Humanité, année Zéro : L’ultime combat

Mis en avant

La seule façon de triompher dans cette guerre nouvelle où nous entraîne l’oligarchie, c’est de créer une nouvelle réalité librement et consciemment choisie. Et pour cela, de nous engager dans un combat spirituel pour l’éveil global des consciences.

Il ne s’agit pas d’un combat eschatologique du Bien contre le Mal, mais d’un combat pour l’Unité et l’avènement d’une conscience universelle.

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Un nombre croissant d’experts, d’observateurs et d’influenceurs s’accordent aujourd’hui sur un même diagnostic à propos de cette crise du coronavirus et ce qu’elle cache. Chacun à sa manière tente d’alerter l’opinion sur les manipulations en jeu, la nécessité d’un réveil collectif et d’une mobilisation des citoyens.

Reste la question des stratégies envisageables pour mettre en échec le projet totalitaire que l’oligarchie a commencé à déployer. Compte tenu de l’écart disproportionné entre les moyens dont disposent les forces en présence, cela revient à poser la question de la vraie nature du combat à mener et des véritables enjeux.

Doit-on s’opposer frontalement à ce qui ressemble chaque jour de plus en plus à un projet coercitif de domination totalitaire ? Doit-on s’opposer aux mesures mises en place, à commencer par le confinement imposé, et demain la vaccination obligatoire pour tous ? Faut-il se mettre en danger pour résister, entrer individuellement et collectivement en dissidence, se soulever contre des autorités manipulées et qui outrepassent leurs pouvoirs ? Refuser massivement de nous soumettre aux injonctions, au risque de voir les contraintes se durcir, et les libertés se réduire encore ? Faut-il planifier des opérations de sabotage, cibler des personnes ou des objectifs stratégiques ?

Ou bien doit-on au contraire se taire pour minimiser les dégâts, faire le gros dos, abdiquer face à un rapport de forces inégal ? Et donc renoncer à nos libertés, accepter toutes les restrictions, les privations, les humiliations, présentes et à venir, en espérant des jours meilleurs, et pour ne pas risquer un pire sort en cas de réaction agressive face à notre insubordination ?

Sur cette question de livrer ou non bataille contre l’élite au pouvoir pour reprendre en mains notre avenir et nous réapproprier nos libertés, on doit toujours se rappeler qu’il existe plusieurs manières de triompher.

Pour employer une métaphore, la saga Star Wars offre des illustrations intéressantes qui surfent sur cette vérité à la fois spirituelle et existentielle, à savoir quelle est la meilleure façon de défaire un « Empire » totalitaire.

Sauf que l’Empire galactique ou plutôt mondial qui nous menace n’est pas encore tout à fait advenu aujourd’hui : nous n’en sommes qu’aux prémices. C’est à dire à la mise en place de conditions dramatiques préalables pour précipiter le chaos. Qui rendra bientôt nécessaire et inéluctable l’instauration d’une gouvernance mondiale de type dictatorial, d’un régime totalitaire fondé sur la confiscation de toutes les libertés, de tous les pouvoirs, la surveillance absolue de tous au nom de la sécurité par des moyens technologiques inédits, l’assujettissement absolu de chaque citoyen aux décisions, modèles et normes imposés à tous, y compris par les moyens les plus violents, par une micro-élite impitoyable et toute puissante.

Aujourd’hui, si l’élite a l’avantage du pouvoir, du contrôle des moyens et la maîtrise de l’agenda, nous avons théoriquement celui de la supériorité numérique. Bien que le but qu’elle poursuit soit de rallier le maximum d’individus par la manipulation, la terreur, la contrainte ou la corruption. Et de neutraliser la masse de tous ceux qui renoncent à réagir.

Entreprendre de mener un combat armé contre une élite qui contrôle tous les pouvoirs serait illusoire. Comme de déclencher une insurrection populaire mondiale. Celle-ci avait déjà commencé de façon spontanée et sporadique en 2019 dans beaucoup de régions du monde. Mais elle a été étouffée dans des répressions policières ultra violentes, avant d’être recouverte par la psychose mondiale du coronavirus et les mesures de confinement généralisé prétendument mises en place pour enrayer cette pseudo pandémie.

Qui plus est, rentrer dans cette logique du rapport de forces et de l’affrontement violent, même légitime, ne ferait que renforcer l’ennemi en ajoutant à la peur et aux conflits déjà existants d’autres angoisses, d’autres souffrances et d’autres conflits. Justifiant au nom de la paix et de l’intérêt général la mise en place de politiques sécuritaires et coercitives encore plus musclées, et une restriction encore plus grande des libertés, qui creuserait davantage les oppositions et inégalités.

En vérité, la seule et unique façon de triompher radicalement et définitivement de cette logique d’oppression sociale et politique, de contrainte physique, d’asservissement psychique, de régression morale et identitaire, c’est de s’engager en premier lieu dans le seul combat qui vaille, le seul à la hauteur des enjeux : le combat spirituel.

En effet, seule la conscience a la capacité de créer de la réalité. Or sans consensus pour choisir un avenir commun, il n’y a tout simplement pas d’avenir possible. Et sans devenir, on cesse d’évoluer, on régresse et on meurt. L’esprit meurt, pas seulement les corps. Ceci est vrai pour les individus, les sociétés et les civilisations. Aujourd’hui c’est la civilisation humaine qui est menacée, alors qu’elle n’a même pas encore vraiment vu le jour. Ce n’est pas un génocide planétaire qui est en oeuvre, c’est une tentative de tuer l’embryon de l’humanité future dans sa matrice, c’est à dire nous.

Le mythe d’un pouvoir violent et arbitraire qui tente d’anéantir un enfant-messie avant sa naissance ou toute une génération des nouveaux-nés parce qu’ils constituent une menace prophétique à son pouvoir et son autorité est vieux comme le monde et traverse les cultures. Cette fois nous y sommes, de nouveau, à ce point nodal de l’évolution humaine où le saut significatif de conscience annoncé se heurte à l’obstruction des pouvoirs établis.

Quand un paradigme de conscience est dépassé mais que le suivant n’est pas encore totalement advenu, quand les systèmes les plus sophistiqués qui avaient été mis en place pour gouverner les sociétés et soutenir leurs évolutions deviennent des carcans oppressifs, verrouillés et mortifères, quand les élites qui les dirigent craignent de perdre leurs pouvoirs et leurs privilèges, alors une crise majeure se produit. Pour en sortir, la conscience collective se cristallise et opère un saut qualitatif qui permet de lever les blocages, de transcender les impasses et de libérer à nouveau le pouvoir de création qui avait été figé. Ou bien, dans le pire des cas, ce saut ne se produit pas, la conscience collective se raidit, se retourne contre elle-même, la société s’autodétruit, meurt et disparaît. En réalité, cette conscience fait le choix de se suicider, de mettre un terme à son existence, plus qu’elle n’est victime d’une « décadence » ou d’éventuels assauts extérieurs.

Nous en sommes vraiment là : allons nous décider de nous suicider, ou nous résoudre à nous laisser suicider par ce système, le capitalisme, qu’il y a trois ou quatre décennies à peine nous désignions encore comme « le meilleur de tous » ? Allons-nous le laisser sous l’influence de l’élite qui le dirige se muer en un système de domination et d’asservissement totalitaire le plus coercitif et le plus violent que notre humanité ait connu ? Plus violent encore que le nazisme, le communisme et l’islamisme réunis ? Ou allons-nous reprendre en mains les rênes de notre destin, infléchir le cours de l’Histoire et permettre à cette humanité promise et à son avenir radieux de voir le jour ?

Le choix paraît assez évident mais comment faire ?

Contrairement à notre façon habituelle d’aborder les problèmes dans les discours que nous nous tenons, le plus grand des périls qui nous guette ne tient pas d’abord à des considérations d’ordre écologique, « cosmiques » ou sécuritaire : ces raisons « extérieures » ne sont évoquées selon une vision infantile de la réalité que pour nous exonérer de toute responsabilité et faire comme si nous n’étions pas les uniques créateurs de cette réalité douloureuse à laquelle nous semblons nous heurter.

La vérité, c’est que les « crises » que nous vivons, et tout ce qui semble « nous arriver » de dramatique ne sont que le produit exclusif de notre conscience. Que nous percevons comme un feedback, juste ou injuste, que nous renvoie l’Univers.

Or ces événements que nous vivons comme tragiques ou admonitoires ne sont en réalité que des mouvements de la conscience collective, qui viennent nous alerter quant à un déficit d’ajustement, de cadrage, par rapport à un désir essentiel d’évolution que nous exprimons de façon plus ou moins biaisée et que nous nous empêchons de réaliser vraiment. Un désir qui exprime Qui nous voulons être. Et quand ce décalage devient trop grand entre nos aspirations profondes et la réalité que nous créons le plus souvent inconsciemment, la souffrance que nous ressentons sans pouvoir clairement la nommer se manifeste par des distorsions événementielles et identitaires. Un paradoxe insurmontable entre ce que nous vivons, Qui nous sommes, et ce que nous voudrions vivre, Qui nous aimerions être. Entre la réalité que nous créons et expérimentons présentement, et celle que nous rêverions de vivre mais dont nous nous éloignons en la trahissant à chaque instant.

Ainsi en va-t-il du décalage complet entre nos idéaux humanistes, notre aspiration à la paix, au bonheur pour tous, à la liberté, à l’équité, au partage, notre volonté de construire une société vraiment juste, fraternelle, qui donne à chacun ses chances et ne laisse personne de côté, et ce monde de plus en plus inhumain, violent, divisé, injuste, qui se ferme à l’autre, s’enrichit en renforçant les inégalités, les rivalités, les injustices, les oppressions et les pouvoirs arbitraires.

Ce que nous percevons comme des épreuves infligées de l’extérieur ne sont en vérité que le reflet sur d’autres plans de désordres et de contradictions intérieures que nous avons nous-mêmes créés.

Ce ne sont que des symptômes qui aiguisent notre conscience, pas des causes. Le vrai danger, le seul danger qui nous menace aujourd’hui en tant qu’espèce et civilisation, c’est nous-mêmes. Ou plutôt la perte de conscience de Qui nous sommes vraiment. Et de ce que nous choisissons de créer collectivement. Le renoncement à vivre en tant qu’être au monde, dans un Devenir commun. Et donc à nous définir avant tout au travers d’une conscience collective : celle de l’humanité dont nous faisons tous partie, reliée à la Conscience Universelle dans sa globalité. En faisant semblant de nous croire des sujets autonomes, séparés, déconnectés du reste de l’Univers, des autres espèces, des autres consciences, des plus élémentaires, celles des particules, aux plus complexes, celles des amas galactiques qui peuplent l’Univers.

Ce qui nous a été confisqué, ou plutôt ce que nous avons choisi par peur, par paresse, par ignorance, par abdication, de nous laisser confisquer, c’est cette capacité à créer notre propre réalité collective. A nous engager de façon synergique, harmonieuse, dynamique, pour la faire éclore et exister. Bien plus que ces libertés individuelles, ou nos outils éthiques, politiques, économiques, institutionnels orientés vers la construction d’un édifice commun, dont nous nous plaignons d’avoir été dépossédés par des méchants et des envieux.

En vérité, c’est nous qui leur avons dédié ce pouvoir. Chaque fois que nous avons payé pour acheter un objet ou un service avec un billet de banque. Chaque fois que nous avons placé un bulletin à contre-cœur dans une urne. Chaque fois que nous nous sommes laissés aller à acheter quelque chose dont nous n’avions absolument pas besoin, juste pour nous différencier des autres ou prétendre appartenir à telle ou telle caste.

Cet esprit d’asservissement, de manipulation, de mensonge, d’aliénation, incarné par la société de consommation et du spectacle, le fric, la mode, la pub, les médias et le cirque politique, c’est nous qui en sommes les auteurs.

Et cet esprit authentiquement « dia-bolique » (qui divise) incarné aujourd’hui par l’oligarchie au pouvoir et que nous avons tous créé, ne s’approprie pas seulement les moyens matériels. Il n’endort pas seulement nos consciences consentantes, en les enfermant dans les pièges du confort et de la jouissance matérialistes, de la possession jalouse des biens et des richesses, de l’exercice de pouvoirs dérisoires sur la matière ou sur les autres pour satisfaire notre orgueil et notre soif de domination. Il ne nous condamne pas seulement à dépenser inutilement notre énergie et nos richesses dans de vaines compétitions mimétiques d’egos, la poursuite de vaines gloires et de conflits sans fin pour assouvir notre volonté de puissance. Il se nourrit littéralement de notre substance, de notre énergie vitale. Comme ces machines du film Matrix qui utilisent les humains comme des piles électriques pour produire l’énergie qui les fait fonctionner.

Cet esprit délétère et entropique détourne à son avantage ce qu’il ne peut ni générer ni posséder : cette faculté positive qu’a la conscience de créer de la réalité. Exactement comme les virus parasitent les mécanismes de la vie et de la réplication de l’ADN de nos cellules pour les forcer à produire des briques d’ARN afin de se multiplier.

En nous ôtant cette capacité à créer notre propre réalité, en parasitant les mécanismes quantiques qui unissent la conscience au réel, le Pouvoir croit pouvoir s’assurer une domination totale sur des consciences désunies, désorientées, déconnectées de leur vraie nature. Il s’octroie la capacité d’utiliser leur facultés créatrices pour servir ses propres buts.

Marx s’était arrêté en chemin dans son analyse, piégé par l’obsession matérialiste des esprits de son temps, et une fixation aveugle sur le seul registre économique conçu comme l’Alpha et l’Oméga de la réalité humaine et sociale. Il avait vu juste en dénonçant cette volonté d’asservissement des travailleurs au sein de la société capitaliste. Mais il avait réduit le travailleur à un simple cheville ouvrière de l’outil de production industrielle, à une force de travail associée à celle des machines dans le processus de Production. Une victime prisonnière d’un rapport de forces politique et économique doublé d’un combat de classe avec le Capital, selon une Dialectique de l’Histoire construite autour des mythes du Progrès, de l’émancipation du Prolétariat opprimé face à l’oppresseur capitaliste, et de la dynamique révolutionnaire comme précipitation quasi messianique du « Sens de l’Histoire ».

Il y a longtemps que nous n’en sommes plus là. Si une quelconque « révolution » doit se produire aujourd’hui, elle réside dans les consciences. Pas dans une conscience de classe qui se constituerait par opposition à une autre. Mais au contraire une évolution, un saut qualitatif vers la conscience de l’indissoluble Unité du genre humain. Et ce saut prend la forme d’un Eveil collectif, pas d’un processus révolutionnaire visant à prendre le pouvoir contre un autre. Logique qui ne fait que pérenniser le caractère tragique de l’Histoire en reproduisant les mêmes schémas d’affrontement mimétique.

Or la vraie « valeur ajoutée » dégagée par toute forme de travail ou d’action consciente réside non pas dans l’ordre de la valeur donnée à toute production matérielle de biens dans le cas de la société industrielle, ou de services pour la société du tertiaire, ou même à celle du traitement de l’information pour la société du numérique. Mais dans la création de « réalité » dans tous les sens du terme. Et dans la création de sens.

La valeur, en particulier celle d’une action, ne se résume pas à son évaluation financière. Mais elle s’apprécie comme une création marginale, supplémentaire, dans l’ordre du réel existant. Dans le fait pour une action consciente d’exercer un pouvoir de transformation énergétique puis physique du réel, conduisant à faire exister ce qui n’existait pas auparavant sinon à l’état de potentialités. Et cette création a d’autant plus de valeur qu’elle produit du sens collectif.

C’est le principe même de la création artistique. Laquelle crée des œuvres qui n’ont pas d’utilité fonctionnelle en soi, contrairement aux objets utilitaires ou aux outils. Mais qui ont une valeur originale parce qu’elles créent du sens nouveau dans le registre du symbolique, en reliant des formes matérielles signifiantes au monde immatériel du Sens (ou de l’Essence).

Sans création consciente, sans rapport conscient au Sens, toujours mouvant, toujours changeant, il n’y a pas d’évolution possible, pour les individus comme pour les groupes. Et donc l’existence, qui est la possibilité d’éprouver consciemment ce rapport au Sens en multipliant les expériences, les états d’être, n’a plus aucun sens, plus aucune utilité. Sinon de répéter inlassablement, de façon insensée et stérile les mêmes schémas.

C’est précisément ce à quoi nous pousse la société de consommation capitaliste. Qui n’est pas orientée vers la création de valeur mais au contraire vers la destruction de valeur (au sens noble du mot). Et vers la création, l’appropriation et la concentration toujours plus grande de valeurs strictement financières. Valeurs fictives, factices et arbitraires, potentiellement violentes par la tension mimétique qu’elle génère entre les besoins qu’elles entretiennent et la satisfaction de ces besoins qu’elles semblent promettre dans l’ordre matériel pour ceux qui les détiennent.

D’où l’intérêt capital pour ceux qui veulent éviter à tout prix l’émergence d’une conscience et d’un consensus collectifs de tout faire pour séparer, isoler, désunir, diviser, opposer. Mais aussi brouiller les discours, les repères, les identités, les motivations. Fasciner et distraire au maximum les consciences individuelles en agitant des spectres pour les effrayer, ou en les orientant vers la satisfaction de désirs matériels subalternes.

Dans ce combat spirituel nous avons en principe l’avantage de la supériorité numérique en termes de consciences individuelles. Mais un énorme désavantage en termes d’éveil et de focalisation de ces consciences autour de mêmes buts, plus élevés que ceux que nous donnent à reproduire l’élite au pouvoir et la société de consommation.

Il est facile pour un petit groupe de quelques centaines d’individus partageant les mêmes buts, le même langage, les mêmes référents et les mêmes réseaux de pouvoir de s’entendre sur une vision et des objectifs communs. En revanche, cela devient beaucoup plus difficile quand il s’agit d’élever à un niveau significatif la conscience de 7,5 milliards de terriens, de les interconnecter consciemment, de leur faire expérimenter un degré d’intrication et d’unité suffisant pour qu’émerge une vraie conscience humaine globale. Ou plus précisément l’expérience consciente et universelle de l’Unité absolue, et celle de former une seule et unique conscience : expérience de l’Eveil.

Reste donc à trouver les moyens d’accélérer ce processus d’éveil collectif et d’unification de la conscience. Jusqu’à ce que la conscience globale atteigne un niveau vibratoire et une amplitude irréversibles. Une fois ce cap franchi, chaque désir individuel sera naturellement orienté vers la mise en commun des énergies et la contribution de chacun au bien commun. Et plus aucun désir individuel ne pourra viser la satisfaction égoïste de besoins personnels au détriment des autres. A fortiori plus personne n’aura l’idée de soumettre l’humanité pour satisfaire l’appétit de pouvoir et de richesses de quelques-uns.

Ce changement de paradigme de conscience ne sera pas le résultat d’une adhésion à une quelconque idéologie politique. Ni le résultat d’une croyance commune à une utopie de bonheur collectif. Pas plus que l’adhésion partagée à des croyances religieuses ou à des principes moraux. Qui seuls ne peuvent se dénaturer en idéologie et en prétention totalitaires. Ce changement sera la conséquence d’un niveau de conscience collective qui sera la matrice spirituelle d’une civilisation intelligente, pacifique et hautement évoluée.

Ce changement ne se produira pas de façon linéaire mais exponentielle, à mesure que les consciences seront de plus en plus interconnectées. Et donc ultra rapide. Il a d’ailleurs largement commencé, même si ses effets ne font pas la Une des médias, tous contrôlés par l’élite au pouvoir.

Les réseaux sociaux jouent un rôle paradoxal dans ce processus. A la fois d’accélérateur formidable de l’éveil et de l’interconnexion des consciences. Mais aussi d’amplificateur et de catalyseur très puissant des émotions, des affects et représentations, partagés en temps réel par des millions d’individus repartis sur toute la planète. Ils peuvent donc tout aussi bien amplifier et donner une consistance, un relief, une réalité incroyables au meilleur comme au pire des mouvements de la conscience collective. Et participer à l’élévation comme à la réduction de cette conscience. Comme par exemple exacerber des antagonismes violents entre des opinions sur tel ou tel sujet, essentiel ou superficiel.

C’est pourquoi l’élite cherche aujourd’hui à renforcer son contrôle sur les opinions et contenus partagés sur les réseaux sociaux, en plus du formatage rigoureux des discours distillés par les médias officiels. Notamment en interdisant et en supprimant chaque contenu ou discours jugé illicite. En imposant au contraire certains discours déclarés « vrais » ou conformes aux règles. Et en fabriquant ainsi une vérité arbitraire, universelle et univoque, à laquelle tous doivent se conformer, sous peine d’être exclus du réseau voire sanctionnés en cas de disqualification. L’une des constantes de la dictature.

L’élite connaît la vraie nature de la réalité. Qui est que tout ce qui est perçu ou reconnu comme « réel » procède de la conscience et du consensus établi par la conscience collective, seule matrice de la réalité.

Pour créer de la réalité, la conscience conçoit, nomme puis en réalise ce qu’elle crée. Pensée, langage et action sont les trois modes de création de réalité qu’il convient de maîtriser consciemment si l’on ne veut pas subir une réalité que l’on crée sans s’en rendre compte et qu’on attribue illusoirement à des circonstances extérieures. Et qu’il convient de contrôler si l’on veut exercer une emprise totale sur la réalité collective vécue par les individus.

Contrôler les émotions, notamment les émotions parasites et limitantes comme la peur, la tristesse ou la colère, est le meilleur moyen de contrôler ou de perturber le processus cognitif d’un individu ou d’un groupe. Contrôler la parole, les discours, l’expression, l’échange d’opinions et de représentations personnelles sur un sujet donné, est la meilleure façon de contrôler la manière dont un groupe crée ses propres représentations collectives et s’accorde sur le sens donné aux expériences vécues collectivement. Enfin, contrôler ce que les individus font, seuls ou collectivement, comment et pour quoi ils le font, est le meilleur moyen de contrôler la réalité qu’ils créent ensemble, après l’avoir imaginée et s’être accordés sur sa forme, son contenu, sa dénomination, son sens, sa valeur ou son utilité.

Reprendre la main sur ce processus de création de réalité en choisissant librement et consciemment ce que nous voulons vivre collectivement, quelles représentations adopter, quelles valeurs privilégier pour donner du sens à nos expériences communes, quelle direction choisir et selon quels critères nous entendre pour déterminer ce qui a du prix à nous yeux, est donc la seule façon de mettre radicalement en échec tout système totalitaire en nous réappropriant notre capacité à créer notre propre réalité. C’est à dire Qui nous sommes en tant qu’humanité, en tant qu’espèce vivante, en tant que civilisation planétaire.

VEUX-TU VIVRE VRAIMENT ?

L’Esprit de Dieu est réellement un grand forgeron spirituel.

Il fait fondre le métal de notre ego, il en extrait les scories, il façonne notre être à sa guise et en fait un glaive ou un instrument selon les desseins du Créateur qui nous a fait et nous recrée selon son bon vouloir, pour parfaire notre être et accomplir sa volonté.

Il le fait en vérité. Mais il le fait seulement si nous le demandons et si nous l’acceptons.

La souffrance c’est le refus de mourir à celui ou celle que l’on est ou que l’on a été. De mourir à ce petit « moi » que l’on veut jalousement préserver, en refusant de devenir. Ce petit ego que l’on croit être et que l’on croit pouvoir préserver par ses seuls efforts, pour se satisfaire son désir égoïste, étriqué, enclos, obstiné, ignorant du Grand Tout qui nous aspire vers le haut, réfractaire au Divin et à l’appel du large.

Vanité des vanités !…

Pour accepter de mourir à soi, il faut avoir vécu l’expérience de ne plus être soi-même. De ne plus être rien du tout. De ne plus avoir de consistance, d’existence, de congruence. Et même d’identité.

De ressentir que l’on n’est qu’un agrégat de cellules temporairement agrégées et qui constitue notre corps physique. Un agrégat de croyances à propos de ce qui nous croyons être et qui constitue notre être psychique. Je suis un homme, une femme. Je suis Untel. J’ai un nom que je crois être. Un nom temporaire, celui que m’ont donné mes parents. Je suis né à ce monde un jour de mai ou de décembre… J’ai tant d’années au compteur. Je suis donc jeune ou vieux, ou tantôt l’un tantôt l’autre. J’habite ici ou là. Je suis « français », « auvergnat », homme du terroir ou déraciné. J’ai grandi comme ci ou comme ça. J’ai aimé ou refusé d’aimé. Je suis attiré par les hommes ou par les femmes, ou les deux : je suis donc « homo », « hétéro », ou « bi », ou rien du tout. Ou je m’en fous. J’ai fait ceci ou cela dans ma vie. Selon mes comportements ou mes sentiments, on me dit « gentil », « sympa », ou parfait « salaud ». J’appartiens à telle ou telle communauté. Et je me prétends « juif », « chrétien », « athée » ou « communiste ».  Ou encore « citoyen du monde », car très idéaliste et pas très en phase avec ma patrie d’origine. Et je dis souvent que je suis le métier que j’exerce : avocat, ingénieur, journaliste, artiste, plongeur ou chômeur : la société est si injuste avec moi…

Alors qu’en vérité, je ne suis rien de tout cela. Ou si peu.

En vérité notre être profond est un voyageur qui vient de beaucoup plus loin et va beaucoup plus loin que le terme apparent de notre existence ici bas.

Ainsi, notre nationalité n’est rien qu’une ligne sur notre état civil, tellement contingente et passagère. Nous le savons bien, nous qui sommes « frères en Christ », à qui on a tant répété qu’il n’y avait plus « ni grec, ni juif, ni… » Et surtout en cette période de confusion et de mondialisation où les nations ne sont plus que des coquilles vides et des identités réflexes pour ceux qui refusent d’entrer dans l’universalité promise ou imposée par le système.

Quand à ce corps que nous croyons « avoir » ou « être », ce corps dont nous aimerions pouvoir développer indéfiniment les capacités, dont nous aimerions pouvoir préserver indéfiniment la vitalité et les traits pour continuer à jouir, à faire, à séduire ou simplement à plaire. Jouir pour avoir la sensation d’exister dans l’instant. Faire pour avoir le sentiment d’exister par l’agir et d’imprimer sa marque dans le réel. Séduire ou plaire pour avoir l’illusion d’exister dans le regard des autres ou de l’être aimé… Car oui, on se l’avoue parfois : on ne s’aime pas toujours suffisamment soi-même. Alors on cherche à se faire aimer par d’autres pour compenser ce mésamour de soi-même.

Et ce visage que l’on ne peut jamais saisir dans le miroir, que notre angoisse narcissique voudrait figer ou retenir ou gommer, comme un selfie dont on voudrait gommer les aspérités et les ombres changeantes, ou comme un épouvantail qu’on tente de rafistoler ou que l’on voudrait enfin oublier comme un encombrant fantôme.

Et ce « caractère » qu’on s’est habitué à dire ou laisser dire « bien trempé », « entêté » ou au contraire « falot », « timide », « soumis ». Cette psyché que d’autres désignent comme névrosée, bipolaire, parano, obsessionnelle, autiste, hystérique ou que sais-je encore comme nom d’oiseaux… En référence à normalité psychique adaptée au monde bien ordonné, à la société, et qui n’est après tout qu’imaginaire à en croire la folie dont sont habités les prophètes et les marginaux ivres de Dieu.

Et ce corps encore, qui change et se refuse à obéir à nos injonctions de maigrir, d’aller vite, de se mouvoir ou de façonner ce que nous désirons créer. Ce corps que la médecine nous promet demain comme quasi immortel. Ce corps constitué de milliards de cellules, dont nous ne soupçonnons même pas l’ordonnancement, la complexité et la beauté.

Et ces cellules qui nous constituent. Qui chaque jour meurent et se renouvellent. Cet organisme qui sous-tend notre vie. Et qui n’est après tout qu’un agrégat temporaire de matière et de briques génétiques, d’atomes, de molécules, de cellules vivantes : celles que notre organisme fabrique et celles que nous hébergeons sans le savoir. Un système homéostatique, qui se maintient sans cesse dans un équilibre précaire et dynamique, entre vitalité et maladie… Quelques milliards de bactéries en plus ou en moins dans nos intestins, et nous mourons immanquablement, par déficit ou par excès d’hôtes invisibles, tantôt alliés tantôt hostiles. Cette flore intestinale que nous abritons à notre insu et qui garantit notre immunité, nous permet d’agréger la nourriture afin de restaurer et renouveler notre corps.

Et si notre ego se met à proliférer de façon incontrôlée, nous voici vaincu par le cancer : cette production anarchique d’aberrations cellulaires, qui sont autant d’excroissances de « non-soi » que l’organisme se met à produire comme poussé par une folie auto-reproductive et autodestructrice. Une vraie bombe atomique.

Qui sommes-nous en vérité ? Tout ? Ou rien ?…

Cette expérience du grand vide, ce grand corridor ténébreux de la Mort, les mystiques l’appellent la « Traversée du Désert », la « Grande Nuit » mystique.

Sainte Thérèse d’Avila, Saint Jean de la Croix, Saint Ignace, et bien sûr Jésus lui-même, l’ont bien connue et traversée, aux prémices de leur entrée dans la Lumière.

Nos scientifiques aveugles appellent souvent ce type d’expérience « schizophrénie ». Ou « dépression chronique » quand elle est vécue de façon douloureuse, dramatique et se prolonge indéfiniment.

Alors qu’elle n’a rien de plus étranger à une scission de la psyché ou à une dépression réactive.

Quand elle est vécue comme une impasse sans foi ni horizon de salut, elle peut toutefois prendre la forme de l’acédie, la plus grande des tentations spirituelles sur le chemin de l’Eveil : le refus de la vie et le dégoût de l’existence : de la sienne, et de la vie ou de l’existence en général.

Mais elle peut aussi prendre la forme d’une perte totale de contrôle, d’une perte totale de la conscience d’exister. De ne plus savoir « qui » ni « ce que » « JE » suis. De ne plus avoir de soi, ni de « je », et encore moins de personne ou de personnage. Plus d’identité du tout. Juste de la conscience noyée dans la conscience indifférenciée.

Ceux qui se livrent à des expériences psychédéliques et expérimentent certains états modifiés de conscience grâce à des drogues comme le LSD, la mescaline, le peyotl, la datura, l’ayahuesca ou la DMT, vivent aussi cela en accéléré. Certains peuvent même y laisser leur âme et leur santé mentale. Et n’arrivent plus à revenir sur la rive commune où nous passons souvent le plus clair de notre existence,dans l’ignorance des réalités supérieures qui nous traversent, tant ce type expérience peut être déroutant.

Mais cette expérience est universelle. Nous la vivons tous au moment de mourir. Quand nous quittons ce corps et que soudain nous nous trouvons plongés dans l’océan de la Conscience. Que nous ne sommes plus une petite conscience vacillante comme la flamme d’une bouge qui s’éteint, mais que nous rejoignons et devenons « La Conscience », celle qui embrasse et irrigue tout l’Univers, qui contient tout le Savoir, toute la Connaissance, et baigne la totalité du Réel dans une lumière indicible de parfait Amour.

Pour devenir, et devenir vraiment « autre », et non juste un prolongement narcissique de soi-même, une extension, une protubérance, il faut vraiment accepter la perte et l’oubli. La perte et l’oubli de celui qu’on a été et qu’on ne peut ou ne veut plus être.

Il ne faut évidemment pas refuser d’être soi-même au motif que la réalité à laquelle nous participons dépasse largement les limites de l’ego. Ni rejeter celui que nous sommes a priori tenus d’incarner par les contingences existentielles, sociales et matérielles, en prétendant pourvoir nous en affranchir ou nous en débarrasser totalement. Car comme on ne saurait changer de corps pour revêtir le corps d’un autre, y compris dans l’effusion charnelle, on ne saurait changer subitement de destinée ni d’incarnation par son propre vouloir. A moins de sombrer dans la folie.

Notre vie est un parcours, avec parfois ses ruptures et ses changements de cap plus ou moins brusques et douloureux. Mais nous ne pouvons en faire abstraction ou en changer radicalement par miracle, nous exonérer de notre vie. Nous ne pouvons qu’évoluer et changer.

Combattre le réel, expérimenter la vie comme une lutte sans fin et sans merci, et souffrir toute notre vie de ce combat. Ou au contraire nous adapter, accepter, rendre enfin les armes. Et suivre parmi nos multiples désirs contradictoires celui qui nous aspire vers une vie meilleure, plus libre, plus ouverte, plus féconde, plus respectueuse de soi-même et de l’autre, plus en relation et plus connectée au réel, plus ajustée et plus participante de la Grande Réalité. Avec un cœur plus large et plus palpitant, qui embrasse à chaque inspir une parcelle plus vaste encore de l’Infini béant qui nous appelle au loin.

Et si nous acceptons de nous en remettre en totalité à celui que nous nommons « Dieu », alors tout devient possible.

Un meurtrier ou une prostituée repentie peuvent devenir un prophète ou une sainte, et servir Dieu d’un cœur aimant. Non parce qu’il ou elle a décidé d’amender ou de réformer sa vie. Mais en se remettant totalement à la Miséricorde divine. Et parce que Dieu l’a lavé, purifié, oint, béni. Que toute trace de ses erreurs, manquements ou « péchés passés ont été vraiment effacés, jetés loin de son être. Qu’aucune puissance entropique ni aucune logique karmique ne peut plus générer, du fait de ses erreurs passées, un avenir mauvais, funeste ou limité.

Car Dieu détruit VRAIMENT le péché. Il ne s’agit pas de morale. D’une économie du bien et du mal. Il ne s’agit pas seulement d’éthique comportementale. Ni d’une simple sagesse qui nous conférerait un sens du juste et de l’injuste. Ni seulement d’une forme de pardon, sentimental ou puritain. Dieu anéantit vraiment et définitivement le pouvoir entropique généré par nos manquements, petits ou grands, nos trahisons, nos coupures et nos retranchements d’avec l’énergie de vie qui nous habite.

Car quand nous dévions volontairement ou involontairement de celle-ci, nous blessons et nous cassons des branches vivantes de l’arbre de vie que nous sommes. Et celles-ci repoussent ensuite difficilement. Nous les cassons pour nous-mêmes mais aussi pour notre descendance et pour tous ceux auxquels nous sommes reliés par des liens d’amours et des liens d’interdépendance spirituelle, ceux qui sont rattachés à nous et qui se nourrissent en partie de notre propre sève vitale.

Ce que nos fautes passées devraient « normalement » produire comme fruit mauvais, ou comme limitation du flux vital, Dieu le restaure en totalité et même au-delà. Il nous restitue dans notre intégrité de fils de lumière. Il nous ressuscite comme un premier né au premier jour de sa vie. Plein, rond et entier, sans une goutte de sang ni un atome d’énergie défaillant.

Mais il ne le fait pas pour que nous repartions du même point, là où nous étions arrêtés. Ni pour que nous reprenions notre vie là où nous l’avions interrompue. Ou que nous retournions benoîtement vaquer à nos occupations comme si rien ne s’était produit. Il nous déplace et nous transforme. Rien n’est plus désormais pareil et ne saurait désormais être autrement qu’autrement.

Dieu nous réinvestit de sa force et de son pouvoir. Mais il ne le fait pas pour que nous demeurions les mêmes. Le but de la vie n’est pas de simplement de vivre ou de survivre, mais de devenir. Et de devenir vraiment « autre ».

Une simple métaphore : à chaque instant nous « inspirons » puis nous « expirons ». Il y a dans chaque inspir un renouvellement de la vie en nous, dans nos poumons, nos cellules et notre être profond. Puis un expir : nous mourrons à ce que nous avons en partie été, nous abandonnons une parcelle caduque de notre être passé, mort, pour devenir autre. Nous devenons. Et si nous sommes mus par la vie et tendus vers Dieu, nous évoluons en bien, en bon et en meilleur. En plus reliés.

Vieillir, c’est renoncer à changer, à entrer dans la lumière et à abandonner les déterminismes de ce que nous appelons habituellement « la chair » : notre part animale, « bio-logique », périssable.

Cette part de nous-mêmes, il nous faut l’accepter, la bénir, la revêtir et l’incarner du mieux que nous pouvons. Avec amour mais aussi avec détachement et raison.  Car elle n’est qu’une part temporaire de notre existence. L’instrument et la matrice de notre Passage vers une vie tout autre.

Si l’on veut être authentiquement dans l’imitation de Jésus-Christ, il nous faut refuser la tentation ascétique de la fuite hors du corps et de la mortification.

Car si Jésus a embrassé en totalité l’existence humaine et a vécu en totalité l’incarnation, ce n’est pas pour que nous en exonérions par peur du corps et de la vie. Vivons donc en être pleinement incarnés, sans maudire notre nature mais au contraire en la bénissant. Sans chercher à nous extraire de la vie, mais en la vivant vraiment, et en en traversant toutes les dimensions, des plus triviales aux plus sublimes. Et laissant transformer ce corps en pure lumière, au terme d’épousailles et dans un embrasement d’amour totalement inédit :
« Je suis venu pour qu’ils aient la vie, et qu’il l’aient en abondance. » (Jean 10 :10)

Nous sommes issus de la Lumière et nous sommes appelés à revenir vers cette lumière au terme de l’expérience existentielle, après avoir accompli ou non notre « mission » terrestre.

Ce qui suppose de revêtir intégralement l’opacité de notre condition humaine et d’en vivre tout le processus transformatif, dans ce grand laboratoire spirituel qu’est la Vie incarnée.

Ce qui suppose d’accepter d’en visiter à plusieurs reprises au cours de l’existence les recoins les plus ténébreux. Avec à nos côtés nos proches qui nous assistent mais ne peuvent prendre la barque à notre place. Et aussi le « bon berger », le Fils de la Lumière, toujours à nos côtés, même et surtout dans les plus grands moments d’angoisse et de solitude apparente (Psaume 23).

C’est justement cette descente dans nos enfers intérieurs qu’il nous faut à plusieurs reprises accepter de de vivre et de renouveler. Non par une sorte de goût pervers et complaisant pour nos propres abysses ou pour la souffrance. Mais pour voir libérer en nous le potentiel de vie qui demeure enfoui. Comme un orfèvre qui accepte de revêtir l’habit sombre et crasseux du mineur pour descendre au fond de la veine y extraire les pépites d’or fin, qu’il transformera ensuite en diadème resplendissant.

Sauf que l’orfèvre, c’est Dieu et non nous-mêmes !

L’orgueil et la grande erreur des théoriciens existentialistes et constructivistes de l’identité, et le grand drame de ceux qui les suivent en prétendant se refaire ou se reconstruire, c’est de croire qu’on peut par sa seule volonté et selon sa propre fantaisie, modifier totalement sa propre identité.

Devenir vraiment une femme quand on est né avec un sexe mâle, grâce à un long travail de transformation hormonal puis en ayant recours à la chirurgie, comme le font les transsexuels. Ou devenir une personne toute autre que celle que les déterminismes biologiques, familiaux ou sociaux nous ont conduits à être.

Ce type de changement radical paraît en effet possible. Il y a des hommes nés mâles qui deviennent des femmes. Et même des transsexuels qui ont des enfants une fois opérés alors que la « nature » ne semblaient pas les y avoir prédisposés. Mais ce type de changement n’opère efficacement qu’à un certain niveau de réalité.

La nature humaine n’est pas binaire, en particulier la nature sexuée. Elle est beaucoup plus complexe et comporte beaucoup plus d’aberrations ou d’exceptions apparentes que notre esprit nous le laisse croire. Dieu n’est pas un ordinateur qui sépare le réel en fragments binaires. Dieu se manifeste à nous dans une réalité qui se structure autour de formes trinitaires.

C’est notre intellect qui sépare le Réel en réalités opposées selon une logique binaire. Et c’est le langage qui ordonne la réalité selon des schémas qui nous la font saisir et nous la représenter selon des modèles duels. Dieu est bien au-delà du duel. Et du non-duel, du non-dicible, du silence que nous nous imposions quand nous méditons et cessons de laisser pérorer notre raison ou notre pensée dualiste.

De la même manière, quand Dieu nous saisit pour nous transformer, nous ne pouvons savoir ni prévoir à l’avance là où il veut nous mener.

Si nous acceptons de nous en remettre à lui, ce n’est pas pour notre petit confort personnel. Avant de quitter totalement ce monde pour rejoindre le Père, Jésus a prophétisé à Pierre qu’il serait un jour conduit « là où il ne voulait pas aller ». Contrairement à l’autre disciple, le bien-aimé, qui lui demeurerait toujours auprès du Fils jusqu’à ce qu’il vienne (Jean 31 :15-23 : apparition de Jésus au bord du Lac de Tibériade).

Si nous donnons vraiment notre vie à Dieu, au lieu d’en faire une idole que nous sollicitons juste pour notre confort personnel et spirituel, tout devient en effet possible. Mais nous ne sommes plus le maître de notre vie. Elle appartient désormais à Dieu. Et lui seul décide de nous envoyer ici ou là. Lui seul décide « qui » et « ce que » nous serons appelés à devenir. Ce que nous serons appelés à réaliser « en son nom », et non plus en notre nom propre.

Si je m’en remets à Dieu, ce n’est pas pour m’approprier une puissance spirituelle nouvelle qui n’est pas la mienne et dont je ne suis que le dépositaire. Sinon je ne suis qu’un magicien. Et tôt ou tard je serai jeté dans l’abîme de feu avec les plus abjects des meurtriers.

Si je m’en remets vraiment à lui, c’est pour renoncer à mes propres projets, à ma propre volonté, à mon propre libre arbitre. Et accepter de devenir son instrument. Son serviteur. Et non seulement un « bon chrétien » qui sert encore en réalité son petit ego, dissimulé sous les oripeaux tartufes de la Vertu, juge les autres et donne des leçons de morale, de sagesse, ou s’érige en modèle de perfection spirituelle auprès de qui veut bien l’écouter, en singeant la sainteté pour mieux flatter son propre orgueil.

Ce n’est pas facile de renoncer. De renoncer vraiment. Et non juste de renoncer en surface ou en partie. De renoncer inconditionnellement, comme Jésus l’a fait en se livrant librement à la Croix. De renoncer à ce que nous cherchons à abandonner volontairement, parce que cela ne fonctionne plus, que cela nous embarrasse et nous fait souffrir : nos vieilles habitudes, nos vieux conditionnements, nos limites et nos esclavages intérieurs ou extérieurs. Mais aussi renoncer notre chère « liberté »…

Car l’obéissance à Dieu, ça existe aussi ! Et cela fait partie du New deal spirituel que nous passons avec notre Dieu d’Amour. Par un marchandage de marchands de tapis : je te donne ceci si tu me donnes cela. Mais un pari vertigineux : je te donne ma vie, sans savoir ce que tu désires pour moi ni où tu veux me mener, ce que tu veux faire de moi plus tard, une fois que j’aurais accepté que tu me transformes.

Je te donne ma vie avec la certitude que tu veux le meilleur pour moi : un bonheur bien plus vaste que ce que je n’aurais jamais osé concevoir, espérer ni revendiquer pour moi-même.

Je le fais librement et totalement, sans réserve aucune. Je consens à m’en remettre totalement à toi et à te suivre aveuglément. Avec la certitude et la confiance que là où tu me mèneras, je ne manquerai jamais de rien. Et serai glorifié bien au-delà des glorioles auxquelles mon ego pourrait prétendre. Je serai sanctifié bien au-delà de ce que mon orgueil pourrait me faire désirer comme modèle de sainteté.

Ce pari, ce saut dans le vide sans élastique, il nous faudra le renouveler plusieurs fois. Parce qu’assurément, une fois embarqué dans la grande aventure, nous serons tôt ou tard tentés de nous rendormir, de faire demi-tour, sans même nous en apercevoir…

Croyant avoir atteint un stade satisfaisant de notre évolution spirituelle, nous régresserons un jour immanquablement, et nous nous retrouverons confrontés aux mêmes écueils. Jusqu’à ce qu’à nouveau nous mettions un genou à terre et confessions notre stupidité et notre aveuglement afin de nous laisser pardonner, renouveler et saisir de nouveau.

Rares sont les grands saints qui ne connaissent jamais de rechute. Paul n’a cessé de lutter toute sa vie contre les doutes. Et contre une nature plus sensuelle qu’il n’aurait voulu et qui le tourmentait au point de vouloir s’en défaire. Pierre a renié trois fois avant de pleurer amèrement le maître qu’il avait trahi et laissé mourir sur une croix. Plus tard, même si l’Esprit l’aura investi de sa puissance, il a aura connu aussi les doutes, les affres de l’angoisse et la froide obscurité du cachot. Thérèse de Lisieux n’a cessé de confesser ses imperfections et ses doutes. Etc…

Et Jésus lui-même a entamé son ministère après avoir traversé toutes les formes de tentations au désert durant 40 jours de jeûne. Puis l’agonie et la tentation du renoncement à sa mission de Sauveur et à sa nature de Christ à Gethsémani. Puis l’abandon total et l’entrée dans la grande nuit de la Mort qui précède la Résurrection, sur la croix à Golgotha.

Tous nous devons accepter de laisser notre ego crucifier.

En nous désidentifiant de celui-ci, au risque de souffrir horriblement d’une interminable agonie.

Et de nous laisser revêtir d’un habit de lumière d’une facture, d’une taille et d’une couleur dominante que nous n’avons pas choisies.

Nous devons accepter de nous voir remettre un nouveau « Nom » que nous n’avons non plus ni connu à l’avance ni choisi nous-mêmes.

Et non de nous réinventer une identité pour hisser artificiellement notre ego plus haut, à une étagère bien en vue sur les rayonnages de l’autel où sont rangées nos propres idoles.

Christ veut des christs. C’est-à-dire des fils nus et obéissants mais oint de la puissance de l’Esprit. Et non des soldats casqués et armés de métal prêts à livrer orgueilleusement bataille contre l’Ennemi.

Comme le disent les sages taoïstes : « Imposer sa volonté aux autres, c’est force. Se l’imposer à soi-même, c’est force supérieure ». (Lao Tse)

Mais Dieu ne veut pas seulement des sages. Il ne veut pas seulement que nous sachions nous imposer à nous-mêmes notre propre volonté au lieu de prétendre combattre l’autre et remporter victoire. Il veut que nous acceptions de nous en remettre avec confiance et amour à Sa volonté.

Mais l’humilité, la vraie, est tout sauf son contraire : l’hypocrisie tartuffe qui nous fait souvent jouer les humbles, alors que nous bouillonnons d’orgueil et souhaitons en vérité nous hisser au-dessus des ignorants, des mécréants ou des brebis stupides que nous méprisons superbement.

L’humilité n’est pas fausse modestie. Ou négation des talents et des missions que Dieu nous a confiées et nous confie encore. Jésus est humble mais ne renonce pas à la puissance que le Père lui a confiée. Ni à dire la vérité pour défaire les orgueilleux et les hypocrites. Il en fait au contraire un bon usage, mais sans jamais s’arroger le bénéficie de la victoire, ni la gloire pour le résultat obtenu.

« A toi le règne, la puissance et la gloire ! » Il nous faut le dire et le répéter inlassablement quand Dieu nous investit d’une puissance nouvelle et nous équipe pour le combat qu’il veut nous voir mener en ce monde au nom de l’Amour.

Si nous cherchons la gloire, nous serons humiliés.
Si nous cherchons la victoire, nous serons vaincus.
Si nous cherchons à nous sauver par nous-mêmes, nous serons anéantis.

Mais si nous cherchons la Vérité, si nous cherchons à servir la Vie, si nous cherchons à laisser agir consciemment l’Esprit qui demeure en nous, mais qui peut tout aussi bien nous délaisser à tout moment, alors nous sommes réellement revêtus de la puissance de Dieu.

Mais que l’orgueil vienne nous saisir et que nous nous nous glorifions nous-même de cette puissance qui nous habite, ou que nous tentions d’en user nous servir nos intérêts propres ou jouir de l’ivresse que son usage nous procure, et elle nous quitte aussitôt. Et nous chutons plus bas et plus nus que nous ne l’avions jamais été auparavant.

C’est donc avec un effort constant de discernement et d’humilité qu’il nous faut tenir debout face à Dieu.

Nous ne saurions jamais y parvenir sans le secours de l’Esprit qui nous guide et nous éclaire.

La vie spirituelle n’est pas ni roman ni une épopée. C’est une relation d’amour bien réelle, à renouveler chaque matin.

Quand on célèbre un mariage, on ignore souvent qu’il nous faudra en renouveler chaque jour les vœux. Il en va des même pour la relation de compagnonnage avec Dieu.

Et nul ne peut prédire à l’avance quel nouvel épisode nous serons conduits à vivre. Quel fruit nous serons conduits à livrer, ni quelle rencontre inattendue nous ferons sur la route étonnante que Dieu nous invite à suivre.

Mais quelle autre vie pourrions-nous vivre quand nous avons goûté la saveur de la vraie Vie ?

Comment pourrions-nous nous rendormir dans une existence étriquée, morne et solitaire, quand nous avons goûté à la félicité de voyager sous le soleil, avec les multiples frères que Dieu nous donne à connaître pour partager et voyager ensemble ?

Vivre, c’est mourir pour revivre de nouveau. Plus loin, plus haut, plus vaste et plus éternellement encore.

Il n’y a pas d’autre vie de substitution que la Vie en Dieu.

Tout le reste n’est que cinéma hollywoodien, mensonge et piège.

Alors en marche, tous et toutes !