Mélenchon, le crépuscule d’un ambitieux

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Autopsie d’un ténia politique, réduit à cureter les égouts de l’islamisme, du racisme, de l’antisémitisme et du complotisme pour faire croire encore à son existence.

Depuis 25 ans qu’il pavoise comme un cador de la politique dissident du PS, qu’on lui prête des qualités de « tribun », de « rebelle », d’« esprit libre », Mélenchon a dû en décevoir plus d’un qui s’étaient laissé piéger par ses harangues populistes et antisystème.

L’homme est intelligent, érudit, fin politique, opportuniste, bon orateur. Mais son orgueil himalayesque aura eu raison de lui.

S’il quitte le PS en 2002 c’est parce que ses camarades n’auront pas su reconnaître son « génie ». Il se jure alors de leur faire rendre gorge et de dynamiter ce parti falot, ramolli par le pouvoir, et vendu aux sirènes du libéralisme.

Lors des présidentielles de 2012 il gagne ses galons de tribun de la politique, mais n’atteint pas un score digne d’un destin national.

Le vent tourne en 2017 avec la candidature de la marionnette très libérale du système Emmanuel Macron. Un OVNI sans aucune réelle expérience politique, propulsée en cinq années seulement au sommet de l’Etat après une carrière de directeur associé chez Rothschild et une rampe de lancement comme conseiller spécial de Hollande chargé de piloter le logiciel économique du navire France.

Le PS est alors en pleine déconfiture. Valls échouant aux primaires, la droite du parti se rue chez Macron. Benoit Hamon remporte la primaire mais ne rassemble autour de lui que ce qu’il reste de réformateurs, quelques écolos égarés et des apparatchiks qui n’ont nulle part où se reconvertir.

Fiasco annoncé pour la gauche. Victoire un temps annoncé pour la droite et son champion François Fillon, vite rattrapé par le cyclone des affaires. Un boulevard s’ouvre pour Macron. Avec, dans le rôle du repoussoir utile, une Marine Le Pen chouchoutée par les médias et qu’on s’empresse de propulser au second tour.

Reste la carte, ardue mais jouable, de la gauche radicale incarnée par Méluche et ses Insoumis. Une autre manière de partir à l’assaut de la macronie, de l’Europe de la finance et des lobbies, et du système mondialiste, en agitant le hochet du Frexit sans toutefois tomber dans les travers nationalistes et xénophobes du FN.

Et Méluche de grimper dans les sondages. Allant même jusqu’à devenir poli avec les journalistes, qui le flattent en lui prédisant une ouverture possible pour le second round de ces présidentielles.

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Méluche exulte, boit du petit lait, se voit déjà en challenger de Macron, se paye le luxe de chambouler les cartes d’un scénario écrit longtemps à l’avance par les mécènes de ce gamin zozotant.

Le grain de sable que sauront exploiter les stratèges du chouchou des médias, c’est l’orgueil incommensurable de Mélenchon et sa rivalité irréductible avec Hamon.

Peu les séparent, sur le papier ils pourraient s’entendre, mais ils ne parviendront jamais à se mettre d’accord, l’un devant nécessairement s’effacer devant l’autre. Or faute d’un accord entre le candidat du PS et celui de LFI, aucune chance pour la gauche de conserver l’Elysée.

Hamon sans doute insuffisamment préparé fait une campagne déplorable et s’effondre vite dans les sondages. Mélenchon quant à lui ne parvient pas à transformer l’essai.

Le soir du premier tour signe pour lui un échec cuisant, même si l’on pouvait s’y attendre. Pas de ticket pour le second tour !

Pire, il se retrouve 4e derrière Macron et Le Pen, mais aussi Fillon.

Sa déclaration télévisée après les sondages sortie des urnes qui le donnent largement battu laisse transparaître une aigreur indicible.

A partir de ce moment, Mélenchon n’aura de cesse de cultiver sa rancœur. Et commencera une lente descente aux enfers d’où il ne se relèvera plus.

L’échec aux présidentielles n’est pas encore digéré que les affaires lui tombent sur le nez. Une épreuve supplémentaire qu’il interprétera évidemment comme un complot politique contre son génie. Lui qui est le seul à pouvoir représenter le peuple. Quand on veut se débarrasser de quelqu’un c’est qu’il est gênant, donc qu’il compte.

Dans ces conditions, impossible de se positionner comme leader de l’opposition à Emmanuel Macron, ce dont il aurait rêvé. D’ailleurs l’opposition, il n’y en a plus : les partis traditionnels de gauche comme de droite sont en lambeaux, siphonnés par LREM ou dynamités par la vague de dégagisme des dernières législatives dans la foulée des présidentielles de 2017.

Le seul arbitre désormais, c’est la rue. Notamment ce mouvement des irréductibles Gilets jaunes, que La France Insoumise, tout comme le Rassemblement National, n’auront de cesse de vouloir récupérer.

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« La République, c’est moi ! » C’est par cette tautologie sidérante que le tribun de gauche qui n’est déjà plus que l’ombre ou la caricature sinistre de lui-même tentera une ultime ruade en octobre 2018 contre un réel qui s’obstine à le pousser vers une condamnation judiciaire certaine et bien humiliante.

La France Insoumise et son leader décrédibilisés, le parti essaiera bien de mettre en avant d’autres personnalités, comme Alexis Corbière ou Jean-François Ruffin. Mais la débandade est entérinée. Déjà des voix s’élèvent en interne contre le patron qu’on juge tyrannique et à qui l’on attribue la responsabilité des mauvais scores du parti dans les sondages puis aux européennes.

Mais Mélenchon n’en démord pas. La France Insoumise, c’est lui ! La gauche c’est lui ! Le peuple, c’est lui ! La République, c’est lui ! La France, c’est lui !

Sauf que plus personne n’en veut.

De dégringolade en dégringolade, le vieil homme aigri tentera de s’accrocher aux seules branches qui lui offrent encore un appui. Au risque de se saborder politiquement et de virer dans l’abjection la plus totale.

D’abord en faisant le choix conscient et délibéré de trahir ses propres valeurs républicaines, laïques et antifascistes en pactisant avec les islamistes.

Contrairement à certains égarés de l’extrême gauche qui ont sombré dans l’islamo-gauchisme par idéalisme et désarroi une fois la classe ouvrière disparue, qui ont cru voir dans les musulmans et les immigrés le nouveau prolétariat, et dans l’Islam politique un nouvel adversaire crédible contre le capitalisme, Mélenchon a agi selon un calcul des plus froids et cyniques.

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La gauche sociale-libérale l’ayant trahi, le peuple l’aillant dédaigné, voici qu’il trouve en la personne des minorités musulmanes endoctrinées par les islamistes et ces islamo-gauchistes qui les soutiennent une nouvelle clientèle politique.

N’ayant plus rien à perdre sinon un semblant de morale, Mélenchon est donc allé se prostituer aux pires ennemis de la République. Lui qui n’avait jamais voulu s’allier avec le Front National en réalisant l’union des populistes de droite et de gauche, choisit bien pire que Marine Le Pen. Une clique d’extrémistes de droite islamistes, dont le but avoué est la conquête inexorable du pouvoir, la destruction de la démocratie et le remplacement de la République par un régime théocratique et totalitaire.

C’est un peu comme si Maurice Thorez avait fait alliance avec les Waffen SS pour s’assurer une survie politique.

Mais cela n’étouffe nullement Jean-Luc Mélenchon. Pas plus que manifester aux côtés des prêcheurs de haine salafistes, de ces imams et ces idéologues de l’Islam politique qui justifient le viol et les violences conjugales, font hurler « Allahu Akbar ! » à la foule dans les rues de Paris, en osant prétendre que ce sont les journalistes qui ont transformé cette expression religieuse en cri de guerre, qui distribuent des étoiles jaunes aux manifestants et osent comparer les musulmans français d’aujourd’hui aux Juifs durant l’Occupation…

A voir son sourire réjoui aux côtés de ces « mamans voilées » on devine même que le tribun fatigué s’est trouvé un nouveau « peuple » à défendre.

Mélenchon apparaît du coup pour ce qu’il a toujours été : un menteur et un manipulateur, qui méprise sans doute davantage le peuple que tous les autres politicards réunis. Un peuple qui ne l’a jamais intéressé, comme tous ceux qui prétendent parler en son nom. Et qu’il a toujours méprisamment appelé « les gens », en prenant des postures populos dans ses costumes Mao.

L’ultime éructation de haine de ce fourbe à l’agonie aura été cette saillie aussi odieuse qu’inattendue à propos des Juifs du CRIF qui seraient responsables de la déconfiture du Labour aux dernières élections britanniques.

Si Mélenchon a fini de s’accomplir, c’est donc dans l’ignoble. Après l’imposture et le mensonge, l’orgueil mythomaniaque et paranoïaque, l’alliance contre-nature avec l’extrême droite islamiste, sa seule façon d’attirer encore quelques oreilles, c’est de se vautrer dans la boue des caniveaux antisémites, révisionnistes, racistes et complotistes.

Tel Voldemort à la fin de Harry Potter qui meurt en se consumant lentement dans sa propre haine, Mélenchon nous offre ce spectacle pitoyable d’une baudruche bouffie d’elle-même, et qui dans un ultime soupir de haine exhale son vomi le plus fétide.

A l’image de ces matadors révolutionnaires à l’origine des pires dictatures latinos et qui furent ses modèles, Mélenchon qui n’en aura été que la caricature bouffonne finit ainsi délaissé de tous, y compris de ceux qui l’avaient un temps suivi ou s’étaient laissé abuser par sa faconde.

Faut-il condamner Éric Zemmour ? Les ressorts de la haine de l’autre

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Faut-il condamner Éric Zemmour pour ses propos tenus lors de la « Convention de la droite » de Marion Maréchal ?

A réécouter l’intégralité de son intervention à la tribune de la Convention de la droite du 28 septembre dernier, les propos d’Éric Zemmour n’apparaissent pas seulement comme ceux d’un idéologue à la droite de l’extrême droite, ils transpirent objectivement une haine tout aussi virulente que multiforme.

Fidèle à ses obsessions, le petit Juif arabe enfant de rapatriés d’Algérie qui a grandi à Montreuil, qui se voudrait plus français que tous les Français et qui rêve d’une France qui n’a jamais existé, où de Gaulle serait l’héritier de Barrès et Maurras, continue d’aligner les diatribes contre tout ce qu’il exècre : les étrangers, les immigrés, les Arabes, les musulmans (évidemment), l’Islam (encore)… Mais aussi les féministes, les homosexuels, les socialistes, les communistes, les libéraux, les soixante-huitards, les jeunes, le show biz, les rappeurs…

Le problème de Zemmour ce n’est pas qu’il soit l’illustration de ce nouveau « Rassemblement National » ripoliné, policé, aseptisé, à l’image de ses jeunes lieutenants proprets et polis comme Jordan Bardella ou Julien Odoul. Le problème c’est au contraire qu’il donne une voix et un visage à cette extrême droite décomplexée, raciste, antisémite, révisionniste, xénophobe, identitaire, ultranationaliste, et même suprématiste. Une extrême droite remisée dans les coulisses mais qui continue toujours d’exister malgré les rafistolages de Marine Le Pen.

Le problème c’est que même si ses propos sont outranciers, Zemmour est loin d’être idiot. Il sait manipuler les mots et les concepts. Et rendre un discours ignoble quasiment audible. Même si oser réhabiliter Pétain (dans Le suicide français, son avant-dernier livre), en prétendant contre toutes les vérités historiques que celui-ci aurait « sauvé des Juifs », n’aurait jamais laissé déporter « que des Juifs étrangers et aucun Juif français » (alors que plusieurs dizaines de milliers de Juifs français furent déchus de leur nationalité par le régime de Vichy puis déportés), et s’obstiner aujourd’hui encore à l’affirmer, est assez fort de café. Surtout dans la bouche d’un Juif.

S’agissant de l’Islam, le problème de Zemmour (et de l’extrême droite), c’est cet amalgame constant et consanguin au logiciel extrémiste selon lequel Immigration = Islam = Islamisme = Insécurité. En gros : tous les immigrés (et les migrants) sont arabes ou africains. Tous les Africains et tous les Arabes sont musulmans. Tous les musulmans sont islamistes. Et tous les islamistes sont des terroristes.

Rappelons au passage que l’appellation « arabe » est impropre pour désigner les Maghrébins, de même que beaucoup de peuples du Moyen-Orient. Puisque ceux-ci n’ont jamais été des « Arabes » mais des Berbères, des Kabyles, des Touaregs, des Latins, des Juifs, des Celtes, des Egyptiens, des Africains, des Libanais, des Arméniens, des Levantins et des peuples métissés. En toute rigueur et d’un point de vue ethnique, les seuls vrais « Arabes » sont certains peuples originaires de la Péninsule arabique : Saoudiens, Qataris, Koweïtiens, Emiratis. A l’exclusion des Yéménites, des Omanais et de certains peuples nés du métissage entre l’Arabie et l’Afrique.

Mais aujourd’hui la stigmatisation raciale est passée de mode. Critiquer « l’Islam » permet de recouvrir la xénophobie coutumière au FN d’un emballage politico-religieux et anti-communautariste.

Sauf que refuser de distinguer entre « les islams » ceux qui relèvent de simples obédiences religieuses et ceux qui constituent d’authentiques idéologies politiques assorties d’un projet de conquête du monde, cela relève d’une cécité ou d’une mauvaise foi coupable. Et totalement symétrique de celles des islamistes qui font mine de dénoncer les « amalgames islamophobes » entre musulmans et terroristes, mais enferment indifféremment tous les musulmans qu’ils instrumentalisent dans une même confusion entre l’appartenance à la religion musulmane et l’Islam politique dont ils sont les propagandistes.

Cette équation hyper simpliste du FN s’explique notamment par le fait que celui-ci n’a jamais réussi ou voulu intégrer la réalité et la complexité du phénomène islamiste, se contentant de récupérer quelques formules choc chez les vrais spécialistes de l’Islam politique.

Cette fixette rhétorique n’est pas non plus seulement une feinte et une tactique : le FN a besoin d’un adversaire, d’un repoussoir, d’un bouc émissaire clairement identifiable en la personne des « immigrés-musulmans-islamistes », afin de fédérer les ressentiments populaires dans un discours populiste, raciste, anticommunautariste et antisystème.

Ce qui cloche dans ce discours, et qui transparaît systématiquement dans les propos de Zemmour, c’est la haine qui l’accompagne et le motive, derrière les rationalisations loufoques sur l’Islam ou le « Grand remplacement ». Le FN n’a pas changé en profondeur : le noyau dur de son système d’exploitation c’est toujours la haine de l’autre, recouverte sous des justifications réductrices et simplificatrices.

Zemmour lui-même est un pur affectif. Son discours est un discours réactif, fondé sur la peur, la suspicion, le ressentiment et les affects, qu’il justifie par des ratiocinations qui défigurent le réel pour l’acclimater à ses obsessions. Ces discours en apparence intelligents sont irrigués de projections personnelles liées à ses complexes de petit homme juif, enfant d’immigrés, arabe, malingre, courtaud, laid, peu viril et sans doute pas très clair sur son orientation sexuelle. Un homme pétri d’angoisses et de mal être, qui rêve d’une France blanche, catholique, conquérante, dominatrice, hégémonique, colonialiste, glorieuse, monarchiste, impériale, quasi militaire. Une France inamovible qui n’existe que dans les livres d’Histoire qu’il a mal lus. Et dans les fantasmes des nationalistes les plus aigris.

Mais peut-on pénaliser l’aigreur ? Le ressentiment ? La haine ? Dans le cas de Zemmour, il faudra aux juges prouver que ses propos tenus lors de cette convention nationaliste constituaient d’objectives contraventions au droit.

Que Zemmour soit nuisible, c’est une évidence. Parce qu’il sert de porte-voix et de caution (intellectuelle) à ceux qui n’ont pas la capacité de réfléchir ni d’exprimer leur haine autrement que par des éructations.

Quand Zemmour affirme : « Les musulmans doivent choisir entre l’Islam ou la France ! », il ne fait pas que réduire le débat sur l’islamisme à un chantage simpliste, selon une logique identitaire et non politique. Il empêche à celui-ci de se poser de façon sereine, claire, exhaustive et objective. Et il résume par cet amalgame implicite l’alternative pour les Français de confession ou de culture musulmane à un choix impossible et radical entre leur religion ou leur appartenance à la nation. Une manière d’offenser l’autre en l’adjurant de choisir entre soi-même et soi-même. Une forme de jalousie mimétique qui refuse à l’autre toute altérité sinon dans la conformité ou l’exil.

Sur le fond (et c’est bien la perversité de ces raccourcis), Zemmour n’a pas entièrement tort. Pour les islamistes, notamment très clairement pour les Frères musulmans, l’appartenance à l’Oumma (la communauté de croyants) est incompatible avec une quelconque nationalité civile. Ils considèrent le fait d’être musulman comme une sorte de « supranationalité » conçue comme supérieure à toute autre appartenance nationale. En conséquence, la charia prévaut toujours sur le droit national. Ce qui pose un grave problème institutionnel, statutaire, juridique, et non seulement identitaire ou éthique, si on veut appliquer ce principe à la lettre comme le souhaitent les islamistes.

Sauf que tous les musulmans français ne raisonnent heureusement pas ainsi. Et ne tombent pas toujours dans le chantage exercé par les islamistes, dont celui de Zemmour n’est que le négatif.

Même s’il est vrai que beaucoup de jeunes des quartiers issus de l’immigration, qui peinent à se définir entre un pays d’origine qu’ils ne connaissent même pas (et qui souvent les méprise) et une France qui les rejette ou les montre du doigt, sont facilement séduits par les sirènes islamistes qui viennent leur chanter que leur véritable identité c’est d’être des « musulmans », de redresser la tête et de s’afficher comme tels, à l’inverse de leurs parents « soumis« , et de rendre à cette France colonialiste, arrogante et raciste, les humiliations qu’elle leur a fait subir.

C’est une évidence mais il faut le rappeler : Zemmour et le FN ne font que renforcer l’islamisme et cautionner son discours de haine de la France. Tout comme les discours et les provocations des islamistes contre la France, la République ou la laïcité ne font que justifier et renforcer les discours de haine extrémistes.

Mimétisme. C’est le mot qui résume cette fascination-haine réciproque entre les islamistes et les extrémistes.

Zemmour n’est que le produit de ce piège mimétique qui enferme dans des identités tronquées, fermées, relatives, hostiles, symétriques et concurrentes l’une de l’autre. Il incarne une identité négative, réactive. Tout le contraire de ce dont la France aurait besoin aujourd’hui.

Tout comme le discours victimaire dans lequel les islamistes voudraient enfermer les musulmans se nourrit de la concurrence victimaire à l’égard d’autres minorités, surtout les Juifs envers lesquels ils nourrissement un antisémitisme radical, et la haine qu’ils cherchent à entretenir chez les musulmans victimisés contre l’Etat accusé d’être un oppresseur islamophobe, les discours victimaires de l’extrême droite destinés à capter les ressentiments populaires et à les diriger contre « le système », les élites et son bouc émissaire favori – les musulmans – se nourrit d’une concurrence victimaire entre « les musulmans » et « les immigrés », accusés (à juste titre) d’être choyés par les élites politiques et médiatiques « islamo-gauchistes », et « les Français », ou de plus en plus implicitement les catholiques, crispant ainsi les oppositions et rivalités autour d’affirmations identitaires et communautaires.

Il faut le rappeler sans cesse : le seul socle identitaire et éthique commun qui puisse permettre de fédérer tous les Français dans une identité et un sentiment d’appartenance commun à une même nation, mais aussi de tenir face aux assauts conjoints des nationalistes et des islamistes, c’est la République.

La République, rien que la République, toute la République.

Réaffirmer, revisiter, réinterpréter nos valeurs. Car elles sont vivantes, organiques, et non stériles. Positives et non réactives. Humanistes et universalistes, et non refermées sur une identité passéiste, étriquée, mythique.

Faut-il assimiler antisémitisme et antisionisme ?

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Épineuse, très épineuse question !

La volonté d’assimiler l’antisionisme à une forme déguisée d’antisémitisme se justifie aujourd’hui pleinement. Beaucoup d’antisémites se cachent derrière un « antisionisme » revendiqué, non seulement pour critiquer la politique d’Israël mais aussi pour verser dans des généralités concernant tous les Juifs (« les sionistes ») accusés de tous les mots habituels : vouloir accaparer le pouvoir, les richesses, tenir les rênes de la finance mondiale, manipuler tous les dirigeants occidentaux, renforcer les inégalités, créer des injustices envers les plus pauvres, les minorités ethniques ou religieuses, entreprendre des guerres de conquête et asseoir leur domination sur des populations incapables de se défendre.

Bien évidemment ceux qui utilisent le plus fréquemment ce paravent de « l’antisionisme » sont les musulmans et les pays arabes ou islamistes qui justifient ainsi leur haine d’Israël mais aussi des Juifs. En tête l’Iran et sa rhétorique anti-Israël. Et ses vassaux ou ceux qui bénéficient de ses largesses, Hezbollah et Hamas notamment. Mais aussi d’une façon ou d’une autre à peu près tout le monde arabe ou musulman. Même ceux qui comme l’Arabie saoudite sont des partenaires économiques de premier plan de l’état hébreu mais subventionnent aussi largement les organisations terroristes sunnites hostiles aux « sionistes » et aux « croisés ».

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Cette rhétorique antisioniste a de nombreuses composantes. Chez les peuples musulmans elle s’enracine dans un antijudaïsme offensif qui remonte au Coran. Même dans les empires islamiques où Juifs et Chrétiens étaient accueillis et protégés sous le statut de dhimmis, les Juifs avaient toujours un rang inférieur. Certaines professions ou fonctions de haut rang, politiques, militaires, sociales ou économiques leur étaient interdites. Un Juif ou un Chrétien ne pouvait dominer ou commander un musulman. Sauf à de très rares exceptions dans le royaume d’Al Andalus.

L’antisémitisme plus politique intra-islamique s’est considérablement accru avec l’apparition des idéologies islamistes au 20e siècle. Celle de la Confrérie des Frères musulmans, qui a inspiré à peu près tous les régimes islamistes de l’Iran khomeyniste à la dictature d’Erdogan en passant par le FIS algérien ou l’Ennahdha tunisien, s’inspirait au départ du salafisme mais aussi du nazisme, puis du léninisme. Les fondateurs de la Confrérie, comme le grand mufti de Jérusalem dans les années 1930/40 pressé de demander aux nazis de l’aider à « se débarrasser de ses Juifs », entretinrent des liens très étroits avec Hitler.

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Adolf Hitler recevant le grand mufti de Jérusalem à Berlin

La rhétorique des Frères musulmans est toujours caractérisée par un profond antisémitisme. Pire, leur stratégie de conquête du monde est aussi fondée sur une obsession mimétique à l’égard des Juifs. Le mythe d’une élite financière juive dominant le monde depuis le 20e voire le 18e siècle est une projection typique de l’idéologie conquérante des Frères musulmans qui entendent instaurer un califat mondial et dominer le monde.

Dans les pays comme la France où les Frères musulmans sont déjà profondément implantés, leur stratégie pour faire main basse sur l’Islam et les musulmans, infiltrer tous les rouages de la société, accroître leur influence et leur représentativité, passe par une victimisation systématique des musulmans, et des discours qui s’apparentent à ceux de la lutte contre le racisme ou l’antisémitisme.

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Les islamistes français sont sans cesse engagés dans une concurrence victimaire et n’hésitent pas à récupérer de façon ignominieuse certains symboles des persécutions historiques contre les Juifs. Ainsi la montée d’une « islamophobie » fabriquée de toutes pièces dans les médias et la situation des musulmans aujourd’hui dans la société française sont comparées sans complexe à celle des Juifs dans l’Allemagne nazie ou dans la France d’Occupation. Durant la manifestation islamiste du 10 novembre à Paris, l’étoile jaune, signe de discrimination infamant imposé aux Juifs, fut récupérée et détournée en étoile islamique puis distribuée sous forme de stickers flanqués du sigle « MUSLIM » (comme « JUDE ») par des propagandistes du CCIF.

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Bien sûr le discours officiel des islamistes français est de dénoncer « toutes les discriminations, y compris l’antisémitisme ». Dans la réalité leur antisémitisme prend les traits d’une surenchère victimaire mimétique permanente.

Cet antisémitisme musulman ou islamiste déguisé en « antisionisme » trouve bien sûr un écho dans les banlieues depuis que le conflit israélo-palestinien s’est en partie importé dans les quartiers. Les jeunes musulmans des banlieues sont très souvent antisémites. La violence latente à l’égard des Juifs y est permanente. Beaucoup de familles juives originaires de quartiers « islamisés » sont obligées de partir vivre ailleurs.

Ces jeunes sont aussi gavés de discours et de modèles qui exaltent la haine, en particulier la haine des mécréants, des Blancs, ou des Juifs, comme de discours valorisant l’insoumission, la rébellion, la guérilla urbaine ou l’insurrection. Que ce soit au travers de textes de rap écrits par des stars hexagonales, souvent des musulmans, ou d’autres discours fondés sur la haine de l’autre, des nantis, des pourris, des exploiteurs, donc des « sionistes ».

Rares sont les imams des mosquées et les prêcheurs improvisés qui font quelque chose pour dissuader cet appétit. Taper sur les Juifs est facile et souvent impuni. Les clichés sur le djihad et les terroristes sont très appréciés. Ils constituent pour ces jeunes désorientés ou en quête de modèles masculins des sortes de héros, des têtes brûlées, des Robin des bois jusqu’au-boutistes frondant tous les ordres et toutes les lois.

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L’antisionisme des jeunes de banlieue fait non seulement office de ciment et de rhétorique communautaires, il participe aussi d’une culture de la provocation et du franchissement des limites. En France se dire antisémite est mal, condamnable, inacceptable. Alors ces jeunes contournent l’interdit en adoptant un langage « antisioniste » fondé sur la haine d’Israël, la condamnation des crimes de Tsahal à Gaza, systématiquement comparé à Auschwitz, la valorisation parallèle des « armées de résistance » que sont à leurs yeux des organisations terroristes comme le Hezbollah ou le Hamas, voire Al Qaeda ou Daesh.

Ces jeunes sont d’ailleurs souvent très friands de sites complotistes, révisionnistes, antisionistes voire ou franchement antisémites d’extrême droite. Quant aux sites islamiste, ils sont aujourd’hui les premiers pourvoyeurs dans le monde de désinformation à caractère antisémite ou complotiste.

Des auteurs notoirement antisémites comme Alain Soral, Renaud Camus (inventeur du concept de « Grand remplacement ») ou le polémiste Éric Zemmour, les sites auxquels ils contribuent, les émissions auxquelles ils participent et les blogs qu’ils animent sont très suivis par les adolescents et les jeunes de confession ou d’origine musulmane. Peu leur importe que ces auteurs tirent parfois à boulets rouge autant sur l’Islam que sur les Juifs ou d’autres cibles. Leur côté sulfureux, transgressif et interdit exerce un attrait irrésistible sur les jeunes.

L’une des personnalités presque unanimement adulées par les jeunes musulmans pétris d’antisionisme est évidemment l’ex humoriste Dieudonné. Lequel tire parti de sa notoriété pour justifier par un faux humour une propagande ouvertement antisémite, révisionniste et pro-djihadiste. Le sinistre Dieudonné est un l’ami des dirigeants du Hezbollah qu’il est allé soutenir au Liban en 2006 durant la Seconde guerre israélo-libanaise. Mais aussi des mollahs iraniens auxquels il était allé rendre visite au moment de la présidence d’Ahmadinejad. Ce provocateur antisémite plusieurs fois condamné est un modèle pour de nombreux antisémites, parmi lesquels des islamistes et des simples musulmans. Sa « quenelle », mélange de salut nazi et de bras d’honneur, et ses jeux de mots ignobles comme « shoananas » dignes de Jean-Marie Le Pen dans ses meilleurs jours sont repris allègrement par tous les néonazis et les jeunes Arabes « antisionistes ».

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Face à ce constat il paraît évident qu’il ne faut pas hésiter à condamner la rhétorique antisioniste et l’appel à la haine d’Israël (et implicitement des Juifs, comme des autres nations qui le soutiennent) au même titre que l’antisémitisme.

Toutefois les choses sont plus complexes.

On peut être philosémite, on peut être soi-même juif, voire israélien, tout en critiquant à juste titre la politique d’Israël. Notamment quand celle-ci viole le droit international, commet des brutalités quotidiennes envers des minorités, des crimes de guerre à Gaza, s’entête dans une volonté de poursuivre la colonisation des Territoires, rase des immeubles ou des villages palestiniens pour y construire des maisons juives, entretient un authentique régime d’apartheid en déniant à 30% de ses ressortissants arabes des droits égaux à ceux des citoyens juifs, discrimine et humilie au quotidien des Palestiniens qui doivent traverser les check-points pour se rendre au travail ou visiter leur famille de l’autre côté du mur.

Une politique qui nourrit la haine des Juifs, en Palestine, au Moyen-Orient et dans le reste du monde, en ne cédant rien aux injonctions du monde à plus d’humanité et de mesure.

Depuis de nombreuses années, la majorité des Juifs vivant en diaspora, notamment aux Etats-Unis, ne soutiennent plus Israël et critiquent même avec véhémence la politique conduite par la coalition d’extrême droite au pouvoir depuis 10 ans. Le lobby ultra-orthodoxe américain est toujours assez puissant financièrement pour infléchir la politique du principal allié d’Israël, mais pour combien de temps encore ?

Quant à la France et à l’Europe, bien que n’étant pas « antisionistes » elles entretiennent des liens autant avec Israël que les pays arabes. Ces alliés se lassent de vouloir jouer les médiateurs du conflit et de voir les chances de paix se réduire comme peau de chagrin.

En outre, indépendamment de ce conflit qui s’enlise et plombe l’image d’Israël comme ses relations avec ses partenaires, on peut très bien être juif ou pro-sémite, et antisioniste.

Il existe même une frange importante des Juifs ultra-orthodoxes, les haredim, qui vivent en Israël, consacrent tout leur temps à étudier de la Torah et à élever leurs nombreux enfants mais sont antisionistes. Ils vivent des aides de l’état, sont exonérés de travail, mais passent leur temps à critiquer le pays où ils vivent et qui les nourrit. Un état laïc auquel ils ne reconnaissent aucune légitimité, et qu’ils considèrent comme une monstruosité impie. Car selon eux, seul le messie à venir pourra venir restaurer le Royaume d’Israël sur les bases du Tanakh (la Bible).

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Pire encore, il existait encore il y a peu dans l’Iran des mollahs une petite communauté de Juifs ultra intégristes. Non seulement ceux-là haïssent Israël, refusent d’y vivre, mais ils pactisent avec son pire ennemi en espérant que celui-ci détruira très vite cette verrue impie. Une façon très messianique de précipiter la venue du messie. Comme leurs homologues israéliens qui bien que vivant en Israël ne rêvent que d’une chose : dynamiter les mosquées présentes depuis 14 siècles sur le Mont du Temple. Et précipiter ainsi l’Armageddon, la bataille finale des armées de Dieu contre les légions de Satan et des infidèles. Une façon tout aussi expéditive de hâter la venue du messie et la Fin des temps.

Sans verser dans ces extrêmes, on peut tout à fait aimer Israël et ne pas adhérer au projet sioniste, qui est avant tout un projet nationaliste visant à donner une terre aux Juifs. On peut refuser de fonder l’état d’Israël et son affirmation nationaliste limitée à un peuple ou une race, un demos. Le très controversé historien israélien Shlomo Sand est l’un des intellectuels juifs les plus virulents à s’opposer au sionisme comme aux « mythes fondateurs » de l’Israël moderne.

Sans être aussi radicaux, une bonne part des Israéliens ne s’identifient pas à cette volonté actuelle des sionistes ultranationalistes israéliens de sanctuariser la nation israélienne en tant qu’état « des » Juifs et non « état juif ». Et de vouloir inscrire cette identité dans la Loi fondamentale. Selon eux, si Israël est un état juif, les autres citoyens, qu’ils soient arabes, bédouins, druzes, européens, africains ou asiatiques, doivent y avoir toute leur place et les mêmes droits que les autres. Leur conception de la nation israélienne se rapproche plus de celle des nations européennes fondées au 19e siècle à partir d’un ethos, un idéal et un système de valeurs comme « la République », que sur un ethnos, une ethnie.

C’est toute la différence qui sépare le véritable antisionisme qui est le refus d’accorder au peuple juif le droit à l’autodétermination, le droit d’avoir un pays et de le défendre, et la critique du sionisme sur la base d’un désaccord quant aux fondements juridiques et politiques de l’état d’Israël, ou à propos de la politique conduite par ses dirigeants au nom d’une conception dévoyée du sionisme.

Le sionisme est une idéologie nationaliste qui a vu fleurir beaucoup de variantes depuis l’époque de Théodore Herzl, son fondateur. Critiquer telle ou telle conception du sionisme est l’un des sports favoris de la communauté juive, en Israël et de par le monde. Il n’est pas rare de s’adresser entre Juifs des anathèmes en se traitant d’ »antisioniste ».

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Théodore Herzl, père du sionisme historique

On peut critiquer le sionisme. On doit même le faire aujourd’hui quand on est un démocrate et un humaniste.

Le sionisme actuel de Netanyahu, idéologue ultranationaliste de type messianiste, est l’exact opposé de l’idéal socialiste, inclusif, humaniste et universaliste des pères de l’Israël moderne. De 1948 à 2019, Israël est passé d’une démocratie laïque, socialiste et pluraliste à une proto-théocratie messianique, où les religieux les plus extrêmes proches du pouvoir tentent de faire évoluer un état démocratique vers un fantasme biblique régi par la Haskala (la loi juive). Le symétrique exact des pays totalitaires islamistes dirigés par la charia.

L’extrême gauche communiste et internationaliste y a toujours été opposée au sionisme. Ses avatars pacifistes comme Shalom Archav (La Paix Maintenant) ont toujours combattu la politique extérieure d’Israël et pris franchement le partis de la minorité palestinienne, quand ils ne trouvent pas des vertus aux ennemis du Hamas. Ses avatars contemporains y compris en France défendent une politique résolument antisioniste et pro-arabe.

Pénaliser l’antisionisme en tant que tel en l’assimilant uniformément à l’antisémitisme risquerait donc de brouiller encore plus le regard. Cela risquerait aussi de sanctuariser le sionisme actuel en lui conférant une forme de légitimité juridique, ce qui n’est ni le but ni la compétence de la loi française.

Sans doute y a-t-il d’autres façons plus pertinentes de pénaliser les formes d’antisémitisme qui se cachent derrière un discours antisioniste.

Bien entendu la perversité des discours antisémites déguisés en antisionisme est de se justifier en rappelant qu’on a le droit de critiquer un état. Pénaliser l’antisionisme reviendrait à sanctuariser Israël et à interdire toute critique du régime ou de sa politique au motif que cela constituerait une haine des Juifs. Absurde.

Il faut pourvoir continuer à critiquer, Israël, ses dirigeants, leur politique et peser sur eux, sans pour autant être accusé d’antisémitisme, et tout en soutenant le droit à l’existence et à la sécurité pour Israël. Une attitude de non-alignement.

Assimiler la critique d’Israël à de l’antisémitisme c’est précisément que Netanyahu n’hésite pas à faire quand il joue sur les peurs pour appeler les Juifs de France à faire leur Alya en Israël afin d’échapper à « la recrudescence de l’antisémitisme ». Comme si l’Etat français était complice de cette recrudescence, ou qu’il ne faisait rien pour défendre lui-même ses citoyens juifs.

De la même façon on doit pourvoir critiquer le judaïsme comme l’Islam ou toute autre religion. Surtout dans une République laïque.

Il ne s’agit donc pas de créer un délit de blasphème antisioniste ou antijudaïque au motif d’étendre la définition juridique de l’antisémitisme.

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Alors que faire ?

Le Parlement européen avait adopté en 2017 cette définition de l’antisémitisme :

« L’antisémitisme est une certaine perception des Juifs qui peut se manifester par une haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme visent des individus juifs ou non et/ou leurs biens, des institutions communautaires et des lieux de culte. »

Il faudrait y ajouter « des manifestations politiques« . Et à « institutions communautaires et lieux de culte », ajouter « et à l’état d’Israël ».

Il conviendrait par ailleurs de préciser que l’antisémitisme ou la haine des Juifs « peut » se dissimuler derrière un discours antisioniste, d’une critique d’Israël servant à le justifier, d’une obsession et d’une désinformation systématique concernant Israël, sa politique extérieure, les sionistes ou leur volonté hégémonique fantasmée.

On ne combat pas l’islamisme en agitant des principes ! – L’Etat, les religions et l’argent

Mis en avant

Tout individu a des croyances, des valeurs, des convictions. Toute société également, qui les sanctuarise en énonçant des principes communs.

Les principes sont essentiels, mais ils ne servent pas à combattre. Quant une société est attaquée, elle ne combat avec pour arme ses principes, sinon comme une métaphore. Une société qui entend se défendre combat « AU NOM » de ses principes, mais « avec » des moyens adaptés à l’adversaire, à l’enjeu, à l’époque.

Certains qui voudraient sincèrement combattre l’islamisme se contentent d’ânonner des principes comme on invoque la protection divine. Parfois ils se contentent d’exhortations, de vociférations, d’exaspérations.

L’affectif et l’éthique font mauvais ménage. On ne pratique pas le bien, on ne défend pas la justice, la vérité ou le droit en s’agitant ni en étant le jouet de ses affects.

La rhétorique non plus ne suffit pas à réduire en poussière un adversaire déterminé à envahir un territoire. On ne défait pas une armée en hurlant à son général : « Je vous demande de vous arrêter ! »

Comme tout fin stratège avant de livrer bataille, les vrais républicains qui partent en guerre contre l’islamisme prennent le temps de fourbir leurs armes. Pour combattre une idéologie qui s’appuie sur un réservoir de 1,8 milliard de musulmans dans le monde (soit un terrien sur quatre) et 8,5 millions de citoyens en France, il faut plus que des convictions, du bagou et de l’audace. Il faut du sens tactique et des moyens.

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Si l’on veut RÉELLEMENT combattre l’islamisme il ne faut pas en rester au niveau des principes. Il faut faire preuve de pragmatisme. Viser l’efficacité et la victoire, pas la suprématie verbale. Sinon on risque de ne défendre qu’une citadelle imaginaire, pas une société réelle.

Les islamistes ne sont pas des combattants qui poussent des grands cris pour annoncer leurs assauts. Au contraire ils font profil bas, se taisent, mentent sur leurs intentions réelles, montrent patte blanche, font mine d’être de bons citoyens loyaux et respectueux du droit. Puis ils se déguisent en sauveurs des victimes imaginaires qu’ils prétendent vouloir protéger, à la fois pour se les approprier et désigner des coupables : l’extrême droite, le colonialisme, les blancs suprémacistes, la France qui méprise ses minorités, l’Etat qui stigmatise tous les musulmans par des lois « liberticides »…

Ils falsifient alors nos principes pour les retourner contre nous. Liberté, égalité, fraternité, démocratie, laïcité, droits de l’homme, justice sociale, défense des faibles et des minorités, émancipation des jeunes, féminisme… Aucune de nos valeurs républicaines n’est épargnée.

Pour démonter leur rhétorique il faut connaître l’adversaire, ses méthodes, et faire preuve d’un discernement constant.

Mais pour engager la bataille, on serait bien inconscient de se limiter à celle des idées.

Il y a le djihad juridique qu’il faut contrer. Et devancer en attaquant les islamistes retranchés dans les organisations musulmanes, les associations locales, les écoles, les universités, les listes communautaires aux élections, les partis politiques, les assemblées, les ministères, les syndicats, les entreprises, les administrations, les clubs sportifs, les services d’ordre… C’est un immense travail qui requiert du temps, des moyens humains, logistiques et financiers.

Et puis il y a tout un travail d’encadrement, de surveillance, d’organisation et de régulation à mener dans les mosquées, les associations et les écoles islamiques, les organismes chargés de former les imams, les éditeurs de supports physiques ou numériques à caractère religieux, les médias communautaires, les sites internet, les réseaux sociaux… Qui doit s’en charger ? Au nom de quoi ? Jusqu’où ? Et comment ?

Or que ça plaise ou non aux idéalistes, le vrai pouvoir aujourd’hui c’est l’argent.

Ce n’est pas à des organes privés de mener ce combat. Si l’Etat ne consacre pas beaucoup beaucoup d’argent à ces objectifs, autant donner tout de suite les clés du pouvoir aux islamistes.

De l’argent il en faut notamment pour exercer le rôle d’arbitrage, d’encadrement, d’organisation et de surveillance des cultes. Des missions qui ont toujours fait partie, n’en déplaise aux laïcistes, des fonctions régaliennes. Une partie du budget du Ministère de l’Intérieur et des administrations qui en dépendent est affectée à ces tâches.

Comme le rappelle le site du Sénat dans une note de synthèse publiée aujourd’hui même : « Si la séparation implique théoriquement l’interdiction de toute subvention, directe ou indirecte, en faveur d’une communauté religieuse, ce régime de séparation est loin d’être absolu. »

Pour faire ou défaire, l’argent reste le nerf de la guerre.

Les islamistes, eux, l’ont bien compris, qui pratiquent un entrisme financier et économique autant que social et politique. Eux qui s’appuient sur une finance islamique qui est l’une des plus puissantes au monde avec 2500 milliards de dollars d’en-cours, dont un tiers détenu par l’Iran et 20% par l’Arabie saoudite.

Entrisme financier ? En France comme ailleurs en Occident les islamistes infiltrent les organismes financiers, les banques, les compagnies d’assurances, prennent des participations dans le capital des multinationales, des industries du pétrole, de l’énergie, du bâtiment, du luxe, de la culture et des médias, des industries du divertissement, des clubs de foot…

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En France ils ont trusté tout le marché du halal, une source de revenus colossaux, autant qu’un outil d’emprise idéologique sur les consommateurs musulmans. La myriade d’associations qu’ils créent chaque jour perçoivent des subventions de pays frères via des organisations islamistes « caritatives » comme Qatar Charity.

Elles ne s’arrêtent pas là. Sous couvert de proposer des loisirs, des services sanitaires, d’éducation ou sociaux, ces associations attirent les jeunes des quartiers pour les endoctriner. A cette fin, elles détournent les subventions allouées par les mairies, les collectivités territoriales ou l’Etat en se déguisant en œuvres de charité, en écoles, en associations culturelles ou en clubs sportifs. Des méthodes utilisées partout par les Frères musulmans pour recruter, infiltrer et conquérir le pouvoir.

Lingots_0_730_486Face à cette stratégie de grande envergure déjà très développée en France, nos petits laïcistes montés sur leurs ergots de 1905 qui prétendent combattre l’hydre islamiste avec des tapettes à mouche font figure d’agités utiles, de Don Quichotte de la laïcité lancés contre des moulins à vent.

Leurs « victoires », quand ils arrivent à pointer du doigt une allocation ridicule, l’utilisation d’un local de mairie pour une bar mitzvah ou d’une salle universitaire pour une quelques étudiants religieux sans contrepartie financière, relèvent de l’obstination pitoyable de morpions accrochés à leur poil pubien.

Quand l’État pour une fois joue son rôle d’arbitre en se mêlant d’affaires religieuses afin de faire reculer l’islamisme, alors ils crient au loup et prennent des poses de moralistes offusqués. Parce selon leur conception pathétique de la laïcité, l’État n’a pas à se compromettre en fourrant son museau dans la fourmilière des calotins.

Soyons raisonnables. Et surtout pragmatiques.

Face à l’ampleur des dangers qui nous menacent, il faut mobiliser des moyens et des énergies idoines.

La loi de 1905 pas plus que la laïcité ne sont des absolus indépassables en soi. La loi est faite pour l’homme et non l’homme pour la Loi. Même si elle est un principe central de la République, la laïcité est faite pour organiser la vie en société, non pour orienter la société vers la vénération de la déesse Laïcité.

L’Idéal républicain lui-même n’est pas un absolu indépassable ou une divinité. Ses principes ne sont ni des totems ni des tabous. La Concorde républicaine n’est pas une momie figée. Le débat démocratique a pour finalité d’en actualiser le sens et les modalités d’application pratique, selon les évolutions politiques, sociales, éthiques, les enjeux et priorités de l’époque. Et pour cela il convient de faire évoluer le droit, d’accorder la façon de l’appliquer et les modes d’exercice des différents pouvoirs aux défis du temps.

Un exemple de tabou à faire sauter. La loi de 1905 précise que « l’État ne finance aucun culte« . Ce principe répond à celui de « séparation des églises et l’État » (qui est le titre de la loi). Mais aussi à une volonté de ne pas obliger l’État et les contribuables à subventionner les cultes. Conformément à la liberté de conscience, l’État se limite à une neutralité en n’obligeant pas des citoyens agnostiques ou d’une autre religion à financer telle religion contre leur gré. Dans d’autres pays européens comme l’Allemagne chaque contribuable verse un impôt annuel destiné à la religion qu’il souhaite. Ce qui semble plus égalitaire, mais qui scandaliserait tout intégriste de la laïcité pour qui la religion c’est le Diable, la vérole ou la peste noire.

Appliqué à l’entrisme islamiste, et à un premier niveau d’analyse, il est tout à fait conforme au principe de laïcité entendu comme l’interdiction de tout financement public au bénéfice d’une religion de dénoncer l’octroi de subventions publiques à une organisation cultuelle ou religieuse.

Depuis 1802 et jusqu’à 1905, le service des cultes était, par l’existence du Concordat, un service public. Comme n’importe quel autre service public, il bénéficiait de crédits alloués par une loi budgétaire votée par le Parlement.

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Il n’est pas question de revenir en arrière. Toutefois, dans les faits l’État subventionne de différentes manières et depuis fort longtemps les différentes églises.

Un seul exemple, la quasi-totalité des édifices religieux autrefois propriété de l’église catholique ont été expropriées à la Révolution et appartiennent aujourd’hui au patrimoine national. Elles sont mises à disposition des églises pour le service du culte. Leur entretien est à la charge de l’Etat en tant qu’éléments du patrimoine culturel.

Autre exemple : les écoles catholiques, protestantes, juives, islamiques ou autres sous contrat avec l’Education nationale reçoivent de l’Etat des subventions pour organiser l’enseignement et payer leurs enseignants, laïcs ou religieux. Leurs cursus comprennent souvent des cours d’instruction religieuse et des heures consacrées à la prière, la rencontre de religieux chargés de l’encadrement, etc…

L’Etat étant en partie le payeur, le garant du système éducatif et de la protection des jeunes, il serait inconcevable qu’il ne mette pas son nez dans les programmes, qu’il ne s’enquiert pas du curriculum des professeurs et du type d’enseignement qu’ils délivrent à leurs élèves. Comme de la conformité des programmes avec les directives de l’Education nationale, du nombre d’heures de cours consacrées à l’apprentissage du français, des maths, de l’Histoire, mais aussi à l’instruction civique.

L’Etat dispose d’un droit de regard quant aux enseignements, aux matières, aux contenus et aux méthodes pédagogiques, aux professeurs habilités à les délivrer, aux proviseurs, surveillants et toute personne en contact avec les élèves. Idem pour les universités.

Quant aux établissements privés qui ne sont pas sous contrat, ou aux enfants dont les parents choisissent de surseoir eux-mêmes à leur enseignement, l’Etat aussi a un droit de regard et ferait même bien de l’exercer avec un peu plus d’étroitesse et de contrainte le cas échéant.

A un second niveau d’analyse, l’islamisme dispose au plan mondial de ressources suffisamment importantes pour que des organisations islamistes nationales ou même locales puissent se passer de subventions.

Qui plus est, ce n’est pas l’annulation d’une subvention annuelle de quelques milliers d’euros à un club de foot, un groupe de musique ou une association de soutien scolaire dirigés par des islamistes qui les empêchera de les faire fonctionner et d’attirer des jeunes pour les endoctriner. Il n’y a qu’à voir comment l’État lui-même a délégué la gestion de certaines banlieues au Qatar ou à l’Arabie saoudite pour s’en convaincre.

Oragroup-et-la-finance-islamique_ng_image_fullEn revanche, si l’État n’investit pas massivement pour développer et désenclaver les banlieues, éduquer, former et encadrer les jeunes menacés de récupération idéologique ou de radicalisation, il fait défaut à ses missions.

Ces missions passent par un encadrement plus étroit de toute organisation à caractère identitaire ou religieux. L’Etat n’a pas craindre de se salir les mains ou d’outrepasser ses prérogatives.

Cela au nom d’impératifs catégoriques comme l’unité et la sécurité de la nation, la protection des citoyens les plus vulnérables contre des dérives sectaires et une idéologie politique qui menace leur intégrité et leurs droits. En particulier les femmes, les mineurs, les minorités ethniques ou sexuelles.

Si cela doit nous conduire à réviser notre conception de la laïcité au nom d’un principe plus grand comme la défense la démocratie et de la République en guerre contre l’islamisme, il n’y a aucune hésitation à avoir. Au contraire, nécessité fait loi. On ne peut que se féliciter d’avoir été prévoyants et non obtus.

S’agissant de la réforme indispensable du culte musulman toujours repoussée, l’État doit agir urgemment, et ne pas se laisser dicter ses lois par un maquis d’organisations islamistes déterminés à faire plier la République à son agenda.

Quant au budget alloué à ces missions, il est essentiel de bien préciser que celui-ci n’a aucunement pour objectif de financer le culte musulman, encore moins de subventionner l’islamisme. Mais au contraire de lutter contre ce fléau en précisant les règles de fonctionnement et en défendant la République.

Le financement du culte doit toujours être en principe de la responsabilité des fidèles concernés. Même si dans les faits les choses sont beaucoup plus complexes.

Si l’État consacre des moyens humains, logistiques, financiers pour lutter contre les dérives sectaires et assurer un exercice des cultes conforme au droit en remplissant ses missions d’arbitrage, cela a un coût. Il serait naïf de croire que depuis 130 ans l’organisation des cultes qui fait partie des missions régaliennes assurées par le Ministère de l’Intérieur n’a jamais coûté un centime à la collectivité.

Il faut faire preuve de raison, voir la réalité en face et répondre aux enjeux avec un souci de réalisme, de cohérence et d’efficacité.

Les idéalistes et les fanatiques de tous poils sont les pires ennemis de la République.

Ces salafistes de la laïcité, alliés implicites des islamistes

Mis en avant

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La laïcité à la française est l’objet d’attaques de toutes parts. Ses adversaires les plus sournois ne sont pas toujours ceux qu’on croit.

Les religieux voudraient en limiter l’expression, rogner sur des principes et des lois qu’ils jugent « liberticides » quand elles ne coïncident pas avec leur vision licite de la liberté ou de la société. Certains contestent des avancées sociétales et juridiques majeures comme le mariage pour tous ou l’ouverture des PMA aux femmes célibataires et aux couples de lesbiennes, au motif que ces initiatives imprudentes constitueraient des ruptures anthropologiques majeures, qu’elles trahiraient l’ordre naturel des choses, des modèles universels, sinon l’Ordre divin inscrit dans une « Nature » plus fantasmée que réelle.

Les islamistes contestent le principe de laïcité, résolument incompatible avec leur conception de la société fondée exclusivement sur l’Islam. De tous temps et en tous lieux les sociétés islamiques ont pourchassé et persécuté ceux qui prétendaient fonder l’autorité, le pouvoir et le libre arbitre sur la raison. L’islam est une société qui ignore le principe d’Etat de droit, la liberté religieuse, qui réfute toute Autorité qui ne viendrait pas d’Allah, de la seule révélation licite – l’Islam – inscrite dans le seul livre sacré : le Coran.

Ces sociétés fondées sur l’Islam criminalisent le blasphème et l’apostasie. Elles réfutent tout principe égalitaire entre hommes et femmes, entre fidèles et mécréants. Elles instaurent des liens de soumission, de contrainte ou de domination arbitraire. Des hommes vis-à-vis des femmes. Des musulmans vis-à-vis des infidèles réduits à un statut d’infériorité sinon en esclavage. Les excluant de certaines professions, des fonctions honorifiques ou politiques, de portions du territoire réservées aux seuls musulmans, et les soumettant à un impôt lié à leur statut de dhimmis qui leur autorise d’être tolérés au sein de la société, sans jamais faire partie de la communauté des croyants.

Inspirées par cette tradition islamique, les islamistes sont aussi les promoteurs d’une idéologie religieuse et politique qui vise ouvertement à combattre la démocratie, les valeurs de l’Occident, le pluralisme et les libertés démocratiques. Qui s’infiltre dans toutes les strates de la société et tous les réseaux de pouvoir grâce à une stratégie d’endoctrinement des populations musulmanes et d’entrisme, dont le but ultime est l’instauration d’une théocratie islamiste en lieu et place de la République et la conquête du monde.

Pour réaliser cette stratégie les islamistes combattent ou dénaturent une conception de la laïcité sensée pourtant promouvoir les libertés individuelles, au premier rang desquelles la liberté de conscience et de culte. Dans le même temps ils instrumentalisent, interprètent, subvertissent les principes républicains et les déforment pour imposer leurs vues au nom d’une conception des libertés religieuses absolutiste, illimitée, ignorante de la cohérence éthique qui articule entre eux ces principes.

Ainsi ils s’approprient le principe de laïcité, lui faisant dire le contraire de l’esprit qui le fonde, afin de le retourner contre l’authentique conception républicaine de la laïcité et contre l’intégrité de la République elle-même. La liberté de conscience réinterprétée par les islamistes devient ainsi le droit au communautarisme, le droit de chacun à exercer sa religion comme il l’entend, sans se voir imposer de quelconques limites qui seraient aussitôt interprétées comme une stigmatisation, une persécution, un refus de l’autre et de la différence contraires aux droits humains.

Pour combattre les éléments restrictifs ou coercitifs de la laïcité, les islamistes ont ainsi développé une rhétorique victimaire très éprouvée qui trouve un appui dans les discours en vogue sur la défense des minorités, contre le racisme, l’oppression postcoloniale, l’antisémitisme, la xénophobie, l’homophobie, les revendications communautaristes ou catégorielles, notamment celles qui visent à faire progresser les droits des femmes, les droits LGBT, les droits des minorités ethniques ou religieuses, etc…

Ces revendications qui s’appuient parfois sur un discours égalitaire et victimaire, ont servi de matrice pour concevoir le concept rhétorique et politique d’islamophobie. Lequel ne correspond à aucune réalité objective mais s’avère très efficace pour porter les revendications islamistes au travers d’un discours audible et qui rencontre les préoccupations démocratiques de ceux qui luttent pour la justice sociale, contre les vestiges d’une société blanche et oppressive, qui stigmatise, discrimine, persécute, violente selon les critères habituels de la domination ou de la désignation de boucs émissaires.

L’un des principes centraux de la laïcité, la neutralité de l’Etat à l’égard des religions, est parfois célébrée comme bienveillante, utilisée et exploitée pour développer une propagande et un agenda sous-terrains. Tant que l’Etat ne se mêle pas de religion, qu’il ne contrarie pas des initiatives pour faire reculer les lignes symboliques, réduire le périmètre juridique et les discours admis qui circonscrivent les libertés religieuses, tant qu’il ne devient pas évident que ces revendications islamistes entrent en conflit avec la République, notre conception du vivre ensemble, d’une société unie, ou qu’elles n’entravent pas les autres libertés, les islamistes s’en prennent à l’extrême droite identitaire plutôt qu’à l’Etat.

Un tournant a été franchi avec la manifestation islamiste du 10 novembre, durant laquelle l’Etat a clairement été désigné comme le responsable de « l’islamophobie » et l’instigateur d’une « persécution » dont seraient victimes les musulmans.

Ce « racisme anti-musulmans », cette « stigmatisation permanente » aussi dramatique que fictive, les islamistes du CCIF n’ont pas hésité à la comparer aux persécutions dont furent victimes les Juifs sous le régime de Vichy. Pour contester la laïcité et faire plier la République, les islamistes jouent ainsi sur un registre strictement affectif et symbolique, ils épuisent les ressources rhétoriques jusqu’à faire un chantage odieux à la shoah des musulmans.

Pourtant l’Etat ou plus exactement les pouvoirs publics sont les alliés objectifs des islamistes. Car si le pouvoir politique et administratif est engagé depuis de longues années dans la lutte antiterroriste, il semble malgré beaucoup d’effets d’annonce et quelques mesures insuffisantes que la lutte contre la radicalisation et les dérives sectaires liées à l’islamisme ait pris un sérieux retard.

On peut même dire que l’Etat ne fait rien pour contrer véritablement la volonté d’endoctrinement, d’entrisme et de destruction de la société engagée par les islamistes.

Depuis sa création par Lionel Jospin au début des années 2000, le projet d’un « Islam de France » opposé une présence anarchique des islams en France n’est demeuré qu’un vœu pieu. Toutes les instances supposément représentatives des différentes composantes de l’Islam en France sont directement ou indirectement aux mains des islamistes. Elles ne représentent peu ou prou que la mouvance ultra-orthodoxe, radicale, fondamentaliste voire djihadiste : Frères musulmans, salafisme, wahhabisme, islam marocain, islam turc…

En ce qui concerne le Président Macron, celui-ci n’est ni un démocrate ni un républicain. C’est un fonctionnaire, un apparatchik du système. Défendre la République et la démocratie menacées par la montée de l’islamisme lui importent guère. Car le système est indifférents aux régimes qui gouvernent les peuples. Les dirigeants peuvent aussi bien être des démocrates, des républicains, des socialistes, des néofascistes, des dictateurs ou demain des islamistes, aucun importance pourvu que l’argent rentre.

Macron ne combat pas et ne combattra jamais l’islamisme. Le plan de « lutte contre l’islamisme annoncé tout récemment par le gouvernement n’est qu’un hoquet, un artifice, un paravent jeté en pâture au peuple. Un gage donné à l’électorat de droite. Et une façon de faire comme si l’Etat remplissait ses fonctions régaliennes. Les inaugurations de chrysanthèmes après chaque attentats ou après le décès de soldats français morts au combat n’est qu’une façon de mobiliser la pompe, de jouer sur les symboles et l’émotion.

Curieusement on n’entend jamais parler des mesures concrètes mises en place par l’Etat pour lutter contre l’islamisme, la radicalisation ou l’entrisme islamiste. Beaucoup de « machins » ont été mis en place : Observatoire de la laïcité, de la radicalisation, plan de ceci ou de cela. Mais on n’en voit jamais les résultats concrets. Les chiffres ou les sondages annoncent juste que l’islamisme poursuit sa montée inexorables. Dans les mosquée, dans les banlieues, chez les jeunes, parmi les détenus…

Pour tous ces attentats officiellement « neutralisés » avant qu’ils ne soient déclenchés grâce au « travail exemplaire des services de renseignement« , combien de nouveaux convertis à la doctrine radicale des islamistes ? Combien de Mohamed Merah, de Kouachi, de Coulibaly ou de Mickaël Harpon en puissance arpentent nos rues, nos cafés, nos centres commerciaux, nos cinémas, nos salles de concert en ruminant leur ressentiment contre la France, son islamophobie, ses injustices ? Combien de fonctionnaires, de policiers, de soldats, d’agents du renseignement, d’agents de sécurité, d’employés de centrales nucléaires, de la SNCF, d’aéroports sont en ce moment même en train de basculer dans la tentation djihadiste ?…

L’embarras palpable des autorités au lendemain de l’attentat de la Préfecture a révélé à la fois la pénétration en profondeur de l’idéologie djihadiste au cœur des institutions de la République, l’incapacité des services de Police et de renseignement à évaluer les menaces, à prévenir la radicalisation et à identifier les fonctionnaires radicalisés, et l’incompétence manifeste des pouvoirs publics pour y apporter une réponse, sinon en appelant à un concept aussi flou qu’inconsistant de « société de vigilance ». Ce sujet embarrassant a d’ailleurs aussitôt été recouvert par un déchaînement hystérique parfaitement téléguidé sur le voile.

Le voile, étendard politique, marqueur territorial mais aussi cache-sexe de l’islamisme. Depuis plusieurs décennies on tente en effet de résumer la question de l’Islam politique et la question de l’Islam tout court à celle du voile. Une façon de dévier l’attention et d’occuper l’opinion l’opinion à propos d’un « bout de tissu » sur lequel chacun peut projeter ses attentes, ses colères et ses exaspérations. Un os à ronger qui permet d’oublier les vrais problèmes : la percée de l’Islam radical en France, en particulier chez les plus jeunes, son infiltration dans toutes les couches de la société, sa présence dans toutes les sphères du pouvoir, de l’association sportive locale au Palais de l’Elysée, en passant par les partis politiques, les syndicats, les entreprises, les think tanks et bien sûr les médias.

Les médias sont en effet le principal allié des islamistes et le plus zélé. On peut estimer entre 60 et 80% la proportion des supports de la presse écrite dont la ligne éditoriale est callée sur l’idéologie islamo-gauchiste. Cette prévalence englobe la quasi-totalité des news magazines français (mis à part Marianne, Le Point, et L’Express dans une moindre mesure), une majorité de quotidiens, notamment les institutionnels de la Pensée unique comme Le Monde, Le Monde diplomatique ou Libération. Mais aussi, et c’est plus étonnant, des magazines chrétiens « progressistes » comme La Vie ou Le Monde des Religions. Pour les radios périphériques tout le groupe France Inter, dont France Culture (surtout) et France Info. Pour les chaînes de télé, toutes celles du service public regroupées sous la bannière France Télévision, la plupart des chaînes d’info continue hormis CNews (BFM, France Info…), TMC, C8… Et pour les médias qui n’ont d’ »indépendants »que le nom, Médiapart (La Voix de son Maître…) totalement aligné sur l’islamistophilie médiatique, HuffPost, Slate pour ne citer que les principaux.

L’Etat, les médias… Il ne faudrait pas oublier l’un des alliés tacites les plus puissants de l’islamisme, même s’il prétend le combattre frontalement : l’extrême droite identitaire et nationaliste.

En effet, si la montée de l’islamisme nourrit les ressentiments populaires et la méfiance à l’égard de l’Islam comme de l’immigration, terreau de l’extrémisme, à l’inverse la montée de l’extrême droite justifie la propagande victimaire des islamistes et leur fournit des alliés objectifs.

Comme les deux faces d’une même monnaie, extrémisme et islamisme s’enfantent et se renforcent l’un l’autre. Comme autrefois le bolchevisme et le nazisme. Ou plus récemment le néocommunisme ou l’altermondialisme et le libéralisme sauvage.

C’est cette fascination mimétique qu’il faut prendre en compte si l’on veut combattre efficacement l’Islam politique. On ne peut combattre l’islamisme au nom du nationalisme. Ou au nom d’une conception identitaire de la France. On ne peut combattre symétriquement l’islamisme et l’extrémisme car tous deux obéissent à des logiques différentes et présentent des menaces différentes pour la République. Mais on ne peut combattre l’islamisme en ignorant son frère jumeau : l’extrémisme nationaliste ou identitaire.

On ne peut défendre la République et combattre l’islamisme qu’au nom de la République elle-même. Avec ses principes et ses lois comme armes de contention ou de destruction idéologique.

Partant, on ne peut combattre l’islamisme au nom du seul principe de laïcité, lequel est aujourd’hui pris en otage par les uns comme par les autres.

Les autres, c’est la quatrième catégorie d’alliés implicites de l’islamiste : les irréductibles d’un laïcisme obscurantiste.

Ceux qui voudraient ériger la Laïcité ou l’idée dénaturée qu’ils s’en font en nouvelle déesse. Ceux qui sous couvert de défendre la République font la promotion d’une idéologie tout aussi néfaste que l’islamisme, d’une religion dont le credo est de refuser toutes les autres.

Cette religion laïciste se singularise par son intolérance, son sectarisme, son autoritarisme, sa tentation dictatoriale et totalitaire. Ce laïcisme qui est un athéisme offensif qui n’ose pas dire son nom, qui se prétend garant de la laïcité et de l’esprit de ses lois, est en réalité une secte oppressive. Une secte dont le dieu se prétend Raison mais en vérité sert une haine jalouse. Une haine dirigée contre toutes les formes de convictions fondées sur une référence à une transcendance. Pas étonnant que ces fossoyeurs de la laïcité arborent souvent en guise de signe de ralliement des symboles morbides ou satanistes : tête de mort, de diable, statue de Baphomet. Des symboles utilisés par certaines sociétés secrètes, détournés de rituels maçonniques et repris par certains complotistes ou amateurs d’occultisme.

On est loin, très loin même, de Marianne, de la Liberté guidant le peuple, de la Marseillaise ou d’autres allégories républicaines. On est loin de la vie. On est loin tout court. En tout cas, tout ce fatras n’a objectivement rien à voir, historiquement, philosophiquement ou symboliquement avec la République et sa conception de la laïcité. Ni même avec l’anticléricalisme des pères fondateurs de la loi de 1905, quel que pût être leur fondamentalisme rationaliste, positiviste, voire leur athéisme combattif.

Ces laïcistes font preuve d’une phobie obsessionnelle qui les poussent à traquer toute expression d’une religion qui empiéterait sur la sphère publique. Ces laïcistes n’obéissent qu’à des pulsions, pas à une logique. Ainsi ils somment l’Etat d’intervenir pour interdire aux religions qu’elles ne débordent leur chasse gardée. Et dans le même temps ils s’évanouissent et poussent des hauts cris chaque fois qu’une administration ou une autorité publique se mêle de religion. Attitude quasi infantile et parfaitement irréaliste puisque l’État, notamment par l’intermédiaire du Ministère de l’intérieur qui est aussi celui des culte se mêle chaque jour d’organiser les cultes sur le territoire national. Neutralité se signifie pas passivité, laisser faire ou ignorance de ses responsabilités, comme les voudraient à la fois les islamistes et leurs alliés laïcistes.

Assurément ce n’est pas à eux qu’il faut confier la responsabilité de défendre la République ou la laïcité contre les assauts de l’islamisme. La République, ils s’en tamponnent d’ailleurs ; ce qui leur importe c’est que chacun se conforme à leur idéologie et s’associe à cette traque de la calotte, de la kippa ou de la chéchia.

Leurs méthodes, leurs discours violents et excommunicateurs participent d’un fanatisme analogue à ceux des pires islamistes qu’ils prétendent combattre.

Nombreux sont les intellectuels français ou étrangers dont certains musulmans qui mettent en garde aujourd’hui la France à la fois contre le danger islamiste, et contre celui de ce laïcisme intégriste et réactif qui fait leur lit.

Ces salafistes de la laïcité sont plus proches idéologiquement de la Corée du Nord ou de la Chine maoïste que de la France de Robespierre ou d’Aristide Briand.

Par leurs méthodes et leurs excès ils sont plus conformes aux illuminés de Civitas, aux évangéliques américains ou aux djihadistes musulmans fanatiques qu’aux authentiques démocrates. La démocratie ils n’en ont cure. Ils avancent en rangs serrés et ne tolèrent aucun écart. Certes ils ne vont pas jusqu’à tuer ou commettre des attentats. Du moins physiquement. Symboliquement, le meurtre et l’excommunication font partie de leur attirail ; comme dans les procès de Moscou.

Nous nous épargnerons d’instruire un procès en citant des noms. Car il est inutile de gaspiller son énergie dans de vains combats.

Toutefois il faut bien comprendre que si l’on entend lutter avec pragmatisme et fermeté contre l’islamisme et ses dérives, il serait contre-productif de compter sur ces ayatollahs de la laïcité.

Le seul combat légitime je le répète s’appuie sur les fondamentaux républicains. Tous les fondamentaux républicains. Rien que les fondamentaux républicains. Les seuls à même de rassembler une grande majorité de concitoyens. Les seuls à même de garantir les libertés. Les seuls à même de protéger les hommes et les femmes qui font nation, qui font République, contre ceux qui veulent les diviser, les récupérer ou les détruire.

Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers ?
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers.

Tremblez, tyrans ! et vous, perfides,
L’opprobre de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leur prix

Rouget de Lisle : La Marseillaise

Ces cathos collabos qui déroulent le tapis rouge aux islamistes

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Dans la France d’Occupation le régime de Vichy n’aurait jamais pu contribuer à la Solution finale en déportant 75.000 Juifs dont 20.000 Français vers les camps d’extermination sans la participation active de Français collaborationnistes, dont hélas une part non négligeable de bons catholiques.

Aujourd’hui de nombreux catholiques, souvent membres ou proches des « élites » intellectuelles ou médiatiques, se singularisent en n’hésitant pas à soutenir ouvertement des islamistes et en relayant la propagande islamo-gauchiste qui fait la part belle aux idées corrompues des islamistes français.

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Une double trahison par rapport aux valeurs républicaines tout d’abord, mais aussi par rapport aux valeurs chrétiennes fondamentales.

Aujourd’hui les temps ont changé. Le principal danger qui menace notre République n’est pas le nazisme, ce n’est pas non plus le soviétisme, c’est bel et bien l’islamisme.

Mais à l’image de ces bons cathos qui dénoncèrent des familles juives ou aidèrent les Brigades spéciales à les pousser dans des wagons à bestiaux en partance pour Auschwitz, comme à l’image de ces intellectuels communistes qui continuèrent à soutenir Staline quand les chars russes entraient dans Prague ou Budapest, certains catholiques français font preuve d’un zèle à toute épreuve pour soutenir les « musulmans persécutés » au prix d’une complaisance sans état d’âme avec les pires islamistes.

De quoi parle-t-on ?

L’islamisme est une idéologie fondée sur une lecture fondamentaliste, rétrograde et agressive de l’Islam. Il s’attaque en premier lieu aux personnes d’origine ou de confession musulmane, qu’il cherche à endoctriner, à isoler du reste de la communauté nationale puis à retourner contre celle-ci.

L’islamisme est aussi et surtout un système de lobbying et d’infiltration politique très organisé, dont l’objectif est la conquête progressive de tous les pouvoirs, politique, économique, financier, social, administratif, syndical, institutionnel. Sa stratégie de conquête a notamment été conceptualisée par les Frères musulmans, dont le Plan a été révélé par plusieurs ex membres de la confrérie. Une stratégie reprise sur des sites de propagande destinés à mobiliser les jeunes musulmans.

Le terme islamisme regroupe de nombreux courants de l’Islam radical, certains relativement « pacifiques » prônent une coexistence non agressive de la communauté musulmane avec les pays d’accueil. D’autres plus offensifs sont engagés dans une politique de conquête discrète, patiente et progressive. D’autres enfin prônent des formes plus agressives de djihad, voire le recours au terrorisme.

Le but avoué des islamistes c’est la transformation de la France en un pays musulman, et celle de la République en une théocratie islamique.

En France l’islamisme comporte quatre principales mouvances :

  • Les Frères musulmans, majoritaires de façon directe ou indirecte dans toutes les organisations censées représenter l’Islam de France ou les musulmans français : CFCM, CCIF, Musulmans de France, LES Musulman, AMIF, Fédération pour un Islam de France…
  • Les salafistes quiétistes, notamment wahhabites
  • Les djihadistes
  • Les islamistes turcs soutenus par le dictateur islamiste Erdogan

Tous les sondages récents montrent une infiltration de plus en plus préoccupante de l’idéologie islamiste chez les personnes de confession musulmane, notamment les plus jeunes pour lesquels c’est à la République et à la laïcité de s’adapter à l’Islam et non l’inverse.

La progression de l’islamisme en France est notamment visible au travers de l’augmentation du nombre de femmes musulmanes qui choisissent de se voiler ou à qui on impose le voile islamiste.

Il faut préciser que le voile islamiste n’est ni une prescription coranique (aucun verset n’en fait mention), ni un pilier de l’Islam, ni une tradition islamique comme on le prétend souvent.

Le voile chariatique (hijab, niqab, tchador, burqa) a été inventé au cours du 20e siècle comme un uniforme religieux imposé aux femmes dans certaines dictatures islamistes où sévissent les formes les plus archaïques et rétrogrades d’Islam intégriste : Arabie saoudite, Qatar, Egypte, Iran, Afghanistan. Il s’est ensuite répandu dans plusieurs pays musulmans du Moyen-Orient, du Maghreb, d’Afrique ou d’Asie où les islamistes ont pris le pouvoir en renversant des régimes modernistes ou des dictatures militaires, certains même laïcs comme la Turquie.

Mais cette visibilité de l’Islam politique voulue par les islamistes qui ont fait du voile leur étendard et de son imposition un marquage territorial cache une progression beaucoup plus profonde dans la société française, dans ses institutions, dans les discours, les mentalités, les codes sociaux relayés par les médias.

Pour une partie importante de la gauche, la défense des musulmans est devenue au cours de ces 20 ou 30 dernières années un substitut à la lutte des classes et à la défense d’une classe ouvrière quasiment disparue.

A la lutte antiraciste de l’époque SOS Racisme s’est également substituée une nouvelle forme de lutte largement instrumentalisée par la propagande islamiste contre une nouvelle forme de stigmatisation : « l’islamophobie ».

Concept élaboré par les Frères musulmans sur le modèle de l’homophobie et des luttes LGBT, l’islamophobie des islamistes s’est réappropriée le terme anglais islamophobia apparu après les attentats du 11 Septembre au Royaume-Uni où il désignait une suspicion irrationnelle à l’égard de l’Islam. « L’islamophobie » est supposée désigner une nouvelle forme de racisme dirigé contre des personnes de confession musulmane en raison de leur appartenance religieuse.

Ce concept qui ne repose sur aucune réalité sociale ou statistique est toutefois abondamment martelé dans les médias, jusqu’à nourrir la croyance fausse que les musulmans français subiraient actuellement une véritable « persécution », que les islamistes dans une odieuse concurrence victimaire n’ont aucune gêne à comparer aux persécutions dont les Juifs furent l’objet sous l’Occupation.

Le CCIF identifie même aujourd’hui un responsable à ce phénomène, désigné comme l’ennemi des musulmans : l’Etat. Un Etat dont les lois « liberticides » (celles de 2004 sur l’interdiction du voile à l’école, et celle de 2010 interdisant la burqa, notamment) serviraient à persécuter les musulmans. Le CCIF pousse même le vice jusqu’à réclamer l’abrogation de ces lois « au nom de la laïcité » réduite à la seule liberté de conscience.

Une bonne partie de la gauche française, des écologistes à l’extrême gauche, n’a pas honte d’encourager et de s’associer à ces dérives.

Ainsi des personnalités comme Esther Benbassa (EELV), Jean-Luc Mélenchon (LFI), Clémentine Autain (LFI), Ian Brossat (PCF), Olivier Besancenot (NPA) ou Nathalie Arthaud (LO) n’ont pas hésité à participer à la manifestation du 10 novembre organisée par des organisations islamistes comme le CCIF ou LES Musulmans, des lobbyistes islamistes comme Marwan Muhammad, des prêcheurs de haines misogynes, homophobes et apôtres du viol comme Nasser Abou Anas, des salafistes, des crypto-djihadistes, des soutiens du Hamas et d’autres organisations terroristes.

Cette collusion d’une partie de la gauche et de la quasi-totalité des médias français alignés avec l’islamisme est qualifiée d’islamo-gauchisme.

Cette perversion idéologique et rhétorique a contaminé certains catholiques « progressistes », notamment certains journalistes chrétiens.

Le moindre des péchés de la gauche catholique aujourd’hui est cette confusion assez épaisse en ce qui concerne l’Islam.

Ainsi depuis que le pape François encourage dans la lignée de ses prédécesseurs la politique d’ouverture à l’Islam, les catholiques français semblent devenus incapables du moindre discernement à l’égard d’une religion parmi les plus éclectiques au monde, une religion dont les régressions fondamentalistes et politiques sont de très loin les plus violentes parmi celles qui secouent les grandes religions depuis le siècle dernier.

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Le discours de bienveillance vis-à-vis de l’Islam, doublé d’une préoccupation sociale et humanitaire à l’égard des minorités arabes ou musulmanes et des migrants menacés de stigmatisation et de paupérisation entraîne chez beaucoup de catholiques une inhibition totale des capacités de discernement intellectuel ou éthique. La défense naïve et obsessionnelle des pauvres et des opprimés prime sur tout autre impératif éthique.

Ainsi voit-on des catholiques embrouillés malgré eux dans une compassion indifférenciée pour toutes les causes sociales qui célèbrent « la différence », prennent parti pour « l’étranger » ou volent au secours des « musulmans discriminés ».

Quand cette confusion gagne des journalistes, quand elle les conduit à cautionner l’islamisme, on ne peut plus invoquer un déficit d’information ou de discernement. Car on est objectivement en face d’un cas de malhonnêteté manifeste et de complaisance assumée.

Une autre raison beaucoup moins évoquée de la complaisance de certains catholiques latins à l’égard de l’Islam en général et de l’Islam politique en particulier tient à cette fascination nostalgique des Latins pour l’Orient.

Le christianisme oriental est aujourd’hui plus que moribond. Les Chrétiens d’Orient auront bientôt totalement disparu. La plupart des communautés chrétiennes ont fui les persécutions (islamistes) dont elles faisaient l’objet. Le Moyen-Orient qui a vu naître Jésus et se développer les toutes premières communautés chrétiennes ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir, mis à part le christianisme grec orthodoxe.

Depuis la réconciliation opérée après Vatican II par le catholicisme avec le judaïsme, les catholiques se sont beaucoup intéressés aux racines juives du christianisme. Autrefois objet d’un antijudaïsme séculaire de la part de l’Eglise, le « peuple déicide » a recouvré son aura de « peuple élu ». Et le Juif est devenu une victime intouchable pour laquelle tout catholique bon teint se doit de prendre fait et cause.

Mais l’enlisement du conflit israélo-palestinien, la politique de colonisation et d’apartheid cynique d’Israël à l’égard de sa minorité arabe, les crimes de guerre perpétrés par Tsahal à Gaza, ont compliqué les relations entretenues par les catholiques avec les Israéliens.

75 ans après la Shoah, la cause palestinienne a supplanté la question juive dans l’esprit des bons cathos. Au point parfois de bénir le Hamas comme une armée de résistance contre le méchant Israël, au lieu de le condamner comme une organisation terroriste au même titre que le Hezbollah, Al Qaeda ou Boko Haram.

En outre, dans l’imaginaire catho, le Palestinien est devenu une icône contemporaine du Galiléen. Un amalgame qui n’est pas totalement sans fondement eu égard à certaines découvertes récentes en génétique et en linguistique (certains Palestiniens musulmans de la Galilée seraient des descendants de Judéens ayant fui la Judée après la destruction du Temple, sédentarisés en Galilée au 1er siècle, convertis au christianisme puis à l’Islam).

Quoi qu’il en soit, on ne peut nier que beaucoup de Chrétiens ont une affection sentimentale particulière pour les Moyen-Orientaux, les Palestiniens en particulier, parce qu’ils leur rappellent consciemment ou inconsciemment ce Jésus dont le vrai visage se dérobe toujours à leur mémoire.

Qu’en pensent les fidèles ?

Selon un sondage réalisé en 2018 par le Pew Research Center, 49 % des chrétiens pratiquants d’Europe de l’Ouest souscrivent à l’affirmation « l’islam est fondamentalement incompatible avec la culture et les valeurs de mon pays ».

Parmi les Français appartenant aux différentes confessions chrétiennes, on peut considérer que les catholiques sont les plus ouverts à l’Islam. A l’exception des minorités maronites ou melkites (des Libanais pour l’essentiel) souvent résolument hostiles à l’Islam.

Les protestants ont une attitude très différente selon qu’ils sont plutôt libéraux (très ouverts), réformés (tantôt neutres, tantôt critiques) ou évangéliques (franchement hostiles).

Quant aux orthodoxes ils sont dans l’ensemble les plus hostiles à l’Islam (mais aussi souvent très antisémites), à l’image des Patriarcats russe ou grec.

Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent (Mt 5:44)

La passion maladive et délétère de certains catholiques français pour l’islamisme est le fruit d’une de ces névroses typiques des catholiques qui leur fait idolâtrer leurs persécuteurs.

Un dévoiement complet du message évangélique assimilable au syndrome de Stockholm qui leur fait prendre fait et cause pour leurs ennemis avérés.

245 millions de chrétiens dans le monde sont aujourd’hui persécutés en raison de leur foi. Leurs principaux bourreaux sont les islamistes.

En France plus de 1000 actes anti-chrétiens ont été recensés en 2018 : agressions ou profanations de lieux chrétiens. Contre seulement 100 actes anti-musulmans.

La saturation des médias à propos des soit disant persécutions dirigées contre les musulmans est telle qu’on croirait qu’ils sont les premières victimes de la haine et des discriminations religieuses dans notre pays. C’est un pur mensonge. Les Chrétiens sont les premières victimes, notamment d’actes perpétrés par des musulmans.

Il suffit d’écouter leurs prêches ou leurs discours sur internet, les islamistes haïssent la démocratie, la République et les Droits de l’homme. Ils n’ont que faire de ces pasionarias des droits humains. Mais ils se servent habilement d’eux pour avancer leurs pions, multipliant les sourires et les amabilités « fraternelles » dans tous ces rassemblements humanistes ou très pieux dans lesquels on célèbre « l’amitié islamo-chrétienne », « l’unité des religions », le « vivre ensemble », la « tolérance » et tous ces attrape-couillons pour gogos en mal de diversité.

De même, les islamistes haïssent viscéralement les Juifs, ces « sionistes » qui pourtant les fascinent et les obsèdent dans une concurrence mimétique maladive. Tout comme ils détestent cordialement les Chrétiens, symboles d’un Occident décadent, perverti et honni. Juifs et Chrétiens sont d’ailleurs depuis les temps coraniques au mieux des dhimmis à convertir de gré ou de force, au pire des sous-hommes, des « kouffars » (infidèles) à maintenir en état de soumission voire de servitude.

Mais les islamistes sont des maîtres dans l’art du double jeu et du double langage. Et les ronds de jambe dont ils sont capables pour favoriser leur politique d’infiltration flatte ces pauvres nigauds de cathos trop heureux de célébrer l’amitié interreligieuse et interculturelle avec ces Orientaux qui mettent un peu d’exotisme dans leurs velléités compassionnelles et humanistes.

Qui sont ces cathos de gauche pro-islamistes ?

Laurent Grzybowski

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Laurent Grzybowski

Journaliste à La Vie, Laurent Grzybowski est emblématique de ces journalistes cathos de gauche, souriants, engagés, au style très scout et très « moderne » à la fois, toujours prompts à défendre une cause, même si c’est souvent de façon plus qu’approximative et au prix de sérieuses contraventions avec le devoir de rigueur intellectuelle auquel les tient en principe leur qualité de journalistes. Mais peu importe, quand la musique est bonne…

Musicien et chanteur, Laurent l’est aussi, qui n’hésite jamais à sortir la guitare pour chauffer une messe et a même publié quelques CDs de musique liturgique ou évangélique.

Maître-chanteur aussi à l’occasion, quand il s’agit de faire la promo de l’Islam et de ses potes musulmans, peu importe que leurs engagements ne soient pas toujours très raccord avec le credo républicain ni le missel chrétien.

Un petit tour rapide sur sa page Twitter suffit à cerner le personnage.

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Le 1er février dernier Laurent Grzybowski se flattait de son amitié avec Ghaleb Bencheick, le très consensuel et très poli patron de la Fondation pour un Islam de France. Un musulman très propre sur lui, surdiplômé, élégant et concélébré par tout le gotha de la cathocratie médiatique. En septembre dernier celui-ci déplorait même dans les colonnes du Point le « manque d’autorité » de la République sur l’affaire des foulards de Creil. Son père fut recteur de la Grande Mosquée de Paris, une institution de l’Islam français dont on a pu mesurer les dérives depuis que la duplicité de Dalil Boubakeur comme nouveau recteur ou comme Président du CFCM n’est plus à démontrer.

Un petit détail qui n’aura pas échappé aux vrais défenseurs de la laïcité, et non à ses fossoyeurs comme Laurent Grzybowski : selon son ami la laïcité « assure la liberté de croire ou de ne pas croire ». Une définition tronquée, réduite à la seule liberté de conscience, à laquelle voudrait nous faire croire les islamistes, et plus généralement les anti-laïques qui cherchent à l’instrumentaliser selon une vision consumériste et communautariste de la République aux antipodes de la conception française, celle d’une République une, indivisible… et assimilatrice !

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Autre morceau choisi, cet inénarrable télescopage sémantique qui associe « les musulmans » (un procédé rhétorique cher aux islamistes qui aimeraient faire croire qu’il existe en France une « communauté musulmane » alors qu’il n’y a que DES personnes fort disparates d’origine ou de culture musulmane) et « les femmes portant un foulard ». Notez l’utilisation du mot « foulard » et non « voile islamique » (ou plutôt « islamiste ») supposée banaliser le port d’un uniforme politique qui est tout sauf un « fichu » ou un « accessoire vestimentaire » mais un signe d’appartenance à l’Islam radical.

Autre détail comique : la photo sensée illustrer un propos condamnant à égalité l’islamophobie et le salafisme est justement celle… d’une salafiste.

Tout ça enrobé de l’habillage émotionnel hystérique habituel sur « la haine » des musulmans destiné à dramatiser le propos et susciter l’indignation du lecteur. Autant de gimmicks rhétoriques communs aux islamistes et aux journalistes islamo-gauchistes.

Voile

Autre succulent exemple de la mauvaise conscience de gauche et de la contrition catho pour tous les réprouvés de la terre : convoquer Einstein dans une citation sans doute imaginaire comme 95% des citations prêtées au génie. Rien de moins cette fois que d’abattre les murs de nos préjugés et de se libérer de l’ignorance.

Avec la photo d’une jeune-femme voilée et souriante pour bien enfoncer le clou et ne laisser aucun doute quant aux intentions.

Ainsi dire amen à l’islamisme serait le dernier triomphe de la Raison et du Progrès contre l’obscurantisme médiéval des suspicieux laïcards ou des racistes anti-musulmans.

Un retournement très hardi puisque c’est bien la religion, toutes les religions, qu’une certaine conception de la laïcité avait il y a un siècle voulu définitivement reléguer dans les ténèbres du mythe et de l’obscurantisme au nom de la Raison et du Progrès !

Ainsi le summum du modernisme et du combat de l’intelligence contre l’ignorance consisterait aujourd’hui à faire entrer l’une des plus archaïques religions au monde dans le Panthéon républicain.

Bravo, Monsieur l’imposteur !

Ite missa est. La messe est dite.

IFCI

Mais comme toute messe se termine toujours par une quête à l’intention d’une œuvre de charité, n’oubliez pas de donner pour nos amis musulmans !

Et notre brave héraut de l’amitié catho-islamiste de se fendre d’un tweet pour appeler les bonnes âmes à donner pour le tout nouveau tout beau Institut Français de Civilisation Musulmane (IFCI) qui vient d’ouvrir ses portes à Lyon.

Un bijou très politiquement correct et décrit comme « très ouvert » qu’on célèbre unanimement… en ayant soin d’oublier qu’il fut en majeure partie financé comme presque toutes les associations « culturelles » ou « caritatives » de cet acabit par l’Arabie saoudite, l’Algérie et autres mécènes islamistes.

Samuel Grzybowski Coexister

ProfilSamuel

12 octobre 2014 : Assemblée générale de l’association Coexister. Paris, France.

Fils du précédent, Laurent Grzybowski est tombé dans la marmite collaborationniste quand il était petit.

Biberonné au cathoprogressisme, au scoutisme et au dialogue interreligieux dont son père est un fervent partisan, il décide avec quelques potes de lycée de monter en 2009 une assoce consacrée à l’idéologie communautariste en vogue des années 2000 : le « vivre ensemble ». Une façon de réunir jeunes cathos, juifs et musulmans engagés dans la « coexistence active ».

Coexister est rapidement célébré par la presse, les politiques et même le pape. Jeune et dynamique, l’association colle à son époque. Jusqu’à une sortie de virage qui lui sera fatale.

Alors que la France connaît la vague d’attentats terroristes la plus sanglante avec les attentats de Charlie Hebdo, de l’Hypercasher et du Bataclan, Coexister commet l’impensable en se rendant au Salon de l’UOIF, le Disneyland des fondamentalistes qui réunit le gratin de l’islamisme en France. Tariq Ramadan qui n’est pas encore rattrapé par ses affaires de viols à répétition y règne en souverain pontife. On y croise aussi des salafistes, des prêcheurs interdits en France, des crypto-djihadistes et les habituels marchands du temple : niqabs, burqas, hijabs chariatiques, DVDs sur le Djihad et la charia et autres bondieuseries islamistes.

Comme le rappelle Emmanuel Razavi, grand reporter à Globalgeonews, spécialiste du Moyen-Orient et des Frères Musulmans, « l’UOIF a été placée sur la liste des organisations terroristes de pays comme les Emirats Arabes Unis, quand en France, elle a mis en place un réseau d’associations loi 1901 à objet socio-culturel, faisant du lobbying partout sur le territoire, auprès des collectivités, des élus et des médias« .

Alors qu’en France on s’insurge unanimement pour défendre la liberté d’expression assassinée et la laïcité en danger, que 5 millions de personnes en France et 43 chefs d’Etat battent le pavé sous la bannière « JE SUIS CHARLIE », Coexister prend ses distances avec les républicains fidèles à la laïcité, ce qui vaut à l’association et à son président d’être violemment critiqués par des personnalités laïques comme Caroline Fourest.

Coexister continuera de s’enfermer dans cet entêtement incompréhensible et pourtant si symptomatique d’une certaine gauche.

En 2019, lors de la manifestation islamiste du 10 novembre, Coexister renoncera à soutenir officiellement l’évènement suite aux tombereaux de reproches adressés aux traîtres de gauche qui avaient signé l’appel à manifester, mais maintiendra toujours un soutien officieux. L’histoire ne dit pas si Samuel Grzybowski et ses amis se sont finalement joints aux nombreux fréristes, salafistes et autres islamismes majoritaires dans ce cortège.

Pour plus de détail sur Coexister, lire l’article Comment Coexister est devenu « Coercition », association de défense de l’islamisme antirépublicain.

 

Comment Coexister est devenu « Coercition », association de défense de l’islamisme antirépublicain

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S’ils étaient soucieux de cohérence, les « jeunes de Coexister » devraient rebaptiser leur association « Coercition ».

Hélas nous vivons dans un monde de confusion et de mensonge, où l’on peut professer des valeurs et des buts tout en les profanant sans état d’âme et en pratiquant l’exact contraire.

Née d’une volonté bon enfant de faire dialoguer communautés et croyances, Coexister est devenue moins de dix ans l’opposé de ce pour quoi elle avait été créée.

Sa création répondait à une volonté des jeunes de promouvoir la paix, l’amitié et le respect des des différences et des religions. De tisser des liens d’amitié entre les croyants. Et de s’inscrire dans ce fameux mythe du « vivre ensemble » très en vogue à l’époque. Nous y reviendrons.

Comment comprendre que Coexister ait pu ainsi devenir l’un des soutiens indéfectibles de l’islamisme des Frères musulmans ? Ceux dont le projet est précisément de dynamiter ce vivre ensemble au bénéfice d’un repli sur l’Oumma. De torpiller ou suvertir méthodiquement les lois républicaines qualifiées mensongèrement de « liberticides ». Comme celles sur le voile et la burqa, qui précisent l’application du principe de laïcité concernant l’Islam, en fixant des limites à une volonté d’appliquer la Charia contre les principes républicains ? Un projet dont le but ultime est d’anéantir la démocratie, pour lui substituer un ordre théocratique et totalitaire selon la vision la plus rétrograde de l’Islam.

COERCITION : le cœur du projet islamiste

Chaque esprit  informé peut aisément le vérifier : le but éminemment coercitif des islamistes est à la fois idéologique et politique.

Idéologiquement, les Frères musulmans, comme les salafistes et autres islamistes, veulent imposer leur lecture fondamentaliste, radicale et coercitive du Coran comme étant la seule licite pour tous les musulmans. Par la conviction, l’endoctrinement, l’emprise psychologique, l’intimidation, la contrainte ou la menace, mais aussi par la promesse d’avantages sociaux : éducation, santé, aide sociale, services communautaires gratuits… Selon les bonnes vieilles méthodes d’infiltration et de recrutement propres à toutes les sectes.

Politiquement, ils veulent prendre le pouvoir par étapes, selon une stratégie d’entrisme détaillée dans Le Projet de la Confrérie dès son origine. Leur but est d’uniformiser la société, d’obliger les musulmans à appliquer leur conception de la charia et la société à l’entériner : contraindre toutes les femmes à se voiler en adoptant le hijab, uniforme politique inventé au 20e siècle par les islamistes sans aucun fondement coranique, faire reculer la mixité et instituer un apartheid sexiste dans l’espace public, abolir une laïcité qu’ils haïssent et rétablir le délit de blasphème par le chantage à « l’islamophobie ». Et surtout  infiltrer méthodiquement tous les pouvoirs et tous les rouages de la société : les quartiers via les mosquées et leurs réseaux associatifs, les élus locaux par le clientélisme et la corruption, les collectivités territoriales, les administrations, les syndicats, les partis politiques, les services d’ordre, de renseignement, l’armée, le monde du travail, les entreprises, les banques, les ONG, la culture, le show-biz, les médias… Jusqu’aux plus hautes instances de l’Etat, notamment la Cour élyséenne où ils figurent en très bonne place.

En résumé, le projet islamiste vise à détruire les fondations et l’unité de la République, et à ruiner son Idéal démocratique, social, humaniste et universaliste.

Qu’est-ce qui a bien pu se passer dans la tête de ces jeunes gens plutôt instruits, plutôt « de gauche », plutôt républicains, pour se livrer à pareille trahison ? A priori Coexister n’a rien à voir avec un groupuscule d’extrême droite, une antenne djihadiste ou un avatar de Civitas, tous hostiles à la République.

Au commencement était le Dialogue

Pour comprendre ce glissement progressif, il faut remonter aux origines.

Le projet Coexister germe en 2008 dans l’esprit d’un jeune capture-d_c3a9cran-2015-01-29-c3a0-21-45-34lycéen catholique de 17 ans, Samuel Grzybowski. Il est le fils de Laurent Grzybowski, un catho de gauche issu du Mouvement Eucharistique, chef de la rubrique Social à La Vie, par ailleurs engagé dans le dialogue interreligieux.

Lors d’un voyage en Pologne et d’une visite du camps d’Auschwitz, le jeune Samuel découvre l’horreur que des hommes sont capables d’infliger à d’autres hommes au nom d’une idéologie.

C’est le déclic : fin 2008 marque le plus fort du conflit israélo-palestinien. L’opération Plomb durci menée par l’armée israélienne accusée de crimes de guerre dans la bande de Gaza enflamme l’opinion et les banlieues : le conflit menace de s’exporter en France entre des communautés déchirées.

Avec quelques catholiques de la paroisse St Léon dans le 15e arrondissement de Paris, Samuel noue des liens avec d’autres lycéens juifs et musulmans. Ensemble ils décident de fonder Coexister en janvier 2009.

Leur but est alors simple et clair : militer pour le vivre ensemble entre les croyants de toutes confessions et les non-croyants. Promouvoir la « coexistence active » (par opposition à la « tolérance passive ») comme méthode au service du vivre-ensemble.

Scouts toujours…

Détail important, Samuel comme bon nombre de jeunes parmi les fondateurs de Coexister est scout. Des membres des Scouts de France (catholiques), mais aussi des Eclaireuses et Eclaireurs Israélites de France (juifs), et des Scouts Musulmans de France. Organismes présents en bonne place lors du rassemblement organisé par Coexister durant la Journée de la Fraternité en décembre 2009.

L’enthousiasme de ces jeunes tranche avec un climat plutôt morose. S’y ajoutent une fraîcheur et un dynamisme fraternel, une audace un brin « militaire » qui attire les regards. Le style Coexister bouscule les usages très plan-plan du dialogue interreligieux et de ses figures historiques. Comme les Fraternités d’Abraham, qui regroupent des fidèles juifs, chrétiens et musulmans dans la tranche d’âge des retraités très sages.

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Cet enthousiasme, cette combativité  innovants pour l’époque recueille les louanges des médias mais aussi des politiques. Il faut dire que Papa Laurent est derrière…

A cette époque, aucune suspicion de connivence avec le radicalisme musulman. D’ailleurs l’association Scouts Musulmans de France (SMF), créée en 1990 par le cheikh Khaled Bentounès, un musulman originaire de Mostaganem et d’obédience soufie, s’est toujours prononcée pour le respect des personnes, des confessions et des lois de la République. Sincérité ou Taqiyya, allez savoir…

De l’inclusivité à la confusion

Forte de son succès, Coexister grandit rapidement  : 2.000 membres en 2015. Elle essaime aussi dans plusieurs pays d’Europe. Le pape lui-même s’en émeut et reçoit avec bienveillance ces jeunes hérauts de la Paix.

Premier accroc à la doctrine initiale, cette croissance ne se veut pas que numérique.. Et c’est là que le bât blesse : dans un excès de zèle inclusif vers toujours plus de fraternité, les barrières idéologiques sautent.

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Coexister choisit d’abord de s’ouvrir à d’autres religions que celles « du Livre », bouddhisme notamment. Jusque là rien à redire. Même si la volonté initiale de désamorcer les conflits mimétiques liés au conflit israélo-palestinien perd en pertinence.

Puis les jeunes croyants inclusifs s’ouvrent « naturellement » à leurs « frères » athées. Inventant l’athéisme à rejoindre les rangs des religions qui vivent ensemble. Michel Onfray et son Traité d’athéologie étaient sans doute passés par là… Il fallait aussi donné des gages de républicanisme aux partisans grincheux d’un laïcisme radical qui voyaient d’un œil suspicieux cette croisade de la calotte, de la kippa et de la chéchia pour le vivre ensemble.

D’une association prétendument « interreligieuse », Coexister devient donc une association « interconvictionnelle » : toutes les croyances, les sensibilités, les convictions, religieuses, philosophiques ou autres, y sont les bienvenues, mises sur le même plan. Un catalogue fusionnel et confusionnel ouvert à toutes les identités, élevées à une même légitimité dans un relativisme bisounours.

Une Orthopraxie du Dialogue élevé au rand de valeur suprême, hyper inclusive et bienveillante, et qui renonce à tout devoir critique, à tout examen des doxae respectives, selon la logique consensuelle et politiquement correcte du « Tous ensemble » et du « C’est mon choix« .

Hyper tendance….

Les limites du relativisme : de la vigilance à la complaisance

D’une initiative fondée sur une verticalité morale face aux pièges du repli communautariste, à la politisation, au durcissement et à l’essentialisation des appartenances religieuses et communautaires comme obstacles à l’ouverture à l’autre et au vivre ensemble, Coexister est passée insensiblement à un relativisme globalisant, agrégateur de toutes les convictions, mais qui témoigne d’un renoncement tacite sinon d’une abdication volontaire du devoir de vigilance et de discernement.

En baissant la garde quant à ce qu’elle prétendait au départ conjurer de l’espace du vivre ensemble – l’intransigeance, le repli identitaire, l’hostilité à l’autre – Coexister a ouvert grande la porte aux pires dérives qui le menacent objectivement.

Après tout pourquoi ne pas imaginer au nom du vivre ensemble accueillir dans ce capharnaüm interconvictionnel des sectes satanistes et agréer les meurtres rituels d’enfants ? Parce que « c’est mon choix »…

Quelle extrême naïveté d’imaginer que par le dialogue suffise à réduire la fracture qui sépare l’admissible de l’inadmissible ! Toute société, tout ensemble social ne saurait pourtant se constituer, transmettre ses modèles et perdurer sans une adhésion collective à un socle de valeurs. Mais aussi sans à un consensus constamment réaffirmé quant aux limites fixées pour en tracer le périmètre éthique.

L’imposture du « vivre ensemble »

Finalement l’erreur de ciblage éthique et conceptuel initial qui conduira à la faillite du mouvement Coexister repose sur cette arnaque intellectuelle très en vogue dans les années 2000 représentée par ce concept très approximatif de « vivre ensemble ».

Le « vivre ensemble » n’est absolument pas un concept républicain. C’est même un dévoiement des principes essentiels qui fondent notre République, parmi lesquels l’affirmation que « la République est une et indivisible ». Le contraire de cette spécificité très française c’est le communautarisme, qui préside dans les sociétés anglo-saxonnes. Ce n’est pas notre modèle.

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L’une des conséquences de cette affirmation c’est le principe d « assimilation ». Un principe que nous avons à tort eu tendance à considérer comme une maladie honteuse. Nous en mesurons hélas aujourd’hui les conséquences.

Un autre principe inscrit dans notre constitution c’est que « la France est une République sociale ». Cela ne signifie pas que la France « fait du social ». Cela veut dire que la République est un Idéal qui s’inscrit dans un projet commun de « société » fondé sur le sens partagé de l’intérêt général et la quête du bien commun. « Faire société », « faire corps » ou « faire nation », c’est infiniment plus que « coexister », fût-ce de façon « active ».

La simple coexistence n’implique pas nécessairement le partage : coexister c’est exister avec, ou plutôt à côté.

Or l’un des principes cardinaux de notre démocratie, qui est toujours à construire, parfaire et réinventer, c’est le principe de Fraternité.

Ce principe est l’héritier de l’idéal de fraternité maçonnique partagé par bon nombre de révolutionnaires parmi les pères fondateurs de notre démocratie : Mirabeau, Lafayette, Danton, Marat, Robespierre et bien d’autres.

Il est aussi l’héritier d’un idéal fraternel transmis par l’humanisme de la Renaissance, lui-même hérité de l’idéal chrétien.

La Fraternité républicaine est tout sauf cette vision bisounours qu’on nous a vendue d’une société pluraliste et communautariste, où individus et communautés s’entrecroiseraient dans une indifférence tranquille et béate.

D’abord parce que l’idéal de Fraternité n’est pas un principe négatif mais positif. Le vivre ensemble tel qu’on l’a décliné ces dernières années c’est essentiellement l’absence de conflits entre les personnes et les communautés. « Menacer le vivre ensemble » c’est menacer la paix sociale. La Fraternité ce n’est pas la trêve sociale ou la tranquillité ; la Fraternité c’est un exercice quotidien de la co-citoyenneté, du partage, de la solidarité et de l’édification commune d’une société juste et unie dans une même famille : la nation.

Cet idéal fraternel n’est pas centré sur le « vivre » mais sur « l’être ». Il ne cherche pas à nous réunir dans un « ensemble » mais à nous élever dans un « avec ».

« Citoyen » ce n’est pas juste un adjectif qu’on ajoute partout comme un gimmick de langage. C’est un engagement social et politique, éthique, vers la transformation d’une société en une nation plus juste, plus humaine, plus unie, plus fraternelle. C’est l’inscription de l’engagement dans la société civile d’un projet civique, sinon civilisateur, humaniste et universaliste.

Or toute action qui va dans ce sens n’a aucune valeur si elle n’est éclairée en permanence d’un discernement : qu’est-ce qui va dans le sens de l’intérêt général, du bien commun, de plus de cohésion, de sens, de valeur partagée ? Et qu’est-ce qui constitue une régression, une menace, une trahison du système de valeurs commun et des règles qui en découlent ?

Le pacte avec le Diable

En abdiquant de son système immunitaire et éthique, Coexister s’est préparé au pire : faire alliance avec l’ennemi. L’ennemi du Dialogue qui est pourtant son dieu. L’ennemi du vivre ensemble qui est pourtant son credo. L’ennemi de la diversité qui est pourtant sa raison d’être.

Le Diable islamiste a réussi l’impossible : entraîner un mouvement fondé au départ par des jeunes chrétiens à cautionner l’impensable, à valider l’inacceptable, à légitimer un monstre.

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Au milieu des années 2010, dans un climat sépulcral marqué par les attentats terroristes de Charlie Hebdo, de l’Hypercasher et du Bataclan, mais aussi par la multiplication des provocations islamistes afin de tester les résistances républicaines sur le voile ou la mixité, Coexister n’a rien trouvé de mieux à faire que se compromettre en se rendant au Salon de l’UOIF du Bourget. Une foire aux dérives sectaires où l’on pouvait croiser des fans de Tariq Ramadan, des anti-Charlie, des pro-Hamas ou Hezbollah, des prédicateurs de haine misogynes et homophobes, des apôtres du viol conjugal et de la destruction d’Israël, des gourous salafistes, des mécènes wahhabites, des vendeurs de niqabs, de burqas, de livres et DVDs islamistes. Tout un remugle d’infréquentables dont on se demande comment on a pu tolérer une telle promotion dans la France endeuillée par les attentats.

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Car il faut rappeler une vérité qui contredit une idée fausse. On peut aisément comprendre le malaise des musulmans français après les attentats de Charlie ou du Bataclan. Et la nécessité de répéter à l’époque : « Pas d’amalgame ! » On peut comprendre la volonté des musulmans de condamner mais surtout de se démarquer de ces attentats qui comptèrent aussi des musulmans parmi les victimes en clamant : « Pas en mon nom« .

On a souvent entendu dire depuis qu' »il n’y a aucun rapport entre Islam et le terrorisme » ou « L’Islam et l’islamisme sont deux choses qui n’ont rien à voir« . Vrai, sauf que c’est hélas faux. D’abord parce qu’il n’y a pas un islam mais DES islams. Ensuite parce que même au temps du prophète, l’Islam a toujours comporté une composante pacifique et une autre guerrière, tournée vers la conquête et la conversion forcée, et hostile aux infidèles. Dire que « L’Islam est une religion de paix et d’amour » et vouloir le résumer à cette simple formule est d’une naïveté affligeante. Oui, l’Islam est aussi une religion violente.

Quand aux islams contemporains, concurrents et en guerre les uns contre les autres, il est faux de prétendre que l’islamisme qui comprend différentes versions fondamentalistes de l’Islam n’aurait rien à voir avec l’Islam. Ou que l’Islam comme l’islamisme n’ont rigoureusement rien à voir avec le terrorisme qui pourtant s’y réfère. Le djihadisme dans sa version littérale, violente, est une des composantes de l’Islam contemporain, comme de l’Islam originel.

Quant au terrorisme islamiste actuel revendiqué au nom d’Al Qaeda ou de Daesh, bien sûr que ces organisations terroristes sont des dévoiements ignobles de l’Islam. Pourtant ils s’en réclament. Sinon comment expliquer que des pays musulmans wahhabites comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar aient pu financer et soutenir ces organisations ?

Il faut donc demeurer extrêmement vigilants et ne jamais renoncer à un travail critique de discernement quand on est face à des organisations qui prétendent juste promouvoir l’Islam ou « défendre les musulmans ». Derrière beaucoup de ces imams, de ces responsables associatifs, de ces recteurs de moquées souriants, rasés de près, en costume cravate, cultivés et polis se cachent parfois des officines beaucoup moins ragoûtantes comme les Frères Musulmans. Ou des mécènes beaucoup plus ambigus comme des organisations « caritatives » islamiques saoudiennes, qataris ou turques spécialisées dans le financement des organismes islamistes et terroristes.

Coexister a commis une erreur fatale en mettant le doigt dans l’engrenage du dialogue avec ces gens-là.

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Islamistes de l’UOIF

Beaucoup de défenseurs de la laïcité, notamment Caroline Fourest, se sont heurtés violemment à Coexister et ont dénoncé cette odieuse supercherie. L’association s’est depuis enfermée dans son entêtement à défendre cette frange infréquentable, en grande partie illégale de l’islamisme français. Une alliance que ses dirigeants n’ont jamais voulu renier.

L’islamo-gauchisme, cancer de la gauche française

On ne peut comprendre cet endurcissement inimaginable sans le resituer dans le contexte d’une évolution d’une partie des hérauts de la gauche droit-de-l’hommiste, laïque, sociale et républicaine, mais aussi communautariste et altermondialiste. Et ses collusions coupables et confusionnelles qui sous prétexte de défendre les minorités vont jusqu’à soutenir ou cautionner l’idéologie islamiste.

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On l’a vu avec cette manifestation de la honte du 10 novembre 2019, cette Islamo Pride, cette Fierté Islamiste où l’on défilait en souriant et en arborant des symboles révisionnistes (ce signe factice distribué par le CCIF aux manifestants fabriqué sur un amalgame ignominieux entre l’étoile imposée aux Juifs durant la guerre et une étoile islamique frappée du sceau « MUSLIM »). Une manif de la honte dénoncé par beaucoup de vrais républicains, des chrétiens, des Juifs, des musulmans défendant la laïcité, mais que Coexister a pourtant soutenue. Tout comme des élus de La France Insoumise, du PCF ou d’EELV qui se sont empressés d’y participer.

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Cette dérive idéologique et politique identifiée sous le terme d’islamo-gauchisme, est très présente dans les discours médiatiques sous la forme d’un relativisme ultra complaisant à l’égard des islamistes et d’un cautionnement permanent du concept d’« islamophobie » forgé par les Frères Musulmans pour aiguiser des peurs et faire croire qu’il existerait en France un « racisme anti-musulmans » d’Etat visant l’ensemble des musulmans de France (cf. tract du CCIF distribué le 10 novembre).

Un mensonge qui pour les « persécutions » imaginaires ne résiste pas un instant à un examen objectif des faits, puisque les agressions visant des personnes de confession musulmanes en France sont en baisse constante et culminaient à 100 cas en 2018 (contre plus de 1000 cas d’agressions anti-chrétiens).

Quant au choc provoqué par les attentats successifs perpétrés sur le sol français qui ont fait 263 victimes en 7 ans, celui-ci ne suffit apparemment pas à ouvrir les yeux de ces égarés, comme de Coexister, sur la hiérarchie des dangers qui menacent notre démocratie.

Cette cécité morale et intellectuelle touche malheureusement un certain nombre d’autres chrétiens, farouchement anti-laïcs ou pour qui la solidarité interreligieuse et la défense des autres religions priment sur toute autre priorité. Une sorte de fronde de la calotte, de la kippa et de la chéchia contre la République laïcarde.

La chute de Rome

L’auteur de L’Esprit des lois le rappelait déjà en 1734, Rome n’est pas tombée uniquement à cause de la décadence de l’Empire romain d’Occident et de ses abus. Elle est aussi tombée sous les assauts des « invasions barbares ».

Quant Alaric et son armée saccagent la ville en 410, celle-ci ne leur offre que peu de résistance.

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Aux mêmes causes les mêmes effets.

Loin de nous de considérer que l’immigration de ces 60 dernières années composée pour une large part de ressortissants de pays musulmans constituerait une quelconque forme d’invasion, comme les tenants de la théorie du Grand remplacement reprise par le RN tentent de nous en convaincre.

En revanche la stratégie des islamistes, que l’on peut décrypter en lisant certaines publications des salafistes ou des Frères musulmans, repose clairement sur une volonté de conquérir des territoires idéologiques et symboliques, mais aussi géographiques et politiques, dans un vaste projet de conversion massive des peuples européens et occidentaux à l’Islam.

Ce projet repose sur une stratégie de conquête progressive sur le long terme. Une conquête lente, patiente, méthodique, sournoise. Selon le principe pragmatique que lorsqu’il est impossible de conquérir par la guerre ou la confrontation directe, mieux vaut se fondre dans la masse et miser sur la corruption à long terme.

Une conquête des esprits d’abord, qui cible prioritairement les populations d’origine ou de culture musulmane vivant en France. Des musulmans éloignés de leur culture d’origine, souvent en proie à des difficultés d’intégration dans une société française « qui les rejette et les discrimine », et qu’il s’agit de « réislamiser » pour en faire des promoteurs de l’Islam.

Une conquête des rouages politiques, juridiques, institutionnels, médiatiques de la société française. En testant les résistances, en tentant de faire reculer la laïcité et les lois républicaines partout où cela est possible, en imposant la charia comme seule et unique source souhaitable du Droit. En prenant en otage une « communauté musulmane » fabriquée artificiellement en exacerbant les peurs, les fantasmes et les discours liés à « l’islamophobie », en encouragement les phénomènes de repli identitaire et communautaire, en soutenant que seule l’adhésion à une forme rigoriste de l’Islam pourra permettre aux musulmans de recouvrer leur fierté, en faisant notamment la promotion du voile chariatique (islamiste), en jouant subtilement sur les faiblesses de notre démocratie, sa trop grande complaisance à l’égard des minorités « opprimées », ses dérives libertaristes et égalitaristes qui dénaturent les principes républicains, sa complaisance à l’égard du communautarisme, son interprétation laxiste du principe de laïcité, le clientélisme électoraliste de ses élites, la démagogie et l’assoupissement moral de ses élites médiatiques… Mais aussi par une stratégie d’infiltration méthodique des réseaux de pouvoirs, de l’association locale au sommet de l’Etat.

Sans doute ce qui a dû se produire avec Coexister, dont les premiers membres musulmans défendaient pourtant une vision ouverte et tolérante à l’opposé de ces islamistes corrupteurs.

Même si elle n’obéit pas aux mêmes mécanismes ni aux mêmes schémas historiques, cette corruption méthodique de la société, de ses citoyens et de ses élites présente des analogies frappantes avec le déclin de l’Empire romain infiltré puis dominé par des peuples dits « barbares ». Sauf qu’il s’agit ici d’une stratégie de conquête au nom d’une religion mûrement réfléchie, planifiée sur quelques décennies, et non d’une infiltration sur plusieurs siècles. Et d’une conquête politique des pouvoirs mise en œuvre via des officines discrètes ou officiellement déclarées (comme le CCIF, L.E.S. Musulmans, Musulmans de France ou l’AMIF), téléguidées et financées en grande partie par des organisations islamistes étrangères (Frères Musulmans notamment).

Rome est bien naïve, elle qui succombe aux charmes de ces barbus aux paroles douces et mielleuses.

Qu’il s’agisse de la Rome actuelle, celle du Vatican qui parfois s’égare dans un zèle trop consensuel à vouloir dialoguer avec les islams et les autres religions.

Qu’il s’agisse des catholiques et des chrétiens de gauche, aveuglés par leur idéalisme social, communautariste et relativiste.

Qu’il s’agisse de l’Occident, lointain héritier de Rome, qui souvent s’abîme dans des courtisaneries et des alliances contre-nature qui trahissent son idéal démocratique, émancipateur et humaniste.

Ou bien encore de cette Rome inclusive symbolisée par coexistence, qui voudrait embrasser tous les peuples de son empire, quitte à les absoudre des plus vils péchés.

Tel le couteau mortel planté dans le dos de César par son fils adoptif, le ver est désormais dans la pomme tendue aux égarés de Coexister. Ou plutôt le poison est versé par l’ennemi sur cette eucharistie œcuménique qui rêvait de réunir tous les enfants d’un même dieu.

Il n’y a pas d’autre Idéal que la République pour garantir les libertés.
Il n’y a pas d’autre qualité que celle de citoyen pour garantir l’exercice de la Fraternité.

Qu’on soit croyant ou non, toute cette affaire est la preuve éloquente qu’il ne peut exister de coexistence pacifique ou « active », de vivre ensemble ou de société fraternelle unie et cohérente autour d’un socle de valeurs et de lois communes, sans la proclamation d’un Idéal commun qui transcende toutes les différences.

Un Idéal qui s’oppose à toute prétention individuelle, catégorielle ou communautaire de sanctuariser des critères différenciateurs pour en faire le creuset d’agrégation identitaire essentiel d’un groupe qui se déclarerait supérieur à la nation. Comme de toute différence élevée au rang d’essence qui se déclarait à elle seule la source de l’Autorité, de la Vérité et du Droit.

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La République que nous défendons contre ceux qui veulent la détruire n’est ni un régime ni un système ou une chose politique : elle est  LA « chose publique » (res publica). Et par extension la seule et unique Communauté à laquelle chaque citoyen appartient au-dessus de toute autre.

La République n’est pas non plus cet espace ouvert à tous les vents, à toutes les revendications individuelles, identitaires ou communautaires, auquel certains voudraient la réduire par une assimilation grossière de nos principes un libertarisme béat.

La République n’est pas une collection d’individus disjoints, de modèles, de croyances ou d’idéaux rivaux. La République est un Idéal : c’est l’Idéal qui réunit dans une même Fraternité indivisible tous ses enfants.

La République est la seule qui puisse garantir à chacun la liberté d’être et d’exprimer ce qu’il est, ses convictions et ses croyances, tant que celles-ci n’empiètent pas sur celles des autres et ne cherchent pas à s’imposer aux autres ou à l’Etat.

Parce que la République ne reconnaît aucune transcendance mais qu’elle se fonde sur la Raison, elle permet à toutes les formes d’allégeance à une transcendance, un dieu, un principe, une Essence, de s’exprimer sans qu’aucune de celles-ci ne puisse prétendre être la source de l’autorité et du Droit.

S’allier avec les ennemis objectifs de la République que sont les islamistes, c’est implicitement adhérer à leur projet sécessioniste. C’est devenir soi-même un ennemi de la République, de la diversité, du vivre-ensemble et du respect des différences comme facteur de relation, d’échange avec l’autre et de cohésion.