La rafle de la Mémoire

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Marine Le Pen a sans doute trop été marquée par les égarements nationalistes de son mentor Paul-Marie Coûteaux, qui a méthodiquement formaté la candidate devenue présidente du FN et façonné sa « culture française » conformément à ses propres obsessions de crapaud souverainiste tout à tour idolâtre de Mitterrand, de Chevènement, de de Villiers puis du clan Le Pen.

Comme elle subit manifestement l’influence de l’un de ses maîtres à penser, l’immonde Eric Zemmour, qui ne sait plus quoi faire pour tenter de faire oublier ses origines prolétaires et juives-arabes, rêve d’une « France éternelle » aussi mythique qu’outrancière, dénature l’Histoire dans son dernier pamphlet Le Suicide français, au point de pasticher le Général en héritier de Maurras et de Barrès, et s’abîme dans un abject révisionnisme en réhabilitant la figure à ses yeux incomprise du Maréchal.

Je crois la fille du fondateur plus habile et moins marquée par l’idéologie nazie que son père. Mais ses amitiés jamais démenties pour des camarades d’Assas devenus des piliers du parti frontiste et jamais évincés malgré leur appartenance assumée aux pires factions antisémites comme le GUD en disent long sur sa complaisance et l’imposture d’un ravalement de façade orchestré uniquement pour attraper des gogos aigris par l’irresponsabilité objective des apparatchiks de « l’UMPS ».

La voici aujourd’hui face à ses contradictions, avec cette ultime provocation qui la renvoie aux outrances de son père qu’elle avait d’abord cru pouvoir remiser dans les oubliettes.

Depuis que le FN grimpe dans les sondages, les fachos qu’on avait priés de dégager des meetings relèvent la tête et donnent du coffre en multipliant les abjections.

Habile, la bourgeoise clodoaldienne qui se rêve en Madone des laissés-pour-compte n’est pas exempte d’un fatal faux pas, comme en témoigne cette sortie d’anthologie sur le Vel d’Hiv’. Il ne s’agit pas d’un dérapage contrôlé à la Papa, mais d’une bourde manifeste à peine calculée.

Car pour bien comprendre l’ignominie de son propos, il ne faut pas s’arrêter à ce qui scandalise au regard des standards éthiques contemporains et des discours admissibles quant aux pires heures de notre Histoire récente. Mais il convient de resituer sa déclaration dans un contexte historique et politique qui a vu l’opinion française opérer une mue salutaire sur un sujet hier encore tabou.

Au soir de la Libération la France s’était rachetée une bonne conscience en surfant sur les mythes de la Résistance. Tous les Français étaient subitement devenus gaullistes, défilaient sur les Champs-Elysées pour acclamer leur libérateur, quand une majorité suivaient le Maréchal quelque mois auparavant. Par peur, par fidélité au héros de Verdun qui prétendait les laver de la honte de la débâcle et des humiliations de l’Occupation, plus que par idéologie. L’Appel du 18 juin ne réunissait qu’une fronde minuscule de « terroristes » et d’hommes de l’ombre. Seuls quelques courageux ont vite compris que l’avenir de la France passait par Londres, l’alliance des vrais patriotes et des communistes alliés de Staline, si elle souhaitait en avoir un, sortir de la guerre avec les honneurs et faire entendre sa voix dans le concert des peuples libres victorieux de la barbarie nazie.

La déportation de 141.000 de ses enfants fut passée sous silence, la responsabilité de la France mise sous le tapi. Puisque l’Etat français n’était pas la République, la France ne pouvait être accusée d’avoir collaboré à ces horreurs, que beaucoup semblaient découvrir quand les premiers suivants d’Auschwitz débarquaient à l’Hôtel Lutétia.

La rhétorique républicaine, officiellement justifiée par le triomphe de la Résistance sur la collaboration, incarnée par la figure totémique du Général, et portée par le mythe gaullien de « la France éternelle », avait validé le sentiment unanime qu’il fallût mieux faire silence sur certaines vérités sombres source de désunion et passer ces crimes par pertes et profits, au nom de l’unité et de la dignité patriotiques retrouvées.

Seuls quelques historiens opiniâtres ont osé déterrer des non-dits, mais personne ne voulaient les entendre. Jusqu’à ce que les cicatrices se refermant et les générations passant on put enfin regarder notre Histoire avec davantage de sérénité et d’objectivité.

Jacques Chirac a eu ce courage blasphématoire aux yeux de certains de faire amende honorable, en présentant les excuses officielles de la France à ses enfants livrés à l’ennemi. Quitte à rouvrir des plaies et se mettre à dos une bonne partie des gaullistes qui ne goûtaient guère qu’on pût ainsi briser un tabou bien commode et renverser le tabernacle immaculé érigé par leur grand-homme.

Marine Le Pen s’attire aujourd’hui un opprobre légitime, non par son relativisme qui ravive des mémoires meurtries, mais parce qu’elle surfe sur cette ambigüité républicaine. Son but est sans doute moins de laver la France de Vichy de ses crimes bien qu’elle soit l’objective héritière de cet embarrassant courant qui porta l’extrême droite française au pouvoir entre 1940 et 1945, que de blanchir à contre-courant la France dont elle rêve et qui n’existe que dans ces lubies d’une culpabilité qu’on lui servirait injustement à propos de la Shoah et qui selon elle serait injustifiée.

On reconnaît bien là la patte de Zemmour, qui sans se compromettre dans les excès d’un Soral ou d’un Faurisson manipule les faits pour asseoir ses propres mythes d’une France qui n’a jamais existé et renvoyer la responsabilité de sa décadence sur des boucs émissaires commodes que sont les enfants d’immigrés, l’Islam et leurs thuriféraires complaisants, ces anciens soixante-huitards devenus des bobos alliés au capitalisme. Lesquels auraient abîmé la France dans un « déconstructivisme » coupable, l’auraient vendue aux intérêts américains pour la laisser aujourd’hui en lambeaux. Les mêmes thématiques qu’on retrouve à longueur de meetings dans la bouche de sa disciple dévote.

Accuser Marine Le Pen d’antisémitisme brut de décoffrage est un mauvais procès. Qui ne fera que la renforcer dès que sera de nouveau entonné le sempiternel refrain de la victimisation injuste des « vrais patriotes » défendant la France contre ceux qui veulent la détruire.

Pour résister à cette provocation, il faut plus intelligemment en appeler à l’évolution de la conscience historique, qui a exhumé du shéol de l’Histoire tout un pan rejeté de notre mémoire collective. Non pour accuser la France de crimes qu’elle a effectivement commis, même si tous les Français de l’époque ne sont évidemment pas coupables. Mais pour faire acte de repentance collective en assumant la responsabilité commune en dépit des hauts faits de la Résistance qui s’y était opposée, seule condition d’un vrai pardon et d’une vraie réconciliation de tous ses enfants.

Briser ce nouveau pacte républicain c’est revenir 70 ans en arrière et gommer tout le travail historique et l’amendement éthique réalisés trois générations après ces tragiques événements.

On n’écrit pas l’Histoire à reculons. Or c’est exactement ainsi que procède le FN dans sa mythologie, sa rhétorique et son programme fou conçus pour une France qui non seulement n’a jamais existé mais ne pourra jamais plus revivre compte tenu du chemin parcouru et des enjeux qui la situent dans une inévitable perceptive ouverte et mondiale. Sa seule chance c’est de saisir cette mondialisation tant redoutée, non comme une fatalité à repousser mais comme une chance pour redonner du sens à une Europe qui a trahi ses pères et s’est vendue sur l’autel du dieu Mammon.

Le FN est le dernier parti qui pourrait opérer cette transformation. Car il ne se nourrit que de mythes et de rancœurs accumulées et entretenues pour manipuler les esprits les plus faibles en cultivant la haine sur le terreau de ressentiments légitimes.

Si les esprits savent faire preuve de discernement plus que d’offuscations-réflexe dictées par la peur de la peur, ce parti est mort dès à présent. Faisons en le pari et ne cédons surtout pas au piège d’une condamnation qui serait vouée à l’échec si elle ne s’appuyait que sur de mauvais arguments.


Pour plus de détails sur l’évolution historique de la mémoire de Vichy, lire cet excellent article d’Henry Rousso, historien et directeur de recherches au CNRS : « Après la déclaration de Marine Le Pen sur le Vel d’Hiv, quelle responsabilité de la France et des Français sous l’Occupation« 

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Lettre ouverte à ceux qui sont passés de la Révolution à la Star Ac’ et de Tonton à Macron

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gauche

1981-2017.

Blum, Jaurès et Mendès doivent se retourner dans leur tombe !

Comment est-on passé de l’Union de la gauche sortie du choc pétrolier à la Dissolution de la gauche sortie du choc de la mondialisation ?

Comment est-on passé d’une politique qui entendait changer la vie et placer l’homme au cœur de l’économie à une soupe sans aucun goût sinon celle des billets d’euros, et d’un projet de société audacieux à un mirage tissé de vagues promesses démenties les unes après les autres ?

Comment ceux qui ont porté François Mitterrand au pouvoir au soir du 10 mai 1981 peuvent-ils s’apprêter à voter pour la plus grande arnaque politique de toute l’Histoire de la Ve République ?

Déjà en 1981 ceux-là voyaient d’un mauvais œil cette Seconde gauche vite étranglée par l’alliance fratricide du PC avec le PS. Celle des ouvriers, des grévistes et des communistes encore alliés de Moscou.

Que sont devenus ces enfants d’un autre mai, celui des barricades, de l’Imagination au pouvoir, du « Soyez exigeants, demandez l’impossible ! » et de la révolution sexuelle ? Ces enfants gâtés des Trois glorieuses qui rêvaient le temps d’une grande récré d’un autre avenir possible et s’enivraient 15 ans plus tard de leur victoire Place de la Concorde.

Cette France des beaux quartiers qui a le cœur à gauche mais le portefeuille à droite.

Cette France des plateaux télé qui adulent les génies rebelles sortis des banlieues alors qu’elle n’a jamais franchi le périphérique sinon Porte Dauphine.

Cette France orgueilleuse et sûre d’elle-même qui donne des leçons de morale et de démocratie à la planète entière mais est incapable de reconnaître une dictature rampante, celle de l’argent, surtout quand celle-ci promet de ménager les intérêts des classes moyennes supérieures.

Cette France qui parle sans cesse du « peuple » et prétend le représenter, mais qui n’a jamais serré la main pleine de boue d’un paysan, celle pleine de poux d’un SDF ou celle pleine de cambouis d’un ouvrier. Sinon quand les caméras de télé sont braquées sur elle.

Cette France qui a lu Sartre, Beauvoir et Duras, qui défendait hier le prolétariat opprimé par le patronat, les femmes opprimées par le patriarcat et qui défend aujourd’hui les jeunes de banlieues opprimés par l’injustice sociale, les réfugiés opprimés par les dictatures, et les minorités opprimées par la majorité réactionnaire. Mais qui jamais n’accueillerait chez elle un Arabe sorti de prison ou une famille Syrienne à la rue. Ou qui condamne l’homophobie et les réacs de la Manif pour tous mais pique un fard quand deux hommes osent s’embrasser en pleine rue devant leurs marmots.

Cette France qui défend becs et ongles la démocratie contre les puissances de l’argent mais méprise le peuple, le vrai. Qui s’érige pour dénoncer les injustices faites aux « défavorisés » mais déteste les pauvres, les vrais. Et surtout qui veille jalousement à ce que ses placements obligataires restent sagement défiscalisés.

Cette France qui dit incarner les Droits de l’homme, le Progrès, défend la liberté, l’égalité, le vivre ensemble et la laïcité, qui cite Amnesty International et cotise aux Restos du Cœur, est abonnée au Canard enchaîné et à Charlie Hebdo, surtout depuis le 11 janvier…

Cette France qui se pâme devant les humoristes officiels les plus vulgaires, mais qui s’offusque quand on fait de l’humour un peu grinçant dans un commentaire sur Facebook.

Cette France qui parle à tout bout de champ d’écologie et de citoyenneté, descend se balader le dimanche sur les quais de Seine en trottinette ou en roller, mais qu’on retrouve à 2 heures du matin fonçant à 150 km/h sur le périph, et qui n’échangerait jamais son break 4×4 familial qui dort au garage contre une voiture électrique partagée à vitesse bridée. Cette France qui consomme bio et équitable mais ne renoncerait jamais à ses graines de goji ou à ses fraises en février pour ne consommer que des patates et des goldens locales.

Cette France qui se laisse aujourd’hui plus facilement séduire par une sortie poujadiste sur le plateau d’On n’est pas couché par un Michel Onfray que par un poème d’Aragon chanté à la Fête de l’Huma par Hugues Auffray.

Cette France qui voit dans les blagues potaches de Stéphane Guillon, les installations bobasses de la Nuit Blanche et les doigts d’honneur du photographe Ai Wei Wei le summum de la transgression intellectuelle, culturelle et artistique.

Cette France qui a toujours sa résidence secondaire à Saint-Malo ou dans le Lubéron et s’arrange pour échapper à l’ISF, mais qui fustige les politiques corrompus qui embauchent des membres de leur famille ou planquent leur argent en Suisse.

Cette France qui s‘offusque que les socialistes au pouvoir aient trahi la gauche mais qui a applaudit le tournant de la rigueur d’un Jacques Delors en 1983, préfère l’ultralibéralisme de Blair et l’ultrasécuritaire de Valls aux égarements marxistes de Tsipras ou aux indignations altermondialistes.

Cette France prête à prostituer toutes ses valeurs, à avaler la trahison des idées de gauche, à passer l’éponge sur l’état d’urgence prolongé, le 49.3, le durcissement de la loi El Khomri, et à se jeter dans les bras d’un candidat fantoche parachuté par les banques et le système, un puceau de la politique sans expérience, un illusionniste sans consistance, sans projet et sans valeurs claires, un mirage monté en mousse par les médias, pourvu qu’il fasse barrage à l’Apocalypse lepéniste.

Cette France qui dénonce à l’occasion les méfaits du système mais trouve utopique ou trop à gauche ceux qui veulent offrir à chacun de quoi manger, s’habiller, se soigner et élever leurs enfants, ceux qui veulent donner plus de pouvoir aux salariés, taxer davantage les plus riches et les grandes entreprises, accueillir plus de réfugiés, peser sur nos partenaires pour construire une autre Europe que celle du fric et des lobbies, qui refusent clairement toute collusion avec Trump ou Poutine, qui veulent une France forte, ouverte et moderne mais aussi juste et libre, un France debout et non à genoux devant Wall Street, Bruxelles et les agences de notation, une France capable de dialoguer avec tous sans s’aligner sur aucun, qui reste indépendante, ferme sur ses convictions et dont la voix continue de compter dans le concert des nations.

A cette France qui par peur du nationalisme oublie d’être patriote, qui par peur du fondamentalisme oublie que « République » rime aussi avec « éthique », qui par peur du terrorisme accepte de voir ses libertés grignotées et applaudit l’état-policier, mais refuse de déchoir de leur nationalité des terroristes, ou qui se laisse manipuler par les médias et hurle avec des racailles brûleurs de voitures, veut lyncher tous les policiers parce que quelques-uns ont failli à leur déontologie la plus basique et déshonoré leur corporation en violant un jeune-homme innocent.

A cette France qui a des indignations à géométrie variable, qui défend des Roms voleurs et squatteurs que les braves gens désignent du doigt parce qu’ils saccagent l’espace public mais oublie les Noirs abattus froidement dans les quartiers pauvres américains. Cette France complaisante prête à descendre dans la rue pour fustiger la haine antisémite dès qu’on critique la politique des faucons israéliens mais qui reste indifférente quand on bombarde des enfants de Gaza à coup d’armes chimiques, ou qu’on massacre des familles entières de Chrétiens au Moyen-Orient.

Cette France de la gauche « humaniste et progressiste » qui s’évanouissait aux discours de Castro et se pâme aujourd’hui devant les effets de tribune d’un gamin vendu au capitalisme le plus rude.

A cette France qui a tellement perdu ses repères et sa dignité à force de s’allier au diable, mais qui prétend rester vertueuse, gardienne des valeurs laïques et républicaines, et surtout se croit toujours l’incarnation du Progrès, à cette France-là qui me fait honte, je dis : REVEILLEZ-VOUS !

Moi qui n’étais pas hier « de gauche » je dis à ces traîtres de ma génération : arrêtez de justifier ce qui est injustifiable, de pardonner ce qui est impardonnable, d’applaudir ce qui est détestable !

Eteignez votre petite lucarne qui vous grignote le cerveau et relisez vos maîtres à penser.

Ou mieux : sortez de vos petites habitudes et certitudes parisiennes et intéressez-vous vraiment au monde d’aujourd’hui. A ceux qui élaborent la pensée du siècle et façonnent les modèles de demain. Pas aux philosophes de plateau.

Cessez de vous crisper sur vos peurs, qu’on entretient pour vous interdire de voir la vérité.

Regardez le monde en face et faites votre autocritique au lieu d’accuser sans cesse votre voisin d’être un fasciste, un anarchiste ou un complotiste quand il ne pense pas comme vous et ne dit pas amen à tous les poncifs de la pensée unique servis par les chantres d’un système auquel vous obéissez sans même vous en rendre compte.

Redressez la tête, secouez votre morgue et ouvrez les yeux au lieu de vous aveuglez vous-mêmes pour ne surtout pas reconnaître que vous avez tort et donnez raison à ceux qui vous mènent droit dans le mur.

Changez de lunettes, jeter vos vieilles recettes déglinguées, abandonnez vos bons sentiments et vos ressentiments-réflexes. Et osez réfléchir en hommes et femmes indépendants, sincères et réalistes.

Et surtout prenez conscience qu’à force de vous entêter, de jouer les autruches et de répéter en boucle les mêmes refrains sans vous apercevoir qu’on a changé d’époque et que les schémas pour penser le monde d’hier ne marchent plus avec le monde d’aujourd’hui, vous êtes devenus totalement has been, tout juste bons à rattraper le train en marche quand vous croyez être toujours la vigie de la Justice et les gardiens de la Raison dans un monde en proie à la confusion et au chaos.

Vous vous êtes tellement gavés de téléréalité pour ne pas vous confronter au réel, de produits prêts à consommer mis en scène par les agences de pub, de slogans débiles rabâchés par les médias, de débats bidons pour masquer les vrais enjeux, vous avez tellement peur des vrais discours et des réflexions qui dérangent votre petit confort intellectuel, que vous ne savez plus distinguer l’authentique de l’artifice.

A trop confondre les hommes politiques avec les marionnettes de la Star Academy, vous voici prêts à confier les rênes de la France à un Pinocchio qui a érigé le flou et le mou en apothéose des vraies valeurs.

Qu’il dénature l’Histoire ou nie l’existence de l’art et de la culture française ne vous étouffe même pas ! Pourvu qu’il ait une belle gueule et surtout qu’il empêche Marine Le Pen d’accéder au pouvoir.

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Je peux comprendre que la génération des momos, ces « mobiles moraux » nés entre 1965 et 1976, puisse voter unanimement pour Macron. Eux qui n’ont connu que la crise, à qui on a oublié d’enseigner l’Histoire, qu’on a gavés de discours relativistes et qui n’ont pour seul horizon idéologique que la realpolitik et la doxa libérale.

Mais celle de leurs aînés les bobos, qui ont connu toutes les révolutions avant de conquérir tous les rouages du pouvoir politique, économique, médiatique, culturel. Auraient-ils totalement retourné leur veste au point d’adorer ce qu’il ont hier honni ?

N’avez-vous pas honte de voter pour un candidat qui ne représente pas vos idées et ne défend pas les intérêts des Français ? De voter avec votre calculette et non avec votre tête ! Vous sacralisez l’Ere du vide, vous sanctifiez le Néant !

En agissant ainsi, vous rendez-vous compte que vous abdiquez ce qui reste d’illusion de démocratie ?

Vous confiez les clés du pouvoir au candidat du système par peur d’une harpie nationale-socialiste qui vocifère contre ce même système, alors qu’elle en est issue et en incarne toute l’hypocrisie.

Car qui est Marine Le Pen ? La « candidate du peuple » ? Ou une grande bourgeoise du Domaine de Montretout, née avec une cuillère en argent dans la bouche, qui défend la République mais a inscrit ses enfants dans les bons lycées cathos de la banlieue Ouest comme tant d’autres réacs de la Manif pour tous ? Une fille d’ouvrier ? Ou celle d’un parvenu héritier d’une grosse fortune ? Une avocate vêtue d’un tailleur strict et d’un catogan blond platine.

Marine Le Pen dénonce sans cesse les institutions européennes, les élites corrompues et les puissances de l’argent ; mais la vérité c’est qu’elle se moque du peuple qu’elle prétend représenter.

Les élites, elle en fait partie. La corruption, son parti et ses élus en sont les champions. Et l’Europe, c’est elle qui la nourrit ainsi que ses assistants fictifs.

La vérité c’est que l’affrontement annoncé entre Macron et Marine Le Pen est l’alternative choisie aujourd’hui par des élites qui tirent les ficelles et choisissent leurs poulains en fonction de leurs stratégies et des fluctuations d’une opinion qu’ils manipulent par médias interposés.

Complotisme ? Non : lucidité !

Ainsi Macron est le favori du système, qui se pliera religieusement aux diktats de la haute finance et de Bruxelles.

Tandis que Marine Le Pen incarne le scénario catastrophe qui précipitera la France dans un abîme d’où seule l’allégeance consentie à un sauveur labellisé par Big Brother pourra la relever en l’asservissant totalement à la Matrice.

Ceux qui sont incapables de comprendre cela préfèrent la torpeur des anxiolytiques et des hallucinogènes qu’on leur inocule à l’âpre vérité. Et renoncent à toute responsabilité pour s’endormir dans le confort narcotique du Mensonge.

On ne pourra pas dire qu’ils n’ont pas été prévenus, quand ils se réveilleront de leur songe et découvriront qu’une fois de plus on les a dupés. Hollande et Valls ne leur ont apparemment pas suffi pour comprendre que la social-démocratie à la française était un mirage, le libéralisme social un attrape-couillons et le « socialisme progressiste » un mot creux ressorti des oubliettes pour masquer une formidable arnaque.

Avec la caution de la girouette Bayrou voici Macron maintenant flaqué d’un allié qui ancre sa candidature dans un « centre » aussi fantasmatique qu’éphémère.

Mais cela rassure pour un temps les plus dubitatifs qui ont maintenant bonne conscience à s’engouffrer dans une aventure dont ils ne ressortiront pas vivants.

Puisque les jeux semblent pliés, souhaitons bonne chance à cette pauvre France incapable de s’inventer un avenir et qui préfère s’en remettre à chaque scrutin à des marchands de rêves de plus en plus habiles, cyniques et mensongers.

Il n’y a hélas qu’au lendemain des grandes catastrophes et d’années d’humiliation que les Français savent distinguer un grand homme d’un imposteur et le suivre en se choisissant un destin d’envergure.

Pour l’heure, c’est entre la France riquiqui de Marine Le Pen et l’abandon de toute idée de la France au bénéfice du Système mondialisé qu’il va falloir choisir.

Dans les deux cas, un suicide : celui du monde orwellien des milices et des barbelés. Ou celui d’Alice au Pays des merveilles en version 3D augmentée.