Un nouveau mouvement citoyen est né : 512, le Mouvement du 5 décembre

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PRESENTATION

Le Mouvement 512 ou Mouvement du 5 décembre est né le 5 décembre 2019, journée de grèves nationales unitaires. Une série de manifestations contre la réforme des retraites qui a suivi celles des Gilets jaunes iinitié un an plus tôt.

Ce mouvement s’appuie sur un constat partagé par une très grande majorité de Français, porté par des revendications diverses et une colère populaire qui s’exprime de plus en plus fortement sans que rien ne change.

Animé par un souci de restaurer en France une vraie dynamique démocratique et une vraie justice sociale, le mouvement 512 porte plusieurs propositions, exigences et revendications dans les domaines institutionnel, politique, social, économique, budgétaire, fiscal, administratif, éducatif, culturel, écologique, diplomatique, humanitaire ou technologique.

Le mouvement 512 est un mouvement populaire et unitaire. Populaire parce qu’il émane du peuple souverain et non de ceux qui prétendent parler en son nom. Unitaire parce qu’il vise à rassembler la nation plutôt qu’à la fragmenter.

Le mouvement 512 n’est ni un mouvement anarchiste, ni un mouvement nationaliste, ni révolutionnaire. C’est un mouvement républicain, fidèle à l’esprit, aux valeurs et aux principes de notre République.

Son but est le rétablissement de la démocratie et des vertus républicaines, en particulier la justice sociale, la solidarité et l’engagement citoyen pour le bien commun. Son but n’est aucunement de changer de régime, de renverser l’Etat ou de diviser une partie de la population contre une autre.

En revanche ce mouvement entend demander des comptes à ceux qui usurpent le pouvoir contre l’intérêt du peuple.

NB : Le Mouvement 512 est indépendant de toute appartenance politique, syndicale, corporatiste, philosophique ou religieuse. Il ne soutient aucun parti, aucun élu, aucune association ou mouvement d’aucune sorte.

Il est l’émanation des citoyens qui se reconnaissent dans les mêmes valeurs démocratiques, républicaines, sociales et citoyennes.

UN CONSTAT

En mai 2017, le pouvoir a été confisqué au peuple pour être livré aux lobbies de la finance et aux multinationales.

Le Président actuel n’est pas un chef d’Etat mais un simple haut fonctionnaire du système, et non le représentant élu de la nation malgré l’apparence de légitimité démocratique dont il jouit.

Durant deux ans et demi, pas une de ses décisions n’a été engagée dans l’intérêt du peuple français ou de la France. Mais uniquement pour satisfaire ses sponsors qui l’ont fait élire.

Le Droit du Travail continue d’être démantelé, le système de protection sociale également, le régime d’assurance chômage est réduit au strict minimum, nos services de santé sont exsangues, les services publics à bout de souffle, quand ils ne sont pas livrés au secteur privé, de grandes entreprises nationales comme la SNCF, EDF, GDF, Aéroport de Paris, La Française des Jeux sont privatisées ou démantelées comme de simples bibelots.

Aujourd’hui la France n’est plus une démocratie, mais une oligarchie ploutocratique au service d’intérêts économiques, financiers, et des plus riches. Une oligarchie qui impose ses lois selon une idéologie néolibérale au service du Marché et non du peuple.

Nous voulons que le pourvoir soit rendu au peuple au plus vite, et que la France soit gouvernée par un pouvoir exécutif qui représente et défende vraiment les Français, en particulier les moins favorisés.

NOUS DEMANDONS

  • La démission immédiate d’Emmanuel Macron et la dissolution de l’Assemblée Nationale
  • La tenue d’élections présidentielles et législatives anticipées
  • La fin du régime de parti unique et la garantie d’une vraie alternance démocratique par le jeu des oppositions
  • La dissolution de LREM, parti factice destiné à servir l’ambition carriériste d’un seul homme
  • L’inscription dans la Constitution de l’interdiction de toute collusion avec le secteur privé des candidats aux élections présidentielles, législatives et régionales
  • L’interdiction pour tout lobby quel qu’il soit d’être représenté dans une assemblér républicaine. La pénalisation de toute tentative de corruption ou d’influence d’élus de la part d’organismes financiers, d’entreprises ou de lobbies, sous quelque forme que ce soit (y compris cadeaux, repas, vacances…)
  • L’abandon immédiat et total de la réforme des retraites
  • Une revalorisation immédiate du SMIC à hauteur de 30%
  • Un moratoire de 5 ans sur les hausses du prix des carburants, du gaz domestique et de l’électricité
  • Un encadrement des prix de tous les biens et services de consommation courante, avec une interdiction totale d’augmentation du prix des denrées alimentaires de base partout en France
  • La création d’un organisme public indépendant chargé de garantir l’encadrement du prix de l’énergie pour tous les fournisseurs
  • La création d’un ensemble de mesures incitatives pour permettre le passage d’ici 10 ans à 50% d’agriculture bio en France
  • L’interdiction progressive totale de tous pesticides et perturbateurs endocriniens (étalée sur 10 à 20 ans selon les produits). Le remplacement des pesticides chimiques par des pesticides naturels ou non polluants à prix compétitif. L’extension de cette mesure à nos partenaires européens.
  • La tenue d’une Convention Nationale de la Santé réunissant tous les acteurs concernés (Sécurité Sociale, médecins et auxiliaires de santé, pharmaciens, Assistance Publique, cliniques privées…) destinée à évaluer les conditions d’équilibre, d’harmonisation et d’excellence de tout notre système de santé, de la Sécurité Sociale, du maintien et de l’amélioration des soins et prestations, la réorganisation de l’Assistance Publique afin de garantir le fonctionnement de tous ses services, son refinancement afin de garantir de meilleurs services, plus de personnel médical, de soin et d’encadrement
  • L’inscription dans la Constitution de l’écologie et de la lutte contre le changement climatique comme priorités nationales au nom des générations futures, qui engage tous les services de l’Etat
  • La création d’une Commission de contrôle environnemental indépendante du gouvernement chargée de contrôler la conformité de tous les critères engagés par la France relatifs à la transition écologique et à la protection de l’environnement, avec un droit de sanction en cas de non respect
  • L’augmentation immédiate du budget de la fonction publique et l’embauche de 100.000 fonctionnaires supplémentaires dans les domaines suivants : santé, éducation, emploi, services sociaux, environnement, sécurité nationale pompiers, Police, lutte contre le terrorisme et la radicalisation…
  • La création d’un emprunt d’Etat à taux garanti supérieur à celui des produits d’épargne courants afin de financer les augmentations budgétaires dès 2021
  • l’inscription au niveau européen puis mondial d’un moratoire global visant à effacer la dette des états les plus pauvres. Mais aussi d’un moratoire pour tous les états endettés. Une dénonciation globale du système financier fondé sur la dette visant à assujettir les états et les pouvoirs politiques au pouvoir financier
  • La mise en place d’une table ronde au niveau mondial composée de représentants des différentes nations du monde visant à redéfinir les règles du capitalisme mondial, à refonder les liens qui subordonnent le monde de la finance, le monde économique et le monde politique (les états souverains) aux grandes institutions mondiales de la finance
  • Le refonte du Conseil économique et social en un Comité national d’expertise, composé des 1000 meilleurs experts français dans tous les domaines. Ce comité pourra être consulté à tout moment par le gouvernement ou le Parlement pour l’élaboration des lois, décrets et décisions. Mais aussi émettre des avis sur la politique du gouvernement, des collectivités, la situation économique, sociale, administrative de la France.
  • création d’un Conseil National Citoyen composé de citoyens non élus ayant pour mission de contrôler l’action de l’Etat, d’émettre des avis, recommandations ou sanctions analogues à celles du Conseil d’Etat dans les domaines suivants : budget de l’Etat, fiscalité, transparence des ministres et élus, finances publiques, haute fonction publique, administration et services publics, politique en matière économique, d’énergie, d’emploi, d’éducation, de défense, de sécurité et de renseignement, de transport, de santé, d’immigration, de défense des minorités, de culture et de francophonie, de relations extérieures, de coopération, d’aide au développement, d’écologie, d’aménagement du territoire, de collectivités territoriales, prévention de la précarisation sociale, de la violence, de la délinquance, de la radicalisation et du terrorisme, participation et votes de la France dans les institutions européennes, internationales et mondiales. Ce conseil sera composé de citoyens représentatifs de la société française tirés au sort parmi ceux qui se seront déclarés candidats sur internet. Ce Conseil n’est pas une forme de démocratie directe qui se substituerait à l’action du parlement, mais un moyen de remettre nos institutions en prise plus directe avec le peuples souverain.
  • L’élargissement du Référendum d’Initiative Citoyenne à des initiatives rassemblant 500.000 personnes sur internet. Examen systématique des autres initiatives à partir de 5.000 signataires
  • La France est la 6e puissance mondiale et compte en 2019 10 millions de pauvres. Une situation inacceptable.
    Nous demandons la création d’un Plan national de lutte contre la pauvreté. Comportant notamment la révision et la revalorisation des minima sociaux, des aides et des services proposés aux chômeurs de longue durée, aux personnes âgées, aux personnes malades, handicapées, invalides, aux personnes seules, aux mères célibataires, aux demandeurs d’asile et aux migrants… La création d’un organisme unique pour venir en aide aux sans-abris, en particulier en hiver, avec des services d’hébergement d’urgence, la distribution de repas, de vêtements, des services de santé, sanitaires, sociaux et d’entraide locale, une meilleure organisation et des moyens accrus pour les services du Samu Social, une meilleure coordination avec les ONG, associations et intervenants spécialisées.
  • Pour mieux s’occuper des plus démunis présents sur notre territoire la France doit mieux maîtriser son immigration. Nous demandons l’instauration de quotas justes et raisonnables pour satisfaire nos besoins réels en termes d’immigration économique. L’arrêt ou la réduction au minimum du regroupement familial. Une concertation plus étroite avec nos partenaires européens pour prévoir et adapter nos moyens et mieux encadrer l’immigration liée aux conflits et aux mouvements massifs de populations vers l’Europe. De meilleures conditions d’accompagnement et d’intégration pour les demandeurs d’asile. Nous demandons que la France soit avec l’Europe à l’initiative d’un Plan démographique mondial pour anticiper et gérer les futurs mouvements massifs de population (plusieurs milliards de personnes) liés aux migrations climatiques à venir.
  • La création d’un Plan national d’éducation, d’insertion et de lutte contre l’exclusion. Réviser complètement la logique du système éducatif, de formation, d’alternance. Redéfinir les priorités de l’Education nationale : préparer à la vie active mais surtout à la vie tout court. Renforcer dès l’école la formation à l’esprit critique, à l’esprit d’équipe, les facultés de raisonnement, d’initiative, de jugement, de collaboration. Initier à la vie en société, à la citoyenneté, à l’engagement social, au respect des différences, au partage, à la recherche de l’intérêt général plus qu’à la compétition et la réussite individuelle. Stimuler l’intelligence plus que l’apport de connaissances, la culture générale plus que l’hyper spécialisation, les savoir-faire cognitifs, relationnels et pratiques plus que techniques. Adapter l’école au monde ouvert de demain, plus qu’au monde du travail en France aujourd’hui. Développer des modes de valorisation des compétences individuelles autres que le travail salarié, notamment pour les personnes sans emploi, handicapées, les jeunes en insertion, les anciens détenus, les retraités, les exclus…

Climat : Thunberg 1–Macron 0

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Ainsi Macron n’a pas apprécié le discours de Greta Thunberg à l’ONU. Ni son initiative de porter plainte contre 5 pays dont la France, qu’il juge injuste et trop « radicale ».

Tout comme il ne semble pas apprécier ces grandes marches de jeunes pour le climat qui grossissent chaque vendredi partout dans le monde. Selon lui, c’est « sympathique » mais « ce n’est pas le problème ».

Le tout nouveau « Champion de la Terre » est sans doute vexé d’être désavoué par sa jeunesse alors qu’on vient de lui décerner un prix à l’ONU pour son coup de comm sur l’Amazonie.

Jupiter est trop habitué au rôle de premier de la classe. Persuadé d’être plus intelligent que tout le monde et d’avoir raison sur tout, il est aussi le pur produit du dégagisme. Lui qui a envoyé tous les vieux barbons du sérail au musée de la politique se croit sans doute irremplaçable.

Il est également conscient qu’il ne doit pas son succès à la pertinence de sa vision du monde, mais à son habileté politique et à ses bienfaiteurs, qui en quelques années l’ont catapulté au sommet de l’Etat.

Sans doute goûte-t-il aujourd’hui avec amertume le fait qu’une gamine de 16 ans dénonce avec force l’hypocrisie des dirigeants du monde qui multiplient promesses et déclarations sans agir.

« Il ne faut pas créer une génération de déprimés. » Cette phrase de Jean-Michel Blanquer en écho à l’ire jupitérienne traduit bien plus qu’une volonté d’afficher un déterminisme confiant.

En affirmant qu’« on ne mobilise pas avec du désespoir, presque de la haine », le gouvernement laisse deviner une angoisse sur fond de crise des gilets jaunes. En vérité, Macron sait pertinemment que le désespoir est bien plus mobilisateur que les promesses et les coups de comm.

Et que le désespoir d’une jeunesse sacrifiée pourrait être un jour bien plus cuisant que celui de gilets jaunes réclamant plus de pouvoir d’achat. Quand on a fait l’ENA le « pouvoir d’achat » on sait bidouiller. S’agissant du climat c’est une autre affaire…

Si Macron fait mine de botter en touche, de crier à l’injustice en rappelant que la France est leader en matière de lutte contre le réchauffement, c’est parce que l’enfant chéri du libéralisme et de la finance, le soldat zélé du système et des lobbies, sait que cette génération demande bien plus que quelques déclarations ou mesures pour rassurer.

Si les générations précédentes mesurent aujourd’hui la réalité du changement climatique, l’ampleur des menaces et l’urgence d’y répondre, elles ne sont pas prêtes à engager un changement radical pour sauver la planète. Les jeunes eux savent que c’est la survie de l’espèce humaine, la leur en premier lieu, qui est en jeu. Et qu’on ne pourra éviter le pire sans un changement complet de modèle de société.

Alors que personne ne croit à son virage social ni à sa conversion à l’écologie, Macron craint d’être démasqué pour ce qu’il est : un illusionniste de plus soucieux de servir le système en veillant à éviter les remous. Incapable d’être plus qu’un simple gestionnaire et d’apporter une vision, des solutions et de l’audace face aux enjeux les plus cruciaux auxquels l’humanité est confrontée durant ce siècle.

Il faudra encore beaucoup de Greta Thunberg pour que les nations du monde et leurs dirigeants décident de se mobiliser pour autre chose que se donner bonne conscience avec quelques points de bilan carbone en moins.

Quand on voit la complaisance du gouvernement à propos des pesticides on se dit qu’il n’y a pas grand-chose à attendre sur le réchauffement climatique. Macron a eu beau jeu de pavoiser au G7 de Biarritz en s’en prenant au cynique Bolsonaro à propos de la déforestation.

Aucun pays ne peut s’ériger en modèle ou en juge ni agir seul pour le climat. Le problème ne peut être résolu que d’un point de vue global. Les économies, les infrastructures et les systèmes sont interdépendants. Et la pression des lobbies pèse trop sur les politiques et les institutions mondiales pour dégager une marge de manœuvre suffisamment efficace.

Pour parvenir à mobiliser toute l’humanité et toutes les nations du monde, il faut un changement radical de la conscience collective, de notre identité et de nos valeurs communes, de nos priorités et des moyens que nous voulons mettre en œuvre.

C’est tout le système sur lequel est fondée notre civilisation mondialisée qu’il faut revoir.

On ne réussira pas en tentant d’abattre la forteresse du système actuel, fondé sur la course à la productivité, à la consommation, aux richesses et à l’argent. Car les résistances qu’opposent ce système aux assauts qu’il pourrait subir sont trop puissantes pour ne pas entraîner l’humanité dans un chaos supplémentaire.

Rien d’efficace ne se produira non plus en cherchant à réformer ce système de l’intérieur. Car les mécanismes qui lui permettent de se préserver empêchent d’atteindre un niveau de transformation suffisant pour en modifier les grandes orientations.

Des initiatives comme celle Greta Thunberg qui vont dans le sens d’une plus grande prise de conscience, d’une dénonciation de l’inaction et de l’hypocrisie des dirigeants, et d’une mobilisation des jeunes générations sont sans doute porteuses d’espoir.

Plus cette tension va devenir critique, plus la perspective d’une issue pourra se dégager. L’étymologie du mot crise traduit un double sens : celui de la « manifestation d’une maladie grave », mais aussi celui de « jugement ».

Il ne suffit pas de répéter de façon anxiogène qu’il faut agir vite. Encore faut-il voir les leviers d’action. Et que les efforts consentis pour les mettre en œuvre s’inscrivent dans une nouvelle perspective de sens.

La crise du climat ne se résoudra pas en accumulant les mesures sans changer les fondements de notre civilisation. Elle ne se résoudra pas non plus par une utopie.

Elle ne se résoudra – et d’autres crises avec elle – que quand l’humanité aura acquis la pleine conscience du prix et du sens de la vie, de sa place dans l’univers, de ses immenses capacités, de son destin commun et de ses facultés infinies à collaborer pour le meilleur avec les autres espèces et tout ce qui l’entoure.