Pourquoi le couple Macron est éminemment pathologique et pourquoi on devrait s’en inquiéter

Quand je vois à quel rythme délirant se multiplient les offuscations dans la presse et sur les réseaux sociaux à propos des saillies ironiques et des interrogations sur la différence d’âge entre le nouveau président élu et son épouse, j’en viens à craindre que mes tentatives pour redresser des perspectives soient totalement vouées à l’échec.

La religion maçonnique égalitariste dont Macron est l’apothéose a fait tellement de dégâts dans les consciences qu’on est en arrivé à un degré de confusion qui pourrait être irréversible.

Aujourd’hui on est tellement persuadé qu’un homme = une femme, que tout se vaut, que toutes les différences n’ont pas de sens, qu’on en vient à ne plus rien comprendre à ces différences qui sont pourtant le moteur des relations humaines.

Le politiquement correct pressé d’abolir toute polémique mettant en cause les dogmes égalitaires transforme chaque esprit un peu fragile en commissaire zélé prompt à traquer tout propos jugé vexatoire, offensant et donc jugé coupable parce que supposé « sexiste », « misogyne » ou autre.

Certains voudraient même voir dans le couple Macron composé d’un bon élève des grandes écoles de la République propulsé au sommet du pouvoir par ses mentors et d’une prof de lycée passablement pédophile devenue épouse-mère le comble de la modernité !

Et fustigent ceux qui au contraire ironisent ou simplement s’émeuvent qu’on ne puisse voir dans cette différence d’âge autre chose qu’une coquetterie tendance.

On en appelle même aux droits LGBT pour faire taire toute critique en prétendant que chicaner la nouvelle Première Dame sur son âge canonique reviendrait à s’attaquer aux principes intouchables du Mariage pour tous.

Dans cette frénésie d’amalgame et de lessivage identitaire, on confond notamment l’égalité « de droit » et l’IDENTICITE.

On sent poindre constamment dans les discours de Macron cette confusion qui consiste à passer du souci égalitaire à la langue de bois égalitariste, puis à l’indifférenciation confusionnelle. Ce piètre orateur n’a de cesse de souligner à chaque phrase « les femmes et les hommes« , « celles et ceux« , en prenant soin de diluer toute aspérité du discours dans une bienveillante androgynie castratrice, non-violente, soumise et ultra politiquement correcte.

Pourtant à l’évidence si les hommes et les femmes sont et doivent demeurer égaux en droit, ils ne sont absolument pas identiques. La différence des sexes – qui est distincte des différences de genres – est même l’archétype de la différence.

Même si on voudrait les gommer par excès de zèle égalitaire et à cause d’une phobie féministe de la discrimination, et même si les rôles et les identités évoluent heureusement, hommes et femmes ne seront jamais totalement identiques. Du moins tant que deux hommes ne pourront pas faire un enfant ensemble et que le cerveau des hommes et des femmes obéira à des déterminismes biologiques par certains aspects radicalement opposés.

Ainsi on voudrait nous faire croire qu’être en couple avec une femme serait exactement pareil qu’être en couple avec un homme. Que les unions homos et hétérosexuelles non seulement doivent bénéficier de droits égaux mais qu’elles sont équivalentes. Au risque de tomber dans le déni de réalité.

Or les unions de même sexe ne sont pas équivalentes et n’ont pas le même sens que les unions hétérosexuelles. Ce que le fourre-tout du Mariage pour tous a totalement ignoré dans son empressement égalitariste.

Non que les unes soient inférieures aux autres : elles sont simplement différentes et ne renvoient pas aux mêmes valeurs ni aux mêmes référents culturels, fondateurs dans les sociétés. Ignorer cela c’est ne rien comprendre aux réalités recouvertes sous ce concept bancal d’homosexualité. Et passer à côté des trésors humains et spirituels qu’elles renferment. [i]

De même, la différence d’âge est évidemment fondatrice de la relation, au plan symbolique et psychologique autant que social ou anthropologique. Quand les conjoints ont un écart d’âge suffisant, elle renvoie aux valeurs de filiation, de parentalité, de transmission entre les générations.

Or la relation entre un homme plus âgé et une femme plus jeune n’est pas équivalente à celle d’un jeune homme avec une femme en âge d’être sa mère.

Qu’une femme mariée soit ménopausée n’a en soit aucune importance. Et le fait de l’être n’empêche évidemment pas une femme d’aimer et d’avoir une sexualité épanouie même si elle ne peut plus avoir d’enfant. C’est dans l’ordre symbolique que cela a du sens. Surtout quand elle est mariée à un homme en âge d’être son fils.

Pas besoin d’avoir lu tout Freud pour comprendre qu’un lien affectif prolongé avec une mère-amante traduit pour un jeune homme un Œdipe contrarié et des troubles affectifs évidents.

Les relations mère-enfant au sein d’un couple ne sont en soit ni exceptionnelles ni pathologiques. On en trouve même des traces dans la Bible ou le Coran : Khadija, la première femme du prophète Mahomet, était de loin son aînée. C’est même elle selon certaines interprétations de la sunna qui l’aurait initié aux textes sacrés en plus d’avoir été l’interprète de ses révélations.

Dans toutes les traditions la femme a toujours plus ou moins tenu pour son époux le rôle d’interprète des signes, de pont vers l’Inconscient, voire le Divin. Mais si elle peut être utile et féconde, une relation maternante entre un homme et une femme plus âgée n’est pas faite pour durer.

Tout comme les relations homosexuelles entre un jeune homme et un homme mûr ont évidemment un caractère initiatique (et donc passager), vécu aujourd’hui sous la forme d’un paternage conjugal.

Les repères parentaux s’étant dilués et les rites de passage à l’âge adulte ayant disparu dans nos sociétés il est tout à fait compréhensible de voir aujourd’hui se multiplier des couples entre un jeune homme à peine sorti de l’adolescence et un « daddy » plus âgé qui joue le rôle de père de substitution. Mais ces derniers savent pertinemment que ces relations ne sont pas faites pour s’éterniser, à moins de se cristalliser sous la forme d’une « symbiose » où toute évolution personnelle est gelée au risque sinon de mettre en péril l’équilibre du couple.

Sans même évoquer l’homosexualité non assumée d’Emmanuel Macron et sa relation cachée avec Matthieu Gallet, le simple fait d’avoir épousé sa prof de français rencontrée à l’âge de 15 ans témoigne d’un déséquilibre psychique profond. Et d’un rapport à l’autorité particulièrement biaisé. Que l’on sent poindre chez le jeune président dans ses accès de fureur contenus chaque fois qu’un détracteur entrave son désir narcissique de reconnaissance et son aspiration à être adulé comme le fils chéri épris de perfection qui cherche à plaire à sa mère.

Ironiser sur ce couple n’est donc pas grave. Se poser des questions à quelques jours de l’investiture de l’Enfant-roi me semble en revanche essentiel.


[i] Pour plus de détail sur le sujet, voir mon blog : https://sautdelange.wordpress.com

Macron ou le triomphe de l’Ere du vide

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L’avance de Benoît Hamon au premier tour sur son concurrent Manuel Valls et son succès possible à l’issue des primaires socialistes ouvrirait selon beaucoup d’analystes politiques un boulevard à Emmanuel Macron, candidat plus centriste au profil proche de Manuel Valls.

Etoile montante de la politique et des médias, Macron suscite enthousiasmes, jalousies et exaspérations. Démissionnaire du gouvernement 2 ans à peine après y avoir été nommé, il a été l’un des premiers candidats à se déclarer pour la présidentielle alors même que son mentor François Hollande n’avait pas annoncé son intention de se représenter ou non à l’issue de son mandat.

Son mouvement En Marche, créé en 2016, rassemblerait déjà plus de 100.000 adhérents.

Mais qui est vraiment celui qui se présente comme le renouveau de la classe politique et qu’incarne-t-il au juste ?

Macron n’a pas d’expérience politique. Parachuté Ministre de l’économie, il n’a jamais été élu d’une circonscription et n’a aucun parcours militant. A part un court passage à l’Inspection des Finances, il n’a non plus aucune expérience de l’appareil d’Etat. En revanche il jouit d’une expérience professionnelle dans le privé en tant que banquier d’affaires et associé de la banque Rothschild.

Macron n’a pas d’appartenance politique. Il l’a lui-même avoué : « Je ne suis pas socialiste. » Et son mouvement En marche n’est ni de droite, ni de gauche. C’est un électron libre qui entend bien se démarquer des appareils et des courants politiques. Signe d’une authentique volonté de renouvèlement ou simple stratégie visant à rallier les déçus du hollandisme et les angoissés du sarkozysme ?

Macron n’a pas d’idée, pas d’idéal, pas de projet, pas de vision. Il ne se réfère pas à une philosophie politique, ne se singularise pas par une analyse pertinente de la situation de la France et n’incarne pas non plus un projet de société. C’est juste un candidat de rupture. Après tout d’autres ont réussi dans cet exercice. Mais Macron n’a pas non plus de vision pour l’avenir.

A-t-il réfléchi à des solutions nouvelles ? Propose-t-il aux Français un programme précis ? Non.  Macron n’a pas de vrai programme. Et il s’en est vanté : « Les programmes ça ne sert à rien, ils ne sont jamais appliqués. »

Qu’un homme n’ayant ni expérience, ni le soutien d’un parti, ni projet, ni programme, et qui était totalement inconnu du public il y a 2 ans suscite autant d’enthousiasmes dans l’opinion et soit placé si haut dans les sondages laisse de quoi s’interroger.

Alors quoi ?…

Macron, c’est juste une image !

Macron est jeune. Un trentenaire président, ce serait assurément le signe du renouveau de la vie politique. « Nouveau », l’argument-clé des marketeurs.

Macron est présenté comme un homme brillant. Ah bon ? Mais en quoi au juste ? Macron n’a jamais rien fait. Comme Ministre de l’économie il ne s’est pas illustré pas des réformes audacieuses ou des résultats spectaculaires. Juste la « loi Macron », qui autorise les salariés à travailler le dimanche. Ou plutôt les entreprises à maximiser leurs bénéfices en misant sur une journée de travail hebdomadaire supplémentaire. Mais cela n’a aucune importance. L’essentiel c’est qu’il ait l’image d’un homme brillant. Un chapelet de diplômes (Khâgnes, Sciences Po, ENA). Et un visage. Celui d’un jeune-homme souriant et ambitieux. Macron c’est juste une affiche, un emballage.

En marche ? Juste un slogan. En marche vers quoi ? On ne sait pas. Juste l’illusion du mouvement. Après celle du changement. D’ailleurs pour adhérer nul besoin de cotiser, il suffit d’un clic sur le site internet. Macron, un achat d’impulsion en somme.

Macron capitalise donc sur son image, une image en creux, sur laquelle chacun peut projeter ses espoirs et ses frustrations.

Au final, Macron c’est l’aboutissement de la politique-arnaque, le triomphe de l’ère du vide. Une bulle. Un président pschitt.

Alors que les politiques ne pensent plus aujourd’hui exclusivement qu’à leur plan de carrière, au moins font-ils encore semblant de s’intéresser aux électeurs et de leur proposer du rêve. Macron, lui, c’est la politique résumée à la seule ambition personnelle la plus cynique.

Macron président c’est aussi le chant du cygne de la démocratie et le triomphe du système. L’accession aux plus hautes fonctions de l’Etat d’un mirage, d’un homme-écran, où seules les banques seraient au pouvoir. Un symbole : le président de l’association de financement de son mouvement n’est autre que Christian Dargnat, un ancien dirigeant de BNP-Paribas. Macron c’est l’assujettissement total du pouvoir politique aux diktats de la finance, des multinationales et de l’ultralibéralisme.

L’élection présidentielle est la rencontre d’un homme et du peuple, tissée au terme d’une longue histoire. Macron c’est l’adhésion éclair d’un concept préfabriqué et d’une vaste déshérence. Qu’un grand nombre de Français soient prêts à confier les rênes du pouvoir à un inconnu instrument du système, sans étiquette, sans expérience, sans idée et sans programme, c’est non seulement affligeant, c’est aussi terriblement dangereux.

Le pire c’est que personne ne semble s’en inquiéter.

Face au désastre du quinquennat Hollande qui risque d’obérer les chances de voir un socialiste au second tour, face à la forte bipolarité entre la candidature ancrée à gauche de Benoît Hamon et celle ultraconservatrice de Fillon, l’absence d’un autre candidat centriste susceptible de rassembler ceux qui refusent « l’utopiste » Hamon, l’ultraconservateur Fillon et les extrêmes (Le Pen, Mélenchon) laisse toutes les chances à Macron d’apparaître comme le rassembleur providentiel, ce qu’on sussure déjà.

Il serait temps de cesser de rêver et d’ouvrir les yeux. Au risque de se retrouver face à un choix entre un Front National chantre de l’antisystème et du repli nationaliste et une marionnette prête à asseoir la domination totale du système mondialisé. Dans les 2 cas, la mort assurée de la France.