Macron et la colonisation : le degré zéro de la conscience historique et politique

Mis en avant

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Macron est de plus en plus creux, ridicule et exaspérant.

Oser parler de « crime contre l’humanité » et de « barbarie » à propos de la colonisation lors d’un interview sur une chaîne algérienne *… Et puis quoi encore ?

Si ça n’est pas de la pure démagogie, qu’est-ce que c’est ?

La vérité c’est qu’on n’écrit pas l’Histoire à rebours. Et qu’on ne juge pas ce qui s’est passé il y a 50 ans, un siècle ou 500 ans avec des critères d’aujourd’hui. Car l’humanité et la conscience progressent (en principe) et les critères de jugement évoluent.

Qui plus est, on ne noiera pas notre mauvaise conscience dans des sanglots d’homme blanc. On ne construit pas une société unie et solidaire sur la repentance permanente. Pas plus qu’on ne se réconcilie avec sa mémoire ou qu’on ne développe des relations justes et équitables avec ses partenaires en faisant le dos rond pour se faire fouetter.

Pour un type qui a fait Khâgnes, Sciences Po et l’ENA, ânonner de telles inepties c’est vraiment pitoyable ! Qu’a-t-il retenu de ses chères études ? Juste comment servir de la bouillie politiquement correcte aux gogos, aligner les bons sentiments, battre sa coulpe et s’atermoyer sur le passé pour draguer les voix des Arabes ?

Ce type est pire qu’une timbale qui résonne, c’est le summum de l’imposture !

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S’agissant des discours de repentance à propos de la colonisation, ce qu’il faudrait surtout condamner et dont il faudrait s’amender, c’est la MAUVAISE CONSCIENCE !

Car la repentance en mode replay est le terreau de la haine de soi.

Il n’y a rien de pire pour diviser, se couper de soi-même et de son histoire, ruiner l’âme d’une nation et hâter son effondrement vers la décadence.

Cela fait 20 ans qu’on n’ose plus enseigner les aspects glorieux de notre histoire. Pétris de honte, de culpabilité et d’autoflagellation, les manuels insistent aujourd’hui plus sur l’esclavage, la Terreur ou la collaboration que sur le Grand siècle de Louis XIV.

Il ne s’agit pas de se cramponner à une histoire officielle cocardière et qui ne retiendrait que les mythes nationaux et les « grands hommes » providentiels, de Vercingétorix à De Gaulle. Mais simplement d’être fiers de ses heures de gloire et en paix avec ses heures sombres.

La culpabilisation permanente à propos de l’époque coloniale, c’est d’ailleurs un thème favori de la rhétorique anti-française des ennemis de la France et de la République. En particulier ces fourbes islamistes comme l’imposteur Tariq Ramadan. Leur méthode : instrumentaliser la mauvaise conscience occidentale pour enfoncer des coins, imposer sournoisement leur vision du monde et réaliser leur plan à long terme de domination planétaire.

Il ne faut surtout pas céder à cette pente délétère. Au risque de se suicider.

Non pas qu’il faille revendiquer la colonisation comme le sommet de la civilisation. Mais force est de constater que TOUS les empires, notamment et surtout l’Islam et les empires musulmans, des Abbassides aux Ottomans en passant par Gengis Khan ou Saladin, ont toujours cherché à coloniser des territoires, à soumettre les peuples conquis en leur imposant leur modèle, assurés d’être porteurs d’une vérité universelle, d’un projet civilisateur ou messianique, bien plus qu’en vertu de la raison du fort comme on nous en accuse souvent à tort.

L’Occident n’est pas une exception. Des empires d’Amérique centrale à celui du Soleil levant la tentation hégémonique a toujours conduit les puissances dominantes à livrer bataille, conquérir de nouveaux territoires et coloniser des peuples.

Même si le modèle occidental s’est imposé sur toute l’étendue de la planète, c’est un abus et une imposture de considérer que le « colon » est nécessairement blanc ou sioniste.

Un abus qui prend racine dans le ressentiment des peuples fraîchement affranchis du joug de leur maîtres et qui malgré amende honorable faite envers l’Histoire s’entêtent à leur réclamer des comptes interminables pour oublier que leur âge d’or mythique est un lointain souvenir.

Macron commet une double erreur .

Il ne s’agit pas de juger le « passé » avec des critères d’aujourd’hui puisque ni le passé ni le temps n’ont d’existence réelle. Il s’agit de juger « l’Histoire », ce qui est très différent.

Car l’Histoire est une construction mémorielle qui tente justement de retenir le présent en l’enfermant dans une perspective fabriquée pour en dégager le « sens » (« signification » et « direction »). C’est pourquoi elle doit être perpétuellement réécrite.

Parler de « progrès » de la conscience est bien sûr ironique. Et c’est là où Macron se prend les pied dans un tapis éthique frauduleux, révélant son imposture.

Car ce n’est pas la conscience qui « évolue » : la conscience est la manifestation de l’esprit présent à l’être soi-même et créateur de réalité. Ce sont les représentations qu’elle construit qui fluctuent au gré des préoccupations et des valeurs présentes de l’individu ou du groupe, ou de la volonté du prince qui en est le commanditaire.

L’Histoire est moins un « compte-rendu » qu’une sélection subjective de « faits » dans un ensemble discontinu et toujours mouvant, qui tente de lui donner l’apparence de réalité et de sens.

La physique quantique prouve que, contrairement à ce que nous fait croire la vision déterministe, ce n’est pas le passé qui détermine l’avenir mais c’est le présent qui conditionne le passé.

Il est donc essentiel de savoir de quelle Histoire on parle. Car ce que l’on en dit révèle comment nous bâtissons notre présent.

A ce sujet, Macron a beau citer Kant et Ricœur, au fond c’est un nihiliste !

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*cf. l’article du Point Emmanuel Macron : « La colonisation est un crime contre l’humanité »

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