Quick Charia, l’islamisme soft dans votre plateau repas

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Article mis en ligne sur Facebook le 3/8/2018: Corrigé le 4/8/2018.


Chers amis,

Je partage avec vous ce coup de gueule.

Ou plutôt cette réaction raisonnée et citoyenne face à ce que s’apparente à une nouvelle victoire du salafisme en France.

A la base une simple mésaventure.

Apparemment insignifiante. Presque dérisoire.

Pas de quoi fouetter un chat, affoler la Une des médias ou mobiliser la rue, me direz-vous.

Juste l’un de ces petits (ou gros) « détails ».

Petits mais symptomatiques d’une dérive, d’une lente évolution, d’un phénomène rampant et sournois souvent décrié et qui résiste aux tentatives d’apporter des solutions idoines.

Une évolution marquée par l’avancée progressive du salafisme et de l’extrémisme musulman en France.

Lesquels entendent ouvertement et sans complexes appliquer leur stratégie d’islamisation de la société française.

Notamment en enfonçant des coins dans les remparts d’une laïcité par ailleurs contestée et fragilisée.

Et en dénaturant avec une méthodique perversité et une rhétorique éprouvée les principes mêmes de notre République.

Certes on est loin des attentats de Charlie, du Bataclan ou de Nice.

Pourtant c’est l’un de ces petits grains de sable, qui ajoutés les uns aux autres viennent peu à peu gripper le fonctionnement de nos institutions, grignoter nos libertés fondamentales et saper les bases de notre démocratie.

Une démocratie bien menacée. Rongée de l’intérieur comme de l’extérieur par des modèles concurrents ou franchement hostiles.

Une situation qui risque à terme de mettre en péril les fondements de notre République et ses valeurs humanistes.

Et faire péricliter toute tentative de garantir les bases d’un vivre ensemble respectueux des écarts et des différences, mais attaché à faire corps, à faire peuple commun sinon Fraternité. Démarqué en tout cas des forces de dislocation centrifuges, des clivages identitaires, communautaires et des conflits mimétiques.

Une situation face à laquelle juges débordés, politiques pressés ou clientélistes, et intellectuels angoissés semblent incapables d’apporter des réponses justes, pérennes, aptes à corriger le tir. Sinon à déployer une Vision pour construire un avenir de paix et d’unité.

Un boulevard pour les pires écueils qui menacent à plus ou moins long terme notre identité, notre culture, nos valeurs et notre modèle républicain, si jalousement et chèrement défendus.

D’un côté celui d’une islamisation et d’une libanisation de la France. En marche objective et même accélérée. N’en déplaise aux partisans d’un relativisme coupable, à ceux qui craignent de renforcer la stigmatisation des musulmans en dénonçant ce danger, aux suiveurs et aboyeurs moutonniers incapables de raisonner par eux-mêmes. Et bien que l’instrumentalisation qui en est faite par l’extrême droite en brouille l’analyse et tende à discréditer toute dénonciation un peu ferme.

Et de l’autre la porte ouverte aux pires extrémismes xénophobes. Incarné par cette même extrême droite.

Sinon à une forme de totalitarisme musclée accédant au pouvoir par les voix démocratiques à la faveur de crises, une exaspération populaire sur fond de délitement moral, de perte des repères, de confusion hystérisée, conduisant à des sursauts réactifs des peuples face au sentiment de déliquescence généralisée. Comme à l’incapacité d’élites déconnectées, autistes ou cyniques à prendre en compte leurs difficultés et revendications.

On l’a vu tout récemment avec l’arrivée au pouvoir en Italie du front d’extrême droite aux relents néo-mussoliniens. Et cette vague populiste sinon crypto-fasciste qui déferle depuis 10 ans sur les démocraties européennes et aux Etats-Unis.Ce sentiment de déliquescence, terreau des extrémismes de tous bords, se nourrit d’une forme de terrorisme intellectuel beaucoup plus insidieuse que celui de Daesh, dont on parle hélas assez peu. Et dont on mesure mal les vrais dangers tant on s’y est accoutumé.

Il s’agit du terrorisme moral exercé par l’hégémonie de la Pensée unique et le Politiquement correct, instruments du Système.

Terrorisme sournois car infiltré dans les discours, les schémas de pensée et les esprits.

Et qui nivelle discours, modèles comportementaux et valeurs, en s’opposant à toute expression libre, claire et directe de vérités dérangeantes qui risqueraient de mettre en cause certains modèles établis.

Vérités aussitôt raillées et détournées en accusations réflexe (« théorie du complot », discours victimaires, moralisation outrancière, emballement névrotique sur des broutilles…) visant à verrouiller tout débat, à empêcher tout discernement serein, à culpabiliser ou marginaliser les détracteurs.

Un terrorisme très efficace en revanche pour semer la confusion, imposer des modèles de pensée simplistes, faciles à reproduire, et gommer tout esprit de discernement nuancé.

Mais aussi et surtout à manipuler les esprits en traçant et en contrôlant discours et opinions.

Un phénomène largement conceptualisé par les sociologues du début du 20e siècle qui se sont attachés à décrypter les mécanismes de la psychologie et de la manipulation des foules. Et illustrés par des romans prophétiques comme 1984 d’Orwell, ou Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley. Plus récemment par des films comme Matrix ou V comme Vendetta.

En tout cas ce terrorisme empêche clairement les autorités institutionnelles, juridiques, politiques, morales ou intellectuelles de ce pays de faire leur travail correctement, en toute indépendance, sans être soumises en permanence à la double pression vindicative des gardiens du Système et d’une opinion grégaire.

Comment dès lors faire appliquer la Loi, sanctionner les contrevenants, veiller au respect du Droit démocratique, défendre les libertés individuelles et les valeurs de la République ? En tout cas sans être soumis à l’exercice d’une censure permanente. Et de mécanismes réducteurs, totalisants sinon totalitaires.

Mais venons-en au fait après cette longue introduction.

Lors d’un voyage au printemps dernier dans le Midi, je me suis vu confronté à un incident assez banal, mais très symptomatique de ce qu’on peut aisément interpréter comme une volonté d’imposer la charia dans un lieu tout à fait surprenant, a priori épargné par ces dérives.

De séjour à Nîmes, je me suis rendu dans un restaurant Quick situé à deux pas des Arènes, sur l’imposante Esplanade Charles de Gaulle. L’équivalent de la Place de l’Hôtel de Ville à Paris.

J’y ai commandé un menu du type cheeseburger bacon, un classique de cette enseigne et de bien d’autres marques de fast-foods.

A ma grande surprise le serveur m’a signifié que cette spécialité emblématique de la marque ne figurait pas au menu de l’établissement.

Lequel refusait tout simplement de servir à ses clients de la viande de porc.

Stupéfait, j’ai fait part de ma surprise à l’intéressé, qui bien qu’impuissant m’a immédiatement rejoint dans mes griefs. Estimant lui aussi inadmissible qu’un restaurant Quick applique ainsi la charia, mais pourtant bien obligé d’obtempérer.

J’ai failli tourner les talons après avoir fait un scandale.

Mais j’ai préféré me raviser et employer des moyens plus efficaces pour dénoncer ce procédé scandaleux.

Lequel constitue il faut le rappeler un délit manifeste, et une atteinte non négligeable aux principes de liberté, d’égalité des citoyens devant la loi, et de laïcité.

J’ai donc écrit une lettre au directeur de ce restaurant très fréquenté par des Nîmois et des touristes en plein cœur de Nîmes.

Je la soumets à votre lecture (au bas de cet article), et vous invite à en discuter.

Face à un tel état de fait et une impunité étonnante (Nîmes une ville bien ancrée à droite, avec un maire Républicains tendance Wauquiez, et un électoral FN qui aligne des scores importants aux élections), je me suis résolu à en parler à des amis nîmois qui ont partagé mon émotion. Une colère nourrie par une exaspération croissante face à la montée réelle de la délinquance, de la criminalité et de l’insécurité à Nîmes.

Une ville et une région à fortes populations immigrées, à fort taux de chômage, confrontées ces dernières années à un afflux massif de réfugiés, qui se singularisent selon la Police par une criminalité galopante, et une forte prévalence d’islamistes doctrinaires bien actifs dans leurs rangs.

Ce n’est hélas pas un fantasme parano digne de Valeurs Actuelles. Ni un de ces mensonges alarmistes et outranciers dont le FN est coutumier. Encore moins un cas isolé. Tout le pourtour méditerranéen est en effet concerné.

Une triste réalité à laquelle sont confrontés les habitants. Y compris les jeunes Nîmois enfants fils de parents immigrés de 2e ou 3 générations. Ils en subissent eux aussi les déboires, pris en tenaille entre une xénophobie rampante et des tentatives de récupération de la part de ces fanatiques, pourtant ultra minoritaires.

Face à ce constat, comment agir ?

N’est-il pas déjà trop tard pour infléchir l’évolution et parer à des menaces plus graves ?

Il appartient à chaque citoyen, croyant ou athée, quelles que soient ses propres origines, récentes ou lointaines, son appartenance éventuelle à une communauté, de prendre ses responsabilités, d’alerter, de sensibiliser. De proche en proche, ou en prenant à partie responsables et élus.

Avant que les urnes ne parlent de façon funeste.

Il ne s’agit pas de stigmatiser, d’attiser des peurs, rivalités ou tensions qui risqueraient de nourrir les frustrations et tentations de se marginaliser.

Mais d’être clairs, rigoureux, sans ambiguïté, paresse ou complaisance, qui font le terreau quotidien des extrémistes de tous bords et des ennemis de la République.

Réveillons-nous et agissons ensemble, mais aussi chacun à sa mesure.

Ne nous laissons pas endormir par une actualité insipide qui brodé sur des questions mineures, en tout cas sans comparaison avec ces enjeux : le foot, Benalla, ou le dernier petit commentaire d’un sous-ministre sur Twitter ou à la télé.


Lettre ouverte au Directeur du Quick de Nîmes
_______________
Cher Monsieur,
Je suis journaliste indépendant, membre et ancien dirigeant de plusieurs associations citoyennes de dialogue intercommunautaire, de défense des valeurs républicaines et de la laïcité, et ancien conseiller de quartier de la Ville de Paris.
Lors d’un récent déplacement à Nîmes et dans sa région, je me suis rendu à votre restaurant pour y commander un menu au comptoir.
J’ai été alors très surpris d’apprendre que votre restaurant refusait de servir à ses clients des plats contenant de la viande de porc.
Ce qui est contraire me semble-t-il à ce que pratiquent l’ensemble des restaurants Quick présents sur le territoire français. Lesquels proposent à peu près tous les mêmes spécialités et formules.
Je crois savoir que depuis sa création, Quick comme d’autres enseignes de restauration rapide américaines ou européennes, a toujours proposé dans ses menus, en France du moins, des hamburgers contenant du bacon.
Cette décision, dont je me suis ému auprès de votre employé qui a partagé ma réprobation, constitue une contradiction flagrante avec la politique de Quick en France. Une société belge rachetée récemment par le groupe américain Burger King. Lequel que je sache n’est pas une entreprise islamique.
En effet cette décision surprenante de la part d’un restaurant Quick situé en plein centre de Nîmes, sur l’emblématique Esplanade Charles de Gaulle, à quelques mètres des Arènes de Nîmes fréquentées par de nombreux touristes, a quelque chose de proprement révoltant.
Notamment parce qu’elle s’apparente à une facon non explicite d’appliquer la charia sur le territoire français, au cœur d’une grande ville vivant presque exclusivement du tourisme. Et non dans une banlieue reculée où ne vivent que des communautés issues de l’immigration, en grande partie musulmanes.
Cette façon d’imposer sans le dire la charia à vos clients et salariés est tout à fait inadmissible.
En particulier dans un lieu public et un établissement commercial appartenant à un groupe multinational de très forte notoriété, et hors de tour contexte cultuel ou communautaire.
Et donc en contradiction complète avec la loi française.
Je vous signale que cette décision constitue un délit passible d’une amende.
A titre personnel j’ai des amis musulmans qui gèrent des restaurants halals de type kebabs. Et je ne vois aucun problème à ce que ces restaurants ne servent pas de porc à leur clientèle, mais au contraire des plats et de la viande certifiés halal, ce qui me semble tout à fait normal pour ce type de restaurants.
De même je trouve normal que des chaînes de restauration rapide proposent à leurs clients le choix entre plusieurs menus, dont certains cashers ou halals si cela correspond à une demande.
Mais concernant la chaîne Quick, une telle décision ne peut être comprise que comme une concession inacceptable au communautarisme local.
Compte tenu du contexte démographique d’une ville comme Nîmes et d’un département comme le Gard, je comprends que vos clients puissent être pour une large part issus de l’immigration africaine ou maghrébine. Et donc pour une large part sinon une majorité de confession musulmane.
Vous n’êtes pas non plus sans savoir que les tensions communautaires qui ont nourri parfois tragiquement l’actualité de notre pays obligent autorités et responsables à une vigilance particulière pour faire respecter les lois de la République, en particulier en matière de laïcité.
Notamment en refusant de céder aux pressions d’une minorité au sein de la minorité musulmane, qui entend faire fi de nos lois et imposer les siennes, en complète rupture avec la République, le respect des libertés individuelles, des principes d’égalité devant la loi, de la laïcité et du vivre ensemble.
Je vous invite donc à exercer sans plus attendre votre responsabilité de manager et de citoyen, en amendant une décision qui vous met personnellement en situation d’enfreindre la loi.
Je ne manquerai pas d’en référer le cas échéant au Maire de Nîmes et au Préfet du Gard. Afin qu’un arrêté municipal ou préfectoral soit promulgué visant la fermeture administrative provisoire de votre établissement, dans l’attente d’ouvrir une enquête administrative ou judiciaire.
J’en informe également la Direction Générale de Quick France. Et celle de Burger King aux États-Unis.
Certain qu’elles ne manqueront pas de vous rappeler vos devoirs et responsabilités concernant le respect des lois et réglementations en vigueur dans notre pays.
Cordialement,
Christophe Claudel
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Israël enterre officiellement la démocratie dans l’indifférence générale

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Commentaire de l’article de Danièle Kriegel dans Le Point du 19/7/2018

Le jour où Israël a retiré le mot « démocratie » de sa loi fondamentale

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La longue descente aux enfers de l’état hébreu continue.

Voilà bientôt 30 ans, dont quasiment 22 ans au pouvoir, que le pire Premier Ministre et le plus corrompu qu’Israël ait connu en 70 ans d’existence sape méthodiquement les valeurs fondatrices de l’Etat hébreu.

Valeurs universelles héritières de la fine fleur du judaïsme. Comme de l’idéal sioniste des pères fondateurs, pétris d’humanisme, d’esprit d’égalité, de liberté, de solidarité, de justice sociale. Et d’une volonté clairement affichée d’accorder un statut citoyen et des droits égaux à toutes les minorités.

Au lieu de cela, ce qui sert aujourd’hui de parodie d’armature morale à cette clique de mafieux au pouvoir s’appuie sur la plus sombre des idéologies mélangeant ultranationalisme et intégrisme religieux, violence arbitraire et arrogance frondeuse.

S’en suit une politique ouvertement cynique, xénophobe, ségrégationniste et guerrière, qui profite à un nombre de plus en plus restreint d’élus. Et relègue tous les autres au rang de citoyens de seconde zone, de sous-hommes, ou d’ennemis de fait du Grand Israël victorieux.

Rien de nouveau sous le soleil me direz-vous. Depuis 3000 ans c’est peu ou prou la même rengaine. Et l’éclaircie durant les 40 ou 50 premières années d’existence d’un Israël moderne, laïc et démocratique, fait presque aujourd’hui figure d’irréelle exception et de flambée utopique.

Il suffit de relire la Bible pour trouver les mêmes attitudes parmi les rois corrompus et les élites jalouses qui ont tour à tour dirigé la cité de David, les royaumes de Juda et d’Israël, ou la province romaine de Palestine au temps de la dynastie hérodienne. En s’alliant à l’occasion aux occupants les plus détestables pour se maintenir au pouvoir et accroître leurs privilèges de caste.

Voilà donc aujourd’hui la démocratie officiellement enterrée en Israël.

Sans qu’apparemment aucun dirigeant occidental ne songe à s’en émouvoir.

Le boulevard est désormais une autoroute à huit voies pour tous ceux qui entendent à l’Ouest du Jourdain continuer à prospérer sur cet abominable mensonge institutionnalisé.

Faut-il rappeler que cette idéologie ultranationaliste et ultrareligieuse qui fait le sel de Netanyahu et de ses pairs n’est pas qu’une mascarade de circonstance destinée à rallier les sionistes les plus endurcis ou les citoyens les plus angoissés afin de bétonner leur pouvoir.

Netanyahu est l’héritier direct d’une famille d’idéologues du sionisme messianiste. Son grand-père, rabbin, en fut l’une des figures phares, aux côtés du célèbre rabbin Abraham Isaac Kook.

L’homme a maintes fois démontré ses talents d’expert dans l’art de manipuler les esprits et de brouiller les pistes. Affectant de prétendre ne pas être lui-même pas religieux et s’affichant à l’occasion dans des restaurants non cashers pour donner le change.

Ce que peu d’Israéliens savent en vérité, c’est que Benyamin Netanyahu n’est pas que « le petit-fils de ». Mais qu’il est lui-même un idéologue patenté du sionisme messianique dont il incarne la politique. Ses nombreux écrits sur le sujet sont pour une bonne part consultables en ligne, et ne laissent aucune place au doute.

Quoi d’étonnant à ce qu’à l’image d’un Erdogan, d’un Ahmadinejad ou de ses nouveaux alliés de Riyad avec lesquels il pactise aujourd’hui pour continuer à s’enrichir, Netanyahu poursuive méthodiquement son travail de destruction en imposant sournoisement un régime nationaliste, théocratique et totalitaire en lieu et place de l’état laïc et démocratique qui l’a vu élire ? Comme d’autres ont imposé avant lui la charia la plus rétrograde dans leur pays.

Netanyahu est hélas beaucoup plus intelligent, plus cérébral et machiavélique que Trump. Un clown populiste qui ne fonctionne qu’aux affects et aux réflexes, sans réel projet ni autre vision que de ménager ses propres intérêts en flattant les plus bas instincts de son peuple. Il sait parfaitement comment manipuler les clivages politiques, les mythes nationaux, et une opinion inquiète, versatile et volontiers frondeuse.

Une société beaucoup plus éclectique et authentiquement démocratique en vérité que ne l’est la société française. Dont la tradition du débat parfois houleux s’enracine non seulement dans une volonté de favoriser le pluralisme d’identités et d’idées selon les principes démocratiques élémentaires. Mais aussi dans cette pratique très juive du questionnement permanent, de l’interprétation voire de la controverse à propos de chaque aspect de la vie juridique, sociale, communautaire, et non seulement de points d’éthique ou de théologie. En se gardant de tout dogmatique à caractère totalisant, mais en pratiquant au contraire un certain relativisme et en cherchant à actualiser en permanence les principes et les lois qui fondent la vie en société sinon le rapport à la Transcendance.

Plus qu’un principe strictement démocratique comme la liberté d’opinion, d’association ou d’expression, c’est là l’un des fondements essentiels du judaïsme depuis son origine. Et qui devrait s’il était respecté, y compris et surtout par tous les religieux, garantir à la démocratie sa légitimité et sa pérennité.

Voilà donc un double coup de maître à l’actif de Netanyahu avec cet amendement de la Loi fondamentale.

D’abord imposer dans cette loi le principe longtemps défendu et ultra contesté d’un état d’Israël conçu comme un état juif pour les seuls Juifs.

Ensuite retirer toute référence à la démocratie.

Et donc au pluralisme et à la laïcité. Principes défendus avec ardeur par les pères fondateurs contre les Haredim. Une minorité en passe de devenir bientôt majoritaire dans le pays à la faveur d’une natalité galopante. Et qui tirent des bénéfices conséquents d’un statut d’exception proprement scandaleux. La plupart de ces Juifs ultraorthodoxes vivant pour la plupart reclus dans de véritables ghettos refusent en effet de travailler tout en étant payés par l’Etat, prétendant en tant que religieux n’être tenus de se consacrer qu’à l’étude de la Torah et à l’éducation de leur abondante progéniture.

Jusqu’à une époque récente ils veillaient à ne se se compromettre d’aucune manière avec un état et des institutions auxquels ils ne reconnaissent aucune légitimité. Vivant dans la schizophrénie la plus totale en tant que citoyens d’un état qu’ils combattent par ailleurs avec vigueur. N’hésitant pas pour certains à soutenir ouvertement ou à s’allier avec l’ennemi iranien ou les terroristes du Hamas hostiles à Israël, afin de précipiter la chute de ce qui n’est à leurs yeux qu’une ignoble imposture, et de hâter ainsi la venue du Messie.

Selon une vision messianique passablement archaïque de l’Histoire, seul le Messie quand il paraîtra pourra en effet selon eux restaurer la légitimité, la grandeur et la pureté religieuse de l’ancien Royaume d’Israël.

Une minorité qui pèse de plus en plus, et qui est en passe de devenir majoritaire dans un pays dont ils ont peu à peu noyauté toutes les institutions. Du moins dans ses fondements idéologiques sinon en prenant directement les manettes du pouvoir. Jusqu’à parvenir à imposer méthodiquement leur vision, saper les valeurs démocratiques, et substituer à un régime démocratique un modèle de société objectivement totalitaire.

Un modèle en passe de devenir une réalité. Et que certains intellectuels, officiers de l’armée ou des services de renseignement, et personnalités israéliennes de premier plan n’hésitent plus à comparer à l’Allemagne nazie.

Les victimes de ce scénario qui menace la paix et les équilibres stratégiques dans la région en flirtant avec des thèmes apocalyptiques ne sont pas seulement les vrais démocrates. En particulier ceux de de la gauche historique, depuis les premiers colons socialistes et les pionniers des kibboutzim. Ces grandes figures qui certes n’étaient pas des enfants de chœurs et savaient manier un fusil mais avaient à cœur de défendre un idéal de société vraiment démocratique, vraiment juste, fraternel, ouvert, solidaire et favorable aux minorités. Tout en assurant aux Juifs souhaitant vivre en Israël accueil, liberté, sécurité, solidarité et prospérité, notamment après les persécutions récentes ou plus anciennes dont ils furent les victimes.

Les victimes directes de ce basculement progressif dans les ténèbres sont évidemment les minorités ethniques et religieuses qui vivent ou travaillent en Israël : Arabes israéliens, musulmans, Palestiniens des Territoires. Mais aussi chrétiens, druzes, samaritains et autres. Lesquels vivent pour certains depuis des millénaires et de façon ininterrompue sur cette terre.

Mais aussi à plus long terme les Israéliens eux-mêmes. Dont la survie comme celle de l’état hébreu est à plus ou moins long terme mise en péril par les multiples provocations et égarements de ceux qui spéculent sur la xénophobie, la guerre et le chaos. En bafouant ouvertement tous les principes du Droit international et les engagements qu’ils ont eux-mêmes fait semblant d’accepter. Engagements sinon en faveur de la création d’un état palestinien voisin d’Israël (auquel une majorité de l’opinion publique demeure aujourd’hui favorable bien que les dirigeants actuels déclarent aujourd’hui clairement combattre cette idée), du moins en faveur d’un règlement pacifique et négocié d’un conflit qui s’éternise depuis au moins 70 ans.

Quitte à s’allier discrètement à l’occasion avec leurs ennemis déclarés afin d’entretenir un rapport de forces qu’il font mine de dénoncer mais qui leur est favorable politiquement et s’avère économiquement très rentable : de tous temps et en tous lieux la guerre a toujours été beaucoup plus profitable que la paix.

Enfin, cette politique est évidemment préjudiciable aux Juifs du monde entier. Lesquels dans leur majorité – du moins pour les Juifs américains – se sont peu à peu désolidarisés du soutien considéré comme acquis de la diaspora juive à Israël. Et qui condamnent ouvertement cette politique ultranationaliste, anti-démocratique et contraire aux valeurs du judaïsme, soutenue certes par le lobby juif proche de Washington, mais désavouée par une majorité de Juifs soucieux de défendre leurs valeurs.

Comme de lutter contre un antisémitisme résurgent dont ils sont parfois victimes. Un antisémitisme sur lequel spécule Netanyahu pour attiser les peurs et rallier de nouveaux soutiens. Et qui est largement alimenté par les ressentiments que nourrit un sionisme messianique conquérant et arrogant, brutal et cynique, que sa politique incarne depuis qu’il est revenu aux affaires. Et qui concentrent sur Israël comme sur les Juifs l’animosité de ses voisins et de ses ennemis. Notamment auprès des jeunes musulmans issus des minorités vivant en Occident, parfois tentés par des discours radicalement « antisionistes » sinon antisémites. Et qui parfois franchissent le Rubicon d’un engagement actif qui n’est pas simple complaisance envers le Djihad islamique.

Curieux monde que celui dans lequel nous vivons !

Un monde où fanatiques, religieux ou politiques véreux conspirent pour assassiner les démocrates et torpiller les efforts de paix. De Kennedy à Rabbin, combien ont succombé pour avoir osé tenter l’impossible ?

Un monde où l’on préfère souvent pactiser pour de sombres calculs d’intérêt personnel et de vils marchandages stratégiques ou économiques avec les pires régimes et les pires dictateurs : Erdogan, Trump, Netanyahu…

Alors qu’on vient officiellement d’enterrer la démocratie en Israël, la France s’honorerait de s’exprimer avec courage et raison d’une voix ferme sur ce sujet.

Quitte à rompre avec la coupable omerta européenne et occidentale sur un sujet ultra clivant, à propos duquel les politiques davantage soucieux de clientéliste communautariste que d’éthique s’accordent de plus en plus à renoncer à s’aventurer.

Merci à Danièle Kriegel pour cet édifiant article.

En mai, fais ce qu’il leur plaît ! – Macron, mai 68 et les bobos

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Etudiant lançant des pavés lors des manifestations étudiantes le 25 mai 1968 dans le Quartier latin à Paris

On fêtera bientôt les 50 ans de mai 68.

Vous vous rendez compte ?

Le Président Macron, c’est le moins que l’on puisse dire, a d’autres priorités à son agenda et semble peu pressé de fêter l’événement.

Plus à l’aise dans les salons parisiens qu’avec les symboles de la gauche populaire.

Plus en phase avec le très politiquement correct « esprit du 11 janvier » qui reflète bien l‘atmosphère anémiée du moment qu’avec la Grande Récré des enfants du baby-boom, le souffle révolutionnaire des barricades et ce genre de commémorations un peu casse-gueule.

Pas de risques, pas de vagues, et surtout pas question de donner une caution à la rue.

Et gare à ceux qui contreviendraient au devoir de réserve : ils seront sévèrement sanctionnés !

Après le temps des cerises, le temps des prunes.

Pas d’artistes du moment, de stars ni de people conviés pour scénariser ce Cinquantenaire. Comme au temps des grand-messes mitterrandiennes qui avaient élevé le fameux « Bicentenaire » au rang de rite planétaire.

Même pas un entrefilet dans la presse pour rappeler que cela fera 50 ans dans trois mois que quelques étudiants chevelus de la Sorbonne et de Nanterre emmenés par un rouquin très agité déclenchaient toute une série de grèves et de manifs qui allaient mettre la France cul par-dessus tête et faire chanceler le régime gaulliste.

Aurait-on à ce point changé d’époque ? Que plus personne ne semble s’en préoccuper ?

Certes, la Génération Macron ou celle d’En Marche ! n’a rien à voir avec celle des bobos (bourgeois bohêmes).

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Les jeunes quadras d’aujourd’hui, à peine dépucelés de leur virginité politique à la faveur d’un fin stratège qui a dynamité tout l’échiquier, n’ont ni les référents ni les aspirations de leurs aînés, abîmés dans le confort et « l’esprit Canal ».

Cette génération au seuil de la quarantaine à laquelle appartient Emmanuel Macron, et que les sociologues du marketing appellent les momos (mobiles moraux), ont grandi dans les années 1990 : ils n’ont connu que la crise, le chômage et un marché du travail tendu. Ils ont dû sacrifier à de longues études, apprendre à s’adapter aux contraintes économiques, accepter d’être hyper mobiles et réactifs pour changer souvent de métier, de secteur, voire de pays au cours de leur carrière.

Serge July, Emmanuel Macron et Mark Zuckerberg, icônes des générations « bobo », « momo » et « yoyo »

Ces braves petits soldats de la mondialisation obéissants et angoissés ne partagent absolument pas les rêves et les luttes rebelles de leurs parents les bobos.

Autant les bobos sont volontiers décalés, frondeurs, rebelles et contestataires – du moins dans la posture – autant leurs enfants les momos sont hypernormés, et à fond dans le Système !

Autant les baby-boomers ont rêvé d’un autre monde où la terre serait ronde, d’être réalistes en demandant l’impossible, de réinventer la société et de changer la vie, autant les momos sont de véritables gardiens zélés du Temple ultralibéral et « progressiste ». Prêts à dénoncer tout dérapage verbal, tout écart de comportement ou de langage qui risquerait d’écorner la Pensée unique et de dévier un tant soit peu de la ligne orthodoxe imposée par le politiquement correct.

Quant à la génération suivante, celle des yoyos (young yobs : jeunes loubards) qui composent une bonne partie de l’équipe Macron, ces trentenaires malins comme des bonobos et opportunistes comme par deux, ils n’en ont strictement rien à cirer des discours des élites et des politiques.

A eux on ne la fait plus ! On leur a tellement bourré le mou avec des discours moralisateurs, culpabilisateurs et anxiogènes, avec ces vieilles rengaines humanistes, droits-de-l’hommistes, libertaristes, égalitaristes, communautaristes ou féministes, qu’ils s’en moquent avec une effronterie aussi calculée que jubilatoire.

Ils se servent de tout, détournent tout, customisent tout, n’ont aucune morale, aucun scrupule et aucune préoccupation, sinon de saisir les opportunités à leur portée, et d’utiliser les failles du système à leur avantage. Pour s’en sortir, pour réussir, gagner de d’argent ou pour aider leurs potes.

Ils ne cherchent ni à flamber comme les bobos ni à placer leurs économies en s’angoissant à propos de l’avenir et de leurs gosses qu’ils n’ont pas encore comme les momos.

Eventuellement ils réalisent à l’occasion de juteux placements boursiers dans quelque startup, aussitôt réinvestis dans des achats dictés par leur fantaisie du moment.

Ce sont des jouisseurs, des opportunistes, des pragmatiques, qui n’en font toujours qu’à leur tête. Qui vivent l’instant présent et se moquent éperdument que le monde puisse s’écrouler autour d’eux, sinon pour kiffer sa race sur leur console de jeux.

Ils vivent en tribus, et en changent comme de paires de Nike.

Ils sont à fond dans les nouvelles technologies, car ils ont grandi avec une Gameboy entre les mains, surfent sur internet dès leur plus jeune âge, et en maîtrisent tous les rouages.

Ils anticipent sinon inventent eux-mêmes les modes et les nouveaux courants, plus pour s’amuser ou par opportunisme que par snobisme.

Ces yoyos ne sont pas ceux qu’on entend le plus dans le staff Macron. Sinon au travers de ce pragmatisme très réactif et sans réelles convictions sauf pour flatter la galerie. L‘esprit momo tient encore le haut du pavé, pour la vitrine du moins.

Ces deux générations sont les enfants de la mondialisation.

Mais ils ne fantasment pas comme leurs aînés sur un universalisme très idéaliste et politisé en prétendant bousculer l’ordre établi. L’ordre ou le désordre, ils s’en tapent.

L’ordre et les règles ils savent parfaitement les contourner. Et le désordre leur permet de tirer leurs biles au milieu de la confusion.

Si les momos sont à fond dans l’humanitaire, les yoyos s’en foutent royalement, sinon quand ça les touche directement ou pour faire mine de plaire à leurs grands-frères.

Pour les momos comme pour les yoyos, Mai 68 c’est comme la bataille de Marignan : un truc appris dans les livres d’Histoire.

Ou éventuellement un refrain barbant dont leurs parents les ont suffisamment bassinés pour qu’ils en ignorent la teneur.

Les momos regardent leurs vieux comme des pauvres ados rêveurs abîmés dans des glorioles pitoyables et leurs souvenirs de fac. En leur confiant à l’occasion la garde du petit dernier sagement endormi dans son landau connecté signé Stark ou Pinifarina.

Les yoyos quant à eux observent ces vieux darons avec amusement et respect, parce que quand même, Mai 68 ça devait être un sacré kif !

Mais ils en parlent comme d’un truc de ouf, exactement comme ils s’excitent sur le méga set de leur DJ favori dans le prochain festival électro.

Bobos et yoyos sont souvent potes.

Les premiers offrent aux seconds une conscience par procuration. Et les seconds permettent aux premiers de ne pas devenir gâteux en les initiant au vertige néo-psychédélique des réalités augmentées.

Globalement on est aujourd’hui en France aux antipodes des lendemains qui chantent.

Des couplets maoïstes, trotskistes ou castristes lancés depuis la tribune ou vomis sur les CRS-SS.

On est bien loin des expérimentations loufoques, de la révolution sexuelle, de la musique de Pink Floyd, des Doors, du pop art, des chemises à fleurs, des colliers hippies, de l’encens, de Woodstock, du LSD, des partouzes géantes et des slogans comme « Il est interdit d’interdire »…

Même si, la nostalgie aidant et la mode rétro 70s ou 90s des années 2010 faisant loi, on revisite ces icônes de la génération hippie.

Pour le reste, ça fait plusieurs décennies que c’est Back to reality!

Et pour les plus téméraires, un rail de coke, volume à fond, binge drinking et baise à tout va jusqu’au prochain after.

Mai 68, c’est au mieux un mythe sympa, au pire un truc ringard de musée.

Les bobos ont du mal à en démordre, mais on a changé de siècle.

Les crises économiques, la chute du Mur de Berlin, le 11 septembre, internet et Twitter sont passés par là.

Les idéologies qui ont bercé leur jeunesse ont été remisées sur les étagères de l’Histoire.


Leurs idoles, Marx, le Che ou Sartre, n’ont même pas leur statue au Musée Grévin.

Ceux qui ont portées ces années du Changement se sont recyclés pour les plus chanceux dans le journalisme ou la politique (mais ils ont été balayés par le tsunami En Marche ! ou sont devenus de sages courtisans du Prince…).

Ils bossent et parfois ont fait fortune dans l’écologie, l’économie verte ou le numérique, le multimédia, le marché de l’art moderne, le business du bio, du bien-être ou du développement personnel.

Et pour les plus largués, le Grand Soir se résume le plus souvent à croupir dans une ONG en attendant la ménopause du cadre, à tenter de reconstruire un château de sable en pleurant sur les ruines du PS, à publier des compiles rééditant les tubes de leurs groupes fétiches, ou bien à faire le guignol dans les talk-shows le samedi soir pour les nunuches engagées qui prétendent avoir une conscience et qui lisent Philo Magazine.

Quant aux plus endurcis, nombreux sont ceux ont pas finis fauchés par le sida, une overdose, un infarctus ou un cancer, ecstasiés et pesant 30 ans kilos sur une plage de Goa, ou carrément suicidés, soit à cause de leurs excès de sexe et de drogues qui leur ont ravagé la capsule, soit parce que leurs doux rêves se sont fracassés sur le roc des flamboyantes mais austères années 80.

Les rescapés ont quitté les radars et vivent planqués dans leur salon germanopratin, ou toujours scotchés dans leur ashram en Inde, une communauté new age ou une ferme dans les Cévennes.

Alors, faut-il ou non fêter Mai 68 ?

Si c’est pour ressortir les vieux gimmicks, sûrement pas !

Qui plus est, l’aspect politique et contestataire de cette ultime « révolution » n’est pas forcément bon à titiller.

Une bonne grève générale pour faire barrage à la Loi Travail est justement ce qu’a soigneusement voulu éviter le Président Macron, fort de son expérience d’éminence grise puis de ministre du quinquennat Hollande et des fameuses Nuits debout qui s’en suivirent.

Aujourd’hui tout le monde est rentré dans le rang. Et beaucoup s’extasient toujours devant ce jeune président si nouveau, si intelligent, si bien élevé, si propre sur lui, si posé, si courtois avec les femmes et si sympathique.

Les Français ont troqué un excité narcissique et corrompu, suivi d’un gros balourd qui les a roulés dans la farine sitôt élu en s’asseyant sur ses promesses socialistes, contre une sorte de Prime Minister brittanique, au style très monarchique, bon teint, sage et moderne. Et totalement à la solde des molochs américains et européens. Un peu comme Tony Blair.

Alors le Général à côté c’est Che Guevara !…

L’esprit et les valeurs libertaires de Mai 68 ont depuis l’ère Mitterrand totalement imprégné la société, ses modèles et ses discours.

Au point qu’on n’en a même plus conscience.

Même Sarko a été présenté récemment par certains commentateurs comme un héritier de l’Après-Mai 68. Qu’il avait pourtant combattu.

Sauf qu’aujourd’hui, voir des filles à poil à 18 heures à la télé comme au bon vieux temps des Coco girls du Collaro Show c’est totalement impensable !

De nos jours les normes sont bien verrouillées. Et quiconque s’en écarte risque le pilori médiatique dans la seconde qui suit, voire un procès ou le zonzon s’il refuse de faire repentance et continue d’alimenter le scandale.

On peut sacrifier à tous les écarts, toutes les perversions, toutes les outrances, tous les excès et tous les délires, du moment qu’ils sont soigneusement répertoriés et labélisés.

Pour le reste, si l’on s’écarte un tant soit peu de la Pensée unique, on est aussitôt taxé au mieux de « complotiste », au pire de « terroriste ».

Alors faire la révolution, vous n’y pensez pas !

Nos contemporains sont frileux, formatés, lobotomisés, partagent des indignations téléguidées et à géométrie variable.

L’indignation réflexe est une posture obligée si l’on veut s’afficher comme un bon citoyen équipé d’une conscience éthique.

Mais le libre arbitre et l’esprit critique – le vrai – ou la contestation de l’ordre établi au nom d’un Idéal ou d’un projet alternatif de société sont des crimes de lèse-conformisme inadmissibles en « démocrassie » !

Alors on se contente de faire semblant d’être un rebelle. On s’agite et l’on s’offusque aussitôt que son voisin fait un pet de travers. On monte des kabbales hystériques sur Facebook pour des boulettes. Et c’est ce cirque burlesque et grandiloquent qui constitue l’Alpha et l’Oméga des moutons de panurge.

Dont les neurones sont totalement grippés par leur flip incessant, soigneusement monté en neige par les médias à propos du terrorisme, de la vache folle ou de la bombinette nord-coréenne.

Pourtant, il serait urgent de réapprendre à rêver.

Urgent de s’enivrer.

Et de remettre l’imagination au pouvoir.

D’ouvrir les yeux sur l’avenir au lieu d’ânonner le même catéchisme. D’inventer le monde de demain. Un monde qui sera fraternel, universel, unifié et pacifié.

Ou ne sera pas.

Un monde qui verra toutes les consciences planétaires totalement interconnectées. Et en tout cas par autre chose que l’écran mensonger des logiques du Système.

Mais ça, soyons certain que les milices du Zeitgeist s’empressent de nous en dissuader.

Nous incitant au contraire à nous vautrer dans la fascination du Vide, le culte de l’Ephémère, de l’Insignifiant. A nous prosterner devant les idoles consuméristes de leur Panthéon des Vanités.

Plus qu’une nouvelle « révolution », politique, sociale ou institutionnelle, c’est un Grand Saut de la conscience qu’il convient pour nous tous ensemble d’opérer en ce siècle.

Un siècle qui verra s’accomplir les plus grands bouleversements que l’humanité ait jamais connus. Et qui l’obligera à faire face aux plus grands défis de son histoire.

Mais il faut plus que de la lucidité, de l’imagination ou de l’audace pour s’engouffrer dans la brèche de ce Changement radical qui nous aspire à lui.

Il faut accepter de mourir totalement à soi-même pour renaitre tout autre. De ne plus rien savoir ni connaître ni contrôler.

Et d’abdiquer son cher Ego au bénéfice du Bien commun.

Mais ce sacrifice, l’homo post-modernicus qui se vante pourtant d’être un rebelle et s’éprend de toutes les causes n’est pas prêt d’y consentir !

On peut se piquer d’avoir une conscience et rêver éventuellement de prolonger l’utopie matérialiste dans une fiction transhumaniste, mais de là à faire passer le sort des réfugiés climatiques avant sa tisane bio, NO WAY!

Alors oui, il serait temps de célébrer le joli mois de mai, avant que l’hiver ne s’abatte définitivement sur nos belles illusions.

Le « cas Finkielkraut » et ce qu’il révèle de la culture et des médias français

Mis en avant

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Il y a ce qu’on appelle le point Godwin, qui consiste à faire de façon systématique référence au nazis ou à Hitler sitôt arrivé à un point crucial d’un débat qui s’éternise.

Il y aura bientôt le « point Finkie », tant aujourd’hui l’intellectuel honni est systématiquement cité à contre-exemple dans les discussions, sur internet ou dans les médias.

Pourquoi cette image si négative ? Est-elle vraiment justifiée ? Et pourquoi cette détestation si violente de la part d’une partie aujourd’hui devenue majoritaire de l’opinion publique, en particulier les jeunes ? Alors que celui-ci était encore célébré il y a dix ou quinze ans comme « le dernier » des philosophes sensés ?

Comment a-t-on pu aujourd’hui en arriver à assimiler de façon aussi indiscutable un ancien gauchiste de Mai 68, ex membre actif de l’Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes et figure de prou du mouvement de la nouvelle philosophie, à un suppôt de l’extrême droite et un inspirateur de Marine Le Pen ? Assimilé presque systématiquement à la clique des  » nouveaux réacs » qui comprend des polémistes de second rang comme Eric Zemmour. Ou, plus délirant encore aux pires antisémites, ces pseudos intellectuels de l’extrême droite radicale comme Renaud Camus ou Alain Soral.

Ou bien plus hallucinant encore, jusqu’à l’assimiler à des intellectuels du siècle dernier  adorateurs de Vichy et défenseurs de la Shoah comme Lauis-Ferdinand Céline ?

***

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Pour comprendre ce paradoxe et cette violence, il faut examiner comment les choses ont évolué.

Alain Finkielkraut est aujourd’hui devenu le symptôme d’une confusion qui s’est établie dans l’opinion française à la faveur des médias entre deux aspects bien distincts.

D’une part cette mode de l’insolence télévisuelle quasi systématique envers les élites. Dont le seul but est d’amuser le peuple et de faire du buzz… En détournant au passage l’attention du public des vrais problèmes.

Et d’autre part, la « conscience politique » de l’opinion majoritaire et de ceux qui la fabriquent, reflétée, « sacralisée » pourrait-on dire, sinon « déformée » par le prisme grossissant des émissions télé.

On aurait tort de congédier d’un revers de manche cette complaisance pour des modes de pensée arbitraires qui érigent la contestation en spectacle. Car ils sont les héritiers d’une tradition bien française. Celle de la farce, des bouffons, de la caricature burlesque et des polémistes. Lesquels jouaient autrefois le rôle indispensable de soupape pour exprimer et mettre en scène les frustrations et mécontentements populaires. Et constituent aujourd’hui un mode d’expression des libertés publiques et un moyen de faciliter la confrontation des idées dans une démocratie.

Encore que si les médias prétendent jouer le rôle de garants de la pluralité de l’information, ils sont surtout le gardien du Temple des idées considérées comme « justes » comme des « vérités » supposées factuelles.

Et donc sacralisent des discours autorisés plus qu’ils n’en constituent l’émulation et la critique.

Cette conscience politique était autrefois (depuis le Siècle des Lumières) l’apanage des esprits éclairés par la Raison. Que dès la Révolution française une certaine presse d’idées plus que d’opinion avait pour mission de relayer. Une presse qui comptait parmi ses éditeurs des écrivains et des philosophes progressistes. Soucieuse de publier pour le plus le bouillonnement des idées nouvelles qui inspiraient le débat au sein des assemblées, les nouvelle lois et les grands bouleversement politiques, idéologiques et sociétaux au noms des valeurs et grands principes humanistes.

Cet exercice du débat fondé sur des valeurs humanistes s’est imposé avec une prétention universaliste.

Et la philosophie, la vraie, pas celle des salons mondains et des lucarnes, tenait alors le haut du pavé. Inspirant aux politiques les changements selon un Idéal des plus élevé fondé sur la Raison, et centré la quête du bien commun, l’application des principes « révolutionnaires » énoncés dans les Droits de l’homme naissants pour remplacer l’ordre ancien.

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Finkielkraut est l’authentique héritier de cette tradition « progressiste », comme on dit souvent aujourd’hui.

Une tradition devenue au fil du temps « classique », même si les discours du politiquement correct s’y réfèrent toujours. Des discours renouvelés et bousculés par les valeurs libertaires de Mai 1968 et du siècle finissant, que Finkielkraut avait lui-même portées.

Il est donc compréhensible que dans la France de 2018, ce qu’on admet être « l’opinion majoritaire », pour peu qu’elle respecte les principes de notre République et de sa Constitution, fasse force de loi et s’impose à tous comme le modèle légitime.

Et cela justifie aux magistrats pour ce qui est des délits ou des crimes, d’un pouvoir de jugement critique  allant jusqu’à la sanction pour ce qui relèvent des idées, lesquelles sont plus rarement pénalisables.

C’est ce qu’on appelle le Quatrième Pouvoir. Autrefois simple « contre-pouvoir », devenu dans notre société de l’Information à l’heure d’internet et des médias de masse le seul et vrai pouvoir.

Hals, ce pouvoir est aujourd’hui devenu dans un petit pays comme la France encore très marqué par le centralisme jacobin un véritable temple souvent il faut le dire jalousement gardé par des plumitifs de seconde zone. Lesquels irriguent de leur orgueilleuse prose tous les caniveaux intellectuels de la presse quotidienne et de la télévision, dont le niveau, il faut le reconnaître avec objectivité, et sans passion ni concession, a considérablement chuté depuis 40 ans.

Il est même de bon ton de critiquer quasiment tous les jours l’indigence des programmes télé.

Et même le président Macron s’est saisi tout récemment de ce problème, en promettant de remédier au déficit criant de qualité des programmes du service public.

On ne va pas refaire l’histoire du journalisme et de la télévision. Mais il faut bien s’accorder à reconnaitre que la « téloche », mis à part quelques rares chaînes exigeantes et quelques très rares émission de qualité pour ce qui est du service public, n’est aujourd’hui rien de mieux qu’une vulgaire machine à divertir et abrutir le bon peuple. Entièrement soumise aux lois de l’audimat et totalement tournée vers l’unique objectif de satisfaire ses sponsors par le biais de la réclame. Laquelle impose des programmes découpés et formatés selon la quête de l’efficacité marketing maximale.

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De servir ses sponsors, les grandes marques, mais aussi ses actionnaires : des conglomérats industriels souvent centrés autour des mêmes activités : industries de l’armement, équipementiers ou immobilier…

Pas étonnant que ces mêmes groupes soient aussi investis dans le capitale de l’industrie du divertissement et forment de véritables empires maîtrisant toute la filière de l’information et de la consommation de masse.

Mais c’est un autre débat.

En tout cas on ne peut dénoncer les dérives médiatiques sans prendre en compte ces critères politiques ou économiques.

La télévision n’a aujourd’hui plus rien à voir avec celle des années de la France d’Après-guerre du Général De Gaulle. Epoque où l’unique chaîne du service public était chargée autant d’informé que de divertir. Elle était alors totalement soumise au « Ministère de la Culture et de l’Information ».

Mais ce ministère était dirigé par un certain André Malraux. Et la qualité des programmes du service public n’avait rien à envier au prétendu « pluralisme » actuel. Elle était au contraire bien supérieure à celles des programmes actuels, toutes proportions gardées et compte tenu des usages de l’époque.

Aujourd’hui cette conscience politique reflétée par la télévision et qui avant faisait débat dans des cercles où se réunissait l’élite est devenue l’objet d’un spectacle permanent. Qu’on relise Guy Debord pour s’en convaincre.

Elle ne se résume plus qu’à ce qu’on appelle la « Pensée unique », orientée selon les exigences du « politiquement correct ». Dont les valeurs sont verrouillées toujours autour des mêmes thèmes souvent plus approximatifs qu’inspirés pour ces idéaux qu’ils sont sensés défendre : droits-de-l’homme, liberté, égalité, justice, laïcité, défense du droit des femmes, des homosexuels, des minorités, antifascisme, antiracisme, communautarisme, anticolonialisme, écologie, parfois altermondialisme, culte de la « nouveauté » et de la branchitude, voire de la provocation érigée en art, reflets de la société « postmoderne »…

Bref, une conscience qui n’en est plus un mais qui traduit l’embonpoint las et la sclérose intellectuelle du parisianisme bobo et de ses icônes. Celui d’une caste qui ne songe qu’à se contempler le nombril, à se rassurer et à festoyer en célébrant le vide abyssal de ses pseudos idéaux tel un Veau d’or.

On a donc assimilé des réflexes anti-ceci ou anti-cela comme autant d’offuscations et d’exaspérations obligatoires et passablement sectaires bidouillé en prêt-à-penser étalé dans les médias et les talk-shows. Celui-ci fait office de conscience pour ceux qui ont renoncé à leur libre arbitre et se contentent de répéter les mêmes poncifs pour satisfaire leur narcissisme et faire montre envers leurs semblables d’une véritable conscience « démocratique », « républicaine », « humaniste », « progressiste », etc…

Toutes ces étiquettes ronflantes qui ont vidé de leur sens les référents éthiques qu’elles avaient kidnappés ou plagiés pour flatter l’ego de leurs héroïques défenseurs.

Depuis l’élection de François Mitterrand en 1981 et la libération de la parole qui s’en est suivie à la télé, depuis l’apparition d’émissions d’un genre nouveau comme Droit de Réponse, les producteurs et les journalistes ont imaginé en presque 40 ans une foultitude d’avatars. Depuis les émissions d’Ardisson, de Lunettes noires pour nuit blanches à Salut les Terriens, celles de Fogiel, de Ruquier. Et plus récemment, avec le succès de la téléréalité, les missions « populaires » sinon populistes d’un Cyril Hanouna, héritier d’Arthur, pour ce qui est de la version la plus bas-de-gamme et la plus beauf qu’on a concoctée pour les plus téléspectateurs les plus imbéciles, incapables de suivre les saillies de Yann Moix et Christine Angot…

Cette mode de l’insolence qui fait le sel des émissions prétendument « culturelles », est devenue et une véritable « culture ».

Celle de la vulgarité, de l’outrance et de l’arrogance.

Une culture que les bobos parisiens ont copiée, adoptée puis imposée à tous dans les discours et les postures mondaines, au cours des décennies 1990 et 2000.

Cette culture a assimilé comme pour s’en protéger en prétendant les défendre, les tics, le vocabulaire, l’attitude arrogante, les postures provocantes et le ton ultra-agressif et désinvolte des « cailleras, véritables icônes de la décennie 2000.

Avec cette certitude qu’il fallait flatter la médiocrité par souci de plaire aux minorités, et jeter du même coup au feu toutes les vieilles gloires poussiéreuses de la « tradition » classique. Tous les us et les discours hérités du passé, représentant le savoir, l’esprit et le «  bon goût » français. Tout ce Panthéon désuet et ridicule incarné par les académiciens ou les éditorialistes du Figaro.

C’est un parti-pris. Mais on s’est accoutumé à le considérer comme juste, « moderne » et inéluctable.

Eric Zemmour n’a pas tout à fait tort quand il dénonce cette évolution dans son livre Le Suicide français. Même s’il manque profondément de nuance,  de recul et d’honnêteté, et ne sert que ses propres lubies en creusant encore le vide qu’il dénonce pour servir un boulevard à Marine Le Pen.

Quoi qu’il en soit, force est de reconnaître qu’on a bien vite congédié et remisé au rang des pièces de musée Apostrophe et Bernard Pivot. Pour les remplacer par Ardisson, Jamel, Joey Starr et autres Booba. Et tous ces humoristes et artistes originaires des banlieues et icônes vivantes de la culture  » djeune » de se faire exciter et applaudir par des amuseurs aux dents longues.

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On a inventé un nouveau concept d’émission culturelle new-look.

Une véritable imposture au demeurant, puisque la « culture » la plus bas de gamme n’y sert plus que de vague caution pour faire le buzz en mixant le pire ou le plus banal et le plus commercial de l’actualité de la semaine : sorties éditoriales, pseudo écrivains qui viennent se pavaner et se féliciter d’avoir réinventé la roue, spectacles à succès… Et surtout agenda des copains – toujours les mêmes – qu’on invite à se polir le nombril sur les plateaux.

Ajoutez quelques people et quelques politiques égarés en manque de popularité, un pincée de sketchs burlesques (souvent très bons d’ailleurs) pour rythmer et pimenter la soirée, des ficelles de cirque ENEAURMES pour faire réagir le public, piéger les invités et les pousser au dérapage verbal ou à la contradiction en direct, parodiez la scène dramatique de l’exécution publique, n’oubliez jamais de mettre en scène des clashes soigneusement préparés pour faire le buzz… Secouez bien et vous avez la recette qui fait bingo en termes d’audimat !

Pour continuer de s’indigner ou de se bidonner, arrosez les réseaux sociaux des meilleurs moments de l’émission et le tout est joué.

Là où le bât blesse, c’est que cette prétention ronflante à illustrer l’esprit parisien et à défendre des valeurs engagées qui est celle des émissions comme On n’est pas couché, est cautionnée par la présence récurrente de philosophes de foire habitués des sunlights : les BHL, Onfray et autres Comte-Sponville.

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On n’est pas couché 21/11/2017 : la comédienne Camille Chamoux interpelle Alain Finkielkraut sur le thème « Islam et féminisme ».

Hélas, un intellectuel comme Finkielkraut, plus que son ancien comparse et coauteur du Nouveau désordre amoureux Pascal Bruckner, plus prudent à se montrer à la télé, s’est laissé piéger par les flatteries de certains puis la tentation de devoir se justifier une fois mis au ban des intellectuels respectables par une clique de bobos garants de la pensée unique.

Du coup on le voit trop souvent dans nos lucarnes et les animateurs pervers ne l’invitent plus aujourd’hui que pour ses tics nerveux et ses crispations inquiètes sur des thématiques éculées.

L’homme est intelligent, a encore de la ressource, et arrive souvent au terme d’un laborieux exercice d’explication de sa pensée à s’autojustifier et à retourner l’auditoire. Mais immanquablement il y a toujours ce moment où un mot mal interprété est monté en épingle par l’un des cabots vicelards qui lui tendent le crachoir et aussitôt jeté en pâture aux aboiements de la Plèbe.

On finit donc toujours par en conclure que l’horrible Finkielkraut n’est autre qu’un de ces intellos réac de l’ultra-droite. On l’assimile honteusement à Zemmour ou Marine Le Pen. Et on reste injustement sourds à ses propres dénégations quant à quelque complaisance que ce soit aux idées d’extrême droite.

Las !

La seule faute d’un homme d’esprit et de nuances qui incarne le monde ancien bousculé par la jeunesse, les stéréotypes, le goût du spectacle et de la jouissance immédiate et les modes du siècle, c’est de s’être prostitué dans ces défouloirs qui prétendent représenter la culture et être garant des valeurs.

Or ces bouffonneries télévisuelles ne sont rien de moins que des spectacles pour amuser la plèbe dignes des jeux du cirque. Dont ils reprennent d’ailleurs tous les codes. Combats de gladiateurs sous forme de clashes au scénario bien huilé. Mises en scène de tortures et d’exécutions publiques de condamnés à mort bouffés par les fauves : les « chroniqueurs ». Présence obligatoire des césars et des patriciens du moment : les politiques et les vedettes. Contribution du public inviter à confirmer ou infirmer la sentence prononcée envers les condamnés, musique tonitruante et interventions de bateleurs pour scander le rythme et faire plus d’audience, etc…

On n’y célèbre jamais la culture, la vraie. Pas nécessairement celle un brin surannée des beaux esprits, des encyclopédies et des académies. Mais celle de l’honnête homme, qui suppose élégance de l’esprit, érudition, intelligence, esprit critique et surtout ouverture, bienveillance envers l’autre, celui qui diffère ou qui surprend par sa singularité, et amour pour le présent et ses évolutions. Au lieu de complaisance crasse pour « l’actualité » et ses épiphénomènes, sensationnels et voyeuristes, dont elle se pourlèche en y abîmant la conscience des masses.

En définitive, Alain Finkielkraut ferait plus pitié que hurler. Parce que c’est un vestige du passé. Du « monde d‘avant ».

En qu’en vieillissant il se ternit, ressemble à une caricature de lui-même, se laisse salir et obligé de répondre aux injures, au lieu d’ignorer superbement les crapauds qui bavent sur sa robe d’académicien.

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La télé l’a tué. La popularité a entachée sa notoriété. Elle l’a livré aux appétits féroces de la basse-cour. Des nains.

Evidemment, qui aujourd’hui pourrait imaginer qu’on invite de grands intellectuels comme Jankélévitch, Raymond Aron, Michel Foucault ou même Paul Ricœur à débattre sur les plateaux des atermoiements du public face aux soubresauts de l’actualité ?

On a changé et de siècle et d’époque.

Qui ouvre d’ailleurs encore les livres de pareils monuments de la culture ?

Il ne s’agit pas d’être passéiste.

On peut tout à fait lire Proust le matin, Foucault l’après-midi, et Charlie hebdo le soir !

Ecouter Mozart en prenant son café, et Stromae ou NTM en faisant sa gym…

La question n’est pas de hiérarchiser à outrance les grands noms de la culture élevés au rang d’icônes.

La question est d’éviter de les banaliser en les noyant dans la soupe consensuelle et vulgaire des médias de masse.

Et de stariser de façon grossière des histrions insignifiants qui prétendent s’élever au niveau des grands félins de l’Olympe culturelle et leur voler la vedette.

En somme, ce qui manque à notre époque c’est la mesure, la tempérance et le discernement.

Et surtout les référents qui permettre de juger avec autorité qui est à considère comme une grande figure de l’esprit, et qui n’est qu’un comptempteurs du néant ou un avatar de l’ère du vide.

Soyons optimistes.

Et gageons qu’à la faveur des épreuves présentes et à venir, grâce à l’élévation statistique – toujours à espérer sinon promouvoir – du niveau d’instruction des jeunes, grâce à internet qui donne accès souvent au pire mais aussi parfois au meilleur, grâce à la conscience qui ne cesse d’évoluer et de grandir, on saura bien vite congédier ces excès coupables et sanctifier à nouveau des vraies valeurs.

Après tout, ce n’est pas parce Tout–le-monde-en-parle qu’un homme, une idée, une mode, une indignation, n’est autre chose que le reflet de coquetteries du moment, du Zeitgeist, ou de la pataugeoire où s’égayent les indigents du bulbe.

Et si personne n’en parle plus ou voudrait le taire, si personne n’en parle encore, c’est peut-être un signe qu’il faudrait revoir les priorités du moment.

Y a quà…

Et Si Au coin de la rue* on trouve parfois l’Aventure, il en sera toujours ainsi Des hommes et de bêtes*.

Au nom de l’autre*, Nous autres modernes* devrons toujours rester vigilants, mais aussi bienveillants les uns envers les autres pour éviter La Discorde*.

Car si l’on s’abîme à La Querelle de l’école*, que l’on s’aventure trop En terrain miné*, si l’on cède au chant des sirènes mondialistes au point de renoncer à jamais se demander Qu’est-ce que la France*, on se condamne à L’Identité malheureuse*.

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Celle de la violence qui plus jamais ne peut encore se dire :

« Et si l’amour durait* ? ».

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* Titres d’ouvrages d’Alain Finkielkraut

La « fin du travail », ou le commencement d’autre chose ?

Mis en avant

Les élections présidentielles de 2017 ont fait de la question du travail comme ressource et comme valeur un thème central des débats.

Pour la plupart des candidats (principalement Macron, Fillon et Mélenchon), il faudrait s’en tenir au modèle classique : seule la contribution sous la forme d’un travail fourni à la collectivité peut justifier l’attribution d’un revenu à chaque individu valide et en âge d’exercer une activité.

Les candidats de gauche (Hamon et Mélenchon) font toutefois du thème de la protection sociale l’un des acquis à préserver impérativement compte tenu des menaces que font peser leurs remise en cause par les aménagements comme la loi El Khomri, symbole de la victoire du libéralisme et des « cadeaux faits au patronat » par un gouvernement prétendument socialiste.

Benoît Hamon bouleverse radicalement l’équilibre classique entre la vision classique des revenus issus du travail soumis à l’arbitraire des entreprises et celle du protectionnisme social étatique. En proposant pour la première fois dans l’histoire française de créer un revenu universel sans conditions d’attribution.

Une mesure polémique que son promoteur justifie par la perspective d’un proche avenir marqué par la raréfaction du travail, du fait de l’essor des nouvelles technologies et de l’amélioration de la performance productiviste, et conduisant au remplacement généralisé des employés par des robots.

Selon cette conception nouvelle, le travail ne serait plus la condition principale pour se voir attribuer un revenu dépendant de sa force de travail et de la valeur ajoutée produite, des mérites obtenus au terme d’une vie de travail passée à cumuler des points de retraite, ou de sa situation provisoire ou définitive d’incapacité à exercer une activité : chômage, invalidité, maladie, congé de maternité, formation…). Ce serait un revenu attribué à tous, de façon exclusive ou complémentaire à d’autres rémunérations, qui permettrait à chacun de vivre décemment, de se loger, se soigner et d’élever ses enfants. Sans pour autant être tenu à exercer une mission d’intérêt général pour justifier l’octroi d’une aide minimum comme le RSA, ou une tout autre contribution citoyenne pour mériter d’être payé sans travailler.

Quant au Front National, il bouleverse les clivages politiques habituels entre droite et gauche en proposant un modèle fondé à la fois sur le protectionnisme et la préférence nationale, un scepticisme radical à l’égard du système et des institutions mondiales et européennes qui en sont l’armature institutionnelle, et une volonté de « protéger » les catégories populaires contre toutes les « insécurités » liées à l’économie sauvage, au pourvoir de la finance, au terrorisme, à la violence sociale et au communautarisme.

Outre son coût exorbitant, la plupart de ceux qui réfutent l’idée de revenu universel qualifiée d’irréaliste, utopiste, démagogique voire scandaleuse, le font par fidélité au principe qu’on ne peut rémunérer quiconque sans contrepartie. Que tout revenu suppose sinon un travail du moins un échange d’intérêts réciproques, qu’il s’agisse de négocier de gré à gré ou de matérialiser par un échange financier le lien qui relie chaque individu à l’ensemble de la société.

Selon cette vision traditionnelle, rien n’est gratuit, tout se gagne. Et toute rémunération ne peut être conçue que comme la contrepartie d’un apport personnel au bien-être collectif. Le revenu est donc de fait la sanction du mérite personnel. Principe qui fonde la valeur travail autrement que selon le critère économique de « valeur ajoutée », mais selon le concept sociétal de « plus-value sociale ».

Une vision totalement contredite par les usages de la finance mondialisée, qui crée de la richesse instantanée par des simples jeux d’écritures comptables gérés par des ordinateurs, et permettent de constituer en un temps record des fortunes colossales sans aucun effort sinon l’aptitude à jouer avec les flux financiers.

La vision protestante qui fonde les valeurs du capitalisme et donne son sens au travail avait accrédité l’idée que la prospérité et la fortune personnelle, loin d’être un motif de honte ou d’envie liés à la possession des uns au détriment des autres, était au contraire la manifestation d’une gratification divine en vertu des mérites personnels. Notamment pour ceux qui par leurs efforts et leur persévérance à entreprendre utilisent leur richesse personnelle pour créer des usines, du travail, faire ainsi fructifier leur bien en investissant ou en faisant circuler le capital dans l’intérêt du plus grand nombre.

Selon ce modèle, le travail n’est aucunement une fatalité à laquelle chacun doit se soumettre pour vivre, mais au contraire une source d’épanouissement aussi bien pour le chef d’entreprise qui voit celle-ci prospérer que pour ses employés qui ont la chance d’y contribuer.

A la fin du 20e siècle, on en est même venu à croire et à faire croire que le travail était non seulement un motif de satisfaction et de fierté personnelles, mais un lieu, sinon « LE » lieu par excellence d’épanouissement individuel et collectif.

On a ainsi fait de l’entreprise une nouvelle religion. Et l’archétype de la société idéale, où chacun viendrait échanger des compétences, des ressources, des savoirs, des savoir-faire et même des savoir-être, au sein d’un espace conçu pour l’efficacité maximale et le bien-être de tous. Mais aussi un lieu régi par culture et un système de valeurs unanimement partagés, et sanctifié dans de véritables « constitutions » locales que sont les « projets d’entreprise » et autres « chartes éthiques ».

On a vite compris que ces belles déclarations orgueilleuse étaient en réalité plus des outils de management destinés à s’assurer l’allégeance totale et béate des cadres et des employés pour atteindre plus facilement les objectifs de l’entreprise, qu’elles ne reflétaient une volonté sincère de construire une société de l’Excellence visant sur la réalisation du bonheur pour tous au travail, en permettant à chacun d’exprimer tout son potentiel et de donner le meilleur de lui-même en tendant vers toujours plus d’efficacité et de perfection.

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Quelques précisions pour comprendre comment la valeur travail a évolué au cours des derniers siècles.

1/ « S’épanouir dans un travail » est en réalité un dogme plus qu’une réalité. Un dogme qui s’est généralisé très fortement dans les sociétés occidentales à partir des années 1980. Il a conduit à faire admettre à des employés et des cadres stressés et asservis à leur fonction qu’ils peuvent se réaliser intellectuellement, psychologiquement, socialement et culturellement en accomplissant un travail pour lequel il n’était pas forcément faits et qu’ils n’appréciaient pas forcément. Un moyen éprouvé pour créer de « bons petits soldats » efficaces, consentants et heureux de fabriquer du bonheur en toc pour les masses ou de vendre les produits phares de Procter & Gamble, Nestlé ou Apple.

2/ En Occident, ce mensonge institutionnel a remplacé la vision traditionnelle héritée du judéo-christianisme selon laquelle le « labeur », à savoir l’enchaînement à un travail physique éprouvant pour cultiver une terre hostile et « gagner sa vie à la sueur de son front », et partant de « la souffrance », constituaient la condition existentielle de tout être humain depuis péché originel et la chute d’Adam. Avec l’idée tordue développé par le catholicisme doloriste que la souffrance était non seulement nécessaire et inévitable mais un facteur de rédemption : plus on trime dur, plus on rame, plus on souffre en silence en acceptant son sort, et plus on gagne son Ciel, à défaut de mériter une considération légitime.

3/ De la même manière que les serfs et les tâcherons dans la société féodale étaient à peine plus émancipés que les esclaves de leurs maîtres dans l’Antiquité romaine, le capitalisme industriel a utilisé ce mythe du « travail » comme valeur soumise à ‘arbitraire des décideurs issus de la classe possédante pour exploiter toute une catégorie de travailleurs payés juste de quoi survivre en échange d’un travail mécanisé, segment, souvent répétitif et à valeur intellectuelle quasi nulle. Qui plus est sans garantie de maintien dans l’emploi, sans couverture sociale, dans des conditions sanitaires, de pénibilité et de sécurité déplorables qui diminuaient considérablement leur espérance de vie.

4/ Marx qui croyait à cette vision économique d’une société productiviste scindée entre Capital et Travail a cru pouvoir émanciper les masses laborieuses grâce au mythe de la Révolution prolétarienne sensée redonner la prépondérance au travail sur le capital et précipiter l’avènement d’une société juste, égalitaire et apte à garantir le Bonheur universel. On a vu les résultats partout où cette idéologie a été mise en place sous forme de système politique et économique étatique…

5/ Après l’effondrement du bloc soviétique, la conversion de la Chine au capitalisme et la fin des idéologies totalitaires qui avaient failli détruire le monde au 20e siècle, le libéralisme dit « progressiste » (capitalisme teinté de social-démocratie) s’est imposé comme la seul modèle a priori « juste » et viable pour garantir la croissance continue, seule moteur possible du développement économique, mais aussi les libertés individuelles, la justice sociale, l’extension des droits de l’homme à tous les peuples et la paix mondiale. Un modèle formalisé dans le concept de « Nouvel Ordre Mondial » promu à partir de la décennie 1990 par les néoconservateurs américains, les élites occidentales et incarné par les grandes institutions mondiales (ONU, OMC, UE, Banque Mondiale…) conçues comme l’embryon d’un futur « gouvernement mondial » jugé indispensable pour maintenir la paix et construire et encadrer une société prospère fondée sur la liberté totale des échanges et l’autorégulation par les marchés.

6/ Après la chute du mur de Berlin, avec la multiplication des guerres « préventives » conduites par les néoconservateurs et justifiées par le projet de renverser des dictatures ou de lutter contre le terrorisme pour instaurer la démocratie au Moyen-Orient, face aux injustices engendrées par le libre-échange et la financiarisation de l’économie, ce modèle incarné par la mondialisation économique est vite apparu non pas comme la réalité libérée de l’idéologie et le meilleur des monde souhaitable, mais come ce qu’il est : une idéologie comme une autre qui s’était imposée comme le modèle dominant imposé à toute la planète. Avec les restructurations industrielles, les mutations technologiques, l’augmentation du chômage de masse et l’avènement de la société des loisirs, on a commencé à s’interroger sur la valeur « travail » et à considérer que celui-ci n’était pas nécessairement le but de l’existence, une nécessité universelle et absolue pour gagner sa vie, ni la seule voie d’épanouissement personnel pour les individus et le seul facteur de création de lien social à valeur ajoutée.

7/ La critique de ce modèle s’est renforcée avec les excès et l’échec des politiques ultralibérales d’austérité conduisant une majorité de salariés à travailler toujours plus pour gagner moins alors que leur pouvoir d’achat diminuait et qu’une grande partie étaient condamnés à un assistanat chronique précarisant et dévalorisant sous forme de chômage de longue durée, de départ en retraire forcé et anticipé, de contrats précaires et autre voies de garage destinées à faire baisser les statistiques du chômage : formation de longue durée, reconversion, congé sabbatique, etc… L’alternative fournie par d’autres modèles émergents (altermondialisme, décroissance, écologie, développement durable, économie participative…) a accru cette suspicion à l’égard d’un modèle incapable de juguler les crises systémiques, de redresser l’économie, de vaincre le chômage et d’assurer le bonheur consumériste pour tous.

8/ Aujourd’hui le travail n’apparaît plus comme LA valeur universelle et le passage obligé pour vivre, s’épanouir, contribuer au bien-être collectif et trouver sa justification existentielle, sociale ou même spirituelle. Force est de reconnaître qu’il existe bien d’autres voies et modèles. Et ceux qui se cramponnent au travail comme seule activité contributive à la collectivité justifiant une rémunération ou seul mode d’existence paraissent archaïques et en perte de vitesse.

9/ Le Revenu Universel défendu par Benoît Hamon est la seule mesure qui pose en terme de projet social, économique et politique les bases d’une société en émergence où tous les êtres humains adultes et aptes ne seraient plus condamnés à travailler la majeure partie leur vie et la plupart du temps à contrecœur ou en réalisant des tâches ingrates, en prenant ou appliquant des décisions contraires à leur éthique, afin de gagner leur vie, d’être rémunérés à hauteur de leur valeur ajoutée sinon de leurs talents, de consommer toujours plus pour répondre à des besoins artificiels, de justifier leur existence et leur place dans la société en fonction de leur contribution au système, de leurs compétences et de leur efficacité.

10/ L’idée libérale et marxiste que le travail non seulement produit des biens et services mais « crée de la richesse » (valeur ajoutée) est aujourd’hui caduque. Avec le développement de la société de l’information et du partage des connaissances, la véritable valeur ajoutée apparaît non plus en termes d’unité d’échange à somme nulle, mais de jeux à somme positive. Selon ce modèle, toute connaissance partagée augmente la richesse de tous les acteurs de façon géométrique, au lieu de la répartir de façon arithmétique comme c’est le cas pour les biens matériels et de l’argent dès qu’ils changent de mains entre le vendeur et l’acheteur.

11/ Un nouveau paradigme économique et éthique se développe aujourd’hui, où les échanges ne sont plus fondés sur l’appauvrissement des uns au bénéfice des autres mais sur l’augmentation exponentielle de la richesse cumulée à mesure que les échanges se multiplient. Plus il y a d’acteurs interconnectés et plus il y a d’accroissement de la richesse globale également répartie. A l’inverse du système libéral où pour qu’une infime minorité concentre le maximum de richesses, il faut organiser économiquement la raréfaction des ressources, la pauvreté du plus grand nombre, et l’esclavagisation de ceux qui produisent loin de centres de décision.

12/ Le travail dans sa version classique n’est donc plus viable. Il faut urgemment imaginer et mettre en place d’autres modèles.

13/ Si le travail n’est pas le seul moyen d’épanouissement personnel et de contribution au bien commun, il peut parfois l’être. En tout cas, toute activité peut remplir ce double rôle. Y compris les activités non monnayables et dont l’efficacité ou la valeur ajouté n’est pas apparente. Comme les activités artistiques qui créent du sens ou les activités spirituelles qui créent de la réalité. En effet selon les lois de la physique quantique, rien n’existe autrement que créé par la conscience. Toute apparente réalité physique expérimentée comme extérieure à nous n’est qu’illusion. Donc tout effort conscient de la conscience se concentrant sur la création de représentation de représentations positives par la méditation ou la prière, surtout collectives crée immédiatement les champs d’attraction et de forme qui rendent la réalisation effective de ces concepts possible et plus facile.

14/ La civilisation de demain sera donc une civilisation de l’Esprit, de l’interconnexion vécue dans la contribution consciente de tous au bien de tous, de paix et d’intrication universelle de l’homme à l’Univers tout entier. Et non une société de l’abondance matérielle comme le rêvent les partisans du modèle. Pour l’heure la transition vers ce nouveau paradigme de conscience et d’humanité passe par la « société de l’information », dans laquelle les distances, les différences et les modes d’appropriation et de contrôle des savoirs tendent à se dissoudre pour générer un système ouvert d’échanges libres, permanents et aux effets infinis.

La « démocratie holographique ». Pourquoi 2017 ressemble à tout sauf à une élection présidentielle.

Mis en avant

Élire c’est choisir, nommer, investir.

Selon la Constitution de 1958, le Président de la République est élu pour 5 ans au suffrage universel direct. Il est donc théoriquement l’émanation du pouvoir souverain du peuple, son représentant direct, le garant de la cohésion nationale et des institutions.

Dans le cas de la campagne présidentielle de 2017 tout est fait pour occulter tout débat de fond et interdire tout véritable choix entre plusieurs options politiques clairement identifiées.

Au contraire, tout est conçu pour décrédibiliser la classe politique, attiser les ressentiments et canaliser les suffrages sur des options de repli alimentées par des réflexes émotionnels.

Jamais élection n’aura aussi peu mérité son nom, tant celle-ci évoque une parodie de démocratie où la politique-spectacle s’abaisse au rang des jeux du cirque.

Bien évidemment une telle dénaturation du processus électoral n’est pas le fruit du hasard mais le résultat d’une stratégie méticuleusement mise en place en vue de maquiller les vrais enjeux, de tenir à distance l’électorat des vraies décisions et de noyer toute souveraineté du peuple dans un hologramme politique trompeur.

Le phénomène n’est pas nouveau mais il est particulièrement évident dans cette campagne inédite.

Décryptage d’une campagne fantôme savamment orchestrée pour faire élire un candidat investi par avance par le système.

Acte 1 : On dégage !

Orienter les primaires de manière à sortir les candidats portés par les partis de gouvernement ou adoubés par les sondages : Sarkozy, Juppé, Valls, après Hollande auto-dissout pour cause d’échec de sa mandature.
Présenter cette configuration inattendue comme la résultante d’une volonté populaire de renouvellement de la vie politique et un rejet des candidats traditionnels.

Acte 2 : Haro sur la corruption !

Plomber la candidature du seul candidat « classique » rescapé des primaires et pronostiqué vainqueur, grâce au Penelopegate. En faire le point focal du ressentiment populaire à l’égard des politiques en le présentant comme l’archétype de la corruption.

Acte 3 : Les raisons de la colère

Noyer la campagne dans un climat permanent d’affaires et de révélations pour occulter tout débat de fond et cristalliser l’opinion autour de réflexes émotionnels.

Acte 4 : La grande terreur

Dramatiser la campagne autour de la montée du FN et sa possible accession au pouvoir, même si les intentions de vote stagnent et si tous les sondages donnent Marine Le Pen battue par chacun de ses adversaires au second tour.

Acte 5 : Faire croire au mirage

Faire monter artificiellement la cote de popularité et les intentions de vote en faveur de Macron en alimentant la bulle médiatique autour du candidat.
Susciter un vote d’impulsion plus que d’adhésion grâce à un véritable concept marketing créé autour de la figure Macron : dilution des clivages gauche-droite, distanciation d’avec la politique menée par Hollande et Valls, gommage de l’absence de programme au profit d’une image factice et mensongère de renouveau, de dynamisme, de bienveillance, de probité et d’indépendance par rapport au système.

Acte 6 : Ridicules !

Décrédibiliser les seuls vrais candidats de rupture porteur d’un projet viable, humaniste et alternatif au système : Hamon et Mélenchon.
Attiser la division entre les deux rivaux afin d’empêcher tout ralliement.
Minimiser leur couverture médiatique par rapport aux autres candidats.
Décrédibiliser systématiquement leurs interventions médiatiques en faisant en sorte que les journalistes multiplient les interruptions et critiques ironiques : cf. les débats dans L’Emission Politique de Hamon et Mélenchon comparées à celle de Marine Le Pen, véritable boulevard pour la candidate.

Acte 7 : Odeur de sainteté

Créer une dynamique de levier en faisant apparaître la candidature Macron comme la seule possible et raisonnable face à l’affairisme des candidats traditionnels, à l’utopisme des candidats de gauche et aux peurs suscités par l’aventure FN.

Acte 8 (fin mars-début avril) : Défragmentation

Polariser les débats autour d’un clivage entre des candidats présentés comme l’incarnation de politiques de division ou centrifuges – libéralisme dur et « antisocial » pour Fillon, euroscepticisme, repli nationaliste et anticommunautarisme pour Marine Le Pen, utopisme, « fronde » ou radicalisme de gauche pour Hamon et Mélenchon – et un candidat « centriste » présenté comme le seul à même de rassembler, d’apaiser les tensions et d’assurer la stabilité des institutions (en vérité la mainmise du système sur celles-ci).

Acte 9 (avril-début mai) : Le sursaut providentiel

Créer un climat d’hyperdramatisation et de tension maximale en présentant l’affrontement annoncé Macron / Le Pen comme l’alternative entre le choix de l’apaisement et de la raison face à celui de l’aventure et du chaos (voire de la guerre civile).
Entretenir ainsi l’illusion que « l’adhésion » à la candidature Macron soit l’expression d’une volonté démocratique majoritaire de réaffirmer les valeurs fondatrices de la République teintées d’un artificiel humanisme œcuménique face à la tentation de précipiter les tensions et violences qui traversent la société.
Noyer tout examen serein et tout débat de fond sur la réalité des programmes des candidats dans une hystérie paroxystique autour de l’arrivée imminente de l’extrême droite au pouvoir.

Acte 10 : Le chant de la Libération et les sirènes du libéralisme

Créer un état de grâce puissant et durable autour du nouveau président présenté comme le « sauveur de la démocratie » et du péril lepéniste. Entretenir l’effet décompensatoire « positif » de l’élection de Macron et nourrir l’élan affectif autour de sa personne en jouant sur sa jeunesse, ses supposées qualités de bienveillance, d’honnêteté, d’écoute et de charisme, sa compétence, son aptitude à réconcilier les Français, à mettre fin au vieux clivage gauche-droite et à préserver le pays contre tout péril communautariste ou extrémiste.
Alimenter ainsi une « Macronmania » destinée à faire totalement oublier l’orientation ultralibérale de sa politique et les mesures impopulaires qu’il s’apprête à faire appliquer.
Faire en sorte que Macron réussisse à appliquer les directives du système en ne promettant rien, là où Hollande avait échoué et battu des records d’impopularité en promettant une chose et en faisant son contraire.

Lettre ouverte à ceux qui sont passés de la Révolution à la Star Ac’ et de Tonton à Macron

Mis en avant

gauche

1981-2017.

Blum, Jaurès et Mendès doivent se retourner dans leur tombe !

Comment est-on passé de l’Union de la gauche sortie du choc pétrolier à la Dissolution de la gauche sortie du choc de la mondialisation ?

Comment est-on passé d’une politique qui entendait changer la vie et placer l’homme au cœur de l’économie à une soupe sans aucun goût sinon celle des billets d’euros, et d’un projet de société audacieux à un mirage tissé de vagues promesses démenties les unes après les autres ?

Comment ceux qui ont porté François Mitterrand au pouvoir au soir du 10 mai 1981 peuvent-ils s’apprêter à voter pour la plus grande arnaque politique de toute l’Histoire de la Ve République ?

Déjà en 1981 ceux-là voyaient d’un mauvais œil cette Seconde gauche vite étranglée par l’alliance fratricide du PC avec le PS. Celle des ouvriers, des grévistes et des communistes encore alliés de Moscou.

Que sont devenus ces enfants d’un autre mai, celui des barricades, de l’Imagination au pouvoir, du « Soyez exigeants, demandez l’impossible ! » et de la révolution sexuelle ? Ces enfants gâtés des Trois glorieuses qui rêvaient le temps d’une grande récré d’un autre avenir possible et s’enivraient 15 ans plus tard de leur victoire Place de la Concorde.

Cette France des beaux quartiers qui a le cœur à gauche mais le portefeuille à droite.

Cette France des plateaux télé qui adulent les génies rebelles sortis des banlieues alors qu’elle n’a jamais franchi le périphérique sinon Porte Dauphine.

Cette France orgueilleuse et sûre d’elle-même qui donne des leçons de morale et de démocratie à la planète entière mais est incapable de reconnaître une dictature rampante, celle de l’argent, surtout quand celle-ci promet de ménager les intérêts des classes moyennes supérieures.

Cette France qui parle sans cesse du « peuple » et prétend le représenter, mais qui n’a jamais serré la main pleine de boue d’un paysan, celle pleine de poux d’un SDF ou celle pleine de cambouis d’un ouvrier. Sinon quand les caméras de télé sont braquées sur elle.

Cette France qui a lu Sartre, Beauvoir et Duras, qui défendait hier le prolétariat opprimé par le patronat, les femmes opprimées par le patriarcat et qui défend aujourd’hui les jeunes de banlieues opprimés par l’injustice sociale, les réfugiés opprimés par les dictatures, et les minorités opprimées par la majorité réactionnaire. Mais qui jamais n’accueillerait chez elle un Arabe sorti de prison ou une famille Syrienne à la rue. Ou qui condamne l’homophobie et les réacs de la Manif pour tous mais pique un fard quand deux hommes osent s’embrasser en pleine rue devant leurs marmots.

Cette France qui défend becs et ongles la démocratie contre les puissances de l’argent mais méprise le peuple, le vrai. Qui s’érige pour dénoncer les injustices faites aux « défavorisés » mais déteste les pauvres, les vrais. Et surtout qui veille jalousement à ce que ses placements obligataires restent sagement défiscalisés.

Cette France qui dit incarner les Droits de l’homme, le Progrès, défend la liberté, l’égalité, le vivre ensemble et la laïcité, qui cite Amnesty International et cotise aux Restos du Cœur, est abonnée au Canard enchaîné et à Charlie Hebdo, surtout depuis le 11 janvier…

Cette France qui se pâme devant les humoristes officiels les plus vulgaires, mais qui s’offusque quand on fait de l’humour un peu grinçant dans un commentaire sur Facebook.

Cette France qui parle à tout bout de champ d’écologie et de citoyenneté, descend se balader le dimanche sur les quais de Seine en trottinette ou en roller, mais qu’on retrouve à 2 heures du matin fonçant à 150 km/h sur le périph, et qui n’échangerait jamais son break 4×4 familial qui dort au garage contre une voiture électrique partagée à vitesse bridée. Cette France qui consomme bio et équitable mais ne renoncerait jamais à ses graines de goji ou à ses fraises en février pour ne consommer que des patates et des goldens locales.

Cette France qui se laisse aujourd’hui plus facilement séduire par une sortie poujadiste sur le plateau d’On n’est pas couché par un Michel Onfray que par un poème d’Aragon chanté à la Fête de l’Huma par Hugues Auffray.

Cette France qui voit dans les blagues potaches de Stéphane Guillon, les installations bobasses de la Nuit Blanche et les doigts d’honneur du photographe Ai Wei Wei le summum de la transgression intellectuelle, culturelle et artistique.

Cette France qui a toujours sa résidence secondaire à Saint-Malo ou dans le Lubéron et s’arrange pour échapper à l’ISF, mais qui fustige les politiques corrompus qui embauchent des membres de leur famille ou planquent leur argent en Suisse.

Cette France qui s‘offusque que les socialistes au pouvoir aient trahi la gauche mais qui a applaudit le tournant de la rigueur d’un Jacques Delors en 1983, préfère l’ultralibéralisme de Blair et l’ultrasécuritaire de Valls aux égarements marxistes de Tsipras ou aux indignations altermondialistes.

Cette France prête à prostituer toutes ses valeurs, à avaler la trahison des idées de gauche, à passer l’éponge sur l’état d’urgence prolongé, le 49.3, le durcissement de la loi El Khomri, et à se jeter dans les bras d’un candidat fantoche parachuté par les banques et le système, un puceau de la politique sans expérience, un illusionniste sans consistance, sans projet et sans valeurs claires, un mirage monté en mousse par les médias, pourvu qu’il fasse barrage à l’Apocalypse lepéniste.

Cette France qui dénonce à l’occasion les méfaits du système mais trouve utopique ou trop à gauche ceux qui veulent offrir à chacun de quoi manger, s’habiller, se soigner et élever leurs enfants, ceux qui veulent donner plus de pouvoir aux salariés, taxer davantage les plus riches et les grandes entreprises, accueillir plus de réfugiés, peser sur nos partenaires pour construire une autre Europe que celle du fric et des lobbies, qui refusent clairement toute collusion avec Trump ou Poutine, qui veulent une France forte, ouverte et moderne mais aussi juste et libre, un France debout et non à genoux devant Wall Street, Bruxelles et les agences de notation, une France capable de dialoguer avec tous sans s’aligner sur aucun, qui reste indépendante, ferme sur ses convictions et dont la voix continue de compter dans le concert des nations.

A cette France qui par peur du nationalisme oublie d’être patriote, qui par peur du fondamentalisme oublie que « République » rime aussi avec « éthique », qui par peur du terrorisme accepte de voir ses libertés grignotées et applaudit l’état-policier, mais refuse de déchoir de leur nationalité des terroristes, ou qui se laisse manipuler par les médias et hurle avec des racailles brûleurs de voitures, veut lyncher tous les policiers parce que quelques-uns ont failli à leur déontologie la plus basique et déshonoré leur corporation en violant un jeune-homme innocent.

A cette France qui a des indignations à géométrie variable, qui défend des Roms voleurs et squatteurs que les braves gens désignent du doigt parce qu’ils saccagent l’espace public mais oublie les Noirs abattus froidement dans les quartiers pauvres américains. Cette France complaisante prête à descendre dans la rue pour fustiger la haine antisémite dès qu’on critique la politique des faucons israéliens mais qui reste indifférente quand on bombarde des enfants de Gaza à coup d’armes chimiques, ou qu’on massacre des familles entières de Chrétiens au Moyen-Orient.

Cette France de la gauche « humaniste et progressiste » qui s’évanouissait aux discours de Castro et se pâme aujourd’hui devant les effets de tribune d’un gamin vendu au capitalisme le plus rude.

A cette France qui a tellement perdu ses repères et sa dignité à force de s’allier au diable, mais qui prétend rester vertueuse, gardienne des valeurs laïques et républicaines, et surtout se croit toujours l’incarnation du Progrès, à cette France-là qui me fait honte, je dis : REVEILLEZ-VOUS !

Moi qui n’étais pas hier « de gauche » je dis à ces traîtres de ma génération : arrêtez de justifier ce qui est injustifiable, de pardonner ce qui est impardonnable, d’applaudir ce qui est détestable !

Eteignez votre petite lucarne qui vous grignote le cerveau et relisez vos maîtres à penser.

Ou mieux : sortez de vos petites habitudes et certitudes parisiennes et intéressez-vous vraiment au monde d’aujourd’hui. A ceux qui élaborent la pensée du siècle et façonnent les modèles de demain. Pas aux philosophes de plateau.

Cessez de vous crisper sur vos peurs, qu’on entretient pour vous interdire de voir la vérité.

Regardez le monde en face et faites votre autocritique au lieu d’accuser sans cesse votre voisin d’être un fasciste, un anarchiste ou un complotiste quand il ne pense pas comme vous et ne dit pas amen à tous les poncifs de la pensée unique servis par les chantres d’un système auquel vous obéissez sans même vous en rendre compte.

Redressez la tête, secouez votre morgue et ouvrez les yeux au lieu de vous aveuglez vous-mêmes pour ne surtout pas reconnaître que vous avez tort et donnez raison à ceux qui vous mènent droit dans le mur.

Changez de lunettes, jeter vos vieilles recettes déglinguées, abandonnez vos bons sentiments et vos ressentiments-réflexes. Et osez réfléchir en hommes et femmes indépendants, sincères et réalistes.

Et surtout prenez conscience qu’à force de vous entêter, de jouer les autruches et de répéter en boucle les mêmes refrains sans vous apercevoir qu’on a changé d’époque et que les schémas pour penser le monde d’hier ne marchent plus avec le monde d’aujourd’hui, vous êtes devenus totalement has been, tout juste bons à rattraper le train en marche quand vous croyez être toujours la vigie de la Justice et les gardiens de la Raison dans un monde en proie à la confusion et au chaos.

Vous vous êtes tellement gavés de téléréalité pour ne pas vous confronter au réel, de produits prêts à consommer mis en scène par les agences de pub, de slogans débiles rabâchés par les médias, de débats bidons pour masquer les vrais enjeux, vous avez tellement peur des vrais discours et des réflexions qui dérangent votre petit confort intellectuel, que vous ne savez plus distinguer l’authentique de l’artifice.

A trop confondre les hommes politiques avec les marionnettes de la Star Academy, vous voici prêts à confier les rênes de la France à un Pinocchio qui a érigé le flou et le mou en apothéose des vraies valeurs.

Qu’il dénature l’Histoire ou nie l’existence de l’art et de la culture française ne vous étouffe même pas ! Pourvu qu’il ait une belle gueule et surtout qu’il empêche Marine Le Pen d’accéder au pouvoir.

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Je peux comprendre que la génération des momos, ces « mobiles moraux » nés entre 1965 et 1976, puisse voter unanimement pour Macron. Eux qui n’ont connu que la crise, à qui on a oublié d’enseigner l’Histoire, qu’on a gavés de discours relativistes et qui n’ont pour seul horizon idéologique que la realpolitik et la doxa libérale.

Mais celle de leurs aînés les bobos, qui ont connu toutes les révolutions avant de conquérir tous les rouages du pouvoir politique, économique, médiatique, culturel. Auraient-ils totalement retourné leur veste au point d’adorer ce qu’il ont hier honni ?

N’avez-vous pas honte de voter pour un candidat qui ne représente pas vos idées et ne défend pas les intérêts des Français ? De voter avec votre calculette et non avec votre tête ! Vous sacralisez l’Ere du vide, vous sanctifiez le Néant !

En agissant ainsi, vous rendez-vous compte que vous abdiquez ce qui reste d’illusion de démocratie ?

Vous confiez les clés du pouvoir au candidat du système par peur d’une harpie nationale-socialiste qui vocifère contre ce même système, alors qu’elle en est issue et en incarne toute l’hypocrisie.

Car qui est Marine Le Pen ? La « candidate du peuple » ? Ou une grande bourgeoise du Domaine de Montretout, née avec une cuillère en argent dans la bouche, qui défend la République mais a inscrit ses enfants dans les bons lycées cathos de la banlieue Ouest comme tant d’autres réacs de la Manif pour tous ? Une fille d’ouvrier ? Ou celle d’un parvenu héritier d’une grosse fortune ? Une avocate vêtue d’un tailleur strict et d’un catogan blond platine.

Marine Le Pen dénonce sans cesse les institutions européennes, les élites corrompues et les puissances de l’argent ; mais la vérité c’est qu’elle se moque du peuple qu’elle prétend représenter.

Les élites, elle en fait partie. La corruption, son parti et ses élus en sont les champions. Et l’Europe, c’est elle qui la nourrit ainsi que ses assistants fictifs.

La vérité c’est que l’affrontement annoncé entre Macron et Marine Le Pen est l’alternative choisie aujourd’hui par des élites qui tirent les ficelles et choisissent leurs poulains en fonction de leurs stratégies et des fluctuations d’une opinion qu’ils manipulent par médias interposés.

Complotisme ? Non : lucidité !

Ainsi Macron est le favori du système, qui se pliera religieusement aux diktats de la haute finance et de Bruxelles.

Tandis que Marine Le Pen incarne le scénario catastrophe qui précipitera la France dans un abîme d’où seule l’allégeance consentie à un sauveur labellisé par Big Brother pourra la relever en l’asservissant totalement à la Matrice.

Ceux qui sont incapables de comprendre cela préfèrent la torpeur des anxiolytiques et des hallucinogènes qu’on leur inocule à l’âpre vérité. Et renoncent à toute responsabilité pour s’endormir dans le confort narcotique du Mensonge.

On ne pourra pas dire qu’ils n’ont pas été prévenus, quand ils se réveilleront de leur songe et découvriront qu’une fois de plus on les a dupés. Hollande et Valls ne leur ont apparemment pas suffi pour comprendre que la social-démocratie à la française était un mirage, le libéralisme social un attrape-couillons et le « socialisme progressiste » un mot creux ressorti des oubliettes pour masquer une formidable arnaque.

Avec la caution de la girouette Bayrou voici Macron maintenant flaqué d’un allié qui ancre sa candidature dans un « centre » aussi fantasmatique qu’éphémère.

Mais cela rassure pour un temps les plus dubitatifs qui ont maintenant bonne conscience à s’engouffrer dans une aventure dont ils ne ressortiront pas vivants.

Puisque les jeux semblent pliés, souhaitons bonne chance à cette pauvre France incapable de s’inventer un avenir et qui préfère s’en remettre à chaque scrutin à des marchands de rêves de plus en plus habiles, cyniques et mensongers.

Il n’y a hélas qu’au lendemain des grandes catastrophes et d’années d’humiliation que les Français savent distinguer un grand homme d’un imposteur et le suivre en se choisissant un destin d’envergure.

Pour l’heure, c’est entre la France riquiqui de Marine Le Pen et l’abandon de toute idée de la France au bénéfice du Système mondialisé qu’il va falloir choisir.

Dans les deux cas, un suicide : celui du monde orwellien des milices et des barbelés. Ou celui d’Alice au Pays des merveilles en version 3D augmentée.