Le « cas Finkielkraut » et ce qu’il révèle de la culture et des médias français

Mis en avant

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Il y a ce qu’on appelle le point Godwin, qui consiste à faire de façon systématique référence au nazis ou à Hitler sitôt arrivé à un point crucial d’un débat qui s’éternise.

Il y aura bientôt le « point Finkie », tant aujourd’hui l’intellectuel honni est systématiquement cité à contre-exemple dans les discussions, sur internet ou dans les médias.

Pourquoi cette image si négative ? Est-elle vraiment justifiée ? Et pourquoi cette détestation si violente de la part d’une partie aujourd’hui devenue majoritaire de l’opinion publique, en particulier les jeunes ? Alors que celui-ci était encore célébré il y a dix ou quinze ans comme « le dernier » des philosophes sensés ?

Comment a-t-on pu aujourd’hui en arriver à assimiler de façon aussi indiscutable un ancien gauchiste de Mai 68, ex membre actif de l’Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes et figure de prou du mouvement de la nouvelle philosophie, à un suppôt de l’extrême droite et un inspirateur de Marine Le Pen ? Assimilé presque systématiquement à la clique des  » nouveaux réacs » qui comprend des polémistes de second rang comme Eric Zemmour. Ou, plus délirant encore aux pires antisémites, ces pseudos intellectuels de l’extrême droite radicale comme Renaud Camus ou Alain Soral.

Ou bien plus hallucinant encore, jusqu’à l’assimiler à des intellectuels du siècle dernier  adorateurs de Vichy et défenseurs de la Shoah comme Lauis-Ferdinand Céline ?

***

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Pour comprendre ce paradoxe et cette violence, il faut examiner comment les choses ont évolué.

Alain Finkielkraut est aujourd’hui devenu le symptôme d’une confusion qui s’est établie dans l’opinion française à la faveur des médias entre deux aspects bien distincts.

D’une part cette mode de l’insolence télévisuelle quasi systématique envers les élites. Dont le seul but est d’amuser le peuple et de faire du buzz… En détournant au passage l’attention du public des vrais problèmes.

Et d’autre part, la « conscience politique » de l’opinion majoritaire et de ceux qui la fabriquent, reflétée, « sacralisée » pourrait-on dire, sinon « déformée » par le prisme grossissant des émissions télé.

On aurait tort de congédier d’un revers de manche cette complaisance pour des modes de pensée arbitraires qui érigent la contestation en spectacle. Car ils sont les héritiers d’une tradition bien française. Celle de la farce, des bouffons, de la caricature burlesque et des polémistes. Lesquels jouaient autrefois le rôle indispensable de soupape pour exprimer et mettre en scène les frustrations et mécontentements populaires. Et constituent aujourd’hui un mode d’expression des libertés publiques et un moyen de faciliter la confrontation des idées dans une démocratie.

Encore que si les médias prétendent jouer le rôle de garants de la pluralité de l’information, ils sont surtout le gardien du Temple des idées considérées comme « justes » comme des « vérités » supposées factuelles.

Et donc sacralisent des discours autorisés plus qu’ils n’en constituent l’émulation et la critique.

Cette conscience politique était autrefois (depuis le Siècle des Lumières) l’apanage des esprits éclairés par la Raison. Que dès la Révolution française une certaine presse d’idées plus que d’opinion avait pour mission de relayer. Une presse qui comptait parmi ses éditeurs des écrivains et des philosophes progressistes. Soucieuse de publier pour le plus le bouillonnement des idées nouvelles qui inspiraient le débat au sein des assemblées, les nouvelle lois et les grands bouleversement politiques, idéologiques et sociétaux au noms des valeurs et grands principes humanistes.

Cet exercice du débat fondé sur des valeurs humanistes s’est imposé avec une prétention universaliste.

Et la philosophie, la vraie, pas celle des salons mondains et des lucarnes, tenait alors le haut du pavé. Inspirant aux politiques les changements selon un Idéal des plus élevé fondé sur la Raison, et centré la quête du bien commun, l’application des principes « révolutionnaires » énoncés dans les Droits de l’homme naissants pour remplacer l’ordre ancien.

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Finkielkraut est l’authentique héritier de cette tradition « progressiste », comme on dit souvent aujourd’hui.

Une tradition devenue au fil du temps « classique », même si les discours du politiquement correct s’y réfèrent toujours. Des discours renouvelés et bousculés par les valeurs libertaires de Mai 1968 et du siècle finissant, que Finkielkraut avait lui-même portées.

Il est donc compréhensible que dans la France de 2018, ce qu’on admet être « l’opinion majoritaire », pour peu qu’elle respecte les principes de notre République et de sa Constitution, fasse force de loi et s’impose à tous comme le modèle légitime.

Et cela justifie aux magistrats pour ce qui est des délits ou des crimes, d’un pouvoir de jugement critique  allant jusqu’à la sanction pour ce qui relèvent des idées, lesquelles sont plus rarement pénalisables.

C’est ce qu’on appelle le Quatrième Pouvoir. Autrefois simple « contre-pouvoir », devenu dans notre société de l’Information à l’heure d’internet et des médias de masse le seul et vrai pouvoir.

Hals, ce pouvoir est aujourd’hui devenu dans un petit pays comme la France encore très marqué par le centralisme jacobin un véritable temple souvent il faut le dire jalousement gardé par des plumitifs de seconde zone. Lesquels irriguent de leur orgueilleuse prose tous les caniveaux intellectuels de la presse quotidienne et de la télévision, dont le niveau, il faut le reconnaître avec objectivité, et sans passion ni concession, a considérablement chuté depuis 40 ans.

Il est même de bon ton de critiquer quasiment tous les jours l’indigence des programmes télé.

Et même le président Macron s’est saisi tout récemment de ce problème, en promettant de remédier au déficit criant de qualité des programmes du service public.

On ne va pas refaire l’histoire du journalisme et de la télévision. Mais il faut bien s’accorder à reconnaitre que la « téloche », mis à part quelques rares chaînes exigeantes et quelques très rares émission de qualité pour ce qui est du service public, n’est aujourd’hui rien de mieux qu’une vulgaire machine à divertir et abrutir le bon peuple. Entièrement soumise aux lois de l’audimat et totalement tournée vers l’unique objectif de satisfaire ses sponsors par le biais de la réclame. Laquelle impose des programmes découpés et formatés selon la quête de l’efficacité marketing maximale.

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De servir ses sponsors, les grandes marques, mais aussi ses actionnaires : des conglomérats industriels souvent centrés autour des mêmes activités : industries de l’armement, équipementiers ou immobilier…

Pas étonnant que ces mêmes groupes soient aussi investis dans le capitale de l’industrie du divertissement et forment de véritables empires maîtrisant toute la filière de l’information et de la consommation de masse.

Mais c’est un autre débat.

En tout cas on ne peut dénoncer les dérives médiatiques sans prendre en compte ces critères politiques ou économiques.

La télévision n’a aujourd’hui plus rien à voir avec celle des années de la France d’Après-guerre du Général De Gaulle. Epoque où l’unique chaîne du service public était chargée autant d’informé que de divertir. Elle était alors totalement soumise au « Ministère de la Culture et de l’Information ».

Mais ce ministère était dirigé par un certain André Malraux. Et la qualité des programmes du service public n’avait rien à envier au prétendu « pluralisme » actuel. Elle était au contraire bien supérieure à celles des programmes actuels, toutes proportions gardées et compte tenu des usages de l’époque.

Aujourd’hui cette conscience politique reflétée par la télévision et qui avant faisait débat dans des cercles où se réunissait l’élite est devenue l’objet d’un spectacle permanent. Qu’on relise Guy Debord pour s’en convaincre.

Elle ne se résume plus qu’à ce qu’on appelle la « Pensée unique », orientée selon les exigences du « politiquement correct ». Dont les valeurs sont verrouillées toujours autour des mêmes thèmes souvent plus approximatifs qu’inspirés pour ces idéaux qu’ils sont sensés défendre : droits-de-l’homme, liberté, égalité, justice, laïcité, défense du droit des femmes, des homosexuels, des minorités, antifascisme, antiracisme, communautarisme, anticolonialisme, écologie, parfois altermondialisme, culte de la « nouveauté » et de la branchitude, voire de la provocation érigée en art, reflets de la société « postmoderne »…

Bref, une conscience qui n’en est plus un mais qui traduit l’embonpoint las et la sclérose intellectuelle du parisianisme bobo et de ses icônes. Celui d’une caste qui ne songe qu’à se contempler le nombril, à se rassurer et à festoyer en célébrant le vide abyssal de ses pseudos idéaux tel un Veau d’or.

On a donc assimilé des réflexes anti-ceci ou anti-cela comme autant d’offuscations et d’exaspérations obligatoires et passablement sectaires bidouillé en prêt-à-penser étalé dans les médias et les talk-shows. Celui-ci fait office de conscience pour ceux qui ont renoncé à leur libre arbitre et se contentent de répéter les mêmes poncifs pour satisfaire leur narcissisme et faire montre envers leurs semblables d’une véritable conscience « démocratique », « républicaine », « humaniste », « progressiste », etc…

Toutes ces étiquettes ronflantes qui ont vidé de leur sens les référents éthiques qu’elles avaient kidnappés ou plagiés pour flatter l’ego de leurs héroïques défenseurs.

Depuis l’élection de François Mitterrand en 1981 et la libération de la parole qui s’en est suivie à la télé, depuis l’apparition d’émissions d’un genre nouveau comme Droit de Réponse, les producteurs et les journalistes ont imaginé en presque 40 ans une foultitude d’avatars. Depuis les émissions d’Ardisson, de Lunettes noires pour nuit blanches à Salut les Terriens, celles de Fogiel, de Ruquier. Et plus récemment, avec le succès de la téléréalité, les missions « populaires » sinon populistes d’un Cyril Hanouna, héritier d’Arthur, pour ce qui est de la version la plus bas-de-gamme et la plus beauf qu’on a concoctée pour les plus téléspectateurs les plus imbéciles, incapables de suivre les saillies de Yann Moix et Christine Angot…

Cette mode de l’insolence qui fait le sel des émissions prétendument « culturelles », est devenue et une véritable « culture ».

Celle de la vulgarité, de l’outrance et de l’arrogance.

Une culture que les bobos parisiens ont copiée, adoptée puis imposée à tous dans les discours et les postures mondaines, au cours des décennies 1990 et 2000.

Cette culture a assimilé comme pour s’en protéger en prétendant les défendre, les tics, le vocabulaire, l’attitude arrogante, les postures provocantes et le ton ultra-agressif et désinvolte des « cailleras, véritables icônes de la décennie 2000.

Avec cette certitude qu’il fallait flatter la médiocrité par souci de plaire aux minorités, et jeter du même coup au feu toutes les vieilles gloires poussiéreuses de la « tradition » classique. Tous les us et les discours hérités du passé, représentant le savoir, l’esprit et le «  bon goût » français. Tout ce Panthéon désuet et ridicule incarné par les académiciens ou les éditorialistes du Figaro.

C’est un parti-pris. Mais on s’est accoutumé à le considérer comme juste, « moderne » et inéluctable.

Eric Zemmour n’a pas tout à fait tort quand il dénonce cette évolution dans son livre Le Suicide français. Même s’il manque profondément de nuance,  de recul et d’honnêteté, et ne sert que ses propres lubies en creusant encore le vide qu’il dénonce pour servir un boulevard à Marine Le Pen.

Quoi qu’il en soit, force est de reconnaître qu’on a bien vite congédié et remisé au rang des pièces de musée Apostrophe et Bernard Pivot. Pour les remplacer par Ardisson, Jamel, Joey Starr et autres Booba. Et tous ces humoristes et artistes originaires des banlieues et icônes vivantes de la culture  » djeune » de se faire exciter et applaudir par des amuseurs aux dents longues.

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On a inventé un nouveau concept d’émission culturelle new-look.

Une véritable imposture au demeurant, puisque la « culture » la plus bas de gamme n’y sert plus que de vague caution pour faire le buzz en mixant le pire ou le plus banal et le plus commercial de l’actualité de la semaine : sorties éditoriales, pseudo écrivains qui viennent se pavaner et se féliciter d’avoir réinventé la roue, spectacles à succès… Et surtout agenda des copains – toujours les mêmes – qu’on invite à se polir le nombril sur les plateaux.

Ajoutez quelques people et quelques politiques égarés en manque de popularité, un pincée de sketchs burlesques (souvent très bons d’ailleurs) pour rythmer et pimenter la soirée, des ficelles de cirque ENEAURMES pour faire réagir le public, piéger les invités et les pousser au dérapage verbal ou à la contradiction en direct, parodiez la scène dramatique de l’exécution publique, n’oubliez jamais de mettre en scène des clashes soigneusement préparés pour faire le buzz… Secouez bien et vous avez la recette qui fait bingo en termes d’audimat !

Pour continuer de s’indigner ou de se bidonner, arrosez les réseaux sociaux des meilleurs moments de l’émission et le tout est joué.

Là où le bât blesse, c’est que cette prétention ronflante à illustrer l’esprit parisien et à défendre des valeurs engagées qui est celle des émissions comme On n’est pas couché, est cautionnée par la présence récurrente de philosophes de foire habitués des sunlights : les BHL, Onfray et autres Comte-Sponville.

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On n’est pas couché 21/11/2017 : la comédienne Camille Chamoux interpelle Alain Finkielkraut sur le thème « Islam et féminisme ».

Hélas, un intellectuel comme Finkielkraut, plus que son ancien comparse et coauteur du Nouveau désordre amoureux Pascal Bruckner, plus prudent à se montrer à la télé, s’est laissé piéger par les flatteries de certains puis la tentation de devoir se justifier une fois mis au ban des intellectuels respectables par une clique de bobos garants de la pensée unique.

Du coup on le voit trop souvent dans nos lucarnes et les animateurs pervers ne l’invitent plus aujourd’hui que pour ses tics nerveux et ses crispations inquiètes sur des thématiques éculées.

L’homme est intelligent, a encore de la ressource, et arrive souvent au terme d’un laborieux exercice d’explication de sa pensée à s’autojustifier et à retourner l’auditoire. Mais immanquablement il y a toujours ce moment où un mot mal interprété est monté en épingle par l’un des cabots vicelards qui lui tendent le crachoir et aussitôt jeté en pâture aux aboiements de la Plèbe.

On finit donc toujours par en conclure que l’horrible Finkielkraut n’est autre qu’un de ces intellos réac de l’ultra-droite. On l’assimile honteusement à Zemmour ou Marine Le Pen. Et on reste injustement sourds à ses propres dénégations quant à quelque complaisance que ce soit aux idées d’extrême droite.

Las !

La seule faute d’un homme d’esprit et de nuances qui incarne le monde ancien bousculé par la jeunesse, les stéréotypes, le goût du spectacle et de la jouissance immédiate et les modes du siècle, c’est de s’être prostitué dans ces défouloirs qui prétendent représenter la culture et être garant des valeurs.

Or ces bouffonneries télévisuelles ne sont rien de moins que des spectacles pour amuser la plèbe dignes des jeux du cirque. Dont ils reprennent d’ailleurs tous les codes. Combats de gladiateurs sous forme de clashes au scénario bien huilé. Mises en scène de tortures et d’exécutions publiques de condamnés à mort bouffés par les fauves : les « chroniqueurs ». Présence obligatoire des césars et des patriciens du moment : les politiques et les vedettes. Contribution du public inviter à confirmer ou infirmer la sentence prononcée envers les condamnés, musique tonitruante et interventions de bateleurs pour scander le rythme et faire plus d’audience, etc…

On n’y célèbre jamais la culture, la vraie. Pas nécessairement celle un brin surannée des beaux esprits, des encyclopédies et des académies. Mais celle de l’honnête homme, qui suppose élégance de l’esprit, érudition, intelligence, esprit critique et surtout ouverture, bienveillance envers l’autre, celui qui diffère ou qui surprend par sa singularité, et amour pour le présent et ses évolutions. Au lieu de complaisance crasse pour « l’actualité » et ses épiphénomènes, sensationnels et voyeuristes, dont elle se pourlèche en y abîmant la conscience des masses.

En définitive, Alain Finkielkraut ferait plus pitié que hurler. Parce que c’est un vestige du passé. Du « monde d‘avant ».

En qu’en vieillissant il se ternit, ressemble à une caricature de lui-même, se laisse salir et obligé de répondre aux injures, au lieu d’ignorer superbement les crapauds qui bavent sur sa robe d’académicien.

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La télé l’a tué. La popularité a entachée sa notoriété. Elle l’a livré aux appétits féroces de la basse-cour. Des nains.

Evidemment, qui aujourd’hui pourrait imaginer qu’on invite de grands intellectuels comme Jankélévitch, Raymond Aron, Michel Foucault ou même Paul Ricœur à débattre sur les plateaux des atermoiements du public face aux soubresauts de l’actualité ?

On a changé et de siècle et d’époque.

Qui ouvre d’ailleurs encore les livres de pareils monuments de la culture ?

Il ne s’agit pas d’être passéiste.

On peut tout à fait lire Proust le matin, Foucault l’après-midi, et Charlie hebdo le soir !

Ecouter Mozart en prenant son café, et Stromae ou NTM en faisant sa gym…

La question n’est pas de hiérarchiser à outrance les grands noms de la culture élevés au rang d’icônes.

La question est d’éviter de les banaliser en les noyant dans la soupe consensuelle et vulgaire des médias de masse.

Et de stariser de façon grossière des histrions insignifiants qui prétendent s’élever au niveau des grands félins de l’Olympe culturelle et leur voler la vedette.

En somme, ce qui manque à notre époque c’est la mesure, la tempérance et le discernement.

Et surtout les référents qui permettre de juger avec autorité qui est à considère comme une grande figure de l’esprit, et qui n’est qu’un comptempteurs du néant ou un avatar de l’ère du vide.

Soyons optimistes.

Et gageons qu’à la faveur des épreuves présentes et à venir, grâce à l’élévation statistique – toujours à espérer sinon promouvoir – du niveau d’instruction des jeunes, grâce à internet qui donne accès souvent au pire mais aussi parfois au meilleur, grâce à la conscience qui ne cesse d’évoluer et de grandir, on saura bien vite congédier ces excès coupables et sanctifier à nouveau des vraies valeurs.

Après tout, ce n’est pas parce Tout–le-monde-en-parle qu’un homme, une idée, une mode, une indignation, n’est autre chose que le reflet de coquetteries du moment, du Zeitgeist, ou de la pataugeoire où s’égayent les indigents du bulbe.

Et si personne n’en parle plus ou voudrait le taire, si personne n’en parle encore, c’est peut-être un signe qu’il faudrait revoir les priorités du moment.

Y a quà…

Et Si Au coin de la rue* on trouve parfois l’Aventure, il en sera toujours ainsi Des hommes et de bêtes*.

Au nom de l’autre*, Nous autres modernes* devrons toujours rester vigilants, mais aussi bienveillants les uns envers les autres pour éviter La Discorde*.

Car si l’on s’abîme à La Querelle de l’école*, que l’on s’aventure trop En terrain miné*, si l’on cède au chant des sirènes mondialistes au point de renoncer à jamais se demander Qu’est-ce que la France*, on se condamne à L’Identité malheureuse*.

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Celle de la violence qui plus jamais ne peut encore se dire :

« Et si l’amour durait* ? ».

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* Titres d’ouvrages d’Alain Finkielkraut

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Macron ou le triomphe de l’Ere du vide

Mis en avant

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L’avance de Benoît Hamon au premier tour sur son concurrent Manuel Valls et son succès possible à l’issue des primaires socialistes ouvrirait selon beaucoup d’analystes politiques un boulevard à Emmanuel Macron, candidat plus centriste au profil proche de Manuel Valls.

Etoile montante de la politique et des médias, Macron suscite enthousiasmes, jalousies et exaspérations. Démissionnaire du gouvernement 2 ans à peine après y avoir été nommé, il a été l’un des premiers candidats à se déclarer pour la présidentielle alors même que son mentor François Hollande n’avait pas annoncé son intention de se représenter ou non à l’issue de son mandat.

Son mouvement En Marche, créé en 2016, rassemblerait déjà plus de 100.000 adhérents.

Mais qui est vraiment celui qui se présente comme le renouveau de la classe politique et qu’incarne-t-il au juste ?

Macron n’a pas d’expérience politique. Parachuté Ministre de l’économie, il n’a jamais été élu d’une circonscription et n’a aucun parcours militant. A part un court passage à l’Inspection des Finances, il n’a non plus aucune expérience de l’appareil d’Etat. En revanche il jouit d’une expérience professionnelle dans le privé en tant que banquier d’affaires et associé de la banque Rothschild.

Macron n’a pas d’appartenance politique. Il l’a lui-même avoué : « Je ne suis pas socialiste. » Et son mouvement En marche n’est ni de droite, ni de gauche. C’est un électron libre qui entend bien se démarquer des appareils et des courants politiques. Signe d’une authentique volonté de renouvèlement ou simple stratégie visant à rallier les déçus du hollandisme et les angoissés du sarkozysme ?

Macron n’a pas d’idée, pas d’idéal, pas de projet, pas de vision. Il ne se réfère pas à une philosophie politique, ne se singularise pas par une analyse pertinente de la situation de la France et n’incarne pas non plus un projet de société. C’est juste un candidat de rupture. Après tout d’autres ont réussi dans cet exercice. Mais Macron n’a pas non plus de vision pour l’avenir.

A-t-il réfléchi à des solutions nouvelles ? Propose-t-il aux Français un programme précis ? Non.  Macron n’a pas de vrai programme. Et il s’en est vanté : « Les programmes ça ne sert à rien, ils ne sont jamais appliqués. »

Qu’un homme n’ayant ni expérience, ni le soutien d’un parti, ni projet, ni programme, et qui était totalement inconnu du public il y a 2 ans suscite autant d’enthousiasmes dans l’opinion et soit placé si haut dans les sondages laisse de quoi s’interroger.

Alors quoi ?…

Macron, c’est juste une image !

Macron est jeune. Un trentenaire président, ce serait assurément le signe du renouveau de la vie politique. « Nouveau », l’argument-clé des marketeurs.

Macron est présenté comme un homme brillant. Ah bon ? Mais en quoi au juste ? Macron n’a jamais rien fait. Comme Ministre de l’économie il ne s’est pas illustré pas des réformes audacieuses ou des résultats spectaculaires. Juste la « loi Macron », qui autorise les salariés à travailler le dimanche. Ou plutôt les entreprises à maximiser leurs bénéfices en misant sur une journée de travail hebdomadaire supplémentaire. Mais cela n’a aucune importance. L’essentiel c’est qu’il ait l’image d’un homme brillant. Un chapelet de diplômes (Khâgnes, Sciences Po, ENA). Et un visage. Celui d’un jeune-homme souriant et ambitieux. Macron c’est juste une affiche, un emballage.

En marche ? Juste un slogan. En marche vers quoi ? On ne sait pas. Juste l’illusion du mouvement. Après celle du changement. D’ailleurs pour adhérer nul besoin de cotiser, il suffit d’un clic sur le site internet. Macron, un achat d’impulsion en somme.

Macron capitalise donc sur son image, une image en creux, sur laquelle chacun peut projeter ses espoirs et ses frustrations.

Au final, Macron c’est l’aboutissement de la politique-arnaque, le triomphe de l’ère du vide. Une bulle. Un président pschitt.

Alors que les politiques ne pensent plus aujourd’hui exclusivement qu’à leur plan de carrière, au moins font-ils encore semblant de s’intéresser aux électeurs et de leur proposer du rêve. Macron, lui, c’est la politique résumée à la seule ambition personnelle la plus cynique.

Macron président c’est aussi le chant du cygne de la démocratie et le triomphe du système. L’accession aux plus hautes fonctions de l’Etat d’un mirage, d’un homme-écran, où seules les banques seraient au pouvoir. Un symbole : le président de l’association de financement de son mouvement n’est autre que Christian Dargnat, un ancien dirigeant de BNP-Paribas. Macron c’est l’assujettissement total du pouvoir politique aux diktats de la finance, des multinationales et de l’ultralibéralisme.

L’élection présidentielle est la rencontre d’un homme et du peuple, tissée au terme d’une longue histoire. Macron c’est l’adhésion éclair d’un concept préfabriqué et d’une vaste déshérence. Qu’un grand nombre de Français soient prêts à confier les rênes du pouvoir à un inconnu instrument du système, sans étiquette, sans expérience, sans idée et sans programme, c’est non seulement affligeant, c’est aussi terriblement dangereux.

Le pire c’est que personne ne semble s’en inquiéter.

Face au désastre du quinquennat Hollande qui risque d’obérer les chances de voir un socialiste au second tour, face à la forte bipolarité entre la candidature ancrée à gauche de Benoît Hamon et celle ultraconservatrice de Fillon, l’absence d’un autre candidat centriste susceptible de rassembler ceux qui refusent « l’utopiste » Hamon, l’ultraconservateur Fillon et les extrêmes (Le Pen, Mélenchon) laisse toutes les chances à Macron d’apparaître comme le rassembleur providentiel, ce qu’on sussure déjà.

Il serait temps de cesser de rêver et d’ouvrir les yeux. Au risque de se retrouver face à un choix entre un Front National chantre de l’antisystème et du repli nationaliste et une marionnette prête à asseoir la domination totale du système mondialisé. Dans les 2 cas, la mort assurée de la France.

Qui est vraiment Nicolas Sarkozy ?

On connaît l’homme. Et son pédigrée. Goût du pouvoir. Ambition démesurée. Nourrie par  un complexe d’infériorité, des frustrations de jeunesse, une petite taille et un physique ingrat mal assumé. Volonté précoce d’en découdre et de se hisser au sommet. Carriérisme. Cynisme hors pair. Corruption record. Népotisme. Style très affectif, séducteur, frondeur, manipulateur, démagogique, populiste. Goût pour l’argent, les signes extérieurs de richesse, le bling bling. Vie affective chaotique très médiatisée. Propension à l’autoritarisme. Exercice autocratique du pouvoir. Accès de paranoïa. Violence verbale. Goût pour l’étalage médiatique. Culte de la personnalité…

Un mélange de Berlusconi, de Poutine, de Bush : des amis de l’intéressé.

On le dit fini, il renaît de ses cendres. Ses adversaires et ses rivaux annoncent qu’il ne pourra jamais revenir, le voici depuis novembre 2014 réélu à la tête de l’UMP. Parti exsangue, au bord de l’implosion, en proie aux affaires et déchiré par les rivalités, qu’il refonde et rebaptise pompeusement Les Républicains. Provoquant une pluie de réactions outrées et de pétitions en rafale de Français scandalisés de voir l’homme politique le plus corrompu et le plus poursuivi par la justice s’être honteusement attribué le monopole de la République pour se racheter un semblant de virginité politique.

Une ambition sans limites, sans morale, des amitiés douteuses

Un proche de ma famille ami de Nicolas Sarkozy me rapportait un jour que lors de vacances en Corse il avait été invité par le futur président à visiter quelques « amis » dans un village près d’Alésia.

Nicolas Sarkozy était alors fier d’afficher son amitié avec quelques grands parrains de la mafia corse. Et de la mise en scène qui accompagnait cette visite : rendez-vous secret, voyage sous escorte de gardes du corps patibulaires, étalage d’un véritable arsenal au domicile d’un des parrains, déclarations fanfaronnes sur le caractère illégal et les activités occultes de ses amis, etc…

Cela n’a pas empêché le Ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy de s’illustrer très opportunément tel un héros national lors de l’arrestation en 2003 d’Yvan Colonna, l’assassin du préfet Claude Erignac abattu froidement pas la mafia corse à Ajaccio en février 1998.

Cet exemple en dit long sur la personnalité de Nicolas Sarkozy, un homme pour qui la légalité, l’éthique et l’amitié n’ont que peu de poids face à l’ambition politique.

Cet homme n’a ni morale, ni valeurs et son goût du pouvoir ne connaît aucune limite. Rien ne peut l’arrêter. Surtout pas la loi.

… et aux méthodes peu orthodoxes

Mensonges, démagogie, manipulation de l’opinion sont des méthodes communes à Nicolas Sarkozy. Les exemples sont tellement nombreux de fausses déclarations, de chiffres pipeautés, sans aucun fondement avancés lors d’émissions ou de débats télévisés puis « debunkés » ensuite par des analystes scrupuleux, de sources bidonnées, de manipulations outrancières et d’opérations de séduction surfant sur l’émotion, le sentimentalisme, l’autovictimisation, qu’il faudrait un livre entier pour les recenser.

Mais Nicolas Sarkozy ne s’en tient pas là. Pour atteindre ses objectifs de conquête et se maintenir au pouvoir, éliminer ses adversaires et échapper aux juges, il n’hésite pas utiliser des méthodes parfaitement illégales voire criminelles. Inutile d’épiloguer sur ce sujet : les affaires dont il fait l’objet parlent d’elles-mêmes.

Mais le plus spectaculaire et le plus cynique de ses hauts faits pourrait rester encore longtemps dans l’ombre.

Qui a oublié le choc des tueries de Toulouse et Montauban perpétrées en mars 2012 par un jeune « délinquant paumé » et corrompu par l’idéologie djihadiste : Mohammed Merah ?

A peine 2 mois avant l’élection présentielle au terme de laquelle Nicolas Sarkozy espérait donner tort aux sondages qui le donnaient battus par son adversaire François Hollande et se faire réélire contre toute attente, au terme de plusieurs années de descente dans les sondages et d’un antisarkozysme virulent qui avait fédéré l’opposition, les médias et d’une part grandissante de l’opinion publique excédée par la méthode et le style Sarkozy.

Quelques semaines avant ces massacres, Christophe Barbier, ami personnel du couple Sarkozy et éditorialiste du magazine L’Express, avait confié dans l’un de ses articles sur la campagne présidentielle que le président sortant, alors très impopulaire, ne pouvait être réélu… A moins d’un « événement », du type 11 septembre, qui lui aurait permis d’apparaître comme une sorte d’homme providentiel, de président fort et rassembleur, face à une situation exceptionnelle qui aurait sidéré l’opinion.

Merah opportunément assassiné par le GIGN au terme d’un assaut de plusieurs jours à son domicile n’aura pas pu être jugé, livrer sa propre version des attentats qu’il avait commis, ni expliquer ses motivations. Et on ne saura jamais si le jeune homme était véritablement un électron libre ou s’il était manipulé.

Ce qu’on a en revanche appris récemment, c’est que Mohammed Merah avait été approché par les services secrets bien avant d’imaginer les attentats qui l’ont rendu célèbre…

Alors ? Instrumentalisation d’un horrible fait divers qui a bouleversé la France à quelques semaines des élections pour tenter d’en inverser le scrutin ? Ou inimaginable machination destinée à service l’ambition d’un homme prêt à tout pour garder le pouvoir ? Après tout la Ve République a connu tant d’autres affaires sombres, d’assassinats de ministres,de  morts ou suicides suspects qui n’ont jamais été totalement élucidés et conservent leurs zones d’ombre : Robert Moulin,  Pierre Bérégovoy, Roger Quillot, Jean-Marie Demange, et bien d’autres encore. Alors pourquoi pas un attentat commandité ou instrumentalisé pour servir la carrière d’un président impopulaire et prêt à tout pour se faire réélire ?

Un justiciable multirécidiviste, le président le plus corrompu de la Ve République

Faut-il détailler la litanie d’affaires dans lesquelles Nicolas Sarkozy a trempé et dans lesquelles il est encore mêlé ?

Un simple examen de l’actualité en dit long sur les liens particuliers que l’ancien président entretient avec la loi et les juges.

Le plus grand fossoyeur du gaullisme

Il y a quelques années, Nicolas Sarkozy était très fier de rappeler ses liens familiaux avec le gaullisme.

Durant la campagne de 2007, il avait répété afin d’asseoir son image d’authentique gaulliste convaincu combien il avait été impressionné quand, jeune enfant, son grand-père l’avait emmené en mai 1968 à la grande manifestation de soutien au Général qui avait réuni plus d’un million de Français sur les Champs-Elysées. C’était juste après le discours historique de De Gaulle à son retour de Baden Baden, alors que la rue réclamait depuis près d’un mois sa démission et que les observateurs le disaient totalement dépassé par les événements, son gouvernement au bord du gouffre.

Mais une fois élu, Sarkozy s’est davantage illustré comme le plus grand fossoyeur des idéaux gaullistes que la Ve République ait compté. Même François Mitterrand, l’adversaire de toujours, n’avait pas osé faire mieux !

Politique internationale alignée sur l’allié américain et les diktats européens, atlantistisme monolithique, réintégration de la France dans l’OTAN, désacralisation de la fonction présidentielle, durcissement de la politique ultralibérale, politique africaine hasardeuse, politique au Moyen-Orient largement favorable à Israël au détriment des alliés arabes, goût décomplexé pour l’argent et les richesses, surmédiatisation de la vie privée, faveurs déployées au grand patronat, politique sociale méprisante à l’égard des manifestations de mécontentement populaire (crise de 2008, retraites), mise au pas des partenaires sociaux…

De Gaulle doit se retourner dans sa tombe en voyant ce pseudo héritier trahir à ce point une vision de la France, un esprit et un style insufflés aux institutions de la République, une façon très française d’incarner le pouvoir, mélange de monarchie présidentielle, de proximité avec le peuple, de dignité, d’audace, de retenue et de grandeur.

Un authentique agent de la CIA au service de la droite néoconservatrice américaine

Nicolas Sarkozy a vécu aux Etats-Unis.

C’est aussi depuis très longtemps un ami intime des Bush. Ce que sa femme Carla Bruni ne semble pas vraiment goûter. On se souvient de « l’angine blanche » diplomatique invoquée en plein voyage officiel du couple présentiel pour justifier son absence très remarquée à l’invitation des Bush dans leur propriété familiale de Kennebunkport dans le Maine.

Le frère de Nicolas, Oliver Sarkozy, fut même CEO de Carlyle Group, la firme pétrolière texane des familles Bush et Ben Laden. Une firme et des familles dont certains reporters prétendent au terme d’enquêtes minutieuses menées aux Etats-Unis qu’elles auraient été directement impliquées dans la préparation des attentats du 11 Septembre 2001 visant les tours jumelles du World Trade Center, le Pentagone et la Maison Blanche, ainsi que d’autres néoconservateurs de l’administration Bush et membres des services secrets, qui en seraient les véritables commanditaires. Ceci dans le but de déclencher un climat d’insécurité maximale et de psychose dans l’opinion publique américaine (et internationale) afin de faire voter une loi martiale entérinant le fichage de la population et donnant des pouvoirs inédits aux officines de renseignement (Patriot Act), et de déclencher à des fins stratégiques des guerres préventives au Moyen-Orient contre des états (Afghanistan, Irak…) accusés de soutenir le terrorisme et de protéger des dirigeants d’Al Qaeda. Un concept (« guerre préventive ») élaboré quelques années auparavant par ces mêmes stratèges néoconservateurs.

Cette hypothèse est fort plausible et fait l’objet d’un débat public ouvert aux Etats-Unis depuis les attentats. Mais elle se voit systématiquement discréditée dans l’opinion et assimilée aux thèses conspirationnistes les plus douteuses alimentées par l’extrême droite américaine, les réseaux islamistes et antisionistes actifs sur internet.

Si L’Histoire donnait un jour raison à cette hypothèse, Nicolas Sarkozy serait le complice et le soutien personnel de criminels qui n’ont pas hésité à sacrifier 3000 de leurs compatriotes dans les attentats les plus meurtriers de l’Histoire américaine, à des fins stratégiques et d’enrichissement personnel.

Autre vérité troublante et méconnue : le beau-père par alliance de Nicolas Sarkozy n’est autre qu’un des hauts dirigeants de la CIA.

Connaissant les liens très étroits de Nicolas Sarkozy avec la droite néoconservatrice américaine, avec la famille Bush, des dirigeants de multinationales américaines et les services de renseignement américains, on comprend mieux ses positions atlantistes très marquées, son obstination à entériner les choix politiques et stratégiques de l’administration Bush, en dépit d’une frilosité de l’opinion publique française et de la position courageuse adoptée par Jacques Chirac lors de la guerre en Irak de 2003.

Comment ne pas comprendre autrement les positions personnelles très discutables de Nicolas Sarkozy en matière d’alliances stratégiques (réintégration de l’OTAN), en totale opposition avec la tradition gaulliste de non-alignement reprise peu ou prou par tous les présidents de la République depuis la Seconde guerre mondiale, de Pompidou à Chirac ?

Le champion absolu du favoritisme et du népotisme

Les passe-droits, les pressions, les cadeaux aux membres de sa famille et à ses amis patrons de multinationales, les orientations économiques largement favorables à certains secteurs d’activité, en disent longs sur la façon particulière de Nicolas Sarkozy d’exercer le pouvoir et de servir l’intérêt général, lui qui ne cesse de prétendre vouloir « offrir sa vie à cette France qui lui a tout donné ».

Qu’il s’agisse de son obstination à réformer le régime des retraites, sous prétexte de sauver le système public de retraite par répartition ; mais en réalité aussi pour favoriser le système de retraite privé par capitalisation dont son frère aîné Guillaume, Délégué Général du Groupe Malakoff Médéric, est un ardent partisan.

Népotisme inédit quand il veut parachuter son fils Jean, à peine titulaire d’un DEUG de Droit et âgé de 23 ans, PDG de l’EPAD, la société immobilière qui gère une grande partie des immeubles de bureaux du quartier La Défense.

Orientations politiques, économiques et fiscales ineptes quand, après le krach boursier de septembre 2008 et la crise mondiale sans précédent depuis 1929 qui s’en suit, il choisit en priorité de sauver les banques et l’industrie automobile françaises, refuse obstinément d’infléchir son programme et de réorienter sa politique vers plus de social afin de répondre à situation de chômage, de baisse du pouvoir d’achat et de précarisation accrue d’une large part des Français, notamment des classes moyennes touchées de plein fouet par la crise.

Le destructeur de la France et non son « sauveur »

Nicolas Sarkozy prétend vouloir « sauver la France ».

En vérité, durant son quinquennat il a tout bonnement vendu la France aux intérêts américains. Selon une logique ultralibérale, libre-échangiste, atlantiste et européiste, d’un radicalisme inédit sous la Ve République.

Réintégration dans l’OTAN, traités adoptés à la hussarde, accélération des accords de libre échange qui font de Paris (et de l’Europe) une simple banlieue de l’Amérique livrée à l’avidité des multinationales américaines.

Nicolas Sarkozy a aussi divisé les Français comme aucun autre président avant lui. Stigmatisant des minorités ethniques, religieuses et sexuelles. Radicalisant la politique d’immigration non sans arrière-pensées électoralistes pour récupérer les électeurs tentés par le vote FN. Encourageat un raidissement inqjuiet des musulmans de France avec son débat manqué sur l’identité nationale, la politique et les déclarations choquantes de son ami Claude Guéant, alors ministre de l’Intérieur.

Nicolas Sarkozy a laissé filer les comptes de la nation, soi-disant pour sauver notre économie après la crise de 2008, augmentant à un niveau record la dette publique et rendant la France esclave des banques et des agences de notation. Sans jamais remettre en cause cette logique de subordination du politique aux diktats de la finance et des critères de convergence européens. Faisant ainsi le lit des idées populistes du FN et de sa politique d’isolationnisme aussi irréaliste que suicidaire en matière économique et internationale.

Bisexuel caché, homophobe par opportunisme électoraliste

Les rebondissements et les scandales qui ont émaillé la vie privée de Nicolas Sarkozy ont longtemps fait les choux gras de la presse people. On se souvient de de la disparition de sa femme et partenaire politique Cécilia avec son amant en pleine campagne présidentielle de 2007. Et du larmoyant plaidoyer auquel le candidat s’était livré face aux caméras de France 2.

« Allez-y, faites votre beau métier ! », avait alors lancé l’homme meurtri au journaliste qui l’interrogeait sur cette embarrant affaire de tromperie et cette disparition qui alimentait la chronique.

On se souvient aussi du départ de l’ex première dame une fois son mari à peine élu à la fonction suprême, puis du divorce très médiatisé, des SMS dignes d’un roman-feuilleton « Si tu reviens, j’annule tout ». Et finalement de la mise en scène du spectaculaire mariage arrangé (dans l’intimité) avec une pin-up chanteuse de variété apte à booster l’image de l’hyperprésident bling bling.

Un homme à femmes assurément ce Nicolas Sarkozy !
Pas si sûr…

Alors qu’il n’était pas encore que Maire de Neuilly et brillant quadra du RPR auquel on promettait un brillant avenir, Nicolas Sarkozy fréquentait régulièrement les bonnes tables du boulevard Saint-Germain, comme beaucoup de ses confrères députés ou ministres en exercice. Certains habitués du sérail politique rapportent l’avoir souvent rencontré Chez René, un restaurant gastronomique du Quartier Latin (14 bd Saint-Germain), et le rendez-vous d’habitués amateurs d’os à moelle et de bœuf bourguignon. On l’y a même croisé parfois en compagnie de Jean Tiberi, alors Maire de Paris ou de Nicolas Bazire, directeur de cabinet du gouvernement Balladur… et de leur « minou » respectif.

Les amitiés de Nicolas Sarkozy avec des personnalités ouvertement homosexuelles sont connues.

Jean-Luc Romero, ex-élu UMP du Conseil Régional de Paris rallié depuis au PS, célèbre pour son coming out en tant qu’homosexuel et séropositif et ses engagements courageux en faveur des malades du sida ou du droit à mourir dans la dignité, fut longtemps un ami et un proche de Nicolas Sarkozy, avant de prendre ses distances et de rompre avec un président devenu peu fréquentable du fait de ses positions plutôt hostiles à la communauté LGBT et au mariage homosexuel.

Après avoir longtemps surfé sur une rhétorique ambiguë à l’égard du mariage homosexuel, Nicolas Sarkozy soutient aujourd’hui sans équivoque la Manif pour tous. Il tient même dans ses meetings des propos clairement homophobes à des fins électoralistes. Il est devenu l’un des hommes politiques de la droite conservatrice les plus hostiles à la loi sur le Mariage pour tous votée début 2013 au Parlement et soutenue depuis par une large majorité de Français. Il a déclaré début 2015 souhaiter clairement revenir sur cette loi s’il revenait au pouvoir.

Ses déclarations et ses positions à l’égard des droits des personnes et des familles homosexuels sont en contradiction avec ses amitiés personnelles et le fait qu’il soit lui-même bisexuel, ce que peu de Français savent. A la vérité Nicolas Sarkozy n’est nullement homophobe et se contrefiche éperdument des questions de mœurs. Mais son ambition politique et sa démagogie à l’égard de l’électorat le plus conservateur tenté par le vote FN l’incitent à se rallier aux idées les plus nauséabondes des thuriféraires de la Manif pour tous.