LE JOUR DE GLOIRE EST ARRIVÉ ! Faut-il faire appel à l’armée pour sauver la démocratie ?

Un coup d’état militaire en France pour sauver la République ?

Impensable !
Et pourtant…

Des voix s’élèvent de plus en plus aujourd’hui pour réclamer une levée en masse (plusieurs millions) franche et musclée de citoyens (en particulier 3 millions de personnes dans Paris), afin d’obliger par la force ce gouvernement à démissionner, et mettre en place un gouvernement provisoire tenu par des militaires de confiance. En attendant la tenue de nouvelles élections, et la nomination d’un gouvernement constitué d’hommes et de femmes réellement respectueux du peuple, de ses intérêts et des principes républicains.

Une vraie restauration démocratique en somme. Pour redonner au peuple sa souveraineté confisquée. Et en finir pour de bon avec cette monarchie technocratique au service des banques et de l’élite ploutocratique mondialiste.

Parmi ceux qui ont lancé ou relayé cet appel, 3 généraux français, quelques politiques et lanceurs d’alertes, tous résolus à mobiliser la population pour venir à bout de cette situation inssoluble, d’un exécutif aggripé au pouvoir, retranché dans sa tour d’ivoire, totalement corrompu, incapable de gérer la crise une crise sanitaire et de veiller aux intérêt de la population. Et surtout chaque jour plus dictatorial, spoliant les libertés essentielles, saccageant les principes démocratiques et piétinant le Droit républicain.

Dernière pirouette pour se protéger de la vague d’exaspérations populaires qu’ils ont fait nourries contre eux avec cette gestion de crise ubuesque : une loi d’amnistie commandée au Parlement cette semaine, afin d’éviter de rendre des comptes à propos des crimes commis envers les personnes décédées, les vieux euthanasiés, les professionnels et fonctionnaires envoyés au front sans protection, les petits commerçants ruinés, tous ceux qui ont payé le prix fort de cette gagegie, des décisions iniques et des revirements irresponsables de l’exécutif.

Un coup d’Etat populaire et militaire donc. Conçu comme une transition pour en finir avec le kidnapping cynique de la France et de ses institutions par une clique de marioles au service de l’élite oligarchique.

Après tout, pourquoi pas. Si la démocratie – la vraie – en ressort vraiment restaurée et renforcée. Car à ce stade et compte tenu de ses objectifs au plan mondial, ces ploutocrates criminels ne reculeront jamais. Même si peuple prend pleinement conscience, sans doute trop tard, de ses méthodes et ses desseins. Sauf si ce dernier se lève massivement pour lui faire barrage et l’éjecter du pouvoir

Sans la peur et la résignation qui leur permettent de dérouler leur agenda depuis des décennies, ce pouvoir s’écroule. Malgré ses casques, ses drones, ses lacrymos, ses mauvais films catastrophe, ses narcotiques médiatiques, ses distractions et ses euphorisants consuméristes, ses manipulations grossières à coup de crises, de crashes, d’attentats ou de pandémies, la cheville ouvrière indispensable pour déployer son agenda sinistre, c’est nous !

Sans les milliards de cadres, de salariés, de fonctionnaires dans le monde pour faire tourner ses usines, ses multinationales, ses administrations, ses médias, sans ses petits soldats pour nous inciter à produire et consommer, nous rendre bien sages, nous mettre au pas, ce système s’écroulera en quelques semaines. Et les milliardaires qui en sucent la moelle n’auront plus qu’à prendre leur retraite dans leur bunker doré. Car il n’y a pas de planète de remplacement pour se planquer si le casino mondial tourne au vinaigre.

Le coup d’état donc, un scénario hyper risqué. Qui assimilerait la France à l’Egypte, prise en otage en 2011 par les islamistes, avant que l’armée n’intervienne.

Mais la secte néolibérale, ses gourous des medias officiels et son dieu Fric, ses méthodes dogmatiques, totalitaires, répressives voire terroristes, vaut-elle mieux aujourd’hui que les Frères musulmans ?

Si l’on analyse froidement la situation politique de la France en mai 2020, il semble qu’il n’y ait issue démocratique possible :

  • Des procès?
    Même si des milliers de plaintes étaient contre le gouvernement et ses crimes, ces procès en série risqueraient de capoter, notamment à cause la loi d’amnistie votée cette semaine, ajoutée à une Justice corrompue jusqu’à l’os.
  • Une démission conjointe du Président et du gouvernement ?
    La démission spontanée de Macron et de son gouvernement est totalement inenvisageable dans le contexte actuel : aucun contre-pouvoir, pas même le peuple, n’est en mesure de les y contraindre.
  • Une destitution du Président par le Parlement ?
    Une destitution du Président par le Parlement au titre de l’Article 68 de la Constitution n’a aucune chance d’être engagée, encore moins d’être votée. Le Parlement est aujourd’hui totalement neutralisé, inexistant. Et ses 2 chambres aux mains de LREM.
  • Une insurrection populaire (comme le préconise l’Article 35 de la Déclaration des droits de l’homme)
    Une insurrection populaire de grande envergure visant un changement de régime, une révolution, se terminerait à coup sûr dans un bain de sang. Déjà les manifestations légales, autorisées et légitimes des Gilets jaunes ont donné lieu pendant 2 ans à des violences policières inédites en République, et à se sont soldée par un enlisement programmé du mouvement.
    De vraies émeutes avec la charge de mécontentement accumulée depuis le Covid-19 entraîneraient une réaction sanglante d’un pouvoir aux abois, et une fracturation complète de la société.
  • Des élections présidentielles et législatives anticipées ?
    Politiquement il n’y a aucune aujourd’hui face à Macron aucun candidat qui se dégage dans l’opposition, et aucun alternance politique possible. Hormis le FN qui n’a ni majorité, ni alliés politiques, ni maîtrise de l’État, ni réseaux, ni programme à la hauteur des enjeux. Tous les partis de gouvernement ayant été anéantis ou siphonnés depuis 2017 par le dégagisme, les affaires, et l’arnaque du parti unique bidon En Marche. De toutes façons aucune élection nationale n’est prévue avant avril 2022. Et aucun chance que Macron provoque à son désavantage des élections anticipées. Les municipales ayant déjà été confisquées pour cause de coronavirus.

Le pays est donc dans une véritable impasse. Avec un niveau de mécontentement populaire inégalé depuis l’Occupation.

De plus, le degré de main-mise de l’oligarchie financière sur le pouvoir et les institutions républicaines commence à susciter une vraie prise de conscience dans l’opinion, jusque-là majoritairement anesthésiée par la propagande des médias et une grande partie des intellectuels de cour. Seul un choc radical peut donc redistribuer les cartes.

Si l’armée n’intervient pas rapidement pour sauver ce qu’il reste de la République, la crise économique et financière f’une ampleur inimaginable qui se profile se chargera de tout balayer. Scénario sur lequel spécule l’élite au pouvoir : pourrir de l’intérieur et ruiner de l’extérieur toutes les démocraties, de façon à pouvoir enfin imposer le système de gouvernance mondiale, et continentale (via l’UE et autres conneries) dont ils rêvent depuis des décennies. Et qui sera alors présentée comme la seule alternative pour sauver ce qui peut l’être et garantir un ordre et une continuité face au risque réel de collapsing total de la société au plan mondial.

Le choix est donc simple : ne rien faire ou pas assez et laisse ce Nouvel Ordre Mondial ultralibéral et totalitaire avancer jusqu’à son terme. Ou reprendre en mains très vite notre destin, en préservant le modèle démocratique et républicain des états-nations, nos institutions et notre modèle français d’une République sociale, laïque, une et indivisible. Quitte à en passer par l’Armée pour récupérer par la force le pouvoir souverain du peuple confisqué par les banques et les lobbies.

Aux vrais républicains qui craignent pour la démocratie, posez-vous la question : qu’aurait fait à votre avis le Général de Gaulle si les clefs du pouvoir en France avaient été intégralement remises à la Commission Trilatérale, le groupe Bilderberg, la Banque Mondiale, l’OMC, Rothschild, Rockefeller, Monsanto et Coca Cola ?

Et à ceux qui rêvent d’une Révolution émancipatrice et libertaire comme au bon vieux temps de la Commune et des barricades, posez-vous cette question : qu’aurait fait Jaurès pour éviter davantage de morts après 2 ans de combats sanglants dans les rues, des milliers de personnes sacrifiées, les droits des travailleurs saccagés, un pouvoir vendu au Grand Capital, sourd aux souffrances du peuple et déterminé à établir un régime fasciste ? Risquer plus de morts, dont celle définitive de la démocratie, ou bien faire appel à l’armée pour sauver les institutions ?

2020 : Dictature Année Zéro ?

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Il y a peu de temps encore on ne pouvait pas parler de « dérive autoritaire », encore moins de « dictature » en France, ni affirmer que la « démocratie », même chez nous, n’était qu’une façade, sans se faire accuser de « complotisme » – le réflexe pavlovien des idiots utiles et des pétochards alignés sur la Doxa progressiste – ou de faire le jeu des « fascistes« .

Les yeux commencent à se déciller maintenant avec l’inflation des violences d’État. Violences policières mais aussi politiques, économiques, sociales, fiscales, juridiques.

Et aujourd’hui cette violence nouvelle, « sanitaire », apparue avec la crise du coronavirus. Une violence absolument révoltante parce qu’assimilable à un génocide. Et qui consiste à choisir arbitrairement qui va vivre et qui va mourir, la vie humaine étant aux yeux de nos dirigeants une valeur moins importante que la rentabilité hospitalière.

Autant de violences diffuses et protéiformes, tantôt évidentes tantôt insidieuses, mais toujours recouvertes par une langue de bois digne d’un sermon de catéchèse déroulé en novlangue progressiste.

La majorité d’entre nous ne sommes qu’au début de cette séquence de dégrisement.

Quand nous aurons enfin les yeux bien ouverts, nous comprendrons que tout ce sketch démocratique, toute cette mise en scène médiatique autour du pouvoir et des élections ne sont rien d’autre qu’un gigantesque hologramme grandeur nature destiné à nous endormir et nous gruger. A nous faire croire que nous serions le « peuple souverain », que nos monarques seraient réellement « élus », que le Parlement ne serait pas autre chose qu’un théâtre et une chambre d’enregistrement, une claque, et que nous serions tous consentants pour choisir ce sort ignoble d’esclaves producteurs-consommateurs béats, abrutis de télé poubelle, d’infos falsifiées et autres hanounasseries destinées à nous maintenir en état de réceptivité hallucinatoire.

Nous comprendrons alors que Macron n’a rigoureusement aucune « légitimité démocratique« . Qu’il n’a jamais été « élu par les Français« . Fût-ce par 1/8e du corps électoral. Qu’il n’est d’ailleurs même pas « Président de la République française« , encore moins « chef d’Etat » (quel Etat ?…), mais juste un haut fonctionnaire du Système.

Une pure imposture.

Que cette élection de 2017 rocambolesque, unique dans l’Histoire de la Ve, n’a jamais été qu’une splendide mascarade.

Examinons le détail du casting et du scénario de l’époque.

Premier champion du Système « élu dans un fauteuil » : Fillon. Forcé d’endosser dès le 2e acte le rôle du tartuffe pourri, du bouc émissaire commode du dégagisme. Puis Mélenchon : la caricature du populiste bolchevique, prophète du Prolétariat teinté de quinoa biolivardienne, mais radicalement incompatible avec le 21e siècle post-moderne. Hamon : frondeur improbable ayant envoyé vallsé l’As des traîtres. Utopiste décalé rescapé de l’extinction des dinosaures et idoles des jeunes. Une sorte d’anticapitaliste bio remixé dans un Apple Store.

Des cadors auxquels il faut ajouter quelques spécimens cocasses parmi les outsiders, histoire de pimenter le script. Asselineau en disque rayé ânonnant en boucle quelques versets sataniques de la Constitution Européenne, du Code Civil et du Code des Montres et Pendules. Arthaud dans le rôle de la furie trotskyste, un râtelier de couteaux effilés entre les dents. Poutou dans le rôle du grand-frère anticonformiste et babacool, parti taquiner keufs et bourgeois pour faire glousser les camarades syndicalistes. Lassalle dans le rôle du grand bâton de berger descendu de ses montagnes, chantre des traditions rurales et populaires, parfumé au lait de chèvre avec quelques relents sexistes et homophobes. Et Cheminade dans le rôle du Pierrot lunaire jamais sorti de sa fusée.

On passera sur Dupont-Aignan, succédané pleurnichard de la vraie vedette de ces élections…

Car bien sûr c’est elle que tout le monde redoute ou attend, l’irremplaçable Marine Le Pen dans le rôle de la méchante du film : la Maléfique néonazie. Chouchoutée par tous les médias parce qu’indispensable pour faire gagner le champion au second tour.

Au fait, dans cette farce en 3D à rebondissements destinés à amuser le peuple, qui est vraiment Macron ?

Un mirage. Une idée. Une hallucination.

Un nouveau venu encore inconnu 3 ans auparavant. Un look propret, un verbe, des postures, une success-story et un positionnement de campagne savamment millimétrés par ses officines de marketing politique. Les mêmes qui nous vendent chaque jour de la merde pour nous faire crever à petit feu.

Quant aux médias qui ont quasiment tous contribué à fabriquer le mythe, permis son ascension dans l’opinion publique et fait campagne pour lui, ils ont servilement chroniqué et donné vie à un scénario écrit à l’avance.

Depuis l’entrée par les coulisses du pouvoir en tant que conseiller de Hollande chargé de dicter la politique économique de la France, jusqu’au Sacre impérial au soir de l’élection devant la Pyramide maçonnique trônant au beau milieu du Palais des rois de France : du jamais vu même au temps de de Gaulle ! En passant par ce faux couple d’opérette entre un homo placardisé et son ancienne prof de lycée, marâtre et conseillère privée.

Tout avait été si méticuleusement choisi, pensé, repéré, calibré. Et fut réalisé comme un chef d’œuvre du péplum hollywoodien. Cette Ascension vers le pouvoir jusqu’à la scène du Triomphe en carton-pâte aurait mérité un Oscar du Meilleur acteur au Pinocchio du Système, et celui du Meilleur film, du Meilleur scénario, du Meilleur réalisateur à ce « Projet« , dont la teneur se résumait à la jeunesse de l’impétrant. Avec pour unique promesse ce slogan d’une bêtise et d’une efficacité inouïes : « Macron, c’est nouveau ! »

Depuis 3 ans que cette arnaque magistrale nous a été infligée à notre corps consentant, tout n’a été que mensonge et déni. Fausses promesses et vraies tromperies. Ajoutées à une froideur implacable, un cynisme hors norme, une détermination irascible à dérouler un agenda conçu par les mentors du Pinocchio de la dictature oligarchique.

Les mêmes qui l’avaient repéré tout jeune à peine émoulu de Sciences Po. Qui l’avaient biberonné au bon lolo progressiste, avaient sponsorisé sa carrière et son ascension vers le sommet : haute fonction publique, Commission Attali, Banque Rothschild en tant que dirigeant associé pour y apprendre les arcanes de la haute finance et les « valeurs » de l’élite mondiale, dont il sera désormais le fidèle valet. Puis conseiller du Prince, et enfin Ministre des Finances, le temps d’aiguiser ses canines de prédateur cynique en réalisant quelques fructueuses martingales grâce à la vente à des vautours étrangers de quelques joyaux de l’industrie française comme Alstom.

La suite on la connaît : parti politique bidon, entrée en campagne par les routes secondaires, construction d’un hologramme politique de candidat jeune, intelligent, dynamique, compétent, intègre, volontariste « et en même temps » à l’écoute des préoccupations populaires.

Même son absence de programme a été volontairement retournée à son avantage : chacun pouvait y projeter ses attentes et ses désirs. Le faux et le flou de ce personnage furent la matrice et la condition du Rêve, de cette puissante épopée narcotique collective.

Le temps d’une folle campagne en tout cas.

Le mirage Macron s’est ainsi construit en creux dans la conscience collective. Jusqu’à ce que cette promesse fondée sur un vide absolu, ce conte de fées autour d’un Prince Charmant en toc sorti tout droit d’un casting de film de pub, cette hystérisation manipulée des espoirs individuels et des émotions collectives comme dans un festival rock, aboutissent à l’opposition finale de deux héros totalement antagonistes mais absolument complémentaires.

D’un côté la vieille héritière du parti de la France rance, populiste, xénophobe, étriquée, recroquevillée sur ses peurs et ses ressentiments. Et de l’autre le Peter Pan des gogos venu emmener les orphelins de Marianne vers le Pays Imaginaire des bisounours polyglottes, multiculturels, hyper connectés, hyper mobiles et mondialistes.

L’arrière-garde des losers frustrés contre l’avant-garde des winners au sourire Sensodyne.

Un clash générationnel aussi.

D’un côté les « boomers » de la Génération Mitterrand, déclassés par la « start-up nation » et frustrés de la disparition de l’État-Providence. Auxquels s’ajoutent parmi les premiers électeurs de la Marine la génération des 18-30 ans les plus laminés par la crise et le chômage, du moins ceux qui ne s’abstiennent pas. Et qui tiennent à donner de la voix pour dire à quel point ils haïssent ce monde faux dans lequel ils n’ont pas leur place.

De l’autre la Génération Macron, celle des « momos » (mobiles moraux), hyper dynamiques, hyper performants, hyper réactifs, hyper conformistes, totalement asservis au Système qui les a fabriqués. Et n’ayant aucune autre colonne vertébrale éthique que les poncifs bien usinés de la Pensée unique, du politiquement correct et des « causes à la mode » : écologie, féminisme, antisexisme, pro-LGBTQ, antiracisme, anticolonialisme, antifascisme, antinationalisme, anticorporatisme, communautarisme, défense des minorités, des migrants…

A ceux-là s’ajoutent quelques bobos déçus de la sociale-démocratie et reconvertis au progressisme.

« Progressisme », voilà le mot : beaucoup de blablas et de pieuses intentions au service d’une seule idéologie : l’ultralibéralisme. Et surtout de la micro-élite de ploutocrates qui tirent les ficelles.

Une génération phobique de cette populace ringarde et fainéante qui n’a pas su prendre le TGV de la révolution numérique En Marche. Et qui pleurniche aujourd’hui parce qu’elle est totalement déclassée.

Les imbéciles qui ont voté Macron « pour faire barrage à l’extrême droite » comme on les avait programmés à le faire se retrouvent aujourd’hui face à une triple désillusion.

D’abord leur champion au sourire de Prince charmant n’est qu’un horrible suppôt du Satan mondialiste. Ce Mammon qui règne en maître sur le monde, régisseur obsessionnel de tous les pouvoirs et de toutes les possessions. Ce dieu de l’Argent et des richesses qui est le véritable Prince de ce monde. Et le Prince du Mensonge qui nous vend chaque jour un bonheur factice, individualiste, faussement hédoniste, hypermatérialiste, consumériste. Une arnaque à l’échelle du monde qui nous enferme dans une société transparente, fasciste, hypernormative, d’une violence sans nom et d’un niveau d’aliénation physique, psychique et spirituelle supérieur à tous les totalitarismes et toutes les dictatures que nous avions jusqu’ici connus.

Ensuite la démocratie à laquelle ils croyaient avoir contribué, qu’ils croyaient avoir défendue contre un fascisme résurgent, n’est qu’une pure illusion. Macron n’est pas le Président élu d’un Etat démocratique : tout ceci n’est qu’un mensonge. Il n’est que le jouet d’un système oligarchique qui entend préserver les apparences de la démocratie en opposant certains régimes comme le nôtre à d’autres plus obvieusement dictatoriaux comme la Corée du Nord, la Chine ou la Russie.

En vérité ce que cache la mondialisation économique et financière et la soumission des logiques politiques et juridiques à celle du Marché, c’est l’existence depuis déjà plusieurs décennies d’un Ordre gouverné par une élite, qui a réuni depuis longtemps suffisamment de pouvoir pour contrôler et arbitrer tous les autres pouvoirs, à commencer par le pouvoir politique.

A ce titre le discours « libéral » (libre-échange, liberté d’entreprendre, d’acheter et de vendre, d’investir, de bouger ; mais aussi libéralisme social et sociétal qui rejoint le discours humaniste…) est autant une arnaque que le discours « progressiste » (ni droite ni gauche, mi libéral mi social) qui lui a succédé.

En réalité, si l’idéologie dominante se dit « libérale » d’un point de vue rhétorique ou même selon les méthodes de gestion, d’arbitrage politique et les stratégies économiques mises en avant, les intérêts qu’elles servent n’ont absolument rien de libéral. C’est même tout le contraire. Et on le vérifie lorsque les contestations qu’elles engendrent débordent des limites imposées sournoisement par le pouvoir en place.

Ainsi la crise des Gilets Jaunes et la mise en scène des émeutes des Black Blocs ont servi de miroir, de défouloir et d’exutoire pour canaliser sous forme de mini guerre civile hebdomadaire la grogne populaire alimentée par des réformes de plus en plus impopulaires, perçues comme injustes et cyniques, et imposées par des gouvernants bloqués sur un mode de communication du type : « Je vous ai compris, faisons plus de pédagogie ! »

Dernière trahison et désillusion chez les macronistes zélés qui avaient cru promouvoir « la Rupture » : Découvrir que toutes les valeurs qu’on leur avait inculquées depuis les bancs des grandes écoles (effort, sacrifice, efficacité, rentabilité, performance, adaptabilité, mobilité, cosmopolitisme managérial, excellence, mérite… enrobées dans un chamallow de fausses causes et fausses valeurs « de progrès« ) n’étaient en fait qu’un tissu de mensonges et de promesses bidon destinées à les asservir.

Avec comme seul horizon de devenir au mieux un autoentrepreneur überisable et corvéable à merci, avec pour seule liberté de bosser toute sa vie comme un damné pour payer sa retraite et ses charges. Et au pire d’être promu l’un de ces petits chefs sadiques et arrogants qui tyrannisent leurs employés en leur promettant la lune pour produire toujours plus, mieux et moins cher afin de grossir la cagnotte de leurs actionnaires.

Ceux qui ne sont pas déjà en train de se fabriquer un cancer en se tuant à la tâche en sont déjà probablement à leur 3e burn-out. Et s’accrochent au Moloch en attendant d’être virés et remplacés quand sonnera le tocsin de la ménopause du cadre.

Les momos de la Génération Macron sont pourtant les premiers à se moquer de leurs parents les bobos, ces babyboomers qui ont passé leur jeunesse à polir des rêves d’un autre monde égalitaire et humaniste, avant de se reconvertir à l’aube de la quarantaine en patron d’un groupe de presse néolibérale ou patron d’une chaîne de distribution écoresponsable.

Or les voici aujourd’hui pris dans des contradictions encore plus cuisantes : leurs idoles de jeunesse, golden-boys et jet-managers quadrilingues, les Steve Jobs, Bill Gates et autres Bernard Tapie, sont aujourd’hui soit en prison, soit à la tête du Système.

Un Système dont le seul horizon est un monde toujours plus fou, qui a perdu tout sens de l’humain, et qui se noie dans le vertige transhumaniste, seul avenir d’un peuple de clones : l’homo numericus entièrement consentant pour épouser la Matrice technologique qui l’asservit, renoncer définitivement à son âme, à sa conscience, et se fondre dans l’Eden indifférencié des robots.

Les fans de Macron le Robot-Président sont ceux qui vont connaître la plus grave crise existentielle, quand ils vont découvrir que tout leur univers repose sur du vide.

Ceux qui n’auront pas le courage de se suicider rejoindront les hordes de rebelles insurgés, avec une aigreur et une violence nihiliste encore plus exaltées puisqu’ils auront à juste titre le sentiment d’avoir été manipulés et trahis.

Les plus falots et les plus idiots rejoindront les rangs des Sibeth Ndiaye et des Marlène Schiappa. Et continueront d’ânonner pour quelque temps encore un credo macroniste totalement vidé de toute substance. Avant que ces perroquets déplumés ne soient définitivement balayés par les lance-flammes des chevaliers de l’Apocalypse systémique lancés à l’assaut des dernières citadelles d’humanité et de vérité.

Toutefois, ce scénario de fin du monde ne se produira pas.

Car ceux qui dirigent le monde, s’ils ne peuvent s’empêcher de montrer leur vrai visage quand des incorruptibles se lancent à l’assaut de leur Matrice et menacent ses fondations, ne pourront survivre dans un monde dont ils ont déjà initié le programme d’autodestruction.

Avant que l’Apocalypse climatique n’ait permis aux termites de remplacer les humains, d’autres cataclysmes auront sapé les bases de ce Colosse aux pieds d’argile.

Déjà la crise du coronavirus a démontré la fragilité de tout l’édifice économique, financier, organisationnel et institutionnel du Système. Lequel peut très bien s’écrouler en quelques semaines à cause d’un virus microscopique, comme les aliens géants de la Guerre des mondes vaincus par de simples bactéries.

Même si certains espèrent spéculer comme ils l’ont toujours fait sur la banqueroute mondiale ou la flambée des prix des denrées alimentaires, ils ne pourront pas longtemps régner sur un désert, quand toute l’économie mondiale se sera effondrée, quand les monnaies ne vaudront même plus leur poids de papier, que le troc, l’autogestion et l’autodéfense auront remplacé les hypermarchés, la régulation mondiale, la dictature policière et le flicage de tous par tous.

Nous allons vers des temps incertains. Mais ce qui est sûr, c’est que la dictature des ploutocrates relayée par des banquiers prédateurs, des pantins politiques, des « machins » bruxellois, des croupiers de casinos où l’argent file et se volatilise à la vitesse de la lumière, des lobbyistes voués au commerce de la guerre, des énergies polluantes, des aliments trafiqués, ou des médicaments qui tuent plus vite qu’ils ne soignent, assistés par des robocops près à fusiller fils et filles pour protéger leurs maîtres, touche irrémédiablement à sa fin.

Nous devrions plus nous préoccuper de savoir quel monde nous voulons construire après, sur les ruines de l’ancien. Si nous ne voulons pas reproduire les mêmes modèles et les mêmes erreurs. Et éviter de nous laisser fasciner par la Chute de l’Empire.

Nous devrions nous émerveiller plutôt de l’Avènement d’une nouvelle ère, qui sera à l’opposé de l’ancienne.

Tout dépendra de notre capacité à élever collectivement notre conscience. A nous défaire de nous vieux oripeaux pour revêtir des habits neufs. A accueillir le monde qui vient sans regretter ou trop haïr le monde qui meurt.

Tout est possible. Nous sommes les créateurs de notre Réalité.

L’aventure humaine ne fait que commencer.

Mélenchon, le crépuscule d’un ambitieux

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Autopsie d’un ténia politique, réduit à cureter les égouts de l’islamisme, du racisme, de l’antisémitisme et du complotisme pour faire croire encore à son existence.

Depuis 25 ans qu’il pavoise comme un cador de la politique dissident du PS, qu’on lui prête des qualités de « tribun », de « rebelle », d’« esprit libre », Mélenchon a dû en décevoir plus d’un qui s’étaient laissé piéger par ses harangues populistes et antisystème.

L’homme est intelligent, érudit, fin politique, opportuniste, bon orateur. Mais son orgueil himalayesque aura eu raison de lui.

S’il quitte le PS en 2002 c’est parce que ses camarades n’auront pas su reconnaître son « génie ». Il se jure alors de leur faire rendre gorge et de dynamiter ce parti falot, ramolli par le pouvoir, et vendu aux sirènes du libéralisme.

Lors des présidentielles de 2012 il gagne ses galons de tribun de la politique, mais n’atteint pas un score digne d’un destin national.

Le vent tourne en 2017 avec la candidature de la marionnette très libérale du système Emmanuel Macron. Un OVNI sans aucune réelle expérience politique, propulsée en cinq années seulement au sommet de l’Etat après une carrière de directeur associé chez Rothschild et une rampe de lancement comme conseiller spécial de Hollande chargé de piloter le logiciel économique du navire France.

Le PS est alors en pleine déconfiture. Valls échouant aux primaires, la droite du parti se rue chez Macron. Benoit Hamon remporte la primaire mais ne rassemble autour de lui que ce qu’il reste de réformateurs, quelques écolos égarés et des apparatchiks qui n’ont nulle part où se reconvertir.

Fiasco annoncé pour la gauche. Victoire un temps annoncé pour la droite et son champion François Fillon, vite rattrapé par le cyclone des affaires. Un boulevard s’ouvre pour Macron. Avec, dans le rôle du repoussoir utile, une Marine Le Pen chouchoutée par les médias et qu’on s’empresse de propulser au second tour.

Reste la carte, ardue mais jouable, de la gauche radicale incarnée par Méluche et ses Insoumis. Une autre manière de partir à l’assaut de la macronie, de l’Europe de la finance et des lobbies, et du système mondialiste, en agitant le hochet du Frexit sans toutefois tomber dans les travers nationalistes et xénophobes du FN.

Et Méluche de grimper dans les sondages. Allant même jusqu’à devenir poli avec les journalistes, qui le flattent en lui prédisant une ouverture possible pour le second round de ces présidentielles.

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Méluche exulte, boit du petit lait, se voit déjà en challenger de Macron, se paye le luxe de chambouler les cartes d’un scénario écrit longtemps à l’avance par les mécènes de ce gamin zozotant.

Le grain de sable que sauront exploiter les stratèges du chouchou des médias, c’est l’orgueil incommensurable de Mélenchon et sa rivalité irréductible avec Hamon.

Peu les séparent, sur le papier ils pourraient s’entendre, mais ils ne parviendront jamais à se mettre d’accord, l’un devant nécessairement s’effacer devant l’autre. Or faute d’un accord entre le candidat du PS et celui de LFI, aucune chance pour la gauche de conserver l’Elysée.

Hamon sans doute insuffisamment préparé fait une campagne déplorable et s’effondre vite dans les sondages. Mélenchon quant à lui ne parvient pas à transformer l’essai.

Le soir du premier tour signe pour lui un échec cuisant, même si l’on pouvait s’y attendre. Pas de ticket pour le second tour !

Pire, il se retrouve 4e derrière Macron et Le Pen, mais aussi Fillon.

Sa déclaration télévisée après les sondages sortie des urnes qui le donnent largement battu laisse transparaître une aigreur indicible.

A partir de ce moment, Mélenchon n’aura de cesse de cultiver sa rancœur. Et commencera une lente descente aux enfers d’où il ne se relèvera plus.

L’échec aux présidentielles n’est pas encore digéré que les affaires lui tombent sur le nez. Une épreuve supplémentaire qu’il interprétera évidemment comme un complot politique contre son génie. Lui qui est le seul à pouvoir représenter le peuple. Quand on veut se débarrasser de quelqu’un c’est qu’il est gênant, donc qu’il compte.

Dans ces conditions, impossible de se positionner comme leader de l’opposition à Emmanuel Macron, ce dont il aurait rêvé. D’ailleurs l’opposition, il n’y en a plus : les partis traditionnels de gauche comme de droite sont en lambeaux, siphonnés par LREM ou dynamités par la vague de dégagisme des dernières législatives dans la foulée des présidentielles de 2017.

Le seul arbitre désormais, c’est la rue. Notamment ce mouvement des irréductibles Gilets jaunes, que La France Insoumise, tout comme le Rassemblement National, n’auront de cesse de vouloir récupérer.

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« La République, c’est moi ! » C’est par cette tautologie sidérante que le tribun de gauche qui n’est déjà plus que l’ombre ou la caricature sinistre de lui-même tentera une ultime ruade en octobre 2018 contre un réel qui s’obstine à le pousser vers une condamnation judiciaire certaine et bien humiliante.

La France Insoumise et son leader décrédibilisés, le parti essaiera bien de mettre en avant d’autres personnalités, comme Alexis Corbière ou Jean-François Ruffin. Mais la débandade est entérinée. Déjà des voix s’élèvent en interne contre le patron qu’on juge tyrannique et à qui l’on attribue la responsabilité des mauvais scores du parti dans les sondages puis aux européennes.

Mais Mélenchon n’en démord pas. La France Insoumise, c’est lui ! La gauche c’est lui ! Le peuple, c’est lui ! La République, c’est lui ! La France, c’est lui !

Sauf que plus personne n’en veut.

De dégringolade en dégringolade, le vieil homme aigri tentera de s’accrocher aux seules branches qui lui offrent encore un appui. Au risque de se saborder politiquement et de virer dans l’abjection la plus totale.

D’abord en faisant le choix conscient et délibéré de trahir ses propres valeurs républicaines, laïques et antifascistes en pactisant avec les islamistes.

Contrairement à certains égarés de l’extrême gauche qui ont sombré dans l’islamo-gauchisme par idéalisme et désarroi une fois la classe ouvrière disparue, qui ont cru voir dans les musulmans et les immigrés le nouveau prolétariat, et dans l’Islam politique un nouvel adversaire crédible contre le capitalisme, Mélenchon a agi selon un calcul des plus froids et cyniques.

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La gauche sociale-libérale l’ayant trahi, le peuple l’aillant dédaigné, voici qu’il trouve en la personne des minorités musulmanes endoctrinées par les islamistes et ces islamo-gauchistes qui les soutiennent une nouvelle clientèle politique.

N’ayant plus rien à perdre sinon un semblant de morale, Mélenchon est donc allé se prostituer aux pires ennemis de la République. Lui qui n’avait jamais voulu s’allier avec le Front National en réalisant l’union des populistes de droite et de gauche, choisit bien pire que Marine Le Pen. Une clique d’extrémistes de droite islamistes, dont le but avoué est la conquête inexorable du pouvoir, la destruction de la démocratie et le remplacement de la République par un régime théocratique et totalitaire.

C’est un peu comme si Maurice Thorez avait fait alliance avec les Waffen SS pour s’assurer une survie politique.

Mais cela n’étouffe nullement Jean-Luc Mélenchon. Pas plus que manifester aux côtés des prêcheurs de haine salafistes, de ces imams et ces idéologues de l’Islam politique qui justifient le viol et les violences conjugales, font hurler « Allahu Akbar ! » à la foule dans les rues de Paris, en osant prétendre que ce sont les journalistes qui ont transformé cette expression religieuse en cri de guerre, qui distribuent des étoiles jaunes aux manifestants et osent comparer les musulmans français d’aujourd’hui aux Juifs durant l’Occupation…

A voir son sourire réjoui aux côtés de ces « mamans voilées » on devine même que le tribun fatigué s’est trouvé un nouveau « peuple » à défendre.

Mélenchon apparaît du coup pour ce qu’il a toujours été : un menteur et un manipulateur, qui méprise sans doute davantage le peuple que tous les autres politicards réunis. Un peuple qui ne l’a jamais intéressé, comme tous ceux qui prétendent parler en son nom. Et qu’il a toujours méprisamment appelé « les gens », en prenant des postures populos dans ses costumes Mao.

L’ultime éructation de haine de ce fourbe à l’agonie aura été cette saillie aussi odieuse qu’inattendue à propos des Juifs du CRIF qui seraient responsables de la déconfiture du Labour aux dernières élections britanniques.

Si Mélenchon a fini de s’accomplir, c’est donc dans l’ignoble. Après l’imposture et le mensonge, l’orgueil mythomaniaque et paranoïaque, l’alliance contre-nature avec l’extrême droite islamiste, sa seule façon d’attirer encore quelques oreilles, c’est de se vautrer dans la boue des caniveaux antisémites, révisionnistes, racistes et complotistes.

Tel Voldemort à la fin de Harry Potter qui meurt en se consumant lentement dans sa propre haine, Mélenchon nous offre ce spectacle pitoyable d’une baudruche bouffie d’elle-même, et qui dans un ultime soupir de haine exhale son vomi le plus fétide.

A l’image de ces matadors révolutionnaires à l’origine des pires dictatures latinos et qui furent ses modèles, Mélenchon qui n’en aura été que la caricature bouffonne finit ainsi délaissé de tous, y compris de ceux qui l’avaient un temps suivi ou s’étaient laissé abuser par sa faconde.

Vous avez dit « guerre civile » ?

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Depuis 25 ans que j’habite à Nation, j’ai vu passer beaucoup de manifestations, parfois spectaculaires, comme les saccages de vitrines, de mobilier urbain, de devantures de magasins ou de banques lors des manifestations de jeunes contre le CCIP en 2005. Ou la première manif des pompiers à Paris en 2007, très haute en couleur mais très bon enfant. Mais jusqu’à présent je n’avais jamais assisté à un tel déchaînement de violence entre policiers et manifestants.

Comme jusqu’à cette année 2019 je n’avais jamais vu en France des soldats affronter d’autres soldats : des CRS tabasser à coup de matraque des pompiers désarmés lors d’une manifestation légale.

Déjà lors de la Fête du Travail du 1er mai 2017 qui avait immédiatement suivi l’élection de Macron, le ton avait été donné. La France « efficace et juste » montrait déjà ses muscles Place de la Nation, avec un déploiement « préventif » de CRS et l’érection d’un mur anti-manifestants en travers de tout le Cours de Vincennes. Du jamais vu.

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Cours de Vincennes, Fête du Travail, 1er mai 2017

Le ton est vite monté et les violences ont commencé à pleuvoir avec le mouvement des Gilets jaunes et les affrontements auxquels il a donné lieu notamment à Paris entre policiers et manifestants, avec parmi eux un nombre important de vrais ou faux « casseurs ». Mais un an après son démarrage, ce mouvement semblait s’essouffler.

On est passé à la vitesse supérieure et à un autre registre de contestations avec la grève quasi générale du 5 décembre et la série de manifestations contre la réforme des retraites. Et leurs répliques qui dépassent largement le thème social des retraites pour drainer tout une lame de fond plus large, plus politique, clairement anti-Macron, anti-gouvernement et anti-réformes. Une situation nouvelle même si elle s’est imposée progressivement et qu’on peut aisément qualifier de crise politique majeure.

Aujourd’hui le ton était donné Place de la Nation, bloquée par un impressionnant dispositif de forces de l’ordre. Des CRS essentiellement barraient l’accès à la place côté Cours de Vincennes. La lumière bleue des fourgonnettes parquées bien en rang sur plusieurs files Cours de Vincennes tournoyant comme d’étranges décorations de Noël. Les régiments de CRS alignés épaule contre épaule, matraque à la main, attendant les manifestants le regard fermé.

NAtion3Sur la place une centaine de Gilets jaunes, de manifestants et de badauds avaient pris position autour de la statue de la République et sur les pelouses qui l’encerclent. Certains étaient grimpés jusqu’au sommet de la statue, un rituel habituel lors des manifs, défilés ou rassemblements de liesse populaire comme au soir des matches de coupe du monde de football.

Vers 16 heures des bruits d’explosions commencèrent à retentir depuis le boulevard Voltaire et la rue du Faubourg St Antoine d’où convergeait les cortèges. On annonçait plus de 600 black blocs mêlés aux manifestants. La soirée promettait d’être chaude.

Soudain un nuage dense de fumée blanche et âcre poussé par le vent commença à se rapprocher puis à envahir toute la place. La foule se mis à reflouer en courant vers le Cours de Vincennes, toujours bloqué par le cordon de CRS. Parmi les manifestants et les curieux, de simples riverains et des enfants en trottinette jouant à se faire peur.

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La détermination des CRS se préparant au choc avec les manifestants d’une minute à l’autre était palpable. Certains tapotaient leur matraque ou trépignaient d’une jambe sur l’autre, le regard de plus en plus dur.

C’est au chaud et à l’abri que nous allions observer la suite des événements, sur les chaînes d’info continue.

A la télé toujours les mêmes images. La Place de la Nation, noire de monde, en plein chaos, déchirée par la lumière rouge des fumigènes, l’atmosphère saturée par les lacrymos comme un sommet du Jura par le brouillard un jour d’hiver. Les camions des syndicats tournoyant autour du terre-plein central, des manifestants marchant ou courant dans tous les sens. Des individus gazés, à terre, subissant le castagnage en règle des CRS. Les journalistes de BFM TV ne prennent même plus la peine de commenter.

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Aucune image de violences de masses. La chaîne a fait le choix de ne pas filmer le cordon de CRS qui barrent la manif. Justement, cette issue naturelle des cortèges étant condamnée et le débit de manifestants partant de République s’annonçant particulièrement dense, on devine que les tensions ne peuvent que s’aiguiser à mesure que la nasse se densifie.

Quoi qu’il en soit, on peut dire que l’évolution actuelle des mouvements populaires engagés contre le régime change clairement de nature. Nous ne sommes plus en face de simples « manifestations » qui parfois dégénéreraient en « affrontements » sinon en « émeute ». Nous sommes clairement dans une situation pré-insurrectionnelle.

L’absence de volonté de Macron et du gouvernement de prendre la mesure de la situation et son entêtement à dérouler son train de réformes très largement contestées par l’opinion majoritaire, le mépris qui l’accompagne et son incapacité à comprendre les vrais enjeux, ne peuvent que nourrir un climat de guerre civile.

Pour l’heure il serait abusif de parler de vraie guerre civile mais tous les ingrédients sont là. Absence d’opposition démocratique dynamitée par le siphonnage des partis traditionnels, absence de volonté de négocier sinon sous la forme d’une parodie de dialogue entre gouvernement et syndicats, neutralisation de tous les contre-pouvoirs, violences politiques, policières, sociales, économiques, fiscales et financières accrues qui étranglent les classes populaires comme les classes moyennes, exacerbations des injustices et des ressentiments, immobilisme voire duplicité coupable sur certains dossiers critiques (écologie, corruption, lobbying, islamisme, communautarisme, migrants, commerce d’armes, politique étrangère…)

C’est à se demande si le pouvoir pourtant phobique du peuple et de sa grogne ne cherche pas à attiser les tensions et souffler sur les braises de la révolte.

A quelle fin ? Le seul résultat prévisible serait la victoire du Front National lors des prochaines présidentielles. Que Macron table sur une montée du FN (et parallèlement de l’islamisme) pour se positionner en sauveur c’est une évidence. Mais à trop jouer avec le feu ou à trop se raidir sur un agenda écrit par d’autres et qu’il applique docilement il risque d’y perdre et sa carrière et la confiance de ses sponsors.

Faut-il condamner Éric Zemmour ? Les ressorts de la haine de l’autre

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Faut-il condamner Éric Zemmour pour ses propos tenus lors de la « Convention de la droite » de Marion Maréchal ?

A réécouter l’intégralité de son intervention à la tribune de la Convention de la droite du 28 septembre dernier, les propos d’Éric Zemmour n’apparaissent pas seulement comme ceux d’un idéologue à la droite de l’extrême droite, ils transpirent objectivement une haine tout aussi virulente que multiforme.

Fidèle à ses obsessions, le petit Juif arabe enfant de rapatriés d’Algérie qui a grandi à Montreuil, qui se voudrait plus français que tous les Français et qui rêve d’une France qui n’a jamais existé, où de Gaulle serait l’héritier de Barrès et Maurras, continue d’aligner les diatribes contre tout ce qu’il exècre : les étrangers, les immigrés, les Arabes, les musulmans (évidemment), l’Islam (encore)… Mais aussi les féministes, les homosexuels, les socialistes, les communistes, les libéraux, les soixante-huitards, les jeunes, le show biz, les rappeurs…

Le problème de Zemmour ce n’est pas qu’il soit l’illustration de ce nouveau « Rassemblement National » ripoliné, policé, aseptisé, à l’image de ses jeunes lieutenants proprets et polis comme Jordan Bardella ou Julien Odoul. Le problème c’est au contraire qu’il donne une voix et un visage à cette extrême droite décomplexée, raciste, antisémite, révisionniste, xénophobe, identitaire, ultranationaliste, et même suprématiste. Une extrême droite remisée dans les coulisses mais qui continue toujours d’exister malgré les rafistolages de Marine Le Pen.

Le problème c’est que même si ses propos sont outranciers, Zemmour est loin d’être idiot. Il sait manipuler les mots et les concepts. Et rendre un discours ignoble quasiment audible. Même si oser réhabiliter Pétain (dans Le suicide français, son avant-dernier livre), en prétendant contre toutes les vérités historiques que celui-ci aurait « sauvé des Juifs », n’aurait jamais laissé déporter « que des Juifs étrangers et aucun Juif français » (alors que plusieurs dizaines de milliers de Juifs français furent déchus de leur nationalité par le régime de Vichy puis déportés), et s’obstiner aujourd’hui encore à l’affirmer, est assez fort de café. Surtout dans la bouche d’un Juif.

S’agissant de l’Islam, le problème de Zemmour (et de l’extrême droite), c’est cet amalgame constant et consanguin au logiciel extrémiste selon lequel Immigration = Islam = Islamisme = Insécurité. En gros : tous les immigrés (et les migrants) sont arabes ou africains. Tous les Africains et tous les Arabes sont musulmans. Tous les musulmans sont islamistes. Et tous les islamistes sont des terroristes.

Rappelons au passage que l’appellation « arabe » est impropre pour désigner les Maghrébins, de même que beaucoup de peuples du Moyen-Orient. Puisque ceux-ci n’ont jamais été des « Arabes » mais des Berbères, des Kabyles, des Touaregs, des Latins, des Juifs, des Celtes, des Egyptiens, des Africains, des Libanais, des Arméniens, des Levantins et des peuples métissés. En toute rigueur et d’un point de vue ethnique, les seuls vrais « Arabes » sont certains peuples originaires de la Péninsule arabique : Saoudiens, Qataris, Koweïtiens, Emiratis. A l’exclusion des Yéménites, des Omanais et de certains peuples nés du métissage entre l’Arabie et l’Afrique.

Mais aujourd’hui la stigmatisation raciale est passée de mode. Critiquer « l’Islam » permet de recouvrir la xénophobie coutumière au FN d’un emballage politico-religieux et anti-communautariste.

Sauf que refuser de distinguer entre « les islams » ceux qui relèvent de simples obédiences religieuses et ceux qui constituent d’authentiques idéologies politiques assorties d’un projet de conquête du monde, cela relève d’une cécité ou d’une mauvaise foi coupable. Et totalement symétrique de celles des islamistes qui font mine de dénoncer les « amalgames islamophobes » entre musulmans et terroristes, mais enferment indifféremment tous les musulmans qu’ils instrumentalisent dans une même confusion entre l’appartenance à la religion musulmane et l’Islam politique dont ils sont les propagandistes.

Cette équation hyper simpliste du FN s’explique notamment par le fait que celui-ci n’a jamais réussi ou voulu intégrer la réalité et la complexité du phénomène islamiste, se contentant de récupérer quelques formules choc chez les vrais spécialistes de l’Islam politique.

Cette fixette rhétorique n’est pas non plus seulement une feinte et une tactique : le FN a besoin d’un adversaire, d’un repoussoir, d’un bouc émissaire clairement identifiable en la personne des « immigrés-musulmans-islamistes », afin de fédérer les ressentiments populaires dans un discours populiste, raciste, anticommunautariste et antisystème.

Ce qui cloche dans ce discours, et qui transparaît systématiquement dans les propos de Zemmour, c’est la haine qui l’accompagne et le motive, derrière les rationalisations loufoques sur l’Islam ou le « Grand remplacement ». Le FN n’a pas changé en profondeur : le noyau dur de son système d’exploitation c’est toujours la haine de l’autre, recouverte sous des justifications réductrices et simplificatrices.

Zemmour lui-même est un pur affectif. Son discours est un discours réactif, fondé sur la peur, la suspicion, le ressentiment et les affects, qu’il justifie par des ratiocinations qui défigurent le réel pour l’acclimater à ses obsessions. Ces discours en apparence intelligents sont irrigués de projections personnelles liées à ses complexes de petit homme juif, enfant d’immigrés, arabe, malingre, courtaud, laid, peu viril et sans doute pas très clair sur son orientation sexuelle. Un homme pétri d’angoisses et de mal être, qui rêve d’une France blanche, catholique, conquérante, dominatrice, hégémonique, colonialiste, glorieuse, monarchiste, impériale, quasi militaire. Une France inamovible qui n’existe que dans les livres d’Histoire qu’il a mal lus. Et dans les fantasmes des nationalistes les plus aigris.

Mais peut-on pénaliser l’aigreur ? Le ressentiment ? La haine ? Dans le cas de Zemmour, il faudra aux juges prouver que ses propos tenus lors de cette convention nationaliste constituaient d’objectives contraventions au droit.

Que Zemmour soit nuisible, c’est une évidence. Parce qu’il sert de porte-voix et de caution (intellectuelle) à ceux qui n’ont pas la capacité de réfléchir ni d’exprimer leur haine autrement que par des éructations.

Quand Zemmour affirme : « Les musulmans doivent choisir entre l’Islam ou la France ! », il ne fait pas que réduire le débat sur l’islamisme à un chantage simpliste, selon une logique identitaire et non politique. Il empêche à celui-ci de se poser de façon sereine, claire, exhaustive et objective. Et il résume par cet amalgame implicite l’alternative pour les Français de confession ou de culture musulmane à un choix impossible et radical entre leur religion ou leur appartenance à la nation. Une manière d’offenser l’autre en l’adjurant de choisir entre soi-même et soi-même. Une forme de jalousie mimétique qui refuse à l’autre toute altérité sinon dans la conformité ou l’exil.

Sur le fond (et c’est bien la perversité de ces raccourcis), Zemmour n’a pas entièrement tort. Pour les islamistes, notamment très clairement pour les Frères musulmans, l’appartenance à l’Oumma (la communauté de croyants) est incompatible avec une quelconque nationalité civile. Ils considèrent le fait d’être musulman comme une sorte de « supranationalité » conçue comme supérieure à toute autre appartenance nationale. En conséquence, la charia prévaut toujours sur le droit national. Ce qui pose un grave problème institutionnel, statutaire, juridique, et non seulement identitaire ou éthique, si on veut appliquer ce principe à la lettre comme le souhaitent les islamistes.

Sauf que tous les musulmans français ne raisonnent heureusement pas ainsi. Et ne tombent pas toujours dans le chantage exercé par les islamistes, dont celui de Zemmour n’est que le négatif.

Même s’il est vrai que beaucoup de jeunes des quartiers issus de l’immigration, qui peinent à se définir entre un pays d’origine qu’ils ne connaissent même pas (et qui souvent les méprise) et une France qui les rejette ou les montre du doigt, sont facilement séduits par les sirènes islamistes qui viennent leur chanter que leur véritable identité c’est d’être des « musulmans », de redresser la tête et de s’afficher comme tels, à l’inverse de leurs parents « soumis« , et de rendre à cette France colonialiste, arrogante et raciste, les humiliations qu’elle leur a fait subir.

C’est une évidence mais il faut le rappeler : Zemmour et le FN ne font que renforcer l’islamisme et cautionner son discours de haine de la France. Tout comme les discours et les provocations des islamistes contre la France, la République ou la laïcité ne font que justifier et renforcer les discours de haine extrémistes.

Mimétisme. C’est le mot qui résume cette fascination-haine réciproque entre les islamistes et les extrémistes.

Zemmour n’est que le produit de ce piège mimétique qui enferme dans des identités tronquées, fermées, relatives, hostiles, symétriques et concurrentes l’une de l’autre. Il incarne une identité négative, réactive. Tout le contraire de ce dont la France aurait besoin aujourd’hui.

Tout comme le discours victimaire dans lequel les islamistes voudraient enfermer les musulmans se nourrit de la concurrence victimaire à l’égard d’autres minorités, surtout les Juifs envers lesquels ils nourrissement un antisémitisme radical, et la haine qu’ils cherchent à entretenir chez les musulmans victimisés contre l’Etat accusé d’être un oppresseur islamophobe, les discours victimaires de l’extrême droite destinés à capter les ressentiments populaires et à les diriger contre « le système », les élites et son bouc émissaire favori – les musulmans – se nourrit d’une concurrence victimaire entre « les musulmans » et « les immigrés », accusés (à juste titre) d’être choyés par les élites politiques et médiatiques « islamo-gauchistes », et « les Français », ou de plus en plus implicitement les catholiques, crispant ainsi les oppositions et rivalités autour d’affirmations identitaires et communautaires.

Il faut le rappeler sans cesse : le seul socle identitaire et éthique commun qui puisse permettre de fédérer tous les Français dans une identité et un sentiment d’appartenance commun à une même nation, mais aussi de tenir face aux assauts conjoints des nationalistes et des islamistes, c’est la République.

La République, rien que la République, toute la République.

Réaffirmer, revisiter, réinterpréter nos valeurs. Car elles sont vivantes, organiques, et non stériles. Positives et non réactives. Humanistes et universalistes, et non refermées sur une identité passéiste, étriquée, mythique.

Faut-il assimiler antisémitisme et antisionisme ?

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Épineuse, très épineuse question !

La volonté d’assimiler l’antisionisme à une forme déguisée d’antisémitisme se justifie aujourd’hui pleinement. Beaucoup d’antisémites se cachent derrière un « antisionisme » revendiqué, non seulement pour critiquer la politique d’Israël mais aussi pour verser dans des généralités concernant tous les Juifs (« les sionistes ») accusés de tous les mots habituels : vouloir accaparer le pouvoir, les richesses, tenir les rênes de la finance mondiale, manipuler tous les dirigeants occidentaux, renforcer les inégalités, créer des injustices envers les plus pauvres, les minorités ethniques ou religieuses, entreprendre des guerres de conquête et asseoir leur domination sur des populations incapables de se défendre.

Bien évidemment ceux qui utilisent le plus fréquemment ce paravent de « l’antisionisme » sont les musulmans et les pays arabes ou islamistes qui justifient ainsi leur haine d’Israël mais aussi des Juifs. En tête l’Iran et sa rhétorique anti-Israël. Et ses vassaux ou ceux qui bénéficient de ses largesses, Hezbollah et Hamas notamment. Mais aussi d’une façon ou d’une autre à peu près tout le monde arabe ou musulman. Même ceux qui comme l’Arabie saoudite sont des partenaires économiques de premier plan de l’état hébreu mais subventionnent aussi largement les organisations terroristes sunnites hostiles aux « sionistes » et aux « croisés ».

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Cette rhétorique antisioniste a de nombreuses composantes. Chez les peuples musulmans elle s’enracine dans un antijudaïsme offensif qui remonte au Coran. Même dans les empires islamiques où Juifs et Chrétiens étaient accueillis et protégés sous le statut de dhimmis, les Juifs avaient toujours un rang inférieur. Certaines professions ou fonctions de haut rang, politiques, militaires, sociales ou économiques leur étaient interdites. Un Juif ou un Chrétien ne pouvait dominer ou commander un musulman. Sauf à de très rares exceptions dans le royaume d’Al Andalus.

L’antisémitisme plus politique intra-islamique s’est considérablement accru avec l’apparition des idéologies islamistes au 20e siècle. Celle de la Confrérie des Frères musulmans, qui a inspiré à peu près tous les régimes islamistes de l’Iran khomeyniste à la dictature d’Erdogan en passant par le FIS algérien ou l’Ennahdha tunisien, s’inspirait au départ du salafisme mais aussi du nazisme, puis du léninisme. Les fondateurs de la Confrérie, comme le grand mufti de Jérusalem dans les années 1930/40 pressé de demander aux nazis de l’aider à « se débarrasser de ses Juifs », entretinrent des liens très étroits avec Hitler.

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Adolf Hitler recevant le grand mufti de Jérusalem à Berlin

La rhétorique des Frères musulmans est toujours caractérisée par un profond antisémitisme. Pire, leur stratégie de conquête du monde est aussi fondée sur une obsession mimétique à l’égard des Juifs. Le mythe d’une élite financière juive dominant le monde depuis le 20e voire le 18e siècle est une projection typique de l’idéologie conquérante des Frères musulmans qui entendent instaurer un califat mondial et dominer le monde.

Dans les pays comme la France où les Frères musulmans sont déjà profondément implantés, leur stratégie pour faire main basse sur l’Islam et les musulmans, infiltrer tous les rouages de la société, accroître leur influence et leur représentativité, passe par une victimisation systématique des musulmans, et des discours qui s’apparentent à ceux de la lutte contre le racisme ou l’antisémitisme.

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Les islamistes français sont sans cesse engagés dans une concurrence victimaire et n’hésitent pas à récupérer de façon ignominieuse certains symboles des persécutions historiques contre les Juifs. Ainsi la montée d’une « islamophobie » fabriquée de toutes pièces dans les médias et la situation des musulmans aujourd’hui dans la société française sont comparées sans complexe à celle des Juifs dans l’Allemagne nazie ou dans la France d’Occupation. Durant la manifestation islamiste du 10 novembre à Paris, l’étoile jaune, signe de discrimination infamant imposé aux Juifs, fut récupérée et détournée en étoile islamique puis distribuée sous forme de stickers flanqués du sigle « MUSLIM » (comme « JUDE ») par des propagandistes du CCIF.

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Bien sûr le discours officiel des islamistes français est de dénoncer « toutes les discriminations, y compris l’antisémitisme ». Dans la réalité leur antisémitisme prend les traits d’une surenchère victimaire mimétique permanente.

Cet antisémitisme musulman ou islamiste déguisé en « antisionisme » trouve bien sûr un écho dans les banlieues depuis que le conflit israélo-palestinien s’est en partie importé dans les quartiers. Les jeunes musulmans des banlieues sont très souvent antisémites. La violence latente à l’égard des Juifs y est permanente. Beaucoup de familles juives originaires de quartiers « islamisés » sont obligées de partir vivre ailleurs.

Ces jeunes sont aussi gavés de discours et de modèles qui exaltent la haine, en particulier la haine des mécréants, des Blancs, ou des Juifs, comme de discours valorisant l’insoumission, la rébellion, la guérilla urbaine ou l’insurrection. Que ce soit au travers de textes de rap écrits par des stars hexagonales, souvent des musulmans, ou d’autres discours fondés sur la haine de l’autre, des nantis, des pourris, des exploiteurs, donc des « sionistes ».

Rares sont les imams des mosquées et les prêcheurs improvisés qui font quelque chose pour dissuader cet appétit. Taper sur les Juifs est facile et souvent impuni. Les clichés sur le djihad et les terroristes sont très appréciés. Ils constituent pour ces jeunes désorientés ou en quête de modèles masculins des sortes de héros, des têtes brûlées, des Robin des bois jusqu’au-boutistes frondant tous les ordres et toutes les lois.

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L’antisionisme des jeunes de banlieue fait non seulement office de ciment et de rhétorique communautaires, il participe aussi d’une culture de la provocation et du franchissement des limites. En France se dire antisémite est mal, condamnable, inacceptable. Alors ces jeunes contournent l’interdit en adoptant un langage « antisioniste » fondé sur la haine d’Israël, la condamnation des crimes de Tsahal à Gaza, systématiquement comparé à Auschwitz, la valorisation parallèle des « armées de résistance » que sont à leurs yeux des organisations terroristes comme le Hezbollah ou le Hamas, voire Al Qaeda ou Daesh.

Ces jeunes sont d’ailleurs souvent très friands de sites complotistes, révisionnistes, antisionistes voire ou franchement antisémites d’extrême droite. Quant aux sites islamiste, ils sont aujourd’hui les premiers pourvoyeurs dans le monde de désinformation à caractère antisémite ou complotiste.

Des auteurs notoirement antisémites comme Alain Soral, Renaud Camus (inventeur du concept de « Grand remplacement ») ou le polémiste Éric Zemmour, les sites auxquels ils contribuent, les émissions auxquelles ils participent et les blogs qu’ils animent sont très suivis par les adolescents et les jeunes de confession ou d’origine musulmane. Peu leur importe que ces auteurs tirent parfois à boulets rouge autant sur l’Islam que sur les Juifs ou d’autres cibles. Leur côté sulfureux, transgressif et interdit exerce un attrait irrésistible sur les jeunes.

L’une des personnalités presque unanimement adulées par les jeunes musulmans pétris d’antisionisme est évidemment l’ex humoriste Dieudonné. Lequel tire parti de sa notoriété pour justifier par un faux humour une propagande ouvertement antisémite, révisionniste et pro-djihadiste. Le sinistre Dieudonné est un l’ami des dirigeants du Hezbollah qu’il est allé soutenir au Liban en 2006 durant la Seconde guerre israélo-libanaise. Mais aussi des mollahs iraniens auxquels il était allé rendre visite au moment de la présidence d’Ahmadinejad. Ce provocateur antisémite plusieurs fois condamné est un modèle pour de nombreux antisémites, parmi lesquels des islamistes et des simples musulmans. Sa « quenelle », mélange de salut nazi et de bras d’honneur, et ses jeux de mots ignobles comme « shoananas » dignes de Jean-Marie Le Pen dans ses meilleurs jours sont repris allègrement par tous les néonazis et les jeunes Arabes « antisionistes ».

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Face à ce constat il paraît évident qu’il ne faut pas hésiter à condamner la rhétorique antisioniste et l’appel à la haine d’Israël (et implicitement des Juifs, comme des autres nations qui le soutiennent) au même titre que l’antisémitisme.

Toutefois les choses sont plus complexes.

On peut être philosémite, on peut être soi-même juif, voire israélien, tout en critiquant à juste titre la politique d’Israël. Notamment quand celle-ci viole le droit international, commet des brutalités quotidiennes envers des minorités, des crimes de guerre à Gaza, s’entête dans une volonté de poursuivre la colonisation des Territoires, rase des immeubles ou des villages palestiniens pour y construire des maisons juives, entretient un authentique régime d’apartheid en déniant à 30% de ses ressortissants arabes des droits égaux à ceux des citoyens juifs, discrimine et humilie au quotidien des Palestiniens qui doivent traverser les check-points pour se rendre au travail ou visiter leur famille de l’autre côté du mur.

Une politique qui nourrit la haine des Juifs, en Palestine, au Moyen-Orient et dans le reste du monde, en ne cédant rien aux injonctions du monde à plus d’humanité et de mesure.

Depuis de nombreuses années, la majorité des Juifs vivant en diaspora, notamment aux Etats-Unis, ne soutiennent plus Israël et critiquent même avec véhémence la politique conduite par la coalition d’extrême droite au pouvoir depuis 10 ans. Le lobby ultra-orthodoxe américain est toujours assez puissant financièrement pour infléchir la politique du principal allié d’Israël, mais pour combien de temps encore ?

Quant à la France et à l’Europe, bien que n’étant pas « antisionistes » elles entretiennent des liens autant avec Israël que les pays arabes. Ces alliés se lassent de vouloir jouer les médiateurs du conflit et de voir les chances de paix se réduire comme peau de chagrin.

En outre, indépendamment de ce conflit qui s’enlise et plombe l’image d’Israël comme ses relations avec ses partenaires, on peut très bien être juif ou pro-sémite, et antisioniste.

Il existe même une frange importante des Juifs ultra-orthodoxes, les haredim, qui vivent en Israël, consacrent tout leur temps à étudier de la Torah et à élever leurs nombreux enfants mais sont antisionistes. Ils vivent des aides de l’état, sont exonérés de travail, mais passent leur temps à critiquer le pays où ils vivent et qui les nourrit. Un état laïc auquel ils ne reconnaissent aucune légitimité, et qu’ils considèrent comme une monstruosité impie. Car selon eux, seul le messie à venir pourra venir restaurer le Royaume d’Israël sur les bases du Tanakh (la Bible).

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Pire encore, il existait encore il y a peu dans l’Iran des mollahs une petite communauté de Juifs ultra intégristes. Non seulement ceux-là haïssent Israël, refusent d’y vivre, mais ils pactisent avec son pire ennemi en espérant que celui-ci détruira très vite cette verrue impie. Une façon très messianique de précipiter la venue du messie. Comme leurs homologues israéliens qui bien que vivant en Israël ne rêvent que d’une chose : dynamiter les mosquées présentes depuis 14 siècles sur le Mont du Temple. Et précipiter ainsi l’Armageddon, la bataille finale des armées de Dieu contre les légions de Satan et des infidèles. Une façon tout aussi expéditive de hâter la venue du messie et la Fin des temps.

Sans verser dans ces extrêmes, on peut tout à fait aimer Israël et ne pas adhérer au projet sioniste, qui est avant tout un projet nationaliste visant à donner une terre aux Juifs. On peut refuser de fonder l’état d’Israël et son affirmation nationaliste limitée à un peuple ou une race, un demos. Le très controversé historien israélien Shlomo Sand est l’un des intellectuels juifs les plus virulents à s’opposer au sionisme comme aux « mythes fondateurs » de l’Israël moderne.

Sans être aussi radicaux, une bonne part des Israéliens ne s’identifient pas à cette volonté actuelle des sionistes ultranationalistes israéliens de sanctuariser la nation israélienne en tant qu’état « des » Juifs et non « état juif ». Et de vouloir inscrire cette identité dans la Loi fondamentale. Selon eux, si Israël est un état juif, les autres citoyens, qu’ils soient arabes, bédouins, druzes, européens, africains ou asiatiques, doivent y avoir toute leur place et les mêmes droits que les autres. Leur conception de la nation israélienne se rapproche plus de celle des nations européennes fondées au 19e siècle à partir d’un ethos, un idéal et un système de valeurs comme « la République », que sur un ethnos, une ethnie.

C’est toute la différence qui sépare le véritable antisionisme qui est le refus d’accorder au peuple juif le droit à l’autodétermination, le droit d’avoir un pays et de le défendre, et la critique du sionisme sur la base d’un désaccord quant aux fondements juridiques et politiques de l’état d’Israël, ou à propos de la politique conduite par ses dirigeants au nom d’une conception dévoyée du sionisme.

Le sionisme est une idéologie nationaliste qui a vu fleurir beaucoup de variantes depuis l’époque de Théodore Herzl, son fondateur. Critiquer telle ou telle conception du sionisme est l’un des sports favoris de la communauté juive, en Israël et de par le monde. Il n’est pas rare de s’adresser entre Juifs des anathèmes en se traitant d’ »antisioniste ».

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Théodore Herzl, père du sionisme historique

On peut critiquer le sionisme. On doit même le faire aujourd’hui quand on est un démocrate et un humaniste.

Le sionisme actuel de Netanyahu, idéologue ultranationaliste de type messianiste, est l’exact opposé de l’idéal socialiste, inclusif, humaniste et universaliste des pères de l’Israël moderne. De 1948 à 2019, Israël est passé d’une démocratie laïque, socialiste et pluraliste à une proto-théocratie messianique, où les religieux les plus extrêmes proches du pouvoir tentent de faire évoluer un état démocratique vers un fantasme biblique régi par la Haskala (la loi juive). Le symétrique exact des pays totalitaires islamistes dirigés par la charia.

L’extrême gauche communiste et internationaliste y a toujours été opposée au sionisme. Ses avatars pacifistes comme Shalom Archav (La Paix Maintenant) ont toujours combattu la politique extérieure d’Israël et pris franchement le partis de la minorité palestinienne, quand ils ne trouvent pas des vertus aux ennemis du Hamas. Ses avatars contemporains y compris en France défendent une politique résolument antisioniste et pro-arabe.

Pénaliser l’antisionisme en tant que tel en l’assimilant uniformément à l’antisémitisme risquerait donc de brouiller encore plus le regard. Cela risquerait aussi de sanctuariser le sionisme actuel en lui conférant une forme de légitimité juridique, ce qui n’est ni le but ni la compétence de la loi française.

Sans doute y a-t-il d’autres façons plus pertinentes de pénaliser les formes d’antisémitisme qui se cachent derrière un discours antisioniste.

Bien entendu la perversité des discours antisémites déguisés en antisionisme est de se justifier en rappelant qu’on a le droit de critiquer un état. Pénaliser l’antisionisme reviendrait à sanctuariser Israël et à interdire toute critique du régime ou de sa politique au motif que cela constituerait une haine des Juifs. Absurde.

Il faut pourvoir continuer à critiquer, Israël, ses dirigeants, leur politique et peser sur eux, sans pour autant être accusé d’antisémitisme, et tout en soutenant le droit à l’existence et à la sécurité pour Israël. Une attitude de non-alignement.

Assimiler la critique d’Israël à de l’antisémitisme c’est précisément que Netanyahu n’hésite pas à faire quand il joue sur les peurs pour appeler les Juifs de France à faire leur Alya en Israël afin d’échapper à « la recrudescence de l’antisémitisme ». Comme si l’Etat français était complice de cette recrudescence, ou qu’il ne faisait rien pour défendre lui-même ses citoyens juifs.

De la même façon on doit pourvoir critiquer le judaïsme comme l’Islam ou toute autre religion. Surtout dans une République laïque.

Il ne s’agit donc pas de créer un délit de blasphème antisioniste ou antijudaïque au motif d’étendre la définition juridique de l’antisémitisme.

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Alors que faire ?

Le Parlement européen avait adopté en 2017 cette définition de l’antisémitisme :

« L’antisémitisme est une certaine perception des Juifs qui peut se manifester par une haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme visent des individus juifs ou non et/ou leurs biens, des institutions communautaires et des lieux de culte. »

Il faudrait y ajouter « des manifestations politiques« . Et à « institutions communautaires et lieux de culte », ajouter « et à l’état d’Israël ».

Il conviendrait par ailleurs de préciser que l’antisémitisme ou la haine des Juifs « peut » se dissimuler derrière un discours antisioniste, d’une critique d’Israël servant à le justifier, d’une obsession et d’une désinformation systématique concernant Israël, sa politique extérieure, les sionistes ou leur volonté hégémonique fantasmée.

Marine Le Pen ou la rafle de la Mémoire

Marine Le Pen a sans doute trop été marquée par les égarements nationalistes de son mentor Paul-Marie Coûteaux, qui a méthodiquement formaté la candidate devenue présidente du FN et façonné sa « culture française » conformément à ses propres obsessions de crapaud souverainiste tout à tour idolâtre de Mitterrand, de Chevènement, de de Villiers puis du clan Le Pen.

Comme elle subit manifestement l’influence de l’un de ses maîtres à penser, l’immonde Eric Zemmour, qui ne sait plus quoi faire pour tenter de faire oublier ses origines prolétaires et juives-arabes, rêve d’une « France éternelle » aussi mythique qu’outrancière, dénature l’Histoire dans son dernier pamphlet Le Suicide français, au point de pasticher le Général en héritier de Maurras et de Barrès, et s’abîme dans un abject révisionnisme en réhabilitant la figure à ses yeux incomprise du Maréchal.

Je crois la fille du fondateur plus habile et moins marquée par l’idéologie nazie que son père. Mais ses amitiés jamais démenties pour des camarades d’Assas devenus des piliers du parti frontiste et jamais évincés malgré leur appartenance assumée aux pires factions antisémites comme le GUD en disent long sur sa complaisance et l’imposture d’un ravalement de façade orchestré uniquement pour attraper des gogos aigris par l’irresponsabilité objective des apparatchiks de « l’UMPS ».

La voici aujourd’hui face à ses contradictions, avec cette ultime provocation qui la renvoie aux outrances de son père qu’elle avait d’abord cru pouvoir remiser dans les oubliettes.

Depuis que le FN grimpe dans les sondages, les fachos qu’on avait priés de dégager des meetings relèvent la tête et donnent du coffre en multipliant les abjections.

Habile, la bourgeoise clodoaldienne qui se rêve en Madone des laissés-pour-compte n’est pas exempte d’un fatal faux pas, comme en témoigne cette sortie d’anthologie sur le Vel d’Hiv’. Il ne s’agit pas d’un dérapage contrôlé à la Papa, mais d’une bourde manifeste à peine calculée.

Car pour bien comprendre l’ignominie de son propos, il ne faut pas s’arrêter à ce qui scandalise au regard des standards éthiques contemporains et des discours admissibles quant aux pires heures de notre Histoire récente. Mais il convient de resituer sa déclaration dans un contexte historique et politique qui a vu l’opinion française opérer une mue salutaire sur un sujet hier encore tabou.

Au soir de la Libération la France s’était rachetée une bonne conscience en surfant sur les mythes de la Résistance. Tous les Français étaient subitement devenus gaullistes, défilaient sur les Champs-Elysées pour acclamer leur libérateur, quand une majorité suivaient le Maréchal quelque mois auparavant. Par peur, par fidélité au héros de Verdun qui prétendait les laver de la honte de la débâcle et des humiliations de l’Occupation, plus que par idéologie. L’Appel du 18 juin ne réunissait qu’une fronde minuscule de « terroristes » et d’hommes de l’ombre. Seuls quelques courageux ont vite compris que l’avenir de la France passait par Londres, l’alliance des vrais patriotes et des communistes alliés de Staline, si elle souhaitait en avoir un, sortir de la guerre avec les honneurs et faire entendre sa voix dans le concert des peuples libres victorieux de la barbarie nazie.

La déportation de 141.000 de ses enfants fut passée sous silence, la responsabilité de la France mise sous le tapi. Puisque l’Etat français n’était pas la République, la France ne pouvait être accusée d’avoir collaboré à ces horreurs, que beaucoup semblaient découvrir quand les premiers suivants d’Auschwitz débarquaient à l’Hôtel Lutétia.

La rhétorique républicaine, officiellement justifiée par le triomphe de la Résistance sur la collaboration, incarnée par la figure totémique du Général, et portée par le mythe gaullien de « la France éternelle », avait validé le sentiment unanime qu’il fallût mieux faire silence sur certaines vérités sombres source de désunion et passer ces crimes par pertes et profits, au nom de l’unité et de la dignité patriotiques retrouvées.

Seuls quelques historiens opiniâtres ont osé déterrer des non-dits, mais personne ne voulaient les entendre. Jusqu’à ce que les cicatrices se refermant et les générations passant on put enfin regarder notre Histoire avec davantage de sérénité et d’objectivité.

Jacques Chirac a eu ce courage blasphématoire aux yeux de certains de faire amende honorable, en présentant les excuses officielles de la France à ses enfants livrés à l’ennemi. Quitte à rouvrir des plaies et se mettre à dos une bonne partie des gaullistes qui ne goûtaient guère qu’on pût ainsi briser un tabou bien commode et renverser le tabernacle immaculé érigé par leur grand-homme.

Marine Le Pen s’attire aujourd’hui un opprobre légitime, non par son relativisme qui ravive des mémoires meurtries, mais parce qu’elle surfe sur cette ambigüité républicaine. Son but est sans doute moins de laver la France de Vichy de ses crimes bien qu’elle soit l’objective héritière de cet embarrassant courant qui porta l’extrême droite française au pouvoir entre 1940 et 1945, que de blanchir à contre-courant la France dont elle rêve et qui n’existe que dans ces lubies d’une culpabilité qu’on lui servirait injustement à propos de la Shoah et qui selon elle serait injustifiée.

On reconnaît bien là la patte de Zemmour, qui sans se compromettre dans les excès d’un Soral ou d’un Faurisson manipule les faits pour asseoir ses propres mythes d’une France qui n’a jamais existé et renvoyer la responsabilité de sa décadence sur des boucs émissaires commodes que sont les enfants d’immigrés, l’Islam et leurs thuriféraires complaisants, ces anciens soixante-huitards devenus des bobos alliés au capitalisme. Lesquels auraient abîmé la France dans un « déconstructivisme » coupable, l’auraient vendue aux intérêts américains pour la laisser aujourd’hui en lambeaux. Les mêmes thématiques qu’on retrouve à longueur de meetings dans la bouche de sa disciple dévote.

Accuser Marine Le Pen d’antisémitisme brut de décoffrage est un mauvais procès. Qui ne fera que la renforcer dès que sera de nouveau entonné le sempiternel refrain de la victimisation injuste des « vrais patriotes » défendant la France contre ceux qui veulent la détruire.

Pour résister à cette provocation, il faut plus intelligemment en appeler à l’évolution de la conscience historique, qui a exhumé du shéol de l’Histoire tout un pan rejeté de notre mémoire collective. Non pour accuser la France de crimes qu’elle a effectivement commis, même si tous les Français de l’époque ne sont évidemment pas coupables. Mais pour faire acte de repentance collective en assumant la responsabilité commune en dépit des hauts faits de la Résistance qui s’y était opposée, seule condition d’un vrai pardon et d’une vraie réconciliation de tous ses enfants.

Briser ce nouveau pacte républicain c’est revenir 70 ans en arrière et gommer tout le travail historique et l’amendement éthique réalisés trois générations après ces tragiques événements.

On n’écrit pas l’Histoire à reculons. Or c’est exactement ainsi que procède le FN dans sa mythologie, sa rhétorique et son programme fou conçus pour une France qui non seulement n’a jamais existé mais ne pourra jamais plus revivre compte tenu du chemin parcouru et des enjeux qui la situent dans une inévitable perceptive ouverte et mondiale. Sa seule chance c’est de saisir cette mondialisation tant redoutée, non comme une fatalité à repousser mais comme une chance pour redonner du sens à une Europe qui a trahi ses pères et s’est vendue sur l’autel du dieu Mammon.

Le FN est le dernier parti qui pourrait opérer cette transformation. Car il ne se nourrit que de mythes et de rancœurs accumulées et entretenues pour manipuler les esprits les plus faibles en cultivant la haine sur le terreau de ressentiments légitimes.

Si les esprits savent faire preuve de discernement plus que d’offuscations-réflexe dictées par la peur de la peur, ce parti est mort dès à présent. Faisons en le pari et ne cédons surtout pas au piège d’une condamnation qui serait vouée à l’échec si elle ne s’appuyait que sur de mauvais arguments.


Pour plus de détails sur l’évolution historique de la mémoire de Vichy, lire cet excellent article d’Henry Rousso, historien et directeur de recherches au CNRS : « Après la déclaration de Marine Le Pen sur le Vel d’Hiv, quelle responsabilité de la France et des Français sous l’Occupation« 

Zemmour et Charlie

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Le Suicide français versus Je suis Charlie.

Deux France.

Presque deux planètes centrifuges.

Tout les oppose.

Comme s’oppose la nostalgie passéiste et la foi en l’avenir.
Le fantasme d’une matrice nationale et identitaire et la réalité d’un creuset pluraliste et républicain.

L’un et l’autre ont-il une possible postérité ?

Premier constat : force est de le reconnaître, Zemmour est incapable d’élaborer une pensée.
Zemmour ce n’est pas une pensée mais une anti-pensée.
C’est l’affectivité et la réactivité qui envahissent et subordonnent l’intellect.
Chez Zemmour l’intellect en est réduit à servir aux affects les plus nauséabonds des artefacts de justifications frauduleuses.
Zemmour est profondément nihiliste.
Et foncièrement pervers.

Je suis Charlie, c’est d’abord un élan.
Un élan émotionnel. Des tripes et du cœur.
Un élan transversal et universel.
Mais c’est aussi un réveil.
Un soulèvement massif.
Un contre-choc.
Le glas d’une torpeur.
Dans laquelle Zemmour tente de nous noyer en prétendant la dénoncer.

Ni Zemmour ni Charlie ne produisent de vision ni de pensée.

En revanche, si l’un obéit à une amertume haineuse et nostalgique de racines chimériques,
l’autre est la résurgence de ces racines communes qu’on disait désuètes ou délaissées.

Il est la manifestation vivante et positive d’une éthique partagée de ce qu’on nomme aujourd’hui « le vivre ensemble ».

Là où Zemmour divise, oppose et accuse,
Charlie rassemble, s’impose et récuse.

Zemmour désigne des boucs émissaires, stigmatise, culpabilise.

Capture l’Histoire et l’action politique au bénéfice d’une idéologie des extrêmes et du Néant.
Et interdit pour finir tout exercice d’une véritable responsabilité collective fondée sur des valeurs communément admises et partagées, celles de la République. Dont il fait un pastiche sacrilège et grimaçant.

Je suis Charlie s’impose comme un rempart collectif face à l’arbitraire et à la barbarie.

Là où Zemmour fait fi, Charlie fait front.
Pour récuser toute connivence avec les forces de destruction.

Zemmour est une poussée d’acné narcissique, égotique et frondeuse.
Un chantage affectif.
Un caprice trépignant de sale gosse autiste.
Un rejet de l’autre par idéalisation du même, auquel il voudrait tant ressembler pour effacer la honte de trop médiocres origines.

Charlie est une lame de fond.

Le cri du Réel.

Vivant, divers, pluriel.
Uni et rassemblé.
Authentiquement « français » dans l’âme et cosmopolite dans la forme.

Zemmour ne retient de cette France qu’il pleure qu’une « souche » morte et pourrie.
Là où Charlie en incarne le tronc commun. Solide. Dressé. Souverain et impérieux.
Un bloc d’où s’étire de multiples ramures.

Zemmour hait le soleil, l’air vif et la diversité. Celle des êtres et des choses vivantes.

Et la vie, la vraie surtout.
Il ne s’épanouit que dans l’obscurité putride des bousiers, dans le retour délétère et corrompu à un « avant » qui n’est plus que l’humus des grands conifères. A peine un songe ténébreux.

Charlie est cet assaut de résistance face à une sauvage et trop injuste cognée.

Mais le bras qui avait armé celle-ci  est de la même veine que le ressentiment putride qui en avait nourri le projet bien qu’il lui fût étranger.

Zemmour hait l’Islam. Mais fait à l’évidence le jeu des terroristes islamistes.

Zemmour n’aime pas la France. Il se contente de la rêver.
Je suis Charlie EST la France.
La France éternelle.
Pas celle des manuels d’Histoire tronqués que nous vend l’obscur polémiste.
La France d’aujourd’hui. La France d’hier. Et celle de demain.

Zemmour a perdu son pari : celui de signer un pacte avec le Diable pour punir l’angélisme de ceux qu’il honnit.

Zemmour est vaincu. Ce qu’il incarne – échec, haine et division – vient d’être fracassé par un tsunami dont nul ne soupçonnait l’imminence et l’ampleur.

La France est de retour.

Populistes, nationalistes et autres déclinistes, ces sinistres fossoyeurs n’ont plus qu’à ravaler leur désespoir et leur rancœur.

La France est là.
Et c’est à elle seule qu’il appartient d’écrire la nouvelle page de son auguste Histoire.