles, mais un lieu, sinon « LE » lieu par excellence d’épanouissement individuel et collectif.

On a ainsi fait de l’entreprise une nouvelle religion. Et l’archétype de la société idéale, où chacun viendrait échanger des compétences, des ressources, des savoirs, des savoir-faire et même des savoir-être, au sein d’un espace conçu pour l’efficacité maximale et le bien-être de tous. Mais aussi un lieu régi par culture et un système de valeurs unanimement partagés, et sanctifié dans de véritables « constitutions » locales que sont les « projets d’entreprise » et autres « chartes éthiques ».

On a vite compris que ces belles déclarations orgueilleuse étaient en réalité plus des outils de management destinés à s’assurer l’allégeance totale et béate des cadres et des employés pour atteindre plus facilement les objectifs de l’entreprise, qu’elles ne reflétaient une volonté sincère de construire une société de l’Excellence visant sur la réalisation du bonheur pour tous au travail, en permettant à chacun d’exprimer tout son potentiel et de donner le meilleur de lui-même en tendant vers toujours plus d’efficacité et de perfection.

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Quelques précisions pour comprendre comment la valeur travail a évolué au cours des derniers siècles.

1/ « S’épanouir dans un travail » est en réalité un dogme plus qu’une réalité. Un dogme qui s’est généralisé très fortement dans les sociétés occidentales à partir des années 1980. Il a conduit à faire admettre à des employés et des cadres stressés et asservis à leur fonction qu’ils peuvent se réaliser intellectuellement, psychologiquement, socialement et culturellement en accomplissant un travail pour lequel il n’était pas forcément faits et qu’ils n’appréciaient pas forcément. Un moyen éprouvé pour créer de « bons petits soldats » efficaces, consentants et heureux de fabriquer du bonheur en toc pour les masses ou de vendre les produits phares de Procter & Gamble, Nestlé ou Apple.

2/ En Occident, ce mensonge institutionnel a remplacé la vision traditionnelle héritée du judéo-christianisme selon laquelle le « labeur », à savoir l’enchaînement à un travail physique éprouvant pour cultiver une terre hostile et « gagner sa vie à la sueur de son front », et partant de « la souffrance », constituaient la condition existentielle de tout être humain depuis péché originel et la chute d’Adam. Avec l’idée tordue développé par le catholicisme doloriste que la souffrance était non seulement nécessaire et inévitable mais un facteur de rédemption : plus on trime dur, plus on rame, plus on souffre en silence en acceptant son sort, et plus on gagne son Ciel, à défaut de mériter une considération légitime.

3/ De la même manière que les serfs et les tâcherons dans la société féodale étaient à peine plus émancipés que les esclaves de leurs maîtres dans l’Antiquité romaine, le capitalisme industriel a utilisé ce mythe du « travail » comme valeur soumise à ‘arbitraire des décideurs issus de la classe possédante pour exploiter toute une catégorie de travailleurs payés juste de quoi survivre en échange d’un travail mécanisé, segment, souvent répétitif et à valeur intellectuelle quasi nulle. Qui plus est sans garantie de maintien dans l’emploi, sans couverture sociale, dans des conditions sanitaires, de pénibilité et de sécurité déplorables qui diminuaient considérablement leur espérance de vie.

4/ Marx qui croyait à cette vision économique d’une société productiviste scindée entre Capital et Travail a cru pouvoir émanciper les masses laborieuses grâce au mythe de la Révolution prolétarienne sensée redonner la prépondérance au travail sur le capital et précipiter l’avènement d’une société juste, égalitaire et apte à garantir le Bonheur universel. On a vu les résultats partout où cette idéologie a été mise en place sous forme de système politique et économique étatique…

5/ Après l’effondrement du bloc soviétique, la conversion de la Chine au capitalisme et la fin des idéologies totalitaires qui avaient failli détruire le monde au 20e siècle, le libéralisme dit « progressiste » (capitalisme teinté de social-démocratie) s’est imposé comme la seul modèle a priori « juste » et viable pour garantir la croissance continue, seule moteur possible du développement économique, mais aussi les libertés individuelles, la justice sociale, l’extension des droits de l’homme à tous les peuples et la paix mondiale. Un modèle formalisé dans le concept de « Nouvel Ordre Mondial » promu à partir de la décennie 1990 par les néoconservateurs américains, les élites occidentales et incarné par les grandes institutions mondiales (ONU, OMC, UE, Banque Mondiale…) conçues comme l’embryon d’un futur « gouvernement mondial » jugé indispensable pour maintenir la paix et construire et encadrer une société prospère fondée sur la liberté totale des échanges et l’autorégulation par les marchés.

6/ Après la chute du mur de Berlin, avec la multiplication des guerres « préventives » conduites par les néoconservateurs et justifiées par le projet de renverser des dictatures ou de lutter contre le terrorisme pour instaurer la démocratie au Moyen-Orient, face aux injustices engendrées par le libre-échange et la financiarisation de l’économie, ce modèle incarné par la mondialisation économique est vite apparu non pas comme la réalité libérée de l’idéologie et le meilleur des monde souhaitable, mais come ce qu’il est : une idéologie comme une autre qui s’était imposée comme le modèle dominant imposé à toute la planète. Avec les restructurations industrielles, les mutations technologiques, l’augmentation du chômage de masse et l’avènement de la société des loisirs, on a commencé à s’interroger sur la valeur « travail » et à considérer que celui-ci n’était pas nécessairement le but de l’existence, une nécessité universelle et absolue pour gagner sa vie, ni la seule voie d’épanouissement personnel pour les individus et le seul facteur de création de lien social à valeur ajoutée.

7/ La critique de ce modèle s’est renforcée avec les excès et l’échec des politiques ultralibérales d’austérité conduisant une majorité de salariés à travailler toujours plus pour gagner moins alors que leur pouvoir d’achat diminuait et qu’une grande partie étaient condamnés à un assistanat chronique précarisant et dévalorisant sous forme de chômage de longue durée, de départ en retraire forcé et anticipé, de contrats précaires et autre voies de garage destinées à faire baisser les statistiques du chômage : formation de longue durée, reconversion, congé sabbatique, etc… L’alternative fournie par d’autres modèles émergents (altermondialisme, décroissance, écologie, développement durable, économie participative…) a accru cette suspicion à l’égard d’un modèle incapable de juguler les crises systémiques, de redresser l’économie, de vaincre le chômage et d’assurer le bonheur consumériste pour tous.

8/ Aujourd’hui le travail n’apparaît plus comme LA valeur universelle et le passage obligé pour vivre, s’épanouir, contribuer au bien-être collectif et trouver sa justification existentielle, sociale ou même spirituelle. Force est de reconnaître qu’il existe bien d’autres voies et modèles. Et ceux qui se cramponnent au travail comme seule activité contributive à la collectivité justifiant une rémunération ou seul mode d’existence paraissent archaïques et en perte de vitesse.

9/ Le Revenu Universel défendu par Benoît Hamon est la seule mesure qui pose en terme de projet social, économique et politique les bases d’une société en émergence où tous les êtres humains adultes et aptes ne seraient plus condamnés à travailler la majeure partie leur vie et la plupart du temps à contrecœur ou en réalisant des tâches ingrates, en prenant ou appliquant des décisions contraires à leur éthique, afin de gagner leur vie, d’être rémunérés à hauteur de leur valeur ajoutée sinon de leurs talents, de consommer toujours plus pour répondre à des besoins artificiels, de justifier leur existence et leur place dans la société en fonction de leur contribution au système, de leurs compétences et de leur efficacité.

10/ L’idée libérale et marxiste que le travail non seulement produit des biens et services mais « crée de la richesse » (valeur ajoutée) est aujourd’hui caduque. Avec le développement de la société de l’information et du partage des connaissances, la véritable valeur ajoutée apparaît non plus en termes d’unité d’échange à somme nulle, mais de jeux à somme positive. Selon ce modèle, toute connaissance partagée augmente la richesse de tous les acteurs de façon géométrique, au lieu de la répartir de façon arithmétique comme c’est le cas pour les biens matériels et de l’argent dès qu’ils changent de mains entre le vendeur et l’acheteur.

11/ Un nouveau paradigme économique et éthique se développe aujourd’hui, où les échanges ne sont plus fondés sur l’appauvrissement des uns au bénéfice des autres mais sur l’augmentation exponentielle de la richesse cumulée à mesure que les échanges se multiplient. Plus il y a d’acteurs interconnectés et plus il y a d’accroissement de la richesse globale également répartie. A l’inverse du système libéral où pour qu’une infime minorité concentre le maximum de richesses, il faut organiser économiquement la raréfaction des ressources, la pauvreté du plus grand nombre, et l’esclavagisation de ceux qui produisent loin de centres de décision.

12/ Le travail dans sa version classique n’est donc plus viable. Il faut urgemment imaginer et mettre en place d’autres modèles.

13/ Si le travail n’est pas le seul moyen d’épanouissement personnel et de contribution au bien commun, il peut parfois l’être. En tout cas, toute activité peut remplir ce double rôle. Y compris les activités non monnayables et dont l’efficacité ou la valeur ajouté n’est pas apparente. Comme les activités artistiques qui créent du sens ou les activités spirituelles qui créent de la réalité. En effet selon les lois de la physique quantique, rien n’existe autrement que créé par la conscience. Toute apparente réalité physique expérimentée comme extérieure à nous n’est qu’illusion. Donc tout effort conscient de la conscience se concentrant sur la création de représentation de représentations positives par la méditation ou la prière, surtout collectives crée immédiatement les champs d’attraction et de forme qui rendent la réalisation effective de ces concepts possible et plus facile.

14/ La civilisation de demain sera donc une civilisation de l’Esprit, de l’interconnexion vécue dans la contribution consciente de tous au bien de tous, de paix et d’intrication universelle de l’homme à l’Univers tout entier. Et non une société de l’abondance matérielle comme le rêvent les partisans du modèle. Pour l’heure la transition vers ce nouveau paradigme de conscience et d’humanité passe par la « société de l’information », dans laquelle les distances, les différences et les modes d’appropriation et de contrôle des savoirs tendent à se dissoudre pour générer un système ouvert d’échanges libres, permanents et aux effets infinis.