Plus que jamais menacée par l’islamisme et l’islamo-gauchisme, la France porte pourtant en elle les germes du monde de demain

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Selon un scénario plausible, nous risquons dans les années à venir de nous retrouver en France dans une situation de guerre insurrectionnelle ouverte entre des nationalistes identitaires pourtant minoritaires, et des populations marginales devenues idéologiquement sinon numériquement majoritaires, fanatisées par l’Islam politique et regroupées en marge de la République par la propagande islamiste.

Une propagande largement étayée par les discours islamo-gauchistes, de plus en plus hostiles à la République et à son idéal humaniste, universaliste, égalitaire et fraternel. Un poison rhétorique et politique qui aura peu à peu ruiné tout effort visant à préserver l’idéal républicain d’unité, de fraternité, de paix et de cohésion sociale. Pour réduire le vivre-ensemble (concept frauduleux s’il en est) a une rivalité mimétique et un combat victimaire de chaque instant entre des « communautés » de plus en plus segmentées, refermées sur leurs identités particulières, suspicieuses et hostiles les unes envers les autres, animées de ressentiments puissants et d’urgentes pulsions centrifuges.

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Un affrontement fratricide où l’acrimonie vengeresse et la haine de l’autre se seront progressivement substituées à la célébration des différences comme moteur de la relation sous l’égide de l’appartenance à une seule et unique communauté – la République – fondée sur l’égalité de tous devant la loi, l’assimilation généreuse des nouveaux arrivants, la construction d’une société juste et solidaire, et la quête du Bien commun.

C’est tout notre Idéal républicain, forgé durant plus de deux siècles dans le sang et les larmes, qui est en train de partir en cendres sous nos yeux. Et nous, nous soufflons sur les braises. Nous laissons s’agiter les pyromanes. Nous regardons sans réagir une bande d’excités crier vengeance et ressortir les guillotines contre notre belle République. Certains applaudissent même les autodafés, relaient les appels au meurtre.

Si la France se relève de ce chaos tragique, viendra alors un jour pour les juges et les historiens le devoir de juger tous ces islamo-gauchistes : identitaires musulmans, indigénistes, antiracistes, décoloniaux, pseudo droits-de-l’hommistes, pseudo-féministes, communautaristes. Et d’évaluer leurs responsabilités dans cet hallali sanguinaire contre nos valeurs et nos institutions.

Comment sera-t-il alors possible de comprendre toutes ces trahisons objectives ? Ces coins méthodiquement enfoncés dans le sentiment d’appartenance républicaine et l’unité nationale ? Ces perversions des Droits de l’homme et des principes républicains ? Avec la bénédiction aussi sournoise que zélée des chiens de garde du politiquement correct. Et celle de ces médias et intellectuels, thuriféraires de la Pensée unique.

Comment a-t-on pu, au nom de la liberté d’expression, de la bonne conscience, et pire, des Droits de l’homme, laisser des propagandistes aussi coupables et aussi duplices qu’Edwy Plenel, pape de l’islamo-gauchisme, gangrener les esprits faibles ? Et tous ces journaleux du Monde, de Libération ou de l’Obs, relais objectifs de la propagande islamiste ? Et ces furies indigénistes haineuses, tout droit sorties d’un film d’épouvante, comme Danièle Obono ou Rokhaya Diallo ?

Comme au sortir de la guerre (si l’on en sort un jour), comme lors des procès de Nuremberg, il faudra un jour instruire celui de ces traîtres à la République et à la patrie. De ces collaborateurs qui ont sciemment pactisé avec le principal ennemi de la France en ce 21e siècle : l’islamisme. Qui se sont faits les apôtres d’une propagande insigne destinée à semer le doute, le mensonge et la haine. A diviser les Français entre communautés rivales, à victimiser pour mieux tromper et endoctriner les Français de confession ou d’origine musulmane dans un rejet de la France, d’un Etat accusé d’être un persécuteur raciste. Cet Etat qui leur avait pourtant attribué les mêmes droits, le même statut que n’importe quel autre citoyen français, indépendamment de son origine, sa couleur de peau ou sa religion.

Cette idéologie qui, à la fierté d’être français, voulait substituer la morgue de ne pas l’être. Qui désignait la France comme l’éternel oppresseur, le colon, l’esclavagiste, le persécuteur. Et tous les Français comme des ennemis hostiles, ceux qui méprisent, stigmatisent, rejettent.

Et tous ces apôtres autoproclamés de la Vérité, du Bien et de la Justice, investis du devoir de défendre le faible et l’opprimé contre un pouvoir dominant fondé sur la race, la caste ou la nation. Ces justiciers drapés dans leur conscience fourbe et leur mission fausse, pressés de s’acheter une gloire que leur absence de talent intellectuel ne leur vaudrait jamais.

Il faudra bien un jour faire l’inventaire de toutes ces duperies, de toutes ces complaisances, de tous ces faux-semblants. De cette escroquerie morale et intellectuelle, relayée au plus haut niveau de l’Etat.

Comme de cette alliance des politiques de gauche avec la Bête immonde. Notamment celle, officialisée dans les années 1980, de l’extrême gauche trotskyste avec l’extrême droite islamiste. Ce mariage contre-nature entre Lénine, Tariq Ramadan et Hitler.

Des politiques largement suivis, quoique plus sournoisement, par la cohorte des « progressistes » et des « réformistes » qui auront fait alliance avec l’islamisme.

A commencer par Sarkozy, pressé contre l’avis de tous de faire entrer en 2003 ses « amis orthodoxes » de l’UOIF dans le tout nouveau CFCM, où ils siègent toujours en bonne place. En passant par Hollande, qui juste après les attentats de 2015 et 2016, s’empressait, sur fond de déni de réalité panique (« pas d’amalgame ») et pour éviter toute éruption anti-Charlie, de renouveler cette alliance insensée de la République avec ses pires ennemis.

Jusqu’à Macron, sans doute le pire et le plus cynique de tous, qui malgré les alertes de ses conseillers spécialistes de l’Islam politique, s’entête à vouloir offrir les clés d’un « Islam de France » qui n’a jamais existé aux seuls Frères musulmans, avec ce projet scandaleux d’AMIF. Auquel s’ajoute cette bénédiction insensée donnée à des « listes communautaires » financées par le Qatar, l’Arabie Saoudite et les Frères musulmans : l’étape suivante du Projet de conquête du pouvoir par la Confrérie. Mais aussi la déculpabilisation a priori des attentats « isolés », requalifiés par une Justice infiltrée en « pathologie psychiatrique ». Voire cette jurisprudence inimaginable qui vise à déresponsabiliser des auteurs d’attentats islamistes au motif qu’ils auraient consommé du cannabis.

Les politiques savent, ils sont informés par leurs services de renseignement. En choisissant de pactiser avec l’ennemi, ils se rendent ni plus ni moins coupables de haute trahison. Et devront être jugés comme tels.

Quant aux furies haineuses et autres « intellectuels » contempteurs de la haine de soi et du suicide national, ils devront être jugés pour ce qu’ils sont : des idéologues de la haine, du sabotage national et de la soumission à l’ennemi. C’est à dire des collabos.

Mais pour que la Justice passe et que l’Histoire puisse juger, encore faudrait-il que la vérité triomphe de l’extrême confusion ambiante. Hélas la tentation nationaliste ne fait qu’exacerber les divisions et une rivalité mimétique délétère entre « la nation » et ces « « communautés » aussi fantasmatiques que frauduleuses, au premier rang desquelles « l’Islam ».

Il n’y a pas d’autre voie pour sortir de ce péril qui nous ronge que de renoncer aux discours de haine quels qu’il soient. Et de s’engager dans un salutaire aggiornamento rhétorique, éthique et idéologique.

Il faut en finir enfin avec tous ces discours qui ne visent qu’à segmenter l’humanité et la France en particulier selon des critères ethniques, néoracialistes, sexistes ou religieux.

Cesser d’opposer les « méchants blancs » dominateurs, racistes et colonialistes, aux malheureux Noirs et Arabes discriminés, stigmatisés, exploités. Il faut mettre un terme définitif à ces discours fondés exclusivement sur la haine anticolonialiste, près de 60 ans après l’enterrement des colonies.

Il faut en finir avec ces discours pseudo historiques érigés en stéréotypes néocolonialistes, comme ces fantasmes paranoïaques de « choc des civilisations » qui opposent « les racines chrétiennes de la France » à « l’islam guerrier et conquérant ».

Parce que même si la culture française et européenne doit beaucoup à son passé chrétien, et même si l’Islam a été et continue (du moins pour son versant politique) d’être une religion conquérante, la très grande majorité des Français de confession musulmane aujourd’hui ne se définissent pas selon un projet de conquête. En revanche, c’est clairement le but que poursuivent les islamistes, qui voudraient les entraîner dans ce funeste projet en utilisant les frustrations et ressentiments d’une partie d’entre eux comme levier d’endoctrinement et d’agrégation.

Comme il faut en finir avec ces vieux clichés féministes qui opposent sans cesse « les mâles dominants harceleurs et violeurs » aux femmes, éternelles victimes par essence. Car ces clichés ne servent pour une poignée de féministes névrosées qu’à justifier leur haine viscérale de la gent masculine.

Et accessoirement l’assujettissement de la femme selon la charia ! Une charia dont certaines féministes schizophrènes se font les apôtres lorsqu’elles défendent le voile islamiste au nom des « droits des femmes ».

Idem dans une moindre mesure pour les droits LGBT. Une fois le mariage pour tous, l’adoption et les PMA votés, il est inutile voire dangereux de définir les identités personnelles selon le critère très discutable de l’orientation ou de l’identité sexuelle. Car cela ouvre la porte à des phénomènes de stigmatisation en retour. L’homophobie pénalisée et les discours homophobes réprimés, ceux-ci reviennent fatalement comme un retour du refoulé, dès que les mécanismes de décompensation et de stigmatisation mimétique reprennent le dessus sur la répression des discours. En France, les actes homophobes augmentent de façon préoccupante. Dans d’autres pays comme la Pologne, l’homophobie d’Etat est désormais un fait avéré et soutenu par la population.

Et que dire ce ces humoristes et marchands de soupe du politiquement correct qui font leur beurre sur les thèmes éculés des races et de la couleur de peau ? Et qui opposent jusqu’à l’indigestion les clichés sur les Noirs, les Arabes, les Asiatiques et les Blancs forcément racistes.

Il faut sortir enfin de ces tentations qui consistent à se raccrocher en permanence à une appartenance réelle ou supposée à une race, une origine, une religion, une communauté. Il ne suffit pas pour conjurer le spectre du racisme tel un sorcier vaudou de rappeler sans cesse pour s’en convaincre que « les races n’existent pas, puisqu’il n’existe qu’une seule race : la race humaine ! » La science prétend une chose aujourd’hui, tout en ayant prétendu exactement le contraire pendant des siècles. La mauvaise conscience est passée par là après les horreurs des camps nazis. Et la science qui y a étroitement collaboré en est aujourd’hui pétrie.

Non seulement il n’y a pas de race, mais ce qu’il faut rappeler avec force et conviction, c’est que l’humanité est UNE ET INDIVISIBLE. Comme l’est notre République. Laquelle porte l’Idéal humaniste et démocratique appelé à fonder l’humanité future.

Il ne s’agit pas de nier les différences objectives, comme certains schizophrènes de l’antiracisme atteints de cécité obsessionnelle à la seule évocation d’un « Noir » ou d’un « Jaune ». Mais d’admettre que toutes ces différences sont RELATIVES.

Et surtout de choisir de nous concentrer sur ce qui nous unit, ce qui nous relie, plutôt que sur ce qui pourrait nous opposer.

Encore une fois, la différence devrait toujours être le moteur et le sel de la relation, jamais un motif de suspicion, de jalousie ou de conflit.

Quant aux religions, si beaucoup croient trouver leur salut face aux désordres du monde dans un retour à des formes de pratique fondamentaliste, ou en construisant leur identité personnelle sur le seul critère des convictions ou d’appartenance religieuses communes, ils se trompent de siècle !

Chaque religion porte en elle une perspective vers l’Universel. Le message chrétien proclame la différence radicale entre le pouvoir politique et le spirituel, entre l’Empire et le Royaume des cieux, qui « n’est pas de ce monde ». En cela, il laisse le Ciel ouvert mais non pas vide. Il trace une perspective d’évolution et de salut offerte à l’homme, qui va des détermines et asservissements séculiers vers un « à venir » de paix et d’amour partagés au-delà du temps et de l’espace social. Il s’abstient toutefois d’en subordonner l’accès à un conformisme normatif qui devrait nécessairement se concrétiser dans un modèle exclusif d’organisation des sociétés et de direction des peuples.

Hélas les empires chrétiens ont dès le début trahi cet Idéal. En affirmant au contraire que le Salut ne pouvait passer que pas l’allégeance à Dieu, à l’Eglise et à l’Empire, Rome et Byzance ont érigé des dogmes tout aussi normatifs et justifié une autorité tout aussi implacable que ceux dont le message initial était supposé affranchir. Et cédé à la tentation totalitaire en concluant une alliance contre-nature entre les pouvoirs spirituel et temporel.

Dans son projet social et politique, l’Islam s’inscrit dès l’origine en parfaite opposition avec le message chrétien. A un projet émancipateur d’odre dynamique tourné vers le Ciel s’oppose un projet normalisateur d’ordre totalitaire et de soumission totale à Dieu. Un universalisme politique et idéologique qui réduit, assigne et assujettit au lieu de libérer, de réconcilier et d’élever .

Rien n’échappe à cette subordination théocratique, reflet de la Soumission à Allah : croyances, théologie, rites, vie politique, sociale, institutionnelle, économique, familiale, professionnelle, sexuelle, relations entre hommes et femmes… Il oppose radicalement le « croyant » aux « mécréants », lesquels sont voués à la destruction, la soumission ou l’esclavage.

L’Islam, c’est l’absence totale de liberté et de dignité hors de l’Oumma et des canons de la charia.

C’est l’exact opposé aussi de notre idéal démocratique, fondé sur l’Etat de Droit, l’Egalité, le Bien commun, le respect radical de la vie et des convictions privées. Un Idéal construit sur l’alliance du christianisme et de l’humanisme, du Logos divin et de la Raison humaine. Les notions inscrites dans les droits de l’homme et le projet républicain – état de droit, séparation des pouvoirs, primat de l’individu, liberté devant la loi, égalité de tous, fraternité et même laïcité sont toutes un lointain héritage de principes inscrits en germe dans le message émancipateur des Évangiles .

L’Idéal républicain aspire aussi lui aussi à l’Universel. Mais un universel fondé sur l‘humanité et non le Cosmos. La question de la Transcendance divine est renvoyée à la sphère privée. Et les convictions personnelles en la matière sont inaliénables, selon le principe de liberté de conscience.

Un des pires avatars de cet Idéal démocratique, c’est le communisme. Une perversion du principe émancipateur de Liberté au bénéfice de celui de dictature du prolétariat. Un système idéologique et politique fondé sur une athéisme radical, qui remplace toute référence possible à une Transcendance divine par celle du Collectif. Et le mythe eschatologique de la Parousie par celui de la Révolution comme moteur de la Fin de l’Histoire et Avènement d’un société fondée sur la justice social et le bonheur matérialiste. Une impasse totale qui a démontré sa violence au cours du siècle dernier.

Son pendant exact, sur lequel il se construit en miroir, c’est le capitalisme. Dont l’ultralibéralisme constitue l’ultime avatar contemporain, sous la forme d’une société hyper productiviste et matérialiste condamnée à une croissance irraisonnée, à une obsolescence programmée et un renouvellement incessant des produits, à une sanctification des échanges au service d’une concentration maximale des richesses, à la dilution des tous les liens sociaux dans un individualisme exacerbé, une hyper concurrence des modèles identitaires, et une utopie postmoderne de bonheur narcissique, technologique, voire transhumaniste voué à la déshumanisation totale des individus réduits au seul rôle d’esclaves ou de robots.

Ce modèle a clairement remplacé toute idée de transcendance divine par la seule allégeance au dieu Mammon – l’Argent – et substitué à toute promesse d’émancipation individuelle par le Collectif celle d’un accomplissement factice de chaque individu comme travailleur-consommateur entièrement au service Marché.

Ce système est en train de conduire l’humanité à sa perte en accentuant jusqu’au paroxysme les violences mimétiques, les inégalités et injustices entre les hommes, en décimant toutes les espèces et en ruinant les grands équilibres écologiques.

Nul ne peut dire aujourd’hui si l’une des conséquences de la mondialisation aux cours des décennies ou siècles à venir sera la disparation totale des religions. Ce qui est en revanche certain, c’est qu’une identité nouvelle et universelle est déjà en cours d’émergence pour le genre humain : celle d’humain, de terrien, de « citoyen du monde » disent certains.

Une identité dont la réalité est pour le moment occultée par l’appartenance à d’autres identités, la première d’entre elles étant la nationalité.

La rapidité et la violence de cette mondialisation, ajoutées à la conscience des multiples périls qui menacent les peuples et l’humanité (périls écologiques, périls sanitaires, périls économiques, politiques, technologiques, cosmiques…), nourrissent une angoisse existentielle et entraînent des phénomènes de replis identitaires. Le repli nationaliste et le repli communautaire de type religieux n‘étant pas des moindres.

Ces phénomènes, essentiellement réactifs, seront de courte durée. A mesure que la mondialisation se sera plus perçue comme un danger, un phénomène exclusivement économique ou institutionnel promu par une élite au pouvoir, mais comme un phénomène d’unification et d’élévation de la conscience planétaire, de dépassement des conflits mimétiques, des peurs et mécanismes d’appropriation qui les nourrissent au bénéfice d’une nouvelle ère de paix et de coopération entre les peuples, celle-ci finira par susciter un engouement et une confiance supérieurs aux angoisses et aux replis qu’elle suscite aujourd’hui.

A ce titre, tous les discours qui tendent à renforcer les phénomènes de cristallisation identitaire, au premier rang desquels les discours islamo-gauchistes, indigénistes, racialistes, etc… vont dans le sens inverse de l’Histoire et empêche une prise de conscience plus vaste et confiante de l’avenir.

C’est d’ailleurs bien pour cela que ces discours et ces modèles d’agrégation identitaire sont instrumentalisés par les progressistes comme Macron et ses sponsors, qui ne rêvent de dynamiter les états-nations au profit d’institutions supranationales et bientôt mondiales comme l’UE ou l’OMC. Le communautarisme joue pour eux le rôle d’opposant aux réflexes de régression nationaliste ou de durcissement républicaniste face à une mondialisation qu’ils voudraient strictement économique et financière, en vue d’instaurer une dictature mondiale du Marché.

En conclusion, la seule issue, le seul avenir, le seul modèle, le seul rempart à tous les périls pour la France, pour l’Europe et pour le monde, est d’ores et déjà inscrit dans l’idéal universaliste républicain.

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La France n’a pas à rougir de son modèle. Mais elle doit urgemment en retrouver la valeur et le sens authentiques. Parce que ce modèle, celui de la démocratie universelle, est précisément la matrice de la civilisation mondiale, la seule possible, à laquelle nous sommes destinés.

Mais pour parvenir à cette résurrection, nous devons impérativement tourner le dos à nos peurs et à nos orgueils. Et nous ouvrir avec confiance au monde.

Le réflexe de repli nationaliste est la pire chose pour nous. Parce qu’il nous enfermerait dans un rêve d’une France qui n’a jamais existé. L’idée de la France a toujours été universaliste. Du temps des rois et des empires, elle s’est opposée à d’autres modèles en Europe, portés par d’autres familles régnantes. De Charlemagne à de Gaulle, en passant par Louis XIV et Napoléon, la France a toujours eu un destin et un projet universel, émancipateur et fédérateur.

Les valeurs résumées dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, portées par une République née dans le sang, le monde se les est appropriées avec la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, promulguée en 1948 au terme de deux guerres mondiales et plus de 100 millions de morts.

Ce sont ces idéaux, éprouvés depuis plus de 200 ans et adoptés par de multiples nations, qui fondent les bases de l’humanité unifiée et réconciliée de demain.

Pourquoi il faut absolument réformer l’Islam

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L’enjeu d’une formation des imams et d’une réforme radicale de l’Islam en France n’est ni religieux ni juridique, il est civilisationnel.

Pour comprendre les véritables enjeux, il ne suffit pas de regarder les choses du point de vue de la seule République, en considérant l’Islam (l’islamisme) comme l’agresseur, et la République en situation de défense. Ce qui conduirait immanquablement à une opposition, une rivalité, un affrontement. Et à creuser davantage le fossé que les islamistes veulent établir entre la France ou l’Etat et « les musulmans ».

Premier constat : les Français de confession musulmane sont avant tout des Français. Des citoyens comme les autres. Avec la même valeur, le même statut, les mêmes droits.

Il convient de le rappeler aussi souvent que possible. Et de s’adresser en priorité d’abord à eux quand on parle d’Islam ou d’islamisme, afin d’éviter qu’ils se sentent exclus ou stigmatisés. De rappeler que toute volonté de réformer l’Islam n’est pas une manière de les « stigmatiser », comme les islamistes s’échinent à leur faire croire, en mentant pour diviser.

La réforme de l’Islam est un projet qui vise d’abord à les protéger ! Les protéger de ceux qui prétendent justement prendre leur défense, mais veulent en réalité leur faire peur, les faire douter, les victimiser, les forcer à se réunir dans une « communauté » imaginaire, pour se servir d’eux ensuite contre une République qu’ils haïssent.

Les islamistes en vérité se contrefichent des Français musulmans. Ils n’utilisent ce mot « musulman » comme un mot-valise que pour nourrir et fédérer les peurs, endoctriner, instrumentaliser et séparer.

A l’opposé, la République dit aux Français musulmans : « Vous êtes des citoyens. Des citoyens français. Vous avez les mêmes droits que les autres citoyens. La République ne fait aucune différence entre ses enfants. Vous êtes totalement libres d’adopter la religion qui vous convient et de la pratiquer, ou aucune. Tant que vos croyances et vos pratiques ne portent pas atteinte aux autres citoyens, à l’unité de la République, à l’ordre public, aux libertés individuelles. »

Regardons les choses plutôt du point de vue de l’Islam.

Quel est l’état de l’Islam aujourd’hui ? Si tant est que ce mot recouvre une réalité homogène.

Inutile de tourner autour du pot : l’Islam vit aujourd’hui une crise majeure, paroxystique. Celle-ci n’est pas nouvelle mais elle est exacerbée. Les prurits de cette crise se nomment islamisme, salafisme, djihadisme, violence, terrorisme, attentats, massacres, persécutions, viols, esclavage…

Qu’en est-il d’une lune de miel possible entre l’Islam et la République ?

Sur ce sujet comme sur d’autres nos intellectuels français pèchent souvent par ignorance, idéalisme ou irénisme. Parfois par déni de réalité, duplicité, complaisance. Autant de « péchés » intellectuels souvent dictés par la mauvaise conscience postcoloniale, nourri du rêve fusionnel d’une humanité qui aurait atteint son universalisme selon des idéaux d’émancipation et de fraternité partagée, ignorant des résistances, des blocages, des différences.

Autant éviter d’argumenter : croire naïvement que l’Islam peut s’acclimater aussi facilement à la République, à la laïcité, que le judaïsme sous l’Empire ou la religion catholique il y a un siècle, c’est méconnaître totalement la réalité et la spécificité de l’Islam d’aujourd’hui.

Car aux dires des islamologues honnêtes, l’Islam, dans ses fondements théologiques, idéologiques et juridiques, est RADICALEMENT incompatible avec la notion d’état de droit, avec la démocratie, comme avec la République.

Pour s’acclimater, l’Islam doit muter, se réformer en profondeur. Ce qui suppose d’abandonner bon nombre de ses postulats établis il y a 13 ou 14 siècles. Et pour une large part figés dans leurs grandes lignes dogmatiques depuis le 11e siècle. Il ne pourra jamais s’acclimater à la réalité du monde contemporain, encore moins à celle de sociétés démocratiques et postmodernes comme la nôtre, sans un sérieux aggiornamento de ses dogmes, de ses croyances et de ses valeurs.

Sans parler des conflits entre le monde musulman et « l’Occident » ou les autres nations à l’échelle du monde, rien qu’en France, même l’Islam le plus modéré ne pourra jamais sortir par magie, sans un profond regard sur lui-même, d’une position réactive par rapport à « l’Occident ». Certains mouvements musulmans réformistes ou progressistes le font, mais ils sont ultra minoritaires, même en France.

Dans l’imaginaire véhiculé dans beaucoup de discours, l’Occident est souvent présenté comme un ennemi ou l’archétype de la « décadence ». Parce qu’il regroupe des nations chrétiennes donc « impies ». Parce qu’il représente l’ancien colon ayant détruit l’orgueil et la culture des peuples conquis. Parce qu’il regroupe aujourd’hui des sociétés fondées sur la modernité, le rationalisme, le matérialisme, l’individualisme, la laïcité, le relativisme culturel, et donc l’abandon de la soumission à Dieu.

En réalité l’Islam est incapable de prendre la mesure de sa propre décadence. Laquelle a commencé dès le 11e siècle et ne s’est jamais interrompue depuis. Parce qu’il a décidé de figer son dogme à cette époque, il s’est rendu lui-même incapable de s’adapter aux évolutions du monde qu’allaient porter l’essor de l’humanisme de la Renaissance, puis le Siècle des Lumières, et enfin de la société industrielle puis post-industrielle jusqu’à aujourd’hui.

L’islam vit donc dans un ressentiment puissant, fait de fascination-haine, de désir d’appropriation et de vengeance, face à l’Occident.

Pourtant, il ne voudrait pour rien au monde renoncer à ses apports « civilisateurs », en particulier son savoir-faire technologique : sa maîtrise de l’énergie, son urbanisme, son confort moderne, sa médecine, ses belles voitures, sa société numérique et ses nombreux gadgets… Mais emprisonné dans un rapport schizophrène à l’égard de l’Occident, l’Islam demeure profondément incapable d’en copier les infrastructures politiques, institutionnelles, juridiques.

Comme la notion d’état de droit, d’individu, de démocratie, d’égalité de statut des citoyens d’une même nation, de droits humains ou d’un universalisme fondé sur l’humain et non Dieu et la Charia. Autant de principes fondateurs de nos démocraties, mais qui viennent toutes se heurter frontalement à une volonté originelle de l’Islam d’imposer une emprise totalisante et totalitaire de la religion sur les personnes, sur les pouvoirs et sur tous les aspects de la vie en société.

Autant aujourd’hui qu’hier, l’islam c’est vraiment la soumission totale de tout et de tous à un Ordre totalitaire imposé par un dieu. Un modèle ontologique, idéologique, culturel, social, politique, juridique et institutionnel propre aux sociétés tribales les plus archaïques. Et qui quoiqu’on en dise et malgré ses nombreuses variantes, des plus tolérantes aux plus rétrogrades, n’a fondamentalement pas varié d’un pouce en profondeur depuis 1300 ans.

Pour preuve : toutes les tentatives d’importer la démocratie et l’état de droit au cours du 20e siècle dans les états arabes ou musulmans « modernes » se sont soldées par des échecs : dictatures militaires, souvent renversées par des guerres civiles, précédant l’accession au pouvoir des islamistes. Egypte, Algérie, Tunisie, Libye, Turquie, sans parler de l’Iran, c’est toujours peu ou prou le même scénario.

Avec à la clé un ressentiment accru et un désir de destruction encore plus grand vis-à-vis de l’Occident honni, rendu responsable de tous les maux et de ses échecs. Il est vrai que les manœuvres de la CIA ne sont pas toujours étrangères à ces revirements politiques funestes pour les peuples qui en payent les frais.

Ce cycle tragique des échecs et de la violence, cette incapacité à évoluer et se réformer, à se positionner autrement que dans un rapport de jalousie mimétique par rapport à l’Occident, est nourrie par une référence permanente au fameux « Âge d’or de l’Islam ». Un mythe à propos duquel bon nombre d’historiens sérieux s’accordent aujourd’hui à reconnaître qu’il n’a jamais existé. Mais qui demeure néanmoins très puissant dans l’imaginaire collectif arabo-musulman. Comme la référence à la puissance hégémonique du Califat, que des néo-sultans autoproclamés comme le dictateur islamiste Erdogan rêvent aujourd’hui de restaurer.

Un rêve d’autant plus artificiel que la splendeur passée de l’empire ottoman comme des autres dynasties « islamiques » doit en vérité beaucoup moins à l’Islam lui-même comme éventuel ferment civilisateur, qu’à la culture et à l’intelligence des sultans et des empereurs successifs, arabes, perses, ottomans, mongols, leur ouverture à l’Occident, ou à d’autres aires civilisationnelles à la périphérie orientale, méridionale ou septentrionale de ces empires.

Il y a longtemps que nous n’en sommes plus à l’époque des conflits hégémoniques et des coopérations entre grands empires. La « mondialisation », qui a commencé avec la chute des grands empires européens et les deux conflits mondiaux qui ont suivi au cours du siècle dernier, est aujourd’hui en passe de s’achever.

On aurait tort de voir dans cette mondialisation un phénomène uniquement économique. Même si c’est bien par le biais de la globalisation des marchés et la financiarisation de l’économie mondiale que celle-ci a connu le formidable coup d’accélérateur que nous subissons. Celle-ci n’a pas non plus entraîné comme on l’annonçait un nivellement culturel, au point de broyer les identités ou de normaliser tous les aspects de la vie à l’échelle de la planète. Au contraire, la mondialisation a attisé une prise de conscience et une affirmation des particularismes locaux, régionaux, nationaux.

Cette mondialisation est en grande partie achevée. En partie seulement : les référents qui orientent la conscience planétaire ne sont pas encore uniformément partagés. Quant à l’ouverture de cette conscience sur les enjeux humains à l’échelle du monde, elle est loin d’être partagée au même niveau individuellement. D’où les replis identitaires que nous connaissons, qui sont des phénomènes réactifs normaux face au sentiment de perte de repères et de brouillage identitaire.

Quant au « Choc des civilisations », celui-ci non plus n’a pas lieu. Et n’aura jamais lieu. Parce que « les civilisations » n’est plus au 21e siècle une grille de lecture pertinente pour comprendre les évolutions du monde.

L’enjeu du 21e siècle c’est l’émergence d’une civilisation mondiale, unifiée, pacifiée, consciente de son destin commun et de la place de chacun. On aurait donc tort de vouloir envisager les relations entre l’Islam et l’Occident par le prisme des conflits de civilisations. D’autant que l’Islam aujourd’hui n’a absolument plus les moyens de prétendre « civiliser » quoi que ce soit, a fortiori le monde. Il n’en a ni les outils intellectuels ou philosophiques, ni la capacité charismatique, ni l’expérience, ni la faculté à s’adapter à la réalité et aux enjeux du siècle.

La seule question qui vaille, ce n’est pas « Quelle civilisation va l’emporter contre une autre ? », mais « Comment allons-nous réussir à faire civilisation tous ensemble ? »

Pour l’heure nous manquons cruellement de recul : nous sommes surtout piégés par nos peurs et obnubilés par les phénomènes de repli.

Les religions n’échappent pas à ces phénomènes de revendication et de reconnaissance identitaire. Sauf que l’Islam est totalement incapable aujourd’hui de fédérer comme il le voudrait des identités métissées ou superposées par le brassage des modèles culturels. Parce qu’il n’a quasiment pas évolué depuis un millénaire, qu’il a raté le cap de la modernité, et se voit a fortiori impuissant à offrir quelque modèle de compréhension que ce soit de cette postmodernité à laquelle il ne comprend plus rien.

En outre, en ce 21e siècle, émerge un phénomène nouveau et capital dans l’Histoire humaine, favorisé notamment par la société mondiale de l’information et l’essor de la mobilité : l’avènement d’une conscience collective planétaire. Or cette conscience est évidemment définie par les codes des mediums qui la porte : ceux de la technologie numérique, d’une jeunesse largement ouverte à l’autre et au monde, formée dans des universités internationales, qui partagent la même langue – l’anglais – les mêmes codes sociaux, de langage, de comportement, de consommation, une culture commune, profondément métissée, des loisirs communs…

L’Islam traditionnel paraît un archaïsme médiéval totalement déconnecté des attentes, des usages et des valeurs de cette jeunesse qui fera le monde de demain.

D’où en partie cette tentation qui le traverse de régression violente vers des schémas identitaires et idéologiques radicaux, fondamentalistes, la projection dans une vision messianiste, apocalyptique, où seule la destruction de l’autre en même temps que de soi-même pourrait permettre un fantasmatique Relèvement dans un monde imaginaire, justifié par un dieu vengeur aux polarités inversées, une icône de la Destruction totale.

Hélas pour ceux qui en sont les adeptes comme pour nous qui en subissons les contrechocs, l’Islam est aujourd’hui une religion à l’agonie. Il n’y a aucune issue sinon l’Anéantissement global mis en scène comme un feu d’artifice suicidaire.

Comme l’hitlérisme et son rêve de IIIe Reich a conduit à l’anéantissement de l’Allemagne avant que celle-ci ne précipite le monde dans les ténèbres, comme l’effondrement du stalinisme puis de l’empire soviétique a ruiné une partie des nations qui en étaient esclaves et failli précipiter le monde dans l’holocauste nucléaire, comme les ploutocrates ultralibéraux pourraient à leur tour précipiter l’humanité dans un chaos de violences et d’injustices jamais égalé, l’islamisme, à supposer qu’il arrive un jour à prendre le pouvoir partout sur terre, précipiterait le monde et tous les peuples dans un anéantissement assuré.

D’abord en exterminant Israël et tous les Juifs, son ennemi obsessionnel. Puis en décimant les « nations impies », à commencer par les chrétiens, puis les Chinois, les Indiens, et tous ceux qui s’opposeraient à leur volonté de conquête totalitaire. Et bien sûr au passage tous les « mécréants » déclarés parmi les musulmans qui refuseraient de se conformer à leur vision univoque et dictatoriale de l’Islam. Puis ils finiraient par s’entretuer entre eux, comme dans les procès de Moscou ou dans la folie d’épuration des nazis.

L’enjeu d’un Islam de France est donc primordial. Parce que si ce défi aboutit, il pourrait être une matrice possible pour un Islam réconcilié avec les valeurs humanistes et démocratiques. Certes, ce ne serait plus vraiment l’Islam, ce serait autre chose. Mais après tout les religions ne sont que des créations humaines destinées à évoluer ou être remplacées.

Il n’y a aucune autre voie pour l’Islam, en France, en Europe et dans le monde. Si des musulmans ne font pas le choix conscient de réformer radicalement l’Islam, celui-ci disparaîtra de sa belle mort. Ou dévoré par sa frange la plus radicale, son ressentiment et sa soif de pouvoir, il entraînera le monde dans le chaos

Le chant trompeur de La Laïcité

Beaucoup de ceux qui voudraient faire reculer l’islamisme se contentent de sauter sur leur chaise en criant « Laïcité ! Laïcité ! »

Mais la laïcité n’est ni une recette magique, ni une panacée.

Elle n’est que l’un des principes, essentiels, qui fondent notre démocratie. Mais qui n’a aucun sens ni aucune utilité s’il n’est pas relié aux autres.

Beaucoup aussi, selon une mauvaise compréhension de ce principe de laïcité, se cabrent dès qu’on évoque une possible ingérence de l’Etat dans les questions religieuses. Notamment en ce qui concerne le contenu des cultes, la formation des imams ou le financement des mosquées. Oubliant au passage qu’en France, l’Etat se mêle de religion de façon interrompue depuis 1789, et bien avant si l’on évoque l’Ancien régime.

Comme si les religions étaient une maladie honteuse dont l’Etat ne devrait surtout pas se mêler, au risque de se faire happer par un spectre ou contaminer par un virus plus dangereux que le coronavirus.

Soyons sérieux. Et surtout objectifs. Non seulement l’Etat peut mais il DOIT à tout prix se mêler de religion. Surtout de l’Islam, qui livré à lui-même, et donc aux islamistes, ne peut être qu’un ferment de chaos et de division ! Au nom des principes qu’il incarne et des pouvoirs régaliens qu’il exerce, l’Etat est le garant de l’ordre public, de l’unité de la nation, des libertés individuelles, de la loi et de l’ordre républicain.

Précisions.

La laïcité, ce n’est ni la passivité, ni la soumission, ni la complaisance.

La laïcité – selon la Loi de 1905 – c’est la « neutralité » de l’Etat par rapport aux religions, notamment en matière de financement.

La neutralité, ça n’est pas la démission.

De plus, la laïcité n’est pas l’Alpha et l’Oméga de la République…

La République repose sur d’autres piliers, d’autres principes essentiels, que l’Etat a le devoir impératif de défendre quand ils sont menacés :

L’Etat de droit. C’est à dire l’obligation de tous de se soumettre à la loi civile. Quand l’islamisme qui hait la démocratie voudrait détruire celle-ci et imposer à terme une théocratie à la place de la République.

L’unité et l’indivisibilité de la nation. Quand le séparatisme islamiste voudrait fracturer et diviser la société.

La cohésion nationale. Quand l’islamisme voudrait soumettre les Français de confession ou d’origine musulmane à des modèles et des lois dictés par des pays étrangers, favoriser le repli communautaire et opposer les citoyens.

La liberté de conscience et l’égalité des citoyens devant la loi. Quand l’islamisme voudrait imposer une seule religion, revendiquer un statut et des lois d’exception pour les musulmans, réintroduire le délit de blasphème et le crime d’apostasie dans le Droit Civil, sanctuariser la religion musulmane par le chantage à « l’islamophobie »…

La Fraternité républicaine et l’appartenance à la nation, laquelle passe par l’assimilation des citoyens d’origine étrangère. Quand l’islamisme voudrait privilégier les liens de l’Oumma érigée en « supranationalité ».

Les droits des femmes et des minorités, la protection des mineurs. Quand l’islamisme voudrait soumettre les femmes à un statut inférieur, leur imposer le voile islamiste dès le plus jeune âge, justifier la polygamie, le viol, les violences conjugales, le mariage forcé y compris de petites filles mineures, l’excision, mais aussi l’esclavage, l’antisémitisme, l’homophobie, l’intimidation et la menace pour tout musulman qui quitte sa religion, qui ne respecte pas le ramadan ou le halal, l’interdiction pour une femme de sortir seule, de circuler librement, d’étudier, de travailler, de voter, de postuler à des responsabilités politiques ou syndicales sans l’accord de son mari, l’endoctrinement des jeunes, la soumission des mineurs, y compris sexuelle…

La sécurité nationale et l’ordre républicain. Quand l’islamisme frériste ou salafiste voudrait justifier ou minimiser les actes terroristes, parfois avec la complicité du pouvoir, mais aussi la violence arbitraire, les menaces de mort pour les auteurs de « blasphèmes » (« islamophobes« ) ou les « apostats« , notamment les femmes, encourager la sécession, la voyoucratie, créer sur le territoire national des îlots communautaristes où l’Etat, l’administration, la Police ne peut plus pénétrer…

L’humanisme et la République sociale. Quand l’islamisme voudrait soumettre de façon absolue et totalitaire tous les humains à « Allah » et à sa « Loi » prétendument révélés par son « Prophète » .

L’universalisme. Quand l’islamisme ne connaît qu’un seul principe universel, celui de la Charia imposée à tous, et établit une distinction radicale de statut entre les membres de l’Oumma et les « mécréants » soumis à l’arbitraire, à l’esclavage ou à l’extermination.

L’aide internationale et la coopération entre les peuples. Quand l’islamisme n’est qu’un projet de conquête impitoyable de la planète, de soumission de tous les peuples à un ordre théocratique arbitraire, autoritaire et totalitaire, et de destruction méthodique par le recours à la violence ou à l’infiltration, des nations et des sociétés fondées sur les idéaux démocratiques et les droits humains.

La lutte conte les dérives sectaires, la protection des personnes et de biens. Alors que l’islamisme EST une secte parmi les plus dangereuses, organisées et déterminées à infiltrer tous les réseaux de pouvoir et tous les rouages de la société. Il devrait être inscrit sans tarder dans le Droit français comme telle. Les organisations qui diffusent cette idéologie doivent aussi être déclarées « organisations terroristes » : Frères musulmans notamment.

Voilà pour l’essentiel.

Il faudrait aussi ajouter l’indépendance des cultes avec des pays ou organisations étrangères, qui oblige aujourd’hui l’Etat à intervenir dans le financement de l’Islam en France pour interdire, contrôler, sanctionner.

Quelle organisation pour l’Islam de France ?

A noter s’agissant des liens entre l’Etat et les cultes qu’il existe toute une palette de réalités depuis plus de 200 ans en France entre le Concordat et le laxisme total pratiqué depuis 30 ans et qui nous conduit tout droit à la catastrophe.

Ainsi le Consistoire israélite de France n’est plus concordataire depuis 1905. Et même depuis 1901, date à laquelle il a été transformé en association.

Le CFCM n’est qu’un gang mafieux entièrement piloté par des pays étrangers dont l’Islam n’a rien à voir avec la réalité démographique, sociale, culturelle des Français de confession musulmane, ultra majoritaire parmi les musulmans en France. Ses représentants rivaux sont incapables de s’entendre et ne représentent absolument pas les musulmans « de base », qui détestent cordialement le CFCM. Ce « machin » doit donc disparaître et laisser la place à un véritable Consistoire National du Culte Musulman, interlocuteur unique de l’Etat qui vienne remplacer la myriade d’associations opaques et corrompues qui ne représentent que des intérêts particuliers et sont quasiment toutes aux mains des Frères musulmans.

Ce qui voudrait remplacer la laïcité bien comprise par « l’halalicité » doivent dégager. En particulier tous les imams et représentant du culte ou dirigeants d’association musulmanes étrangers, qui sont des instruments de propagation d’une idéologie hostile à la France et à ses principes.

Toutes les organisations dépendant de près ou de loin des Frères musulmans, du salafisme, de l’islamisme turc ou d’autres mouvances islamistes doivent être immédiatement dissoutes, et leurs représentants interdits de constituer d’autres associations musulmanes.

Tous les imams dépendant de ces organisations, qu’ils soient étrangers ou non, doivent être interdits d’exercer.

Quelle formation pour les imams ?

Un principe essentiel à mettre en place rapidement : tous les imams de France doivent être exclusivement de nationalité française. De même que les intervenants dans les cursus religieux et les personnes appelées à intervenir dans les mosquées.

Plus de Tariq Ramadan ou de Yusuf Al-Qaradawi en France !

Les imams français doivent être impérativement formés en France par des organismes et des intervenants français agréés par le Ministère.

L’idée d’une école nationale unique n’est pas mauvaise. Mais peu réaliste : l’islam est l’une des religions les plus éclectiques au monde. Et il est difficile d’imaginer que des imams représentant des islams différents puissent être formés au sein d’un même organisme.

Encore que cela permettrait de décloisonner les différentes composantes souvent rivales de l’Islam, en permettant à de futurs représentants religieux de se connaître et de dialoguer.

Quoi qu’il en soit, même si plusieurs organismes séparés sont amenés à former les futurs imams, il est absolument nécessaire que les cursus de formation soit uniformisés de façon à proposer un même « tronc commun » permettant de partager les mêmes connaissances, la même vision et les mêmes valeurs.

Les contenus et méthodes de formation doivent tous faire l’objet d’un agrément et d’un contrôle rigoureux, y compris dans le détail des formations théologiques. Non sur le fond (les points de dogmes et de foi), mais sur leur conformité avec les lois de la République.

Ceci n’est pas seulement essentiel pour garantir que les imams n’enseignement pas des principes « coraniques » contraires aux lois républicaines. Mais aussi parce tout l’enjeu de l’émergence d’un véritable « Islam de France » dont on parle depuis 30 ans mais qui n’a jamais existé, c’est de permettre justement à l’Islam en France de s’acclimater aux réalités historiques, éthiques, philosophiques, culturelles, sociales, juridiques, institutionnelles et politiques qui fondent la République.

Une formation de culture générale comprenant notamment des éléments sur l’Histoire des civilisations islamiques, une typologie des différents islams présents aujourd’hui dans le monde, l’Histoire de la France et de l’Europe, l’Histoire des grandes religions, l’Histoire de la démocratie, celle de la République française, une formation au grands principes du Droit, à la laïcité, à la prévention de la radicalisation…

Ce n’est qu’à cette condition que l’on pourra court-circuiter l’entrisme islamiste dans les mosquées et les instances représentatives de l’Islam en France.

Toutes les mosquées salafistes ou fréristes doivent être immédiatement fermées.

Un gros effort de l’Etat doit en revanche être mené pour faciliter, recadrer, contrôler la création de nouvelles mosquées par des organismes et représentants agréés. Afin de palier l’énorme déficit de lieux de culte musulmans en France et d’éviter la multiplication anarchique de lieux de cultes clandestins, foyers de radicalisation parce que souvent aux mains d’islamistes radicaux.

Toutes les mosquées de France doivent être étroitement surveillées. Avec si possible une présence policière devant chaque lieu de culte destinée à rassurer les populations contre le risque d’actes anti-musulmans mais aussi de marquer la présence de l’Etat républicain à l’extérieur des lieux de culte.

De même les réseaux associatifs créés et animés autour des mosquées doivent être surveillés et démantelés en cas de danger.

Des liens étroits dépourvus de corruption doivent être établis avec les mairies, les administrations, les services sociaux, de Police ou de gendarmerie. Afin d’assurer la sécurité, l’ordre public, le respect des lois, l’insertion des populations dans le tissu local, social, économique, culturel, en prévenant tout phénomène d’enfermement communautaire et de ghettoïsation des quartiers.

Remettre la République au corps de l’Education

Bien sûr toutes les écoles coraniques hors contrat, déclarées ou non, doivent être dissoutes. Leurs professeurs et dirigeants interdits d’exercer.

Les élus locaux qui les subventionnent de façon illégale doivent être poursuivis, soumis à de lourdes sanctions pénales et destitués de leur mandat.

Afin de garantir le droit pour les parents à éduquer leurs enfants s’ils le souhaitent hors de l’école publique comme la loi le prévoit, des contrôles scolaires réguliers doivent être mis en place afin de vérifier que les enfants concernés acquièrent les bonnes connaissances requises, et ne subissent pas malgré eux un endoctrinement idéologique et religieux de la part de leur milieu familial, communautaire ou éducatif.

En pareil cas ils doivent être confiés à l’école de la République.

Les contrôles pour les écoles « musulmanes » hors contrat autorisées à exercer devront être très fortement renforcés. Notamment quant aux aspects logistiques et sanitaires, à la répartition des matières enseignées, aux contenus éducatifs, méthodes, manuels, enseignants, outils d’évaluation, aux financements et à la gestion : tout doit être passé au crible.

L’ouverture et la gestion d’écoles religieuses clandestines doivent être considérées comme un crime majeur et très lourdement sanctionnées. Assimilées à des dérives sectaires, des formes d’abus, d’endoctrinement et d’emprise psychologique, de sécessionnisme : des menaces éminemment graves pour la liberté, l’intégrité et la santé psychologique d’enfants mineurs, comparables à des formes d’abus sexuels ou de pédophilie.

Dans les cas les plus graves, ces enfants devront être retirés de leurs parents et confiés à des institutions spécialisées.

Halal : Halte aux mafias islamistes !

Les institutions du halal en France doivent être centralisées en une seul organisme officiel dépendant du Consistoire national. Ce n’est plus la loi du marché qui doivent prévaloir en matière de certification.

Une manne qui profite jusqu’à présent en majorité aux islamistes. Et leur sert notamment à financer le « djihad judiciaire« .

Comme pour le financement des mosquées et des organisations musulmanes par des pays étrangers, cette source de financement de l’endoctrinement islamiste en France et ce moyen de contrôle des esprits par le halal doit être asséché.

Ceux-ci une fois leurs institutions dissoutes ne pourront plus prétendre faire main basse sur ce juteux marché, qui ne pourra être confié qu’à des organismes et représentants agréés par l’Etat.

Comment la gauche a inventé « le musulman »

L’islamo-gauchisme n’a pas seulement idéalisé l’Islam, un Islam dont il ignore à peu près tout, il a littéralement inventé une nouvelle figure : « le musulman ».

Dans une société qu’ils avaient contribué à séculariser, reléguant le religieux dans les geôles de la « sphère privée », les islamo-gauchistes ont réinventé une sacralité en faisant de « l’Islam » une religion intouchable et du « musulman » un être paré de tous les attributs de la pureté. Mieux qu’un bon sauvage, une sorte d’humain entier que sa foi aurait préservé de toutes les corruptions du colonialisme, de la modernité et de la mondialisation.

Dans l’imaginaire de cette gauche égalitariste et anticolonialiste, pétrie de mauvaise conscience et de ressentiment introjecté, le « musulman » est en effet revêtu de toutes les vertus archétypiques de « l’homme de foi » : un modèle forgé justement selon les stéréotypes d’une catholicité policée revisitée.

Sa volonté de se préserver des pollutions d’une société démocratique décadente et de vivre en retrait sinon en autarcie en se gardant de toute perversion occidentale en fait un archétype de la sagesse, de la mesure, de la force de caractère et de la vertu, à une époque où la perte d’identité et le brouillage des repères nourrissent toutes les violences.

Les islamo-gauchistes, comme les progressistes, sont les fervents partisans du communautarisme. Bien qu’ils clament que tous les hommes sont égaux, ils pensent qu’ils le sont d’autant plus que chacun reste prudemment chez soi.

A une époque où il n’y a plus de sacralité partagée, il est d’autant plus aisé de sacraliser les différences. Or quand son propre rapport au sacré est perturbé parce qu’on demeure prisonnier de la mauvaise conscience, la seule issue est de projeter sur l’autre ce désir qu’on refoule.

Ainsi ce que cette gauche athée avait cru refouler dans les ténèbres obscurantistes – l’homme de foi, le croyant, le lien vécu avec une Transcendance – elle le fantasme de façon positive chez le « musulman ». Un « croyant » dont la foi et la vitalité primordiales n’auraient pas été corrompues par les perversions occidentales liées à l’avoir, au pouvoir et à la cupidité prédatrice.

Car chacun sait que dans l’imaginaire occidental, le « musulman », et plus largement « l’Orient », représentent le contraire du matérialisme, de l’individualisme, de la dénaturation scientiste : le détachement, la dilution de l’ego dans le Collectif, le lien avec la nature comme avec le spirituel. L’exact contraire de notre société décadente tout entière tournée vers la frénésie consumériste, la possession exclusive des richesses, l’individualisme forcené, la déconnexion d’avec la terre-mère et la perte du Sens.

« Le musulman » est donc le sous-produit de la mauvaise conscience occidentale. Un fantasme total qui opère à plein régime face à l’impossible retour aux origines spirituelles d’un Occident dont la simple évocation des « racines chrétiennes » devient un casus belli.

Ainsi ces pieuses femmes voilées qui errent dans les rues comme des fantômes sont fantasmées comme de vertueuses bonnes sœurs, la répression sexuelle en moins puisqu’elles sont aussi épouses et mères. Le port de cet accoutrement n’est aucunement la marque d’un « état sauvage », encore moins d’un étendard politique, mais celle d’une forme de civilité perdue, à la fois simple et naturelle. Et surtout égalitaire : le rêve des gauchistes. Elle s’oppose aux icônes classieuses et décadentes des femmes-fauves des magazines. Et à la customisation à outrance des corps et des apparences. Le voile, c’est la version 2.0 du col Mao.

Toute cette mythologie inversée est d’autant puissante qu’elle est inconsciente.

Fantasmé comme un être spirituel et civilisé, le « musulman » est donc incapable de toute violence. Puisque dans l’imaginaire « new age » des boomers occidentaux « Spiritualité = Peace & Love ».

Il y a du Pierre Rabhi chez tout musulman tel que le voit cette gauche nourrie de tiers-mondisme, d’antiracisme et d’écologie. Et donc tout discours qui prétend accoler la violence commise au nom d’Allah à l’Islam est forcément faux ou « ignorant » du « véritable » Islam : lequel n’est que spiritualité pacifique et amour du prochain.

En réalité, en inventant « le musulman », une gauche « humaniste » oublieuse de ses racines culturelles et spirituelles réinvente dans un avatar fantasmé la matrice chrétienne qui l’a longtemps nourrie et qu’elle avait cru bon de jeter aux oubliettes de l’Histoire au nom du Progrès. Dans une volonté idéaliste, œcuménique, irénique, totalement déconnectée du Réel.

Car bien évidemment ces fameux droits-de-l’homme, nos beaux idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité, nos ronflants concepts de « mixité sociale » et de « vivre-ensemble », notre souci maniaque pour les plus faibles, les minorités opprimées, les femmes, les étrangers, comme nos plus grands principes, la démocratie, l’état de droit et même la laïcité, sont d’évidents sous-produits des valeurs christiques portées par les églises primitives et élevés au rang de principes politiques par les royaumes chrétiens, bien avant d’être sécularisées en principes universels.

« Le musulman » est donc, après « le pauvre », « le paysan » puis « l’ouvrier », l’ultime avatar de ces mécanismes de refoulement et de projection des antiennes chrétiennes. On ne peut pas comprendre vraiment l’islamo-gauchisme et sa fascination pour l’Islam si l’on s’en tient uniquement à une explication fondée sur le déplacement de la logique de lutte des classes et du combat révolutionnaire du prolétariat ouvrier au prolétariat musulman. Il y a aussi dans la fascination qu’exerce « le musulman » sur cette gauche marxiste orpheline de sa classe ouvrière quelque chose qui relève du messianisme retrouvé.

Comment expliquer sinon que ce soient les mêmes qui hier défendaient la laïcité contre les assauts du cléricalisme qui soient devenus aujourd’hui aussi aveugles face à une volonté prosélyte autrement plus offensive de la part de l’Islam politique ?

Il y a un vertige proprement « féminin » chez cette gauche à se soumettre à ces musulmans que leurs méchants aïeux colonialistes avaient soumis et « civilisés » près de deux siècles auparavant.

Zemmour n’a pas tout à fait tort quand il rapproche cette soumission contemporaine de la gauche à l’Islam d’une « féminisation » de la société occidentale. Il y aurait même beaucoup à dire sur l’érotisation de l’homme arabe dans les modèles forgés depuis une trentaine d’années par la publicité, la mode, le cinéma, la musique, le show biz, les séries télé.

Combien d’articles ont été écrits sur le rap et la mode « caillera » d’il y a 15 ou 25 ans ? Sur ces icônes testostéronées, body-buidées, surérotisées. Au muscle aussi saillant que le verbe. A l’arrogance haineuse, à l’identité jalouse et rebelle érigée contre une société injuste, impuissante et décadente.

L’Islam n’y est pas toujours clairement mis en avant, au moins est-il savamment suggéré dans ce mix de rébellion, d’insolence et de surenchère transgressive tant vanté par les amuseurs du P.A.F.

Il faut oser le dire : l’évocation du mythe du soldat djihadiste, ce criminel terroriste qui déflore la pureté d’un Islam « religion de paix et d’amour » tel que le fantasment les islamo-gauchistes n’est que l’envers négatif et nécessaire de l’idéalisation pacifiste du « musulman », icône de la brebis injustement opprimée au milieu du troupeau. Et cette évocation nourrie une charge érotique – inconsciente bien sûr – y compris chez ces zélateurs de l’islam qui sont les premiers à condamner le terrorisme islamiste comme un aberration en tous points contraire à leur cher Islam.

Le « bon musulman », comme autrefois le « bon chrétien » ne peut exister sans son corollaire sombre : le diable djihadiste. Tous deux sont du point de vue occidental deux figures symétriques d’une même projection du Bien et du Mal. Et d’un point de vue symbolique, deux figures de la masculinité ordonnées selon les codes contemporains du licite et de l’illicite, du social et de l’anarchique. A l’image d’une masculinité « civilisée » mais non désexualisée, celle du « bon musulman », répond celle d’une masculinité agressive, mortifère, destructive, en laquelle la pulsion sexuelle confine à la pulsion de mort, celle du « faux musulman » qui n’aurait retenu de l’Islam que sa face sombre, archaïque, immorale.

Il est impossible pour un islamo-gauchiste inconsciemment pétri de cet imaginaire de penser qu’un musulman lambda puisse être aussi un homme violent qui bat sa femme, un violeur qui abuse de celle-ci, un polygame, un homophobe qui harcèle et violente les homosexuels, qu’il puisse nourrir des croyances archaïques qui défient la science ou rester indifférent au sort d’un de ses semblables parce qu’il n’est pas musulman. Tous ces crimes ne peuvent qu’être le fait de ces « faux musulmans » dévoyés qui font dire au Coran le contraire de ce qu’il affirme et n’ont rien à voir avec l’Islam. Surtout « pas d’amalgame ! »

En conclusion, un « musulman » qui serait arriéré, brutal, violent ne serait pas un vrai musulman ! Car chacun sait que pour les islamo-gauchistes « l’Âge d’or de l’Islam » qui au passage n’a d’existence que celui du mythe, ne s’est jamais arrêté. L’Islam c’est même l’avenir de la civilisation : un messianisme émancipateur et égalitaire tellement plus exotique et authentique que l’original.

L’amour, la médecine et les miracles

Mis en avant

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Le titre de cet article est aussi celui d’un best-seller publié en 1986 par le Dr Bernie Siegel, chirurgien et enseignant à l’Université de Yale.

Le 14 novembre dernier, le magazine Marianne publiait sur son site un article intitulé « Cathos, évangéliques ou islamistes, ces fondamentalistes qui menacent notre système de santé. »

A plus de 30 ans d’écart et plus de 7000 kilomètres de distance, deux conceptions radicalement opposées de la médecine et de la santé.

L’article de Marianne avait pour objectif de dénoncer les dérives fondamentalistes de certaines religions et les menaces que celles-ci peuvent faire peser sur l’exercice de la médecine.

Le livre du Dr. Siegel au contraire visait à démontrer les liens étroits entre l’esprit et la guérison. Et les limites d’une médecine trop obnubilée par la technique.

Le télescopage des deux points de vue révèle un hiatus profond entre une vision de la santé qui considère l’homme dans toutes ses composantes, physique, psychique et spirituelle, et celle d’une médecine officielle cramponnée à une vision exclusivement matérialiste, déterministe et biologique du corps, de la vie et de la conscience.

Pourtant de nouvelles sciences médicales émergent depuis 20 ou 30 ans, comme les neurosciences ou l’épigénétique, qui s’intéressent à l’origine et aux mécanismes de la conscience. Elles s’inspirent des découvertes les plus récentes de la physique quantique.

Ces recherches et ces découvertes encore balbutiantes propulsent la science moderne vers des horizons insoupçonnés. Elles remettent en cause les postulats fondés sur le rationalisme scientifique, le déterminisme, et forcent la science à revoir ses théories, à explorer des domaines qui relèvent de l’irrationnel, à penser en termes de synchronicité plus que de causalité, à abandonner les schémas classiques pour entrer dans une nouvelle compréhension, non rationnelle et non dualiste de la réalité, de la conscience ou du vivant.

La France est largement ignorante de ces avancées foudroyantes. Elle reste orgueilleusement crispée sur une vision hyper rationaliste, cartésienne et matérialiste de la réalité. Nos beaux esprits si assurés de la supériorité de l’esprit français sont souvent persuadés que les découvertes de leurs homologues outre-Atlantique ou outre-Manche ne sont que des égarements ou des fantaisies.

La médecine en France pâtit grandement de ce mépris superbe. Les grands mandarins qui la gouvernent sont embastillés dans la forteresse d’un Savoir dogmatique qu’ils transmettent aux jeunes générations de médecins, sans rien lâcher de leurs préjugés et de leurs certitudes.

Seuls quelques rares médecins en services de réanimation commencent aujourd’hui à s’intéresser aux EMI (Expériences de Mort Imminente), un sujet d’étude clinique depuis au moins 50 ans aux Etats-Unis. Malgré d’évidentes preuves sur la persistence de la conscience au-delà de la mort clinique du cerveau, la question de la mort et de l’après-vie reste souvent taboue. Les expériences vécues par les personnes revenues de la mort ont beau toutes suivre le même schéma, leurs visions sont évacuées par beaucoup de ces mandarins comme de simples « délires » ou « hallucinations« .
Alors parler de religion, c’est encore trop leur demander.
S’il est juste dans l’intérêt des patients de vouloir lutter contre une prétention trop assurée des religieux à vouloir les guérir selon des méthodes qui ne cadrent pas à 100% avec l’orthodoxie de la Faculté, sur le fond en revanche cette obstruction au spirituel n’est pas toujours objectivement fondée.
En France la médecine est très encadrée – on s’en réjouit – mais aussi extrêmement dogmatique. Tout ce qui ne cadre pas avec les dogmes de l’allopathie omnipotente est taxé de supercherie, de charlatanisme, ou interdit par les prélats de la médecine officielle. Le pouvoir des lobbies pharmaceutiques y est aussi pour beaucoup dans ces arbitrages.
Les médecines douces comme l’homéopathie, l’acupuncture, la phytothérapie, le qi gong (pourtant enseigné à la Faculté de médecine de Bobigny dans le cursus universitaire sur la Médecine Traditionnelle Chinoise), l’aromathérapie, la médecine ayurvédique ou amazonienne qui comportent des savoir-faire millénaires et constituent des réservoirs de molécules inégalés pour la médecine du futur, sont régulièrement montrées du doigt, empêchées ou déremboursées.

Aux Etats-Unis en revanche, au Royaume-Uni et en Suisse se développent des nouvelles médecines étudiées dans des laboratoires de recherche et en milieu clinique qui constituent à n’en point douter l’avenir de la médecine : médecines « quantiques » ou « spirituelles », thérapies psychédéliques…

Tous ces domaines en plein essor et riches de promesses de guérison infiniment supérieures à nos potions chimiques mobilisent pour certaines les ressources profondes de la conscience.

Dans le même temps les recherches et les théories engagées par les physiciens pour percer les mystères de l’Univers, « voir » au-delà du Big Bang, ou tenter d’unifier les théories débouchent souvent sur des spéculations métaphysiques étonnantes.

Ainsi les physiciens qui planchent pour trouver une théorie qui permettrait d’unifier les quatre grandes forces physiques qui régissent l’univers se heurtent à un problème de vocabulaire. Le seul mot qu’ils trouvent pour définir ce qui semble la matrice de toutes les forces qui font tenir ensemble l’Univers c’est… « l’amour ».

En France de nombreux médecins et chirurgiens ouverts recourent régulièrement à des techniques bien peu conventionnelles pour pallierles limites de la médecine traditionnelle. Des « guérisseurs », des « coupeurs de feu » interviennent régulièrement dans certains hôpitaux pour guérir des eczémas, des allergies voire des cancers réfractaires aux traitements habituels.
Les oncologues sont parmi ceux qui savent le mieux que le psychologique voire le spirituel jouent un rôle prépondérant dans la mobilisation de forces intérieures qui conditionnent la guérison. Le Docteur Carl Simonton fut l’un des premiers cancérologues américains à faire appel dans les années 1970 à des techniques de visualisation pour soigner ou soulager des cancers, et à obtenir des rémissions spectaculaires chez de nombreux patients en phase terminale.
Dans le domaine psychothérapeutique, le psychiatre Stanislas Grof a posé il a cinquante ans les bases de la psychologie transpersonnelle, en expérimentant des thérapies psychédéliques qui se sont révélées très efficaces pour soigner certaines névroses.
Aujourd’hui grâce à ces thérapies, on obtient des résultats spectaculaires dans le sevrage d’addictions graves à l’alcool, à l’héroïne, à la cocaïne, ou aux antidépresseurs. Mais aussi pour guérir en deux ou trois séances des troubles post-traumatiques ou des dépressions sévères résistantes aux médicaments et aux thérapies classiques.
De même, Robert Dilts, l’un des inventeurs de la PNL, est aussi un spécialiste de la santé et de la modélisation des croyances, limitantes ou au contraire positives, qui conditionnent la maladie et la guérison. Avec des effets positifs éprouvés depuis trois décennies sur des malades du cancer, ou du sida à une époque où les trithérapies n’existaient pas encore.
La France souffre d’une rigidité dogmatique qui la pénalise, d’un attachement coupable au matérialisme, au rationalisme. Elle est en retard de presque deux siècles sur l’époque. Un retard qui conditionne et emprisonne autant la médecine classique que la psychanalyse. Celles-ci accusent un retard de 30 à 50 ans ans sur leurs homologues anglo-saxonnes.
Les religions proposent parfois des méthodes controversées, mais aussi parfois des voies de guérison qui peuvent aider des personnes à surmonter ou accepter leurs souffrances.
Soyons humbles et pragmatiques.
Il faut beaucoup de prudence, d’objectivité et de discernement avant de juger et condamner selon des préjugés qui veulent toujours assimiler ce qui relève de l’esprit à des fumisteries ou de l’obscurantisme.
Il faut distinguer la lutte contre les dérives sectaires, dont les organismes cités dans l’article de Marianne constituent certainement des exemples, avec une médecine qui ignorerait volontairement la spiritualité comme partie indissociable de l’humain, et ses implications dans le domaine de la santé.

De l’urgence de repenser radicalement la laïcité pour combattre l’Islam politique

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Aujourd’hui il y a urgence.

La Laïcité à la française n’est plus adaptée pour faire face à une volonté de conquête de l’Islam, une religion exogène très différente dans ses fondements et son évolution du catholicisme français, contre lequel la laïcité moderne avait été conceptualisée.

Cette laïcité énoncée il y a plus d’un siècle dans la Loi de 1905 est l’héritière de siècles de relations complexes entre l’Etat et l’Eglise. Comme le rappelle Jean-François Colosimo dans son dernier livre La religion française – Mille ans de laïcité, la laïcité est une spécificité française élaborée sur un millénaire sur des bases qui remontent à l’Israël biblique pour faire face aux féodalités et aux empires, et qui régit les relations tumultueuses entre l’Etat, la nation et l’Eglise, notamment par la tradition des concordats signés entre le roi et Rome.

A propos de cette conception de la laïcité fondée sur une volonté de séparer les églises et l’Etat et de fixer les règles juridiques sur le financement des organisations religieuses, deux conceptions de la laïcité s’opposent aujourd’hui. L’une négative et l’autre positive.

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La conception négative de la laïcité répond à une posture défensive face au danger d’un prosélytisme réel ou supposé de la part des religions. Elle veut préserver la liberté de croire ou de ne pas croire, de choisir et de pratiquer ou non une religion contre une volonté hégémonique de s’imposer aux esprits ou d’imposer sa logique à l’Etat. Cette conception s’appuie sur des présupposés philosophiques et des convictions de type rationalistes, matérialistes, positivistes, scientistes et bien souvent athéistes. Le danger pour les partisans d’une laïcité défensive c’est de voir Dieu s’inviter dans les discours et les territoires intellectuels ou politiques d’où il avait été évincé. Puisque la religion est un vestige obscurantiste de la pensée mythique et un outil d’asservissement de l’homme au nom d’une idéologie fausse, il faut élever partout des remparts pour éviter de la voir resurgir.

Les partisans de ce type de laïcité athéiste qui n’ose pas dire son nom sont souvent obsédés par la moindre effloraison de croyances religieuses. Ils sont allergiques à toute cohabitation de signes, de pratiques ou de discours laïcs et religieux dans le même espace public. Pour eux la religion ne doit jamais s’échapper des oubliettes de la « sphère privée » où elle avait été remisée, et où elle ne subsiste que grâce à un refus du totalitarisme athée et au nom du pluralisme démocratique. Sans quoi elle aurait été anéantie, ses clercs exterminés comme au bon vieux temps de la Terreur ou des épurations staliniennes.

Les partisans de cette laïcité dure et réactive sont bien évidemment les premiers ulcérés par la montée du fondamentalisme islamiste. Contrairement aux partisans d’une conception plus soft, plus relativiste, plus droits-de-l’hommiste de la laïcité, qui ne voient pas toujours a priori dans l’Islam un danger pour la démocratie, et qui vont même jusqu’à défendre les symboles de l’Islam radical comme le voile au nom d’une conception libertaire, consumériste et communautariste de la République.

Les partisans d’une laïcité pure et dure sont aussi les premiers à dénoncer la façon dont celui-ci instrumentalise le principe de laïcité réduit à la liberté de conscience pour attendrir les résistances d’une société déjà bien infiltrée par son idéologie et ses promoteurs. Ce en quoi ils ont raison.

A l’image de certains pères de la Loi de 1905 imprégnés de rationalisme athée et principalement motivés par des préoccupations anticléricales, les hérauts contemporains d’une laïcité radicale et défensive sont aussi ceux qui peuvent le plus facilement verser dans le fanatisme laïciste. Et se montrer à l’occasion plus intransigeants et violents dans leurs diatribes antireligieuses ou leur combat contre les religieux que les religions les plus intolérantes qu’ils dénoncent avec justesse.

A l’opposé de cette vision radicale et réactive de la laïcité, on trouve une conception beaucoup plus assertive, positive, authentiquement humaniste et progressiste, fondée sur la liberté, la volonté de faire corps, de faire société sur des bases communément acceptées, et sur une vision ouverte, humaniste et universaliste de la République.

Cette autre conception de la laïcité s’acclimate parfaitement de la coexistence pacifique des différentes convictions et croyances, de la présence de différentes religions respectueuses les unes des autres comme des principes et des règles communes, et de l’exercice de cultes différents tant qu’ils ne prétendent pas s’imposer à tous, limiter l’exercice d’autres cultes, ou se prévaloir d’un droit de peser sur les affaires de l’Etat et la vie civile autrement que comme des autorités morales appelées à être consultées sur des questions d’éthique publique.

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Pourtant, cette conception de la laïcité ne se limite pas à proclamer la liberté de conscience en laissant les citoyens libres de vivre leur religion comme ils l’entendent, dans une indifférence totale à l’égard du fait religieux. Cette liberté essentielle n’a en effet de sens que si elle s’exerce dans le cadre des autres principes républicains qui garantissent l’intégrité de la République, des droits individuels et devoirs réciproques qui lient ensemble les citoyens.

La liberté de conscience n’est pas un absolu. Sauf à croire que la République serait un sorte de supermarché où chacun pourrait venir faire valoir des revendication et quérir des droits dans l’ignorance totale des autres citoyens.

La liberté de conscience s’arrête quand elle veut réprimer ou entraver d’autres libertés fondamentales, forcer des individus ou des groupes à croire ou ne pas croire, obliger des personnes à se conformer à une religion qu’elles n’ont pas choisi en réfutant le droit à l’apostasie, interdire qu’on critique ou qu’on dénonce telle ou telle religion, se soustraire à la communauté nationale et aux lois républicaines, détourner des fonds publics à des fins de financement d’une religion, exercer une contrainte quelconque sur des individus ou exercer un abus d’autorité, endoctriner et exercer une emprise sur des personnes selon des méthodes sectaires, contester le principe d’égalité hommes-femmes et restreindre les droits des femmes sous l’autorité de leur père ou de leur mari, limiter les droits des minorités, faire justice soi-même au nom d’une religion, obliger ou interdire certains comportement au nom d’une conformité à des préceptes religieux, inviter à transgresser des lois, inciter à la haine ou proférer des menaces de mort contre une catégorie de personnes, soutenir des discours antisémites ou révisionnistes, faire l’apologie du terrorisme, menacer l’intégrité des personnes ou des biens, l’unité de la République, l’ordre public, la cohésion sociale, l’intégrité territoriale, la sécurité nationale…

Selon cette conception de la laïcité, la neutralité de l’Etat qui en est un élément central, n’est ni équivalente à une passivité des pouvoirs publics, ni réduite à une interdiction faite à l’autorité publique de se mêler des affaires religieuses. Ce qui serait d’ailleurs absurde puisque le Ministère de l’Intérieur en charge de la sécurité et du maintien de l’ordre est aussi celui chargé d’organiser les cultes dans l’espace républicain.

Si l’on est fidèle à cette conception ouverte mais néanmoins responsable de la laïcité l’Etat se doit d’intervenir à propos des religions, y compris de façon ferme et en arbitrant selon les pouvoirs que lui confie le Droit. Notamment quand il s’agit de défendre les libertés individuelles, l’unité et l’indivisibilité de la République quand elles sont menacées par le communautarisme religieux et la volonté d’un Islam politique d’entraîner les musulmans dans la sécession. Quand ils s’agit de lutter contre les dérives sectaire comme le salafisme, le wahhabisme, l’islamisme turc ou l’idéologie des Frères musulmans, de dissoudre des organisations, des associations qui font la promotion de ces dérives, d’interdire des imams ou des conférenciers islamistes qui propagent ces idéologies et constituent un danger pour les femmes, les mineurs, les minorités, la démocratie quand ils justifient l’insoumission aux lois républicaines, les violences conjugales, la haine des mécréants, l’antisémitisme ou le djihad.

L’Etat doit non seulement protéger les citoyens, la République et ses principes dont il est garant, mais aussi lutter contre toute forme d’influence extérieure ou d’entrisme qui constituent des menaces directes pour la démocratie. Il doit notamment intervenir pour interdire toute subvention versée à des associations musulmanes par des organismes étrangers ou leurs relais en Europe dont le but est de propager l’idéologie islamiste.

Il doit s’attaquer à une réforme en profondeur de l’Islam de France. Dissoudre les organisations existantes (CFCM, UMF, AMIF, CCIF, Fédération Nationale des Musulmans de France, Musulmans de France, CCMTF, AFSCM…) toutes aux mains des islamistes. Et remplacer ce maquis associatif par un organisme unique chargé de représenter l’Islam auprès de l’Etat, de former et d’agréer les imams, de valider les financements, de gérer et surveiller les mosquées et d’organiser le culte. En partenariat constant et étroit avec des agents du service public.

L’Etat doit intensifier la lutte contre la radicalisation et la lutte anti-terroriste, en accentuant l’action sur le terrain, en mobilisant davantage les services de renseignements mais aussi les médias et les citoyens, en concertation plus étroite avec tous nos partenaires internationaux.

Il ne s’agit évidemment plus ici uniquement de défendre la laïcité, mais de défendre un modèle de société mis en péril par une volonté de conquête de l’Islam radical qui n’est plus à démontrer.

Il faut se résoudre à un constat objectif. Face au phénomène nouveau que constitue la progression de l’Islam radical sur notre territoire, face à l’impasse dans laquelle nous nous trouvons pour répondre à l’offensive d’une religion totalement différente des églises que la laïcité était sensée combattre, la conception de la laïcité qui consiste à ne surtout pas se mêler d’affaires religieuses a vécu. Elle nous conduit même droit dans le mur.

Il faut donc repenser la laïcité de fond en comble. Et mieux l’articuler avec les autres principes qui fondent la République et moyens dont elle dispose pour engager un combat sans merci contre l’Islam politique. Les deux modèles, le modèle démocratique et républicain, et celui d’une société islamiste, sont radicalement antinomiques, incompatibles. L’Islam politique est un cancer dont les métastases menacent le pronostic vital de nos sociétés. Nous devons donc faire un choix et nous y tenir.

L’Etat doit donc sortir de ce piège d’une laïcité confisquée par les islamistes et qui lui interdit d’intervenir en se limitant à un rôle laxiste de permission de toutes les formes d’expression religieuses au nom d’une interprétation dévoyée de la liberté de conscience. Il doit urgemment se préoccuper d’affaires religieuses et plus particulièrement de la percée de l’Islam politique en France.

D’autant que les chiffres parlent d’eux, qui nous prédisent un avenir plutôt sombre. Plus de la moitié des jeunes musulmans considèrent que c’est à la République et à la laïcité de s’adapter à l’Islam et non l’inverse. Et 3/4 d’entre eux considèrent que le voile qui est l’étendard visible des islamistes devrait être autorisé dans toutes les écoles de la République.

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Le hiatus qui s’est construit entre notre conception d’une République unie, égalitaire, humaniste, qui offre à chacun sa chance, qui prône le « vivre ensemble » et l’école républicaine qui en serait le creuset initiatique, et une part majoritaire des jeunes musulmans qui ne sentent plus vraiment appartenir à cette République voire qui la méprisent ou la combattent, est sidérant. Il se creuse d’année en année.

Cet état de fait est le résultat direct d’un travail de sape contre les principes républicains exercé sur le long terme par les islamistes dans les quartiers. D’une volonté de cristalliser les malaises et les tensions d’une partie de la jeunesse autour des questions identitaires. D’attiser les réflexes communautaristes. Et de promouvoir un Islam de combat contre une France décrite comme injuste, stigmatisante et décadente qui les renierait.

Si au lieu de déléguer parfois au Qatar ou à l’Arabie saoudite le soin de gérer les problèmes des banlieues l’Etat se préoccupait un peu plus des discours tenus à ces jeunes par des « animateurs de quartier », nous n’aurions pas un tel pourcentage de jeunes radicalisés et de futurs Merah, Kouachi, Coulibaly ou Mickaël Harpon prêts à se retourner contre des innocents.

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Si la République veut avoir un avenir il est temps de changer de lunettes et de discours sur la laïcité, de faire un vrai aggiornamento critique et éthique, de se réveiller pour de bon et d’aller au combat. Sans se tromper de cible ni d’époque.

Comment Coexister est devenu « Coercition », association de défense de l’islamisme antirépublicain

Mis en avant

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S’ils étaient soucieux de cohérence, les « jeunes de Coexister » devraient rebaptiser leur association « Coercition ».

Hélas nous vivons dans un monde de confusion et de mensonge, où l’on peut professer des valeurs et des buts tout en les profanant sans état d’âme et en pratiquant l’exact contraire.

Née d’une volonté bon enfant de faire dialoguer communautés et croyances, Coexister est devenue moins de dix ans l’opposé de ce pour quoi elle avait été créée.

Sa création répondait à une volonté des jeunes de promouvoir la paix, l’amitié et le respect des des différences et des religions. De tisser des liens d’amitié entre les croyants. Et de s’inscrire dans ce fameux mythe du « vivre ensemble » très en vogue à l’époque. Nous y reviendrons.

Comment comprendre que Coexister ait pu ainsi devenir l’un des soutiens indéfectibles de l’islamisme des Frères musulmans ? Ceux dont le projet est précisément de dynamiter ce vivre ensemble au bénéfice d’un repli sur l’Oumma. De torpiller ou suvertir méthodiquement les lois républicaines qualifiées mensongèrement de « liberticides ». Comme celles sur le voile et la burqa, qui précisent l’application du principe de laïcité concernant l’Islam, en fixant des limites à une volonté d’appliquer la Charia contre les principes républicains ? Un projet dont le but ultime est d’anéantir la démocratie, pour lui substituer un ordre théocratique et totalitaire selon la vision la plus rétrograde de l’Islam.

COERCITION : le cœur du projet islamiste

Chaque esprit  informé peut aisément le vérifier : le but éminemment coercitif des islamistes est à la fois idéologique et politique.

Idéologiquement, les Frères musulmans, comme les salafistes et autres islamistes, veulent imposer leur lecture fondamentaliste, radicale et coercitive du Coran comme étant la seule licite pour tous les musulmans. Par la conviction, l’endoctrinement, l’emprise psychologique, l’intimidation, la contrainte ou la menace, mais aussi par la promesse d’avantages sociaux : éducation, santé, aide sociale, services communautaires gratuits… Selon les bonnes vieilles méthodes d’infiltration et de recrutement propres à toutes les sectes.

Politiquement, ils veulent prendre le pouvoir par étapes, selon une stratégie d’entrisme détaillée dans Le Projet de la Confrérie dès son origine. Leur but est d’uniformiser la société, d’obliger les musulmans à appliquer leur conception de la charia et la société à l’entériner : contraindre toutes les femmes à se voiler en adoptant le hijab, uniforme politique inventé au 20e siècle par les islamistes sans aucun fondement coranique, faire reculer la mixité et instituer un apartheid sexiste dans l’espace public, abolir une laïcité qu’ils haïssent et rétablir le délit de blasphème par le chantage à « l’islamophobie ». Et surtout  infiltrer méthodiquement tous les pouvoirs et tous les rouages de la société : les quartiers via les mosquées et leurs réseaux associatifs, les élus locaux par le clientélisme et la corruption, les collectivités territoriales, les administrations, les syndicats, les partis politiques, les services d’ordre, de renseignement, l’armée, le monde du travail, les entreprises, les banques, les ONG, la culture, le show-biz, les médias… Jusqu’aux plus hautes instances de l’Etat, notamment la Cour élyséenne où ils figurent en très bonne place.

En résumé, le projet islamiste vise à détruire les fondations et l’unité de la République, et à ruiner son Idéal démocratique, social, humaniste et universaliste.

Qu’est-ce qui a bien pu se passer dans la tête de ces jeunes gens plutôt instruits, plutôt « de gauche », plutôt républicains, pour se livrer à pareille trahison ? A priori Coexister n’a rien à voir avec un groupuscule d’extrême droite, une antenne djihadiste ou un avatar de Civitas, tous hostiles à la République.

Au commencement était le Dialogue

Pour comprendre ce glissement progressif, il faut remonter aux origines.

Le projet Coexister germe en 2008 dans l’esprit d’un jeune capture-d_c3a9cran-2015-01-29-c3a0-21-45-34lycéen catholique de 17 ans, Samuel Grzybowski. Il est le fils de Laurent Grzybowski, un catho de gauche issu du Mouvement Eucharistique, chef de la rubrique Social à La Vie, par ailleurs engagé dans le dialogue interreligieux.

Lors d’un voyage en Pologne et d’une visite du camps d’Auschwitz, le jeune Samuel découvre l’horreur que des hommes sont capables d’infliger à d’autres hommes au nom d’une idéologie.

C’est le déclic : fin 2008 marque le plus fort du conflit israélo-palestinien. L’opération Plomb durci menée par l’armée israélienne accusée de crimes de guerre dans la bande de Gaza enflamme l’opinion et les banlieues : le conflit menace de s’exporter en France entre des communautés déchirées.

Avec quelques catholiques de la paroisse St Léon dans le 15e arrondissement de Paris, Samuel noue des liens avec d’autres lycéens juifs et musulmans. Ensemble ils décident de fonder Coexister en janvier 2009.

Leur but est alors simple et clair : militer pour le vivre ensemble entre les croyants de toutes confessions et les non-croyants. Promouvoir la « coexistence active » (par opposition à la « tolérance passive ») comme méthode au service du vivre-ensemble.

Scouts toujours…

Détail important, Samuel comme bon nombre de jeunes parmi les fondateurs de Coexister est scout. Des membres des Scouts de France (catholiques), mais aussi des Eclaireuses et Eclaireurs Israélites de France (juifs), et des Scouts Musulmans de France. Organismes présents en bonne place lors du rassemblement organisé par Coexister durant la Journée de la Fraternité en décembre 2009.

L’enthousiasme de ces jeunes tranche avec un climat plutôt morose. S’y ajoutent une fraîcheur et un dynamisme fraternel, une audace un brin « militaire » qui attire les regards. Le style Coexister bouscule les usages très plan-plan du dialogue interreligieux et de ses figures historiques. Comme les Fraternités d’Abraham, qui regroupent des fidèles juifs, chrétiens et musulmans dans la tranche d’âge des retraités très sages.

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Cet enthousiasme, cette combativité  innovants pour l’époque recueille les louanges des médias mais aussi des politiques. Il faut dire que Papa Laurent est derrière…

A cette époque, aucune suspicion de connivence avec le radicalisme musulman. D’ailleurs l’association Scouts Musulmans de France (SMF), créée en 1990 par le cheikh Khaled Bentounès, un musulman originaire de Mostaganem et d’obédience soufie, s’est toujours prononcée pour le respect des personnes, des confessions et des lois de la République. Sincérité ou Taqiyya, allez savoir…

De l’inclusivité à la confusion

Forte de son succès, Coexister grandit rapidement  : 2.000 membres en 2015. Elle essaime aussi dans plusieurs pays d’Europe. Le pape lui-même s’en émeut et reçoit avec bienveillance ces jeunes hérauts de la Paix.

Premier accroc à la doctrine initiale, cette croissance ne se veut pas que numérique.. Et c’est là que le bât blesse : dans un excès de zèle inclusif vers toujours plus de fraternité, les barrières idéologiques sautent.

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Coexister choisit d’abord de s’ouvrir à d’autres religions que celles « du Livre », bouddhisme notamment. Jusque là rien à redire. Même si la volonté initiale de désamorcer les conflits mimétiques liés au conflit israélo-palestinien perd en pertinence.

Puis les jeunes croyants inclusifs s’ouvrent « naturellement » à leurs « frères » athées. Inventant l’athéisme à rejoindre les rangs des religions qui vivent ensemble. Michel Onfray et son Traité d’athéologie étaient sans doute passés par là… Il fallait aussi donné des gages de républicanisme aux partisans grincheux d’un laïcisme radical qui voyaient d’un œil suspicieux cette croisade de la calotte, de la kippa et de la chéchia pour le vivre ensemble.

D’une association prétendument « interreligieuse », Coexister devient donc une association « interconvictionnelle » : toutes les croyances, les sensibilités, les convictions, religieuses, philosophiques ou autres, y sont les bienvenues, mises sur le même plan. Un catalogue fusionnel et confusionnel ouvert à toutes les identités, élevées à une même légitimité dans un relativisme bisounours.

Une Orthopraxie du Dialogue élevé au rand de valeur suprême, hyper inclusive et bienveillante, et qui renonce à tout devoir critique, à tout examen des doxae respectives, selon la logique consensuelle et politiquement correcte du « Tous ensemble » et du « C’est mon choix« .

Hyper tendance….

Les limites du relativisme : de la vigilance à la complaisance

D’une initiative fondée sur une verticalité morale face aux pièges du repli communautariste, à la politisation, au durcissement et à l’essentialisation des appartenances religieuses et communautaires comme obstacles à l’ouverture à l’autre et au vivre ensemble, Coexister est passée insensiblement à un relativisme globalisant, agrégateur de toutes les convictions, mais qui témoigne d’un renoncement tacite sinon d’une abdication volontaire du devoir de vigilance et de discernement.

En baissant la garde quant à ce qu’elle prétendait au départ conjurer de l’espace du vivre ensemble – l’intransigeance, le repli identitaire, l’hostilité à l’autre – Coexister a ouvert grande la porte aux pires dérives qui le menacent objectivement.

Après tout pourquoi ne pas imaginer au nom du vivre ensemble accueillir dans ce capharnaüm interconvictionnel des sectes satanistes et agréer les meurtres rituels d’enfants ? Parce que « c’est mon choix »…

Quelle extrême naïveté d’imaginer que par le dialogue suffise à réduire la fracture qui sépare l’admissible de l’inadmissible ! Toute société, tout ensemble social ne saurait pourtant se constituer, transmettre ses modèles et perdurer sans une adhésion collective à un socle de valeurs. Mais aussi sans à un consensus constamment réaffirmé quant aux limites fixées pour en tracer le périmètre éthique.

L’imposture du « vivre ensemble »

Finalement l’erreur de ciblage éthique et conceptuel initial qui conduira à la faillite du mouvement Coexister repose sur cette arnaque intellectuelle très en vogue dans les années 2000 représentée par ce concept très approximatif de « vivre ensemble ».

Le « vivre ensemble » n’est absolument pas un concept républicain. C’est même un dévoiement des principes essentiels qui fondent notre République, parmi lesquels l’affirmation que « la République est une et indivisible ». Le contraire de cette spécificité très française c’est le communautarisme, qui préside dans les sociétés anglo-saxonnes. Ce n’est pas notre modèle.

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L’une des conséquences de cette affirmation c’est le principe d « assimilation ». Un principe que nous avons à tort eu tendance à considérer comme une maladie honteuse. Nous en mesurons hélas aujourd’hui les conséquences.

Un autre principe inscrit dans notre constitution c’est que « la France est une République sociale ». Cela ne signifie pas que la France « fait du social ». Cela veut dire que la République est un Idéal qui s’inscrit dans un projet commun de « société » fondé sur le sens partagé de l’intérêt général et la quête du bien commun. « Faire société », « faire corps » ou « faire nation », c’est infiniment plus que « coexister », fût-ce de façon « active ».

La simple coexistence n’implique pas nécessairement le partage : coexister c’est exister avec, ou plutôt à côté.

Or l’un des principes cardinaux de notre démocratie, qui est toujours à construire, parfaire et réinventer, c’est le principe de Fraternité.

Ce principe est l’héritier de l’idéal de fraternité maçonnique partagé par bon nombre de révolutionnaires parmi les pères fondateurs de notre démocratie : Mirabeau, Lafayette, Danton, Marat, Robespierre et bien d’autres.

Il est aussi l’héritier d’un idéal fraternel transmis par l’humanisme de la Renaissance, lui-même hérité de l’idéal chrétien.

La Fraternité républicaine est tout sauf cette vision bisounours qu’on nous a vendue d’une société pluraliste et communautariste, où individus et communautés s’entrecroiseraient dans une indifférence tranquille et béate.

D’abord parce que l’idéal de Fraternité n’est pas un principe négatif mais positif. Le vivre ensemble tel qu’on l’a décliné ces dernières années c’est essentiellement l’absence de conflits entre les personnes et les communautés. « Menacer le vivre ensemble » c’est menacer la paix sociale. La Fraternité ce n’est pas la trêve sociale ou la tranquillité ; la Fraternité c’est un exercice quotidien de la co-citoyenneté, du partage, de la solidarité et de l’édification commune d’une société juste et unie dans une même famille : la nation.

Cet idéal fraternel n’est pas centré sur le « vivre » mais sur « l’être ». Il ne cherche pas à nous réunir dans un « ensemble » mais à nous élever dans un « avec ».

« Citoyen » ce n’est pas juste un adjectif qu’on ajoute partout comme un gimmick de langage. C’est un engagement social et politique, éthique, vers la transformation d’une société en une nation plus juste, plus humaine, plus unie, plus fraternelle. C’est l’inscription de l’engagement dans la société civile d’un projet civique, sinon civilisateur, humaniste et universaliste.

Or toute action qui va dans ce sens n’a aucune valeur si elle n’est éclairée en permanence d’un discernement : qu’est-ce qui va dans le sens de l’intérêt général, du bien commun, de plus de cohésion, de sens, de valeur partagée ? Et qu’est-ce qui constitue une régression, une menace, une trahison du système de valeurs commun et des règles qui en découlent ?

Le pacte avec le Diable

En abdiquant de son système immunitaire et éthique, Coexister s’est préparé au pire : faire alliance avec l’ennemi. L’ennemi du Dialogue qui est pourtant son dieu. L’ennemi du vivre ensemble qui est pourtant son credo. L’ennemi de la diversité qui est pourtant sa raison d’être.

Le Diable islamiste a réussi l’impossible : entraîner un mouvement fondé au départ par des jeunes chrétiens à cautionner l’impensable, à valider l’inacceptable, à légitimer un monstre.

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Au milieu des années 2010, dans un climat sépulcral marqué par les attentats terroristes de Charlie Hebdo, de l’Hypercasher et du Bataclan, mais aussi par la multiplication des provocations islamistes afin de tester les résistances républicaines sur le voile ou la mixité, Coexister n’a rien trouvé de mieux à faire que se compromettre en se rendant au Salon de l’UOIF du Bourget. Une foire aux dérives sectaires où l’on pouvait croiser des fans de Tariq Ramadan, des anti-Charlie, des pro-Hamas ou Hezbollah, des prédicateurs de haine misogynes et homophobes, des apôtres du viol conjugal et de la destruction d’Israël, des gourous salafistes, des mécènes wahhabites, des vendeurs de niqabs, de burqas, de livres et DVDs islamistes. Tout un remugle d’infréquentables dont on se demande comment on a pu tolérer une telle promotion dans la France endeuillée par les attentats.

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Car il faut rappeler une vérité qui contredit une idée fausse. On peut aisément comprendre le malaise des musulmans français après les attentats de Charlie ou du Bataclan. Et la nécessité de répéter à l’époque : « Pas d’amalgame ! » On peut comprendre la volonté des musulmans de condamner mais surtout de se démarquer de ces attentats qui comptèrent aussi des musulmans parmi les victimes en clamant : « Pas en mon nom« .

On a souvent entendu dire depuis qu' »il n’y a aucun rapport entre Islam et le terrorisme » ou « L’Islam et l’islamisme sont deux choses qui n’ont rien à voir« . Vrai, sauf que c’est hélas faux. D’abord parce qu’il n’y a pas un islam mais DES islams. Ensuite parce que même au temps du prophète, l’Islam a toujours comporté une composante pacifique et une autre guerrière, tournée vers la conquête et la conversion forcée, et hostile aux infidèles. Dire que « L’Islam est une religion de paix et d’amour » et vouloir le résumer à cette simple formule est d’une naïveté affligeante. Oui, l’Islam est aussi une religion violente.

Quand aux islams contemporains, concurrents et en guerre les uns contre les autres, il est faux de prétendre que l’islamisme qui comprend différentes versions fondamentalistes de l’Islam n’aurait rien à voir avec l’Islam. Ou que l’Islam comme l’islamisme n’ont rigoureusement rien à voir avec le terrorisme qui pourtant s’y réfère. Le djihadisme dans sa version littérale, violente, est une des composantes de l’Islam contemporain, comme de l’Islam originel.

Quant au terrorisme islamiste actuel revendiqué au nom d’Al Qaeda ou de Daesh, bien sûr que ces organisations terroristes sont des dévoiements ignobles de l’Islam. Pourtant ils s’en réclament. Sinon comment expliquer que des pays musulmans wahhabites comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar aient pu financer et soutenir ces organisations ?

Il faut donc demeurer extrêmement vigilants et ne jamais renoncer à un travail critique de discernement quand on est face à des organisations qui prétendent juste promouvoir l’Islam ou « défendre les musulmans ». Derrière beaucoup de ces imams, de ces responsables associatifs, de ces recteurs de moquées souriants, rasés de près, en costume cravate, cultivés et polis se cachent parfois des officines beaucoup moins ragoûtantes comme les Frères Musulmans. Ou des mécènes beaucoup plus ambigus comme des organisations « caritatives » islamiques saoudiennes, qataris ou turques spécialisées dans le financement des organismes islamistes et terroristes.

Coexister a commis une erreur fatale en mettant le doigt dans l’engrenage du dialogue avec ces gens-là.

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Islamistes de l’UOIF

Beaucoup de défenseurs de la laïcité, notamment Caroline Fourest, se sont heurtés violemment à Coexister et ont dénoncé cette odieuse supercherie. L’association s’est depuis enfermée dans son entêtement à défendre cette frange infréquentable, en grande partie illégale de l’islamisme français. Une alliance que ses dirigeants n’ont jamais voulu renier.

L’islamo-gauchisme, cancer de la gauche française

On ne peut comprendre cet endurcissement inimaginable sans le resituer dans le contexte d’une évolution d’une partie des hérauts de la gauche droit-de-l’hommiste, laïque, sociale et républicaine, mais aussi communautariste et altermondialiste. Et ses collusions coupables et confusionnelles qui sous prétexte de défendre les minorités vont jusqu’à soutenir ou cautionner l’idéologie islamiste.

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On l’a vu avec cette manifestation de la honte du 10 novembre 2019, cette Islamo Pride, cette Fierté Islamiste où l’on défilait en souriant et en arborant des symboles révisionnistes (ce signe factice distribué par le CCIF aux manifestants fabriqué sur un amalgame ignominieux entre l’étoile imposée aux Juifs durant la guerre et une étoile islamique frappée du sceau « MUSLIM »). Une manif de la honte dénoncé par beaucoup de vrais républicains, des chrétiens, des Juifs, des musulmans défendant la laïcité, mais que Coexister a pourtant soutenue. Tout comme des élus de La France Insoumise, du PCF ou d’EELV qui se sont empressés d’y participer.

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Cette dérive idéologique et politique identifiée sous le terme d’islamo-gauchisme, est très présente dans les discours médiatiques sous la forme d’un relativisme ultra complaisant à l’égard des islamistes et d’un cautionnement permanent du concept d’« islamophobie » forgé par les Frères Musulmans pour aiguiser des peurs et faire croire qu’il existerait en France un « racisme anti-musulmans » d’Etat visant l’ensemble des musulmans de France (cf. tract du CCIF distribué le 10 novembre).

Un mensonge qui pour les « persécutions » imaginaires ne résiste pas un instant à un examen objectif des faits, puisque les agressions visant des personnes de confession musulmanes en France sont en baisse constante et culminaient à 100 cas en 2018 (contre plus de 1000 cas d’agressions anti-chrétiens).

Quant au choc provoqué par les attentats successifs perpétrés sur le sol français qui ont fait 263 victimes en 7 ans, celui-ci ne suffit apparemment pas à ouvrir les yeux de ces égarés, comme de Coexister, sur la hiérarchie des dangers qui menacent notre démocratie.

Cette cécité morale et intellectuelle touche malheureusement un certain nombre d’autres chrétiens, farouchement anti-laïcs ou pour qui la solidarité interreligieuse et la défense des autres religions priment sur toute autre priorité. Une sorte de fronde de la calotte, de la kippa et de la chéchia contre la République laïcarde.

La chute de Rome

L’auteur de L’Esprit des lois le rappelait déjà en 1734, Rome n’est pas tombée uniquement à cause de la décadence de l’Empire romain d’Occident et de ses abus. Elle est aussi tombée sous les assauts des « invasions barbares ».

Quant Alaric et son armée saccagent la ville en 410, celle-ci ne leur offre que peu de résistance.

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Aux mêmes causes les mêmes effets.

Loin de nous de considérer que l’immigration de ces 60 dernières années composée pour une large part de ressortissants de pays musulmans constituerait une quelconque forme d’invasion, comme les tenants de la théorie du Grand remplacement reprise par le RN tentent de nous en convaincre.

En revanche la stratégie des islamistes, que l’on peut décrypter en lisant certaines publications des salafistes ou des Frères musulmans, repose clairement sur une volonté de conquérir des territoires idéologiques et symboliques, mais aussi géographiques et politiques, dans un vaste projet de conversion massive des peuples européens et occidentaux à l’Islam.

Ce projet repose sur une stratégie de conquête progressive sur le long terme. Une conquête lente, patiente, méthodique, sournoise. Selon le principe pragmatique que lorsqu’il est impossible de conquérir par la guerre ou la confrontation directe, mieux vaut se fondre dans la masse et miser sur la corruption à long terme.

Une conquête des esprits d’abord, qui cible prioritairement les populations d’origine ou de culture musulmane vivant en France. Des musulmans éloignés de leur culture d’origine, souvent en proie à des difficultés d’intégration dans une société française « qui les rejette et les discrimine », et qu’il s’agit de « réislamiser » pour en faire des promoteurs de l’Islam.

Une conquête des rouages politiques, juridiques, institutionnels, médiatiques de la société française. En testant les résistances, en tentant de faire reculer la laïcité et les lois républicaines partout où cela est possible, en imposant la charia comme seule et unique source souhaitable du Droit. En prenant en otage une « communauté musulmane » fabriquée artificiellement en exacerbant les peurs, les fantasmes et les discours liés à « l’islamophobie », en encouragement les phénomènes de repli identitaire et communautaire, en soutenant que seule l’adhésion à une forme rigoriste de l’Islam pourra permettre aux musulmans de recouvrer leur fierté, en faisant notamment la promotion du voile chariatique (islamiste), en jouant subtilement sur les faiblesses de notre démocratie, sa trop grande complaisance à l’égard des minorités « opprimées », ses dérives libertaristes et égalitaristes qui dénaturent les principes républicains, sa complaisance à l’égard du communautarisme, son interprétation laxiste du principe de laïcité, le clientélisme électoraliste de ses élites, la démagogie et l’assoupissement moral de ses élites médiatiques… Mais aussi par une stratégie d’infiltration méthodique des réseaux de pouvoirs, de l’association locale au sommet de l’Etat.

Sans doute ce qui a dû se produire avec Coexister, dont les premiers membres musulmans défendaient pourtant une vision ouverte et tolérante à l’opposé de ces islamistes corrupteurs.

Même si elle n’obéit pas aux mêmes mécanismes ni aux mêmes schémas historiques, cette corruption méthodique de la société, de ses citoyens et de ses élites présente des analogies frappantes avec le déclin de l’Empire romain infiltré puis dominé par des peuples dits « barbares ». Sauf qu’il s’agit ici d’une stratégie de conquête au nom d’une religion mûrement réfléchie, planifiée sur quelques décennies, et non d’une infiltration sur plusieurs siècles. Et d’une conquête politique des pouvoirs mise en œuvre via des officines discrètes ou officiellement déclarées (comme le CCIF, L.E.S. Musulmans, Musulmans de France ou l’AMIF), téléguidées et financées en grande partie par des organisations islamistes étrangères (Frères Musulmans notamment).

Rome est bien naïve, elle qui succombe aux charmes de ces barbus aux paroles douces et mielleuses.

Qu’il s’agisse de la Rome actuelle, celle du Vatican qui parfois s’égare dans un zèle trop consensuel à vouloir dialoguer avec les islams et les autres religions.

Qu’il s’agisse des catholiques et des chrétiens de gauche, aveuglés par leur idéalisme social, communautariste et relativiste.

Qu’il s’agisse de l’Occident, lointain héritier de Rome, qui souvent s’abîme dans des courtisaneries et des alliances contre-nature qui trahissent son idéal démocratique, émancipateur et humaniste.

Ou bien encore de cette Rome inclusive symbolisée par coexistence, qui voudrait embrasser tous les peuples de son empire, quitte à les absoudre des plus vils péchés.

Tel le couteau mortel planté dans le dos de César par son fils adoptif, le ver est désormais dans la pomme tendue aux égarés de Coexister. Ou plutôt le poison est versé par l’ennemi sur cette eucharistie œcuménique qui rêvait de réunir tous les enfants d’un même dieu.

Il n’y a pas d’autre Idéal que la République pour garantir les libertés.
Il n’y a pas d’autre qualité que celle de citoyen pour garantir l’exercice de la Fraternité.

Qu’on soit croyant ou non, toute cette affaire est la preuve éloquente qu’il ne peut exister de coexistence pacifique ou « active », de vivre ensemble ou de société fraternelle unie et cohérente autour d’un socle de valeurs et de lois communes, sans la proclamation d’un Idéal commun qui transcende toutes les différences.

Un Idéal qui s’oppose à toute prétention individuelle, catégorielle ou communautaire de sanctuariser des critères différenciateurs pour en faire le creuset d’agrégation identitaire essentiel d’un groupe qui se déclarerait supérieur à la nation. Comme de toute différence élevée au rang d’essence qui se déclarait à elle seule la source de l’Autorité, de la Vérité et du Droit.

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La République que nous défendons contre ceux qui veulent la détruire n’est ni un régime ni un système ou une chose politique : elle est  LA « chose publique » (res publica). Et par extension la seule et unique Communauté à laquelle chaque citoyen appartient au-dessus de toute autre.

La République n’est pas non plus cet espace ouvert à tous les vents, à toutes les revendications individuelles, identitaires ou communautaires, auquel certains voudraient la réduire par une assimilation grossière de nos principes un libertarisme béat.

La République n’est pas une collection d’individus disjoints, de modèles, de croyances ou d’idéaux rivaux. La République est un Idéal : c’est l’Idéal qui réunit dans une même Fraternité indivisible tous ses enfants.

La République est la seule qui puisse garantir à chacun la liberté d’être et d’exprimer ce qu’il est, ses convictions et ses croyances, tant que celles-ci n’empiètent pas sur celles des autres et ne cherchent pas à s’imposer aux autres ou à l’Etat.

Parce que la République ne reconnaît aucune transcendance mais qu’elle se fonde sur la Raison, elle permet à toutes les formes d’allégeance à une transcendance, un dieu, un principe, une Essence, de s’exprimer sans qu’aucune de celles-ci ne puisse prétendre être la source de l’autorité et du Droit.

S’allier avec les ennemis objectifs de la République que sont les islamistes, c’est implicitement adhérer à leur projet sécessioniste. C’est devenir soi-même un ennemi de la République, de la diversité, du vivre-ensemble et du respect des différences comme facteur de relation, d’échange avec l’autre et de cohésion.

Quick Charia, l’islamisme soft sur votre plateau repas

Article mis en ligne sur Facebook le 3/8/2018: Corrigé le 4/8/2018.


Chers amis,

Je partage avec vous ce coup de gueule.

Ou plutôt cette réaction raisonnée et citoyenne face à ce que s’apparente à une nouvelle victoire du salafisme en France.

A la base une simple mésaventure.

Apparemment insignifiante. Presque dérisoire.

Pas de quoi fouetter un chat, affoler la Une des médias ou mobiliser la rue, me direz-vous.

Juste l’un de ces petits (ou gros) « détails ».

Petits mais symptomatiques d’une dérive, d’une lente évolution, d’un phénomène rampant et sournois souvent décrié et qui résiste aux tentatives d’apporter des solutions idoines.

Une évolution marquée par l’avancée progressive du salafisme et de l’extrémisme musulman en France.

Lesquels entendent ouvertement et sans complexes appliquer leur stratégie d’islamisation de la société française.

Notamment en enfonçant des coins dans les remparts d’une laïcité par ailleurs contestée et fragilisée.

Et en dénaturant avec une méthodique perversité et une rhétorique éprouvée les principes mêmes de notre République.

Certes on est loin des attentats de Charlie, du Bataclan ou de Nice.

Pourtant c’est l’un de ces petits grains de sable, qui ajoutés les uns aux autres viennent peu à peu gripper le fonctionnement de nos institutions, grignoter nos libertés fondamentales et saper les bases de notre démocratie.

Une démocratie bien menacée. Rongée de l’intérieur comme de l’extérieur par des modèles concurrents ou franchement hostiles.

Une situation qui risque à terme de mettre en péril les fondements de notre République et ses valeurs humanistes.

Et faire péricliter toute tentative de garantir les bases d’un vivre ensemble respectueux des écarts et des différences, mais attaché à faire corps, à faire peuple commun sinon Fraternité. Démarqué en tout cas des forces de dislocation centrifuges, des clivages identitaires, communautaires et des conflits mimétiques.

Une situation face à laquelle juges débordés, politiques pressés ou clientélistes, et intellectuels angoissés semblent incapables d’apporter des réponses justes, pérennes, aptes à corriger le tir. Sinon à déployer une Vision pour construire un avenir de paix et d’unité.

Un boulevard pour les pires écueils qui menacent à plus ou moins long terme notre identité, notre culture, nos valeurs et notre modèle républicain, si jalousement et chèrement défendus.

D’un côté celui d’une islamisation et d’une libanisation de la France. En marche objective et même accélérée. N’en déplaise aux partisans d’un relativisme coupable, à ceux qui craignent de renforcer la stigmatisation des musulmans en dénonçant ce danger, aux suiveurs et aboyeurs moutonniers incapables de raisonner par eux-mêmes. Et bien que l’instrumentalisation qui en est faite par l’extrême droite en brouille l’analyse et tende à discréditer toute dénonciation un peu ferme.

Et de l’autre la porte ouverte aux pires extrémismes xénophobes. Incarné par cette même extrême droite.

Sinon à une forme de totalitarisme musclée accédant au pouvoir par les voix démocratiques à la faveur de crises, une exaspération populaire sur fond de délitement moral, de perte des repères, de confusion hystérisée, conduisant à des sursauts réactifs des peuples face au sentiment de déliquescence généralisée. Comme à l’incapacité d’élites déconnectées, autistes ou cyniques à prendre en compte leurs difficultés et revendications.

On l’a vu tout récemment avec l’arrivée au pouvoir en Italie du front d’extrême droite aux relents néo-mussoliniens. Et cette vague populiste sinon crypto-fasciste qui déferle depuis 10 ans sur les démocraties européennes et aux Etats-Unis.Ce sentiment de déliquescence, terreau des extrémismes de tous bords, se nourrit d’une forme de terrorisme intellectuel beaucoup plus insidieuse que celui de Daesh, dont on parle hélas assez peu. Et dont on mesure mal les vrais dangers tant on s’y est accoutumé.

Il s’agit du terrorisme moral exercé par l’hégémonie de la Pensée unique et le Politiquement correct, instruments du Système.

Terrorisme sournois car infiltré dans les discours, les schémas de pensée et les esprits.

Et qui nivelle discours, modèles comportementaux et valeurs, en s’opposant à toute expression libre, claire et directe de vérités dérangeantes qui risqueraient de mettre en cause certains modèles établis.

Vérités aussitôt raillées et détournées en accusations réflexe (« théorie du complot », discours victimaires, moralisation outrancière, emballement névrotique sur des broutilles…) visant à verrouiller tout débat, à empêcher tout discernement serein, à culpabiliser ou marginaliser les détracteurs.

Un terrorisme très efficace en revanche pour semer la confusion, imposer des modèles de pensée simplistes, faciles à reproduire, et gommer tout esprit de discernement nuancé.

Mais aussi et surtout à manipuler les esprits en traçant et en contrôlant discours et opinions.

Un phénomène largement conceptualisé par les sociologues du début du 20e siècle qui se sont attachés à décrypter les mécanismes de la psychologie et de la manipulation des foules. Et illustrés par des romans prophétiques comme 1984 d’Orwell, ou Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley. Plus récemment par des films comme Matrix ou V comme Vendetta.

En tout cas ce terrorisme empêche clairement les autorités institutionnelles, juridiques, politiques, morales ou intellectuelles de ce pays de faire leur travail correctement, en toute indépendance, sans être soumises en permanence à la double pression vindicative des gardiens du Système et d’une opinion grégaire.

Comment dès lors faire appliquer la Loi, sanctionner les contrevenants, veiller au respect du Droit démocratique, défendre les libertés individuelles et les valeurs de la République ? En tout cas sans être soumis à l’exercice d’une censure permanente. Et de mécanismes réducteurs, totalisants sinon totalitaires.

Mais venons-en au fait après cette longue introduction.

Lors d’un voyage au printemps dernier dans le Midi, je me suis vu confronté à un incident assez banal, mais très symptomatique de ce qu’on peut aisément interpréter comme une volonté d’imposer la charia dans un lieu tout à fait surprenant, a priori épargné par ces dérives.

De séjour à Nîmes, je me suis rendu dans un restaurant Quick situé à deux pas des Arènes, sur l’imposante Esplanade Charles de Gaulle. L’équivalent de la Place de l’Hôtel de Ville à Paris.

J’y ai commandé un menu du type cheeseburger bacon, un classique de cette enseigne et de bien d’autres marques de fast-foods.

A ma grande surprise le serveur m’a signifié que cette spécialité emblématique de la marque ne figurait pas au menu de l’établissement.

Lequel refusait tout simplement de servir à ses clients de la viande de porc.

Stupéfait, j’ai fait part de ma surprise à l’intéressé, qui bien qu’impuissant m’a immédiatement rejoint dans mes griefs. Estimant lui aussi inadmissible qu’un restaurant Quick applique ainsi la charia, mais pourtant bien obligé d’obtempérer.

J’ai failli tourner les talons après avoir fait un scandale.

Mais j’ai préféré me raviser et employer des moyens plus efficaces pour dénoncer ce procédé scandaleux.

Lequel constitue il faut le rappeler un délit manifeste, et une atteinte non négligeable aux principes de liberté, d’égalité des citoyens devant la loi, et de laïcité.

J’ai donc écrit une lettre au directeur de ce restaurant très fréquenté par des Nîmois et des touristes en plein cœur de Nîmes.

Je la soumets à votre lecture (au bas de cet article), et vous invite à en discuter.

Face à un tel état de fait et une impunité étonnante (Nîmes une ville bien ancrée à droite, avec un maire Républicains tendance Wauquiez, et un électoral FN qui aligne des scores importants aux élections), je me suis résolu à en parler à des amis nîmois qui ont partagé mon émotion. Une colère nourrie par une exaspération croissante face à la montée réelle de la délinquance, de la criminalité et de l’insécurité à Nîmes.

Une ville et une région à fortes populations immigrées, à fort taux de chômage, confrontées ces dernières années à un afflux massif de réfugiés, qui se singularisent selon la Police par une criminalité galopante, et une forte prévalence d’islamistes doctrinaires bien actifs dans leurs rangs.

Ce n’est hélas pas un fantasme parano digne de Valeurs Actuelles. Ni un de ces mensonges alarmistes et outranciers dont le FN est coutumier. Encore moins un cas isolé. Tout le pourtour méditerranéen est en effet concerné.

Une triste réalité à laquelle sont confrontés les habitants. Y compris les jeunes Nîmois enfants fils de parents immigrés de 2e ou 3 générations. Ils en subissent eux aussi les déboires, pris en tenaille entre une xénophobie rampante et des tentatives de récupération de la part de ces fanatiques, pourtant ultra minoritaires.

Face à ce constat, comment agir ?

N’est-il pas déjà trop tard pour infléchir l’évolution et parer à des menaces plus graves ?

Il appartient à chaque citoyen, croyant ou athée, quelles que soient ses propres origines, récentes ou lointaines, son appartenance éventuelle à une communauté, de prendre ses responsabilités, d’alerter, de sensibiliser. De proche en proche, ou en prenant à partie responsables et élus.

Avant que les urnes ne parlent de façon funeste.

Il ne s’agit pas de stigmatiser, d’attiser des peurs, rivalités ou tensions qui risqueraient de nourrir les frustrations et tentations de se marginaliser.

Mais d’être clairs, rigoureux, sans ambiguïté, paresse ou complaisance, qui font le terreau quotidien des extrémistes de tous bords et des ennemis de la République.

Réveillons-nous et agissons ensemble, mais aussi chacun à sa mesure.

Ne nous laissons pas endormir par une actualité insipide qui brodé sur des questions mineures, en tout cas sans comparaison avec ces enjeux : le foot, Benalla, ou le dernier petit commentaire d’un sous-ministre sur Twitter ou à la télé.


Lettre ouverte au Directeur du Quick de Nîmes
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Cher Monsieur,
Je suis journaliste indépendant, membre et ancien dirigeant de plusieurs associations citoyennes de dialogue intercommunautaire, de défense des valeurs républicaines et de la laïcité, et ancien conseiller de quartier de la Ville de Paris.
Lors d’un récent déplacement à Nîmes et dans sa région, je me suis rendu à votre restaurant pour y commander un menu au comptoir.
J’ai été alors très surpris d’apprendre que votre restaurant refusait de servir à ses clients des plats contenant de la viande de porc.
Ce qui est contraire me semble-t-il à ce que pratiquent l’ensemble des restaurants Quick présents sur le territoire français. Lesquels proposent à peu près tous les mêmes spécialités et formules.
Je crois savoir que depuis sa création, Quick comme d’autres enseignes de restauration rapide américaines ou européennes, a toujours proposé dans ses menus, en France du moins, des hamburgers contenant du bacon.
Cette décision, dont je me suis ému auprès de votre employé qui a partagé ma réprobation, constitue une contradiction flagrante avec la politique de Quick en France. Une société belge rachetée récemment par le groupe américain Burger King. Lequel que je sache n’est pas une entreprise islamique.
En effet cette décision surprenante de la part d’un restaurant Quick situé en plein centre de Nîmes, sur l’emblématique Esplanade Charles de Gaulle, à quelques mètres des Arènes de Nîmes fréquentées par de nombreux touristes, a quelque chose de proprement révoltant.
Notamment parce qu’elle s’apparente à une facon non explicite d’appliquer la charia sur le territoire français, au cœur d’une grande ville vivant presque exclusivement du tourisme. Et non dans une banlieue reculée où ne vivent que des communautés issues de l’immigration, en grande partie musulmanes.
Cette façon d’imposer sans le dire la charia à vos clients et salariés est tout à fait inadmissible.
En particulier dans un lieu public et un établissement commercial appartenant à un groupe multinational de très forte notoriété, et hors de tour contexte cultuel ou communautaire.
Et donc en contradiction complète avec la loi française.
Je vous signale que cette décision constitue un délit passible d’une amende.
A titre personnel j’ai des amis musulmans qui gèrent des restaurants halals de type kebabs. Et je ne vois aucun problème à ce que ces restaurants ne servent pas de porc à leur clientèle, mais au contraire des plats et de la viande certifiés halal, ce qui me semble tout à fait normal pour ce type de restaurants.
De même je trouve normal que des chaînes de restauration rapide proposent à leurs clients le choix entre plusieurs menus, dont certains cashers ou halals si cela correspond à une demande.
Mais concernant la chaîne Quick, une telle décision ne peut être comprise que comme une concession inacceptable au communautarisme local.
Compte tenu du contexte démographique d’une ville comme Nîmes et d’un département comme le Gard, je comprends que vos clients puissent être pour une large part issus de l’immigration africaine ou maghrébine. Et donc pour une large part sinon une majorité de confession musulmane.
Vous n’êtes pas non plus sans savoir que les tensions communautaires qui ont nourri parfois tragiquement l’actualité de notre pays obligent autorités et responsables à une vigilance particulière pour faire respecter les lois de la République, en particulier en matière de laïcité.
Notamment en refusant de céder aux pressions d’une minorité au sein de la minorité musulmane, qui entend faire fi de nos lois et imposer les siennes, en complète rupture avec la République, le respect des libertés individuelles, des principes d’égalité devant la loi, de la laïcité et du vivre ensemble.
Je vous invite donc à exercer sans plus attendre votre responsabilité de manager et de citoyen, en amendant une décision qui vous met personnellement en situation d’enfreindre la loi.
Je ne manquerai pas d’en référer le cas échéant au Maire de Nîmes et au Préfet du Gard. Afin qu’un arrêté municipal ou préfectoral soit promulgué visant la fermeture administrative provisoire de votre établissement, dans l’attente d’ouvrir une enquête administrative ou judiciaire.
J’en informe également la Direction Générale de Quick France. Et celle de Burger King aux États-Unis.
Certain qu’elles ne manqueront pas de vous rappeler vos devoirs et responsabilités concernant le respect des lois et réglementations en vigueur dans notre pays.
Cordialement,
Christophe Claudel

Jésus l’enquête: la résurrection entre quête de vérité et quête spirituelle

Sorti en France le 28 février le film Jésus, l’enquête (The case for Christ) a déjà fait couler beaucoup d’encre, notamment dans la mouvance évangélique.

Voir la bande-annonce :

 

Rien de moins étonnant pour un blockbuster hollywoodien surfant sur les obsessions d’une Amérique en pleine confusion spirituelle, écartelée entre le tandem présidentiel Trump/Pence largement soutenu par les chrétiens fondamentalistes, la nostalgie de l’ère Obama, un rêve américain qui bat de l’aile et les crispations inquiètes d’une grande puissance en quête d’une nouvelle identité et dont le Congrès avait inscrit la devise In God we trust sur le Grand sceau comme sur le billet vert.

Tiré d’un roman autobiographique le film raconte l’itinéraire spirituel quasi rédempteur d’un journaliste d’investigation athée bousculé par la conversion de sa femme à la foi évangélique. Partant du principe que si l’on peut prouver que la résurrection du Christ n’a pas eu lieu tout l’édifice du christianisme s’effondre, le héros part enquêter à Jérusalem sur les traces du « cas Jésus ». Un Da Vinci Code à la sauce évangélique. Sauf que l’histoire est vraie. Et qu’au terme de son enquête le personnage fera une rencontre avec Jésus qui bouleversera sa vie.

Un témoignage sans doute très sincère et très touchant mais qui une fois merchandisé en best-seller de librairie puis en succès hollywoodien devient un exemple est assez typique des méthodes prosélytes utilisées par les églises évangéliques.

Les limites de la preuve

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Au-delà de cette histoire pleine de rebondissements et de bons sentiments, le film aborde le sujet des limites de la « preuve » opposée à l’expérience spirituelle. Il s’inscrit dans un débat éculé qui oppose depuis des siècles la Foi et la Raison. Et notre part émotionnelle et irrationnelle en butte à un esprit pétri de rationalisme athée. Avec en parallèle l’opposition récurrente quoique anachronique aujourd’hui entre dogme et science.

La foi en la résurrection de Jésus relève en effet d’une « croyance » en une vérité qui n’est pas établie : elle concerne des « événements », ou des « faits », qui n’ont pas été a priori retenus par le consensus majoritaire comme « crédibles » sinon attestés comme « réels » .

Pour peu qu’elle se soit réellement produite à Jérusalem au lendemain de la fête de Pessah de l’an 33, la résurrection de Jésus ne saurait donc être « prouvée » ou infirmée au terme d’une quelconque enquête journalistique. Ni par le biais d’un minutieux travail d’historien.

Que l’on sache, aucun humain n’a assisté en tant que témoin oculaire à la résurrection du jeune rabbin de Nazareth. Celle-ci n’a pas fait non plus l’objet d’un procès-verbal de police. Elle ne saurait donc être considérée comme un événement historique, encore moins comme un « fait » juridiquement opposable. Une telle prétention est évidemment une chimère, même si le sujet n’a pas épuisé des générations de spécialistes.

En ce qui concerne une approche historique, rappelons que pour autant qu’ils relatent des « événements », les historiens s’appliquent prioritairement à construire une « mémoire collective », plus qu’à authentifier des faits objectifs . Cette mémoire vivante est élaborée à partir d’un ou de plusieurs points de vue. La recherche de la vérité en matière d’Histoire n’a de valeur que relative et conciliaire puisqu’elle relève d’un consensus jamais définitif des historiens sur le champ qu’ils définissent comme sujet d’étude. La vérité historique demeure donc toujours un objectif à atteindre, jamais une certitude absolue.

S’agissant de la résurrection elle-même, les historiens ne peuvent se prononcer que sur le périmètre d’un tel événement. Ils ne peuvent décrire que l’impact produit à son sujet par les témoignages et agissements attribués aux membres d’une petite communauté de disciples, marginale parmi les courants juifs et autres religions présentes en Judée et dans le pourtour méditerranéen au 1er siècle. Et bien entendu sur les conséquences évidentes au plan de l’Histoire universelle d’un tel message porté par les tenants de la religion nouvelle et leurs successeurs.

Cet événement qui a fait basculer l’Histoire ne peut être a priori l’objet d’aucune étude « scientifique » qui en fournirait quelque élément de « preuve ». Il demeure pris entre deux attitudes extrêmes : la foi aveugle et le scepticisme radical.

Ce dont on ne peut que se réjouir, sans quoi il n’y aurait plus aucune place pour le libre arbitre personnel. Et interdirait tout acte libre et créateur de réalité qu’est le pari ou le choix conscient de croire telle ou telle chose « réelle » ou « vraie ». Qu’il soit de nature religieuse, idéologique ou scientifique, la tentation de tout discours dogmatique totalisant est précisément d’imposer à tous comme L’unique Vérité ce qui relève toujours en définitive d’un choix de valeurs.

Pour une science humaine comme l’Histoire, les modes d’authentification des faits diffèrent de ceux utilisés par les sciences exactes comme la physique pour valider des phénomènes observables : on ne peut pas a priori expérimenter scientifiquement une résurrection en tant que phénomène physique, avec le caractère reproductible sinon « prédictible » requis selon des lois physiques.

S’agissant des événements historiques retenus par l’Histoire on se saurait non plus « prouver » leur réalité intrinsèque indépendamment d’une conscience historique qui leur confère l’apparence d’une réalité sous forme d’un « événement passé » repérable selon un continuum temporel.

Or d’après les lois de la physique quantique et ses implications dans le domaine des neurosciences, les événements du « passé » n’ont aucune réalité intrinsèque. Ce que l’on conçoit comme un passé objectif n’a en vérité aucune existence propre, sinon en tant que « mémoires » individuelles ou collectives. Seul le présent existe, le futur n’existant qu’à l’état de virtualités.

Qu’en est-il de la foi ?

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Icône de la descente aux enfers

Seuls les chrétiens croient en principe à la résurrection de Jésus. Les Juifs n’y croient pas sans quoi ils seraient chrétiens. Le Coran reste dans l’incertitude et porte plutôt à croire Jésus ne serait pas mort[i] ; certaines interprétations prétendent même que ses disciples auraient substitué un sosie à la place du messie sur la croix.

Croire en la résurrection est a priori un acte de foi. Personnel avant d’être collectif.

Rappelons au passage que la résurrection conçue comme le retour à la vie d’une personne décédée n’est pas une expérience dont Jésus aurait eu l’exclusivité, même si pour les chrétiens elle représente le sommet du message évangélique.

Si l’on s’en tient aux textes bibliques, trois résurrections sont citées dans le Premier Testament : le fils de la veuve de Sarepta (1 Rois 17), le fils de la Sunamite (2 Rois 4) et un homme dans le sépulcre d’Élisée (2 Rois 13). Selon les évangiles canoniques trois autres personnages auraient été ressuscités grâce à l’intervention de Jésus au cours de son ministère : la fille de Jaïre (Marc 5,22-43), le fils de la veuve de Naïm (Luc 7,11-17) et son ami Lazare (Jean 11).  Enfin Dorcas, un disciple de Jaffa ressuscité par Pierre (Actes 9:36-43).

L’idée de la résurrection des morts est également un des fondements essentiels de l’eschatologie musulmane (1).

Pour l’homme de foi il s’agit en revanche davantage de croire ou non « en » la Résurrection que de croire simplement que la résurrection est une réalité. Terme qui recouvre plusieurs acceptions : Relèvement des morts (revenir à la vie), perspective eschatologique de la Fin des temps : combat escathologique, Résurrection des morts et Jugement dernier, prélables à l’instauration d’un règne messianique de paix et de justice, tels que l’annoncent les textes juifs comme Daniel et chrétiens comme Matthieu ou l’Apocalypse de Jean (Révélation). Annonces sinon textes eux-mêmes dont se sont sans doute en partie inspirés les rédacteurs du Coran.

Autant de sources écrites fondement de dogmes de foi à propos de la Résurrection. Et dont l’interprétation n’a cessé d’alimenter la controverse au fil des siècles, depuis que la croyance en la résurrection s’est imposée dans le judaïsme massorétique à l’époque des Maccabées.

Un pari existentiel autant qu’ontologique

Le fait de croire en la résurrection est avant tout un choix personnel qui fait sens et crée de la réalité du point de vue spirituel pour ceux qui la partagent.

Ainsi le Chrétien qui adhère à l’être-même de Jésus ressuscité s’inscrit dans la perspective de la Vie éternelle et du Royaume à venir. Pour beaucoup, celle-ci prend la forme d’une attente messianique conçue non plus comme un événement inscrit dans l’Histoire et qui en marquerait le terme, mais comme le choix d’enraciner sa vie dans une dimension spirituelle qui échappe à la matérialité et à la temporalité : vivre d’ores et déjà dans et pour le Royaume. C’est-à-dire préfigurer un monde qui « advient » ici et maintenant plus qu’un monde à venir.

Et actualiser cette perspective promise à l’humanité tout entière en focalisant ses propres choix essentiels et existentiels vers la préfiguration d’une humanité ayant « réalisé » tout son potentiel « divin ». Humanité préfigurée pour les Chrétiens en la personne de Jésus.

Dans la vision propre aux églises messianiques, cette inscription du message évangélique dans une temporalité critique demeure prépondérante. Comme dans la vision de l’apôtre Paul, horizon reste tendu vers l’annonce du retour imminent du Messie crucifié, mort et ressuscité à Jérusalem.

Le thème de la Seconde Venue de Jésus est aujourd’hui l’un des plus en vogue dans la mouvance évangélique. A l’image des thématiques apocalyptiques centrales dans les sectes messianiques juives.

Plus globalement les chrétiens partagent une espérance du Salut. Salut obtenu selon la théologie protestante par pure Grâce du fait de la foi en (adhésion à) la personne de Jésus, Messie et Sauveur. Ou selon les œuvres selon la théologie catholique classique.

Sauveur de quoi au juste ?

Du « péché » ? Terme souvent compris comme une « faute », un manquement à des règles comportementales telles qu’établies selon une lecture littérale des textes ? Ou terme qu’il faudrait plutôt entendre selon l’étymologie du verbe pécher en hébreu comme la résultante d’un défaut de ciblage de notre désir ontologique : « rater sa cible ».

Ou bien encore comme la libération salutaire d’une croyance illusoire en la réalité de la « Mort » conçue comme le terme définitif de toute forme de vie et la néantisation de l’être.

Avec les conséquences au plan existentiel, psychologique et spirituel que peuvent engendrer les croyances et représentations, individuelles et collectives, à propos de la mort. Croyances et représentations nourries des peurs les plus archaïques et objet de toutes les spéculations théologiques sur l’Après-vie.

Vers une compréhension dépassionnée ?

Si elle est vécue de façon active, la croyance effective sinon la foi en la résurrection produit du sens et de l’effet dans la vie présente.

Elle révèle la prégnance tangible d’une dimension non matérielle, « numineuse », présente au cœur même de notre existence incarnée. Un déjà-là qui n’est pas nécessairement repoussé de façon spéculative vers une hypothétique vie après la vie terrestre, un Paradis céleste, ou une Vie éternelle à venir qui ne serait promise qu’aux seuls élus.

Quoi qu’il en soit, la résurrection est un phénomène qui bouleverse nos conceptions classiques du temps et nos représentations quant aux limites du corps physique.

Admettons que Jésus a bien été crucifié, que son corps physique est bien mort, a bien été embaumé selon le rite puis enterré comme le relate les textes et la Tradition. Sous quelle forme est-il alors apparu à ses disciples ? Non comme un simple « fantôme », un « spectre », mais de façon identifiable par ses plus proches disciples. Avec un corps doué de facultés physiques « extra-ordinaires » : multilocalisation, faculté d’apparaître et de disparaître instantanément, de se matérialiser et se dématérialiser, et de jouir toutefois de certaines facultés physiques d’un homme « normal », comme respirer, voir, entendre, ressentir, parler, être vu, entendu, touché, manipuler des objets (rompre le pain), manger et boire ?

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C’est là que les théories et découvertes récentes ou à venir de la physique quantique pourraient ouvrir des perspectives de compréhension pour décrypter un phénomène qui relève toujours pour l’église du « mystère ». Et qui  résiste toujours à toute explication scientifique.

Du moins pour la science classique fondée sur les lois causales, longtemps fermée à l’irrationnel et marquée notamment au cours des deux siècles derniers par le matérialisme athée.

Grâce notamment à l’éclairage des découvertes quantiques sur l’origine de la conscience, des équipes de chercheurs s’attachent depuis quelques décennies à étudier en laboratoire des phénomènes auxquels la science était jusqu’alors réfractaire. Etats modifiés de conscience, cas cliniques de mort imminente (NDE), phénomènes « psys » (télépathie, psychokinésie voire ufologie).

Ce qui relevait autrefois de la métaphysique voire de la mystique n’est plus aujourd’hui un sujet tabou pour des scientifiques qui contribuent à faire évoluer les nouvelles sciences du 21e siècle hors des frontières où l’avait contrainte la pensée dualiste et l’idéologie scientiste ou rationaliste propres aux deux siècles précédents.

conscience quantique

S’agissant du 7e art, des scénaristes et producteurs inspirés auraient matière à réaliser une œuvre cinématographique qui laisserait entrevoir à propos de la résurrection ce que l’industrie du divertissement et les médias semblent aujourd’hui incapables d’appréhender autrement que sur le registre du sensationnel ou de l’émotionnel.


(1)« … à cause de leur parole (les juifs) : “Nous avons vraiment tué le Christ, Jésus, fils de Marie, le Messager d’Allah”… Or, ils ne l’ont ni tué ni crucifié ; mais cela leur est apparu ainsi (en arabe : choubbiha) ! Et ceux qui ont discuté sur son sujet sont vraiment dans l’incertitude : ils n’en ont aucune connaissance certaine, ils ne font que suivre des conjectures et ils ne l’ont certainement pas tué, mais Allah l’a élevé vers Lui. Et Allah est Puissant et Sage » (Sourate 4:157-158)

(2) Cf. Piotr Kuberski : La résurrection dans l’islam. Revue des Sciences Religieuses : Christianisme et islam. 87/2 | 2013, p. 179-200

Ah ! Ces mythes errants !…

Je suscite souvent réprobation et incompréhension parmi des amis chrétiens quand je tente d’expliquer que, si je ne suis plus aujourd’hui vraiment « chrétien », je ne m’en sens paradoxalement que plus proche de Jésus.

Il est vrai que je ne crois pas à 95% des dogmes qui fondent la foi chrétienne.

L’Incarnation, la conception virginale de Jésus, son caractère « divin » (qui mériterait une explication bien plus approfondie et nuancée qu’une simple adhésion ou réfutation), sa naissance à Bethléem, la virginité perpétuelle de Marie (à laquelle les protestants, fidèles à la littéralité des textes évangéliques, ne croient d’ailleurs pas), l’Ascension, la Pentecôte, la Trinité (une recette byzantine qui a du sens du point de vue théologique mais qui s’appuie sur une distorsion des notions juives de « fils de Dieu » ou de « Rouah » – Esprit).

Sans compter les mythes hébraïques, au sujet desquels il faudrait être bien obscurantiste ou ignorant pour nier aujourd’hui qu’ils en sont : la Création, Abraham, les Patriarches, les 12 tribus, Moïse, l’Exode…

Sans compter également les aménagements complaisants de la « gnose » johannique entre foi juive et philosophie grecque : « le Logos fait chair » entre autres…

Reconnaître objectivement que la majorité des récits bibliques sont des mythes n’a d’ailleurs absolument rien de méprisant ni de péjoratif.

A l’époque où ces textes furent rédigés, le monde, en particulier le monde moyen-oriental, baignait dans la pensée mythique. Ce n’est qu’avec le triomphe récent de la rationalité et l’apport de l’exégèse biblique moderne éclairée par l’analyse historico-critique, l’anthropologie, l’archéologie ou la linguistique qu’on a pu commencer à discerner sans passion ce qui relevait du mythe, du projet théologique et du récit historique.

La pensée a évolué, les repères ont changé, mais cela n’enlève rien à la valeur de la foi.

Comme le dit une phrase de Bouddha : « L’esprit contient toutes les possibilités ». Une vérité attestée aujourd’hui par la science quantique : toute réalité n’existe qu’à l’état de potentialités. Seul l’esprit fait exister ce que nous appréhendons comme « le Réel ».

Bien loin d’être un pari spéculatif un peu naïf sur l’inconnu, la foi est l’acte-même qui fait de nous des êtres créateurs de réalité. Jésus ne répétait-il pas à ceux qu’ils guérissaient : « Ta foi t’a sauvé. » ? « Ta foi », et non moi seul…

Tous ces mythes sont d’ailleurs des mythes « fondateurs ». Et puisque, comme le démontre également la physique quantique, le temps n’existe pas, même élaborés « après » les événements qu’ils sont sensés relater, les mythes ont autant de valeur qu’une chronique rigoureuse ou un procès-verbal de police.

Car contrairement à l’idée communément admise que le passé déterminerait le présent, c’est au contraire le « passé » (forcément mythique) qui est construit a posteriori et dépend donc du présent.

Toute « Histoire » est une construction et une reconstruction qui procède d’un choix de valeurs collectif.

Considérer un « fait » comme « mythique » ou « objectivement réel » n’est donc qu’affaire de point de vue et de choix subjectif, notamment en ce qui concerne ce que nous admettons comme « la vérité ».

En revanche, que des dogmes religieux soient ainsi bousculés, c’est plutôt salutaire et on doit s’en réjouir ! Car une conscience collective et a fortiori une religion qui refuserait d’évoluer serait condamner à mourir.

Or c’est précisément ce qui attend aujourd’hui toutes les grandes religions de l’humanité.

Non que la confrontation avec la rationalité ait eu raison de leur prétention hégémonique sur les esprits. La Raison toute puissante et l’arrogant scientisme connaissent eux aussi à l’heure actuelle leur propre déclin. La fine fleur de la recherche scientifique n’investit-elle pas aujourd’hui des domaines qui relèvent plus de l’irrationnel et de la métaphysique que des lois cartésiennes ?

Mais ce que bon nombre de nos contemporains semblent incapables de mesurer c’est que nous vivons actuellement un formidable dépassement, lequel s’accompagne d’un « dévoilement », une « révélation » en somme (Apocalypsis).

Le changement de paradigme actuel nous aspire vers un niveau de conscience plus élevé et plus vaste, que certains qualifient de « centaurique ». Et qui dépasse les clivages de la pensée duelle et verbale comme les limites de la rationalité.

Il serait temps de s’apercevoir que le débat sur le caractère mythique ou réel des récits bibliques qui fondent la foi dogmatique constitue un combat d’arrière-garde. La seule conquête à l’ordre du jour est celle des arcanes de l’Esprit, de la nature de la Vie, de ce que nous nommons « Conscience », « Réalité », « Univers » ou « Dieu ».

C’est toute la différence entre spiritualité et religion.

Pour que la lumière traverse un diamant et en révèle toute la beauté, il faut faire éclater la gangue qui l’enchâssait et le tailler sous une forme parfaite pour capter les rayons. Il en va de même pour l’esprit et la conscience collective.

Ce que nous subissons aujourd’hui, ce sont de formidables coups de pioche qui entaillent nos préjugés, nos paresseuses certitudes et nos confortables perspectives. La réalité prend soudain une tout autre dimension.

Pourtant, l’avenir n’est aucunement a-religieux. Ou du moins a-gnostique. Il est « au-delà ».

Au-delà de la pensée mythique et religieuse. A fortiori de la pensée magique ou archaïque. Au-delà de la pensée rationaliste. Au-delà de tout de ce que nous sommes aujourd’hui à même de concevoir, de comprendre ou d’imaginer.

En ce sens le message du Christ, dont la manifestation est venue combler le fossé artificiel entre Dieu et l’homme, est éminemment précurseur de ce que nous vivons.

Notre destin collectif n’est ni plus ni moins que de devenir des dieux. Ce qu’attestent d’ailleurs dès l’origine les Ecritures (cf. Ps. 82:6 et Jn 10:34). Il ne s’agit évidemment pas de vouloir égaler un « dieu » qui serait extérieur à nous, un dieu qui nous jugerait en soupesant chacune de nos actions. Mais de réaliser pleinement la part divine qui est en nous et qui notre seule vraie nature.

En ce sens le modèle de « l’homme-dieu » Jésus est d’une pertinente actualité. Et le seul évènement fondateur de la foi chrétienne qu’il faudrait retenir comme central non seulement de la « foi » mais comme urgent appel à une réalisation commune, c‘est bien entendu la Résurrection.

Laquelle abolit la trompeuse illusion, hélas créatrice de réalité douloureuse, qui sépare l’homme de Dieu, et la vie de cette autre illusion qu’est la mort.

Si le christianisme a vécu, Jésus lui, est hors de toute emprise du temps : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. » (Mt 24:35).

Dépoussiéré de son contexte historique et anthropologique, le message évangélique est d’une éternelle vérité. Il est LA Vérité. Non que le christianisme détiendrait l’exclusivité de la vérité, bien au contraire. Mais parce qu’il exprime ce qui dépasse toute contingence temporelle, historique ou religieuse. Comme d’autres messages issus des plus grandes traditions spirituelles de l’humanité, il révèle qui nous sommes et ce qu’est l’Esprit.

Mais pour accéder à cette intimité, il est plus que nécessaire de nous débarrasser de cette idolâtrie primitive pour les mythes, les histoires, les légendes et le merveilleux. Tout ce qui constitue un savoureux folklore mais recouvre l’essentiel d’une littérature surannée. Et empêche la « Parole », acte créateur par excellence, d’agir dans toute sa puissance révélatrice et transformatrice.

Le genre au prisme de Jésus

Cet article est un prolongement de celui publié par Gilles Boucomont, pasteur, sur le thème : « Jésus au prisme du genre« .

Jésus, homme juif ?

Rembrandt homme juif
Rembrandt – Jésus

Aucun doute possible : Jésus est bien un homme. Et un Juif du premier siècle. Plus précisément un Galiléen, donc sans doute plus grand, plus costaud, avec un visage plus large que les Judéens.

Ses apôtres sont tous des hommes mais il compte de nombreuses femmes parmi ses disciples. D’ailleurs sa relation aux femmes est empreinte de respect, d’affection, voire de cordialité intime. Marthe et Marie, sœurs de Lazare, sont des proches du Christ. Marie-Madeleine également.

Ce n’est pas un « enfant œdipien », comme beaucoup de fils sous l’emprise de leur « mère juive ». Il n’hésite pas à rabrouer fermement sa mère quand celle-ci exige de lui un miracle lors des noces de Cana.

On pourrait même le croire un brin macho, par exemple quand ses disciplines lui indiquent que sa mère et ses frères sont à  sa recherche et qu’il renvoie ceux-ci là leurs angoisses  : « Ma mère et mes frères sont ceux qui font la volonté de mon père. »

En tout cas, il marque clairement sa distance avec sa mère qui reste pourtant très proche de lui, y compris lors de la crucifixion. N’hésitant pas à l’appeler « femme » et non « maman », témoignant ainsi que l’homme libre et adulte devant Dieu est aussi affranchi des déterminismes familiaux.

Jésus efféminé ?

Jésus
Bernardino Luini : Jésus parmi les Docteurs

Croire que Jésus soit efféminé, ce serait céder à des clichés très occidentaux véhiculés notamment par l’art pictural, en particulier italien. Ou projeter des stéréotypes occidentaux (un homme ne pleure pas, ne manifeste pas d’émotions en public, etc…) sur la figure d’un Moyen-oriental de l’Antiquité qui les ignorait totalement.

L’homme juif est au contraire un homme puissamment émotif, affectif même. Il rit, il pleure, il se met en colère, s’emporte, il « vit » ses émotions. Aucun préjugé sur le fait de pleurer. Ceci n’est nullement l’apanage des femmes. La Bible est remplie d’exemples ou les Juifs se lamentent, « pleurent » sur leur sort, sur Jérusalem, ou au contraire s’épanchent en effusions larmoyantes pour se réjouir collectivement. Les démonstrations d’émotion, en particulier publiques, sont fort appréciées, voire théâtralisées. Qu’on songe pour s’en convaincre aux caricatures chères à l’humour juif.

L’esprit cartésien, la survalorisation de l’intellect au détriment de l’émotionnel ou de l’affectif, l’assimilation de « l’esprit » au masculin et de « l’âme » au féminin sont des traits strictement occidentaux, et plus précisément anglo-saxons, sinon français. Les Latins, les Méditerranéens (Italiens, Espagnols, Portugais, Grecs…) sont eux aussi très émotifs et s’épanchent volontiers.

En outre, la culture moyen-orientale n’opère pas de distinction encore moins d’opposition entre l’affectif et le mental, comme chez nous. On vibre autant qu’on pense. On partage un point de vue avec  ses tripes et son cœur autant qu’on l’argumente avec sa tête. L’homme moyen-oriental est « entier », là où l’Occidental se démarque et se méfie souvent de ses sentiments, de ses émotions, de son instinct ou de ses pulsions et survalorise la pensée au détriment des émotions.

Jésus célibataire ?

Jésus et Marie-Madeleine (vitrail)
Jésus et Marie-Madeleine (vitrail)

C’est la tradition et non l’évangile qui a assis le dogme selon lequel Jésus était célibataire. Qui plus est qu’il n’était pas marié à une femme parce que « fiancé à l’Eglise ». Il s’agit d’une interprétation non d’une vérité anthropologique.

D’un point de vue historique comme d’un point de vue biblique, nul ne peut affirmer avec certitude si Jésus était marié ou non. L’Evangile ne mentionne nullement de compagne. Du moins pour les textes canoniques. L’Evangile apocryphe de Philippe mentionne toutefois Marie Madeleine comme « la compagne de Jésus ». Celle « qu’il embrassait sur la bouche ». Encore que ce terme de « compagne » puisse revêtir un autre sens que celui d’épouse. Et que ce geste de s’embrasser sur la bouche puisse être compris comme la transmission ou le partage du « souffle » (pneuma), un geste symbolique voire initiatique par lequel le maître transmettait à certains disciples proches une partie de son enseignement dans le cadre d’une relation plus intime.

D’un point de vue anthropologique, il y a fort à croire qu’il eût été fort difficile à Jésus, Juif du premier siècle, rabbin et maître en Israël, d’enseigner publiquement sans être un homme « entier », c’est-à-dire qui ait connu « bibliquement » une femme. Et donc marié. On ne pouvait en effet même concevoir qu’un homme adulte puisse entrer dans une synagogue et y prendre la parole s’il n’avait connu de femme. Au risque de se voir chasser violemment sinon lapider[i].

Enfin, d’un point de vue théologique et spirituel, le théologien Jean-Yves Leloup pose comme principe que si Jésus n’a pas assumé l’intégralité de l’incarnation, y compris la sexualité, celle-ci ne peut être sauvée. Et donc l’humain ne peut être sauvé en totalité. Jésus n’était donc pas seulement sexué. Il a bien eu une sexualité. Mais laquelle ? A t-t-il connu une femme ? A-t-il été marié ? Se peut-il qu’il fût homosexuel, voire bisexuel, comme l’affirment certains théologiens gays ?…

Cependant, à la lecture de Matthieu 19, on peut s’interroger sur le fait que Jésus vivait dans un statut d’exception, sans compagne. Puisque ses coreligionnaires pharisiens viennent le « chambrer » sur la question du célibat, ne faut-il pas y voir une manière de le mettre en difficulté afin de remettre en cause son autorité ?

La réponse de l’intéressé, en particulier son affirmation qu’il existe des eunuques (littéralement des « hommes non mariés ») qui « se sont faits eunuques à cause du Royaume des cieux » a longtemps servi à l’Eglise catholique de justification théologique au célibat des clercs, lesquels choisissent de renoncer au mariage pour se consacrer entièrement à l’annonce du Royaume. Argument cependant démenti par bon nombre de théologiens contemporains, notamment Uta Ranke-Heinemann (Des eunuques pour le Royaume des cieux – L’Eglise et le célibat).

Jésus androgyne ?

Léonard de Vinci : Le Sauveur du monde
Léonard de Vinci : Le Sauveur du monde

Le thème de l’androgynie divine a fait les choux du célèbre best-seller Da Vinci Code. Lequel fait du peintre Léonard de Vinci le dépositaire d’un sacret caché depuis les origines du christianisme sur une supposée relation conjugale entre Jésus et Marie-Madeleine, d’où serait issue la lignée des rois mérovingiens.

Considérer Jésus comme une figure androgyne à partir de sa représentation dans certaines peintures italiennes (Parmigiano, Bronzino et la peinture maniériste en particulier) est non seulement absurde mais anachronique.

Jésus était fils de charpentier. Il exerçait un métier manuel, « physique ». Il devait être plus trapu et athlétique que fin et élancé. Il se déplaçait beaucoup et souvent, entre la Galilée, la Samarie, la Judée, parcourait des kilomètres, sans doute à pied ou à dos d’âne. Ce n’était donc pas une mauviette.

En outre sa seule présence physique « en imposait » à ses détracteurs. Ce n’était donc pas un être à l’apparence féminine ou hybride, mi-homme mi-femme. Sinon personne, surtout parmi ses collègues rabbins, ne l’aurait pris au sérieux. Car si les hommes pouvaient afficher des traits de personnalité que l’on jugeraient aujourd’hui « féminins », comme pleurer en public, ils se devaient d’afficher un « look » sans ambiguïté aucune : longue barbe bien fournie et carrure respectable.

Jésus était donc plus probablement un « gaillard », un homme robuste aux traits masculins, aux cheveux épais et très noirs, à la peau mate et marquée par le soleil, avec une longue barbe « biblique » et une carrure imposante. Plutôt qu’un être léger et fluet.

Si sa sensibilité peut nous paraître un trait androgyne, c’est parce qu’encore une fois nous projetons sur Jésus nos propres catégories contemporaines et occidentales. Jésus n’était pas un être « sensible » au sens de « faible ». Mais son amour était d’une profondeur telle qu’il voyait au travers de chaque être comme dans un livre ouvert, avec une tendresse particulière et infinie, une « tendresse » qui est accueil total de l’autre et non sensiblerie.

Croire, c’est pour les femmes ?

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C’est encore une fois une vision occidentale pour pourrait donner à penser à beaucoup d’hommes que la foi n’est pas faite pour les vrais mâles. Qu’elle s’apparente à une sensibilité qui relève du féminin.

En outre opposer la foi des bonnes femmes à la raison masculine et plaquer ces considérations sur Jésus est du plus pur anachronisme et ethnocentrisme. Anachronisme car on n’a coutume d’opposer foi et raison que depuis que les Lumières et le scientisme ont rejeté la foi dans la ténèbre de l’obscurantisme. Ethnocentrisme parce que si les Judéens côtoyaient la pensée grecque, et si la raison ou le Logos ne leur étaient sans doute pas étrangers, ils ne devaient pas pour autant concevoir d’opposition entre la rationalité au sens où nous l’entendons aujourd’hui et la foi qui échappe à tout critère rationnel.

Au contraire, surfer sur le Talmud ou la Mishna pour interpréter la Loi est un exercice qui fait autant appel au raisonnement logique et déductif qu’à la foi.

Quant aux préjugés que nous pouvons nourrir à l’égard du patriarcat juif qui serait moindre que la domination masculine chère à Bourdieu parce qu’enraciné dans un système de filiation matrilinéaire, c’est un contresens total. La domination des femmes était sans nul doute bien plus forte dans la Judée du premier siècle que dans la France d’avant-guerre.

En tirer des conclusions politiquement correctes sur le « féminisme » ou l’égalitarisme de Jésus avant la lettre est encore plus risible. Jésus ne conteste nullement l’ordre établi quand il s’adresse à une femme. Il ne cherche pas à modifier les règles ou les rôles sociaux. Il « dépasse » les archétypes de genre et parle à « l’être », et non plus seulement à l’humain, sexuellement ou socialement contingent.

En ce sens la familiarité de Jésus à l’égard des femmes, disciples, proches, prostituées ou Samaritaine, est une réelle violation des usages, une transgression de la Loi et une provocation inadmissible aux yeux de bon nombre de ses contemporains. C’est aussi pour ses « fréquentations » que Jésus s’est fait détester des gens comme il faut de son époque…

Jésus libérateur des aliénations sociales ?

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Malgré le caractère renversant, nouveau voire scandaleux de son message pour ses contemporains, Jésus était tout sauf un révolutionnaire ou un libertaire !

Nulle prétention chez lui de nous « affranchir d’une culture aliénante » parce que machiste et soumise aux arbitraires de genre. Ce serait burlesque de le croire.

Jésus n’est pas venu pour faire la révolution post-moderne et en finir avec les stéréotypes du masculin et du féminin. Son message va bien au-delà.

C’est de toute assignation dont il nous délivre. Non seulement culturelle, mais psychologique, familiale (« celui qui ne renie pas son père et sa mère… »), sociétale, économique, et surtout religieuse !

Là où la religion, centrée sur la conformité avec la Loi, enferme dans le péché et ferme la porte du Salut, Jésus vient donner un grand coup de pied dans la fourmilière, révéler les hypocrisies et les enjeux de pouvoir, déconstruire les discours stigmatisant et restaurer la dignité, la liberté et la santé tronquées.

Jésus ne renverse pas un ordre, fût-ce au nom de l’Amour, il fait advenir une réalité nouvelle au nom du Royaume. Il transfigure le réel au lieu de le « réformer » ou de l’amender.

Jésus, icône gay?

Jésus & l'apôtre Jean (icône)

Malgré l’intérêt de leurs hypothèses, en particulier concernant le rappel de notre nature ontologique bipolaire (masculine et féminine) et plurielle, certains historiens comme John Boswell (Christianisme tolérance sociale et homosexualité) et certains théologiens chrétiens gays se trompent quand ils laissent entendre que Jésus était homosexuel.

N’était-il pas entouré d’hommes, plutôt à l’aise avec les femmes, peu enclin à la misogynie ni soucieux de ses prérogatives viriles à l’inverse de ses contemporains ? Ne prônait-il pas l’amour universel du prochain, de s’aimer les uns les autres ? L’apôtre Jean n’était-il pas « le disciple que Jésus aimait » ? Celui qui se tenait « sur le sein du Seigneur » ? Souvent représenté dans l’iconographie chrétienne sous les traits d’un éphèbe efféminé et dans une posture d’intimité amoureuse avec le Christ ?…

En vérité ces théoriciens se trompent parce qu’ils plaquent un concept contemporain – l’homosexualité voire l’identité gay – sur une réalité qui leur est totalement étrangère : la proximité cordiale, affectueuse et physique voire « homophile » entre deux hommes ; phénomène très courant au Moyen-Orient mais qui ne signifie pas (nécessairement) qu’ils partagent une complicité homosexuelle ou entretiennent une relation sexuelle.

Toutefois, il n’est ni totalement absurde ni scandaleux de se poser la question de la relation de Jésus à certains disciples masculins plus proches de lui, comme Lazare ou Jean.

Jésus avait-il des penchants homosexuels ? Il est permis d’en douter. En revanche, Jésus « aimait » chaque homme et chaque femme profondément pour ce qu’il est, avec le regard bienveillant de Dieu, débarrassé de tout jugement et de tout désir d’appropriation.

Si l’on accepte l’idée que l’humain fut créé à l’image et la ressemblance de Dieu, qu’il est d’une nature bipolaire, « homme et femme », et plurielle, donc relationnelle dès l’origine, alors on peut accepter que l’amour se décline à plusieurs genres. Y compris dans sa dimension sexuelle.

Sans pour autant parler de bisexualité, ce qui serait anachronique s’agissant de Jésus, on peut concevoir qu’il était enclin à manifester une proximité physique, une cordialité intime et un amour tendre aussi bien envers ses disciples masculins que féminins. Et ce bien au-delà des conventions sociales ou des convenances morales de son siècle.

Jésus devait se laisser approcher, toucher, sentir par ceux qui le suivaient. L’eucharistie n’est-elle pas fondée sur le corps et le sang du Christ, ingérés sous la forme du pain et du vin partagés lors du repas qui commémore le sacrifice de jésus et le don de sa vie pour l’humanité ?

L’Église a hélas tellement perverti la notion-même d’incarnation, s’est tellement distanciée de la chair, méfiée du corps ou de sexe, et ce depuis l’origine (Paul, les Pères…) que nous en avons oublié à quelle point la rencontre avec Christ est une expérience d’abord humaine, palpable, physique, charnelle, sensuelle.

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Seuls les mystiques ont manifesté des transports et des extases dont la charge érotique, loin d’être gommée, est au contraire puissamment exaltée !

La tradition orientale, notamment orthodoxe, a su maintenir une relation relativement apaisée au corps et au sensuel, là où les églises protestantes sont à l’inverse figées dans une suspicion inquiète et obsessionnelle à l’égard du péché charnel, conduisant parfois à un puritanisme désincarnant des plus mortifères.

Jésus, archétype de l’humain et du divin par-delà les catégories de genre

Adam et Eve
Adam et Eve

Jésus est créateur de sens, de vérité et de réalité, non un idéologue des temps nouveaux. Un homme-dieu qui parachève sa Création, sans rien ôter à ce qu’elle comportait.

Il est un homme parfaitement réalisé au plan humain, « l’Adam parfait ».
Et il est une figure du Divin agissant au plan de l’incarnation humaine.

En ce sens il est tissé du masculin et du féminin, comme tout humain.

Sa Parole libère, restaure et met en mouvement. Elle brise tous les déterminismes, et pas seulement ceux liés au genre. On peut naitre homme ou femme, soumis à l’arbitraire du statut social que nous confère la culture dans laquelle nous vivons, on en est pas moins indifféremment aimé de Dieu. En tant qu’être et non en tant qu’homme ou femme, tenus par les stéréotypes et les conventions liées à notre genre.

Dieu ne cherche pas à annuler ces différences. Mais à les transcender.

Dieu procède par multiplication, par démultiplication, par progression géométrique ou factorielle, non par soustraction ou sur-ajout.

Il n’inverse pas la dynamique de la relation, fondée sur la différence, toutes les différences. Il ne retranche rien à notre identité. Il la parfait, la réalise, l’élève vers sa dimension la plus accomplie.


[i] Voir à ce sujet : Jean-Yves Leloup : « Tout est pur pour celui qui est pur » – Jésus, Marie-Madeleine, l’Incarnation… » (Albin Michel, 2005)