Quick Charia, l’islamisme soft dans votre plateau repas

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Article mis en ligne sur Facebook le 3/8/2018: Corrigé le 4/8/2018.


Chers amis,

Je partage avec vous ce coup de gueule.

Ou plutôt cette réaction raisonnée et citoyenne face à ce que s’apparente à une nouvelle victoire du salafisme en France.

A la base une simple mésaventure.

Apparemment insignifiante. Presque dérisoire.

Pas de quoi fouetter un chat, affoler la Une des médias ou mobiliser la rue, me direz-vous.

Juste l’un de ces petits (ou gros) « détails ».

Petits mais symptomatiques d’une dérive, d’une lente évolution, d’un phénomène rampant et sournois souvent décrié et qui résiste aux tentatives d’apporter des solutions idoines.

Une évolution marquée par l’avancée progressive du salafisme et de l’extrémisme musulman en France.

Lesquels entendent ouvertement et sans complexes appliquer leur stratégie d’islamisation de la société française.

Notamment en enfonçant des coins dans les remparts d’une laïcité par ailleurs contestée et fragilisée.

Et en dénaturant avec une méthodique perversité et une rhétorique éprouvée les principes mêmes de notre République.

Certes on est loin des attentats de Charlie, du Bataclan ou de Nice.

Pourtant c’est l’un de ces petits grains de sable, qui ajoutés les uns aux autres viennent peu à peu gripper le fonctionnement de nos institutions, grignoter nos libertés fondamentales et saper les bases de notre démocratie.

Une démocratie bien menacée. Rongée de l’intérieur comme de l’extérieur par des modèles concurrents ou franchement hostiles.

Une situation qui risque à terme de mettre en péril les fondements de notre République et ses valeurs humanistes.

Et faire péricliter toute tentative de garantir les bases d’un vivre ensemble respectueux des écarts et des différences, mais attaché à faire corps, à faire peuple commun sinon Fraternité. Démarqué en tout cas des forces de dislocation centrifuges, des clivages identitaires, communautaires et des conflits mimétiques.

Une situation face à laquelle juges débordés, politiques pressés ou clientélistes, et intellectuels angoissés semblent incapables d’apporter des réponses justes, pérennes, aptes à corriger le tir. Sinon à déployer une Vision pour construire un avenir de paix et d’unité.

Un boulevard pour les pires écueils qui menacent à plus ou moins long terme notre identité, notre culture, nos valeurs et notre modèle républicain, si jalousement et chèrement défendus.

D’un côté celui d’une islamisation et d’une libanisation de la France. En marche objective et même accélérée. N’en déplaise aux partisans d’un relativisme coupable, à ceux qui craignent de renforcer la stigmatisation des musulmans en dénonçant ce danger, aux suiveurs et aboyeurs moutonniers incapables de raisonner par eux-mêmes. Et bien que l’instrumentalisation qui en est faite par l’extrême droite en brouille l’analyse et tende à discréditer toute dénonciation un peu ferme.

Et de l’autre la porte ouverte aux pires extrémismes xénophobes. Incarné par cette même extrême droite.

Sinon à une forme de totalitarisme musclée accédant au pouvoir par les voix démocratiques à la faveur de crises, une exaspération populaire sur fond de délitement moral, de perte des repères, de confusion hystérisée, conduisant à des sursauts réactifs des peuples face au sentiment de déliquescence généralisée. Comme à l’incapacité d’élites déconnectées, autistes ou cyniques à prendre en compte leurs difficultés et revendications.

On l’a vu tout récemment avec l’arrivée au pouvoir en Italie du front d’extrême droite aux relents néo-mussoliniens. Et cette vague populiste sinon crypto-fasciste qui déferle depuis 10 ans sur les démocraties européennes et aux Etats-Unis.Ce sentiment de déliquescence, terreau des extrémismes de tous bords, se nourrit d’une forme de terrorisme intellectuel beaucoup plus insidieuse que celui de Daesh, dont on parle hélas assez peu. Et dont on mesure mal les vrais dangers tant on s’y est accoutumé.

Il s’agit du terrorisme moral exercé par l’hégémonie de la Pensée unique et le Politiquement correct, instruments du Système.

Terrorisme sournois car infiltré dans les discours, les schémas de pensée et les esprits.

Et qui nivelle discours, modèles comportementaux et valeurs, en s’opposant à toute expression libre, claire et directe de vérités dérangeantes qui risqueraient de mettre en cause certains modèles établis.

Vérités aussitôt raillées et détournées en accusations réflexe (« théorie du complot », discours victimaires, moralisation outrancière, emballement névrotique sur des broutilles…) visant à verrouiller tout débat, à empêcher tout discernement serein, à culpabiliser ou marginaliser les détracteurs.

Un terrorisme très efficace en revanche pour semer la confusion, imposer des modèles de pensée simplistes, faciles à reproduire, et gommer tout esprit de discernement nuancé.

Mais aussi et surtout à manipuler les esprits en traçant et en contrôlant discours et opinions.

Un phénomène largement conceptualisé par les sociologues du début du 20e siècle qui se sont attachés à décrypter les mécanismes de la psychologie et de la manipulation des foules. Et illustrés par des romans prophétiques comme 1984 d’Orwell, ou Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley. Plus récemment par des films comme Matrix ou V comme Vendetta.

En tout cas ce terrorisme empêche clairement les autorités institutionnelles, juridiques, politiques, morales ou intellectuelles de ce pays de faire leur travail correctement, en toute indépendance, sans être soumises en permanence à la double pression vindicative des gardiens du Système et d’une opinion grégaire.

Comment dès lors faire appliquer la Loi, sanctionner les contrevenants, veiller au respect du Droit démocratique, défendre les libertés individuelles et les valeurs de la République ? En tout cas sans être soumis à l’exercice d’une censure permanente. Et de mécanismes réducteurs, totalisants sinon totalitaires.

Mais venons-en au fait après cette longue introduction.

Lors d’un voyage au printemps dernier dans le Midi, je me suis vu confronté à un incident assez banal, mais très symptomatique de ce qu’on peut aisément interpréter comme une volonté d’imposer la charia dans un lieu tout à fait surprenant, a priori épargné par ces dérives.

De séjour à Nîmes, je me suis rendu dans un restaurant Quick situé à deux pas des Arènes, sur l’imposante Esplanade Charles de Gaulle. L’équivalent de la Place de l’Hôtel de Ville à Paris.

J’y ai commandé un menu du type cheeseburger bacon, un classique de cette enseigne et de bien d’autres marques de fast-foods.

A ma grande surprise le serveur m’a signifié que cette spécialité emblématique de la marque ne figurait pas au menu de l’établissement.

Lequel refusait tout simplement de servir à ses clients de la viande de porc.

Stupéfait, j’ai fait part de ma surprise à l’intéressé, qui bien qu’impuissant m’a immédiatement rejoint dans mes griefs. Estimant lui aussi inadmissible qu’un restaurant Quick applique ainsi la charia, mais pourtant bien obligé d’obtempérer.

J’ai failli tourner les talons après avoir fait un scandale.

Mais j’ai préféré me raviser et employer des moyens plus efficaces pour dénoncer ce procédé scandaleux.

Lequel constitue il faut le rappeler un délit manifeste, et une atteinte non négligeable aux principes de liberté, d’égalité des citoyens devant la loi, et de laïcité.

J’ai donc écrit une lettre au directeur de ce restaurant très fréquenté par des Nîmois et des touristes en plein cœur de Nîmes.

Je la soumets à votre lecture (au bas de cet article), et vous invite à en discuter.

Face à un tel état de fait et une impunité étonnante (Nîmes une ville bien ancrée à droite, avec un maire Républicains tendance Wauquiez, et un électoral FN qui aligne des scores importants aux élections), je me suis résolu à en parler à des amis nîmois qui ont partagé mon émotion. Une colère nourrie par une exaspération croissante face à la montée réelle de la délinquance, de la criminalité et de l’insécurité à Nîmes.

Une ville et une région à fortes populations immigrées, à fort taux de chômage, confrontées ces dernières années à un afflux massif de réfugiés, qui se singularisent selon la Police par une criminalité galopante, et une forte prévalence d’islamistes doctrinaires bien actifs dans leurs rangs.

Ce n’est hélas pas un fantasme parano digne de Valeurs Actuelles. Ni un de ces mensonges alarmistes et outranciers dont le FN est coutumier. Encore moins un cas isolé. Tout le pourtour méditerranéen est en effet concerné.

Une triste réalité à laquelle sont confrontés les habitants. Y compris les jeunes Nîmois enfants fils de parents immigrés de 2e ou 3 générations. Ils en subissent eux aussi les déboires, pris en tenaille entre une xénophobie rampante et des tentatives de récupération de la part de ces fanatiques, pourtant ultra minoritaires.

Face à ce constat, comment agir ?

N’est-il pas déjà trop tard pour infléchir l’évolution et parer à des menaces plus graves ?

Il appartient à chaque citoyen, croyant ou athée, quelles que soient ses propres origines, récentes ou lointaines, son appartenance éventuelle à une communauté, de prendre ses responsabilités, d’alerter, de sensibiliser. De proche en proche, ou en prenant à partie responsables et élus.

Avant que les urnes ne parlent de façon funeste.

Il ne s’agit pas de stigmatiser, d’attiser des peurs, rivalités ou tensions qui risqueraient de nourrir les frustrations et tentations de se marginaliser.

Mais d’être clairs, rigoureux, sans ambiguïté, paresse ou complaisance, qui font le terreau quotidien des extrémistes de tous bords et des ennemis de la République.

Réveillons-nous et agissons ensemble, mais aussi chacun à sa mesure.

Ne nous laissons pas endormir par une actualité insipide qui brodé sur des questions mineures, en tout cas sans comparaison avec ces enjeux : le foot, Benalla, ou le dernier petit commentaire d’un sous-ministre sur Twitter ou à la télé.


Lettre ouverte au Directeur du Quick de Nîmes
_______________
Cher Monsieur,
Je suis journaliste indépendant, membre et ancien dirigeant de plusieurs associations citoyennes de dialogue intercommunautaire, de défense des valeurs républicaines et de la laïcité, et ancien conseiller de quartier de la Ville de Paris.
Lors d’un récent déplacement à Nîmes et dans sa région, je me suis rendu à votre restaurant pour y commander un menu au comptoir.
J’ai été alors très surpris d’apprendre que votre restaurant refusait de servir à ses clients des plats contenant de la viande de porc.
Ce qui est contraire me semble-t-il à ce que pratiquent l’ensemble des restaurants Quick présents sur le territoire français. Lesquels proposent à peu près tous les mêmes spécialités et formules.
Je crois savoir que depuis sa création, Quick comme d’autres enseignes de restauration rapide américaines ou européennes, a toujours proposé dans ses menus, en France du moins, des hamburgers contenant du bacon.
Cette décision, dont je me suis ému auprès de votre employé qui a partagé ma réprobation, constitue une contradiction flagrante avec la politique de Quick en France. Une société belge rachetée récemment par le groupe américain Burger King. Lequel que je sache n’est pas une entreprise islamique.
En effet cette décision surprenante de la part d’un restaurant Quick situé en plein centre de Nîmes, sur l’emblématique Esplanade Charles de Gaulle, à quelques mètres des Arènes de Nîmes fréquentées par de nombreux touristes, a quelque chose de proprement révoltant.
Notamment parce qu’elle s’apparente à une facon non explicite d’appliquer la charia sur le territoire français, au cœur d’une grande ville vivant presque exclusivement du tourisme. Et non dans une banlieue reculée où ne vivent que des communautés issues de l’immigration, en grande partie musulmanes.
Cette façon d’imposer sans le dire la charia à vos clients et salariés est tout à fait inadmissible.
En particulier dans un lieu public et un établissement commercial appartenant à un groupe multinational de très forte notoriété, et hors de tour contexte cultuel ou communautaire.
Et donc en contradiction complète avec la loi française.
Je vous signale que cette décision constitue un délit passible d’une amende.
A titre personnel j’ai des amis musulmans qui gèrent des restaurants halals de type kebabs. Et je ne vois aucun problème à ce que ces restaurants ne servent pas de porc à leur clientèle, mais au contraire des plats et de la viande certifiés halal, ce qui me semble tout à fait normal pour ce type de restaurants.
De même je trouve normal que des chaînes de restauration rapide proposent à leurs clients le choix entre plusieurs menus, dont certains cashers ou halals si cela correspond à une demande.
Mais concernant la chaîne Quick, une telle décision ne peut être comprise que comme une concession inacceptable au communautarisme local.
Compte tenu du contexte démographique d’une ville comme Nîmes et d’un département comme le Gard, je comprends que vos clients puissent être pour une large part issus de l’immigration africaine ou maghrébine. Et donc pour une large part sinon une majorité de confession musulmane.
Vous n’êtes pas non plus sans savoir que les tensions communautaires qui ont nourri parfois tragiquement l’actualité de notre pays obligent autorités et responsables à une vigilance particulière pour faire respecter les lois de la République, en particulier en matière de laïcité.
Notamment en refusant de céder aux pressions d’une minorité au sein de la minorité musulmane, qui entend faire fi de nos lois et imposer les siennes, en complète rupture avec la République, le respect des libertés individuelles, des principes d’égalité devant la loi, de la laïcité et du vivre ensemble.
Je vous invite donc à exercer sans plus attendre votre responsabilité de manager et de citoyen, en amendant une décision qui vous met personnellement en situation d’enfreindre la loi.
Je ne manquerai pas d’en référer le cas échéant au Maire de Nîmes et au Préfet du Gard. Afin qu’un arrêté municipal ou préfectoral soit promulgué visant la fermeture administrative provisoire de votre établissement, dans l’attente d’ouvrir une enquête administrative ou judiciaire.
J’en informe également la Direction Générale de Quick France. Et celle de Burger King aux États-Unis.
Certain qu’elles ne manqueront pas de vous rappeler vos devoirs et responsabilités concernant le respect des lois et réglementations en vigueur dans notre pays.
Cordialement,
Christophe Claudel
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Jésus l’enquête: la résurrection entre quête de la vérité et quête spirituelle

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Sorti en France le 28 février le film Jésus, l’enquête (The case for Christ) a déjà fait couler beaucoup d’encre, notamment dans la mouvance évangélique.

Voir la bande-annonce :

 

Rien de moins étonnant pour un blockbuster hollywoodien surfant sur les obsessions d’une Amérique en pleine confusion spirituelle, écartelée entre le tandem présidentiel Trump/Pence largement soutenu par les chrétiens fondamentalistes, la nostalgie de l’ère Obama, un rêve américain qui bat de l’aile et les crispations inquiètes d’une grande puissance en quête d’une nouvelle identité et dont le Congrès avait inscrit la devise In God we trust sur le Grand sceau comme sur le billet vert.

Tiré d’un roman autobiographique le film raconte l’itinéraire spirituel quasi rédempteur d’un journaliste d’investigation athée bousculé par la conversion de sa femme à la foi évangélique. Partant du principe que si l’on peut prouver que la résurrection du Christ n’a pas eu lieu tout l’édifice du christianisme s’effondre, le héros part enquêter à Jérusalem sur les traces du « cas Jésus ». Un Da Vinci Code à la sauce évangélique. Sauf que l’histoire est vraie. Et qu’au terme de son enquête le personnage fera une rencontre avec Jésus qui bouleversera sa vie.

Un témoignage sans doute très sincère et très touchant mais qui une fois merchandisé en best-seller de librairie puis en succès hollywoodien devient un exemple est assez typique des méthodes prosélytes utilisées par les églises évangéliques.

Les limites de la preuve

resurrection

Au-delà de cette histoire pleine de rebondissements et de bons sentiments, le film aborde le sujet des limites de la « preuve » opposée à l’expérience spirituelle. Il s’inscrit dans un débat éculé qui oppose depuis des siècles la Foi et la Raison. Et notre part émotionnelle et irrationnelle en butte à un esprit pétri de rationalisme athée. Avec en parallèle l’opposition récurrente quoique anachronique aujourd’hui entre dogme et science.

La foi en la résurrection de Jésus relève en effet d’une « croyance » en une vérité qui n’est pas établie : elle concerne des « événements », ou des « faits », qui n’ont pas été a priori retenus par le consensus majoritaire comme « crédibles » sinon attestés comme « réels » .

Pour peu qu’elle se soit réellement produite à Jérusalem au lendemain de la fête de Pessah de l’an 33, la résurrection de Jésus ne saurait donc être « prouvée » ou infirmée au terme d’une quelconque enquête journalistique. Ni par le biais d’un minutieux travail d’historien.

Que l’on sache, aucun humain n’a assisté en tant que témoin oculaire à la résurrection du jeune rabbin de Nazareth. Celle-ci n’a pas fait non plus l’objet d’un procès-verbal de police. Elle ne saurait donc être considérée comme un événement historique, encore moins comme un « fait » juridiquement opposable. Une telle prétention est évidemment une chimère, même si le sujet n’a pas épuisé des générations de spécialistes.

En ce qui concerne une approche historique, rappelons que pour autant qu’ils relatent des « événements », les historiens s’appliquent prioritairement à construire une « mémoire collective », plus qu’à authentifier des faits objectifs . Cette mémoire vivante est élaborée à partir d’un ou de plusieurs points de vue. La recherche de la vérité en matière d’Histoire n’a de valeur que relative et conciliaire puisqu’elle relève d’un consensus jamais définitif des historiens sur le champ qu’ils définissent comme sujet d’étude. La vérité historique demeure donc toujours un objectif à atteindre, jamais une certitude absolue.

S’agissant de la résurrection elle-même, les historiens ne peuvent se prononcer que sur le périmètre d’un tel événement. Ils ne peuvent décrire que l’impact produit à son sujet par les témoignages et agissements attribués aux membres d’une petite communauté de disciples, marginale parmi les courants juifs et autres religions présentes en Judée et dans le pourtour méditerranéen au 1er siècle. Et bien entendu sur les conséquences évidentes au plan de l’Histoire universelle d’un tel message porté par les tenants de la religion nouvelle et leurs successeurs.

Cet événement qui a fait basculer l’Histoire ne peut être a priori l’objet d’aucune étude « scientifique » qui en fournirait quelque élément de « preuve ». Il demeure pris entre deux attitudes extrêmes : la foi aveugle et le scepticisme radical.

Ce dont on ne peut que se réjouir, sans quoi il n’y aurait plus aucune place pour le libre arbitre personnel. Et interdirait tout acte libre et créateur de réalité qu’est le pari ou le choix conscient de croire telle ou telle chose « réelle » ou « vraie ». Qu’il soit de nature religieuse, idéologique ou scientifique, la tentation de tout discours dogmatique totalisant est précisément d’imposer à tous comme L’unique Vérité ce qui relève toujours en définitive d’un choix de valeurs.

Pour une science humaine comme l’Histoire, les modes d’authentification des faits diffèrent de ceux utilisés par les sciences exactes comme la physique pour valider des phénomènes observables : on ne peut pas a priori expérimenter scientifiquement une résurrection en tant que phénomène physique, avec le caractère reproductible sinon « prédictible » requis selon des lois physiques.

S’agissant des événements historiques retenus par l’Histoire on se saurait non plus « prouver » leur réalité intrinsèque indépendamment d’une conscience historique qui leur confère l’apparence d’une réalité sous forme d’un « événement passé » repérable selon un continuum temporel.

Or d’après les lois de la physique quantique et ses implications dans le domaine des neurosciences, les événements du « passé » n’ont aucune réalité intrinsèque. Ce que l’on conçoit comme un passé objectif n’a en vérité aucune existence propre, sinon en tant que « mémoires » individuelles ou collectives. Seul le présent existe, le futur n’existant qu’à l’état de virtualités.

Qu’en est-il de la foi ?

Radieux-Relèvement-sr-Jacqueline-Poirier-r.m.

Icône de la descente aux enfers

Seuls les chrétiens croient en principe à la résurrection de Jésus. Les Juifs n’y croient pas sans quoi ils seraient chrétiens. Le Coran reste dans l’incertitude et porte plutôt à croire Jésus ne serait pas mort[i] ; certaines interprétations prétendent même que ses disciples auraient substitué un sosie à la place du messie sur la croix.

Croire en la résurrection est a priori un acte de foi. Personnel avant d’être collectif.

Rappelons au passage que la résurrection conçue comme le retour à la vie d’une personne décédée n’est pas une expérience dont Jésus aurait eu l’exclusivité, même si pour les chrétiens elle représente le sommet du message évangélique.

Si l’on s’en tient aux textes bibliques, trois résurrections sont citées dans le Premier Testament : le fils de la veuve de Sarepta (1 Rois 17), le fils de la Sunamite (2 Rois 4) et un homme dans le sépulcre d’Élisée (2 Rois 13). Selon les évangiles canoniques trois autres personnages auraient été ressuscités grâce à l’intervention de Jésus au cours de son ministère : la fille de Jaïre (Marc 5,22-43), le fils de la veuve de Naïm (Luc 7,11-17) et son ami Lazare (Jean 11).  Enfin Dorcas, un disciple de Jaffa ressuscité par Pierre (Actes 9:36-43).

L’idée de la résurrection des morts est également un des fondements essentiels de l’eschatologie musulmane (1).

Pour l’homme de foi il s’agit en revanche davantage de croire ou non « en » la Résurrection que de croire simplement que la résurrection est une réalité. Terme qui recouvre plusieurs acceptions : Relèvement des morts (revenir à la vie), perspective eschatologique de la Fin des temps : combat escathologique, Résurrection des morts et Jugement dernier, prélables à l’instauration d’un règne messianique de paix et de justice, tels que l’annoncent les textes juifs comme Daniel et chrétiens comme Matthieu ou l’Apocalypse de Jean (Révélation). Annonces sinon textes eux-mêmes dont se sont sans doute en partie inspirés les rédacteurs du Coran.

Autant de sources écrites fondement de dogmes de foi à propos de la Résurrection. Et dont l’interprétation n’a cessé d’alimenter la controverse au fil des siècles, depuis que la croyance en la résurrection s’est imposée dans le judaïsme massorétique à l’époque des Maccabées.

Un pari existentiel autant qu’ontologique

Le fait de croire en la résurrection est avant tout un choix personnel qui fait sens et crée de la réalité du point de vue spirituel pour ceux qui la partagent.

Ainsi le Chrétien qui adhère à l’être-même de Jésus ressuscité s’inscrit dans la perspective de la Vie éternelle et du Royaume à venir. Pour beaucoup, celle-ci prend la forme d’une attente messianique conçue non plus comme un événement inscrit dans l’Histoire et qui en marquerait le terme, mais comme le choix d’enraciner sa vie dans une dimension spirituelle qui échappe à la matérialité et à la temporalité : vivre d’ores et déjà dans et pour le Royaume. C’est-à-dire préfigurer un monde qui « advient » ici et maintenant plus qu’un monde à venir.

Et actualiser cette perspective promise à l’humanité tout entière en focalisant ses propres choix essentiels et existentiels vers la préfiguration d’une humanité ayant « réalisé » tout son potentiel « divin ». Humanité préfigurée pour les Chrétiens en la personne de Jésus.

Dans la vision propre aux églises messianiques, cette inscription du message évangélique dans une temporalité critique demeure prépondérante. Comme dans la vision de l’apôtre Paul, horizon reste tendu vers l’annonce du retour imminent du Messie crucifié, mort et ressuscité à Jérusalem.

Le thème de la Seconde Venue de Jésus est aujourd’hui l’un des plus en vogue dans la mouvance évangélique. A l’image des thématiques apocalyptiques centrales dans les sectes messianiques juives.

Plus globalement les chrétiens partagent une espérance du Salut. Salut obtenu selon la théologie protestante par pure Grâce du fait de la foi en (adhésion à) la personne de Jésus, Messie et Sauveur. Ou selon les œuvres selon la théologie catholique classique.

Sauveur de quoi au juste ?

Du « péché » ? Terme souvent compris comme une « faute », un manquement à des règles comportementales telles qu’établies selon une lecture littérale des textes ? Ou terme qu’il faudrait plutôt entendre selon l’étymologie du verbe pécher en hébreu comme la résultante d’un défaut de ciblage de notre désir ontologique : « rater sa cible ».

Ou bien encore comme la libération salutaire d’une croyance illusoire en la réalité de la « Mort » conçue comme le terme définitif de toute forme de vie et la néantisation de l’être.

Avec les conséquences au plan existentiel, psychologique et spirituel que peuvent engendrer les croyances et représentations, individuelles et collectives, à propos de la mort. Croyances et représentations nourries des peurs les plus archaïques et objet de toutes les spéculations théologiques sur l’Après-vie.

Vers une compréhension dépassionnée ?

Si elle est vécue de façon active, la croyance effective sinon la foi en la résurrection produit du sens et de l’effet dans la vie présente.

Elle révèle la prégnance tangible d’une dimension non matérielle, « numineuse », présente au cœur même de notre existence incarnée. Un déjà-là qui n’est pas nécessairement repoussé de façon spéculative vers une hypothétique vie après la vie terrestre, un Paradis céleste, ou une Vie éternelle à venir qui ne serait promise qu’aux seuls élus.

Quoi qu’il en soit, la résurrection est un phénomène qui bouleverse nos conceptions classiques du temps et nos représentations quant aux limites du corps physique.

Admettons que Jésus a bien été crucifié, que son corps physique est bien mort, a bien été embaumé selon le rite puis enterré comme le relate les textes et la Tradition. Sous quelle forme est-il alors apparu à ses disciples ? Non comme un simple « fantôme », un « spectre », mais de façon identifiable par ses plus proches disciples. Avec un corps doué de facultés physiques « extra-ordinaires » : multilocalisation, faculté d’apparaître et de disparaître instantanément, de se matérialiser et se dématérialiser, et de jouir toutefois de certaines facultés physiques d’un homme « normal », comme respirer, voir, entendre, ressentir, parler, être vu, entendu, touché, manipuler des objets (rompre le pain), manger et boire ?

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C’est là que les théories et découvertes récentes ou à venir de la physique quantique pourraient ouvrir des perspectives de compréhension pour décrypter un phénomène qui relève toujours pour l’église du « mystère ». Et qui  résiste toujours à toute explication scientifique.

Du moins pour la science classique fondée sur les lois causales, longtemps fermée à l’irrationnel et marquée notamment au cours des deux siècles derniers par le matérialisme athée.

Grâce notamment à l’éclairage des découvertes quantiques sur l’origine de la conscience, des équipes de chercheurs s’attachent depuis quelques décennies à étudier en laboratoire des phénomènes auxquels la science était jusqu’alors réfractaire. Etats modifiés de conscience, cas cliniques de mort imminente (NDE), phénomènes « psys » (télépathie, psychokinésie voire ufologie).

Ce qui relevait autrefois de la métaphysique voire de la mystique n’est plus aujourd’hui un sujet tabou pour des scientifiques qui contribuent à faire évoluer les nouvelles sciences du 21e siècle hors des frontières où l’avait contrainte la pensée dualiste et l’idéologie scientiste ou rationaliste propres aux deux siècles précédents.

conscience quantique

S’agissant du 7e art, des scénaristes et producteurs inspirés auraient matière à réaliser une œuvre cinématographique qui laisserait entrevoir à propos de la résurrection ce que l’industrie du divertissement et les médias semblent aujourd’hui incapables d’appréhender autrement que sur le registre du sensationnel ou de l’émotionnel.


(1)« … à cause de leur parole (les juifs) : “Nous avons vraiment tué le Christ, Jésus, fils de Marie, le Messager d’Allah”… Or, ils ne l’ont ni tué ni crucifié ; mais cela leur est apparu ainsi (en arabe : choubbiha) ! Et ceux qui ont discuté sur son sujet sont vraiment dans l’incertitude : ils n’en ont aucune connaissance certaine, ils ne font que suivre des conjectures et ils ne l’ont certainement pas tué, mais Allah l’a élevé vers Lui. Et Allah est Puissant et Sage » (Sourate 4:157-158)

(2) Cf. Piotr Kuberski : La résurrection dans l’islam. Revue des Sciences Religieuses : Christianisme et islam. 87/2 | 2013, p. 179-200

Le combat des satyres et des sorcières

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Désolé de revenir encore sur cette histoire de harcèlement.

Mais il me semble urgent de dénoncer les propos haineux déversés à l’encontre de cette tribune de femmes courageuses qui fait aujourd’hui polémique. Alors qu’on voudrait rejeter sur elles la honte et la culpabilité, en les assimilant à des complices de violeurs.

Je suis affligé de voir combien les esprits s’égarent, et dans quels excès on en arrive à s’enfermer.

Pardon mes cher(e)s ami(e)s, mais beaucoup d’entre vous avec qui j’échange sur les réseaux sociaux continuent de verser dans l’outrance et feraient mieux de se calmer et de réfléchir posément.

Certains ont ainsi improprement qualifié de « révolte des femmes » ce qui n’est qu’une libération spontanée de la parole à propos du harcèlement. Laquelle fait suite pour beaucoup à des années de silence, de honte ou de déni.

Cette initiative, on ne peut évidemment que la saluer.

Ce faisant, ceux qui sacrifient à ces excès de verbe s’abandonnent du même coup au lyrisme romantique des pasionarias les plus enflammées de la cause féministe. Qui battaient le pavé dans les années 70 en brûlant leur soutif et en vouant à la guillotine tous les mâles, forcément « machistes » et « dominants ». Elles qui prétendaient mettre à sac l’ordre impérialiste et bourgeois de la « société patriarcale ».

La rhétorique a changé en 50 ans mais le fond et les affects restent les mêmes.

Les nouvelles générations ont adopté inconsciemment les causes sinon quelques réflexes sémantiques hérités de ces années révolutionnaires de lutte des femmes.

Luttes qui ont tout de même permis aux femmes françaises d’accéder à des droits et à un statut de plus objective égalité, que beaucoup envieraient sous d’autres latitudes.

Qu’on songe que l’Arabie Saoudite vient tout juste de franchir un cap inouï cette année en autorisant les femmes à conduire seules un véhicule sur la voie publique !… Dans ce pays où on lapide encore arbitrairement les femmes adultères. Et où les violeurs cavalent en toute impunité, puisque ce sont les femmes violées qui sont accusées d’être des « provocatrices » et des pousse-au-crime.

Encore une fois, que l’affaire Weinstein ait suscité un vent de libération de la parole virale et que des femmes violées ou réellement harcelées sexuellement et qui n’osaient pas dénoncer leurs agresseurs aient enfin pu le dire, c’est une chose juste et qui mérite d’être saluée.

Qu’on aide des femmes battues, violées ou agressées à oser se défendre et faire les démarches pour dénoncer des criminels, c’est aussi une très bonne chose.

Le problème c’est qu’une fois cette brèche ouverte, avec l’effet amplificateur des médias et des réseaux sociaux, certaines ont voulu en profiter pour dénaturer cette juste cause et embrigader toutes les femmes dans cette croisade absurde et dégradante contre les hommes, toujours la même. Avec un paroxysme de haine et une incitation à la délation la plus abjecte.

Ainsi, tous les mecs étaient potentiellement désignés comme des « porcs ».

Le choix de ce terme n’est d’ailleurs pas anodin : il reflète bien plus qu’une simple répugnance à l’égard du désir masculin. J’y reviendrai…

Quant au désir et à la libido, qui est le moteur de la vie psychique et de la relation, à les entendre c’était désormais une chose sale, monstrueuse, coupable, qu’il fallait à tout prix réprimer. En tout cas en bannissant toute expression de sa flamme, forcément suspecte, à l’égard d’une femme désirée.

Que les femmes soient agacées d’être utilisées systématiquement par la publicité et sur les couvertures de magazines comme des objets sexuels, de faire l’objet de vannes misogynes et vulgaires dans les cafés où les mecs se lâchent après le boulot, passe encore.

Mais de là à vouloir jeter le discrédit systématique sur le désir masculin, qui n’est pas il faut le rappeler de la même nature que le désir féminin. Ce désir est par nature plus agressif, plus impérieux, parfois violent dans son aspect pulsionnel et volcanique.

Dans le règne animal comme dans les sociétés humaines, c’est la libido et la compétition pour trouver les meilleures partenaires qu poussent les mâles à se battre et à pavoiser, à rivaliser de postures orgueilleuses pour intéresser la galerie. Et les femmes sont elles-mêmes conditionnées par leurs hormones à choisir parmi ces prétendants le plus vigoureux, celui qui saura assurer au futur couple et à l’espèce une abondante descendance.

A moins de vouloir nous extraire totalement des lois de la nature, je ne vois pas comment on pourrait y échapper.

D’ailleurs ces comportements qui obéissent d’abord aux pulsions, relèvent aussi de la culture, depuis que le commerce entre hommes et femmes a été codifié dans toutes les sociétés.

Y compris dans les codes vestimentaires, selon lesquels les hommes (de pouvoir) arborent des costumes bien épaulés pour souligner leur carrure et une cravate, symbole phallique, tandis que les femmes coquettes portent un décolleté plongeant garni de bijoux étincelants mettant en valeur leur opulente poitrine, tel une corolle scintillante invitant les gros bourdons à venir butiner.

Même les dérives androgynes ou queer d’une société qui prétend abolir les stigmates du genre ne viendront jamais totalement à bout de ces codes qui rejouent au plan symbolique ceux de la parade nuptiale.

D’ailleurs après les années 1970 et sa mode unisexe, où toute une jeunesse portait uniformément les cheveux longs, des chemises à fleurs et des jeans cintrés diluant les silhouette dans une même indifférenciation filiforme, on est vite revenu aux signes bien établis de la féminité et de la masculinité. Parfois jusqu’à la caricature outrancière.

Des seins siliconés de Pamela Anderson aux muscles body-buildés d’Arnold Schwartzenegger, depuis les années 1980, rares ou éphémères sont ceux qui s’aventurent à jongler avec les codes. Et en cette fin de décennie 2010 les femmes n’hésitent pas à afficher une sensualité torride à l’image de leurs icônes, comme Rihanna ou Nabila. Alors que tout homme qui se respecte se doit d’arborer une barbe millimétrée, et si possible une toison fournie sur le torse.

Les excitées contre cet agencement pétillant des sexes voudraient même aller jusqu’à revoir la grammaire et imposer à tous les plumitifs cette délirante et fastidieuse « écriture inclusive ». Prétextant qu’une langue évolue et sinon qu’on doit l’y contraindre pour effacer tout stéréotype et toute règle héritée de la domination masculine. On ne s’attardera pas sur de telle arguties, auxquelles seuls quelques complexés du vermicelle osent sacrifier…

De toute façon on ne va pas refaire l’Histoire : depuis la plus haute antiquité et les temps bibliques, nous sommes les héritiers d’une société patriarcale.

Il ne s’agit pas de se cramponner à son phallus ni aux « traditions », en pleurant sur la décadence « déconstructiviste « des soixanthuitards, comme Eric Zemmour pour justifier sa misogynie réactionnaire.

Mais n’en déplaise à celles qui au nom de « l’égalité » voudraient en vérité supplanter le pouvoir des mâles, les dominer et les réduire en esclavage comme au bon vieux temps des Amazones, en 2018 il y toujours des hommes qui courent après les femmes.

Et comme tout pays latin la culture française demeure tout de même globalement patriarcale. Même si la France de 2018 n’a plus rien de commun avec celle de l’Après-guerre.

Et puis si les hommes ont encore le droit de draguer les filles, qu’elle se rassurent : de la haute couture aux patronnes de startups, la France met toujours en avant ses plus jolies femmes et les plus audacieuses qui font bouger les choses.

Nos sociétés ont bien évidemment évolué et continueront d’évoluer. Et le coup d’accélérateur donné par la modernité n’est pas à mettre en doute. Les femmes ont aujourd’hui, quoi qu’on puisse y redire, toute leur place à part égale avec les hommes dans un pays comme la France.

Un pays où notre jeune président est pourtant incapable d’aligner une phrase sans prendre la précaution de préciser à tout bout de champ « celles et ceux« . Par crainte de commettre un écart coupable par rapport à la ligne politiquement correcte qu’ils s’est fixée.

Est-ce un gage de progrès et une preuve supplémentaire de « civilisation » que de vouloir taxer la testostérone de drogue dure ? Ou d’interdire aux hommes d’être ce qu’ils sont : non des pourceaux mais simplement des mâles ? Non des « prédateurs » ou des criminels assimilables à Jack l’éventreur mais juste des êtres animés de désir et qui osent naturellement l’exprimer à celles qui les animent ?

Le Grand siècle avait certes octroyé le pouvoir aux élégantes pleines d’esprit, après des siècles ou les us du terroir propres au peuple autant qu’à la noblesse d’épée rimaient avec les rots, les pets, le cul, la merde et la farce la plus grasse.

Mais la Carte du tendre ou les gesticulations burlesques des laquais serviles et enrubannées de l’Étiquette ont vite été dénoncés et avec quel brio par le théâtre de Molière, à la faveur d’un roi qui méprisait les dévots et aimait beaucoup séduire les femmes.

La tyrannie des précieuses ridicules qui avaient réduit leurs prétendants à des caniches de foire travestis, poudrés, maquillés et peinturlurés comme des drag queens, mendiant un soupir, une œillade ou un aparté avec des chichiteries de tarlouzes, a vite été remisée à sa juste place au pays des troubadours, de Rabelais, puis de Sade, Maupassant ou Flaubert.

Aujourd’hui les choses sont plus drues et plus crues. On atteint vite les cimes du ridicule ou de l’extrême violence.

Quant à celle qui consiste à vouloir bannir de l’espace public toute expression du désir, tout rituel de séduction, par crainte de se voir exposer à des formes parfois trop insistantes ou non sollicitées de gringue appuyé, c’est du pur délire.

Pour un peu on assimilerait Jean d’Ormesson et Bigard !

Pire, c’est objectivement pathologique.

En langage psy on appelle ça une névrose collective. Et pour les intéressées, de « l’hystérie » caractérisée.

Partant, on doit les dénoncer comme tels et refuser de souscrire à ces excès et de à ce chantage.

Hélas, le terrorisme situationniste et médiatique de folles furieuses comme les Femen, avec leurs méthodes dignes de la guérilla urbaine, nous ont habitués à ces excès et ont endormi notre esprit critique.

La mauvaise conscience de certains hommes à l’égard des femmes et le politiquement correct aidant, on a même pu considérer que ce qui relevait au regard de la loi du délit punissable n’était après tout que des méthodes justes servant une cause juste au milieu d’un monde autiste incapable de reconnaître l’injustice faite aux femmes.

S’agissant des excès qui ont suivi la libération de la parole à propos du harcèlement, et de la violence haineuse qu’elle a suscitée, je peux comprendre que cela puisse procéder d’une souffrance trop longtemps tue et qui se déchaîne soudain dans un déluge de cris et d’aboiements vengeurs.

Mais il y a des cabinets de psys pour ça ! L’espace public et l’opinion n’ont pas à être pris en otages pour subir les assauts de ces femmes traumatisées au point de ne pouvoir exprimer que haine et violence.

Il est vrai que depuis le début des années 1980, des émissions comme Droit de réponse, Bas les masques ou Le Divan nous ont habitués à considérer comme normal qu’on instrumentalise les médias comme théâtre exhibitionniste d’une psychanalyse publique érigée en spectacle obscène. Là où la déontologie et l’efficacité de la cure supposent au contraire le huis clos et le secret professionnel.

La télé, puis les forums et les réseaux sociaux, sont ainsi devenus le déversoir de tous les traumatismes particuliers exhibés, disséqués et commentés comme un exercice de communion obligatoire. Un vomitorium de la souffrance et du « Moi je ».

Il y a sans doute dans cette dérive un phénomène d’acculturation et de pollution des esprits hexagonaux par des modes héritées du puritanisme anglo-saxon, et une assignation contre-culturelle à l’exercice de la confession publique comme dans les sociétés protestantes.

Depuis les Alcooliques Anonymes, la prise de parole publique est devenue un passage obligé. Et qui voudrait s’y soustraire serait aussitôt accusé de sécessionnisme et d’absence coupable de contribution à la vie du groupe.

La pudeur, le secret, la discrétion ne sont plus des valeurs en vogue.

L’outrance, la démesure, l’arrogance et l’exhibition, fût-elle vulgaire et forcée, les ont supplantées.

Ardisson est passé par là. Et les bobos ont érigé ces rituels au rang de culture dominante.

Revenons à cette tribune dans Le Monde conduite par une centaine de femmes courageuses qui osent braver l’unanimisme ambiant et défendre le droit pour les hommes de draguer les femmes. En avouant leur plaisir à être courtisées. Au risque de dérapages verbaux ou comportementaux qui font selon elles partie des jeux de l’amour et du hasard.

Il est parfaitement injuste maintenant que s’est libérée cette autre parole – celle du désir féminin – de vouloir culpabiliser ces femmes et les réduire à la caricature pour le coup honteusement misogyne de vieilles cougars en manque de rentre-dedans, ou d’insensées complices des violeurs. A cause de quelques maladresses ou provocations déplacées.

Comme celle de Catherine Millet qui a affirmé en provoquant regretter « de ne pas avoir été violée pour pouvoir dire que le viol on s’en sort« .

Bien sûr c’est un camouflet de trop infligé aux femmes battues ou violées et qui n’avaient pas besoin qu’on les humilie encore pour interdire aux furies qui instrumentalisent leur douleur de pousser le bouchon trop loin.

Il faut le dire tant qu’il est encore temps : vouloir culpabiliser ces femmes courageuses est aussi injuste, humiliant et totalitaire que de vouloir réduire les victimes de violeurs et de harceleurs au silence.

Sachons rester tempérants.

Et admettons de reconnaître que cette tribune, malgré quelques maladresses, vient rétablir enfin un peu d’équilibre dans le débat.

Et permettre surtout que ce débat ait lieu, en laissant libre cours à l’expression d’opinions et de témoignages de femmes parfois contradictoires.

Il faut le répéter aussi : dans un pays latin comme la France où la séduction fait partie de l’art de vivre, les excès du puritanisme érigé en arme politique comme aux Etats-Unis où on ne peut pas baiser sans consulter au préalable son avocat, n’ont pas leur place.

Enfin et non des moindres, ce dont bien peu semblent avoir conscience, c’est que les idiot(e)s utiles qui applaudissent au déversement de haine des féministes extrémistes, lesquelles voudraient castrer tous les mâles et criminaliser la séduction, font très exactement le jeu des fondamentalistes islamistes.

Lesquels ne conçoivent la femme que voilée, soumise et docile. Ou bien à l’inverse les considèrent comme des putes (des « courtisanes ») tout juste bonnes à être utilisées, ou bien sauvagement violées puis lapidées.

Pas étonnant qu’on ait utilisé ce terme insultant de « porc » pour désigner tout mâle qui oserait s’engager dans une drague appuyée, et qu’on qualifie aussitôt de « harceleur ». Sans même prendre le temps de vérifier si l’intéressé avait dépassé ou non les limites imposées par le Droit, ou simplement le respect d’autrui et de son libre arbitre.

Le porc est dans l’Islam, surtout dans l’Islam radical, le symbole par excellence de qui est haram, illicite, interdit, péché. Mais aussi répugnant, abject, immonde. Qui rabaisse l’homme au rang d’animal vivant dans le stupre et les excréments.

« Fils de porc ! » est pour tous les mômes des banlieues gavés de culture du bled, l’insulte par excellence. Là ou « Hijo de puta! » constitue le camouflet majeur dans les pays latinos bercés de catholicisme et de culte des madones.

Faire de tous les hommes des porcs, c’est donc de facto les déclarer haram !

Comme les femmes qui se prêtent à ce jeu sont nécessairement des « putes ».

Pas étonnant de voir monter au créneau des pasionarias de la cause féministe parmi les plus hystériques, comme Clémentine Autain, qui c’est à vrai a subi un viol dans sa jeunesse. Mais qui va jusqu’à renier ses engagements sur la laïcité en manifestant aux côtés des pires salafistes ennemis des femmes et de la République…

Cette récupération inconsciente des symboles islamiques sinon islamistes en dit long sur le degré de confusion et de dérèglement psychique de ces femmes phobiques du genre masculin.

Le mâle est pour elles forcément un animal. Les testicules une erreur de la nature. La testostérone une drogue dure à pénaliser. Et l’expression de tout désir d’un homme envers une femme est forcément sale, violent, insupportable.

Nul besoin d’épiloguer pour comprendre qu’il y a là un évident dérèglement de la libido et une hystérisation au sens le plus clinique et le plus étymologique.

Et ces furies, souvent lesbiennes militantes ou en tout cas misandres au plus haut point, ont érigé cette phobie vengeresse en idéologie et en combat imposé à toutes les femmes.

Que certains se déclarent consentantes, et elles sont aussitôt assimilées à des putains ou à des complices du crime.

Le plus triste c’est que ce sont souvent les plus promptes à monter au créneau pour défendre la laïcité et dénoncer les tentatives des extrémistes à kidnapper nos lois républicaines pour les plier à leur vision de la charia, qui sont aussi les premières à en rajouter dix couches dans l’outrance et cette violence féministe.

Que celles-ci soient épaulées par tous les chantres du djihadisme athéiste, si prompts à incendier la moindre crèche, à arracher leur voile aux femmes qui l’arborent dans la rue, ou à interdire toute déclaration publique de la part de dignitaires religieux au nom d’une mauvaise interprétation de la laïcité, quel comble !

Si l’on pense que j’exagère, qu’on songe à cette abominable initiative des Femen il y a deux ans à peine sur la Place Saint-Pierre de Rome. Lesquelles n’ont rien trouvé de mieux que de s’enfoncer des crucifix dans le vagin en mimant une scène du film L’Exorciste. Tout ça pour soi-disant protester contre une intervention du pape à la tribune des Nations Unies !

Quel rapport avec la cause des femmes me direz-vous ? Aucune !

Sauf que dans l’inconscient collectif le satanisme, la sorcellerie, qui a fait l’objet au Moyen-Âge de beaucoup de fantasmes de la part d’une cléricature hantée par le sexe et une misogynie outrancière, a toujours associé une violence débridée à l’égard des cultes chrétiens et des représentants de l’Eglise avec la mise en scène baroque des pulsions sexuelles les plus débridées de femmes aussitôt qualifiées de « possédées ».

Cherchez l’erreur…

Il est temps de se ressaisir.

Au risque sinon de perdre totalement le sens de la juste mesure et notre capacité de discernement.

Et de faire ressembler cette croisade pour le droit des femmes à être respectées à une Internationale du terrorisme.

La culture et l’esprit français valent beaucoup mieux que cela.

Les femmes y ont toujours eu la part belle.

Sachons donc bannir des usages communs la facilité, le chantage ou la vulgarité des harceleurs.

Mais gardons ce qui fait le sel des relations harmonieuses entre les sexes : la séduction, l’amour des coquetteries et afféteries qui bousculent un peu la pudeur et les bonnes manières. Tout ce qui pimente un quotidien trop morne ou trop sévère. Y compris sur le lieu de travail. Du moins tant que le pouvoir des uns ne justifie pas qu’ils forcent les autres à céder à leurs odieux chantages.

Si l’on s’y refuse, on se retrouvera dans quelques années dans une société totalement codifiée et aseptisée. Où le sexe sera considéré non plus comme un péché véniel mais comme un crime pénal. Et où hommes et femmes n’auront plus jamais le droit de se toucher, de se côtoyer, par crainte d’éveiller des désirs coupables.

Une folie absolue ouvrant du coup la brèche à toutes les sauvageries et perversions décompensatoires.

Ceux qui en doutent feraient bien de regarder du côté de Daesh.

Ou de relire 1984

Winston Smith et Julia, couple maudit condamné à mort pour « crime de sexe » dans le film 1984

Islam : l’implosion. Un symptôme à l’aube du post-religieux

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Irak, Syrie, Arabie Saoudite, Iran… l’Islam est en train d’imploser là où il est né et d’où il s’est développé : empire arabe, empire abbasside, empire omeyyade, empires perse et ottoman.

Alors que certaines cassandres prophétisent une expansion planétaire de l’Islam au cours de ce siècle, c’est le scenario inverse qui pourrait se produire : un effondrement, suivi d’une disparition de l’Islam.

Mais que les islamophobes et autres imprécateurs prompts à désigner les musulmans comme les artisans du chaos n’aillent pas se réjouir trop vite. Car loin de signer la victoire d’un camp contre un autre, cet effondrement pourrait bien être le signe d’un effondrement de toutes les religions. Un effondrement beaucoup plus profond, général et définitif que les coups de boutoir assénés par le triomphe de la rationalité aux siècles précédents.

Faut-il s’en inquiéter ? Non.

Faut-il s’en féliciter ? Oui.

Inutile de s’en inquiéter, car si les religions ont fait leur temps ce n’est pas parce que les mythes qui les sous-tendent ont été déconstruits par le regard critique porté sur leurs fondements historiques. Ni parce que leurs dogmes ont été dévoyés en une morale qui exclue plus qu’elle n’élève. Ni parce que leurs prélats ont préféré conforter leur pouvoir plutôt que d’assumer leur mission de guider les âmes.

Si elles ont fait leur temps, c’est parce que le temps de l’Eveil est annoncé. Cet Eveil a débuté à l’échelle de la planète et de l’humanité. Nous le vivons aujourd’hui dans la jubilation ou les tourments, selon que nous acceptons de lâcher prise ou nous crispons sur nos acquis, nos convictions et nos prérogatives.

Mais nul ne peut s’y soustraire. Et là où le glaive de la Vérité passe surviennent les épreuves. Le Mensonge déploie toutes ses ruses pour tenter d’occulter cette Vérité qui se lève à l’horizon du monde d’une éclatante lumière. Il en égare beaucoup. Mais en vain.

Quant aux religions, elles ont été nécessaires pendant toute une longue époque de notre histoire où l’homme avait besoin d’étais pour parachever son érection spirituelle. Ce temps a passé. Désormais les consciences sont suffisamment arrivées à maturité pour affronter le grand saut. Et nous sommes appelés à voir « face à face » :

Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière obscure, mais alors nous verrons face à face (1 Corinthiens 13:12)

Et aussi :

Ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est. (Jean 3:2)

Alors ce qui est à la fois commun à toutes les religions et voilé par le message qu’elles ont propagé apparaîtra dans toute sa clarté : la présence bien réelle, bien tangible et agissante du Divin lui-même au cœur de notre réalité.

Alors nous serons devenus « comme des dieux ».

Sommes-nous prêts ? Là est la question.

Que nous le soyons ou non nous devons nous réjouir de ce changement. Nous qui sommes tant épris de liberté nous allons enfin pouvoir goûter à la seule liberté digne de ce nom : celle de vivre au diapason de l’Esprit, sans voile, sans filtre, sans miroir opaque.

Et puis nous ne sommes pas seuls pour nous engouffrer dans le long tunnel au bout duquel jaillit la Lumière. Les forces spirituelles n’ont jamais été aussi puissantes et les « messagers » divins aussi présents pour nous guider dans cette ultime métamorphose.

Arrêtons donc de vouloir tenir le gouvernail. Cessons de nous culpabiliser à propos du climat, de la violence ou des injustices dans ce monde : ces symptômes ne sont pas entièrement dus à notre irresponsabilité ou notre ignorance. Renonçons à vouloir tout prévoir et panifier les grandes lignes de notre avenir. Car des surprises inouïes nous attendent au-delà du grand passage.

Et surtout ne nous crispons pas sur la religion. Celle-ci n’est qu’une peau morte, une chrysalide devenue inutile, qu’il nous faut abandonner pour déployer nos ailes et découvrir des horizons infinis.

ISIS et Isis : les mots et les choses

Mis en avant

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L’expression Daesh utilisée en France pour désigner l’Etat Islamique est l’acronyme de ad-dawla al-islamiya fil-Iraq wa ash-Sham, ce qui signifie en arabe «Etat islamique en Irak et au Levant», nom officiel du groupe.

ISIS en est sa traduction anglophone : Islamic State in Irak and Syria.

Mais sa parenté phonétique avec le nom de la déesse Isis, sœur d’Osiris dans la mythologie égyptienne est intéressante.

Isis, représentée par un oiseau rapace, est une déesse funéraire et donc apparenté à la mort. Elle est aussi celle qui ramène son frère Osiris à la vie et le nourrit de son lait.

Osiris, inventeur de l’agriculture et de la religion (et donc de la « culture » au sens large) est quant à lui une divinité mâle, bienfaitrice et civilisatrice.

Dans la symbolique maçonnique, Isis et Osiris sont associés à une représentation mythique de l’Etre suprême. Elle fut aussi l’idole des scientistes.

En 1793, les révolutionnaires français ont même édifié une imposante Fontaine d’Isis en plâtre sur les ruines de la Bastille à l’occasion de la fête de l’Unité et de l’indivisibilité. Et sa représentation a même figuré sur les pièces de monnaies frappées par la jeune République.

Pétrie d’idéaux maçonniques, les fondements de notre République ont donc une parenté historique et symbolique, quoique lointaine et oubliée, avec le culte isiaque.

Dans l’ésotérisme contemporain, Isis demeure un symbole de la Nature. La nature comme pendant à l’œuvre civilisatrice qui tente toujours de s’en extraire.

Le rapprochement avec l’acronyme ISIS peut paraître superficiel.

Mais si l’on regarde de près, qu’est que la barbarie et le déchaînement de la violence sinon le retour à un état de nature, mythique plus qu’objectif, totalement chaotique et désordonné, livré aux instincts les plus archaïques ?

Et qu’est-ce que la civilisation dans son sens large sinon ce qui s’oppose à la barbarie ?

Eternel équilibre entre l’ombre et la lumière, entre évolution et entropie.

S’agissant de Daesh il ne s’agit pas de céder à un discours binaire. Mais plutôt de considérer qu’il n’y a pas d’effort civilisateur et de pérennité aux modèles que les civilisations érigent sans adversaire qui s’y oppose ou lutte contre des forces ou des tentations régressives, extérieures ou en leur sein.

Une civilisation peut être comprise comme une aire géographique ou culturelle. Mais « LA » civilisation désigne un état d’évolution des sociétés tendues vers une réalisation supérieure et non seulement hégémonique. Un état d’évolution dans l’organisation politique, sociale, dans l’idéal qu’elles visent, mais aussi un état de conscience et une exigence éthique qui aspirent à l’élévation collective et refuse tout avilissement.

Souvenons-nous de cela. Car il ne s’agit pas de combattre la barbarie par la force. Sinon nous aurions déjà vaincu le mal. Mais en réactivant notre puissance civilisatrice, non pour imposer et conquérir comme au temps des empires, mais pour éveiller et faire grandir, dans un monde traversé de doutes, de confusion et d’inquiétudes.