On ne combat pas l’islamisme en agitant des principes ! – L’Etat, les religions et l’argent

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Tout individu a des croyances, des valeurs, des convictions. Toute société également, qui les sanctuarise en énonçant des principes communs.

Les principes sont essentiels, mais ils ne servent pas à combattre. Quant une société est attaquée, elle ne combat avec pour arme ses principes, sinon comme une métaphore. Une société qui entend se défendre combat « AU NOM » de ses principes, mais « avec » des moyens adaptés à l’adversaire, à l’enjeu, à l’époque.

Certains qui voudraient sincèrement combattre l’islamisme se contentent d’ânonner des principes comme on invoque la protection divine. Parfois ils se contentent d’exhortations, de vociférations, d’exaspérations.

L’affectif et l’éthique font mauvais ménage. On ne pratique pas le bien, on ne défend pas la justice, la vérité ou le droit en s’agitant ni en étant le jouet de ses affects.

La rhétorique non plus ne suffit pas à réduire en poussière un adversaire déterminé à envahir un territoire. On ne défait pas une armée en hurlant à son général : « Je vous demande de vous arrêter ! »

Comme tout fin stratège avant de livrer bataille, les vrais républicains qui partent en guerre contre l’islamisme prennent le temps de fourbir leurs armes. Pour combattre une idéologie qui s’appuie sur un réservoir de 1,8 milliard de musulmans dans le monde (soit un terrien sur quatre) et 8,5 millions de citoyens en France, il faut plus que des convictions, du bagou et de l’audace. Il faut du sens tactique et des moyens.

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Si l’on veut RÉELLEMENT combattre l’islamisme il ne faut pas en rester au niveau des principes. Il faut faire preuve de pragmatisme. Viser l’efficacité et la victoire, pas la suprématie verbale. Sinon on risque de ne défendre qu’une citadelle imaginaire, pas une société réelle.

Les islamistes ne sont pas des combattants qui poussent des grands cris pour annoncer leurs assauts. Au contraire ils font profil bas, se taisent, mentent sur leurs intentions réelles, montrent patte blanche, font mine d’être de bons citoyens loyaux et respectueux du droit. Puis ils se déguisent en sauveurs des victimes imaginaires qu’ils prétendent vouloir protéger, à la fois pour se les approprier et désigner des coupables : l’extrême droite, le colonialisme, les blancs suprémacistes, la France qui méprise ses minorités, l’Etat qui stigmatise tous les musulmans par des lois « liberticides »…

Ils falsifient alors nos principes pour les retourner contre nous. Liberté, égalité, fraternité, démocratie, laïcité, droits de l’homme, justice sociale, défense des faibles et des minorités, émancipation des jeunes, féminisme… Aucune de nos valeurs républicaines n’est épargnée.

Pour démonter leur rhétorique il faut connaître l’adversaire, ses méthodes, et faire preuve d’un discernement constant.

Mais pour engager la bataille, on serait bien inconscient de se limiter à celle des idées.

Il y a le djihad juridique qu’il faut contrer. Et devancer en attaquant les islamistes retranchés dans les organisations musulmanes, les associations locales, les écoles, les universités, les listes communautaires aux élections, les partis politiques, les assemblées, les ministères, les syndicats, les entreprises, les administrations, les clubs sportifs, les services d’ordre… C’est un immense travail qui requiert du temps, des moyens humains, logistiques et financiers.

Et puis il y a tout un travail d’encadrement, de surveillance, d’organisation et de régulation à mener dans les mosquées, les associations et les écoles islamiques, les organismes chargés de former les imams, les éditeurs de supports physiques ou numériques à caractère religieux, les médias communautaires, les sites internet, les réseaux sociaux… Qui doit s’en charger ? Au nom de quoi ? Jusqu’où ? Et comment ?

Or que ça plaise ou non aux idéalistes, le vrai pouvoir aujourd’hui c’est l’argent.

Ce n’est pas à des organes privés de mener ce combat. Si l’Etat ne consacre pas beaucoup beaucoup d’argent à ces objectifs, autant donner tout de suite les clés du pouvoir aux islamistes.

De l’argent il en faut notamment pour exercer le rôle d’arbitrage, d’encadrement, d’organisation et de surveillance des cultes. Des missions qui ont toujours fait partie, n’en déplaise aux laïcistes, des fonctions régaliennes. Une partie du budget du Ministère de l’Intérieur et des administrations qui en dépendent est affectée à ces tâches.

Comme le rappelle le site du Sénat dans une note de synthèse publiée aujourd’hui même : « Si la séparation implique théoriquement l’interdiction de toute subvention, directe ou indirecte, en faveur d’une communauté religieuse, ce régime de séparation est loin d’être absolu. »

Pour faire ou défaire, l’argent reste le nerf de la guerre.

Les islamistes, eux, l’ont bien compris, qui pratiquent un entrisme financier et économique autant que social et politique. Eux qui s’appuient sur une finance islamique qui est l’une des plus puissantes au monde avec 2500 milliards de dollars d’en-cours, dont un tiers détenu par l’Iran et 20% par l’Arabie saoudite.

Entrisme financier ? En France comme ailleurs en Occident les islamistes infiltrent les organismes financiers, les banques, les compagnies d’assurances, prennent des participations dans le capital des multinationales, des industries du pétrole, de l’énergie, du bâtiment, du luxe, de la culture et des médias, des industries du divertissement, des clubs de foot…

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En France ils ont trusté tout le marché du halal, une source de revenus colossaux, autant qu’un outil d’emprise idéologique sur les consommateurs musulmans. La myriade d’associations qu’ils créent chaque jour perçoivent des subventions de pays frères via des organisations islamistes « caritatives » comme Qatar Charity.

Elles ne s’arrêtent pas là. Sous couvert de proposer des loisirs, des services sanitaires, d’éducation ou sociaux, ces associations attirent les jeunes des quartiers pour les endoctriner. A cette fin, elles détournent les subventions allouées par les mairies, les collectivités territoriales ou l’Etat en se déguisant en œuvres de charité, en écoles, en associations culturelles ou en clubs sportifs. Des méthodes utilisées partout par les Frères musulmans pour recruter, infiltrer et conquérir le pouvoir.

Lingots_0_730_486Face à cette stratégie de grande envergure déjà très développée en France, nos petits laïcistes montés sur leurs ergots de 1905 qui prétendent combattre l’hydre islamiste avec des tapettes à mouche font figure d’agités utiles, de Don Quichotte de la laïcité lancés contre des moulins à vent.

Leurs « victoires », quand ils arrivent à pointer du doigt une allocation ridicule, l’utilisation d’un local de mairie pour une bar mitzvah ou d’une salle universitaire pour une quelques étudiants religieux sans contrepartie financière, relèvent de l’obstination pitoyable de morpions accrochés à leur poil pubien.

Quand l’État pour une fois joue son rôle d’arbitre en se mêlant d’affaires religieuses afin de faire reculer l’islamisme, alors ils crient au loup et prennent des poses de moralistes offusqués. Parce selon leur conception pathétique de la laïcité, l’État n’a pas à se compromettre en fourrant son museau dans la fourmilière des calotins.

Soyons raisonnables. Et surtout pragmatiques.

Face à l’ampleur des dangers qui nous menacent, il faut mobiliser des moyens et des énergies idoines.

La loi de 1905 pas plus que la laïcité ne sont des absolus indépassables en soi. La loi est faite pour l’homme et non l’homme pour la Loi. Même si elle est un principe central de la République, la laïcité est faite pour organiser la vie en société, non pour orienter la société vers la vénération de la déesse Laïcité.

L’Idéal républicain lui-même n’est pas un absolu indépassable ou une divinité. Ses principes ne sont ni des totems ni des tabous. La Concorde républicaine n’est pas une momie figée. Le débat démocratique a pour finalité d’en actualiser le sens et les modalités d’application pratique, selon les évolutions politiques, sociales, éthiques, les enjeux et priorités de l’époque. Et pour cela il convient de faire évoluer le droit, d’accorder la façon de l’appliquer et les modes d’exercice des différents pouvoirs aux défis du temps.

Un exemple de tabou à faire sauter. La loi de 1905 précise que « l’État ne finance aucun culte« . Ce principe répond à celui de « séparation des églises et l’État » (qui est le titre de la loi). Mais aussi à une volonté de ne pas obliger l’État et les contribuables à subventionner les cultes. Conformément à la liberté de conscience, l’État se limite à une neutralité en n’obligeant pas des citoyens agnostiques ou d’une autre religion à financer telle religion contre leur gré. Dans d’autres pays européens comme l’Allemagne chaque contribuable verse un impôt annuel destiné à la religion qu’il souhaite. Ce qui semble plus égalitaire, mais qui scandaliserait tout intégriste de la laïcité pour qui la religion c’est le Diable, la vérole ou la peste noire.

Appliqué à l’entrisme islamiste, et à un premier niveau d’analyse, il est tout à fait conforme au principe de laïcité entendu comme l’interdiction de tout financement public au bénéfice d’une religion de dénoncer l’octroi de subventions publiques à une organisation cultuelle ou religieuse.

Depuis 1802 et jusqu’à 1905, le service des cultes était, par l’existence du Concordat, un service public. Comme n’importe quel autre service public, il bénéficiait de crédits alloués par une loi budgétaire votée par le Parlement.

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Il n’est pas question de revenir en arrière. Toutefois, dans les faits l’État subventionne de différentes manières et depuis fort longtemps les différentes églises.

Un seul exemple, la quasi-totalité des édifices religieux autrefois propriété de l’église catholique ont été expropriées à la Révolution et appartiennent aujourd’hui au patrimoine national. Elles sont mises à disposition des églises pour le service du culte. Leur entretien est à la charge de l’Etat en tant qu’éléments du patrimoine culturel.

Autre exemple : les écoles catholiques, protestantes, juives, islamiques ou autres sous contrat avec l’Education nationale reçoivent de l’Etat des subventions pour organiser l’enseignement et payer leurs enseignants, laïcs ou religieux. Leurs cursus comprennent souvent des cours d’instruction religieuse et des heures consacrées à la prière, la rencontre de religieux chargés de l’encadrement, etc…

L’Etat étant en partie le payeur, le garant du système éducatif et de la protection des jeunes, il serait inconcevable qu’il ne mette pas son nez dans les programmes, qu’il ne s’enquiert pas du curriculum des professeurs et du type d’enseignement qu’ils délivrent à leurs élèves. Comme de la conformité des programmes avec les directives de l’Education nationale, du nombre d’heures de cours consacrées à l’apprentissage du français, des maths, de l’Histoire, mais aussi à l’instruction civique.

L’Etat dispose d’un droit de regard quant aux enseignements, aux matières, aux contenus et aux méthodes pédagogiques, aux professeurs habilités à les délivrer, aux proviseurs, surveillants et toute personne en contact avec les élèves. Idem pour les universités.

Quant aux établissements privés qui ne sont pas sous contrat, ou aux enfants dont les parents choisissent de surseoir eux-mêmes à leur enseignement, l’Etat aussi a un droit de regard et ferait même bien de l’exercer avec un peu plus d’étroitesse et de contrainte le cas échéant.

A un second niveau d’analyse, l’islamisme dispose au plan mondial de ressources suffisamment importantes pour que des organisations islamistes nationales ou même locales puissent se passer de subventions.

Qui plus est, ce n’est pas l’annulation d’une subvention annuelle de quelques milliers d’euros à un club de foot, un groupe de musique ou une association de soutien scolaire dirigés par des islamistes qui les empêchera de les faire fonctionner et d’attirer des jeunes pour les endoctriner. Il n’y a qu’à voir comment l’État lui-même a délégué la gestion de certaines banlieues au Qatar ou à l’Arabie saoudite pour s’en convaincre.

Oragroup-et-la-finance-islamique_ng_image_fullEn revanche, si l’État n’investit pas massivement pour développer et désenclaver les banlieues, éduquer, former et encadrer les jeunes menacés de récupération idéologique ou de radicalisation, il fait défaut à ses missions.

Ces missions passent par un encadrement plus étroit de toute organisation à caractère identitaire ou religieux. L’Etat n’a pas craindre de se salir les mains ou d’outrepasser ses prérogatives.

Cela au nom d’impératifs catégoriques comme l’unité et la sécurité de la nation, la protection des citoyens les plus vulnérables contre des dérives sectaires et une idéologie politique qui menace leur intégrité et leurs droits. En particulier les femmes, les mineurs, les minorités ethniques ou sexuelles.

Si cela doit nous conduire à réviser notre conception de la laïcité au nom d’un principe plus grand comme la défense la démocratie et de la République en guerre contre l’islamisme, il n’y a aucune hésitation à avoir. Au contraire, nécessité fait loi. On ne peut que se féliciter d’avoir été prévoyants et non obtus.

S’agissant de la réforme indispensable du culte musulman toujours repoussée, l’État doit agir urgemment, et ne pas se laisser dicter ses lois par un maquis d’organisations islamistes déterminés à faire plier la République à son agenda.

Quant au budget alloué à ces missions, il est essentiel de bien préciser que celui-ci n’a aucunement pour objectif de financer le culte musulman, encore moins de subventionner l’islamisme. Mais au contraire de lutter contre ce fléau en précisant les règles de fonctionnement et en défendant la République.

Le financement du culte doit toujours être en principe de la responsabilité des fidèles concernés. Même si dans les faits les choses sont beaucoup plus complexes.

Si l’État consacre des moyens humains, logistiques, financiers pour lutter contre les dérives sectaires et assurer un exercice des cultes conforme au droit en remplissant ses missions d’arbitrage, cela a un coût. Il serait naïf de croire que depuis 130 ans l’organisation des cultes qui fait partie des missions régaliennes assurées par le Ministère de l’Intérieur n’a jamais coûté un centime à la collectivité.

Il faut faire preuve de raison, voir la réalité en face et répondre aux enjeux avec un souci de réalisme, de cohérence et d’efficacité.

Les idéalistes et les fanatiques de tous poils sont les pires ennemis de la République.

Comment Coexister est devenu « Coercition », association de défense de l’islamisme antirépublicain

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S’ils étaient soucieux de cohérence, les « jeunes de Coexister » devraient rebaptiser leur association « Coercition ».

Hélas nous vivons dans un monde de confusion et de mensonge, où l’on peut professer des valeurs et des buts tout en les profanant sans état d’âme et en pratiquant l’exact contraire.

Née d’une volonté bon enfant de faire dialoguer communautés et croyances, Coexister est devenue moins de dix ans l’opposé de ce pour quoi elle avait été créée.

Sa création répondait à une volonté des jeunes de promouvoir la paix, l’amitié et le respect des des différences et des religions. De tisser des liens d’amitié entre les croyants. Et de s’inscrire dans ce fameux mythe du « vivre ensemble » très en vogue à l’époque. Nous y reviendrons.

Comment comprendre que Coexister ait pu ainsi devenir l’un des soutiens indéfectibles de l’islamisme des Frères musulmans ? Ceux dont le projet est précisément de dynamiter ce vivre ensemble au bénéfice d’un repli sur l’Oumma. De torpiller ou suvertir méthodiquement les lois républicaines qualifiées mensongèrement de « liberticides ». Comme celles sur le voile et la burqa, qui précisent l’application du principe de laïcité concernant l’Islam, en fixant des limites à une volonté d’appliquer la Charia contre les principes républicains ? Un projet dont le but ultime est d’anéantir la démocratie, pour lui substituer un ordre théocratique et totalitaire selon la vision la plus rétrograde de l’Islam.

COERCITION : le cœur du projet islamiste

Chaque esprit  informé peut aisément le vérifier : le but éminemment coercitif des islamistes est à la fois idéologique et politique.

Idéologiquement, les Frères musulmans, comme les salafistes et autres islamistes, veulent imposer leur lecture fondamentaliste, radicale et coercitive du Coran comme étant la seule licite pour tous les musulmans. Par la conviction, l’endoctrinement, l’emprise psychologique, l’intimidation, la contrainte ou la menace, mais aussi par la promesse d’avantages sociaux : éducation, santé, aide sociale, services communautaires gratuits… Selon les bonnes vieilles méthodes d’infiltration et de recrutement propres à toutes les sectes.

Politiquement, ils veulent prendre le pouvoir par étapes, selon une stratégie d’entrisme détaillée dans Le Projet de la Confrérie dès son origine. Leur but est d’uniformiser la société, d’obliger les musulmans à appliquer leur conception de la charia et la société à l’entériner : contraindre toutes les femmes à se voiler en adoptant le hijab, uniforme politique inventé au 20e siècle par les islamistes sans aucun fondement coranique, faire reculer la mixité et instituer un apartheid sexiste dans l’espace public, abolir une laïcité qu’ils haïssent et rétablir le délit de blasphème par le chantage à « l’islamophobie ». Et surtout  infiltrer méthodiquement tous les pouvoirs et tous les rouages de la société : les quartiers via les mosquées et leurs réseaux associatifs, les élus locaux par le clientélisme et la corruption, les collectivités territoriales, les administrations, les syndicats, les partis politiques, les services d’ordre, de renseignement, l’armée, le monde du travail, les entreprises, les banques, les ONG, la culture, le show-biz, les médias… Jusqu’aux plus hautes instances de l’Etat, notamment la Cour élyséenne où ils figurent en très bonne place.

En résumé, le projet islamiste vise à détruire les fondations et l’unité de la République, et à ruiner son Idéal démocratique, social, humaniste et universaliste.

Qu’est-ce qui a bien pu se passer dans la tête de ces jeunes gens plutôt instruits, plutôt « de gauche », plutôt républicains, pour se livrer à pareille trahison ? A priori Coexister n’a rien à voir avec un groupuscule d’extrême droite, une antenne djihadiste ou un avatar de Civitas, tous hostiles à la République.

Au commencement était le Dialogue

Pour comprendre ce glissement progressif, il faut remonter aux origines.

Le projet Coexister germe en 2008 dans l’esprit d’un jeune capture-d_c3a9cran-2015-01-29-c3a0-21-45-34lycéen catholique de 17 ans, Samuel Grzybowski. Il est le fils de Laurent Grzybowski, un catho de gauche issu du Mouvement Eucharistique, chef de la rubrique Social à La Vie, par ailleurs engagé dans le dialogue interreligieux.

Lors d’un voyage en Pologne et d’une visite du camps d’Auschwitz, le jeune Samuel découvre l’horreur que des hommes sont capables d’infliger à d’autres hommes au nom d’une idéologie.

C’est le déclic : fin 2008 marque le plus fort du conflit israélo-palestinien. L’opération Plomb durci menée par l’armée israélienne accusée de crimes de guerre dans la bande de Gaza enflamme l’opinion et les banlieues : le conflit menace de s’exporter en France entre des communautés déchirées.

Avec quelques catholiques de la paroisse St Léon dans le 15e arrondissement de Paris, Samuel noue des liens avec d’autres lycéens juifs et musulmans. Ensemble ils décident de fonder Coexister en janvier 2009.

Leur but est alors simple et clair : militer pour le vivre ensemble entre les croyants de toutes confessions et les non-croyants. Promouvoir la « coexistence active » (par opposition à la « tolérance passive ») comme méthode au service du vivre-ensemble.

Scouts toujours…

Détail important, Samuel comme bon nombre de jeunes parmi les fondateurs de Coexister est scout. Des membres des Scouts de France (catholiques), mais aussi des Eclaireuses et Eclaireurs Israélites de France (juifs), et des Scouts Musulmans de France. Organismes présents en bonne place lors du rassemblement organisé par Coexister durant la Journée de la Fraternité en décembre 2009.

L’enthousiasme de ces jeunes tranche avec un climat plutôt morose. S’y ajoutent une fraîcheur et un dynamisme fraternel, une audace un brin « militaire » qui attire les regards. Le style Coexister bouscule les usages très plan-plan du dialogue interreligieux et de ses figures historiques. Comme les Fraternités d’Abraham, qui regroupent des fidèles juifs, chrétiens et musulmans dans la tranche d’âge des retraités très sages.

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Cet enthousiasme, cette combativité  innovants pour l’époque recueille les louanges des médias mais aussi des politiques. Il faut dire que Papa Laurent est derrière…

A cette époque, aucune suspicion de connivence avec le radicalisme musulman. D’ailleurs l’association Scouts Musulmans de France (SMF), créée en 1990 par le cheikh Khaled Bentounès, un musulman originaire de Mostaganem et d’obédience soufie, s’est toujours prononcée pour le respect des personnes, des confessions et des lois de la République. Sincérité ou Taqiyya, allez savoir…

De l’inclusivité à la confusion

Forte de son succès, Coexister grandit rapidement  : 2.000 membres en 2015. Elle essaime aussi dans plusieurs pays d’Europe. Le pape lui-même s’en émeut et reçoit avec bienveillance ces jeunes hérauts de la Paix.

Premier accroc à la doctrine initiale, cette croissance ne se veut pas que numérique.. Et c’est là que le bât blesse : dans un excès de zèle inclusif vers toujours plus de fraternité, les barrières idéologiques sautent.

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Coexister choisit d’abord de s’ouvrir à d’autres religions que celles « du Livre », bouddhisme notamment. Jusque là rien à redire. Même si la volonté initiale de désamorcer les conflits mimétiques liés au conflit israélo-palestinien perd en pertinence.

Puis les jeunes croyants inclusifs s’ouvrent « naturellement » à leurs « frères » athées. Inventant l’athéisme à rejoindre les rangs des religions qui vivent ensemble. Michel Onfray et son Traité d’athéologie étaient sans doute passés par là… Il fallait aussi donné des gages de républicanisme aux partisans grincheux d’un laïcisme radical qui voyaient d’un œil suspicieux cette croisade de la calotte, de la kippa et de la chéchia pour le vivre ensemble.

D’une association prétendument « interreligieuse », Coexister devient donc une association « interconvictionnelle » : toutes les croyances, les sensibilités, les convictions, religieuses, philosophiques ou autres, y sont les bienvenues, mises sur le même plan. Un catalogue fusionnel et confusionnel ouvert à toutes les identités, élevées à une même légitimité dans un relativisme bisounours.

Une Orthopraxie du Dialogue élevé au rand de valeur suprême, hyper inclusive et bienveillante, et qui renonce à tout devoir critique, à tout examen des doxae respectives, selon la logique consensuelle et politiquement correcte du « Tous ensemble » et du « C’est mon choix« .

Hyper tendance….

Les limites du relativisme : de la vigilance à la complaisance

D’une initiative fondée sur une verticalité morale face aux pièges du repli communautariste, à la politisation, au durcissement et à l’essentialisation des appartenances religieuses et communautaires comme obstacles à l’ouverture à l’autre et au vivre ensemble, Coexister est passée insensiblement à un relativisme globalisant, agrégateur de toutes les convictions, mais qui témoigne d’un renoncement tacite sinon d’une abdication volontaire du devoir de vigilance et de discernement.

En baissant la garde quant à ce qu’elle prétendait au départ conjurer de l’espace du vivre ensemble – l’intransigeance, le repli identitaire, l’hostilité à l’autre – Coexister a ouvert grande la porte aux pires dérives qui le menacent objectivement.

Après tout pourquoi ne pas imaginer au nom du vivre ensemble accueillir dans ce capharnaüm interconvictionnel des sectes satanistes et agréer les meurtres rituels d’enfants ? Parce que « c’est mon choix »…

Quelle extrême naïveté d’imaginer que par le dialogue suffise à réduire la fracture qui sépare l’admissible de l’inadmissible ! Toute société, tout ensemble social ne saurait pourtant se constituer, transmettre ses modèles et perdurer sans une adhésion collective à un socle de valeurs. Mais aussi sans à un consensus constamment réaffirmé quant aux limites fixées pour en tracer le périmètre éthique.

L’imposture du « vivre ensemble »

Finalement l’erreur de ciblage éthique et conceptuel initial qui conduira à la faillite du mouvement Coexister repose sur cette arnaque intellectuelle très en vogue dans les années 2000 représentée par ce concept très approximatif de « vivre ensemble ».

Le « vivre ensemble » n’est absolument pas un concept républicain. C’est même un dévoiement des principes essentiels qui fondent notre République, parmi lesquels l’affirmation que « la République est une et indivisible ». Le contraire de cette spécificité très française c’est le communautarisme, qui préside dans les sociétés anglo-saxonnes. Ce n’est pas notre modèle.

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L’une des conséquences de cette affirmation c’est le principe d « assimilation ». Un principe que nous avons à tort eu tendance à considérer comme une maladie honteuse. Nous en mesurons hélas aujourd’hui les conséquences.

Un autre principe inscrit dans notre constitution c’est que « la France est une République sociale ». Cela ne signifie pas que la France « fait du social ». Cela veut dire que la République est un Idéal qui s’inscrit dans un projet commun de « société » fondé sur le sens partagé de l’intérêt général et la quête du bien commun. « Faire société », « faire corps » ou « faire nation », c’est infiniment plus que « coexister », fût-ce de façon « active ».

La simple coexistence n’implique pas nécessairement le partage : coexister c’est exister avec, ou plutôt à côté.

Or l’un des principes cardinaux de notre démocratie, qui est toujours à construire, parfaire et réinventer, c’est le principe de Fraternité.

Ce principe est l’héritier de l’idéal de fraternité maçonnique partagé par bon nombre de révolutionnaires parmi les pères fondateurs de notre démocratie : Mirabeau, Lafayette, Danton, Marat, Robespierre et bien d’autres.

Il est aussi l’héritier d’un idéal fraternel transmis par l’humanisme de la Renaissance, lui-même hérité de l’idéal chrétien.

La Fraternité républicaine est tout sauf cette vision bisounours qu’on nous a vendue d’une société pluraliste et communautariste, où individus et communautés s’entrecroiseraient dans une indifférence tranquille et béate.

D’abord parce que l’idéal de Fraternité n’est pas un principe négatif mais positif. Le vivre ensemble tel qu’on l’a décliné ces dernières années c’est essentiellement l’absence de conflits entre les personnes et les communautés. « Menacer le vivre ensemble » c’est menacer la paix sociale. La Fraternité ce n’est pas la trêve sociale ou la tranquillité ; la Fraternité c’est un exercice quotidien de la co-citoyenneté, du partage, de la solidarité et de l’édification commune d’une société juste et unie dans une même famille : la nation.

Cet idéal fraternel n’est pas centré sur le « vivre » mais sur « l’être ». Il ne cherche pas à nous réunir dans un « ensemble » mais à nous élever dans un « avec ».

« Citoyen » ce n’est pas juste un adjectif qu’on ajoute partout comme un gimmick de langage. C’est un engagement social et politique, éthique, vers la transformation d’une société en une nation plus juste, plus humaine, plus unie, plus fraternelle. C’est l’inscription de l’engagement dans la société civile d’un projet civique, sinon civilisateur, humaniste et universaliste.

Or toute action qui va dans ce sens n’a aucune valeur si elle n’est éclairée en permanence d’un discernement : qu’est-ce qui va dans le sens de l’intérêt général, du bien commun, de plus de cohésion, de sens, de valeur partagée ? Et qu’est-ce qui constitue une régression, une menace, une trahison du système de valeurs commun et des règles qui en découlent ?

Le pacte avec le Diable

En abdiquant de son système immunitaire et éthique, Coexister s’est préparé au pire : faire alliance avec l’ennemi. L’ennemi du Dialogue qui est pourtant son dieu. L’ennemi du vivre ensemble qui est pourtant son credo. L’ennemi de la diversité qui est pourtant sa raison d’être.

Le Diable islamiste a réussi l’impossible : entraîner un mouvement fondé au départ par des jeunes chrétiens à cautionner l’impensable, à valider l’inacceptable, à légitimer un monstre.

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Au milieu des années 2010, dans un climat sépulcral marqué par les attentats terroristes de Charlie Hebdo, de l’Hypercasher et du Bataclan, mais aussi par la multiplication des provocations islamistes afin de tester les résistances républicaines sur le voile ou la mixité, Coexister n’a rien trouvé de mieux à faire que se compromettre en se rendant au Salon de l’UOIF du Bourget. Une foire aux dérives sectaires où l’on pouvait croiser des fans de Tariq Ramadan, des anti-Charlie, des pro-Hamas ou Hezbollah, des prédicateurs de haine misogynes et homophobes, des apôtres du viol conjugal et de la destruction d’Israël, des gourous salafistes, des mécènes wahhabites, des vendeurs de niqabs, de burqas, de livres et DVDs islamistes. Tout un remugle d’infréquentables dont on se demande comment on a pu tolérer une telle promotion dans la France endeuillée par les attentats.

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Car il faut rappeler une vérité qui contredit une idée fausse. On peut aisément comprendre le malaise des musulmans français après les attentats de Charlie ou du Bataclan. Et la nécessité de répéter à l’époque : « Pas d’amalgame ! » On peut comprendre la volonté des musulmans de condamner mais surtout de se démarquer de ces attentats qui comptèrent aussi des musulmans parmi les victimes en clamant : « Pas en mon nom« .

On a souvent entendu dire depuis qu' »il n’y a aucun rapport entre Islam et le terrorisme » ou « L’Islam et l’islamisme sont deux choses qui n’ont rien à voir« . Vrai, sauf que c’est hélas faux. D’abord parce qu’il n’y a pas un islam mais DES islams. Ensuite parce que même au temps du prophète, l’Islam a toujours comporté une composante pacifique et une autre guerrière, tournée vers la conquête et la conversion forcée, et hostile aux infidèles. Dire que « L’Islam est une religion de paix et d’amour » et vouloir le résumer à cette simple formule est d’une naïveté affligeante. Oui, l’Islam est aussi une religion violente.

Quand aux islams contemporains, concurrents et en guerre les uns contre les autres, il est faux de prétendre que l’islamisme qui comprend différentes versions fondamentalistes de l’Islam n’aurait rien à voir avec l’Islam. Ou que l’Islam comme l’islamisme n’ont rigoureusement rien à voir avec le terrorisme qui pourtant s’y réfère. Le djihadisme dans sa version littérale, violente, est une des composantes de l’Islam contemporain, comme de l’Islam originel.

Quant au terrorisme islamiste actuel revendiqué au nom d’Al Qaeda ou de Daesh, bien sûr que ces organisations terroristes sont des dévoiements ignobles de l’Islam. Pourtant ils s’en réclament. Sinon comment expliquer que des pays musulmans wahhabites comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar aient pu financer et soutenir ces organisations ?

Il faut donc demeurer extrêmement vigilants et ne jamais renoncer à un travail critique de discernement quand on est face à des organisations qui prétendent juste promouvoir l’Islam ou « défendre les musulmans ». Derrière beaucoup de ces imams, de ces responsables associatifs, de ces recteurs de moquées souriants, rasés de près, en costume cravate, cultivés et polis se cachent parfois des officines beaucoup moins ragoûtantes comme les Frères Musulmans. Ou des mécènes beaucoup plus ambigus comme des organisations « caritatives » islamiques saoudiennes, qataris ou turques spécialisées dans le financement des organismes islamistes et terroristes.

Coexister a commis une erreur fatale en mettant le doigt dans l’engrenage du dialogue avec ces gens-là.

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Islamistes de l’UOIF

Beaucoup de défenseurs de la laïcité, notamment Caroline Fourest, se sont heurtés violemment à Coexister et ont dénoncé cette odieuse supercherie. L’association s’est depuis enfermée dans son entêtement à défendre cette frange infréquentable, en grande partie illégale de l’islamisme français. Une alliance que ses dirigeants n’ont jamais voulu renier.

L’islamo-gauchisme, cancer de la gauche française

On ne peut comprendre cet endurcissement inimaginable sans le resituer dans le contexte d’une évolution d’une partie des hérauts de la gauche droit-de-l’hommiste, laïque, sociale et républicaine, mais aussi communautariste et altermondialiste. Et ses collusions coupables et confusionnelles qui sous prétexte de défendre les minorités vont jusqu’à soutenir ou cautionner l’idéologie islamiste.

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On l’a vu avec cette manifestation de la honte du 10 novembre 2019, cette Islamo Pride, cette Fierté Islamiste où l’on défilait en souriant et en arborant des symboles révisionnistes (ce signe factice distribué par le CCIF aux manifestants fabriqué sur un amalgame ignominieux entre l’étoile imposée aux Juifs durant la guerre et une étoile islamique frappée du sceau « MUSLIM »). Une manif de la honte dénoncé par beaucoup de vrais républicains, des chrétiens, des Juifs, des musulmans défendant la laïcité, mais que Coexister a pourtant soutenue. Tout comme des élus de La France Insoumise, du PCF ou d’EELV qui se sont empressés d’y participer.

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Cette dérive idéologique et politique identifiée sous le terme d’islamo-gauchisme, est très présente dans les discours médiatiques sous la forme d’un relativisme ultra complaisant à l’égard des islamistes et d’un cautionnement permanent du concept d’« islamophobie » forgé par les Frères Musulmans pour aiguiser des peurs et faire croire qu’il existerait en France un « racisme anti-musulmans » d’Etat visant l’ensemble des musulmans de France (cf. tract du CCIF distribué le 10 novembre).

Un mensonge qui pour les « persécutions » imaginaires ne résiste pas un instant à un examen objectif des faits, puisque les agressions visant des personnes de confession musulmanes en France sont en baisse constante et culminaient à 100 cas en 2018 (contre plus de 1000 cas d’agressions anti-chrétiens).

Quant au choc provoqué par les attentats successifs perpétrés sur le sol français qui ont fait 263 victimes en 7 ans, celui-ci ne suffit apparemment pas à ouvrir les yeux de ces égarés, comme de Coexister, sur la hiérarchie des dangers qui menacent notre démocratie.

Cette cécité morale et intellectuelle touche malheureusement un certain nombre d’autres chrétiens, farouchement anti-laïcs ou pour qui la solidarité interreligieuse et la défense des autres religions priment sur toute autre priorité. Une sorte de fronde de la calotte, de la kippa et de la chéchia contre la République laïcarde.

La chute de Rome

L’auteur de L’Esprit des lois le rappelait déjà en 1734, Rome n’est pas tombée uniquement à cause de la décadence de l’Empire romain d’Occident et de ses abus. Elle est aussi tombée sous les assauts des « invasions barbares ».

Quant Alaric et son armée saccagent la ville en 410, celle-ci ne leur offre que peu de résistance.

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Aux mêmes causes les mêmes effets.

Loin de nous de considérer que l’immigration de ces 60 dernières années composée pour une large part de ressortissants de pays musulmans constituerait une quelconque forme d’invasion, comme les tenants de la théorie du Grand remplacement reprise par le RN tentent de nous en convaincre.

En revanche la stratégie des islamistes, que l’on peut décrypter en lisant certaines publications des salafistes ou des Frères musulmans, repose clairement sur une volonté de conquérir des territoires idéologiques et symboliques, mais aussi géographiques et politiques, dans un vaste projet de conversion massive des peuples européens et occidentaux à l’Islam.

Ce projet repose sur une stratégie de conquête progressive sur le long terme. Une conquête lente, patiente, méthodique, sournoise. Selon le principe pragmatique que lorsqu’il est impossible de conquérir par la guerre ou la confrontation directe, mieux vaut se fondre dans la masse et miser sur la corruption à long terme.

Une conquête des esprits d’abord, qui cible prioritairement les populations d’origine ou de culture musulmane vivant en France. Des musulmans éloignés de leur culture d’origine, souvent en proie à des difficultés d’intégration dans une société française « qui les rejette et les discrimine », et qu’il s’agit de « réislamiser » pour en faire des promoteurs de l’Islam.

Une conquête des rouages politiques, juridiques, institutionnels, médiatiques de la société française. En testant les résistances, en tentant de faire reculer la laïcité et les lois républicaines partout où cela est possible, en imposant la charia comme seule et unique source souhaitable du Droit. En prenant en otage une « communauté musulmane » fabriquée artificiellement en exacerbant les peurs, les fantasmes et les discours liés à « l’islamophobie », en encouragement les phénomènes de repli identitaire et communautaire, en soutenant que seule l’adhésion à une forme rigoriste de l’Islam pourra permettre aux musulmans de recouvrer leur fierté, en faisant notamment la promotion du voile chariatique (islamiste), en jouant subtilement sur les faiblesses de notre démocratie, sa trop grande complaisance à l’égard des minorités « opprimées », ses dérives libertaristes et égalitaristes qui dénaturent les principes républicains, sa complaisance à l’égard du communautarisme, son interprétation laxiste du principe de laïcité, le clientélisme électoraliste de ses élites, la démagogie et l’assoupissement moral de ses élites médiatiques… Mais aussi par une stratégie d’infiltration méthodique des réseaux de pouvoirs, de l’association locale au sommet de l’Etat.

Sans doute ce qui a dû se produire avec Coexister, dont les premiers membres musulmans défendaient pourtant une vision ouverte et tolérante à l’opposé de ces islamistes corrupteurs.

Même si elle n’obéit pas aux mêmes mécanismes ni aux mêmes schémas historiques, cette corruption méthodique de la société, de ses citoyens et de ses élites présente des analogies frappantes avec le déclin de l’Empire romain infiltré puis dominé par des peuples dits « barbares ». Sauf qu’il s’agit ici d’une stratégie de conquête au nom d’une religion mûrement réfléchie, planifiée sur quelques décennies, et non d’une infiltration sur plusieurs siècles. Et d’une conquête politique des pouvoirs mise en œuvre via des officines discrètes ou officiellement déclarées (comme le CCIF, L.E.S. Musulmans, Musulmans de France ou l’AMIF), téléguidées et financées en grande partie par des organisations islamistes étrangères (Frères Musulmans notamment).

Rome est bien naïve, elle qui succombe aux charmes de ces barbus aux paroles douces et mielleuses.

Qu’il s’agisse de la Rome actuelle, celle du Vatican qui parfois s’égare dans un zèle trop consensuel à vouloir dialoguer avec les islams et les autres religions.

Qu’il s’agisse des catholiques et des chrétiens de gauche, aveuglés par leur idéalisme social, communautariste et relativiste.

Qu’il s’agisse de l’Occident, lointain héritier de Rome, qui souvent s’abîme dans des courtisaneries et des alliances contre-nature qui trahissent son idéal démocratique, émancipateur et humaniste.

Ou bien encore de cette Rome inclusive symbolisée par coexistence, qui voudrait embrasser tous les peuples de son empire, quitte à les absoudre des plus vils péchés.

Tel le couteau mortel planté dans le dos de César par son fils adoptif, le ver est désormais dans la pomme tendue aux égarés de Coexister. Ou plutôt le poison est versé par l’ennemi sur cette eucharistie œcuménique qui rêvait de réunir tous les enfants d’un même dieu.

Il n’y a pas d’autre Idéal que la République pour garantir les libertés.
Il n’y a pas d’autre qualité que celle de citoyen pour garantir l’exercice de la Fraternité.

Qu’on soit croyant ou non, toute cette affaire est la preuve éloquente qu’il ne peut exister de coexistence pacifique ou « active », de vivre ensemble ou de société fraternelle unie et cohérente autour d’un socle de valeurs et de lois communes, sans la proclamation d’un Idéal commun qui transcende toutes les différences.

Un Idéal qui s’oppose à toute prétention individuelle, catégorielle ou communautaire de sanctuariser des critères différenciateurs pour en faire le creuset d’agrégation identitaire essentiel d’un groupe qui se déclarerait supérieur à la nation. Comme de toute différence élevée au rang d’essence qui se déclarait à elle seule la source de l’Autorité, de la Vérité et du Droit.

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La République que nous défendons contre ceux qui veulent la détruire n’est ni un régime ni un système ou une chose politique : elle est  LA « chose publique » (res publica). Et par extension la seule et unique Communauté à laquelle chaque citoyen appartient au-dessus de toute autre.

La République n’est pas non plus cet espace ouvert à tous les vents, à toutes les revendications individuelles, identitaires ou communautaires, auquel certains voudraient la réduire par une assimilation grossière de nos principes un libertarisme béat.

La République n’est pas une collection d’individus disjoints, de modèles, de croyances ou d’idéaux rivaux. La République est un Idéal : c’est l’Idéal qui réunit dans une même Fraternité indivisible tous ses enfants.

La République est la seule qui puisse garantir à chacun la liberté d’être et d’exprimer ce qu’il est, ses convictions et ses croyances, tant que celles-ci n’empiètent pas sur celles des autres et ne cherchent pas à s’imposer aux autres ou à l’Etat.

Parce que la République ne reconnaît aucune transcendance mais qu’elle se fonde sur la Raison, elle permet à toutes les formes d’allégeance à une transcendance, un dieu, un principe, une Essence, de s’exprimer sans qu’aucune de celles-ci ne puisse prétendre être la source de l’autorité et du Droit.

S’allier avec les ennemis objectifs de la République que sont les islamistes, c’est implicitement adhérer à leur projet sécessioniste. C’est devenir soi-même un ennemi de la République, de la diversité, du vivre-ensemble et du respect des différences comme facteur de relation, d’échange avec l’autre et de cohésion.