Faut-il assimiler antisémitisme et antisionisme ?

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Épineuse, très épineuse question !

La volonté d’assimiler l’antisionisme à une forme déguisée d’antisémitisme se justifie aujourd’hui pleinement. Beaucoup d’antisémites se cachent derrière un « antisionisme » revendiqué, non seulement pour critiquer la politique d’Israël mais aussi pour verser dans des généralités concernant tous les Juifs (« les sionistes ») accusés de tous les mots habituels : vouloir accaparer le pouvoir, les richesses, tenir les rênes de la finance mondiale, manipuler tous les dirigeants occidentaux, renforcer les inégalités, créer des injustices envers les plus pauvres, les minorités ethniques ou religieuses, entreprendre des guerres de conquête et asseoir leur domination sur des populations incapables de se défendre.

Bien évidemment ceux qui utilisent le plus fréquemment ce paravent de « l’antisionisme » sont les musulmans et les pays arabes ou islamistes qui justifient ainsi leur haine d’Israël mais aussi des Juifs. En tête l’Iran et sa rhétorique anti-Israël. Et ses vassaux ou ceux qui bénéficient de ses largesses, Hezbollah et Hamas notamment. Mais aussi d’une façon ou d’une autre à peu près tout le monde arabe ou musulman. Même ceux qui comme l’Arabie saoudite sont des partenaires économiques de premier plan de l’état hébreu mais subventionnent aussi largement les organisations terroristes sunnites hostiles aux « sionistes » et aux « croisés ».

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Cette rhétorique antisioniste a de nombreuses composantes. Chez les peuples musulmans elle s’enracine dans un antijudaïsme offensif qui remonte au Coran. Même dans les empires islamiques où Juifs et Chrétiens étaient accueillis et protégés sous le statut de dhimmis, les Juifs avaient toujours un rang inférieur. Certaines professions ou fonctions de haut rang, politiques, militaires, sociales ou économiques leur étaient interdites. Un Juif ou un Chrétien ne pouvait dominer ou commander un musulman. Sauf à de très rares exceptions dans le royaume d’Al Andalus.

L’antisémitisme plus politique intra-islamique s’est considérablement accru avec l’apparition des idéologies islamistes au 20e siècle. Celle de la Confrérie des Frères musulmans, qui a inspiré à peu près tous les régimes islamistes de l’Iran khomeyniste à la dictature d’Erdogan en passant par le FIS algérien ou l’Ennahdha tunisien, s’inspirait au départ du salafisme mais aussi du nazisme, puis du léninisme. Les fondateurs de la Confrérie, comme le grand mufti de Jérusalem dans les années 1930/40 pressé de demander aux nazis de l’aider à « se débarrasser de ses Juifs », entretinrent des liens très étroits avec Hitler.

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Adolf Hitler recevant le grand mufti de Jérusalem à Berlin

La rhétorique des Frères musulmans est toujours caractérisée par un profond antisémitisme. Pire, leur stratégie de conquête du monde est aussi fondée sur une obsession mimétique à l’égard des Juifs. Le mythe d’une élite financière juive dominant le monde depuis le 20e voire le 18e siècle est une projection typique de l’idéologie conquérante des Frères musulmans qui entendent instaurer un califat mondial et dominer le monde.

Dans les pays comme la France où les Frères musulmans sont déjà profondément implantés, leur stratégie pour faire main basse sur l’Islam et les musulmans, infiltrer tous les rouages de la société, accroître leur influence et leur représentativité, passe par une victimisation systématique des musulmans, et des discours qui s’apparentent à ceux de la lutte contre le racisme ou l’antisémitisme.

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Les islamistes français sont sans cesse engagés dans une concurrence victimaire et n’hésitent pas à récupérer de façon ignominieuse certains symboles des persécutions historiques contre les Juifs. Ainsi la montée d’une « islamophobie » fabriquée de toutes pièces dans les médias et la situation des musulmans aujourd’hui dans la société française sont comparées sans complexe à celle des Juifs dans l’Allemagne nazie ou dans la France d’Occupation. Durant la manifestation islamiste du 10 novembre à Paris, l’étoile jaune, signe de discrimination infamant imposé aux Juifs, fut récupérée et détournée en étoile islamique puis distribuée sous forme de stickers flanqués du sigle « MUSLIM » (comme « JUDE ») par des propagandistes du CCIF.

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Bien sûr le discours officiel des islamistes français est de dénoncer « toutes les discriminations, y compris l’antisémitisme ». Dans la réalité leur antisémitisme prend les traits d’une surenchère victimaire mimétique permanente.

Cet antisémitisme musulman ou islamiste déguisé en « antisionisme » trouve bien sûr un écho dans les banlieues depuis que le conflit israélo-palestinien s’est en partie importé dans les quartiers. Les jeunes musulmans des banlieues sont très souvent antisémites. La violence latente à l’égard des Juifs y est permanente. Beaucoup de familles juives originaires de quartiers « islamisés » sont obligées de partir vivre ailleurs.

Ces jeunes sont aussi gavés de discours et de modèles qui exaltent la haine, en particulier la haine des mécréants, des Blancs, ou des Juifs, comme de discours valorisant l’insoumission, la rébellion, la guérilla urbaine ou l’insurrection. Que ce soit au travers de textes de rap écrits par des stars hexagonales, souvent des musulmans, ou d’autres discours fondés sur la haine de l’autre, des nantis, des pourris, des exploiteurs, donc des « sionistes ».

Rares sont les imams des mosquées et les prêcheurs improvisés qui font quelque chose pour dissuader cet appétit. Taper sur les Juifs est facile et souvent impuni. Les clichés sur le djihad et les terroristes sont très appréciés. Ils constituent pour ces jeunes désorientés ou en quête de modèles masculins des sortes de héros, des têtes brûlées, des Robin des bois jusqu’au-boutistes frondant tous les ordres et toutes les lois.

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L’antisionisme des jeunes de banlieue fait non seulement office de ciment et de rhétorique communautaires, il participe aussi d’une culture de la provocation et du franchissement des limites. En France se dire antisémite est mal, condamnable, inacceptable. Alors ces jeunes contournent l’interdit en adoptant un langage « antisioniste » fondé sur la haine d’Israël, la condamnation des crimes de Tsahal à Gaza, systématiquement comparé à Auschwitz, la valorisation parallèle des « armées de résistance » que sont à leurs yeux des organisations terroristes comme le Hezbollah ou le Hamas, voire Al Qaeda ou Daesh.

Ces jeunes sont d’ailleurs souvent très friands de sites complotistes, révisionnistes, antisionistes voire ou franchement antisémites d’extrême droite. Quant aux sites islamiste, ils sont aujourd’hui les premiers pourvoyeurs dans le monde de désinformation à caractère antisémite ou complotiste.

Des auteurs notoirement antisémites comme Alain Soral, Renaud Camus (inventeur du concept de « Grand remplacement ») ou le polémiste Éric Zemmour, les sites auxquels ils contribuent, les émissions auxquelles ils participent et les blogs qu’ils animent sont très suivis par les adolescents et les jeunes de confession ou d’origine musulmane. Peu leur importe que ces auteurs tirent parfois à boulets rouge autant sur l’Islam que sur les Juifs ou d’autres cibles. Leur côté sulfureux, transgressif et interdit exerce un attrait irrésistible sur les jeunes.

L’une des personnalités presque unanimement adulées par les jeunes musulmans pétris d’antisionisme est évidemment l’ex humoriste Dieudonné. Lequel tire parti de sa notoriété pour justifier par un faux humour une propagande ouvertement antisémite, révisionniste et pro-djihadiste. Le sinistre Dieudonné est un l’ami des dirigeants du Hezbollah qu’il est allé soutenir au Liban en 2006 durant la Seconde guerre israélo-libanaise. Mais aussi des mollahs iraniens auxquels il était allé rendre visite au moment de la présidence d’Ahmadinejad. Ce provocateur antisémite plusieurs fois condamné est un modèle pour de nombreux antisémites, parmi lesquels des islamistes et des simples musulmans. Sa « quenelle », mélange de salut nazi et de bras d’honneur, et ses jeux de mots ignobles comme « shoananas » dignes de Jean-Marie Le Pen dans ses meilleurs jours sont repris allègrement par tous les néonazis et les jeunes Arabes « antisionistes ».

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Face à ce constat il paraît évident qu’il ne faut pas hésiter à condamner la rhétorique antisioniste et l’appel à la haine d’Israël (et implicitement des Juifs, comme des autres nations qui le soutiennent) au même titre que l’antisémitisme.

Toutefois les choses sont plus complexes.

On peut être philosémite, on peut être soi-même juif, voire israélien, tout en critiquant à juste titre la politique d’Israël. Notamment quand celle-ci viole le droit international, commet des brutalités quotidiennes envers des minorités, des crimes de guerre à Gaza, s’entête dans une volonté de poursuivre la colonisation des Territoires, rase des immeubles ou des villages palestiniens pour y construire des maisons juives, entretient un authentique régime d’apartheid en déniant à 30% de ses ressortissants arabes des droits égaux à ceux des citoyens juifs, discrimine et humilie au quotidien des Palestiniens qui doivent traverser les check-points pour se rendre au travail ou visiter leur famille de l’autre côté du mur.

Une politique qui nourrit la haine des Juifs, en Palestine, au Moyen-Orient et dans le reste du monde, en ne cédant rien aux injonctions du monde à plus d’humanité et de mesure.

Depuis de nombreuses années, la majorité des Juifs vivant en diaspora, notamment aux Etats-Unis, ne soutiennent plus Israël et critiquent même avec véhémence la politique conduite par la coalition d’extrême droite au pouvoir depuis 10 ans. Le lobby ultra-orthodoxe américain est toujours assez puissant financièrement pour infléchir la politique du principal allié d’Israël, mais pour combien de temps encore ?

Quant à la France et à l’Europe, bien que n’étant pas « antisionistes » elles entretiennent des liens autant avec Israël que les pays arabes. Ces alliés se lassent de vouloir jouer les médiateurs du conflit et de voir les chances de paix se réduire comme peau de chagrin.

En outre, indépendamment de ce conflit qui s’enlise et plombe l’image d’Israël comme ses relations avec ses partenaires, on peut très bien être juif ou pro-sémite, et antisioniste.

Il existe même une frange importante des Juifs ultra-orthodoxes, les haredim, qui vivent en Israël, consacrent tout leur temps à étudier de la Torah et à élever leurs nombreux enfants mais sont antisionistes. Ils vivent des aides de l’état, sont exonérés de travail, mais passent leur temps à critiquer le pays où ils vivent et qui les nourrit. Un état laïc auquel ils ne reconnaissent aucune légitimité, et qu’ils considèrent comme une monstruosité impie. Car selon eux, seul le messie à venir pourra venir restaurer le Royaume d’Israël sur les bases du Tanakh (la Bible).

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Pire encore, il existait encore il y a peu dans l’Iran des mollahs une petite communauté de Juifs ultra intégristes. Non seulement ceux-là haïssent Israël, refusent d’y vivre, mais ils pactisent avec son pire ennemi en espérant que celui-ci détruira très vite cette verrue impie. Une façon très messianique de précipiter la venue du messie. Comme leurs homologues israéliens qui bien que vivant en Israël ne rêvent que d’une chose : dynamiter les mosquées présentes depuis 14 siècles sur le Mont du Temple. Et précipiter ainsi l’Armageddon, la bataille finale des armées de Dieu contre les légions de Satan et des infidèles. Une façon tout aussi expéditive de hâter la venue du messie et la Fin des temps.

Sans verser dans ces extrêmes, on peut tout à fait aimer Israël et ne pas adhérer au projet sioniste, qui est avant tout un projet nationaliste visant à donner une terre aux Juifs. On peut refuser de fonder l’état d’Israël et son affirmation nationaliste limitée à un peuple ou une race, un demos. Le très controversé historien israélien Shlomo Sand est l’un des intellectuels juifs les plus virulents à s’opposer au sionisme comme aux « mythes fondateurs » de l’Israël moderne.

Sans être aussi radicaux, une bonne part des Israéliens ne s’identifient pas à cette volonté actuelle des sionistes ultranationalistes israéliens de sanctuariser la nation israélienne en tant qu’état « des » Juifs et non « état juif ». Et de vouloir inscrire cette identité dans la Loi fondamentale. Selon eux, si Israël est un état juif, les autres citoyens, qu’ils soient arabes, bédouins, druzes, européens, africains ou asiatiques, doivent y avoir toute leur place et les mêmes droits que les autres. Leur conception de la nation israélienne se rapproche plus de celle des nations européennes fondées au 19e siècle à partir d’un ethos, un idéal et un système de valeurs comme « la République », que sur un ethnos, une ethnie.

C’est toute la différence qui sépare le véritable antisionisme qui est le refus d’accorder au peuple juif le droit à l’autodétermination, le droit d’avoir un pays et de le défendre, et la critique du sionisme sur la base d’un désaccord quant aux fondements juridiques et politiques de l’état d’Israël, ou à propos de la politique conduite par ses dirigeants au nom d’une conception dévoyée du sionisme.

Le sionisme est une idéologie nationaliste qui a vu fleurir beaucoup de variantes depuis l’époque de Théodore Herzl, son fondateur. Critiquer telle ou telle conception du sionisme est l’un des sports favoris de la communauté juive, en Israël et de par le monde. Il n’est pas rare de s’adresser entre Juifs des anathèmes en se traitant d’ »antisioniste ».

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Théodore Herzl, père du sionisme historique

On peut critiquer le sionisme. On doit même le faire aujourd’hui quand on est un démocrate et un humaniste.

Le sionisme actuel de Netanyahu, idéologue ultranationaliste de type messianiste, est l’exact opposé de l’idéal socialiste, inclusif, humaniste et universaliste des pères de l’Israël moderne. De 1948 à 2019, Israël est passé d’une démocratie laïque, socialiste et pluraliste à une proto-théocratie messianique, où les religieux les plus extrêmes proches du pouvoir tentent de faire évoluer un état démocratique vers un fantasme biblique régi par la Haskala (la loi juive). Le symétrique exact des pays totalitaires islamistes dirigés par la charia.

L’extrême gauche communiste et internationaliste y a toujours été opposée au sionisme. Ses avatars pacifistes comme Shalom Archav (La Paix Maintenant) ont toujours combattu la politique extérieure d’Israël et pris franchement le partis de la minorité palestinienne, quand ils ne trouvent pas des vertus aux ennemis du Hamas. Ses avatars contemporains y compris en France défendent une politique résolument antisioniste et pro-arabe.

Pénaliser l’antisionisme en tant que tel en l’assimilant uniformément à l’antisémitisme risquerait donc de brouiller encore plus le regard. Cela risquerait aussi de sanctuariser le sionisme actuel en lui conférant une forme de légitimité juridique, ce qui n’est ni le but ni la compétence de la loi française.

Sans doute y a-t-il d’autres façons plus pertinentes de pénaliser les formes d’antisémitisme qui se cachent derrière un discours antisioniste.

Bien entendu la perversité des discours antisémites déguisés en antisionisme est de se justifier en rappelant qu’on a le droit de critiquer un état. Pénaliser l’antisionisme reviendrait à sanctuariser Israël et à interdire toute critique du régime ou de sa politique au motif que cela constituerait une haine des Juifs. Absurde.

Il faut pourvoir continuer à critiquer, Israël, ses dirigeants, leur politique et peser sur eux, sans pour autant être accusé d’antisémitisme, et tout en soutenant le droit à l’existence et à la sécurité pour Israël. Une attitude de non-alignement.

Assimiler la critique d’Israël à de l’antisémitisme c’est précisément que Netanyahu n’hésite pas à faire quand il joue sur les peurs pour appeler les Juifs de France à faire leur Alya en Israël afin d’échapper à « la recrudescence de l’antisémitisme ». Comme si l’Etat français était complice de cette recrudescence, ou qu’il ne faisait rien pour défendre lui-même ses citoyens juifs.

De la même façon on doit pourvoir critiquer le judaïsme comme l’Islam ou toute autre religion. Surtout dans une République laïque.

Il ne s’agit donc pas de créer un délit de blasphème antisioniste ou antijudaïque au motif d’étendre la définition juridique de l’antisémitisme.

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Alors que faire ?

Le Parlement européen avait adopté en 2017 cette définition de l’antisémitisme :

« L’antisémitisme est une certaine perception des Juifs qui peut se manifester par une haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme visent des individus juifs ou non et/ou leurs biens, des institutions communautaires et des lieux de culte. »

Il faudrait y ajouter « des manifestations politiques« . Et à « institutions communautaires et lieux de culte », ajouter « et à l’état d’Israël ».

Il conviendrait par ailleurs de préciser que l’antisémitisme ou la haine des Juifs « peut » se dissimuler derrière un discours antisioniste, d’une critique d’Israël servant à le justifier, d’une obsession et d’une désinformation systématique concernant Israël, sa politique extérieure, les sionistes ou leur volonté hégémonique fantasmée.

On ne combat pas l’islamisme en agitant des principes ! – L’Etat, les religions et l’argent

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Tout individu a des croyances, des valeurs, des convictions. Toute société également, qui les sanctuarise en énonçant des principes communs.

Les principes sont essentiels, mais ils ne servent pas à combattre. Quant une société est attaquée, elle ne combat avec pour arme ses principes, sinon comme une métaphore. Une société qui entend se défendre combat « AU NOM » de ses principes, mais « avec » des moyens adaptés à l’adversaire, à l’enjeu, à l’époque.

Certains qui voudraient sincèrement combattre l’islamisme se contentent d’ânonner des principes comme on invoque la protection divine. Parfois ils se contentent d’exhortations, de vociférations, d’exaspérations.

L’affectif et l’éthique font mauvais ménage. On ne pratique pas le bien, on ne défend pas la justice, la vérité ou le droit en s’agitant ni en étant le jouet de ses affects.

La rhétorique non plus ne suffit pas à réduire en poussière un adversaire déterminé à envahir un territoire. On ne défait pas une armée en hurlant à son général : « Je vous demande de vous arrêter ! »

Comme tout fin stratège avant de livrer bataille, les vrais républicains qui partent en guerre contre l’islamisme prennent le temps de fourbir leurs armes. Pour combattre une idéologie qui s’appuie sur un réservoir de 1,8 milliard de musulmans dans le monde (soit un terrien sur quatre) et 8,5 millions de citoyens en France, il faut plus que des convictions, du bagou et de l’audace. Il faut du sens tactique et des moyens.

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Si l’on veut RÉELLEMENT combattre l’islamisme il ne faut pas en rester au niveau des principes. Il faut faire preuve de pragmatisme. Viser l’efficacité et la victoire, pas la suprématie verbale. Sinon on risque de ne défendre qu’une citadelle imaginaire, pas une société réelle.

Les islamistes ne sont pas des combattants qui poussent des grands cris pour annoncer leurs assauts. Au contraire ils font profil bas, se taisent, mentent sur leurs intentions réelles, montrent patte blanche, font mine d’être de bons citoyens loyaux et respectueux du droit. Puis ils se déguisent en sauveurs des victimes imaginaires qu’ils prétendent vouloir protéger, à la fois pour se les approprier et désigner des coupables : l’extrême droite, le colonialisme, les blancs suprémacistes, la France qui méprise ses minorités, l’Etat qui stigmatise tous les musulmans par des lois « liberticides »…

Ils falsifient alors nos principes pour les retourner contre nous. Liberté, égalité, fraternité, démocratie, laïcité, droits de l’homme, justice sociale, défense des faibles et des minorités, émancipation des jeunes, féminisme… Aucune de nos valeurs républicaines n’est épargnée.

Pour démonter leur rhétorique il faut connaître l’adversaire, ses méthodes, et faire preuve d’un discernement constant.

Mais pour engager la bataille, on serait bien inconscient de se limiter à celle des idées.

Il y a le djihad juridique qu’il faut contrer. Et devancer en attaquant les islamistes retranchés dans les organisations musulmanes, les associations locales, les écoles, les universités, les listes communautaires aux élections, les partis politiques, les assemblées, les ministères, les syndicats, les entreprises, les administrations, les clubs sportifs, les services d’ordre… C’est un immense travail qui requiert du temps, des moyens humains, logistiques et financiers.

Et puis il y a tout un travail d’encadrement, de surveillance, d’organisation et de régulation à mener dans les mosquées, les associations et les écoles islamiques, les organismes chargés de former les imams, les éditeurs de supports physiques ou numériques à caractère religieux, les médias communautaires, les sites internet, les réseaux sociaux… Qui doit s’en charger ? Au nom de quoi ? Jusqu’où ? Et comment ?

Or que ça plaise ou non aux idéalistes, le vrai pouvoir aujourd’hui c’est l’argent.

Ce n’est pas à des organes privés de mener ce combat. Si l’Etat ne consacre pas beaucoup beaucoup d’argent à ces objectifs, autant donner tout de suite les clés du pouvoir aux islamistes.

De l’argent il en faut notamment pour exercer le rôle d’arbitrage, d’encadrement, d’organisation et de surveillance des cultes. Des missions qui ont toujours fait partie, n’en déplaise aux laïcistes, des fonctions régaliennes. Une partie du budget du Ministère de l’Intérieur et des administrations qui en dépendent est affectée à ces tâches.

Comme le rappelle le site du Sénat dans une note de synthèse publiée aujourd’hui même : « Si la séparation implique théoriquement l’interdiction de toute subvention, directe ou indirecte, en faveur d’une communauté religieuse, ce régime de séparation est loin d’être absolu. »

Pour faire ou défaire, l’argent reste le nerf de la guerre.

Les islamistes, eux, l’ont bien compris, qui pratiquent un entrisme financier et économique autant que social et politique. Eux qui s’appuient sur une finance islamique qui est l’une des plus puissantes au monde avec 2500 milliards de dollars d’en-cours, dont un tiers détenu par l’Iran et 20% par l’Arabie saoudite.

Entrisme financier ? En France comme ailleurs en Occident les islamistes infiltrent les organismes financiers, les banques, les compagnies d’assurances, prennent des participations dans le capital des multinationales, des industries du pétrole, de l’énergie, du bâtiment, du luxe, de la culture et des médias, des industries du divertissement, des clubs de foot…

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En France ils ont trusté tout le marché du halal, une source de revenus colossaux, autant qu’un outil d’emprise idéologique sur les consommateurs musulmans. La myriade d’associations qu’ils créent chaque jour perçoivent des subventions de pays frères via des organisations islamistes « caritatives » comme Qatar Charity.

Elles ne s’arrêtent pas là. Sous couvert de proposer des loisirs, des services sanitaires, d’éducation ou sociaux, ces associations attirent les jeunes des quartiers pour les endoctriner. A cette fin, elles détournent les subventions allouées par les mairies, les collectivités territoriales ou l’Etat en se déguisant en œuvres de charité, en écoles, en associations culturelles ou en clubs sportifs. Des méthodes utilisées partout par les Frères musulmans pour recruter, infiltrer et conquérir le pouvoir.

Lingots_0_730_486Face à cette stratégie de grande envergure déjà très développée en France, nos petits laïcistes montés sur leurs ergots de 1905 qui prétendent combattre l’hydre islamiste avec des tapettes à mouche font figure d’agités utiles, de Don Quichotte de la laïcité lancés contre des moulins à vent.

Leurs « victoires », quand ils arrivent à pointer du doigt une allocation ridicule, l’utilisation d’un local de mairie pour une bar mitzvah ou d’une salle universitaire pour une quelques étudiants religieux sans contrepartie financière, relèvent de l’obstination pitoyable de morpions accrochés à leur poil pubien.

Quand l’État pour une fois joue son rôle d’arbitre en se mêlant d’affaires religieuses afin de faire reculer l’islamisme, alors ils crient au loup et prennent des poses de moralistes offusqués. Parce selon leur conception pathétique de la laïcité, l’État n’a pas à se compromettre en fourrant son museau dans la fourmilière des calotins.

Soyons raisonnables. Et surtout pragmatiques.

Face à l’ampleur des dangers qui nous menacent, il faut mobiliser des moyens et des énergies idoines.

La loi de 1905 pas plus que la laïcité ne sont des absolus indépassables en soi. La loi est faite pour l’homme et non l’homme pour la Loi. Même si elle est un principe central de la République, la laïcité est faite pour organiser la vie en société, non pour orienter la société vers la vénération de la déesse Laïcité.

L’Idéal républicain lui-même n’est pas un absolu indépassable ou une divinité. Ses principes ne sont ni des totems ni des tabous. La Concorde républicaine n’est pas une momie figée. Le débat démocratique a pour finalité d’en actualiser le sens et les modalités d’application pratique, selon les évolutions politiques, sociales, éthiques, les enjeux et priorités de l’époque. Et pour cela il convient de faire évoluer le droit, d’accorder la façon de l’appliquer et les modes d’exercice des différents pouvoirs aux défis du temps.

Un exemple de tabou à faire sauter. La loi de 1905 précise que « l’État ne finance aucun culte« . Ce principe répond à celui de « séparation des églises et l’État » (qui est le titre de la loi). Mais aussi à une volonté de ne pas obliger l’État et les contribuables à subventionner les cultes. Conformément à la liberté de conscience, l’État se limite à une neutralité en n’obligeant pas des citoyens agnostiques ou d’une autre religion à financer telle religion contre leur gré. Dans d’autres pays européens comme l’Allemagne chaque contribuable verse un impôt annuel destiné à la religion qu’il souhaite. Ce qui semble plus égalitaire, mais qui scandaliserait tout intégriste de la laïcité pour qui la religion c’est le Diable, la vérole ou la peste noire.

Appliqué à l’entrisme islamiste, et à un premier niveau d’analyse, il est tout à fait conforme au principe de laïcité entendu comme l’interdiction de tout financement public au bénéfice d’une religion de dénoncer l’octroi de subventions publiques à une organisation cultuelle ou religieuse.

Depuis 1802 et jusqu’à 1905, le service des cultes était, par l’existence du Concordat, un service public. Comme n’importe quel autre service public, il bénéficiait de crédits alloués par une loi budgétaire votée par le Parlement.

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Il n’est pas question de revenir en arrière. Toutefois, dans les faits l’État subventionne de différentes manières et depuis fort longtemps les différentes églises.

Un seul exemple, la quasi-totalité des édifices religieux autrefois propriété de l’église catholique ont été expropriées à la Révolution et appartiennent aujourd’hui au patrimoine national. Elles sont mises à disposition des églises pour le service du culte. Leur entretien est à la charge de l’Etat en tant qu’éléments du patrimoine culturel.

Autre exemple : les écoles catholiques, protestantes, juives, islamiques ou autres sous contrat avec l’Education nationale reçoivent de l’Etat des subventions pour organiser l’enseignement et payer leurs enseignants, laïcs ou religieux. Leurs cursus comprennent souvent des cours d’instruction religieuse et des heures consacrées à la prière, la rencontre de religieux chargés de l’encadrement, etc…

L’Etat étant en partie le payeur, le garant du système éducatif et de la protection des jeunes, il serait inconcevable qu’il ne mette pas son nez dans les programmes, qu’il ne s’enquiert pas du curriculum des professeurs et du type d’enseignement qu’ils délivrent à leurs élèves. Comme de la conformité des programmes avec les directives de l’Education nationale, du nombre d’heures de cours consacrées à l’apprentissage du français, des maths, de l’Histoire, mais aussi à l’instruction civique.

L’Etat dispose d’un droit de regard quant aux enseignements, aux matières, aux contenus et aux méthodes pédagogiques, aux professeurs habilités à les délivrer, aux proviseurs, surveillants et toute personne en contact avec les élèves. Idem pour les universités.

Quant aux établissements privés qui ne sont pas sous contrat, ou aux enfants dont les parents choisissent de surseoir eux-mêmes à leur enseignement, l’Etat aussi a un droit de regard et ferait même bien de l’exercer avec un peu plus d’étroitesse et de contrainte le cas échéant.

A un second niveau d’analyse, l’islamisme dispose au plan mondial de ressources suffisamment importantes pour que des organisations islamistes nationales ou même locales puissent se passer de subventions.

Qui plus est, ce n’est pas l’annulation d’une subvention annuelle de quelques milliers d’euros à un club de foot, un groupe de musique ou une association de soutien scolaire dirigés par des islamistes qui les empêchera de les faire fonctionner et d’attirer des jeunes pour les endoctriner. Il n’y a qu’à voir comment l’État lui-même a délégué la gestion de certaines banlieues au Qatar ou à l’Arabie saoudite pour s’en convaincre.

Oragroup-et-la-finance-islamique_ng_image_fullEn revanche, si l’État n’investit pas massivement pour développer et désenclaver les banlieues, éduquer, former et encadrer les jeunes menacés de récupération idéologique ou de radicalisation, il fait défaut à ses missions.

Ces missions passent par un encadrement plus étroit de toute organisation à caractère identitaire ou religieux. L’Etat n’a pas craindre de se salir les mains ou d’outrepasser ses prérogatives.

Cela au nom d’impératifs catégoriques comme l’unité et la sécurité de la nation, la protection des citoyens les plus vulnérables contre des dérives sectaires et une idéologie politique qui menace leur intégrité et leurs droits. En particulier les femmes, les mineurs, les minorités ethniques ou sexuelles.

Si cela doit nous conduire à réviser notre conception de la laïcité au nom d’un principe plus grand comme la défense la démocratie et de la République en guerre contre l’islamisme, il n’y a aucune hésitation à avoir. Au contraire, nécessité fait loi. On ne peut que se féliciter d’avoir été prévoyants et non obtus.

S’agissant de la réforme indispensable du culte musulman toujours repoussée, l’État doit agir urgemment, et ne pas se laisser dicter ses lois par un maquis d’organisations islamistes déterminés à faire plier la République à son agenda.

Quant au budget alloué à ces missions, il est essentiel de bien préciser que celui-ci n’a aucunement pour objectif de financer le culte musulman, encore moins de subventionner l’islamisme. Mais au contraire de lutter contre ce fléau en précisant les règles de fonctionnement et en défendant la République.

Le financement du culte doit toujours être en principe de la responsabilité des fidèles concernés. Même si dans les faits les choses sont beaucoup plus complexes.

Si l’État consacre des moyens humains, logistiques, financiers pour lutter contre les dérives sectaires et assurer un exercice des cultes conforme au droit en remplissant ses missions d’arbitrage, cela a un coût. Il serait naïf de croire que depuis 130 ans l’organisation des cultes qui fait partie des missions régaliennes assurées par le Ministère de l’Intérieur n’a jamais coûté un centime à la collectivité.

Il faut faire preuve de raison, voir la réalité en face et répondre aux enjeux avec un souci de réalisme, de cohérence et d’efficacité.

Les idéalistes et les fanatiques de tous poils sont les pires ennemis de la République.

Ces salafistes de la laïcité, alliés implicites des islamistes

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La laïcité à la française est l’objet d’attaques de toutes parts. Ses adversaires les plus sournois ne sont pas toujours ceux qu’on croit.

Les religieux voudraient en limiter l’expression, rogner sur des principes et des lois qu’ils jugent « liberticides » quand elles ne coïncident pas avec leur vision licite de la liberté ou de la société. Certains contestent des avancées sociétales et juridiques majeures comme le mariage pour tous ou l’ouverture des PMA aux femmes célibataires et aux couples de lesbiennes, au motif que ces initiatives imprudentes constitueraient des ruptures anthropologiques majeures, qu’elles trahiraient l’ordre naturel des choses, des modèles universels, sinon l’Ordre divin inscrit dans une « Nature » plus fantasmée que réelle.

Les islamistes contestent le principe de laïcité, résolument incompatible avec leur conception de la société fondée exclusivement sur l’Islam. De tous temps et en tous lieux les sociétés islamiques ont pourchassé et persécuté ceux qui prétendaient fonder l’autorité, le pouvoir et le libre arbitre sur la raison. L’islam est une société qui ignore le principe d’Etat de droit, la liberté religieuse, qui réfute toute Autorité qui ne viendrait pas d’Allah, de la seule révélation licite – l’Islam – inscrite dans le seul livre sacré : le Coran.

Ces sociétés fondées sur l’Islam criminalisent le blasphème et l’apostasie. Elles réfutent tout principe égalitaire entre hommes et femmes, entre fidèles et mécréants. Elles instaurent des liens de soumission, de contrainte ou de domination arbitraire. Des hommes vis-à-vis des femmes. Des musulmans vis-à-vis des infidèles réduits à un statut d’infériorité sinon en esclavage. Les excluant de certaines professions, des fonctions honorifiques ou politiques, de portions du territoire réservées aux seuls musulmans, et les soumettant à un impôt lié à leur statut de dhimmis qui leur autorise d’être tolérés au sein de la société, sans jamais faire partie de la communauté des croyants.

Inspirées par cette tradition islamique, les islamistes sont aussi les promoteurs d’une idéologie religieuse et politique qui vise ouvertement à combattre la démocratie, les valeurs de l’Occident, le pluralisme et les libertés démocratiques. Qui s’infiltre dans toutes les strates de la société et tous les réseaux de pouvoir grâce à une stratégie d’endoctrinement des populations musulmanes et d’entrisme, dont le but ultime est l’instauration d’une théocratie islamiste en lieu et place de la République et la conquête du monde.

Pour réaliser cette stratégie les islamistes combattent ou dénaturent une conception de la laïcité sensée pourtant promouvoir les libertés individuelles, au premier rang desquelles la liberté de conscience et de culte. Dans le même temps ils instrumentalisent, interprètent, subvertissent les principes républicains et les déforment pour imposer leurs vues au nom d’une conception des libertés religieuses absolutiste, illimitée, ignorante de la cohérence éthique qui articule entre eux ces principes.

Ainsi ils s’approprient le principe de laïcité, lui faisant dire le contraire de l’esprit qui le fonde, afin de le retourner contre l’authentique conception républicaine de la laïcité et contre l’intégrité de la République elle-même. La liberté de conscience réinterprétée par les islamistes devient ainsi le droit au communautarisme, le droit de chacun à exercer sa religion comme il l’entend, sans se voir imposer de quelconques limites qui seraient aussitôt interprétées comme une stigmatisation, une persécution, un refus de l’autre et de la différence contraires aux droits humains.

Pour combattre les éléments restrictifs ou coercitifs de la laïcité, les islamistes ont ainsi développé une rhétorique victimaire très éprouvée qui trouve un appui dans les discours en vogue sur la défense des minorités, contre le racisme, l’oppression postcoloniale, l’antisémitisme, la xénophobie, l’homophobie, les revendications communautaristes ou catégorielles, notamment celles qui visent à faire progresser les droits des femmes, les droits LGBT, les droits des minorités ethniques ou religieuses, etc…

Ces revendications qui s’appuient parfois sur un discours égalitaire et victimaire, ont servi de matrice pour concevoir le concept rhétorique et politique d’islamophobie. Lequel ne correspond à aucune réalité objective mais s’avère très efficace pour porter les revendications islamistes au travers d’un discours audible et qui rencontre les préoccupations démocratiques de ceux qui luttent pour la justice sociale, contre les vestiges d’une société blanche et oppressive, qui stigmatise, discrimine, persécute, violente selon les critères habituels de la domination ou de la désignation de boucs émissaires.

L’un des principes centraux de la laïcité, la neutralité de l’Etat à l’égard des religions, est parfois célébrée comme bienveillante, utilisée et exploitée pour développer une propagande et un agenda sous-terrains. Tant que l’Etat ne se mêle pas de religion, qu’il ne contrarie pas des initiatives pour faire reculer les lignes symboliques, réduire le périmètre juridique et les discours admis qui circonscrivent les libertés religieuses, tant qu’il ne devient pas évident que ces revendications islamistes entrent en conflit avec la République, notre conception du vivre ensemble, d’une société unie, ou qu’elles n’entravent pas les autres libertés, les islamistes s’en prennent à l’extrême droite identitaire plutôt qu’à l’Etat.

Un tournant a été franchi avec la manifestation islamiste du 10 novembre, durant laquelle l’Etat a clairement été désigné comme le responsable de « l’islamophobie » et l’instigateur d’une « persécution » dont seraient victimes les musulmans.

Ce « racisme anti-musulmans », cette « stigmatisation permanente » aussi dramatique que fictive, les islamistes du CCIF n’ont pas hésité à la comparer aux persécutions dont furent victimes les Juifs sous le régime de Vichy. Pour contester la laïcité et faire plier la République, les islamistes jouent ainsi sur un registre strictement affectif et symbolique, ils épuisent les ressources rhétoriques jusqu’à faire un chantage odieux à la shoah des musulmans.

Pourtant l’Etat ou plus exactement les pouvoirs publics sont les alliés objectifs des islamistes. Car si le pouvoir politique et administratif est engagé depuis de longues années dans la lutte antiterroriste, il semble malgré beaucoup d’effets d’annonce et quelques mesures insuffisantes que la lutte contre la radicalisation et les dérives sectaires liées à l’islamisme ait pris un sérieux retard.

On peut même dire que l’Etat ne fait rien pour contrer véritablement la volonté d’endoctrinement, d’entrisme et de destruction de la société engagée par les islamistes.

Depuis sa création par Lionel Jospin au début des années 2000, le projet d’un « Islam de France » opposé une présence anarchique des islams en France n’est demeuré qu’un vœu pieu. Toutes les instances supposément représentatives des différentes composantes de l’Islam en France sont directement ou indirectement aux mains des islamistes. Elles ne représentent peu ou prou que la mouvance ultra-orthodoxe, radicale, fondamentaliste voire djihadiste : Frères musulmans, salafisme, wahhabisme, islam marocain, islam turc…

En ce qui concerne le Président Macron, celui-ci n’est ni un démocrate ni un républicain. C’est un fonctionnaire, un apparatchik du système. Défendre la République et la démocratie menacées par la montée de l’islamisme lui importent guère. Car le système est indifférents aux régimes qui gouvernent les peuples. Les dirigeants peuvent aussi bien être des démocrates, des républicains, des socialistes, des néofascistes, des dictateurs ou demain des islamistes, aucun importance pourvu que l’argent rentre.

Macron ne combat pas et ne combattra jamais l’islamisme. Le plan de « lutte contre l’islamisme annoncé tout récemment par le gouvernement n’est qu’un hoquet, un artifice, un paravent jeté en pâture au peuple. Un gage donné à l’électorat de droite. Et une façon de faire comme si l’Etat remplissait ses fonctions régaliennes. Les inaugurations de chrysanthèmes après chaque attentats ou après le décès de soldats français morts au combat n’est qu’une façon de mobiliser la pompe, de jouer sur les symboles et l’émotion.

Curieusement on n’entend jamais parler des mesures concrètes mises en place par l’Etat pour lutter contre l’islamisme, la radicalisation ou l’entrisme islamiste. Beaucoup de « machins » ont été mis en place : Observatoire de la laïcité, de la radicalisation, plan de ceci ou de cela. Mais on n’en voit jamais les résultats concrets. Les chiffres ou les sondages annoncent juste que l’islamisme poursuit sa montée inexorables. Dans les mosquée, dans les banlieues, chez les jeunes, parmi les détenus…

Pour tous ces attentats officiellement « neutralisés » avant qu’ils ne soient déclenchés grâce au « travail exemplaire des services de renseignement« , combien de nouveaux convertis à la doctrine radicale des islamistes ? Combien de Mohamed Merah, de Kouachi, de Coulibaly ou de Mickaël Harpon en puissance arpentent nos rues, nos cafés, nos centres commerciaux, nos cinémas, nos salles de concert en ruminant leur ressentiment contre la France, son islamophobie, ses injustices ? Combien de fonctionnaires, de policiers, de soldats, d’agents du renseignement, d’agents de sécurité, d’employés de centrales nucléaires, de la SNCF, d’aéroports sont en ce moment même en train de basculer dans la tentation djihadiste ?…

L’embarras palpable des autorités au lendemain de l’attentat de la Préfecture a révélé à la fois la pénétration en profondeur de l’idéologie djihadiste au cœur des institutions de la République, l’incapacité des services de Police et de renseignement à évaluer les menaces, à prévenir la radicalisation et à identifier les fonctionnaires radicalisés, et l’incompétence manifeste des pouvoirs publics pour y apporter une réponse, sinon en appelant à un concept aussi flou qu’inconsistant de « société de vigilance ». Ce sujet embarrassant a d’ailleurs aussitôt été recouvert par un déchaînement hystérique parfaitement téléguidé sur le voile.

Le voile, étendard politique, marqueur territorial mais aussi cache-sexe de l’islamisme. Depuis plusieurs décennies on tente en effet de résumer la question de l’Islam politique et la question de l’Islam tout court à celle du voile. Une façon de dévier l’attention et d’occuper l’opinion l’opinion à propos d’un « bout de tissu » sur lequel chacun peut projeter ses attentes, ses colères et ses exaspérations. Un os à ronger qui permet d’oublier les vrais problèmes : la percée de l’Islam radical en France, en particulier chez les plus jeunes, son infiltration dans toutes les couches de la société, sa présence dans toutes les sphères du pouvoir, de l’association sportive locale au Palais de l’Elysée, en passant par les partis politiques, les syndicats, les entreprises, les think tanks et bien sûr les médias.

Les médias sont en effet le principal allié des islamistes et le plus zélé. On peut estimer entre 60 et 80% la proportion des supports de la presse écrite dont la ligne éditoriale est callée sur l’idéologie islamo-gauchiste. Cette prévalence englobe la quasi-totalité des news magazines français (mis à part Marianne, Le Point, et L’Express dans une moindre mesure), une majorité de quotidiens, notamment les institutionnels de la Pensée unique comme Le Monde, Le Monde diplomatique ou Libération. Mais aussi, et c’est plus étonnant, des magazines chrétiens « progressistes » comme La Vie ou Le Monde des Religions. Pour les radios périphériques tout le groupe France Inter, dont France Culture (surtout) et France Info. Pour les chaînes de télé, toutes celles du service public regroupées sous la bannière France Télévision, la plupart des chaînes d’info continue hormis CNews (BFM, France Info…), TMC, C8… Et pour les médias qui n’ont d’ »indépendants »que le nom, Médiapart (La Voix de son Maître…) totalement aligné sur l’islamistophilie médiatique, HuffPost, Slate pour ne citer que les principaux.

L’Etat, les médias… Il ne faudrait pas oublier l’un des alliés tacites les plus puissants de l’islamisme, même s’il prétend le combattre frontalement : l’extrême droite identitaire et nationaliste.

En effet, si la montée de l’islamisme nourrit les ressentiments populaires et la méfiance à l’égard de l’Islam comme de l’immigration, terreau de l’extrémisme, à l’inverse la montée de l’extrême droite justifie la propagande victimaire des islamistes et leur fournit des alliés objectifs.

Comme les deux faces d’une même monnaie, extrémisme et islamisme s’enfantent et se renforcent l’un l’autre. Comme autrefois le bolchevisme et le nazisme. Ou plus récemment le néocommunisme ou l’altermondialisme et le libéralisme sauvage.

C’est cette fascination mimétique qu’il faut prendre en compte si l’on veut combattre efficacement l’Islam politique. On ne peut combattre l’islamisme au nom du nationalisme. Ou au nom d’une conception identitaire de la France. On ne peut combattre symétriquement l’islamisme et l’extrémisme car tous deux obéissent à des logiques différentes et présentent des menaces différentes pour la République. Mais on ne peut combattre l’islamisme en ignorant son frère jumeau : l’extrémisme nationaliste ou identitaire.

On ne peut défendre la République et combattre l’islamisme qu’au nom de la République elle-même. Avec ses principes et ses lois comme armes de contention ou de destruction idéologique.

Partant, on ne peut combattre l’islamisme au nom du seul principe de laïcité, lequel est aujourd’hui pris en otage par les uns comme par les autres.

Les autres, c’est la quatrième catégorie d’alliés implicites de l’islamiste : les irréductibles d’un laïcisme obscurantiste.

Ceux qui voudraient ériger la Laïcité ou l’idée dénaturée qu’ils s’en font en nouvelle déesse. Ceux qui sous couvert de défendre la République font la promotion d’une idéologie tout aussi néfaste que l’islamisme, d’une religion dont le credo est de refuser toutes les autres.

Cette religion laïciste se singularise par son intolérance, son sectarisme, son autoritarisme, sa tentation dictatoriale et totalitaire. Ce laïcisme qui est un athéisme offensif qui n’ose pas dire son nom, qui se prétend garant de la laïcité et de l’esprit de ses lois, est en réalité une secte oppressive. Une secte dont le dieu se prétend Raison mais en vérité sert une haine jalouse. Une haine dirigée contre toutes les formes de convictions fondées sur une référence à une transcendance. Pas étonnant que ces fossoyeurs de la laïcité arborent souvent en guise de signe de ralliement des symboles morbides ou satanistes : tête de mort, de diable, statue de Baphomet. Des symboles utilisés par certaines sociétés secrètes, détournés de rituels maçonniques et repris par certains complotistes ou amateurs d’occultisme.

On est loin, très loin même, de Marianne, de la Liberté guidant le peuple, de la Marseillaise ou d’autres allégories républicaines. On est loin de la vie. On est loin tout court. En tout cas, tout ce fatras n’a objectivement rien à voir, historiquement, philosophiquement ou symboliquement avec la République et sa conception de la laïcité. Ni même avec l’anticléricalisme des pères fondateurs de la loi de 1905, quel que pût être leur fondamentalisme rationaliste, positiviste, voire leur athéisme combattif.

Ces laïcistes font preuve d’une phobie obsessionnelle qui les poussent à traquer toute expression d’une religion qui empiéterait sur la sphère publique. Ces laïcistes n’obéissent qu’à des pulsions, pas à une logique. Ainsi ils somment l’Etat d’intervenir pour interdire aux religions qu’elles ne débordent leur chasse gardée. Et dans le même temps ils s’évanouissent et poussent des hauts cris chaque fois qu’une administration ou une autorité publique se mêle de religion. Attitude quasi infantile et parfaitement irréaliste puisque l’État, notamment par l’intermédiaire du Ministère de l’intérieur qui est aussi celui des culte se mêle chaque jour d’organiser les cultes sur le territoire national. Neutralité se signifie pas passivité, laisser faire ou ignorance de ses responsabilités, comme les voudraient à la fois les islamistes et leurs alliés laïcistes.

Assurément ce n’est pas à eux qu’il faut confier la responsabilité de défendre la République ou la laïcité contre les assauts de l’islamisme. La République, ils s’en tamponnent d’ailleurs ; ce qui leur importe c’est que chacun se conforme à leur idéologie et s’associe à cette traque de la calotte, de la kippa ou de la chéchia.

Leurs méthodes, leurs discours violents et excommunicateurs participent d’un fanatisme analogue à ceux des pires islamistes qu’ils prétendent combattre.

Nombreux sont les intellectuels français ou étrangers dont certains musulmans qui mettent en garde aujourd’hui la France à la fois contre le danger islamiste, et contre celui de ce laïcisme intégriste et réactif qui fait leur lit.

Ces salafistes de la laïcité sont plus proches idéologiquement de la Corée du Nord ou de la Chine maoïste que de la France de Robespierre ou d’Aristide Briand.

Par leurs méthodes et leurs excès ils sont plus conformes aux illuminés de Civitas, aux évangéliques américains ou aux djihadistes musulmans fanatiques qu’aux authentiques démocrates. La démocratie ils n’en ont cure. Ils avancent en rangs serrés et ne tolèrent aucun écart. Certes ils ne vont pas jusqu’à tuer ou commettre des attentats. Du moins physiquement. Symboliquement, le meurtre et l’excommunication font partie de leur attirail ; comme dans les procès de Moscou.

Nous nous épargnerons d’instruire un procès en citant des noms. Car il est inutile de gaspiller son énergie dans de vains combats.

Toutefois il faut bien comprendre que si l’on entend lutter avec pragmatisme et fermeté contre l’islamisme et ses dérives, il serait contre-productif de compter sur ces ayatollahs de la laïcité.

Le seul combat légitime je le répète s’appuie sur les fondamentaux républicains. Tous les fondamentaux républicains. Rien que les fondamentaux républicains. Les seuls à même de rassembler une grande majorité de concitoyens. Les seuls à même de garantir les libertés. Les seuls à même de protéger les hommes et les femmes qui font nation, qui font République, contre ceux qui veulent les diviser, les récupérer ou les détruire.

Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers ?
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers.

Tremblez, tyrans ! et vous, perfides,
L’opprobre de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leur prix

Rouget de Lisle : La Marseillaise

De l’urgence de repenser radicalement la laïcité pour combattre l’Islam politique

Mis en avant

Aujourd’hui il y a urgence.

La Laïcité à la française n’est plus adaptée pour faire face à une volonté de conquête de l’Islam, une religion exogène très différente dans ses fondements et son évolution du catholicisme français, contre lequel la laïcité moderne avait été conceptualisée.

Cette laïcité énoncée il y a plus d’un siècle dans la Loi de 1905 est l’héritière de siècles de relations complexes entre l’Etat et l’Eglise. Comme le rappelle Jean-François Colosimo dans son dernier livre La religion française – Mille ans de laïcité, la laïcité est une spécificité française élaborée sur un millénaire sur des bases qui remontent à l’Israël biblique pour faire face aux féodalités et aux empires, et qui régit les relations tumultueuses entre l’Etat, la nation et l’Eglise, notamment par la tradition des concordats signés entre le roi et Rome.

A propos de cette conception de la laïcité fondée sur une volonté de séparer les églises et l’Etat et de fixer les règles juridiques sur le financement des organisations religieuses, deux conceptions de la laïcité s’opposent aujourd’hui. L’une négative et l’autre positive.

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La conception négative de la laïcité répond à une posture défensive face au danger d’un prosélytisme réel ou supposé de la part des religions. Elle veut préserver la liberté de croire ou de ne pas croire, de choisir et de pratiquer ou non une religion contre une volonté hégémonique de s’imposer aux esprits ou d’imposer sa logique à l’Etat. Cette conception s’appuie sur des présupposés philosophiques et des convictions de type rationalistes, matérialistes, positivistes, scientistes et bien souvent athéistes. Le danger pour les partisans d’une laïcité défensive c’est de voir Dieu s’inviter dans les discours et les territoires intellectuels ou politiques d’où il avait été évincé. Puisque la religion est un vestige obscurantiste de la pensée mythique et un outil d’asservissement de l’homme au nom d’une idéologie fausse, il faut élever partout des remparts pour éviter de la voir resurgir.

Les partisans de ce type de laïcité athéiste qui n’ose pas dire son nom sont souvent obsédés par la moindre effloraison de croyances religieuses. Ils sont allergiques à toute cohabitation de signes, de pratiques ou de discours laïcs et religieux dans le même espace public. Pour eux la religion ne doit jamais s’échapper des oubliettes de la « sphère privée » où elle avait été remisée, et où elle ne subsiste que grâce à un refus du totalitarisme athée et au nom du pluralisme démocratique. Sans quoi elle aurait été anéantie, ses clercs exterminés comme au bon vieux temps de la Terreur ou des épurations staliniennes.

Les partisans de cette laïcité dure et réactive sont bien évidemment les premiers ulcérés par la montée du fondamentalisme islamiste. Contrairement aux partisans d’une conception plus soft, plus relativiste, plus droits-de-l’hommiste de la laïcité, qui ne voient pas toujours a priori dans l’Islam un danger pour la démocratie, et qui vont même jusqu’à défendre les symboles de l’Islam radical comme le voile au nom d’une conception libertaire, consumériste et communautariste de la République.

Les partisans d’une laïcité pure et dure sont aussi les premiers à dénoncer la façon dont celui-ci instrumentalise le principe de laïcité réduit à la liberté de conscience pour attendrir les résistances d’une société déjà bien infiltrée par son idéologie et ses promoteurs. Ce en quoi ils ont raison.

A l’image de certains pères de la Loi de 1905 imprégnés de rationalisme athée et principalement motivés par des préoccupations anticléricales, les hérauts contemporains d’une laïcité radicale et défensive sont aussi ceux qui peuvent le plus facilement verser dans le fanatisme laïciste. Et se montrer à l’occasion plus intransigeants et violents dans leurs diatribes antireligieuses ou leur combat contre les religieux que les religions les plus intolérantes qu’ils dénoncent avec justesse.

A l’opposé de cette vision radicale et réactive de la laïcité, on trouve une conception beaucoup plus assertive, positive, authentiquement humaniste et progressiste, fondée sur la liberté, la volonté de faire corps, de faire société sur des bases communément acceptées, et sur une vision ouverte, humaniste et universaliste de la République.

Cette autre conception de la laïcité s’acclimate parfaitement de la coexistence pacifique des différentes convictions et croyances, de la présence de différentes religions respectueuses les unes des autres comme des principes et des règles communes, et de l’exercice de cultes différents tant qu’ils ne prétendent pas s’imposer à tous, limiter l’exercice d’autres cultes, ou se prévaloir d’un droit de peser sur les affaires de l’Etat et la vie civile autrement que comme des autorités morales appelées à être consultées sur des questions d’éthique publique.

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Pourtant, cette conception de la laïcité ne se limite pas à proclamer la liberté de conscience en laissant les citoyens libres de vivre leur religion comme ils l’entendent, dans une indifférence totale à l’égard du fait religieux. Cette liberté essentielle n’a en effet de sens que si elle s’exerce dans le cadre des autres principes républicains qui garantissent l’intégrité de la République, des droits individuels et devoirs réciproques qui lient ensemble les citoyens.

La liberté de conscience n’est pas un absolu. Sauf à croire que la République serait un sorte de supermarché où chacun pourrait venir faire valoir des revendication et quérir des droits dans l’ignorance totale des autres citoyens.

La liberté de conscience s’arrête quand elle veut réprimer ou entraver d’autres libertés fondamentales, forcer des individus ou des groupes à croire ou ne pas croire, obliger des personnes à se conformer à une religion qu’elles n’ont pas choisi en réfutant le droit à l’apostasie, interdire qu’on critique ou qu’on dénonce telle ou telle religion, se soustraire à la communauté nationale et aux lois républicaines, détourner des fonds publics à des fins de financement d’une religion, exercer une contrainte quelconque sur des individus ou exercer un abus d’autorité, endoctriner et exercer une emprise sur des personnes selon des méthodes sectaires, contester le principe d’égalité hommes-femmes et restreindre les droits des femmes sous l’autorité de leur père ou de leur mari, limiter les droits des minorités, faire justice soi-même au nom d’une religion, obliger ou interdire certains comportement au nom d’une conformité à des préceptes religieux, inviter à transgresser des lois, inciter à la haine ou proférer des menaces de mort contre une catégorie de personnes, soutenir des discours antisémites ou révisionnistes, faire l’apologie du terrorisme, menacer l’intégrité des personnes ou des biens, l’unité de la République, l’ordre public, la cohésion sociale, l’intégrité territoriale, la sécurité nationale…

Selon cette conception de la laïcité, la neutralité de l’Etat qui en est un élément central, n’est ni équivalente à une passivité des pouvoirs publics, ni réduite à une interdiction faite à l’autorité publique de se mêler des affaires religieuses. Ce qui serait d’ailleurs absurde puisque le Ministère de l’Intérieur en charge de la sécurité et du maintien de l’ordre est aussi celui chargé d’organiser les cultes dans l’espace républicain.

Si l’on est fidèle à cette conception ouverte mais néanmoins responsable de la laïcité l’Etat se doit d’intervenir à propos des religions, y compris de façon ferme et en arbitrant selon les pouvoirs que lui confie le Droit. Notamment quand il s’agit de défendre les libertés individuelles, l’unité et l’indivisibilité de la République quand elles sont menacées par le communautarisme religieux et la volonté d’un Islam politique d’entraîner les musulmans dans la sécession. Quand ils s’agit de lutter contre les dérives sectaire comme le salafisme, le wahhabisme, l’islamisme turc ou l’idéologie des Frères musulmans, de dissoudre des organisations, des associations qui font la promotion de ces dérives, d’interdire des imams ou des conférenciers islamistes qui propagent ces idéologies et constituent un danger pour les femmes, les mineurs, les minorités, la démocratie quand ils justifient l’insoumission aux lois républicaines, les violences conjugales, la haine des mécréants, l’antisémitisme ou le djihad.

L’Etat doit non seulement protéger les citoyens, la République et ses principes dont il est garant, mais aussi lutter contre toute forme d’influence extérieure ou d’entrisme qui constituent des menaces directes pour la démocratie. Il doit notamment intervenir pour interdire toute subvention versée à des associations musulmanes par des organismes étrangers ou leurs relais en Europe dont le but est de propager l’idéologie islamiste.

Il doit s’attaquer à une réforme en profondeur de l’Islam de France. Dissoudre les organisations existantes (CFCM, UMF, AMIF, CCIF, Fédération Nationale des Musulmans de France, Musulmans de France, CCMTF, AFSCM…) toutes aux mains des islamistes. Et remplacer ce maquis associatif par un organisme unique chargé de représenter l’Islam auprès de l’Etat, de former et d’agréer les imams, de valider les financements, de gérer et surveiller les mosquées et d’organiser le culte. En partenariat constant et étroit avec des agents du service public.

L’Etat doit intensifier la lutte contre la radicalisation et la lutte anti-terroriste, en accentuant l’action sur le terrain, en mobilisant davantage les services de renseignements mais aussi les médias et les citoyens, en concertation plus étroite avec tous nos partenaires internationaux.

Il ne s’agit évidemment plus ici uniquement de défendre la laïcité, mais de défendre un modèle de société mis en péril par une volonté de conquête de l’Islam radical qui n’est plus à démontrer.

Il faut se résoudre à un constat objectif. Face au phénomène nouveau que constitue la progression de l’Islam radical sur notre territoire, face à l’impasse dans laquelle nous nous trouvons pour répondre à l’offensive d’une religion totalement différente des églises que la laïcité était sensée combattre, la conception de la laïcité qui consiste à ne surtout pas se mêler d’affaires religieuses a vécu. Elle nous conduit même droit dans le mur.

Il faut donc repenser la laïcité de fond en comble. Et mieux l’articuler avec les autres principes qui fondent la République et moyens dont elle dispose pour engager un combat sans merci contre l’Islam politique. Les deux modèles, le modèle démocratique et républicain, et celui d’une société islamiste, sont radicalement antinomiques, incompatibles. L’Islam politique est un cancer dont les métastases menacent le pronostic vital de nos sociétés. Nous devons donc faire un choix et nous y tenir.

L’Etat doit donc sortir de ce piège d’une laïcité confisquée par les islamistes et qui lui interdit d’intervenir en se limitant à un rôle laxiste de permission de toutes les formes d’expression religieuses au nom d’une interprétation dévoyée de la liberté de conscience. Il doit urgemment se préoccuper d’affaires religieuses et plus particulièrement de la percée de l’Islam politique en France.

D’autant que les chiffres parlent d’eux, qui nous prédisent un avenir plutôt sombre. Plus de la moitié des jeunes musulmans considèrent que c’est à la République et à la laïcité de s’adapter à l’Islam et non l’inverse. Et 3/4 d’entre eux considèrent que le voile qui est l’étendard visible des islamistes devrait être autorisé dans toutes les écoles de la République.

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Le hiatus qui s’est construit entre notre conception d’une République unie, égalitaire, humaniste, qui offre à chacun sa chance, qui prône le « vivre ensemble » et l’école républicaine qui en serait le creuset initiatique, et une part majoritaire des jeunes musulmans qui ne sentent plus vraiment appartenir à cette République voire qui la méprisent ou la combattent, est sidérant. Il se creuse d’année en année.

Cet état de fait est le résultat direct d’un travail de sape contre les principes républicains exercé sur le long terme par les islamistes dans les quartiers. D’une volonté de cristalliser les malaises et les tensions d’une partie de la jeunesse autour des questions identitaires. D’attiser les réflexes communautaristes. Et de promouvoir un Islam de combat contre une France décrite comme injuste, stigmatisante et décadente qui les renierait.

Si au lieu de déléguer parfois au Qatar ou à l’Arabie saoudite le soin de gérer les problèmes des banlieues l’Etat se préoccupait un peu plus des discours tenus à ces jeunes par des « animateurs de quartier », nous n’aurions pas un tel pourcentage de jeunes radicalisés et de futurs Merah, Kouachi, Coulibaly ou Mickaël Harpon prêts à se retourner contre des innocents.

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Si la République veut avoir un avenir il est temps de changer de lunettes et de discours sur la laïcité, de faire un vrai aggiornamento critique et éthique, de se réveiller pour de bon et d’aller au combat. Sans se tromper de cible ni d’époque.

La Laïcité n’est qu’un outil, aujourd’hui dévoyé, parmi tout l’arsenal des principes républicains pour lutter contre l’islamisme

Mis en avant

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Certains se sont émus ces derniers jours que l’Etat veuille se mêler de religion. Il est vrai que dans le cas présent c’est de façon bien maladroite voire complaisante, que l’Etat s’est mis en tête de réformer l’Islam en l’accommodant à la volonté des islamistes, comme s’il voulait leur faciliter la conquête du pouvoir.

« Le rôle de l’Etat n’est pas de réformer l’Islam, mais de protéger la laïcité. » C’est ainsi que Radika Adnani critiquait il y a un an ceux qui interprètent la montée de l’Islam radical selon une lecture sociologique.

Une telle affirmation mérite qu’on s’y arrête. Tant sur le plan de la pertinence que de l’efficacité à combattre l’Islam.

« Le rôle de l’Etat n’est pas de réformer l’Islam. » Grave erreur ! Depuis Lionel Jospin l’Etat a échoué à créer des institutions qui représentent réellement les musulmans, comme à faire barrage à la volonté hégémonique de l’Islam radical, aujourd’hui surreprésenté dans ces institutions fantoches que sont le CFCM ou l’AMIF. Sans compter les autres succursales des Frères Musulmans comme le CCIF, Musulmans de France ou LES Musulmans.

Si l’Etat ne se mêle pas urgemment de réformer de fond et comble l’Islam dit « de France », c’en est définitivement fichu de la possibilité de voir émerger un interlocuteur légitime, responsable et sérieux, et surtout qui représente les musulmans au lieu de les kidnapper.

« … mais de protéger la laïcité. » Hélas cette affirmation apparaît comme un sursaut désespéré, tant la laïcité prend l’eau aujourd’hui de partout, ballottée par tous ceux qui en donnent une lecture personnelle particulièrement dévoyée.

Plus de cent ans après la Loi de 1905, que reste-t-il de la laïcité à la française ?

C’est ici qu’on voit les limites à vouloir faire reculer l’Islam et défendre la République au nom du seul principe de laïcité.

Sur la question récurrente du voile, on voit déjà à quel point la laïcité est instrumentalisée par ceux qui ont pour objectif de l’abolir. Comment ils la subvertissent en la réduisant à la seule « liberté de conscience ». Une liberté comprise comme la liberté sans condition de chacun de vivre sa religion comme il l’entend, le droit pour des communautés de se constituer de façon séparée sur la base de l’appartenance religieuse réelle ou supposée, de s’affranchir des contraintes, des lois et des principes de la République. Mais aussi comment les mêmes exigent une neutralité absolue de l’Etat quant aux affaires religieuses. Un Etat accusé d’être un persécuteur liberticide.

Comme le rappelait Marcel Gauchet dans une interview publiée dans les Echos à propos de l’Islam réalisée en août 2016 et toujours pertinente aujourd’hui : « Nous sommes désarmés devant ce nouveau visage du problème de la laïcité et nous ne savons pas y répondre. » La laïcité à la française a été instituée au terme d’un combat contre l’église catholique. Laquelle s’est vite adaptée, autant au contexte historique et politique français qu’au triomphe du rationalisme, du positivisme et du scientisme athées de la fin du 19e siècle.

Face à une religion comme l’Islam, la République est désarmée. Cette religion exogène très différente du catholicisme fonctionne encore aujourd’hui selon des principes totalement réfractaires à la modernité comme à la conception occidentale de la démocratie et des rapports entre les religions, le Droit et l’Etat. Il ignore totalement les notions d’Etat de droit, de démocratie, de séparation des pouvoirs ou de laïcité. Pire, il les conteste et les combat avec virulence partout où c’est possible.

S’agissant de l’Islam politique issu de l’idéologie des Frères musulmans, le but de tout état musulman et de toute organisation qui en émane ou s’en inspire (notamment l’Arabie saoudite, le Qatar ou la Turquie, financeurs du terrorisme djihadiste et d’organisations islamistes en Europe), est de combattre le modèle démocratique en infiltrant en profondeur les sociétés occidentales, en réislamisant les populations d’origine musulmane, en pratiquant un lobbying actif à tous les niveaux, national, international et mondial. Et en poursuivant leur but à long terme de remplacer les états démocratiques par des théocraties, de conquérir et d’islamiser progressivement tous les territoires impies, d’instaurer un califat mondial en de dominer toute la planète.

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Ce but n’a absolument pas varié au cours des décennies passées. Simplement la stratégie s’est acclimatée et le rythme de son exécution, la rhétorique et les moyens utilisés se sont adaptés aux réalités locales comme aux résistances rencontrées.

Face à une détermination patiente de l’Islam radical, face à la duplicité de ses acteurs qui font mine de se conformer au contexte juridique et culturel des sociétés qu’ils entendent conquérir, la laïcité est impuissante.

Pourtant, même si on a eu tendance à le négliger, la République est fondée sur des principes qui sont autant de solides piliers pour maintenir en place l’édifice.

Ainsi, l’article premier de notre Constitution précise :

« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. »

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République : le pouvoir en France est exercé par des personnes élues. La France n’est ni une monarchie, ni une théocratie, ni une dictature, ni une tyrannie.

Unité et indivisibilité : la République est une unité, elle ne peut être séparée en différentes parties. Le communautarisme n’est pas le modèle français. Aucun groupe ne peut s’isoler ou faire sécession en revendiquant des droits particuliers. Les lois s’appliquent sur tout le territoire. La République ne reconnaît qu’une seule langue officielle : le français.

Laïcité : l’État n’a pas de religion officielle, il ne paye pas les hommes d’Église et ne donne pas d’argent aux religions. Les personnes peuvent avoir une liberté de culte, de croyance. Toutefois cette liberté s’exerce dans les limites fixées par la loi et les autres principes : liberté de tous les citoyens, égalité hommes-femmes, protection des mineurs, interdiction de toute emprise et lutte contre les dérives sectaires, les troubles à l’ordre public, les menaces pour la sécurité publique, l’intégrité territoriale ou la cohésion nationale…
La République ne reconnaissant aucune religion, la loi française ignore la notion de blasphème. Critiquer, caricaturer, se moquer d’une religion ou de ses représentants n’est aucunement un délit.

Démocratie : le peuple est souverain. C’est lui qui exerce le pouvoir, même si c’est par l’intermédiaire de ses représentants élus. Au contraire d’une monarchie de droit divin où le monarque tire son pourvoir et sa légitimité de Dieu. La République ne reconnaît aucune transcendance divine d’où émanerait le pouvoir, l’Autorité, le Droit et la capacité à régner.

Sociale : la République doit mettre en œuvre et satisfaire les besoins de la population dans les domaines de l’éducation, du logement, de l’emploi et de la santé. En conséquence tout système éducatif privé (notamment religieux) ne peut s’exercer que par délégation, ses acteurs et programmes subordonnés à l’autorité concernée (Education Nationale).

Mais aussi la République qui est d’abord un Idéal humaniste trouve son application concrète dans un projet de « société ». La République n’est pas qu’un principe de gouvernement ou un ensemble de droits, la citoyenneté ne peut s’exercer quand dans le cadre de l’appartenance commune et active à une même Société, dont l’un des buts est la quête de l’intérêt général et du bien commun.

Etat de droit : le principe d’Etat de droit implique la prééminence du droit sur le pouvoir politique dans un État où tous, gouvernants et gouvernés, doivent obéir à la loi.
Dans un pays comme la France, nul ne peut se soustraire au droit. La prétention de certains à se définir en marge de la loi, ou à vouloir adopter des lois qu’ils jugent supérieures au Droit français, est incompatible avec la République.
Dit plus clairement, l’Islam politique et la charia sont incompatibles avec la République.
Et ceux qui prétendent le contraire sont hors-la-loi.

 

Les valeurs et principes énoncés dans le Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, Liberté, Egalité, Fraternité, délimitent quant à eux clairement l’exercice de la citoyenneté et protège le statut comme les droits des citoyens contre toute dénaturation, limitation ou appropriation au nom d’une idéologie ou d’une religion.

Liberté : tous les citoyens sont libres de naissance. Aucun citoyen, aucun groupe ne peut prétendre à un statut ou des droits différents selon un privilège de naissance.
L’une des libertés essentielles qui découlent de ce principe est la liberté de conscience. Ce principe entre radicalement en contradiction avec l’un des principes essentiels de la foi musulmane, à savoir que l’on « naît musulman » et que l’on ne peut y déroger. En droit français, l’appartenance à une religion relève d’un choix personnel libre et conscient. Naître de parents musulmans n’oblige personne à se reconnaître comme tel. L’apostasie (le fait de renoncer à une religion) est un droit inaliénable en démocratie.
En outre l’Islam considère que le fait d’être musulman confère un statut et des droits particuliers, supérieurs à tout autre. Les « mécréants » dans les sociétés musulmanes traditionnelles n’ont pas le même statut ni les mêmes droits que les fidèles. Pour être acceptés dans la société ils doivent s’acquitter d’un impôt, se conformer à des devoirs et interdictions spécifiques.

Paradoxe, la liberté de conscience est aujourd’hui instrumentalisée par les islamistes et retournée contre l’Etat, accusé de la limiter par des lois « liberticides » notamment sur le voile.
D’autres libertés entrent en conflit avec les prescriptions ou revendications de l’Islam radical. La liberté pour les femmes de porter ou non le voile, souvent imposé au jeunes-filles dans les familles musulmanes orthodoxes. La liberté pour les femmes de se mouvoir librement, de prendre des décisions sans l’accord de leur mari, de parler à d’autres hommes, de faire des études, d’adhérer à un parti politique, de se réunir sans présence masculine, de refuser la contrainte physique, l’abus sexuel, le viol ou les violences conjugales, le droit de disposer librement de son argent, de voter, etc…

Egalité : La République considère que tous les hommes sont égaux dès la naissance. En conséquence il n’y a pas de statut inférieur ou supérieur qui puisse être lié à l’origine, à la religion, au fait d’être musulman ou non.
De même tous les citoyens sont également soumis aux mêmes obligations et les mêmes lois s’appliquent à tous. Nul ne peut prétendre déroger au Droit au nom de son appartenance à une religion ou une communauté.

Hommes et femmes sont égaux en droit. L’homme n’est pas supérieur à la femme. Celle-ci n’est pas soumise à l’homme, à son mari, à ses frères, à une communauté ou une autorité religieuse. Aucune entrave à ce principe d’égalité ne peut être accepté dans un cadre domestique, privé, communautaire, religieux, professionnel, public ou autre.

Fraternité : Les citoyens sont tous frères. Cela signifie qu’ils font tous partie à égalité d’une même famille : la République.

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Cette fraternité républicaine est supérieure statutairement à toute autre type de fraternité : religieuse ou spirituelle, élective, communautaire, de métier, au nom d’une société comme la franc-maçonnerie…

Au nom de ce principe, les citoyens sont engagés dans des liens de solidarité. Ils doivent se respecter et s’entraider.

La fraternité républicaine n’est pas le « vivre ensemble », ni la simple coexistence neutre et pacifique entre des individus ou des communautés juxtaposées. Elle repose au contraire sur la participation active de tous à l’entraide commune et à l’édification d’une société juste tournée vers la quête du bien commun et de l’épanouissement de chacun.

Nation : l’une des conséquences de ce ce principe de fraternité c’est la cohésion nationale. Tous les citoyens sont membres d’une même nation, délimitée par un territoire géographique, une langue commune unique et obligatoire (le français), une mémoire, une culture et des institutions communes.

Le refus de s’identifier à une culture commune, de parler la même langue, de reconnaître l’intégrité de la Nation , de partager une mémoire, des valeurs et des principes communs, constitue une mise à l’écart de la seule communauté qui vaille pour la République : la communauté nationale. Et une incompatibilité avec la nationalité française.
Hélas c’est souvent ce que l’on constate chez beaucoup de Français de confession musulmane, qui refusent de se définir selon l’appartenance à une même nation et la mettent en conflit avec leur religion ou leur origine.

Nationalité et assimilation : la nationalité française se transmet par la naissance (quand un des deux parents est de nationalité française) ou par le droit du sol (pour les citoyens nés en France de parents d’origine étrangère). Pour les candidats à la nationalité française, elle n’est pas un dû mais elle s’acquiert au terme d’un processus de naturalisation selon certains critères et un arbitrage administratif.

En France, le modèle républicain sanctionne l’intégration de nouveaux citoyens d’origine étrangère selon le principe de l’assimilation. Ce principe s’oppose radicalement au modèle communautariste anglo-saxon selon lequel les citoyens appartiennent à des communautés hétérogènes coexistant dans une même société. En conséquence on ne peut être français si l’on revendique l’appartenance première à une communauté ethnique ou religieuse, ou s’il l’on prétend que certaines lois communautaires transcendent le Droit français. La charia ne peut en partie ou en totalité se substituer au droit français.
Qu’une majorité de jeunes musulmans français considèrent aujourd’hui que c’est à la République et à la laïcité de s’adapter à la charia en non l’inverse est un fait extrêmement préoccupant. Car ces jeunes ne se considèrent plus de facto comme français, mais en marge de la communauté nationale voire hostiles à la France.

Humanisme : la République, la société française et ses lois sont fondées sur un Idéal humaniste. C’est l’homme qui est au centre de notre conception du Droit, du gouvernement et de la société. Et non un dieu, une idéologie religieuse ou un une élite.

Universalisme : contrairement au nationalisme qui tend à refermer la nation sur elle-même, la conception française de la République et son humanisme sont de nature universaliste. C’est-à-dire que si la République n’est pas l’émanation d’une transcendance religieuse, elle reconnaît néanmoins une certaine forme de transcendance collective dans la notion d’Humanité. Avec une volonté émancipatrice étendue à tout le genre humain selon des principes fondés sur la Raison.

La République, ses valeurs et principes ne sont pas tournés vers une société cloisonnée ou repliée sur elle-même, ou simplement sur une nation. Ils entendent rayonner pour toutes les nations et s’étendre à l’édification d’une société transnationale fondée sur le Droit, l’unité et la justice.

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En reconnaissant notamment à tout être humain la même dignité, le même statut et les mêmes droits.

Cet universalisme démocratique et républicain heurte aujourd’hui de plein fouet la prétention hégémonique de l’Islam politique à s’imposer à toute la planète selon une conception radicalement différente de l’Universel.

A une conception fondée sur la Raison, l’émancipation, le progrès, la liberté, l’égalité de tous les hommes quels que soient leur origine, leur ethnie, leur religion ou leur statut social, s’oppose une conception de l’homme fondée sur la soumission à un dieu prétendument révélé dans des textes écrits il y 13 ou 14 siècles et réputés inamovibles. Une conception qui oppose les fidèles aux infidèles, ces derniers étant voués à la conversion forcée, à l’esclavage ou à l’anéantissement.

A une conception humaniste, libertaire et pacifique fondée sur les Droits humains s’oppose une conception totalitaire, sectaire, figée et violente qui partout dans le monde saccage la dignité humanité et conduit les nations vers la barbarie et le chaos.

C’est pourquoi l’islamisme est radicalement hostile à la République. Radicalement incompatible avec celle-ci, ses valeurs, ses principes, sa conception de l’homme et la société.

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C’est pourquoi il doit être combattu, sanctionné, éradiqué avec la plus extrême énergie. Car il constitue aujourd’hui et de très loin le plus grand danger pour la démocratie, pour les libertés, pour les citoyens, pour les femmes, pour les minorités, pour les générations futures, pour la paix et la fraternité.

La prétention des islamistes à imposer la charia au nom de la « liberté de conscience » doit être balayée avec la dernière des énergies.

La laïcité n’est pas le seul principe qui puisse aujourd’hui servir de rempart à l’Islam. L’ensemble des principes et des lois de la République constitue un arsenal cohérent tout à fait apte à défendre celle-ci contre ses ennemis objectifs.

Ce qu’il convient de faire en revanche, c’est de rappeler, de marteler ces principes, leur signification, leur articulation et leurs modalités d’application.

Il ne peut y avoir d’autre arsenal pour combattre l’islamisme. Car la France est un Etat de droit, pas un état ou règne l’arbitraire, la loi du plus fort, le fait du prince ou le relativisme.

Le plus gros obstacle à ce combat, c’est le politique. Car il y a longtemps que les hommes politiques ici comme ailleurs ne servent plus les intérêts de la France et des Français, mais ceux d’autres acteurs qui les font élire. Et leur propre carrière.

Macron représente l’archétype de ces dirigeants programmés et parachutés en quelques années au sommet de l’Etat par des mécènes qui attendent un retour sur investissement.

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Ces mécènes n’ont aucune éthique. La République, la démocratie, la liberté, la vérité leur importent peu. Qu’il y ait à la tête de l’Etat un républicain, un démocrate, un communiste, un fasciste ou demain un islamiste, peu leur en chaut. Tant que l’argent rentre.

Leurs seuls critères d’évaluation se nomment libre-échange, investissement, productivité, rentabilité, plus-value, profitabilité et risques financiers.

C’est aux citoyens attachés à la République à prendre en main leur destin. De peser sur ces marionnettes selon un rapport de force suffisamment persuasif pour les inciter à infléchir leur politique. La seule cible à viser pour convaincre ces nouveaux princes insensibles aux soubresauts du monde tant qu’ils rapportent, c’est l’argent et le marché. Asséchez les profits, empêchez les capitaux de circuler, mettez le marché en panne, et retournez les services d’ordre contre les gouvernants, et aussitôt vous trouverez un interlocuteur prêt à négocier.

C’es hélas triste de constater que la démocratie soit à ce point en panne. C’est ce qui fait la force des islamistes, décidés à utiliser toutes ambiguïtés politiques, toutes les failles du système, toutes les faiblesses d’une société endormie sur ses principes, pour avancer leurs pions et s’i,infiltrer dans tous les réseaux de pouvoirs.

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Compte tenu de la vacance du pouvoir politique sur des questions aussi essentielles, si la société veut se protéger contre ce qui menace de la détruire, elle doit passer à l’offensive : se réapproprier les fondamentaux républicains, instaurer des réseaux efficaces de vigilance, exiger que la loi soit appliquée partout, que les principes qui fondent notre unité soient appliquées par tous, éviter que la société ne se fragmente, établir des rempart contre ceux qui veulent diviser, opposer, séparer, et s’infiltrer pour prendre le pouvoir.

Il faut sanctuariser non seulement l’école et l’université, mais toute la société civile : l’hôpital, la santé, le monde syndical, sportif, associatif, les partis politiques, les collectivités territoriales, les assemblées, les grands corps constitués, la diplomatie, le monde du travail, les entreprises publiques et privées, le monde de la finance, la culture, les médias, le monde du spectacle, du divertissement et des loisirs.

Réformer le culte musulman ? Un impératif de tout premier ordre pour lequel les citoyens doivent se mobiliser afin de l’exiger.

Presque toutes les organisations musulmanes au plan national doivent être dissoutes, à commencer par le CFCM. Et remplacées par un organisme unique représentant l’Islam de France, d’où sera exclus tout membre lié à des organisations réputées islamistes (et terroristes) comme les Frères Musulmans.

Les dirigeants de ces organisations doivent être dénoncés publiquement, voire pénalisés et sanctionnés s’il ont enfreint la loi. Les imams litigieux doivent être interdits, et expulsés du territoire quand cela est possible. Aucun islamiste inculpé, condamné ou fiché comme Tariq Ramadan ne doit plus pouvoir circuler sur le territoire, a fortiori pour y effectuer des conférences. Les mosquées salafistes ou fréristes doivent être immédiatement fermées.

Aucun financement étranger direct ou indirect ne peut être accepté pour financer des organisations musulmanes, des lieux de culte, des associations communautaires ou islamistes déguisées en organismes « caritatifs », « éducatifs », « culturels » ou « sportifs ». Les mairies ou les collectivités qui les subventionnent doivent être sanctionnées, leurs maires condamnés.

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Les belles harangues sur la démocratie, la justice sociale, la laïcité ou la liberté ne servent qu’à attendrir et endormir le gogo. Aujourd’hui il faut des actes concrets.

Une République de combat, fidèle à ses valeurs, prête à les défendre, insensible au chant des sirènes islamistes comme aux bobards politiciens, voilà ce qu’il nous faut.

 

 

 

 

« Islamophobie »… Et après ? – Pourquoi le combat contre l’Islam politique ne concerne pas que l’avenir de la France mais l’avenir du monde

Mis en avant

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A l’origine islamophobia est un mot anglais qui désigne une suspicion irrationnelle à l’égard de l’Islam.

Plus récemment, les Frères musulmans ont forgé à partir de ce mot un concept qui désigne une forme de de « racisme » à l’égard des musulmans en raison de leur appartenance religieuse réelle ou supposé à l’Islam. Ce nouveau concept que l’on doit en grande partie en France à l’idéologue islamiste Tariq Ramadan, tend à se substituer au racisme anti-arabe qui est lui bel et bien réel en accréditant une conception abusive d’un « racisme » dirigé contre des personnes du fait de leur religion. Concept bien évidemment absurde puisque qu’une religion n’est pas une race et qu’on ne peut en conséquence fonder de discours raciste ou discriminatoire envers des personnes du fait de leur seule confession ou pratique religieuse réelle ou supposée.

En réalité ce concept participe d’une stratégie politique, juridique et d’un outillage rhétorique dont Tariq Ramadan est l’un des porte-parole francophones, qui vise à empêcher toute critique de l’Islam. Ce qui en démocratie revient à réintroduire dans le droit la notion (et le délit) de « blasphème ». Une notion que la loi française ne reconnaît pas puisque le principe de laïcité garantit à la fois la liberté de conscience – c’est-à-dire celle de croire ou de ne pas croire en une religion – mais aussi la liberté d’expression, notamment le droit de critiquer une religion.

Cette stratégie vise aussi à victimiser les personnes de confession musulmane en accréditant l’idée qu’il existerait dans la société française un « racisme antimusulmans » comme il existe un racisme dirigé contre les Arabes, les Juifs, les Noirs ou les Asiatiques.

Le but des islamistes en attisant ces peurs est de susciter un réflexe communautaire parmi les musulmans afin de les agréger au sein d’une « communauté musulmane », d’opérer une « réislamisation » des personnes d’origine musulmane en les incitant à adhérer à leur vision ultraorthodoxe, fondamentaliste et rétrograde de l’Islam. Puis de transformer les musulmans en une force numérique au sein de la société française et les inciter à se mettre en retrait de la République, à part, afin de les mobiliser contre les valeurs, principes et fondements de la République. En d’autres termes de fractionner l’unité de la République. Mais aussi en reconstituant sans le dire ouvertement les contours de l’Oumma, la « communauté des croyants », comme seul critère d’appartenance valable pour les musulmans. En tout cas comme principe supérieur à la citoyenneté et la nationalité françaises.

Enfin, ce concept d’islamophobie que les islamistes souhaitent inscrire au plus vite dans la loi, est un moyen de culpabiliser publiquement tout auteur de critiques vis-à-vis de l’Islam, de sanctuariser l’Islam comme une religion inattaquable. Mais également de judiciariser le combat pour sacraliser la religion musulmane. Cette stratégie qui porte le nom de « jihad judiciaire », une forme tout aussi offensive mais moins violente que le djihad terroriste, utilise les principes et les lois de la République pour les retourner contre eux en faisant reculer la laïcité et en réduisant au silence ceux qui combattent à juste titre l’islamisme.

Ce jihad judiciaire consiste à poursuivre systématiquement en justice toute personne tenant des propos critiques envers l’Islam, et non seulement des personnes coupables d’actes objectivement racistes envers des personnes d’origine étrangère de confession musulmane. Ce combat n’a pas produit pour le moment de résultats en termes juridiques puisque la loi française autorise la critique des religions. Mais elle permet sous couvert d’apparente légalité d’engager un harcèlement psychologique long et éprouvant contre des adversaires de l’Islam politique.

Mais aussi d’inscrire durablement le thème de l’islamophobie comme une évidence indiscutable dans les canevas rhétoriques ou éthiques, dans les débats publics et les mentalités, à égalité de statut et de légitimité avec d’autres combats « progressistes » comme la lutte contre l’antisémitisme, pour les droits des femmes, des personnes LGBT, des minorités ethniques, des étrangers, des réfugiés, etc…

Pour ceux qui en sont les cibles ce jihad judiciaire est une épreuve éreintante physiquement, psychologiquement et financièrement, qui conduit parfois certains à renoncer à leur combat contre l’islamisme, et qui s’avère souvent dissuasif parce que ruineux financièrement. C’est un peu la revanche de Goliath contre David puisque les organismes islamistes comme le CCIF qui engagent ces poursuites disposent d’une armada de juristes musulmans très habiles à jongler avec les droits français et européen, et d’un budget quasi illimité financé par des subventions provenant de « pays frères » comme le Qatar, l’Arabie Saoudite ou la Turquie du dictateur Erdogan. S’ils ne sont pas soutenus pas des associations laïques déterminées à engager le combat, leurs adversaires isolés ne font pas le poids. Sans compter les intimidations et menaces dont ils font quotidiennement l’objet, comme Zineb El Rhazoui devenue aujourd’hui la femme la plus protégée de France.

L’islamophobie est donc la tête de pont de ce combat engagé par les islamistes contre la République pour faire tomber le bastion de la laïcité. Mais ils ne comptent pas s’arrêter là.

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Au nom du combat contre l’islamophobie ce sont les lois françaises sur la laïcité et l’Etat lui-même qui sont directement visés. En qualifiant certaines lois françaises de « liberticides », l’appel publié dans Libération à manifester le 10 novembre contre l’islamophobie lancé par un rassemblement d’organisations et de personnalités islamistes visait implicitement la loi de 2004 sur le voile à l’école et celle de 2010 interdisant la burqa.

Ces lois sont évidemment emblématiques de la traduction du principe de laïcité pour lutter contre l’Islam politique dans la sphère publique, plus encore que pour simplement limiter les signes religieux ostentatoires dans des sanctuaires de la République. Ce thème est aussi l’un des points majeurs de crispation identitaire et de cristallisation des discours médiatiques autour du voile islamiste. Abolir ces lois consisterait à enfoncer un coin dans l’arsenal juridique qui outre l’application du principe de laïcité, contribue à lutter contre la propagande islamiste et les phénomènes de radicalisation.

Il devient urgent que l’ensemble des citoyens français et des responsables politiques de ce pays prennent véritablement conscience de l’enjeu. Car nous ne sommes qu’au début de cette « croisade » d’un nouveau genre lancée par l’Islam politique, dont le but n’est ni plus ni moins que de transformer progressivement notre société, d’imposer ses modèles et ses lois, de faire reculer la démocratie par un travail lent, patient, méthodique mais déterminé qui consiste à éroder les principes républicains, à faire reculer l’Etat de Droit et à instaurer très insidieusement une théocratie islamiste en lieu et place de la République.

Quelques chiffres. Interrogés lors d’un sondage réalisé en 2019 par la Fondation Jean Jaurès auprès des musulmans français sur leur rapport à la laïcité, 37% d’entre eux déclaraient que c’est à la laïcité à la française à s’adapter à l’Islam et non l‘inverse. Ce chiffre s’élève même à 48% soit près de la moitié pour les femmes musulmanes de moins de 35 ans.

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Ce sondage confirme l’imprégnation croissante des idées de l’Islam politique et de sa vision ultraorthodoxe de l’Islam parmi les Français de confession musulmane, en particulier les jeunes.

Bien qu’encore minoritaires en France parmi les populations de confession musulmane, les différentes mouvances de l’Islam politique réalisent une nette percée idéologique, lente et en profondeur, au sein de l’Islam français. Une progression qui n’est que la résultante d’une volonté de prise de contrôle institutionnel sur des organisations représentatives de l’Islam comme le CFCM, ni seulement d’une stratégie politique et médiatique très offensive, mais d’un combat idéologique interne à l’Islam pour imposer l’Islam radical comme seule interprétation pertinente de l’Islam. Et ses acteurs comme les seuls à même de représenter et défendre les musulmans en France en engageant un rapport de force avec l’Etat.

« L’Etat », c’est d’ailleurs aujourd’hui l’ennemi clairement désigné par les islamistes (et non « l’extrême droite »). L’Etat accusé par les organisateurs de la manifestation islamiste du 10 novembre d’être à l’origine d’une discrimination des musulmans en France (cf. tract du CCIF distribué durant la manifestation). L’Etat accusé d’être le responsable d’une véritable « persécution » des musulmans, que les islamistes n’hésitent pas à comparer dans une aberrante et ignominieuse concurrence victimaire avec celles dont furent victimes les Juifs durant l’Occupation. L’Etat accusé de promulguer des lois « liberticides » envers les musulmans.

Ainsi la laïcité résumée à la seule liberté de conscience est aussi accusée d’être un principe injuste, inégalitaire et liberticide. Alors que c’est elle qui garantit depuis plus de deux siècles la liberté de culte.

Contrairement à ce que beaucoup prétendent, il faut bien prendre conscience que la conception qu’ont les islamistes de l’Etat, et même l’Islam lui-même dans son acception majoritaire contemporaine, sont structurellement incompatibles avec la République.

Cette vérité n’est compréhensible qu’en n’analysant en profondeur les organisations, les principes et les méthodes d’action de l’Islam politique. Mais aussi les fondamentaux de l’Islam.

D’une part l’Islam politique n’avance jamais à découvert. Il pratique systématiquement un double langage selon le principe musulman de la Taqiya (ruse, dissimulation) érigé en méthode de conquête politique. Il consiste à ne jamais dévoiler ses intentions face à des adversaires ou des mécréants, à mentir volontairement en cachant ses véritables intentions, à pratiquer systématiquement un double langage ou le mensonge délibéré.

Ainsi les partisans de cet Islam politique se servent des principes démocratiques et de la rhétorique républicaine pour les dénaturer, les contourner ou les combattre. Ils développent un certain discours dans les médias, sur les plateaux télé, et disent exactement le contraire face à un auditoire musulman. Cette duplicité en trompe hélas plus d’un, qui croient voir dans cet Islam soft promu par les islamistes une « religion de paix et d’amour » respectueuse des valeurs et des lois de la République, et parfaitement compatible avec celles-ci.

Il n’en est rien.

La conception que les islamistes se font de l’Islam est radicalement différente de celle qu’ont une majorité de musulmans français (pour le moment). Lesquels sont sincèrement attachés à la République à laquelle ils se sentent pleinement appartenir.

Cette conception ignore totalement les principes d’Etat de Droit, de citoyenneté, de laïcité et même de liberté telle que nous l’entendons depuis 1789.

Les islamistes sont d’ailleurs farouchement opposés à la démocratie, aux droits de l’homme, à la République et à tous les régimes occidentaux ou arabes modernistes fondés d’après ces modèles.

Aucun pays musulman au monde n’a jamais pu s’instaurer et perdurer selon le principe d’Etat de droit. Tous les tentatives dans les pays arabes « modernistes », toutes les tentatives d’instaurer la laïcité ou des régimes vraiment démocratiques ont échoué. L’Algérie, la Tunisie ou le Liban sont des exemples de pays musulmans ou à majorité musulmane qui ont tenté d’évoluer vers de vraies démocraties à l’occidentale. Mais aujourd’hui encore ces peuples se battent pour s’affranchir de l’oppression islamiste ou d’une conception communautariste ou confessionnelle de l’Etat.

Radicalement monothéiste, radicalement théocratique, l’Islam n’a jamais reconnu qu’une seule Transcendance et une seule Autorité pour fonder le Droit, la Société et l’Etat : celle d’Allah. Et de ses interprètes.

La citoyenneté en Islam ne s’établit que sur un seul principe : l’appartenance à l’Oumma, la communauté des croyants. Les non-musulmans, les dhimmis, ne sont admis au sein de la société musulmane qu’au titre d’un statut subalterne, qui leur confère des droits limités et des obligations fiscales spécifiques. Parfois tolérés, parfois pourchassés les kouffars (mécréants) et les dhimmis (Juif et chrétiens) n’ont pas accès aux mêmes prérogatives que les musulmans.

Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, le rappelait récemment, « l’Oumma constitue une sorte de supranationalité supérieure à toute autre nationalité », y compris la nationalité française.

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Si l’on applique l’Islam à la lettre, il ne peut exister d’Etat de Droit. Et si l’on vit dans un pays démocratique comme la France où prévalent les principes d’Etat de Droit, de liberté et d’égalité des citoyens devant la loi, d’unité et d’indivisibilité de la République et de la laïcité, l’Islam devient de facto incompatible avec la République et la démocratie. Et les citoyens musulmans qui privilégient leur foi selon cette conception littéraliste de l’Islam à leur appartenance à la République ne peuvent que vivre un déchirement entre deux identités opposées.

Ce fossé identitaire, idéologique, social et politique qui fracture la société française, les islamistes entendent bien le creuser et le pousser à son paroxysme pour nourrir les ferments de ce qu’il faut bien évoquer comme la tentation de la guerre civile. Leur stratégie en pareil cas serait de passer à l’offensive avec des méthodes beaucoup moins douces et ouvertement violentes contre l’Etat et le reste de la population hostile à leurs buts.

Mais il n’est pas nécessaire d’en arriver à cette extrémité : le djihad que pratiquent les Frères musulmans et les islamistes français d’accomode parfaitement de formes « civilisées » de combat contre la démocratie.

A plus long terme, dans un horizon que l’on peut situer entre 10 et 30 ans, le projet des islamistes serait de durcir les bastions conquis sur la laïcité et la République pour en conquérir toute la citadelle et imposer leurs modèles et leurs lois.

En l’occurrence, le Plan des Frères musulmans révélé par plusieurs ex « frères » et transparaissant dans les discours tenus en off par certains islamistes français (mais aussi belges ou européens) quant à leur stratégie de conquête le confirment ouvertement : l’un des buts essentiels est de mettre en place en France la charia. Et à terme de faire de la France un pays musulman à part entière.

L’application progressive de la charia et son inscription dans le Code Civil pourrait notamment concerner les points suivants :

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Faire reculer les droits des femmes et des minorités sexuelles

  • Inscrire dans la loi l’autorisation du port du voile et de ses dérivés, pour les mineures comme pour les majeures, à l’école, dans les universités, les administrations, les salles de sport, piscines, sur les plages, puis dans l’ensemble de l’espace public sans aucune limitation
  • Imposer progressivement le port du voile islamiste à toutes les femmes musulmanes
  • Interdire aux femmes musulmanes de sortir de chez elles non voilées
  • Imposer les dérivés du voile islamiste comme le burqini, le hijab de running, etc…
  • Développer le marché du vêtement islamiste et l’étendre aux grandes enseignes et petits commerces d’articles de mode, de prêt-à-porter féminin
  • Encourager la mode du hijab et du niqab dans la publicité, les médias, l’affichage public pour en faire un standard incontournable de la féminité pour les musulmanes (cf. l’affiche militante de la FCPE présentant une mère voilée)
  • Encourager le port du voile en public par des personnalités musulmanes
  • Interdire aux femmes musulmanes d’effectuer certaines démarches sans l’accord de leur mari : sortir après une certaine heure, adhérer à un parti ou une association, participer à une activité sociale ou de loisirs, voyager seule, s’exprimer en public, parler avec d’autres hommes, se rendre dans un café ou un lieu de sociabilité, ouvrir un compte bancaire, voter, demander le divorce…
  • Limiter ou interdire les poursuites judiciaires pour les auteurs de violences conjugales, de viol conjugal voire de viol en réunion
  • Minimiser les sanctions pour les auteurs de féminicide
  • Interdire la mixité dans les écoles, les piscines, étendre progressivement cette interdiction à tout l’espace public
  • Autoriser la polygamie
  • Abolir le mariage pour tous, criminaliser les pratiques homosexuelles, pourchasser les personnes LGBT

Sanctuariser l’Islam et le culte musulman

  • Criminaliser l’apostasie
  • Interdire toute contestation d’une décision émise par une autorité religieuse musulmane. Transformer progressivement l’imamat en juridiction à part entière au même titre que les juridictions de la République. Valider ses décrets ou fatwas indépendamment du Droit français et empêcher toute contestation de ceux-ci
  • Interdire à toute autorité non-musulmane de traduire ou d’interpréter le Coran
  • Interdire toute caricature ou tout procédé comique mettant en scène une figure de l’Islam ou visant à tourner en dérision un passage du Coran
  • Rétablir et pénaliser le délit de blasphème
  • Limiter la liberté d’expression et la liberté de la presse
  • Interdire l’accès aux mosquées à des non-musulmans.

Imposer le halal

  • Renforcer le contrôle et développer le marché du halal, source de revenus essentielle pour les organisations islamistes
  • Attaquer la filière viticole et de l’élevage porcin. Culpabiliser, intimider et boycotter les agriculteurs et les commerces vendant du vin, de l’alcool ou de la viande de porc. Ne jamais condamner sinon encourager discrètement les opérations commando contre ces producteurs et distributeurs haram.
  • Rendre obligatoire les menus halal dans les cantines, les comités d’entreprises, les restaurants publics, les administrations

Instaurer progressivement la censure islamique

  • Exercer une censure drastique de la presse, des débats politiques, parlementaires ou médiatiques à propos de l’Islam
  • Interdire certaines productions artistiques (musiques, films, pièces de théâtre, clips ou jeux vidéo) qualifiées d’« offensantes », « obscènes » ou « islamophobes » : films présentant des femmes dénudées, musiques incitant à la débauche, œuvres présentant les musulmans ou l’Islam sous un jour critique ou dégradant, films sur Israël…
  • Interdire toute utilisation ou parodie de musiques religieuses (comme l’Appel à la prière) à des fins profanes

Renforcer le lobbying politique et transformer les institutions républicaines

  • Présenter systématiquement des listes « communautaires » ou « républicaines » (islamistes déguisées) dans tous les scrutins afin de peser de plus en plus sur la représentation au niveau local et national
  • Exercer un lobbying politique intense dans tous les réseaux de pouvoir politique : mairies, départements, régions, Parlement, Présidence de la République, think tanks, partis, syndicats, institutions européennes…
  • Encourager des projets de réforme de la Constitution. Inscrire l’islamophobie comme un délit constitutionnel. Tenter de rapprocher le modèle démocratique de séparation des pouvoirs législatif, exécutif, judiciaire (et médiatique) des modèles de sociétés islamiques. Encourager l’inscription de la proportionnalité communautaire dans tous les scrutins

Redéfinir la politique extérieure de la France

  • Développer les partenariats avec les pays du Golfe (Arabie Saoudite, Qatar notamment), avec les pays musulmans (gouvernés par des islamistes) au Maghreb, au Moyen-Orient (Turquie, Iran), en Afrique ou en Asie
  • Rompre les relations commerciales puis diplomatiques avec Israël. Boycotter les produits israéliens et ceux des pays qui soutiennent Israël
  • Soutenir les organisations « antisionistes » voire terroristes opposées à Israël
  • Limiter les relations avec les pays occidentaux les plus hostiles aux régimes islamistes
  • Sortir de l’OTAN et refuser de participer à toute coalition internationale sous l’égide de l’ONU hostile à des pays musulmans
  • Jouer au sein des organismes internationaux (Conseil de Sécurité, ONU, G8, G20, etc) un rôle de soutien aux pays musulmans y compris contre l’intérêt des pays occidentaux
  • Favoriser les lobbies islamistes au sein de toutes les instances nationales, européennes et internationales

Ce scénario n’est qu’une ébauche mais il n’est nullement une fiction ou une affabulation. Certaines de ces mesures sont déjà bien engagées ou en germe. Toutes correspondent à une stratégie de fond dont on peut dessiner les contours précis en consultant des documents internes aux organisations islamistes ou à celles qui les soutiennent depuis l’étranger.

Aujourd’hui il n’y a pas d’alternative. L’islamophobie et le combat des islamistes engagés à découvert contre la laïcité n’est que le Cheval de Troie d’une politique de conquête idéologique, symbolique, politique et territoriale engagée depuis plusieurs décennies. Une politique de démantèlement progressif de tout l’édifice républicain, de destruction de notre modèle de société et de nos valeurs, qui si rien n’est fait pour l’enrayer finira immanquablement par ruiner les fondations de notre République, anéantir la France et tout ce qu’elle représente aux yeux du monde.

Les observateurs de l’islamisme, en France comme dans le monde musulman, ne cessent de nous alerter depuis des années : la France est la principale cible des islamistes dans le monde occidental. Parce que la laïcité à la française est un phénomène historique et une spécificité institutionnelle uniques dans l’Histoire universelle.

Si la France ne s’engage pas aujourd’hui dans un combat radical et déterminé contre l’islamisme qui la menace, demain c’est toute l’Europe qui sombrera. D’ici le milieu de ce siècle, toutes les nations démocratiques européennes subiront le même sort et aucun rempart ne pourra endiguer le tsunami islamiste qui menace nos libertés et notre modèle de civilisation.

Il ne s’agit pas d’un scénario catastrophiste digne du Choc des civilisations ou de la théorie du Grand remplacement. Il ne s’agit pas d’une vision catastrophiste dictée par la xénophobie, un quelconque racisme antimusulman, une idéologie extrémiste hostile à l’Islam ou des préoccupations nationalistes.

Il s’agit d’un constat objectif à propos d’un scénario qui est en train de se dérouler sous nos yeux et qui répond à un programme clairement établi depuis plusieurs décennies de conquête du pouvoir et de l’Europe par l’Islam politique.

Le terrorisme auquel notre pays a dû faire face au cours de cette décennie n’est qu’un des visages de cette guerre entre la France, l’Occident, et des adversaire déterminés à nous détruire au nom d’une religion dévoyée. Elle n’est que la partie émergée de l’iceberg d’une hydre bien installée au cours des démocraties et résolue à les combattre sans relâche.

En France, ce combat contre l’ennemi islamiste dépasse de très loin les règlements de compte pusillanimes sur les égarements de la gauche française et la complaisance d’une partie de ses membres à l’égard de l’Islam politique.

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Ce combat doit être mené au nom de l’unité de notre nation et de notre République, AVEC, POUR et non contre les musulmans français. Car ce sont les premières victimes de cet OPA réalisée par les islamistes sur les personnes de confession musulmane.

Ce combat doit être conduit avec un souci de résoudre les tensions, l’élever les revendications et d’empêcher les manipulations en plaçant tout débat, toute politique, toute action sous l’égide de l’Unité et de la Fraternité républicaines, de la démocratie et des droits humains, principes d’émancipation universels et non français, les seuls à pouvoir orienter le monde et l’humanité vers un avenir de paix, de justice, d’unité et de participation de tous à l’édification d’une civilisation globale consacrée aux plus grandes réalisations humaines et au bien commun.

Les limites du combat politique

Bien qu’urgent et nécessaire, ce combat idéologique, politique et juridique contre l’Islam radical comporte certains freins que l’on aurait peine à imaginer à priori.

L’un d’entre eux concernent la duplicité des responsables politiques en charge d’assurer la défense des lois et principes républicains, de lutter contre les dérives sectaires, d’encadrer les culte en France, de garantir la sécurité nationale, l’unité et l’intégrité de la République.

Concernant le gouvernement actuel, on peut légitimement s’émouvoir de l’absence d’actions concrètes engagées par le gouvernement depuis l’attentat de la Préfecture, vite escamoté par le tsunami médiatique sur le voile. Comment comprendre qu’après un tel attentat d’un genre inédit en France mettant en cause un agent de la Préfecture de Police de Paris assermenté secret défense et passé sous les radars de détection de la lutte anti-radicalisation la seule consigne que donne le Président de la République dans son discours adressé aux Français soit de les inviter à la délation en prenant en charge eux-même la détection des signes de radicalisation ?

Comment interpréter le silence de celui-ci et du gouvernement depuis cet attentat ? Sinon pour arguer qu’il « n’était pas concerné par le port du voile » ailleurs qu’à l’école ? Quel signal envoyé à l’opinion et aux islamistes qui en font un étendard de leur combat ?

Comment accepter qu’on ait pu laisser se dérouler à Paris une manifestation organisée par des représentants de l’Islam politiques, des salafistes, des imams radicalisés, des fichés S ? Comment accepter qu’au cours de cette manifestation on ait pu voir fleurir au milieu d’une marée de voiles chariatiques en tous genres des drapeaux palestiniens, quand on sait que les Frères Musulmans et certains officines islamistes françaises à initiatives de cette manifestation soutiennent le Hamas ?

Comment interpréter qu’aucune dénonciation publique venant du Président ou de l’un de ses ministres ne vienne condamner fermement l’utilisation proprement révisionniste de l’étoile jaune amalgamée avec l’étoile et le croissant islamiques, et l’évocation de la Shoah et de ses 6 millions de Juifs exterminés comparés aux persécutions dont seraient victimes les musulmans français ?

Comment comprendre que les représentants de l’Etat ne jugent pas utile de réagir quand le CCIF accuse clairement l’Etat de persécuter les musulmans ? Pourquoi ont-ils laissé le soin à certains partis politiques, certains médias ou certaines personnalités le soin de réagir à leur place ?

On comprend mieux cette trahison des élites politiques au pouvoir quand on sait que les lobbyistes islamistes ont leurs entrées en bonne place à Elysées. Qu’Emmanuel Macron négocie avec le CCIF pour avaliser la montée en puissance de l’AMIF (Association Musulmane pour un Islam de France), une association également acquise aux Frères Musulmans et qui milite pour une réforme des institutions représentatives de l’Islam afin, prétendent-ils, de créer un véritable « Islam de France ».

On comprend mieux aussi quand ont analyse la stratégie d’Emmanuel Macron, déjà en campagne depuis cet été pour sa réélection. Lequel table sur une montée de l’islamisme en France et une opposition entre les islamistes et l’extrême droite pour se positionner en arbitre et en seul sauveur de la République face à Marine Le Pen.

En résumé la République aujourd’hui vivement menacée par les assauts de l’Islam politique d’un côté et la persistance du risque terroriste de l’autre, est ni plus ni moins qu’hypothéquée par un homme et le système qu’il représente pour satisfaire des ambitions carriéristes et pérenniser la main-mise d’une oligarchie financière et économique sur la politique et la nation françaises.

Dit autrement les principes de la République ne sont qu’un outil accessoirisé pour servir d’autres intérêts que ceux des Français. Une stratégie qui autorise les pires calculs politiques, y compris de pactiser avec le diable islamiste tout en tablant sur une montée proportionnelle du populisme et de l’extrême droite.

Développer une analyse sur ces dérives politiques n’est pas ici le propos.

En revanche, face à ce constat de la démission des élites politiques au pouvoir pour défendre efficacement la République contre ceux qui en constituent la plus grave menace, il est essentiel que les citoyens se mobilisent pour engager le combat contre l’Islam politique sans rien attendre d’autre de leurs dirigeants que de belles déclarations ou un renoncement à toute action ambitieuse au nom d’un relativisme permanent du type « ni ni » ou « et en même temps« .

Si l’on élargit le spectre au-delà d’enjeux strictement nationaux, l’islamisme est un allié implicite bien utile pour d’autres pays qui auraient intérêt à affaiblir l’Europe. Ce n’est nullement une théorie « complotiste » mais bien une vérité qui relève de calculs hégémoniques et géostratégiques : l’empire américain qui est pourtant notre allié a toujours eu intérêt à affaiblir l’Europe pour la mettre sous sa coupe. Ce n’est pas un hasard si des banques américaines ont spéculé sur les conflits armés du 20e siècle, en finançant à la fois le réarmement de l’Allemagne dans l’entre-deux-guerre et les efforts d’armement des alliés. Le retour sur investissement porte même un nom : le Plan Marshall. Lequel a permis de reconstruire l’Europe et de relancer ses économies mais aussi de booster considérablement l’économie américaine.

De même les stratèges néoconservateurs ont à la fois prétendu engager leurs alliés dans des guerres contre le terrorisme, tout en finançant discrètement les organisations terroristes qu’il combattaient, dans le but de déstabiliser des régions, de s’assurer une présence militaire permanente et le contrôle de l’acheminement du brut à travers ces pays. Mais aussi de peser sur l’échiquier politique de ces régions contre d’autres grandes puissances comme la Russie ou l’Europe. De la même façon, le scénario d’une Europe affaiblie par la montée d’un l’Islam radical opposé à celle des populismes et des nationalismes, sur fond de pression migratoire massive, de troubles sociaux divers et de dislocation progressives des institutions européennes, est une hypothèse tout à fait envisageable qui pourrait servir les intérêts stratégiques américains.

S’agissant de ce qui est possible aujourd’hui en France, il faut que des associations se développent ou se constituent afin de jouer un rôle citoyen de vigilance, de dénonciation et d’alerte de l’opinion et des médias quant à l’Islam politique et ses dérives. Un rôle de promotion et d’actualisation des principes républicains, en particulier de la laïcité, des droits des femmes et des minorités, dans l’opinion, les réseaux de pouvoir, les médias, sur les réseaux sociaux. Un rôle de combat juridique en portant les poursuites engagées contre toute atteinte aux lois et principes de la République, aux personnes victimes de l’oppression islamiste, objet d’intimidations ou de menaces.

Ce combat sera long. Il est vital et requiert l’assentiment de la plus large fraction des vrais républicains. Il ne peut se faire sans y associer les musulmans, sans des initiatives menées au nom des Français d’origine ou de confession musulmane et nom au nom de l’Islam, au nom de l’unité de la République et non d’une communauté montée contre une autre. Car la seule communauté que nous reconnaissons c’est celle de la République et de la Nation.

 

A quoi sert l’Islamo Pride ?

Mis en avant

Il y avait la « Fierté homosexuelle », il y a maintenant la « Fierté Islamiste », Islamo Pride en anglais.

Présentée sous les traits d’une manif CONTRE les méchants : islamophobes, racistes, xénophobes et autres fascistes qu’on dénombrerait par divisions entières pour s’attaquer partout en France aux musulmans sans défense, la manifestation du 10 novembre avait pour véritable vocation d’être une démonstration de force de l’islamisme en France et de sa capacité à rassembler pour dénoncer une véritable « Shoah anti-musulmans ».

Shoah, le mot est fort. Mais bien qu’il ne soit pas officiellement prononcé, il y a longtemps que le Rubicon symbolique d’une assimilation immonde entre la stigmatisation dont seraient victimes aujourd’hui les musulmans et la persécution des Juifs dans l’Allemagne des années 30 ou dans la France d’Occupation a été franchi.

Toute communauté persécutée se structure autour de mythes fondateurs. Ainsi les émeutes de Stonewall à New York en 1969 ont été le point de départ des revendications homosexuelles et de la traditionnelle Gay Pride (rebaptisée Marche des Fiertés) qui depuis 50 ans rassemble les communautés LGBT de toutes les grandes villes occidentales.

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Fabrique d’un mythe et brouillage des pistes

Il fallait donc un événement fondateur pour servir de creuset agrégateur à une « communauté musulmane » qui n’existe pas, mais que certains ont intérêt à présenter comme « stigmatisée » afin de s’arroger le monopole de la défendre et de la représenter.

Cet événement a été livré sous la forme d’un cadeau providentiel il y a quelques jours par un vieillard complotiste proche du RN, qui s’était mis en tête d’attaquer la mosquée de Bayonne, sans pour autant vouloir faire de victimes, afin prétendait-il de « venger l’incendie de Notre Dame » qu’il considère comme un attentat terroriste islamiste.

On appréciera le degré de pertinence, de cohérence et de crédibilité de son geste. Et surtout combien il est représentatif d’un climat de haine et de persécution qui se développerait aujourd’hui à l’encontre de tous musulmans en France.

Autre prisme déformant : cet épiphénomène travesti, déformé et monté en épingle, jusqu’à devenir un feuilleton médiatique sentimentalo-larmoyant. Une « maman voilée », accompagnatrice de sortie scolaire, appréhendée par un élu RN au Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté, qui lui aurait demandé de retirer son voile. En réalité cette intervention filmée oppose un élu à une femme voilée de noir, et qui sur un ton parfaitement calme demande à la Présidente du Conseil de bien vouloir demander à cette femme de retirer son voile, par respect pour cet hémicycle, pour la République, et pour se conformer au principe de laïcité.

Une demande contestable et légalement infondée, mais aussitôt qualifiée de « provocation », puis d’« agression violente », d’« humiliation publique », d’injure« , de « traumatisme », de « vie brisée », et enfin assimilée à de la « haine raciste » comme à d’autres « persécutions anti-musulmans ». Détail éloquent : l’intéressée a choisi de saisir en premier lieu le CCIF, une officine islamiste proche des Frères Musulmans à l’initiative de la manif du 10 novembre, plutôt que la Justice afin de faire valoir le préjudice subi.

Cet épisode allait fournir le motif à un tohu bohu médiatique de plus d’un mois, occultant du même coup un autre événement à la signification beaucoup plus dramatique : l’assassinat de 4 fonctionnaires de Police par un agent de la Préfecture de Police de Paris agrémenté secret défense mais radicalisé et passé sous les radars de détection des services de renseignement. Un fait gravissime non pas tant par le nombre de victimes que par sa signification. Puisqu’il représente une forme nouvelle de terrorisme perpétré non plus à l’initiative d’un groupe extérieur, mais révélateur d’une infiltration de l’idéologie djihadiste jusqu’au cœur de l’Etat et de ses institutions les plus sensibles.

Ou comment la fabrique d’un mythe à l’œuvre sous nos yeux instrumentalise les discours, les images, les symboles et surtout les émotions, toutes savamment manipulées. Chantage, victimisation, intimidation, culpabilisation, tels sont les méthodes de ce mensonge qui vise à asseoir un mythe comme une vérité.

Ainsi on fait dire à certains le contraire de ce qu’ils veulent dire, on prête des intentions malveillantes ou stigmatisantes qui n’ont pas lieu d’être à toute critique objective et légitime de l’Islam radical, on accrédite la croyance que tous les musulmans feraient l’objet d’une seule et même « haine », qu’ils seraient les principales « victimes » d’une société injuste qui rejetterait les différences.

Voici comment une idéologie sape méthodiquement les fondamentaux de la concorde républicaine, de l’honnêteté morale et de sentiment d’appartenance à une même nation.

L’islamisme en marche

Non content d’opérer un rapt sémantique, moral et idéologique sur les esprits, l’islamisme veut aussi prouver sa force et son poids numérique dans la société.

En démocratie quand on veut peser dans les débats et rassembler sur des thématiques en s’inscrivant dans un rapport de force, on marche. On manifeste.

L’initiative lancé par le CCIF d’une manifestation contre l’islamophobie entend s’inscrire dans cette longue tradition républicaine de combats portés sur le pavé. Une façon d’incarner la résistance à l’oppression, le porter les luttes au nom d’une cause, sociale, syndicale, ouvrière, politique, communautaire, humaniste, écologique ou sociétale.

Marcher pour défendre une minorité c’est apparaître comme moral et légitime.

La manifestation du 10 novembre initiée par des islamistes et suivie par une poignée de politiques opportunistes ou égarés est donc une perversion de ce mode d’expression démocratique au bénéfice d’une idéologie ouvertement antidémocratique.

Un peu comme si des groupuscules néonazis se mobilisaient dans la rue pour défendre la « race blanche » menacée par le « choc des civilisations », le « Grand remplacement » ou les invasions barbares.

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Manifestation islamiste en Algérie pour l’application de la charia, mars 2019

Ne rions pas, c’est exactement ce qui se produit aux Etats-Unis et dans quelques pays d’Europe où les mouvements nationalistes et populistes battent le pavé.

Et il n’y a aucune différence objective entre les idéologies racialistes qui les sous-tendent et l’islamisme, puisque celui-ci a clairement pour objectif d’institutionnaliser le primat de l’Oumma sur toute autre communauté, notamment la communauté républicaine. Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, rappelait d’ailleurs d’ailleurs récemment un principe fondamental de l’Islam, à savoir que l’Oumma constitue une forme de « supranationalité » qui transcende toute autre nationalité. La conséquence que les islamistes en tirent c’est que les lois de la charia sont par essence supérieures à toute autre loi instituée par une autorité juridique qui ne reconnaîtrait pas Allah comme seule transcendance et le Coran (ou ses interprètes) comme source exclusive du Droit.

Ne nous illusionnons pas : le but de cette manifestation n’a jamais été de défendre les musulmans. Ça, c’est de la rhétorique. Le but essentiel de ses instigateurs, c’est le pouvoir. Sur les musulmans d’abord. Sur la société ensuite, par un rapport de force politique qui utilise les faiblesses de notre société humaniste et compatissante, notamment à propos des minorités. Afin de pirater les discours et les utiliser à des fins qui dénaturent nos principes et la démocratie.

Une Islamo Pride tout sauf gaie

Cette Islamo Pride n’est donc une revendication communautaire qu’en apparence. Le but n’est pas de braquer tous les musulmans contre la République, ce qui serait contre-productif. Mais d’en subvertir les principes, les usages, les fondements pour inoculer un « virus » politique dans la mécanique du pouvoir, la logique des médias et celle de l’opinion. La manifestation ne démontre rien, elle ne cherche pas à promouvoir une idéologie. Juste à occuper le terrain.

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Toute comme le voile, mais aussi le burkini, l’occupation des piscines et autres provocations, elle vise à imposer un fait accompli. Ici : l’urgence de lutter contre l’islamophobie et les discriminations dont les musulmans seraient l’objet.

Peu importe que les chiffres officiels démentent ce phénomène, l’important est que l’on y croit. L’essentiel est de nourrir ce halo, cet hologramme de persécution, de le substituer en permanence à la réalité. Et d’occuper le terrain et les esprits pour permettre l’avancée patiente et sous-jacente des islamistes vers la conquête de territoires symboliques, politiques, économiques et autres.

La grande différence avec les représentants de la communauté juive ou LGBT qui œuvrent pour promouvoir les droits de ceux qu’ils représentent, c’est que les islamistes ne cherchent pas à se constituer en simple « lobby » pour peser dans un rapport dialectique au sein d’institutions ou de groupes d’influence. Ils veulent infiltrer la société et conquérir le pouvoir pour neutraliser puis détruire les autres logiques qui s’opposeraient à leurs fins. Et à terme détruire la République. C’est même un objectif affiché chez certains.

Ainsi l’Islamo Pride n’est pas une marche communautaire sympathique et bon enfant, un carnaval festif, elle est plus proche des défilés des « faisceaux » dans l’Italie pré-mussolinienne. Ou des défilés du parti nazi avant son accession au pouvoir. En beaucoup plus sournois évidemment.

Bon nombre de participants non-musulmans qui se sont joints à cette manif et qui sont motivés par de bonnes intentions n’ont évidemment pas conscience d’être manipulés. Beaucoup de musulmans non plus. Mais les organisateurs eux savent parfaitement ce qu’ils font.

Aucune exultation folklorique, aucune revendication « positive » non plus. Juste un défilé puritain, rétrograde, lourd, figé. Seule la présence d’une crypto-Femen dans cette manifestation aura attiré les regards réprobateurs et mis un peu d’incongruité et de provoc au milieu de cet aréopage sinistre.

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Car l’islamisme ne célèbre jamais la Vie. Il se nourrit de la tristesse, de la mortification, de la peur, du doute, de la suspicion, de l’humiliation, du ressentiment. Jusqu’à la haine et au désir de mort. A l’image de ces femmes toutes revêtues de noir qui évoquent plus la répression sexuelle que la sensualité des harems.

A vrai dire l’islamisme a déjà perdu car rien en lui n’est favorable à la vie. Mais dans une époque aussi confusionnelle que la nôtre, le pire des renoncements peut se travestir en vertu. Et le plus abominable mensonge en vérité.