Faut-il assimiler antisémitisme et antisionisme ?

Mis en avant

drapeau-israel_1401-139

Épineuse, très épineuse question !

La volonté d’assimiler l’antisionisme à une forme déguisée d’antisémitisme se justifie aujourd’hui pleinement. Beaucoup d’antisémites se cachent derrière un « antisionisme » revendiqué, non seulement pour critiquer la politique d’Israël mais aussi pour verser dans des généralités concernant tous les Juifs (« les sionistes ») accusés de tous les mots habituels : vouloir accaparer le pouvoir, les richesses, tenir les rênes de la finance mondiale, manipuler tous les dirigeants occidentaux, renforcer les inégalités, créer des injustices envers les plus pauvres, les minorités ethniques ou religieuses, entreprendre des guerres de conquête et asseoir leur domination sur des populations incapables de se défendre.

Bien évidemment ceux qui utilisent le plus fréquemment ce paravent de « l’antisionisme » sont les musulmans et les pays arabes ou islamistes qui justifient ainsi leur haine d’Israël mais aussi des Juifs. En tête l’Iran et sa rhétorique anti-Israël. Et ses vassaux ou ceux qui bénéficient de ses largesses, Hezbollah et Hamas notamment. Mais aussi d’une façon ou d’une autre à peu près tout le monde arabe ou musulman. Même ceux qui comme l’Arabie saoudite sont des partenaires économiques de premier plan de l’état hébreu mais subventionnent aussi largement les organisations terroristes sunnites hostiles aux « sionistes » et aux « croisés ».

250px-Cycle_of_Violence_-_^Berd

Cette rhétorique antisioniste a de nombreuses composantes. Chez les peuples musulmans elle s’enracine dans un antijudaïsme offensif qui remonte au Coran. Même dans les empires islamiques où Juifs et Chrétiens étaient accueillis et protégés sous le statut de dhimmis, les Juifs avaient toujours un rang inférieur. Certaines professions ou fonctions de haut rang, politiques, militaires, sociales ou économiques leur étaient interdites. Un Juif ou un Chrétien ne pouvait dominer ou commander un musulman. Sauf à de très rares exceptions dans le royaume d’Al Andalus.

L’antisémitisme plus politique intra-islamique s’est considérablement accru avec l’apparition des idéologies islamistes au 20e siècle. Celle de la Confrérie des Frères musulmans, qui a inspiré à peu près tous les régimes islamistes de l’Iran khomeyniste à la dictature d’Erdogan en passant par le FIS algérien ou l’Ennahdha tunisien, s’inspirait au départ du salafisme mais aussi du nazisme, puis du léninisme. Les fondateurs de la Confrérie, comme le grand mufti de Jérusalem dans les années 1930/40 pressé de demander aux nazis de l’aider à « se débarrasser de ses Juifs », entretinrent des liens très étroits avec Hitler.

2213104lpw-2213113-article-jpg_3110051_660x281 (1)

Adolf Hitler recevant le grand mufti de Jérusalem à Berlin

La rhétorique des Frères musulmans est toujours caractérisée par un profond antisémitisme. Pire, leur stratégie de conquête du monde est aussi fondée sur une obsession mimétique à l’égard des Juifs. Le mythe d’une élite financière juive dominant le monde depuis le 20e voire le 18e siècle est une projection typique de l’idéologie conquérante des Frères musulmans qui entendent instaurer un califat mondial et dominer le monde.

Dans les pays comme la France où les Frères musulmans sont déjà profondément implantés, leur stratégie pour faire main basse sur l’Islam et les musulmans, infiltrer tous les rouages de la société, accroître leur influence et leur représentativité, passe par une victimisation systématique des musulmans, et des discours qui s’apparentent à ceux de la lutte contre le racisme ou l’antisémitisme.

frères-musulmans-8-20190622

Les islamistes français sont sans cesse engagés dans une concurrence victimaire et n’hésitent pas à récupérer de façon ignominieuse certains symboles des persécutions historiques contre les Juifs. Ainsi la montée d’une « islamophobie » fabriquée de toutes pièces dans les médias et la situation des musulmans aujourd’hui dans la société française sont comparées sans complexe à celle des Juifs dans l’Allemagne nazie ou dans la France d’Occupation. Durant la manifestation islamiste du 10 novembre à Paris, l’étoile jaune, signe de discrimination infamant imposé aux Juifs, fut récupérée et détournée en étoile islamique puis distribuée sous forme de stickers flanqués du sigle « MUSLIM » (comme « JUDE ») par des propagandistes du CCIF.

Etoiles
Bien sûr le discours officiel des islamistes français est de dénoncer « toutes les discriminations, y compris l’antisémitisme ». Dans la réalité leur antisémitisme prend les traits d’une surenchère victimaire mimétique permanente.

Cet antisémitisme musulman ou islamiste déguisé en « antisionisme » trouve bien sûr un écho dans les banlieues depuis que le conflit israélo-palestinien s’est en partie importé dans les quartiers. Les jeunes musulmans des banlieues sont très souvent antisémites. La violence latente à l’égard des Juifs y est permanente. Beaucoup de familles juives originaires de quartiers « islamisés » sont obligées de partir vivre ailleurs.

Ces jeunes sont aussi gavés de discours et de modèles qui exaltent la haine, en particulier la haine des mécréants, des Blancs, ou des Juifs, comme de discours valorisant l’insoumission, la rébellion, la guérilla urbaine ou l’insurrection. Que ce soit au travers de textes de rap écrits par des stars hexagonales, souvent des musulmans, ou d’autres discours fondés sur la haine de l’autre, des nantis, des pourris, des exploiteurs, donc des « sionistes ».

Rares sont les imams des mosquées et les prêcheurs improvisés qui font quelque chose pour dissuader cet appétit. Taper sur les Juifs est facile et souvent impuni. Les clichés sur le djihad et les terroristes sont très appréciés. Ils constituent pour ces jeunes désorientés ou en quête de modèles masculins des sortes de héros, des têtes brûlées, des Robin des bois jusqu’au-boutistes frondant tous les ordres et toutes les lois.

MortauxJuifs

L’antisionisme des jeunes de banlieue fait non seulement office de ciment et de rhétorique communautaires, il participe aussi d’une culture de la provocation et du franchissement des limites. En France se dire antisémite est mal, condamnable, inacceptable. Alors ces jeunes contournent l’interdit en adoptant un langage « antisioniste » fondé sur la haine d’Israël, la condamnation des crimes de Tsahal à Gaza, systématiquement comparé à Auschwitz, la valorisation parallèle des « armées de résistance » que sont à leurs yeux des organisations terroristes comme le Hezbollah ou le Hamas, voire Al Qaeda ou Daesh.

Ces jeunes sont d’ailleurs souvent très friands de sites complotistes, révisionnistes, antisionistes voire ou franchement antisémites d’extrême droite. Quant aux sites islamiste, ils sont aujourd’hui les premiers pourvoyeurs dans le monde de désinformation à caractère antisémite ou complotiste.

Des auteurs notoirement antisémites comme Alain Soral, Renaud Camus (inventeur du concept de « Grand remplacement ») ou le polémiste Éric Zemmour, les sites auxquels ils contribuent, les émissions auxquelles ils participent et les blogs qu’ils animent sont très suivis par les adolescents et les jeunes de confession ou d’origine musulmane. Peu leur importe que ces auteurs tirent parfois à boulets rouge autant sur l’Islam que sur les Juifs ou d’autres cibles. Leur côté sulfureux, transgressif et interdit exerce un attrait irrésistible sur les jeunes.

L’une des personnalités presque unanimement adulées par les jeunes musulmans pétris d’antisionisme est évidemment l’ex humoriste Dieudonné. Lequel tire parti de sa notoriété pour justifier par un faux humour une propagande ouvertement antisémite, révisionniste et pro-djihadiste. Le sinistre Dieudonné est un l’ami des dirigeants du Hezbollah qu’il est allé soutenir au Liban en 2006 durant la Seconde guerre israélo-libanaise. Mais aussi des mollahs iraniens auxquels il était allé rendre visite au moment de la présidence d’Ahmadinejad. Ce provocateur antisémite plusieurs fois condamné est un modèle pour de nombreux antisémites, parmi lesquels des islamistes et des simples musulmans. Sa « quenelle », mélange de salut nazi et de bras d’honneur, et ses jeux de mots ignobles comme « shoananas » dignes de Jean-Marie Le Pen dans ses meilleurs jours sont repris allègrement par tous les néonazis et les jeunes Arabes « antisionistes ».

hqdefault

Face à ce constat il paraît évident qu’il ne faut pas hésiter à condamner la rhétorique antisioniste et l’appel à la haine d’Israël (et implicitement des Juifs, comme des autres nations qui le soutiennent) au même titre que l’antisémitisme.

Toutefois les choses sont plus complexes.

On peut être philosémite, on peut être soi-même juif, voire israélien, tout en critiquant à juste titre la politique d’Israël. Notamment quand celle-ci viole le droit international, commet des brutalités quotidiennes envers des minorités, des crimes de guerre à Gaza, s’entête dans une volonté de poursuivre la colonisation des Territoires, rase des immeubles ou des villages palestiniens pour y construire des maisons juives, entretient un authentique régime d’apartheid en déniant à 30% de ses ressortissants arabes des droits égaux à ceux des citoyens juifs, discrimine et humilie au quotidien des Palestiniens qui doivent traverser les check-points pour se rendre au travail ou visiter leur famille de l’autre côté du mur.

Une politique qui nourrit la haine des Juifs, en Palestine, au Moyen-Orient et dans le reste du monde, en ne cédant rien aux injonctions du monde à plus d’humanité et de mesure.

Depuis de nombreuses années, la majorité des Juifs vivant en diaspora, notamment aux Etats-Unis, ne soutiennent plus Israël et critiquent même avec véhémence la politique conduite par la coalition d’extrême droite au pouvoir depuis 10 ans. Le lobby ultra-orthodoxe américain est toujours assez puissant financièrement pour infléchir la politique du principal allié d’Israël, mais pour combien de temps encore ?

Quant à la France et à l’Europe, bien que n’étant pas « antisionistes » elles entretiennent des liens autant avec Israël que les pays arabes. Ces alliés se lassent de vouloir jouer les médiateurs du conflit et de voir les chances de paix se réduire comme peau de chagrin.

En outre, indépendamment de ce conflit qui s’enlise et plombe l’image d’Israël comme ses relations avec ses partenaires, on peut très bien être juif ou pro-sémite, et antisioniste.

Il existe même une frange importante des Juifs ultra-orthodoxes, les haredim, qui vivent en Israël, consacrent tout leur temps à étudier de la Torah et à élever leurs nombreux enfants mais sont antisionistes. Ils vivent des aides de l’état, sont exonérés de travail, mais passent leur temps à critiquer le pays où ils vivent et qui les nourrit. Un état laïc auquel ils ne reconnaissent aucune légitimité, et qu’ils considèrent comme une monstruosité impie. Car selon eux, seul le messie à venir pourra venir restaurer le Royaume d’Israël sur les bases du Tanakh (la Bible).

haredim

Pire encore, il existait encore il y a peu dans l’Iran des mollahs une petite communauté de Juifs ultra intégristes. Non seulement ceux-là haïssent Israël, refusent d’y vivre, mais ils pactisent avec son pire ennemi en espérant que celui-ci détruira très vite cette verrue impie. Une façon très messianique de précipiter la venue du messie. Comme leurs homologues israéliens qui bien que vivant en Israël ne rêvent que d’une chose : dynamiter les mosquées présentes depuis 14 siècles sur le Mont du Temple. Et précipiter ainsi l’Armageddon, la bataille finale des armées de Dieu contre les légions de Satan et des infidèles. Une façon tout aussi expéditive de hâter la venue du messie et la Fin des temps.

Sans verser dans ces extrêmes, on peut tout à fait aimer Israël et ne pas adhérer au projet sioniste, qui est avant tout un projet nationaliste visant à donner une terre aux Juifs. On peut refuser de fonder l’état d’Israël et son affirmation nationaliste limitée à un peuple ou une race, un demos. Le très controversé historien israélien Shlomo Sand est l’un des intellectuels juifs les plus virulents à s’opposer au sionisme comme aux « mythes fondateurs » de l’Israël moderne.

Sans être aussi radicaux, une bonne part des Israéliens ne s’identifient pas à cette volonté actuelle des sionistes ultranationalistes israéliens de sanctuariser la nation israélienne en tant qu’état « des » Juifs et non « état juif ». Et de vouloir inscrire cette identité dans la Loi fondamentale. Selon eux, si Israël est un état juif, les autres citoyens, qu’ils soient arabes, bédouins, druzes, européens, africains ou asiatiques, doivent y avoir toute leur place et les mêmes droits que les autres. Leur conception de la nation israélienne se rapproche plus de celle des nations européennes fondées au 19e siècle à partir d’un ethos, un idéal et un système de valeurs comme « la République », que sur un ethnos, une ethnie.

C’est toute la différence qui sépare le véritable antisionisme qui est le refus d’accorder au peuple juif le droit à l’autodétermination, le droit d’avoir un pays et de le défendre, et la critique du sionisme sur la base d’un désaccord quant aux fondements juridiques et politiques de l’état d’Israël, ou à propos de la politique conduite par ses dirigeants au nom d’une conception dévoyée du sionisme.

Le sionisme est une idéologie nationaliste qui a vu fleurir beaucoup de variantes depuis l’époque de Théodore Herzl, son fondateur. Critiquer telle ou telle conception du sionisme est l’un des sports favoris de la communauté juive, en Israël et de par le monde. Il n’est pas rare de s’adresser entre Juifs des anathèmes en se traitant d’ »antisioniste ».

ob_5ad2d0_herz-2-195x110

Théodore Herzl, père du sionisme historique

On peut critiquer le sionisme. On doit même le faire aujourd’hui quand on est un démocrate et un humaniste.

Le sionisme actuel de Netanyahu, idéologue ultranationaliste de type messianiste, est l’exact opposé de l’idéal socialiste, inclusif, humaniste et universaliste des pères de l’Israël moderne. De 1948 à 2019, Israël est passé d’une démocratie laïque, socialiste et pluraliste à une proto-théocratie messianique, où les religieux les plus extrêmes proches du pouvoir tentent de faire évoluer un état démocratique vers un fantasme biblique régi par la Haskala (la loi juive). Le symétrique exact des pays totalitaires islamistes dirigés par la charia.

L’extrême gauche communiste et internationaliste y a toujours été opposée au sionisme. Ses avatars pacifistes comme Shalom Archav (La Paix Maintenant) ont toujours combattu la politique extérieure d’Israël et pris franchement le partis de la minorité palestinienne, quand ils ne trouvent pas des vertus aux ennemis du Hamas. Ses avatars contemporains y compris en France défendent une politique résolument antisioniste et pro-arabe.

Pénaliser l’antisionisme en tant que tel en l’assimilant uniformément à l’antisémitisme risquerait donc de brouiller encore plus le regard. Cela risquerait aussi de sanctuariser le sionisme actuel en lui conférant une forme de légitimité juridique, ce qui n’est ni le but ni la compétence de la loi française.

Sans doute y a-t-il d’autres façons plus pertinentes de pénaliser les formes d’antisémitisme qui se cachent derrière un discours antisioniste.

Bien entendu la perversité des discours antisémites déguisés en antisionisme est de se justifier en rappelant qu’on a le droit de critiquer un état. Pénaliser l’antisionisme reviendrait à sanctuariser Israël et à interdire toute critique du régime ou de sa politique au motif que cela constituerait une haine des Juifs. Absurde.

Il faut pourvoir continuer à critiquer, Israël, ses dirigeants, leur politique et peser sur eux, sans pour autant être accusé d’antisémitisme, et tout en soutenant le droit à l’existence et à la sécurité pour Israël. Une attitude de non-alignement.

Assimiler la critique d’Israël à de l’antisémitisme c’est précisément que Netanyahu n’hésite pas à faire quand il joue sur les peurs pour appeler les Juifs de France à faire leur Alya en Israël afin d’échapper à « la recrudescence de l’antisémitisme ». Comme si l’Etat français était complice de cette recrudescence, ou qu’il ne faisait rien pour défendre lui-même ses citoyens juifs.

De la même façon on doit pourvoir critiquer le judaïsme comme l’Islam ou toute autre religion. Surtout dans une République laïque.

Il ne s’agit donc pas de créer un délit de blasphème antisioniste ou antijudaïque au motif d’étendre la définition juridique de l’antisémitisme.

ob_780aca_antisemitisme

Alors que faire ?

Le Parlement européen avait adopté en 2017 cette définition de l’antisémitisme :

« L’antisémitisme est une certaine perception des Juifs qui peut se manifester par une haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme visent des individus juifs ou non et/ou leurs biens, des institutions communautaires et des lieux de culte. »

Il faudrait y ajouter « des manifestations politiques« . Et à « institutions communautaires et lieux de culte », ajouter « et à l’état d’Israël ».

Il conviendrait par ailleurs de préciser que l’antisémitisme ou la haine des Juifs « peut » se dissimuler derrière un discours antisioniste, d’une critique d’Israël servant à le justifier, d’une obsession et d’une désinformation systématique concernant Israël, sa politique extérieure, les sionistes ou leur volonté hégémonique fantasmée.

Ces cathos collabos qui déroulent le tapis rouge aux islamistes

Mis en avant

Dans la France d’Occupation le régime de Vichy n’aurait jamais pu contribuer à la Solution finale en déportant 75.000 Juifs dont 20.000 Français vers les camps d’extermination sans la participation active de Français collaborationnistes, dont hélas une part non négligeable de bons catholiques.

Aujourd’hui de nombreux catholiques, souvent membres ou proches des « élites » intellectuelles ou médiatiques, se singularisent en n’hésitant pas à soutenir ouvertement des islamistes et en relayant la propagande islamo-gauchiste qui fait la part belle aux idées corrompues des islamistes français.

FR265776S

Une double trahison par rapport aux valeurs républicaines tout d’abord, mais aussi par rapport aux valeurs chrétiennes fondamentales.

Aujourd’hui les temps ont changé. Le principal danger qui menace notre République n’est pas le nazisme, ce n’est pas non plus le soviétisme, c’est bel et bien l’islamisme.

Mais à l’image de ces bons cathos qui dénoncèrent des familles juives ou aidèrent les Brigades spéciales à les pousser dans des wagons à bestiaux en partance pour Auschwitz, comme à l’image de ces intellectuels communistes qui continuèrent à soutenir Staline quand les chars russes entraient dans Prague ou Budapest, certains catholiques français font preuve d’un zèle à toute épreuve pour soutenir les « musulmans persécutés » au prix d’une complaisance sans état d’âme avec les pires islamistes.

De quoi parle-t-on ?

L’islamisme est une idéologie fondée sur une lecture fondamentaliste, rétrograde et agressive de l’Islam. Il s’attaque en premier lieu aux personnes d’origine ou de confession musulmane, qu’il cherche à endoctriner, à isoler du reste de la communauté nationale puis à retourner contre celle-ci.

L’islamisme est aussi et surtout un système de lobbying et d’infiltration politique très organisé, dont l’objectif est la conquête progressive de tous les pouvoirs, politique, économique, financier, social, administratif, syndical, institutionnel. Sa stratégie de conquête a notamment été conceptualisée par les Frères musulmans, dont le Plan a été révélé par plusieurs ex membres de la confrérie. Une stratégie reprise sur des sites de propagande destinés à mobiliser les jeunes musulmans.

Le terme islamisme regroupe de nombreux courants de l’Islam radical, certains relativement « pacifiques » prônent une coexistence non agressive de la communauté musulmane avec les pays d’accueil. D’autres plus offensifs sont engagés dans une politique de conquête discrète, patiente et progressive. D’autres enfin prônent des formes plus agressives de djihad, voire le recours au terrorisme.

Le but avoué des islamistes c’est la transformation de la France en un pays musulman, et celle de la République en une théocratie islamique.

En France l’islamisme comporte quatre principales mouvances :

  • Les Frères musulmans, majoritaires de façon directe ou indirecte dans toutes les organisations censées représenter l’Islam de France ou les musulmans français : CFCM, CCIF, Musulmans de France, LES Musulman, AMIF, Fédération pour un Islam de France…
  • Les salafistes quiétistes, notamment wahhabites
  • Les djihadistes
  • Les islamistes turcs soutenus par le dictateur islamiste Erdogan

Tous les sondages récents montrent une infiltration de plus en plus préoccupante de l’idéologie islamiste chez les personnes de confession musulmane, notamment les plus jeunes pour lesquels c’est à la République et à la laïcité de s’adapter à l’Islam et non l’inverse.

La progression de l’islamisme en France est notamment visible au travers de l’augmentation du nombre de femmes musulmanes qui choisissent de se voiler ou à qui on impose le voile islamiste.

Il faut préciser que le voile islamiste n’est ni une prescription coranique (aucun verset n’en fait mention), ni un pilier de l’Islam, ni une tradition islamique comme on le prétend souvent.

Le voile chariatique (hijab, niqab, tchador, burqa) a été inventé au cours du 20e siècle comme un uniforme religieux imposé aux femmes dans certaines dictatures islamistes où sévissent les formes les plus archaïques et rétrogrades d’Islam intégriste : Arabie saoudite, Qatar, Egypte, Iran, Afghanistan. Il s’est ensuite répandu dans plusieurs pays musulmans du Moyen-Orient, du Maghreb, d’Afrique ou d’Asie où les islamistes ont pris le pouvoir en renversant des régimes modernistes ou des dictatures militaires, certains même laïcs comme la Turquie.

Mais cette visibilité de l’Islam politique voulue par les islamistes qui ont fait du voile leur étendard et de son imposition un marquage territorial cache une progression beaucoup plus profonde dans la société française, dans ses institutions, dans les discours, les mentalités, les codes sociaux relayés par les médias.

Pour une partie importante de la gauche, la défense des musulmans est devenue au cours de ces 20 ou 30 dernières années un substitut à la lutte des classes et à la défense d’une classe ouvrière quasiment disparue.

A la lutte antiraciste de l’époque SOS Racisme s’est également substituée une nouvelle forme de lutte largement instrumentalisée par la propagande islamiste contre une nouvelle forme de stigmatisation : « l’islamophobie ».

Concept élaboré par les Frères musulmans sur le modèle de l’homophobie et des luttes LGBT, l’islamophobie des islamistes s’est réappropriée le terme anglais islamophobia apparu après les attentats du 11 Septembre au Royaume-Uni où il désignait une suspicion irrationnelle à l’égard de l’Islam. « L’islamophobie » est supposée désigner une nouvelle forme de racisme dirigé contre des personnes de confession musulmane en raison de leur appartenance religieuse.

Ce concept qui ne repose sur aucune réalité sociale ou statistique est toutefois abondamment martelé dans les médias, jusqu’à nourrir la croyance fausse que les musulmans français subiraient actuellement une véritable « persécution », que les islamistes dans une odieuse concurrence victimaire n’ont aucune gêne à comparer aux persécutions dont les Juifs furent l’objet sous l’Occupation.

Le CCIF identifie même aujourd’hui un responsable à ce phénomène, désigné comme l’ennemi des musulmans : l’Etat. Un Etat dont les lois « liberticides » (celles de 2004 sur l’interdiction du voile à l’école, et celle de 2010 interdisant la burqa, notamment) serviraient à persécuter les musulmans. Le CCIF pousse même le vice jusqu’à réclamer l’abrogation de ces lois « au nom de la laïcité » réduite à la seule liberté de conscience.

Une bonne partie de la gauche française, des écologistes à l’extrême gauche, n’a pas honte d’encourager et de s’associer à ces dérives.

Ainsi des personnalités comme Esther Benbassa (EELV), Jean-Luc Mélenchon (LFI), Clémentine Autain (LFI), Ian Brossat (PCF), Olivier Besancenot (NPA) ou Nathalie Arthaud (LO) n’ont pas hésité à participer à la manifestation du 10 novembre organisée par des organisations islamistes comme le CCIF ou LES Musulmans, des lobbyistes islamistes comme Marwan Muhammad, des prêcheurs de haines misogynes, homophobes et apôtres du viol comme Nasser Abou Anas, des salafistes, des crypto-djihadistes, des soutiens du Hamas et d’autres organisations terroristes.

Cette collusion d’une partie de la gauche et de la quasi-totalité des médias français alignés avec l’islamisme est qualifiée d’islamo-gauchisme.

Cette perversion idéologique et rhétorique a contaminé certains catholiques « progressistes », notamment certains journalistes chrétiens.

Le moindre des péchés de la gauche catholique aujourd’hui est cette confusion assez épaisse en ce qui concerne l’Islam.

Ainsi depuis que le pape François encourage dans la lignée de ses prédécesseurs la politique d’ouverture à l’Islam, les catholiques français semblent devenus incapables du moindre discernement à l’égard d’une religion parmi les plus éclectiques au monde, une religion dont les régressions fondamentalistes et politiques sont de très loin les plus violentes parmi celles qui secouent les grandes religions depuis le siècle dernier.

pape_françois_mufti-300x205

Le discours de bienveillance vis-à-vis de l’Islam, doublé d’une préoccupation sociale et humanitaire à l’égard des minorités arabes ou musulmanes et des migrants menacés de stigmatisation et de paupérisation entraîne chez beaucoup de catholiques une inhibition totale des capacités de discernement intellectuel ou éthique. La défense naïve et obsessionnelle des pauvres et des opprimés prime sur tout autre impératif éthique.

Ainsi voit-on des catholiques embrouillés malgré eux dans une compassion indifférenciée pour toutes les causes sociales qui célèbrent « la différence », prennent parti pour « l’étranger » ou volent au secours des « musulmans discriminés ».

Quand cette confusion gagne des journalistes, quand elle les conduit à cautionner l’islamisme, on ne peut plus invoquer un déficit d’information ou de discernement. Car on est objectivement en face d’un cas de malhonnêteté manifeste et de complaisance assumée.

Une autre raison beaucoup moins évoquée de la complaisance de certains catholiques latins à l’égard de l’Islam en général et de l’Islam politique en particulier tient à cette fascination nostalgique des Latins pour l’Orient.

Le christianisme oriental est aujourd’hui plus que moribond. Les Chrétiens d’Orient auront bientôt totalement disparu. La plupart des communautés chrétiennes ont fui les persécutions (islamistes) dont elles faisaient l’objet. Le Moyen-Orient qui a vu naître Jésus et se développer les toutes premières communautés chrétiennes ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir, mis à part le christianisme grec orthodoxe.

Depuis la réconciliation opérée après Vatican II par le catholicisme avec le judaïsme, les catholiques se sont beaucoup intéressés aux racines juives du christianisme. Autrefois objet d’un antijudaïsme séculaire de la part de l’Eglise, le « peuple déicide » a recouvré son aura de « peuple élu ». Et le Juif est devenu une victime intouchable pour laquelle tout catholique bon teint se doit de prendre fait et cause.

Mais l’enlisement du conflit israélo-palestinien, la politique de colonisation et d’apartheid cynique d’Israël à l’égard de sa minorité arabe, les crimes de guerre perpétrés par Tsahal à Gaza, ont compliqué les relations entretenues par les catholiques avec les Israéliens.

75 ans après la Shoah, la cause palestinienne a supplanté la question juive dans l’esprit des bons cathos. Au point parfois de bénir le Hamas comme une armée de résistance contre le méchant Israël, au lieu de le condamner comme une organisation terroriste au même titre que le Hezbollah, Al Qaeda ou Boko Haram.

En outre, dans l’imaginaire catho, le Palestinien est devenu une icône contemporaine du Galiléen. Un amalgame qui n’est pas totalement sans fondement eu égard à certaines découvertes récentes en génétique et en linguistique (certains Palestiniens musulmans de la Galilée seraient des descendants de Judéens ayant fui la Judée après la destruction du Temple, sédentarisés en Galilée au 1er siècle, convertis au christianisme puis à l’Islam).

Quoi qu’il en soit, on ne peut nier que beaucoup de Chrétiens ont une affection sentimentale particulière pour les Moyen-Orientaux, les Palestiniens en particulier, parce qu’ils leur rappellent consciemment ou inconsciemment ce Jésus dont le vrai visage se dérobe toujours à leur mémoire.

Qu’en pensent les fidèles ?

Selon un sondage réalisé en 2018 par le Pew Research Center, 49 % des chrétiens pratiquants d’Europe de l’Ouest souscrivent à l’affirmation « l’islam est fondamentalement incompatible avec la culture et les valeurs de mon pays ».

Parmi les Français appartenant aux différentes confessions chrétiennes, on peut considérer que les catholiques sont les plus ouverts à l’Islam. A l’exception des minorités maronites ou melkites (des Libanais pour l’essentiel) souvent résolument hostiles à l’Islam.

Les protestants ont une attitude très différente selon qu’ils sont plutôt libéraux (très ouverts), réformés (tantôt neutres, tantôt critiques) ou évangéliques (franchement hostiles).

Quant aux orthodoxes ils sont dans l’ensemble les plus hostiles à l’Islam (mais aussi souvent très antisémites), à l’image des Patriarcats russe ou grec.

Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent (Mt 5:44)

La passion maladive et délétère de certains catholiques français pour l’islamisme est le fruit d’une de ces névroses typiques des catholiques qui leur fait idolâtrer leurs persécuteurs.

Un dévoiement complet du message évangélique assimilable au syndrome de Stockholm qui leur fait prendre fait et cause pour leurs ennemis avérés.

245 millions de chrétiens dans le monde sont aujourd’hui persécutés en raison de leur foi. Leurs principaux bourreaux sont les islamistes.

En France plus de 1000 actes anti-chrétiens ont été recensés en 2018 : agressions ou profanations de lieux chrétiens. Contre seulement 100 actes anti-musulmans.

La saturation des médias à propos des soit disant persécutions dirigées contre les musulmans est telle qu’on croirait qu’ils sont les premières victimes de la haine et des discriminations religieuses dans notre pays. C’est un pur mensonge. Les Chrétiens sont les premières victimes, notamment d’actes perpétrés par des musulmans.

Il suffit d’écouter leurs prêches ou leurs discours sur internet, les islamistes haïssent la démocratie, la République et les Droits de l’homme. Ils n’ont que faire de ces pasionarias des droits humains. Mais ils se servent habilement d’eux pour avancer leurs pions, multipliant les sourires et les amabilités « fraternelles » dans tous ces rassemblements humanistes ou très pieux dans lesquels on célèbre « l’amitié islamo-chrétienne », « l’unité des religions », le « vivre ensemble », la « tolérance » et tous ces attrape-couillons pour gogos en mal de diversité.

De même, les islamistes haïssent viscéralement les Juifs, ces « sionistes » qui pourtant les fascinent et les obsèdent dans une concurrence mimétique maladive. Tout comme ils détestent cordialement les Chrétiens, symboles d’un Occident décadent, perverti et honni. Juifs et Chrétiens sont d’ailleurs depuis les temps coraniques au mieux des dhimmis à convertir de gré ou de force, au pire des sous-hommes, des « kouffars » (infidèles) à maintenir en état de soumission voire de servitude.

Mais les islamistes sont des maîtres dans l’art du double jeu et du double langage. Et les ronds de jambe dont ils sont capables pour favoriser leur politique d’infiltration flatte ces pauvres nigauds de cathos trop heureux de célébrer l’amitié interreligieuse et interculturelle avec ces Orientaux qui mettent un peu d’exotisme dans leurs velléités compassionnelles et humanistes.

Qui sont ces cathos de gauche pro-islamistes ?

Laurent Grzybowski

914_2018072812383297.jpg

Laurent Grzybowski

Journaliste à La Vie, Laurent Grzybowski est emblématique de ces journalistes cathos de gauche, souriants, engagés, au style très scout et très « moderne » à la fois, toujours prompts à défendre une cause, même si c’est souvent de façon plus qu’approximative et au prix de sérieuses contraventions avec le devoir de rigueur intellectuelle auquel les tient en principe leur qualité de journalistes. Mais peu importe, quand la musique est bonne…

Musicien et chanteur, Laurent l’est aussi, qui n’hésite jamais à sortir la guitare pour chauffer une messe et a même publié quelques CDs de musique liturgique ou évangélique.

Maître-chanteur aussi à l’occasion, quand il s’agit de faire la promo de l’Islam et de ses potes musulmans, peu importe que leurs engagements ne soient pas toujours très raccord avec le credo républicain ni le missel chrétien.

Un petit tour rapide sur sa page Twitter suffit à cerner le personnage.

76762596_2850978578269274_7954148096387055616_n

Le 1er février dernier Laurent Grzybowski se flattait de son amitié avec Ghaleb Bencheick, le très consensuel et très poli patron de la Fondation pour un Islam de France. Un musulman très propre sur lui, surdiplômé, élégant et concélébré par tout le gotha de la cathocratie médiatique. En septembre dernier celui-ci déplorait même dans les colonnes du Point le « manque d’autorité » de la République sur l’affaire des foulards de Creil. Son père fut recteur de la Grande Mosquée de Paris, une institution de l’Islam français dont on a pu mesurer les dérives depuis que la duplicité de Dalil Boubakeur comme nouveau recteur ou comme Président du CFCM n’est plus à démontrer.

Un petit détail qui n’aura pas échappé aux vrais défenseurs de la laïcité, et non à ses fossoyeurs comme Laurent Grzybowski : selon son ami la laïcité « assure la liberté de croire ou de ne pas croire ». Une définition tronquée, réduite à la seule liberté de conscience, à laquelle voudrait nous faire croire les islamistes, et plus généralement les anti-laïques qui cherchent à l’instrumentaliser selon une vision consumériste et communautariste de la République aux antipodes de la conception française, celle d’une République une, indivisible… et assimilatrice !

salafisme

Autre morceau choisi, cet inénarrable télescopage sémantique qui associe « les musulmans » (un procédé rhétorique cher aux islamistes qui aimeraient faire croire qu’il existe en France une « communauté musulmane » alors qu’il n’y a que DES personnes fort disparates d’origine ou de culture musulmane) et « les femmes portant un foulard ». Notez l’utilisation du mot « foulard » et non « voile islamique » (ou plutôt « islamiste ») supposée banaliser le port d’un uniforme politique qui est tout sauf un « fichu » ou un « accessoire vestimentaire » mais un signe d’appartenance à l’Islam radical.

Autre détail comique : la photo sensée illustrer un propos condamnant à égalité l’islamophobie et le salafisme est justement celle… d’une salafiste.

Tout ça enrobé de l’habillage émotionnel hystérique habituel sur « la haine » des musulmans destiné à dramatiser le propos et susciter l’indignation du lecteur. Autant de gimmicks rhétoriques communs aux islamistes et aux journalistes islamo-gauchistes.

Voile

Autre succulent exemple de la mauvaise conscience de gauche et de la contrition catho pour tous les réprouvés de la terre : convoquer Einstein dans une citation sans doute imaginaire comme 95% des citations prêtées au génie. Rien de moins cette fois que d’abattre les murs de nos préjugés et de se libérer de l’ignorance.

Avec la photo d’une jeune-femme voilée et souriante pour bien enfoncer le clou et ne laisser aucun doute quant aux intentions.

Ainsi dire amen à l’islamisme serait le dernier triomphe de la Raison et du Progrès contre l’obscurantisme médiéval des suspicieux laïcards ou des racistes anti-musulmans.

Un retournement très hardi puisque c’est bien la religion, toutes les religions, qu’une certaine conception de la laïcité avait il y a un siècle voulu définitivement reléguer dans les ténèbres du mythe et de l’obscurantisme au nom de la Raison et du Progrès !

Ainsi le summum du modernisme et du combat de l’intelligence contre l’ignorance consisterait aujourd’hui à faire entrer l’une des plus archaïques religions au monde dans le Panthéon républicain.

Bravo, Monsieur l’imposteur !

Ite missa est. La messe est dite.

IFCI

Mais comme toute messe se termine toujours par une quête à l’intention d’une œuvre de charité, n’oubliez pas de donner pour nos amis musulmans !

Et notre brave héraut de l’amitié catho-islamiste de se fendre d’un tweet pour appeler les bonnes âmes à donner pour le tout nouveau tout beau Institut Français de Civilisation Musulmane (IFCI) qui vient d’ouvrir ses portes à Lyon.

Un bijou très politiquement correct et décrit comme « très ouvert » qu’on célèbre unanimement… en ayant soin d’oublier qu’il fut en majeure partie financé comme presque toutes les associations « culturelles » ou « caritatives » de cet acabit par l’Arabie saoudite, l’Algérie et autres mécènes islamistes.

Samuel Grzybowski Coexister

ProfilSamuel

12 octobre 2014 : Assemblée générale de l’association Coexister. Paris, France.

Fils du précédent, Laurent Grzybowski est tombé dans la marmite collaborationniste quand il était petit.

Biberonné au cathoprogressisme, au scoutisme et au dialogue interreligieux dont son père est un fervent partisan, il décide avec quelques potes de lycée de monter en 2009 une assoce consacrée à l’idéologie communautariste en vogue des années 2000 : le « vivre ensemble ». Une façon de réunir jeunes cathos, juifs et musulmans engagés dans la « coexistence active ».

Coexister est rapidement célébré par la presse, les politiques et même le pape. Jeune et dynamique, l’association colle à son époque. Jusqu’à une sortie de virage qui lui sera fatale.

Alors que la France connaît la vague d’attentats terroristes la plus sanglante avec les attentats de Charlie Hebdo, de l’Hypercasher et du Bataclan, Coexister commet l’impensable en se rendant au Salon de l’UOIF, le Disneyland des fondamentalistes qui réunit le gratin de l’islamisme en France. Tariq Ramadan qui n’est pas encore rattrapé par ses affaires de viols à répétition y règne en souverain pontife. On y croise aussi des salafistes, des prêcheurs interdits en France, des crypto-djihadistes et les habituels marchands du temple : niqabs, burqas, hijabs chariatiques, DVDs sur le Djihad et la charia et autres bondieuseries islamistes.

Comme le rappelle Emmanuel Razavi, grand reporter à Globalgeonews, spécialiste du Moyen-Orient et des Frères Musulmans, « l’UOIF a été placée sur la liste des organisations terroristes de pays comme les Emirats Arabes Unis, quand en France, elle a mis en place un réseau d’associations loi 1901 à objet socio-culturel, faisant du lobbying partout sur le territoire, auprès des collectivités, des élus et des médias« .

Alors qu’en France on s’insurge unanimement pour défendre la liberté d’expression assassinée et la laïcité en danger, que 5 millions de personnes en France et 43 chefs d’Etat battent le pavé sous la bannière « JE SUIS CHARLIE », Coexister prend ses distances avec les républicains fidèles à la laïcité, ce qui vaut à l’association et à son président d’être violemment critiqués par des personnalités laïques comme Caroline Fourest.

Coexister continuera de s’enfermer dans cet entêtement incompréhensible et pourtant si symptomatique d’une certaine gauche.

En 2019, lors de la manifestation islamiste du 10 novembre, Coexister renoncera à soutenir officiellement l’évènement suite aux tombereaux de reproches adressés aux traîtres de gauche qui avaient signé l’appel à manifester, mais maintiendra toujours un soutien officieux. L’histoire ne dit pas si Samuel Grzybowski et ses amis se sont finalement joints aux nombreux fréristes, salafistes et autres islamismes majoritaires dans ce cortège.

Pour plus de détail sur Coexister, lire l’article Comment Coexister est devenu « Coercition », association de défense de l’islamisme antirépublicain.

 

Israël enterre officiellement la démocratie dans l’indifférence générale

Mis en avant

Commentaire de l’article de Danièle Kriegel dans Le Point du 19/7/2018

Le jour où Israël a retiré le mot « démocratie » de sa loi fondamentale

15860523lpw-15860592-article-israelpoliticslawreligion-jpg_5429082_660x281

La longue descente aux enfers de l’état hébreu continue.

Voilà bientôt 30 ans, dont quasiment 22 ans au pouvoir, que le pire Premier Ministre et le plus corrompu qu’Israël ait connu en 70 ans d’existence sape méthodiquement les valeurs fondatrices de l’Etat hébreu.

Valeurs universelles héritières de la fine fleur du judaïsme. Comme de l’idéal sioniste des pères fondateurs, pétris d’humanisme, d’esprit d’égalité, de liberté, de solidarité, de justice sociale. Et d’une volonté clairement affichée d’accorder un statut citoyen et des droits égaux à toutes les minorités.

Au lieu de cela, ce qui sert aujourd’hui de parodie d’armature morale à cette clique de mafieux au pouvoir s’appuie sur la plus sombre des idéologies mélangeant ultranationalisme et intégrisme religieux, violence arbitraire et arrogance frondeuse.

S’en suit une politique ouvertement cynique, xénophobe, ségrégationniste et guerrière, qui profite à un nombre de plus en plus restreint d’élus. Et relègue tous les autres au rang de citoyens de seconde zone, de sous-hommes, ou d’ennemis de fait du Grand Israël victorieux.

Rien de nouveau sous le soleil me direz-vous. Depuis 3000 ans c’est peu ou prou la même rengaine. Et l’éclaircie durant les 40 ou 50 premières années d’existence d’un Israël moderne, laïc et démocratique, fait presque aujourd’hui figure d’irréelle exception et de flambée utopique.

Il suffit de relire la Bible pour trouver les mêmes attitudes parmi les rois corrompus et les élites jalouses qui ont tour à tour dirigé la cité de David, les royaumes de Juda et d’Israël, ou la province romaine de Palestine au temps de la dynastie hérodienne. En s’alliant à l’occasion aux occupants les plus détestables pour se maintenir au pouvoir et accroître leurs privilèges de caste.

Voilà donc aujourd’hui la démocratie officiellement enterrée en Israël.

Sans qu’apparemment aucun dirigeant occidental ne songe à s’en émouvoir.

Le boulevard est désormais une autoroute à huit voies pour tous ceux qui entendent à l’Ouest du Jourdain continuer à prospérer sur cet abominable mensonge institutionnalisé.

Faut-il rappeler que cette idéologie ultranationaliste et ultrareligieuse qui fait le sel de Netanyahu et de ses pairs n’est pas qu’une mascarade de circonstance destinée à rallier les sionistes les plus endurcis ou les citoyens les plus angoissés afin de bétonner leur pouvoir.

Netanyahu est l’héritier direct d’une famille d’idéologues du sionisme messianiste. Son grand-père, rabbin, en fut l’une des figures phares, aux côtés du célèbre rabbin Abraham Isaac Kook.

L’homme a maintes fois démontré ses talents d’expert dans l’art de manipuler les esprits et de brouiller les pistes. Affectant de prétendre ne pas être lui-même pas religieux et s’affichant à l’occasion dans des restaurants non cashers pour donner le change.

Ce que peu d’Israéliens savent en vérité, c’est que Benyamin Netanyahu n’est pas que « le petit-fils de ». Mais qu’il est lui-même un idéologue patenté du sionisme messianique dont il incarne la politique. Ses nombreux écrits sur le sujet sont pour une bonne part consultables en ligne, et ne laissent aucune place au doute.

Quoi d’étonnant à ce qu’à l’image d’un Erdogan, d’un Ahmadinejad ou de ses nouveaux alliés de Riyad avec lesquels il pactise aujourd’hui pour continuer à s’enrichir, Netanyahu poursuive méthodiquement son travail de destruction en imposant sournoisement un régime nationaliste, théocratique et totalitaire en lieu et place de l’état laïc et démocratique qui l’a vu élire ? Comme d’autres ont imposé avant lui la charia la plus rétrograde dans leur pays.

Netanyahu est hélas beaucoup plus intelligent, plus cérébral et machiavélique que Trump. Un clown populiste qui ne fonctionne qu’aux affects et aux réflexes, sans réel projet ni autre vision que de ménager ses propres intérêts en flattant les plus bas instincts de son peuple. Il sait parfaitement comment manipuler les clivages politiques, les mythes nationaux, et une opinion inquiète, versatile et volontiers frondeuse.

Une société beaucoup plus éclectique et authentiquement démocratique en vérité que ne l’est la société française. Dont la tradition du débat parfois houleux s’enracine non seulement dans une volonté de favoriser le pluralisme d’identités et d’idées selon les principes démocratiques élémentaires. Mais aussi dans cette pratique très juive du questionnement permanent, de l’interprétation voire de la controverse à propos de chaque aspect de la vie juridique, sociale, communautaire, et non seulement de points d’éthique ou de théologie. En se gardant de tout dogmatique à caractère totalisant, mais en pratiquant au contraire un certain relativisme et en cherchant à actualiser en permanence les principes et les lois qui fondent la vie en société sinon le rapport à la Transcendance.

Plus qu’un principe strictement démocratique comme la liberté d’opinion, d’association ou d’expression, c’est là l’un des fondements essentiels du judaïsme depuis son origine. Et qui devrait s’il était respecté, y compris et surtout par tous les religieux, garantir à la démocratie sa légitimité et sa pérennité.

Voilà donc un double coup de maître à l’actif de Netanyahu avec cet amendement de la Loi fondamentale.

D’abord imposer dans cette loi le principe longtemps défendu et ultra contesté d’un état d’Israël conçu comme un état juif pour les seuls Juifs.

Ensuite retirer toute référence à la démocratie.

Et donc au pluralisme et à la laïcité. Principes défendus avec ardeur par les pères fondateurs contre les Haredim. Une minorité en passe de devenir bientôt majoritaire dans le pays à la faveur d’une natalité galopante. Et qui tirent des bénéfices conséquents d’un statut d’exception proprement scandaleux. La plupart de ces Juifs ultraorthodoxes vivant pour la plupart reclus dans de véritables ghettos refusent en effet de travailler tout en étant payés par l’Etat, prétendant en tant que religieux n’être tenus de se consacrer qu’à l’étude de la Torah et à l’éducation de leur abondante progéniture.

Jusqu’à une époque récente ils veillaient à ne se se compromettre d’aucune manière avec un état et des institutions auxquels ils ne reconnaissent aucune légitimité. Vivant dans la schizophrénie la plus totale en tant que citoyens d’un état qu’ils combattent par ailleurs avec vigueur. N’hésitant pas pour certains à soutenir ouvertement ou à s’allier avec l’ennemi iranien ou les terroristes du Hamas hostiles à Israël, afin de précipiter la chute de ce qui n’est à leurs yeux qu’une ignoble imposture, et de hâter ainsi la venue du Messie.

Selon une vision messianique passablement archaïque de l’Histoire, seul le Messie quand il paraîtra pourra en effet selon eux restaurer la légitimité, la grandeur et la pureté religieuse de l’ancien Royaume d’Israël.

Une minorité qui pèse de plus en plus, et qui est en passe de devenir majoritaire dans un pays dont ils ont peu à peu noyauté toutes les institutions. Du moins dans ses fondements idéologiques sinon en prenant directement les manettes du pouvoir. Jusqu’à parvenir à imposer méthodiquement leur vision, saper les valeurs démocratiques, et substituer à un régime démocratique un modèle de société objectivement totalitaire.

Un modèle en passe de devenir une réalité. Et que certains intellectuels, officiers de l’armée ou des services de renseignement, et personnalités israéliennes de premier plan n’hésitent plus à comparer à l’Allemagne nazie.

Les victimes de ce scénario qui menace la paix et les équilibres stratégiques dans la région en flirtant avec des thèmes apocalyptiques ne sont pas seulement les vrais démocrates. En particulier ceux de de la gauche historique, depuis les premiers colons socialistes et les pionniers des kibboutzim. Ces grandes figures qui certes n’étaient pas des enfants de chœurs et savaient manier un fusil mais avaient à cœur de défendre un idéal de société vraiment démocratique, vraiment juste, fraternel, ouvert, solidaire et favorable aux minorités. Tout en assurant aux Juifs souhaitant vivre en Israël accueil, liberté, sécurité, solidarité et prospérité, notamment après les persécutions récentes ou plus anciennes dont ils furent les victimes.

Les victimes directes de ce basculement progressif dans les ténèbres sont évidemment les minorités ethniques et religieuses qui vivent ou travaillent en Israël : Arabes israéliens, musulmans, Palestiniens des Territoires. Mais aussi chrétiens, druzes, samaritains et autres. Lesquels vivent pour certains depuis des millénaires et de façon ininterrompue sur cette terre.

Mais aussi à plus long terme les Israéliens eux-mêmes. Dont la survie comme celle de l’état hébreu est à plus ou moins long terme mise en péril par les multiples provocations et égarements de ceux qui spéculent sur la xénophobie, la guerre et le chaos. En bafouant ouvertement tous les principes du Droit international et les engagements qu’ils ont eux-mêmes fait semblant d’accepter. Engagements sinon en faveur de la création d’un état palestinien voisin d’Israël (auquel une majorité de l’opinion publique demeure aujourd’hui favorable bien que les dirigeants actuels déclarent aujourd’hui clairement combattre cette idée), du moins en faveur d’un règlement pacifique et négocié d’un conflit qui s’éternise depuis au moins 70 ans.

Quitte à s’allier discrètement à l’occasion avec leurs ennemis déclarés afin d’entretenir un rapport de forces qu’il font mine de dénoncer mais qui leur est favorable politiquement et s’avère économiquement très rentable : de tous temps et en tous lieux la guerre a toujours été beaucoup plus profitable que la paix.

Enfin, cette politique est évidemment préjudiciable aux Juifs du monde entier. Lesquels dans leur majorité – du moins pour les Juifs américains – se sont peu à peu désolidarisés du soutien considéré comme acquis de la diaspora juive à Israël. Et qui condamnent ouvertement cette politique ultranationaliste, anti-démocratique et contraire aux valeurs du judaïsme, soutenue certes par le lobby juif proche de Washington, mais désavouée par une majorité de Juifs soucieux de défendre leurs valeurs.

Comme de lutter contre un antisémitisme résurgent dont ils sont parfois victimes. Un antisémitisme sur lequel spécule Netanyahu pour attiser les peurs et rallier de nouveaux soutiens. Et qui est largement alimenté par les ressentiments que nourrit un sionisme messianique conquérant et arrogant, brutal et cynique, que sa politique incarne depuis qu’il est revenu aux affaires. Et qui concentrent sur Israël comme sur les Juifs l’animosité de ses voisins et de ses ennemis. Notamment auprès des jeunes musulmans issus des minorités vivant en Occident, parfois tentés par des discours radicalement « antisionistes » sinon antisémites. Et qui parfois franchissent le Rubicon d’un engagement actif qui n’est pas simple complaisance envers le Djihad islamique.

Curieux monde que celui dans lequel nous vivons !

Un monde où fanatiques, religieux ou politiques véreux conspirent pour assassiner les démocrates et torpiller les efforts de paix. De Kennedy à Rabbin, combien ont succombé pour avoir osé tenter l’impossible ?

Un monde où l’on préfère souvent pactiser pour de sombres calculs d’intérêt personnel et de vils marchandages stratégiques ou économiques avec les pires régimes et les pires dictateurs : Erdogan, Trump, Netanyahu…

Alors qu’on vient officiellement d’enterrer la démocratie en Israël, la France s’honorerait de s’exprimer avec courage et raison d’une voix ferme sur ce sujet.

Quitte à rompre avec la coupable omerta européenne et occidentale sur un sujet ultra clivant, à propos duquel les politiques davantage soucieux de clientéliste communautariste que d’éthique s’accordent de plus en plus à renoncer à s’aventurer.

Merci à Danièle Kriegel pour cet édifiant article.