La « guerre » holographique et le banquier prestidigitateur

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Face à une gestion de crise du coronavirus et aux multiples erreurs et impréparations du gouvernement, l’idée se répand que Macron serait « le pire Président » de notre Histoire. Comme celle que ce gouvernement ne serait qu' »une bande d’incompétents » incapables de gérer cette crise sanitaire.

Quelle erreur de jugement ! Quel piège de la raison, destiné à masquer une indicible réalité !

Et ce pour une raison obscènement simple : Macron N’EST PAS PRÉSIDENT.

En effet, contrairement à ce que l’on pourrait croire, Macron n’a jamais cherché à se faire élire comme ses prédécesseurs, par goût du pouvoir et pour diriger le pays. Pour s’asseoir dans ce fauteuil de grand monarque républicain créé par de Gaulle et occupé par 7 Présidents successifs, avec plus ou moins de succès. Ni pour représenter la France, dans une continuité historique, culturelle et institutionnelle.

Il nous l’a assez vendu : Macron, c’est la rupture.
Mais pas exactement celle que l’on croit.

Macron n’a jamais été et ne sera jamais un « chef d’État ». Sauf pour amuser la galerie lors du Défilé du 14 Juillet, du G7 à Biarritz, ou le temps d’un cocktail emplumé à l’Elysée.

Tout simplement parce l’État, la France, la nation, la République, ses institutions, et même la démocratie, qu’il défend pourtant avec des trémolos dans la voix comme dans cette interview burlesque au Financial Times le 16 avril, Macron n’en a strictement rien à foutre.

Il n’a d’ailleurs jamais été « élu ». En voilà une idée bien saugrenue ! A moins de confondre le fantastique hologramme médiatique qu’on nous a servi en guise d' »élections » avec la réalité.

Un scénario élaboré de longue date, un casting d’anthologie, des rebondissements à couper le souffle, un suspense insoutenable, un duel au sommet captivant. Et un happy end digne des meilleurs films hollywoodiens : la méchante sorcière terrassée par le Prince charmant.

Et puis ce sacre solennel du Sauveur de la République dans le Palais des rois de France, face à la Pyramide maçonnique, avec sons et lumières, danseuses exotiques et musique électro sous les façades classiques du Grand Louvre. Quelle apothéose ! Quel panache !

Donc Macron n’est ni Président d’une République qu’il méprise, ni chef d’un État qu’il est payé pour déshabiller. Et il n’a même pas été élu par des Gaulois aussi réfractaires que manipulés, à l’issue du plus sanglant exercice de chamboule-tout de la République.

Macron n’est que le haut fonctionnaire d’un système qui l’a propulsé au sommet pour lui faire appliquer son agenda à la lettre. Après l’avoir repéré dès la sortie de Sciences Po, biberonné au bon lolo progressiste, et flanqué de bonnes fées libérales pour nurser sa carrière sous les meilleurs auspices : Attali, Rothschild, Brabeck, Bébéar, Bergé, Bolloré, Niel et tant d’autres.

Macron est un non-Président pas comme les autres. La fourberie, le marketing politique, la comm, il en maîtrise toutes les arcanes à merveille. Parler des heures pour ne rien dire, il sait faire comme personne et il adore.

Mais comment l’accuser d’être mauvais ou à côté de la plaque quand on lui demande d’effectuer un job pour lequel il n’a pas été programmé ? Sauver des vies ? Mais ça ne figure pas dans le manuel du parfait petit grouillot apprenti dictateur !

Pourtant, face à cette étrange pandémie, le banquier Sensodyne se mue soudainement en Général Pinocchio : « Nous sommes en guerre !« , martèle-t-il sur un ton martial.

S’agit-il d’une métaphore ou d’une vraie guerre ? Aucune des deux ! Juste une arnaque hollywoodienne de plus. Pour fasciner les foules, les terroriser et les mettre en coupe réglée, bien confinées, rien de tel qu’un bon scénario catastrophe du type pandémie-zombies. Après le terrorisme, l’Apocalypse climatique ou migratoire, place à l’ennemi le plus invisible qui soit, et donc le plus flippant et le plus commode de ces 30 dernières années !

Il faut le dire : Macron est excellent acteur ! Tantôt prophète, comme Charlton Heston conduisant les esclaves hébreux vers la liberté. Ou Robert Powell et ses prêches hallucinés dans Jésus de Nazareth. Tantôt héros de guerre, comme Marlon Brando face aux mutinés du Bounty (Gilets jaunes), Denis Quaid face à l’Apocalypse climatique (dans Le Jour d’après), Rambo face à l’hydre islamiste, et même Tom Cruise face aux aliens dans La Guerre des mondes : il les niquent tous ! Aujourd’hui c’est le rôle Will Smith dans I Legend qu’il reprend : ce dernier survivant d’une civilisation décimée, en guerre contre un virus mutant échappé d’un labo et une armée de zombies anthropophages.

Donc Macron n’est nullement mauvais face à cette crise. Il est même très très bon ! Y compris sur les résultats obtenus.

Car soyons sérieux : quels sont ses objectifs ? Protéger les Français ? Limiter le nombre de morts et de contaminations ? Délivrer les moyens et mobiliser les ressources nécessaires pour endiguer l’épidémie ?

Mais vous n’y êtes pas ! Macron n’a jamais été posé là pour servir les Français, mais la finance, les multinationales et les lobbies qui l’ont fait élire.

Au premier rang desquels le lobby des vaccins et le lobby pharmaceutique. Bayer-Monsanto, Giléad, AbbVie, Roche, sont des exemples parmi d’autres de ces lobbies champions toutes catégories de la corruption du milieu médical, des agences de santé, mais aussi des politiques, qui font et défont réputations et élections, et qui ne reculent devant rien pour déployer leur stratégie.

Ceux-là avaient déjà généreusement financé, qui la campagne de 2017, qui LREM, qui ce « Comité Scientifique » totalement bidon composé exclusivement de lampistes bardés de conflits d’intérêts. Et ils attendent fermement un retour sur investissement.

Plus juteux en tout cas que l’acompte des 11 vaccins que Macron s’est obstiné en 2018 à rendre obligatoires pour les très jeunes enfants, contre l’avis de plusieurs sommités du monde médical.

A ceux qui ne l’auraient pas encore compris donc, ce cirque pandémique, cette précarité organisée de masques, de gels, de matériels médicaux, conduisant à un long confinement obligatoire, n’est destinée dans un pays corrompu jusqu’à la moelle comme la France qu’à préparer la sortie d’un vaccin, probablement obligatoire pour tous.

Ce qui suppose d’attendre que celui-ci soit prêt à être délivré. Et surtout que la population soit prête à l’accepter en masse sans broncher, car au bord du suicide après 2 ou 3 mois voire plus d’assignation à résidence surveillée. Encore faut-il qu’il y ait un réservoir suffisant de séronégatifs au coronavirus pour pouvoir les vacciner massivement avant déconfinement. D’où la nécessité d’un confinement imposé, généralisé et prolongé. Une stratégie préférée à celle de « l’immunité de groupe » choisie par d’autres pays, du traitement rapide des sujets suspectés d’être contaminés, et de la prophylaxie par les gestes barrière et la distanciation sociale.

Ce vaccin sera-t-il efficace ? C’est ce qu’on nous fait croire. Et c’est pour ça qu’il faut faire durer le plaisir, en prétextant attendre le verdict des essais thérapeutiques menés dans divers pays.

Et puis surtout il est capital de ruiner la réputation de ce Professeur rebelle et de son traitement miracle à 4€ la boîte, qui risquerait s’il était généralisé de tuer la poule aux œufs d’or. Ce à quoi « spécialistes » corrompus ou autoproclamés, médias de propagande, intellectuels de cour et autres gogos suiveurs s’acharnent à faire 3 mois après que le traitement a prouvé son incroyable efficacité, confirmée par d’autres études.

Quoi qu’il en soit, on vérifiera d’ici quelques mois à quel point Macron aura fait du bon boulot. Et ce succès se reflétera notamment dans les bénéfices publiés pour 2020 et 2021 par les labos concernés, alors que le monde aura sombré dans une apocalypse économique sans précédent. Aucun doute que des délits d’initiés pourront même être constatés concernant l’achat puis la revente spéculative d’actions de ces compagnies qui auront bondi entre temps, à rebours d’un des plus grands Pearl Harbor boursiers de l’Histoire.

Ceux qui oublient que Macron est un banquier et le reste sont des naifs et des dupes. Toute cette histoire de « guerre » et cette mise en scène quotidienne de la « crise sanitaire » diffusée par les médias de propagande n’est là que pour conditionner les esprits en leur faisant croire à l’hologramme déployé pour mieux les manipuler.

La qualité numéro 1 d’un banquier d’affaires est de savoir charmer et mentir habilement.

Si l’on suit ce critère, Macron est tout sauf un mauvais, c’est un maestro. Un acteur doublé d’un prestidigitateur. Un illusionniste. Capable de dissimuler ses vraies motivations et les vrais enjeux derrière un art oratoire consommé conçu comme un puissant soporifique, de se dérober aux analyses derrière un faux amateurisme destiné à brouiller les pistes. Autant de stratégies politiques, rhétoriques et d’image destinées à masquer une politique machiavélique et de sombres desseins, au service de discrets et puissants intérêts privés.

Une marionnette, un polichinelle, Macron l’est certainement. Mais redoutablement efficace, cynique et déterminé. Macron se moque d’être Président, ou de le rester en 2022 : son avenir à la banque Rothschild, dont il est toujours actionnaire, ou dans une autre officine du Nouvel Ordre Mondial, est d’ores et déjà assuré. La politique ne l’intéresse pas en soi. Ce n’est ni une passion ni une vocation, mais un instrument, un moyen. Un job temporaire et nécessaire pour mettre en place les réformes voulues et adapter l’exception française au laminoir néolibéral mondialiste.

Pour Macron le « maître » de la France n’est pas le Peuple souverain, mais l’Argent-roi. Macron n’est pas le premier serviteur de la République française, mais de la Banque mondiale. Ses héros historiques ne s’appellent pas Lafayette, Danton, Robespierre ou Camille Desmoulins, mais Morgan, Rockefeller, Rothschild ou Lehmann Brothers. Et son maître à penser n’est évidemment pas le philosophe humaniste, socialiste et protestant Paul Ricœur dont il prétend avoir été l’ami (quel imposture !) mais Milton Friedman.

Tout le reste, c’est du packaging. Une illusion. Un mirage. De la poudre aux yeux. Des promesses de bateleur, aussi fausses qu’interchangeables.

Depuis le début, ces premiers meetings ampoulés remplis d’abrutis séduits par « la jeunesse » et le côté « nouveau » d’un candidat sorti de nulle part, l’absence de programme noyée dans une soupe au « ni ni« , tout sonne faux. Et vide. Exactement comme ces marques de lessive qui ne changent rien à la formule, mais vous promettent tous les 3 mois un produit « nouveau« , « révolutionnaire » et surtout « 3 en 1 » (« Et en même temps« …) Tout et son contraire, au gré des modes et des fantaisies, pourvu que vous tombiez dans le panneau.

Macron, c’est le dernier avatar politique de la star strategy, une méthode de fils de Pub développée en France par Séguéla et ses disciples. Le contraire de la copy strategy, qui en communication prétend s’adresser à la raison, en déroulant rationnellement les arguments qui prouvent qu’un produit ou un candidat est efficace et meilleur qu’un autre. La star strategy est au contraire une machine à rêves, à fabriquer du mythe, une aura, une ambiance, une promesse, un vertige, à partir d’un contenu totalement creux, inexistant. Elle s’adresse à l’inconscient, à l’imaginaire, au cerveau droit. Et crée volontairement des messages subliminaux, manipulateurs, distillés dans un jargon, une symbolique, une mélodie, une nébuleuse, un cloud flou, éthéré, narcotique…

Macron Président n’obéissait pas à un choix raisonné, à une option sur catalogue mûrement soupesée. Mais à un achat d’impulsion. Comme ce clic sur le site d’En Marche !, qui suffisait pour devenir membre (sans cotiser) en 1/10e de seconde, gonflant ainsi rapidement et artificiellement le nombre d’adhérents de ce « parti » totalement bidon ressemblant plus à un fan-club de star du R&B ou à la page Facebook pour lancer la sortie du prochain Star Wars qu’à un vrai parti de sympathisants et militants. Un piège à cons. Sans aucun projet, vision ni objectifs : les véritables étant trop inavouables, il fallait alors beaucoup d’enrobage, d’entubage et de pommadage pour faire passer le clystère. Et que chacun y trouvât son compte face au cataclysme qui ruinait les partis traditionnels.

Macron c’est donc l’art d’attirer sur soi tous les fantasmes, toutes les projections, toutes les attentes. Puis de façon tout aussi impulsive, versatile, de concentrer sur sa personne toutes les haines, les rancœurs, les ressentiments. Comme un paratonnerre. Pour mieux les détourner, les neutraliser, les digérer, les dissoudre, les vider. Et rebondir sur ses pattes comme un chat tombé d’un arbre. Insaisissable. Presque inexistant.

Macron serait-il donc un fantôme ? Une chimère ? Un hologramme ? Une hallucination collective ?

Oui, en partie. Car Macron est le catalyseur des freins et des obstacles à l’évolution de la conscience collective.

Il joue sur nos ambiguïtés, nos faiblesses, nos lâchetés. Sans elles, ils ne peut occuper l’espace, et se répliquer dans les esprits, tel un programme parasite.

Macron c’est « Smith » dans le film Matrix. Un cadre en costume cravate noirs dénué de toute émotion. Cynique, impitoyable et déterminé. Virus-agent secret omniprésent et vigile cannibale du Système. Réplicable à l’infini, il n’est là que pour vous absorber, vous digérer, vous intégrer à la Matrice. Comme esclave, comme cheville ouvrière, comme simple robot, ou comme nouvel agent de surveillance zélé.

Macron n’a pas été élu, et il n’est pas non plus l’Élu, même s’il en caricature parfois l’allure avec ses postures compassionnelles quasi christiques et son Verbe sorti d’un mauvais sermon de catéchèse.

Mais à l’inverse de Néo, le héros christique de ce combat entre hommes et machines dans Matrix, le programme Smith ignore la vraie nature de cette réalité factice dont il aimerait lui aussi s’extraire. Il ne sait que combattre pour assimiler et répliquer. Servilement. Machinalement. Obsessionnellement.

Macron n’est pas vraiment humain, car il n’a ni cœur, ni âme, ni émotion. Son cœur, Dieu sait à qui il le donne ; à l’Argent sans doute. Son âme, il l’a depuis longtemps vendue à Mammon, dieu des richesses. Ses émotions, c’est aussi à cause de leur absence que les rois de la finance se sont entichés de lui : un homme ambitieux et déterminé, « avec une totale absence d’éthique républicaine », disait l’un d’entre eux. Une aubaine pour les stratèges néolibéraux pressés de détruire les états-nations.

Ce que ses anciens collègues de Rothschild ou de la Haute fonction publique s’accordent à reconnaître avec étonnement en lui c’est un être froid, organisé, souvent brillant, démesurément ambitieux, arrogant, méprisant, tout en se présentant à l’extérieur comme faussement chaleureux, un brin fragile, sensible, vulnérable.

Mais tout est faux chez lui. Son couple est faux. Son orientation sexuelle est fausse. Ses émotions sont fausses, singées, calculées. Ses engouements, ses exaspérations, ses atermoiements sont faux.

Que ce soit pour les victimes d’un ouragan, pour un film de propagande islamiste césarisé (Les Misérables), pour les aide-soignantes qui se battent pour sauver des vies. Et même pour la France, qu’il célèbre comme pour s’en moquer en invitant des drag queens le 14 Juillet à l’Elysée.

Le seul moteur de cet équilibriste au service de ses maîtres et de sa propre gloire, c’est l’ambition et l’orgueil. Et bien sûr l’avidité et le pouvoir. Surtout pas un idéal, une vision, des valeurs. Pour lui ces catégories relèvent des faiblesses trop humaines, méprisables. Quand on fait partie de la race des maîtres du monde, ou du moins qu’on les sert et les côtoie, car Macron n’est absolument pas de ceux-là, on ne s’abaisse pas à la compassion, à rêver d’un monde meilleur, plus juste et plus fraternel, comme ces boomers ex hippies.

Pourtant Macron n’a que ces mots-là à la bouche quand il s’agit de charmer. On croirait presque entendre un chanoine prêcher du haut de sa chaire. Serait-il schizophrène, ou simplement hypocrite ?

Non, Macron n’est pas Bossuet. Plutôt Caligula. Ou la réincarnation de son homonyme, le préfet romain Naevius Sutorius Macro, dit Macron, éliminateur de sénateurs, assassin présumé de Tibère, faiseur d’empereurs, politicien machiavélique et ami de Caligula.

C’est comme quand il parle du « Destin« , de « spirituel » et de « transcendance« , avec un air halluciné, le regard vague et une voix de possédé. Théâtre ou folie ? Tout porte à croire qu’il s’agit de théâtre, de manipulations destinées à égarer l’auditeur, en cultivant le mystère autour de sa personne.

A moins que Macron ne soit l’un de ces pantins totalement fabriqués et manipulés par le système, selon les bonnes vieilles méthodes de manipulation et de programmation mentale mises au point depuis le programme Monarch ou MK Ultra développé par le CIA dans les années 1950 à 1970. Fort plausible vue la psychologie du gamin. Et les zones d’ombre de sa personnalité, comme son homosexualité compulsive et son addiction à la cocaïne qui le rendent plus manipulable.

DICTATURA ET INSURRECTIO

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Dictatura.

Dans la République romaine, magistrature exceptionnelle qui attribuait tous les pouvoirs à un seul homme, le « dictateur » : celui qui parle.

Cette magistrature suprême, désignée pour une durée temporaire de six mois maximum, était accordée en cas de péril grave contre la République. Elle fut abolie après Jules César.

Le mot « dictateur » désigne aujourd’hui celui qu’on appelait plutôt un tyran dans l’Antiquité, ou despote dans l’Ancien Régime. Cette acception s’est développée pendant la Révolution française et surtout pendant la période contemporaine.

Dans L’esprit des lois, Montesquieu considère le despotisme comme un gouvernement qui ne respecte pas les libertés individuelles et qui se fonde sur la crainte.

Insurrectio.

La Déclaration des droits de l’homme de 1793, promulguée dans une période d’effervescence révolutionnaire maximale marquée par la guerre des armées françaises contre les armées étrangères « contre-révolutionnaires » et l’adoption par le Comité de Salut public de mesures exceptionnelles pour « sauver la Révolution », précise que désobéir est un devoir pour tout homme qui aspire à un monde meilleur…

« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »
(Article 35)

Qu’en est-il aujourd’hui ?

En France, certains qui dénoncent la dérive autoritaire du régime de Macron, n’hésitent plus à le qualifier de dictature.

Pourtant Macron ne correspond pas vraiment au profil du dictateur tel que l’Histoire récente nous en a livré quelques sinistres exemples. A gauche : Staline, Mao, Pol Pot, Caucescu, Castro, Chavez. Et à droite : Hitler, Mussolini, Franco, Pinochet.

Le champion du « ni ni » ressemble plutôt à l’un de ces hauts fonctionnaires falots et autres lampistes ambitieux du Système, un valet servile de l’élite ploutocrate, et un parfait maître d’ouvrage de la normalisation progressiste, plutôt qu’à un autocrate aventurier prêt à embarquer son peuple dans une aventure périlleuse selon son seul bon vouloir et ses seules lubies.

Repéré très jeune par ses mentors, son personnage politique a été fabriqué de toutes pièces par quelques druides du marketing, en gommant soigneusement les aspérités un peu gênantes du personnage privé (comme son homosexualité) pour construire un mythe fondé sur du vide, comme on fabrique l’aura d’un nouveau produit pour le lancer sur le marché.

Macron est un pur mirage. Un hologramme. Une illusion collective. Aujourd’hui sérieusement abîmée. Un écran sur lequel sont venues se projeter les attentes du peuple et les fausses promesses de l’oligarchie ultralibérale.

Macron est tout sauf un chef d’Etat, encore moins le portrait d’un « grand homme » comme de Gaulle, ou de « l’homme providentiel » qui émerge en tant de crise et cristallise sur sa personne les espoirs, l’âme et le destin d’une nation.

C’est même l’exact opposé. Un pur gestionnaire, brillant et intelligent certes, bien formé et bien rodé aux arcanes de la finance et de l’économie de marché, mais de fait radicalement incapable de s’émanciper d’une politique qui se veut efficace et pragmatique, et se considère de facto comme « objective », alors qu’elle n’est que la traduction en actes d’une idéologie éminemment totalitaire. Tout entière dévolue à la prééminence du Marché, à l’appropriation de tous les pouvoirs et à la gouvernance du monde par une micro-élite d’ultra-riches vivant dans l’ombre et à l’abri des soubresauts du monde qu’ils instrumentalisent à leur profit.

Macron est bien « l’homme qui parle ». C’est même la seule chose qu’il sache faire ; tout le reste de ses gesticulations n’est qu’exécution d’un programme écrit ou relayé par d’autres : Commission Européenne, OMC, groupe Bilderberg, lobbies industriels et financiers, puissances étrangères comme les Etats-Unis.

La vraie dictature que nous subissons aujourd’hui n’est donc pas celle d’un seul homme. Mais celle d’une élite déterminée à nous esclavagiser en nous transformant en producteurs-consommateurs, en machines à fabriquer de la plus-value, à rembourser les intérêts de la dette, puis en produits tout court, customisables et commercialisables à l’infini selon les caprices du Marché.

Face aux émeutes de 2018-2019, à l’insoumission populaire face aux violences policières et à la cadence des réformes, ou même face à cette crise sanitaire inédite une nous traversons, Macron n’est nullement le chef d’une armée qu’il rêverait d’être avec ses accents grandiloquents pastichant Clémenceau, un héros de la France qui mènerait une « guerre » contre un ennemi invisible. Mais davantage un proviseur de lycée chargé de maintenir l’ordre dans une cour de récré.

S’il échoue à rétablir l’ordre et à mettre la France au pas comme d’autres nations dans le monde, il n’aura pas droit à sa retraite dorée en 2022 comme patron d’une banque d’affaires aux bénéfices grossis par les nouveaux produits de capitalisation.

Qu’en est-il de la situation dans le monde ?

Au cours de l’année 2019, 27 pays, peuples ou territoires autonomes, parmi lesquels l’Algérie, la Tunisie, le Liban, l’Egypte, le Soudan, l’Irak, la Syrie, le Kurdistan, l’Iran, Haïti, la France, l’Allemagne, la Catalogne, le Chili, la Bolivie, l’Argentine, l’Equateur, le Venezuela, Hong Kong et même la Suisse, sont entrés en ébullition comme jamais auparavant en période de paix.

Touchés par des mouvements contestataires anti-régime, antisystèmes, pro-climat ou autre. Avec des manifestations et des mouvements de foules irréductibles, des émeutes, des insurrections, voire d’authentiques guerres civiles opposant des peuples à des régimes autoritaires ou dictatoriaux, des gouvernants corrompus ou incapables.

Le point commun de ces émeutes : opposer non pas deux forces politiques organisées et antagonistes, mais pousser des mouvements populaires inorganisés contre des pouvoirs qui se croyaient établis. Ce qu’on peut objectivement considérer comme un signe de santé démocratique chez ces peuples qui refusent l’exercice autoritaire du pouvoir, et se dressent contre différentes formes de normalisation par la force.

Et puis, avec l’hiver et la nouvelle année, est arrivée de Chine cette épidémie sournoise de coronavirus. Une épidémie mortelle. Bien plus en tout cas qu’une simple grippe saisonnière.

En quelques jours ou semaines, des mouvements de contestation dont certains s’éternisaient depuis plus d’un an ont été anéantis par les mesures de « précaution » sanitaire puis de confinement plus ou moins drastiques mis en place par les dirigeants de ces pays.

Dire que cette épidémie est une aubaine pour des régimes autoritaires qui peinaient à mater la rébellion est une douce litote.

De là à en conclure que le Covid-19 serait un coup monté, il ne faudrait sombrer dans le péché de conspirationnisme ! D’autant qu’une évidence crève les yeux : face à l’urgence sanitaire, tout genou rebelle a aujourd’hui plié. Les grognards sont rentrés chez eux. La guéguerre civile comme le processus démocratique sont gelés, le temps de vaincre ce fléau planétaire. Du moins c’est ce qu’on nous assure. Pas d’autre choix que se serrer les coudes, et de faire bloc autour du chef, élu ou pas.

Dictatura.

En France, dès le mois de février les rassemblements de plus de 5000 personnes ont été interdits. Puis ceux de plus de 1000 personnes, 500 personnes, 100 puis 5 personnes.

En clair, plus aucune réunion, manifestation, déclarée ou non, n’est désormais possible. Plus aucun événement privé non plus. Ni aucun rassemblement à caractère politique, syndical, associatif, sportif, culturel, religieux ou festif. D’ailleurs cafés, restaurants, commerces non vitaux, musées, salles de spectacles, discothèques, salles de sport, salles de jeux, espaces de loisirs, festivals, fêtes foraines, et tous les lieux de cultes sont désormais fermés. Et pas prêts de rouvrir.

Impossible donc depuis le 17 mars de se marier, de se faire baptiser, ou même enterrer. Sinon en catimini. Ceux qui veulent mourir sont priés de se faire discrets.

Bien avant que l’économie ne soit sérieusement impactée, c’est toute la vie sociale, culturelle, religieuse, sportive, relationnelle, familiale voire affective des Français qui s’est retrouvée pétrifiée.

Ceci n’a pas empêché le gouvernement de faire adopter sa fameuse réforme des retraites grâce au 49.3 un dimanche après-midi dans une Assemblée déserte, après des mois de fronde unanime des Français tous corps de métiers confondus, du Conseil de la Magistrature et du Conseil d’Etat.

Ne reste aujourd’hui aux Français assignés à résidence et interdits de sortie sauf en cas d’extrême nécessité que la télé qui débite toute la journée les mêmes Editions spéciales angoissantes sur la progression galopante de l’épidémie et la carence de moyens pour la combattre. Le même décompte de morts, de personnes touchées et d’hôpitaux pris d’assaut. Les mêmes consignes de prévention et gestes barrière répétés en boucle. Ou bien les réseaux sociaux, seul moyen de conserver une vie sociale « distanciée » et de faire vivre une conscience collective cannibalisée par la politique-spectacle et les minutes de la Fin du monde diffusées en direct continu sur toutes les chaînes mondiales.

Et pour ceux qui voudraient à tout prix échapper à la petite boutique des horreurs et au grand Flip Pour Tous, reste la solution d’une plongée autiste en apnée loin de tout, dans une bergerie des Causses sans électricité ni connexions, ou dans une cave blindée au 5e sous-sol d’un immeuble de bureaux déserté par les rats.

On pourrait se contenter d’en rire si la situation n’était extrême grave, et totalement inédite dans une démocratie en tant de paix.

On pourrait se contenter de déplorer les « erreurs » de l’exécutif en se promettant le jour venu de lui réclamer des comptes, si ce faisceau de dysfonctionnements administratifs et de choix politiques inacceptables ne convergeaient vers une seule et même conséquence fâcheuse : l’abolition pure et simple de la démocratie.

Bien sûr il y a les propos dramatiques et en même temps rassurants du chef de l’État et de son Premier ministre : « Nous sommes en guerre« . « Ces mesures sont exceptionnelles et destinées à soutenir l’économie » (s’agissant des nouvelles entorses graves au Droit du Travail décidées « dans l’urgence » pour permettre la continuité d’une économie a minima). « Saluons le travail exceptionnel… » blablabla, etc…

Mais les faits sont têtus : jamais aucun gouvernement sous notre République, et jamais aucun dirigeant depuis que Macron avait commencé à piloter la politique sociale et économique de la France en tant que « conseiller » de Hollande puis Ministre de l’Economie en 2014, n’avaient autant fait dans notre pays pour détruire méthodiquement et en quelques années seulement notre système de protection sociale. Pour réduire à ce point les droits des travailleurs, des chômeurs, des syndicats. Puis réduire considérablement en un temps record les libertés fondamentales.

Passons sur le « cafouillage » des municipales. Un premier tour maintenu contre toute raison, mais un second tour reporté dès le lendemain. Au plus tôt au 21 juin. Une situation inédite et d’ailleurs inconstitutionnelle. Est-ce parce que les résultats de LREM étaient moins catastrophiques que prévus que ce premier tour n’a pas été tout simplement annulé ? Compte tenu de l’urgence sanitaire aucun commentateur politique ne s’est posé la question. Passons donc à la suite…

Atteinte à la liberté de manifester avec cette répression policière sans précédent depuis la Commune de Paris (même en mai 1968) contre des manifestants défilant légalement pour défendre des droits et réclamer plus de justice sociale.

Atteinte à la liberté de réunion, quand le gouvernement interdit les rassemblements même familiaux au motif de confiner la population selon une stratégie de lutte contre un épidémie très contestée par nos partenaires.

Atteinte à la liberté d’expression, quand au motif de « lutter contre les atteintes à la vie privée » ou « les fake news » le gouvernement fait adopter plusieurs mesures visant à limiter considérablement la liberté d’expression en public, dans les médias, sur internet et les réseaux sociaux.

Atteinte à la liberté d’expression, mais aussi à la liberté de la presse, quand au nom de cette même « défense de la vie privée » comme au nom de la lutte contre le racisme, le sexisme, la xénophobie, l’homophobie, contre tout propos jugé « insultant » voire attentatoire à la « liberté de conscience« , le gouvernement ou l’un de ses ministres voudrait censurer toute opinion non politiquement correcte, ou tout propos qui « insulte les croyances religieuses » (comme si une croyance pouvait se sentir insultée…) d’une personne ou d’une communauté. Rétablissant ainsi le délit de blasphème propre aux théocraties et le délit d’opinion propre aux dictatures. De plus, une entrave explicite au principe de laïcité, et au principe constitutionnel d’unité et d’indivisibilité de la nation qui préserve celle-ci de toute fragmentation communautariste.

Atteinte à la liberté de se déplacer, quand au nom d’un confinement renforcé très contestable tous les citoyens sont assignés à résidence, interdits de sortir de chez eux sauf motif impérieux, et interdits de circuler même en voiture confinée pour rendre visite à leur conjoint, un ami, ou simplement changer de lieu de confinement.

Tous confinés. Et ceux même parmi le corps scientifique qui mettraient en doute le bien-fondé de ces mesures ou refuseraient de s’y plier scrupuleusement seraient considérés comme des traîtres, des renégats et des ennemis de la Nation. Puisque notre bon Président vient tout justement de redécouvrir le sens vertueux de « faire nation, au fond« .

« Solidarité » en macronie est le nouveau verbiage à la mode pour désigner cette obéissance zélée doublée d’une soumission inconditionnelle de tous à un seul.

Dans la nomenclature politique cela s’appelle une ?…

Dictature !

« Allez donc voir à quoi ressemble une dictature !« , rétorquait il y a peu le Général Pinocchio à ces philosophes insoumis comme Onfray qui se permettaient de sous-entendre que son régime et ses violences policières faisaient de plus en plus ressembler la « démocratie française » au Chili de Pinochet plutôt qu’à la Norvège ou à l’Islande (les 2 pays reconnus comme les plus démocratiques en 2019 par The Economist).

En tout cas, si les « Gaulois réfractaires » sont aujourd’hui priés de rentrer dans le rang et chez eux, cette consigne ne s’applique par de façon démocratique et égalitaire à tous.

Ainsi ceux qui sont jugés par l’Etat ou leur patron indispensables au bon fonctionnement de l’économie ou de l’entreprise n’ont pas vraiment la possibilité de faire valoir leur droit de retrait. Descendre sa poubelle avec une autorisation de sortie signée de la veille vous vaut de sérieuses remontrances et 135€ d’amende. Mais si l’on vous ordonne d’aller au front pour sauver l’économie, pas question de tergiverser !

Autre inégalité tout aussi problématique, celle qui oppose les grandes villes aux banlieues.

Et ces images sidérantes de places vides à Paris, Bordeaux ou Lyon comme après un cataclysme atomique qui tranchent avec celles des quartiers insurgés de Saint-Denis ou Argenteuil noirs de monde comme à Alger même à 2 heures du matin, avec ces mômes qui jouent à taquiner les keufs en leur jetant des pierres au milieu des bagnoles cramées.

Tous confinés ? Non. Les « territoires perdus » résistent encore et toujours au césarisme macronien. Lequel ne cherche d’ailleurs absolument pas à les mettre au pas. La potion magique de ces irréductibles ? Le vote islamiste ! Officiellement il faut éviter à tout prix de voir s’embraser des banlieues déjà très susceptibles. Et laisser les trafics se perpétuer, les racailles aller et venir, tabasser policiers et pompiers pour se défouler, sans trop y regarder. Comme les voyous faire la loi dans les cités, peu importe qu’ils ajoutent le terrorisme ordinaire à l’angoisse sanitaire pour des habitants otages de ces caïds, et condamnés à vivre dans ces états dans l’État totalement en marge de la République.

Cette démission, pire cette collusion de l’autorité publique avec des voyous sécessionnistes et des djihadistes fichés S pour acheter une paix sociale très relative et négocier des voix avec les chefs de fiefs islamistes, relève de la haute trahison. En tant de guerre, c’est la Cour martiale. En tant de paix, la Haute Cour de Justice, que Macron tente opportunément depuis 2 ans de supprimer…

Une telle attitude indéfendable relève de l’abdication volontaire d’une des missions régaliennes de l’Etat, qui est d’assurer la sécurité de tous citoyens et le respect de loi sur tout le territoire, notamment durant l’état d’urgence. Mais aussi de garantir l’indivisibilité de la République et l’intégrité territoriale, avec une égalité de maintien des services publics, notamment les forces de l’ordre, sur tout le territoire national.

Face à une telle démission des pouvoirs publics, à de tels manquements dans l’exercice des missions régaliennes de l’État, à des erreurs ou des choix partisans aussi coupables en période de crise majeure, une telle restriction de ses libertés fondamentales sans garantie de la protection qui lui est due en termes sanitaire ou sécuritaire, le peuple est aujourd’hui face à une impasse radicale.

Le Parlement est aujourd’hui neutralisé. On l’a vérifié encore tout récemment avec l’adoption de la réforme des retraites grâce au 49.3 face à l’obstruction, qui constitue un vrai déni de démocratie : le Parlement n’est plus en mesure aujourd’hui d’assumer son rôle de contrôle du gouvernement et de sanction de l’exécutif. Notamment en engageant comme le prévoit l’Article 68 de la Constitution une procédure de destitution immédiate du Président pour manquement grave à ses devoirs, abus de pouvoir ou haute trahison. Dans le contexte politique actuel, une telle procédure demandée par un groupe de citoyens qui saisiraient leurs parlementaires n’aurait aucune chance d’être mise en œuvre. Encore moins d’aboutir avec des députés LREM qui détiennent la majorité absolue.

En conséquence, la seule alternative qui reste au peuple français en l’absence d’élections présidentielles et législatives anticipées, élections dont on connaît de toutes façons le degré de manipulation, c’est l’insurrection.

Cette hypothèse est non seulement possible, elle est conforme à nos principes républicains. Même si elle n’est pas dans la culture française, du moins depuis l’époque des « révolutions » antimonarchistes des 18e et 19e siècles.

« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

Sans doute serait-il bon de méditer ensemble ce principe dans une période comme la nôtre, « critique » à bien des égards.

Insurrectio.
HIC ET NUNC !

Dans l’échelle des valeurs, laquelle faut-il placer au pinacle ? La vie et la santé ? Et cette fausse « solidarité » dictée par la trouille de clamser à son tour et le sentimentalisme nourri par les images de malades et l’énumération des victimes diffusées en boucle ? Au risque de continuer à vivre sainement et longtemps mais enfermés dans une dictature ? Ou bien la liberté, l’égalité, la fraternité ? Avec le risque de perdre quelques années de vie mais la chance de voir grandir ses enfants dans un pays libre, un monde libre, ouvert, uni, apaisé et vraiment fraternel ?

Autrement dit, quelle est aujourd’hui la motivation du Français moyen ? Se serrer les coudes et se serrer à 5 dans 60 m2 pour sauver égoïstement sa peau et son petit confort ? Alors que d’autres crèvent dans la rue, que d’autres pays moins nantis comme en Afrique seront demain atrocement impactés par cette pandémie et connaîtront des millions de morts ?

Attendre la prochaine pandémie engendrée par notre appétit irraisonné de conquête et de consommation, notre inconscience collective à l’égard des autres espèces et des grands équilibres écologiques ?

Ou bien sauver l’esprit de la République, les valeurs de la démocratie, le sens de l’intérêt général et du bien commun à l’échelle planétaire ? Promouvoir la liberté et les droits humains pour tous les terriens ? Construire un monde pacifique et fraternel, face à une pandémie ultralibérale qui utilise un virus et la peur qu’il inspire pour imposer son Nouvel Ordre Mondial, cynique et totalitaire ? Au risque de mettre sa propre vie en danger pour défendre un Idéal plus élevé que la vie individuelle. Un Idéal qui n’est pas un mirage marketing big brotherien mais une réalité choisie, vécue et partagée.

Une réalité pour laquelle nos pères ont sacrifié leur vie par millions. En 1914, en 1939, et à d’autres moments de notre Histoire. Chaque fois que la menace de la tyrannie, intérieure ou extérieure, a justifié que le peuple s’insurge, que la nation se dresse comme un seul homme, avec ses dirigeants ou contre eux, afin de défendre ses droits, son territoire, sa culture et ses valeurs. Dans une optique humaniste et universaliste, et non pour se recroqueviller sur une « préférence nationale », une « nation » jalouse et étriquée, des privilèges de naissance, de race ou de caste.

« FAIRE NATION » ?… Chiche !

Et pourquoi pas, face à l’objective oppression que constitue ce régime autoritaire, cette « démocrature » mondiale qui ne s’avoue pas, qui promet de façon mensongère d’étendre la démocratie au monde entier pour mieux resserrer son étau sur des états-nations exsangues, et faire main basse sur leurs ressources, face à cette contamination de la République, de ses institutions et de son logiciel éthique par un virus qui la délite et l’asphyxie en promettant une liberté factice…

Pourquoi pas à nouveau tenter de… FAIRE RÉPUBLIQUE ?

Pourquoi pas oser enfin FAIRE HUMANITÉ ?

2020 : Dictature Année Zéro ?

Mis en avant

Il y a peu de temps encore on ne pouvait pas parler de « dérive autoritaire », encore moins de « dictature » en France, ni affirmer que la « démocratie », même chez nous, n’était qu’une façade, sans se faire accuser de « complotisme » – le réflexe pavlovien des idiots utiles et des pétochards alignés sur la Doxa progressiste – ou de faire le jeu des « fascistes« .

Les yeux commencent à se déciller maintenant avec l’inflation des violences d’État. Violences policières mais aussi politiques, économiques, sociales, fiscales, juridiques.

Et aujourd’hui cette violence nouvelle, « sanitaire », apparue avec la crise du coronavirus. Une violence absolument révoltante parce qu’assimilable à un génocide. Et qui consiste à choisir arbitrairement qui va vivre et qui va mourir, la vie humaine étant aux yeux de nos dirigeants une valeur moins importante que la rentabilité hospitalière.

Autant de violences diffuses et protéiformes, tantôt évidentes tantôt insidieuses, mais toujours recouvertes par une langue de bois digne d’un sermon de catéchèse déroulé en novlangue progressiste.

La majorité d’entre nous ne sommes qu’au début de cette séquence de dégrisement.

Quand nous aurons enfin les yeux bien ouverts, nous comprendrons que tout ce sketch démocratique, toute cette mise en scène médiatique autour du pouvoir et des élections ne sont rien d’autre qu’un gigantesque hologramme grandeur nature destiné à nous endormir et nous gruger. A nous faire croire que nous serions le « peuple souverain », que nos monarques seraient réellement « élus », que le Parlement ne serait pas autre chose qu’un théâtre et une chambre d’enregistrement, une claque, et que nous serions tous consentants pour choisir ce sort ignoble d’esclaves producteurs-consommateurs béats, abrutis de télé poubelle, d’infos falsifiées et autres hanounasseries destinées à nous maintenir en état de réceptivité hallucinatoire.

Nous comprendrons alors que Macron n’a rigoureusement aucune « légitimité démocratique« . Qu’il n’a jamais été « élu par les Français« . Fût-ce par 1/8e du corps électoral. Qu’il n’est d’ailleurs même pas « Président de la République française« , encore moins « chef d’Etat » (quel Etat ?…), mais juste un haut fonctionnaire du Système.

Une pure imposture.

Que cette élection de 2017 rocambolesque, unique dans l’Histoire de la Ve, n’a jamais été qu’une splendide mascarade.

Examinons le détail du casting et du scénario de l’époque.

Premier champion du Système « élu dans un fauteuil » : Fillon. Forcé d’endosser dès le 2e acte le rôle du tartuffe pourri, du bouc émissaire commode du dégagisme. Puis Mélenchon : la caricature du populiste bolchevique, prophète du Prolétariat teinté de quinoa biolivardienne, mais radicalement incompatible avec le 21e siècle post-moderne. Hamon : frondeur improbable ayant envoyé vallsé l’As des traîtres. Utopiste décalé rescapé de l’extinction des dinosaures et idoles des jeunes. Une sorte d’anticapitaliste bio remixé dans un Apple Store.

Des cadors auxquels il faut ajouter quelques spécimens cocasses parmi les outsiders, histoire de pimenter le script. Asselineau en disque rayé ânonnant en boucle quelques versets sataniques de la Constitution Européenne, du Code Civil et du Code des Montres et Pendules. Arthaud dans le rôle de la furie trotskyste, un râtelier de couteaux effilés entre les dents. Poutou dans le rôle du grand-frère anticonformiste et babacool, parti taquiner keufs et bourgeois pour faire glousser les camarades syndicalistes. Lassalle dans le rôle du grand bâton de berger descendu de ses montagnes, chantre des traditions rurales et populaires, parfumé au lait de chèvre avec quelques relents sexistes et homophobes. Et Cheminade dans le rôle du Pierrot lunaire jamais sorti de sa fusée.

On passera sur Dupont-Aignan, succédané pleurnichard de la vraie vedette de ces élections…

Car bien sûr c’est elle que tout le monde redoute ou attend, l’irremplaçable Marine Le Pen dans le rôle de la méchante du film : la Maléfique néonazie. Chouchoutée par tous les médias parce qu’indispensable pour faire gagner le champion au second tour.

Au fait, dans cette farce en 3D à rebondissements destinés à amuser le peuple, qui est vraiment Macron ?

Un mirage. Une idée. Une hallucination.

Un nouveau venu encore inconnu 3 ans auparavant. Un look propret, un verbe, des postures, une success-story et un positionnement de campagne savamment millimétrés par ses officines de marketing politique. Les mêmes qui nous vendent chaque jour de la merde pour nous faire crever à petit feu.

Quant aux médias qui ont quasiment tous contribué à fabriquer le mythe, permis son ascension dans l’opinion publique et fait campagne pour lui, ils ont servilement chroniqué et donné vie à un scénario écrit à l’avance.

Depuis l’entrée par les coulisses du pouvoir en tant que conseiller de Hollande chargé de dicter la politique économique de la France, jusqu’au Sacre impérial au soir de l’élection devant la Pyramide maçonnique trônant au beau milieu du Palais des rois de France : du jamais vu même au temps de de Gaulle ! En passant par ce faux couple d’opérette entre un homo placardisé et son ancienne prof de lycée, marâtre et conseillère privée.

Tout avait été si méticuleusement choisi, pensé, repéré, calibré. Et fut réalisé comme un chef d’œuvre du péplum hollywoodien. Cette Ascension vers le pouvoir jusqu’à la scène du Triomphe en carton-pâte aurait mérité un Oscar du Meilleur acteur au Pinocchio du Système, et celui du Meilleur film, du Meilleur scénario, du Meilleur réalisateur à ce « Projet« , dont la teneur se résumait à la jeunesse de l’impétrant. Avec pour unique promesse ce slogan d’une bêtise et d’une efficacité inouïes : « Macron, c’est nouveau ! »

Depuis 3 ans que cette arnaque magistrale nous a été infligée à notre corps consentant, tout n’a été que mensonge et déni. Fausses promesses et vraies tromperies. Ajoutées à une froideur implacable, un cynisme hors norme, une détermination irascible à dérouler un agenda conçu par les mentors du Pinocchio de la dictature oligarchique.

Les mêmes qui l’avaient repéré tout jeune à peine émoulu de Sciences Po. Qui l’avaient biberonné au bon lolo progressiste, avaient sponsorisé sa carrière et son ascension vers le sommet : haute fonction publique, Commission Attali, Banque Rothschild en tant que dirigeant associé pour y apprendre les arcanes de la haute finance et les « valeurs » de l’élite mondiale, dont il sera désormais le fidèle valet. Puis conseiller du Prince, et enfin Ministre des Finances, le temps d’aiguiser ses canines de prédateur cynique en réalisant quelques fructueuses martingales grâce à la vente à des vautours étrangers de quelques joyaux de l’industrie française comme Alstom.

La suite on la connaît : parti politique bidon, entrée en campagne par les routes secondaires, construction d’un hologramme politique de candidat jeune, intelligent, dynamique, compétent, intègre, volontariste « et en même temps » à l’écoute des préoccupations populaires.

Même son absence de programme a été volontairement retournée à son avantage : chacun pouvait y projeter ses attentes et ses désirs. Le faux et le flou de ce personnage furent la matrice et la condition du Rêve, de cette puissante épopée narcotique collective.

Le temps d’une folle campagne en tout cas.

Le mirage Macron s’est ainsi construit en creux dans la conscience collective. Jusqu’à ce que cette promesse fondée sur un vide absolu, ce conte de fées autour d’un Prince Charmant en toc sorti tout droit d’un casting de film de pub, cette hystérisation manipulée des espoirs individuels et des émotions collectives comme dans un festival rock, aboutissent à l’opposition finale de deux héros totalement antagonistes mais absolument complémentaires.

D’un côté la vieille héritière du parti de la France rance, populiste, xénophobe, étriquée, recroquevillée sur ses peurs et ses ressentiments. Et de l’autre le Peter Pan des gogos venu emmener les orphelins de Marianne vers le Pays Imaginaire des bisounours polyglottes, multiculturels, hyper connectés, hyper mobiles et mondialistes.

L’arrière-garde des losers frustrés contre l’avant-garde des winners au sourire Sensodyne.

Un clash générationnel aussi.

D’un côté les « boomers » de la Génération Mitterrand, déclassés par la « start-up nation » et frustrés de la disparition de l’État-Providence. Auxquels s’ajoutent parmi les premiers électeurs de la Marine la génération des 18-30 ans les plus laminés par la crise et le chômage, du moins ceux qui ne s’abstiennent pas. Et qui tiennent à donner de la voix pour dire à quel point ils haïssent ce monde faux dans lequel ils n’ont pas leur place.

De l’autre la Génération Macron, celle des « momos » (mobiles moraux), hyper dynamiques, hyper performants, hyper réactifs, hyper conformistes, totalement asservis au Système qui les a fabriqués. Et n’ayant aucune autre colonne vertébrale éthique que les poncifs bien usinés de la Pensée unique, du politiquement correct et des « causes à la mode » : écologie, féminisme, antisexisme, pro-LGBTQ, antiracisme, anticolonialisme, antifascisme, antinationalisme, anticorporatisme, communautarisme, défense des minorités, des migrants…

A ceux-là s’ajoutent quelques bobos déçus de la sociale-démocratie et reconvertis au progressisme.

« Progressisme », voilà le mot : beaucoup de blablas et de pieuses intentions au service d’une seule idéologie : l’ultralibéralisme. Et surtout de la micro-élite de ploutocrates qui tirent les ficelles.

Une génération phobique de cette populace ringarde et fainéante qui n’a pas su prendre le TGV de la révolution numérique En Marche. Et qui pleurniche aujourd’hui parce qu’elle est totalement déclassée.

Les imbéciles qui ont voté Macron « pour faire barrage à l’extrême droite » comme on les avait programmés à le faire se retrouvent aujourd’hui face à une triple désillusion.

D’abord leur champion au sourire de Prince charmant n’est qu’un horrible suppôt du Satan mondialiste. Ce Mammon qui règne en maître sur le monde, régisseur obsessionnel de tous les pouvoirs et de toutes les possessions. Ce dieu de l’Argent et des richesses qui est le véritable Prince de ce monde. Et le Prince du Mensonge qui nous vend chaque jour un bonheur factice, individualiste, faussement hédoniste, hypermatérialiste, consumériste. Une arnaque à l’échelle du monde qui nous enferme dans une société transparente, fasciste, hypernormative, d’une violence sans nom et d’un niveau d’aliénation physique, psychique et spirituelle supérieur à tous les totalitarismes et toutes les dictatures que nous avions jusqu’ici connus.

Ensuite la démocratie à laquelle ils croyaient avoir contribué, qu’ils croyaient avoir défendue contre un fascisme résurgent, n’est qu’une pure illusion. Macron n’est pas le Président élu d’un Etat démocratique : tout ceci n’est qu’un mensonge. Il n’est que le jouet d’un système oligarchique qui entend préserver les apparences de la démocratie en opposant certains régimes comme le nôtre à d’autres plus obvieusement dictatoriaux comme la Corée du Nord, la Chine ou la Russie.

En vérité ce que cache la mondialisation économique et financière et la soumission des logiques politiques et juridiques à celle du Marché, c’est l’existence depuis déjà plusieurs décennies d’un Ordre gouverné par une élite, qui a réuni depuis longtemps suffisamment de pouvoir pour contrôler et arbitrer tous les autres pouvoirs, à commencer par le pouvoir politique.

A ce titre le discours « libéral » (libre-échange, liberté d’entreprendre, d’acheter et de vendre, d’investir, de bouger ; mais aussi libéralisme social et sociétal qui rejoint le discours humaniste…) est autant une arnaque que le discours « progressiste » (ni droite ni gauche, mi libéral mi social) qui lui a succédé.

En réalité, si l’idéologie dominante se dit « libérale » d’un point de vue rhétorique ou même selon les méthodes de gestion, d’arbitrage politique et les stratégies économiques mises en avant, les intérêts qu’elles servent n’ont absolument rien de libéral. C’est même tout le contraire. Et on le vérifie lorsque les contestations qu’elles engendrent débordent des limites imposées sournoisement par le pouvoir en place.

Ainsi la crise des Gilets Jaunes et la mise en scène des émeutes des Black Blocs ont servi de miroir, de défouloir et d’exutoire pour canaliser sous forme de mini guerre civile hebdomadaire la grogne populaire alimentée par des réformes de plus en plus impopulaires, perçues comme injustes et cyniques, et imposées par des gouvernants bloqués sur un mode de communication du type : « Je vous ai compris, faisons plus de pédagogie ! »

Dernière trahison et désillusion chez les macronistes zélés qui avaient cru promouvoir « la Rupture » : Découvrir que toutes les valeurs qu’on leur avait inculquées depuis les bancs des grandes écoles (effort, sacrifice, efficacité, rentabilité, performance, adaptabilité, mobilité, cosmopolitisme managérial, excellence, mérite… enrobées dans un chamallow de fausses causes et fausses valeurs « de progrès« ) n’étaient en fait qu’un tissu de mensonges et de promesses bidon destinées à les asservir.

Avec comme seul horizon de devenir au mieux un autoentrepreneur überisable et corvéable à merci, avec pour seule liberté de bosser toute sa vie comme un damné pour payer sa retraite et ses charges. Et au pire d’être promu l’un de ces petits chefs sadiques et arrogants qui tyrannisent leurs employés en leur promettant la lune pour produire toujours plus, mieux et moins cher afin de grossir la cagnotte de leurs actionnaires.

Ceux qui ne sont pas déjà en train de se fabriquer un cancer en se tuant à la tâche en sont déjà probablement à leur 3e burn-out. Et s’accrochent au Moloch en attendant d’être virés et remplacés quand sonnera le tocsin de la ménopause du cadre.

Les momos de la Génération Macron sont pourtant les premiers à se moquer de leurs parents les bobos, ces babyboomers qui ont passé leur jeunesse à polir des rêves d’un autre monde égalitaire et humaniste, avant de se reconvertir à l’aube de la quarantaine en patron d’un groupe de presse néolibérale ou patron d’une chaîne de distribution écoresponsable.

Or les voici aujourd’hui pris dans des contradictions encore plus cuisantes : leurs idoles de jeunesse, golden-boys et jet-managers quadrilingues, les Steve Jobs, Bill Gates et autres Bernard Tapie, sont aujourd’hui soit en prison, soit à la tête du Système.

Un Système dont le seul horizon est un monde toujours plus fou, qui a perdu tout sens de l’humain, et qui se noie dans le vertige transhumaniste, seul avenir d’un peuple de clones : l’homo numericus entièrement consentant pour épouser la Matrice technologique qui l’asservit, renoncer définitivement à son âme, à sa conscience, et se fondre dans l’Eden indifférencié des robots.

Les fans de Macron le Robot-Président sont ceux qui vont connaître la plus grave crise existentielle, quand ils vont découvrir que tout leur univers repose sur du vide.

Ceux qui n’auront pas le courage de se suicider rejoindront les hordes de rebelles insurgés, avec une aigreur et une violence nihiliste encore plus exaltées puisqu’ils auront à juste titre le sentiment d’avoir été manipulés et trahis.

Les plus falots et les plus idiots rejoindront les rangs des Sibeth Ndiaye et des Marlène Schiappa. Et continueront d’ânonner pour quelque temps encore un credo macroniste totalement vidé de toute substance. Avant que ces perroquets déplumés ne soient définitivement balayés par les lance-flammes des chevaliers de l’Apocalypse systémique lancés à l’assaut des dernières citadelles d’humanité et de vérité.

Toutefois, ce scénario de fin du monde ne se produira pas.

Car ceux qui dirigent le monde, s’ils ne peuvent s’empêcher de montrer leur vrai visage quand des incorruptibles se lancent à l’assaut de leur Matrice et menacent ses fondations, ne pourront survivre dans un monde dont ils ont déjà initié le programme d’autodestruction.

Avant que l’Apocalypse climatique n’ait permis aux termites de remplacer les humains, d’autres cataclysmes auront sapé les bases de ce Colosse aux pieds d’argile.

Déjà la crise du coronavirus a démontré la fragilité de tout l’édifice économique, financier, organisationnel et institutionnel du Système. Lequel peut très bien s’écrouler en quelques semaines à cause d’un virus microscopique, comme les aliens géants de la Guerre des mondes vaincus par de simples bactéries.

Même si certains espèrent spéculer comme ils l’ont toujours fait sur la banqueroute mondiale ou la flambée des prix des denrées alimentaires, ils ne pourront pas longtemps régner sur un désert, quand toute l’économie mondiale se sera effondrée, quand les monnaies ne vaudront même plus leur poids de papier, que le troc, l’autogestion et l’autodéfense auront remplacé les hypermarchés, la régulation mondiale, la dictature policière et le flicage de tous par tous.

Nous allons vers des temps incertains. Mais ce qui est sûr, c’est que la dictature des ploutocrates relayée par des banquiers prédateurs, des pantins politiques, des « machins » bruxellois, des croupiers de casinos où l’argent file et se volatilise à la vitesse de la lumière, des lobbyistes voués au commerce de la guerre, des énergies polluantes, des aliments trafiqués, ou des médicaments qui tuent plus vite qu’ils ne soignent, assistés par des robocops près à fusiller fils et filles pour protéger leurs maîtres, touche irrémédiablement à sa fin.

Nous devrions plus nous préoccuper de savoir quel monde nous voulons construire après, sur les ruines de l’ancien. Si nous ne voulons pas reproduire les mêmes modèles et les mêmes erreurs. Et éviter de nous laisser fasciner par la Chute de l’Empire.

Nous devrions nous émerveiller plutôt de l’Avènement d’une nouvelle ère, qui sera à l’opposé de l’ancienne.

Tout dépendra de notre capacité à élever collectivement notre conscience. A nous défaire de nous vieux oripeaux pour revêtir des habits neufs. A accueillir le monde qui vient sans regretter ou trop haïr le monde qui meurt.

Tout est possible. Nous sommes les créateurs de notre Réalité.

L’aventure humaine ne fait que commencer.

Alors que s’achèvent les Gay Games de Paris, une question se pose : les Gay Games ont-ils encore un sens et une utilité ?

Dans trois semaines s’ouvriront à Paris les 10e Gay Games, qui se tiendront pour la première fois en France, et pour la deuxième fois sur le continent européen, 20 ans après ceux d’Amsterdam en 1998.

Mis à part les médias LGBT, peu y consacrent leur actualité. Une simple recherche sur Google Actualités montre que le sujet intéresse très peu médias et opinion publique mainstream.

Quelles en sont les raisons ?

Les Gay Games peinent-ils à toucher leur cœur de cible, personnes et militants LGBT ? Souffrent-ils d’un manque de moyens ? D’un manque de réflexion sur le positionnement à adopter face à l’éventail des « causes » et surtout d’événements susceptibles de rassembler en période d’été ?

L’été justement, Français et Parisiens ont-ils les yeux rivés vers d’autres horizons et d’autres préoccupations ? Le sujet n’intéresse-t-il personne au-delà de la communauté LGBT et de ses amis ?

Les Gay Games sont-ils trop calés sur la culture américaine et en décalage par rapport à la réalité française ? Notamment pour les personnes LGBT qui vivent en province, loin des métropoles où se concentrent les communautés ? Sont-ils trop élitistes ? Le concept a-t-il vieilli ? Sont-ils tout simplement has been ?…

Sport populaire et creux estival

Au lendemain du match suivi par 19 millions de téléspectateurs qui a vu la France se qualifier pour la finale de la Coupe du Monde de Football, les Français regardent davantage vers Moscou que vers le stade Jean Bouin où se tiendra la cérémonie d’ouverture des Gay Games le 4 août prochain.

Quelle que soit l’issue de cette finale tant attendue, les médias s’intéresseront ensuite aux dernières étapes du Tour de France précédant la traditionnelle arrivée sur les Champs-Elysées le 29 juillet.

Viendra ensuite le creux estival du 1er au 15 août. Durant lequel Paris est plus désertée par les Parisiens, livrée aux touristes et à ceux qui ne peuvent pas partir ou choisissent de rester.

Alors comment attirer l’attention sur ces jeux ?

Des jeux aujourd’hui encore presque totalement inconnus du grand public, contrairement à des événements incontournables, très médiatisés, bien inscrits dans le paysage urbain et la culture parisienne, comme la Marche des Fiertés.

Force est de constater que les Gay Games n’intéressent qu’une part minoritaire des personnes concernées parmi les plus motivées. Plus quelques hétérosexuels solidaires ou proches de leurs amis sportifs LGBT.

Et bien sûr ceux qui les courtisent, soutiennent la communauté et cet événement pour des motifs divers.

Paris sera toujours… noyé sous les fêtes !

Quant à Paris, la Ville Lumière autrefois vidée de ses habitants et ennuyeuse au possible du 15 juillet au 15 août est devenue une capitale attractive, un pôle touristique de premier plan en période estivale. La ville la plus visitée au monde est aussi l’une de celles qui attirent le plus de touristes l’été.

Et les occasions de s’y divertir n’y manquent pas. 

Icône de la culture festive et jalouse de son prestige, Paris est aujourd’hui noyée toute l’année y compris durant l’été sous une avalanche de fêtes, d’évènements, de festivals et happenings divers, musicaux, culturels, sportifs ou festifs. Tous plus créatifs, originaux, ambitieux, ludiques et décalés les uns que les autres.

A moins d’être un militant ou un représentant LGBT, membre d’un club sportif ou d’une association, ce qui n’est pas le cas de la majorité des personnes concernées, ou de vouloir profiter de ces jeux pour visiter Paris, il semble particulièrement difficile pour les Gay Games d’attirer des hordes de touristes vers les stades, à l’instar des vrais J.O.

Qui plus est avec un concept qui n’a quasiment pas varié en 36 ans d’existence.

Comment apparaître comme « nouveau », mobiliser au-delà du noyau dur et se démarquer, même auprès des gays et lesbiennes, face à une offre de loisirs de plus en plus innovante, hétéroclite et pléthorique ?

Tous égaux ?… Pas vraiment !

All equal! – Tous égaux !

C’est le slogan retenu par la Federation des Gay Games pour ces 10e jeux.

C’est aussi le thème central qui a porté les revendications de la communauté LGBT au cours des dernières années, notamment au cours des débats pour le vote du mariage pour tous, fondé sur des revendications égalitaristes.

On peut d’ailleurs regretter que ce slogan dénature l’esprit des jeux tel que l’a voulu son fondateur.

Lequel entendait rassembler, inclure et montrer l’exemple. Et non gommer des différences objectives entre hommes et femmes, homos et hétéros. Comme on le fait aujourd’hui dans une indifférenciation confusionnelle plus propre à réactiver les réflexes homophobes qu’à voir ces différences effectivement et définitivement acceptées, reconnues et valorisées.

Si l’égalité des droits est un principe républicain, humaniste et universaliste qui mérite d’être défendu, l’égalitarisme à tout crin conduit à terme à une vison schizophrène de la société incarnée par des discours politiquement corrects qui tendent à effacer artificiellement les différences, à les nier, à cause de l’angoisse que ces celles-ci ne redeviennent des motifs d’injustices, d’exclusion ou de persécution.

Ajouté à la traque permanente et parfois excessive de tout stigmate « homophobe », utilisée comme argument rhétorique et politique pour empêcher tout discours contradictoire normalement admis dans une société démocratique (un peu comme certains musulmans avec le chantage à « l’islamophobie »). Et l’on aboutit à une attitude contre-productive qui risque à terme de nourrir ressentiments et feedbacks négatifs à l’égard des LGBT, par un effet de retour du refoulé.

Comme on le voit ici ou là avec la réapparition de certains actes et propos homophobes.

Il eût été plus intelligent, plus efficace et surtout plus respectueux de la réalité de promouvoir comme le voulurent les fondateurs des Gay Games l’aspiration légitime à une égalité de statut, de reconnaissance et de droits (fait aujourd’hui quasiment acquis au plan juridique sinon pour ce qui est  des mentalités, toujours sujettes à des revirements). Mais aussi de valoriser ces différences en tant que telles, pour ce qu’elles portent de valeurs d’exemplarité propres.

Et ce depuis des siècles.

Ce dont les promoteurs de ces jeux, leurs supporters et la communauté LGBT dans son ensemble n’ont aucunement conscience.

All equal, all different, all One ! : voilà qui aurait plus de sens, plus d’ambition, plus de fidélité aux idéaux portés à l’origine par ces jeux, et plus de gueule !

Au lieu de cela, derrière le prétexte de vanter l’Egalité pour tous, les Gay Games version 2018 créent d’objectives inégalités, notamment d’ordre économique, renforçant ainsi l’image d’un événement élitiste, cloisonné et déconnecté de certaines réalités.

Il suffit pour s’en convaincre de consulter la grille tarifaire des évènements sportifs, culturels ou festifs proposés lors de ces jeux très parisiens. Et d’admettre que le ticket d’entrée est franchement dissuasif.

Sinon scandaleusement rédhibitoire pour beaucoup de gays et de lesbiennes fauchés, en France et surtout ailleurs, qui n’auront jamais la chance de s’y rendre.

Un seul exemple assez éloquent : 50€ à 65€ pour la soirée d’ouverture au Grand Palais avec le DJ israélien Offer Nissim en tête d’affiche. On parle ici du tarif « normal » ; les VIP sont invités quant à eux à débourser 95€ à 3000€ pour une table, selon le « rang » où l’on souhaite être vu.

Le ton est tout de suite donné.

L’objectif de rentabilité sera peut-être atteint. Quitte à sacrifier les principes mêmes d’égalité et d’inclusivité qui sous-tendent ces jeux.

Malgré les appels aux dons, au mécénat d’entreprise et aux sponsors, et les efforts affichés de solidarité pour permettre une plus large participation des athlètes les plus éloignés ou les moins fortunés, le coût de la participation à ces jeux reste un élément dissuasif pour beaucoup de personnes tentées de s’y joindre en tant que participant ou simple spectateur. En plus des frais de voyage et de séjour à Paris, 2e ville la plus chère d’Europe après Londres.

Les Gay Games restent donc un événement communautaire réservé à un public de gays et lesbiennes, jeunes ou un peu moins jeunes, plutôt urbains, issus des classes moyennes ou supérieures, qui voyagent beaucoup, et avec un bon voire un très bon niveau de revenus.

Ces fameux « dinks » (double income no kids) très prisés des stratèges du marketing. Encore qu’aujourd’hui beaucoup de couples de même sexe conçoivent, adoptent ou élèvent des enfants.

En tout cas un segment de consommateurs très courtisé par les multinationales. Lesquelles depuis une vingtaine d’années ont flairé le filon et multiplient à l’envi ronds de jambe et offres ciblées pour attirer cette frange de consommateurs aussi exigeants qu’hédonistes et prompts à dépenser facilement leur agent pour se faire plaisir.

Notamment en affichant leur soutien sous forme de sponsoring ou de chars d’entreprises bien visibles lors des Marches des Fiertés.

Les Gay Games sont donc représentatifs de cette culture consumériste, insouciante sinon arrogante, réservée à de véritables « enfants gâtés », aujourd’hui chouchoutés par les politiques, les médias et la société marchande.

Des personnes qui affichent sans complexe leur différence, ou entendent au contraire qu’on ignore celle-ci.

Une communauté autrefois précurseur de modes et de changements sociétaux, solidaires de multiples causes et d’autres minorités stigmatisées. Et qui s’est aujourd’hui pour une large part « embourgeoisée », endormie sur ses lauriers, à force d’être flattée par ses mécènes et une opinion publique qui a aujourd’hui quasiment acceptée l’homosexualité et ses avatars comme autant de nouvelles normes.

Une caste de quasi privilégiés, choyés, jaloux de leur statut de « victimes » indéfiniment ressassé et de leurs droits chèrement conquis au terme de décennies de lutte et de souffrances, notamment à l’époque de la flambée de l’épidémie de sida.

Il faut reconnaître aussi que les gays et lesbiennes sont aujourd’hui objectivement beaucoup plus libres et plus aisés, du moins dans les grandes villes des pays démocratiques, que leurs homologues issus de pays où l’homosexualité est encore pénalisée, les personnes pourchassées, et où le niveau de vie est sensiblement moins élevé qu’à Paris.

Des jeux réservés à une élite ?

Face à des sociétés hostiles, la découverte de sa propre différence et la nécessité de se faire accepter (différence objective qu’on voudrait aujourd’hui gommer comme si elle n’existait pas en la noyant dans des discours politiquement corrects sur l’égalité ou des circonvolutions souvent franchement hystériques sur le « genre »), a toujours poussé les jeunes homosexuels qui voulaient s’en sortir à se singulariser sinon à s’auto-justifier.

Longtemps beaucoup d’homosexuels pas forcément « bien nés » n’avaient d’autre choix que de s’acheter une place au soleil en aiguisant leurs talents, en se battant pour être reconnus, acceptés grâce à leurs mérites, accéder à des prébendes ou à des postes de responsabilité, et servir d’exemples aux autres.

Quitte à toujours devoir en rajouter pour se démarquer du lot commun, adhérer aux discours dominants puis imposer ensuite des modèles alternatifs une fois arrivés au pouvoir, suivre les courants ascendants jusqu’à être en mesure d’imposer leurs différences et imprimer leur marque, grâce à des efforts et des mérites fondés sur une culture de l’excellence.

Cette attitude commune à beaucoup d’homosexuels illustres, passés ou actuels, leur a permis durant des siècles de jouir d’un statut d’exception. De se protéger des menaces auxquels leurs mœurs pouvaient les exposer. Et de vivre  bien au-dessus du sort réservé aux homosexuels issus du peuple et croupissant dans les bas-fonds de la société, sans cesse menacés de sanctions, d‘arrestations et d’humiliations diverses. Quand ils n’étaient pas traduits en justice ou conduits sur des bûchers publics par une société incapable d’admettre ses propres différences, ou des institutions incapables de reconnaître leurs propres ambiguïtés.

Servir d’exemple et promouvoir de vraies valeurs

Avant d’inventer les Gay Games, Tom Waddell, un jeune médecin homosexuel né en 1937 dans une famille catholique du New Jersey, a ainsi d’abord rejoint les rangs de l’armée américaine et servi en tant qu’officier parachutiste et médecin des armées.

Ce n’est que plus tard, après avoir concouru comme décathlonien et remporté une médaille d’or aux J.O. de Mexico, qu’il eut l’idée d’inventer des jeux olympiques d’un nouveau genre, ouverts à tous mais destinés avant tout à rehausser l’image négative dont souffraient les minorités sexuelles dans l’Amérique puritaine et figée des années d’Après-guerre, jusqu’aux années 1960 et 1970 où des revendications politiques ou catégorielles sont venu en bousculer les fondements.

C’est à cette époque qu’une jeunesse contestataire et hippy a initié de gigantesques rassemblements et défilés comme à Woodstock ou dans les grandes villes américaines, où contre-culture et slogans politiques se confondaient pour s’opposer à la Guerre du Vietnam, à la ségrégation dont étaient victimes les Noirs américains, les femmes, les minorités ethniques ou sexuelles.

Du poing levé des athlètes noirs sur les podiums olympiques en signe de protestation, aux harangues de Martin Luther King ou Malcom X, des représentants de minorités ont ainsi incité leurs semblables à prendre en mains leur destin pour forcer l’Amérique à leur octroyer des droits égaux.

C’est dans ce contexte que naquirent les Gay Games.

Un événement directement inspiré des Jeux Olympiques, mais décliné pour promouvoir les aspirations à une reconnaissance des LGBT.

Des jeux qui entendaient aussi revisiter et revitaliser les valeurs de fraternité, d’humanisme et d’universalisme, qui de la Grèce antique aux premiers J.O. de l’ère moderne imaginés par Pierre de Coubertin nourrissent la flamme de l’idéal olympique.

Selon la vision plus ou moins mythique accréditée par les spécialistes des gay studies, les émeutes de Stonewall avaient constitué un tournant majeur et l’événement fondateur propre à l’émergence d’une conscience politique et à l’engagement des minorités sexuelles dans une lutte pour être reconnues et accéder à de nouveaux droits. Une sorte de Bastille Day (14 Juillet) qui entendait substituer la révolte puis la fierté, le combat et la visibilité, à des années marquées par la honte, l’humiliation, la clandestinité, le silence, la soumission passive aux autorités, à l’opprobre et aux persécutions.

Initié à San Francisco en 1982, les Gay Games constituent une alternative positive sinon complémentaire à ces luttes et revendications politiques. En déplaçant la tension dynamique sur le terrain symbolique des arènes du sport.

Mais aussi par la promotion de valeurs d’engagement, d’exemplarité, de dépassement de soi, de participation, d’inclusion à l’égard de personnes plus limitées ou handicapées, notamment à l’époque où le sida faisait des ravages. Des valeurs propres à changer l’image du public sur les personnes LGBT, et de permettre une reconnaissance plus objective de leur contribution à l’édification d’une société plus juste, plus unie et plus fraternelle.

Au-delà de l’humanisme

Ces valeurs ne sont toutefois pas totalement nouvelles. Et ne constituent pas non plus un horizon inamovible et indépassable.

Elles existaient en germe et sous une autre forme dans les sociétés d’Ancien régime, bien avant  l’Idéal humaniste des Lumières et les révolutions démocratiques qui en portèrent le flambeau en renversant l’ordre établi. Même si celles-ci ont permis d’instaurer et continuent de promouvoir aujourd’hui partout dans le monde un modèle de société fondé sur les principes universels des Droits de l’Homme. Socle commun à l’édification d’une civilisation humaine vraiment juste, libre, égalitaire, unie et solidaire.

Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion, rois de de France et d’Angleterre et amants

Depuis l’Antiquité et le haut Moyen-Âge, qu’il s’agisse de valeurs comme l’Amitié ou la Fraternité, les homosexuels puisqu’on les appellent ainsi depuis l’invention de ce concept au 19e siècle, ont toujours incarné et promu des formes de relations transversales qui contribuaient à souder les liens entre leurs partisans, tout en bousculant les usages, les modèles, les règles, les lois, la morale ou l’ordre établi.

Dans des sociétés très hiérarchisées, verticales et patriarcales, des hommes de haut rang et des femmes courageuses mus par leurs désirs et leurs affinités électives ont ainsi initié, inventé et cultivé des relations fondées sur des amitiés ou des amours autres que ce à quoi les conventions assignaient tout un chacun.

Ils ont ainsi jeté des ponts, scellé des alliances, briser des conformismes et bousculé les règles.

Quitte pour y parvenir à ouvertement se moquer de leurs détracteurs, à braver les interdits, transgresser les lois et prendre tous les risques pour s’exposer au grand jour.

Suscitant au passage l’opprobre et le scandale, ou forçant au contraire l’admiration de tous par leur caractère exemplaire et singulier, ils se firent une place souvent enviée en rejoignant les élites de leur temps, jusquà accéder enfin au rang qu’ils convoitaient.

Aujourd’hui encore, mêmes si les codes de la méritocratie républicaine et les voies d’accès au pouvoir ne sont plus les mêmes que sous l’Ancien régime ou dans la société bourgeoise des Lumières à la société industrielle, les mécanismes restent à peu près les mêmes.

Et les élites politiques, sociales, économiques, financières, culturelles, artistiques et autres comptent en leur sein beaucoup de brillants hommes et femmes homosexuels, bisexuels, sinon transgenres, déclarés ou non.

De l‘actuel Président de la République et de ministres de premier plan à l’ancien maire de Paris Bertrand Delanoë. En passant par tous les rouages de l’Etat, la gouvernance des grands groupes économiques, les institutions culturelles, médiatiques, artistiques ou intellectuelles, des secteurs de la création, de la mode, du spectacle ou des loisirs, on retrouve partout des gays et lesbiennes souvent issus des grandes écoles de la République, ou qui se sont hissés par eux-mêmes jusqu’au sommet à force de courage, de talent, d’opiniâtreté, d’engagement au service des autres, mais aussi grâce à leur entregent et leur aptitude à cultiver leurs réseaux.

Ceux qui crient au « complot », ou fustigent le « lobby gay » ignorent souvent les efforts et les sacrifices que ces personnes ont dû pour une large part consentir afin d’arriver là où ils sont et se faire accepter ; dans leurs écoles, leur milieu professionnel ou par leur hiérarchie.

On s’est tellement habitué, on a aussi tellement abusé des discours victimaires tissés autour de l’homosexualité et de l’homophobie, depuis les sodomites autrefois pourchassés par l’Eglise et la police des mœurs jusques aux gays, lesbiennes et transgenres caillassés par des extrémistes ou des caïds de banlieue, pourchassés ou persécutés dans certains régimes autoritaires à cause de leurs différences, qu’il paraît aujourd’hui difficile aux intéressés vivant dans les grandes cités les plus ouvertes et tolérantes à l’égard de l’homosexualité, notamment les plus jeunes, de prendre du recul et conscience des réalités actuelles.

Or c’est un fait attesté par bon nombre d’historiens LGBT : en dépit de périodes de réelle intolérance parfois dramatiques pour les minorités sexuelles, leurs membres ont toujours été très présents, en France comme dans l’ensemble du monde occidental, dans toutes les plus hautes sphères du pouvoir.

Qu’il s’agisse de l’aristocratie de robe ou d’épée sous l’ancien régime, de la chevalerie et de l’armée, de l’Eglise, des confréries artistiques, de métiers, des cercles intellectuels, politiques, philosophiques, économiques, notamment ceux qui ont porté les grands changements, les grandes innovations qui ont marqué l’Histoire et les idéaux les plus progressistes, ont toujours compté des hommes et femmes brillants, puissants et reconnus qui se singularisaient par leurs préférences ou leur orientation sexuelle.

L’étoffe des héros : promouvoir l’Homme ou le Surhomme ?

Pourquoi des tels jeux, porteurs de valeurs si exemplaires, sont-ils alors autant ignorés pour ce qu’ils étaient, ce qu’ils sont ou ce qu’ils devraient être ?

A force de trop rester centré sur des discours et revendications égalitaristes, de vouloir gommer les différences, par peur d’un retour de bâton et de voir ses droits grignotés, on en oublie les valeurs originales dont on est porteur.

Et puis, s’agissant des événements sportifs de haut niveau comme des J.O., les enjeux qui les sous-tendent et leur l’hypermédiatisation font que ceux qui les organisent comme ceux qui y participent privilégient bien plus souvent le spectacle et l’exhibition des performances par rapport aux principes éthiques.

Le public cherche à se projeter sur la figure de ces héros du stade plus proche du Surhomme quant à leurs capacités physiques que de l’Homme lui-même en tant que modèle de Citoyen porteur de valeurs universelles de dépassement de soi au bénéfice de tous et non juste de soi-même ou des couleurs qu’on porte, d’équité, de fraternité et de justice.

L’important c’est de créer l’événement, le buzz, en crevant le plafond. Quitte à fabriquer des gladiateurs modernes ou des monstres de foire totalement éloignés du commun des mortels, qui paieront ensuite très cher une fois retirés de la compétition cette course inhumaine et effrénée à la performance, à l’exploit et au succès.

La performance et la compétition n’étant pas le propos central des Gay Games, du moins pas selon les modèles du sport mainstream, il est normal que ceux-ci intéressent aujourd’hui peu de monde.

De fait le succès tant attendu en 2017 de la candidature de Paris pour les J.O. 2024, après des années d’efforts et 2 tentatives infructueuses, face à Pékin en 2008 et Londres en 2012, a aussitôt relégué les Gay Games au rang de « fétiche » destinés aux seuls intéressés.

Il faut dire que les enjeux politiques, économiques, urbanistiques et financiers ne sont absolument pas comparables.

Quant aux élus de la Mairie de Paris et de la Région Ile-de-France, les liens clientélistes qu’ils entretiennent avec la communauté LGBT auront sans doute facilité l’organisation de ces jeux gays, mais malgré les discours enthousiastes de façade le cap est désormais clairement fixé sur 2024.

Les Gays Games sont-ils devenus has been ?

Et puis n’en déplaise aux tenants du politiquement correct, le concept même des Gays Games a sans doute pas mal vieilli et mériterait d’être repensé.

Il n’est sans doute plus aussi adapté à la société d’aujourd’hui. Et accuse même un certain décalage par rapport à la réalité et aux enjeux de l’époque s’agissant de la situation des personnes LGBT.

Du moins sous nos latitudes.

Un décalage dont participants, organisateurs, partenaires et promoteurs n’ont sans doute pas eux-mêmes pris conscience.

Décalage culturel et historique d’abord.

Inventé sur le sol américain, les gays Games sont indissociables de la culture américaine.

A l’image des standards identitaires, politiques et culturels de la culture gay qui a essaimé des pays anglo-saxons à l’ensemble du monde démocratique en passant par la vieille Europe, faisant fi des particularismes régionaux.

Même si les personnes LGBT appartenant aux communautés locales tentent de cultiver leurs propres différences et spécificités, ces modèles entrent souvent en conflit avec la culture locale où leurs revendications tentent de s’exprimer. Leurs promoteurs se contentent de les reproduire en cherchant à imposer artificiellement des discours et des codes en décalage parfois complet avec la  culture locale. Nourrissant dans des sociétés réfractaires aux avancées progressistes des crispations et des rejets à l’opposé des buts affichés.

Le mythe du « Progrès » social et politique tend à occulter ces différences aux yeux des militants. Et tend à les enfermer dans une posture de lutte parfois préjudiciable aux intéressés.

Ainsi dans des pays d’Asie, d’Afrique ou du Moyen-Orient l’homosexualité et l’identité gay (ou queer) demeurent des concepts totalement étrangers à la culture locale. Ils sont plaqués du dehors par ceux qui entendent avec de louables intentions lutter contre les persécutions et stigmatisations dont sont victimes les personnes LGBT, faire avancer leurs droits, en surfant sur une mondialisation favorisant l’uniformisation des modèles culturels, idéologiques et politiques.

Comme s’il existait de facto une communauté LGBT mondiale constituée de toutes celles et ceux qui partagent le même désir pour le semblable, ont des pratiques similaires ou pourfendent les identités et modèles de genre établis comme légitimes dans leur société.

Rien n’est pourtant moins évident.

En France les choses peuvent paraître a priori plus simples qu’à Grozny, Riyad ou Kampala. Ou même Istanbul, Marrakech, Pékin ou Moscou.

Pays latin jaloux de ses particularismes, la France s’est en effet beaucoup rapproché au cours de ces dernières décennies du modèle américain et des standards culturels des pays anglo-saxons ou nord-européens.

Mais malgré le paravent trompeur des discours en vogue politiquement corrects, les mentalités ont parfois tendance, notamment en période de crise, à se rétracter sur des modèles plus traditionnels et moins tendance.

Ainsi la situation dans des grandes villes comme Paris, Lyon, Marseille ou Bordeaux, est sans commune mesure avec les mentalités dans des régions plus rurales, plus reculées, plus excentrées, où les identités locales sont plus affirmées, et plus réfractaires à l’uniformisation en marche.

Le clivage est aussi historique. Car ce qu’ignorent beaucoup de militants LGBT attachés aux mêmes discours, aux mêmes réflexes identitaires et aux mêmes méthodes, c’est que les temps changent.

En France les bouillonnants événements de mai 1968, dont on a discrètement fêté le cinquantenaire tout récemment, avaient marqué un tournant dans les luttes portées notamment par les féministes (dont un grand nombre étaient lesbiennes ou bisexuelles) pour l’émancipation des femmes.

D’autres revendications minoritaires et d’autres luttes se sont ainsi agrégées, jusqu’à former un front commun pour être entendues, visibles, et forcer politiques conservateurs et opinion publique frileuse à entendre leurs revendications, en précipitant le rapport de force et en mobilisant la parole dans la rue et les médias.

Importée des Etats-Unis, la Gay Pride a fini par s’imposer au fil du temps comme un rituel et une institution en France.

Elle est l’héritière directe de ces luttes des gays et lesbiennes, portées au départ par des groupuscules minoritaires proches de l’extrême gauche comme le FHAR.

A l’exemple des grandes marches américaines puis européennes et mondiales, elle est peu à peu devenue un carnaval gay, une fête de rue colorée, provocante, extravagante et festive, un rituel politique et communautaire, et une institution incontournable sinon attractive dans le paysage urbain.

Les Gay Games au contraire, offre un visage beaucoup plus clean, presque sage voire ascétique du gay qui par l’effort tente de se dépasser, de servir de modèle et de montrer l’exemple à des pairs moins courageux ou moins chanceux au sein d’une minorité stigmatisée.

Un idéal de héros plus proche du modèle de l’athlète grec que du « pervers dépravé », ou de ces forcenés du sexe adeptes des pratiques les plus marginales ou extrêmes.

Encore que l’extravagance y compris sur les stades ne soit pas absente de ces jeux. Mais elle offre une facette beaucoup plus ludique, bon enfant et très second degré, que les excès communs aux giga-fêtes gaies comme La Démence ou aux orgies communes aux backrooms du Marais.

Ce modèle est toujours intéressant à promouvoir. Mais à l’heure où tout le monde ou presque se désintéresse de l’image que peuvent donner d’elles-mêmes les personnes LGBT, ils n’intéressent en vérité que les LGBT eux-mêmes. Et ne constituent pas a priori un événement d’une originalité radicale ou d’une force admonitoire propre à attirer l’attention des médias et du grand public.

Tout au plus les Gay Games apparaissent comme un rassemblement communautaire de plus.

Et ceux qui gagneraient à être convaincus par les messages qui les avaient inspirés au départ se contrefichent de slogans à peine audibles mis en avant lors de ces jeux.

Tout au plus laisse-t-on les LGBT faire leurs petits J.O. entre eux, comme on laisse les enfants s’amuser dans leur bac à sable.

Il serait beaucoup plus intéressant et efficace de s’investir au sein des institutions et lors des grands événements sportifs internationaux, pour en révéler les défaillances, les ambiguïtés et les dérives.

Et autrement plus éloquent si des athlètes de haut niveau, LGBT ou pas, osaient plus souvent prendre la parole pour dénoncer les discriminations dans le sport dont eux-mêmes ou leurs collègues sont victimes.

Mais surtout pour promouvoir ces belles valeurs humanistes qui devraient toujours inspirer le sport et sont aujourd’hui dénaturées, trahies, souillées par les affaires de dopage, la corruption, la quête exclusive de la performance, de l’exhibition, de la compétition à outrance et de l’audimat.

Dérives qui résument le sport à une succession de spectacles à sensation, plus propices à occuper ou exciter les esprits qu’à les élever. Et remplir les caisses des sponsors qu’à faire oeuvre éthique.

Promouvoir un autre modèle d’humanité devrait être pourtant la motivation principale et l’objectif affiché de ces jeux.

Plutôt qu’une simple occasion de rassembler des LGBT de toutes les nations ou presque, juste pour singer les vrais J.O., pour faire la fête et s’amuser entre soi.

Enfin il serait temps de prendre conscience que les temps ont changé, que la situation des LGBT dans les grandes démocraties n’a plus de rien commun avec celle des décennies passées, et que le concept est aujourd’hui usé.

Force est de constater que depuis les premiers Gay Games de San Francisco en 1982, les personnes LGBT ne sont plus du tout confrontées aux mêmes difficultés que dans les années 1960 ou 1970. Du moins sous nos latitudes. Le Droit a évolué, la visibilité est désormais un fait indiscutable sinon acquis, la société a changé, le mariage se généralise, l’homophobie a reculé et l’homosexualité est quasiment devenue une norme sociétale à égalité avec l’hétérosexualité.

Dépénalisée en France par François Mitterrand en 1982, retirée de la liste des maladies mentales par l’OMS en 1993, l’homosexualité est en effet peu à peu devenue, notamment depuis le vote du pacs en 1999, puis du mariage pour tous en 2013, une nouvelle norme.

C’est du moins l’objectif poursuivi par les représentants de la communauté LGBT. Et quasiment atteint aujourd’hui, du moins du point de vue juridique et dans les discours, avec l’adoption du Pacs en 1999, puis du mariage pour tous et de l’adoption pour les couples de même sexe en 2013. La pénalisation des actes et propos homophobes constituent un rempart juridique et éthique, certes toujours fragile, pour garantir contre toute résurgence des discriminations et violences à l’égard des personnes concernées.

En Europe, les grandes métropoles comme Paris, Londres, Amsterdam, Barcelone ou Berlin ont vu se développer des communautés et une culture LGBT très influentes et très structurées. Ces grandes villes constituent de véritables eldorados pour les personnes LGBT, inimaginables il y a encore 40 ou 50 ans.

Même si violences et discriminations homophobes peuvent toujours resurgir ici ou là, notamment en temps de crise comme envers toute minorité, selon les mécanismes habituels de désignation de boucs émissaires.

Regarder vers l’avenir avec audace

On ne saurait comparer la situation des LGBT en France en 2018 avec celle des années 1960. Ni avec celle autrement plus dramatique des minorités sexuelles dans des pays comme la Tchétchènie, la Russie, l’Arabie Saoudite, le Yémen, l’Ouganda ou la Somalie.

Pour tout esprit sensé, véritablement pétri d’humanisme et de justice, il est en effet assez révoltant de constater les distorsions dans les discours et l’attention portée à des situations aussi objectivement critiques qui mériteraient de mobiliser de façon autrement plus responsable l’attention des élus, des institutions, des représentants LGBT, des médias et de l’opinion publique.

Certes on ne saurait mettre en concurrence les revendications. Mais n’y a-t-il pas un hiatus troublant entre la culture hédoniste du Marais et les geôles tchétchènes ?

L’accession aux PMA et à la GPA pour les couples homosexuels est sans doute une revendication utile à promouvoir sinon a priori légitime. Mais n’apparaît-elle pas un peu secondaire ou dérisoire face à l’urgence de répondre aux pendaisons, aux décapitations publiques d’homosexuels, aux tortures, aux viols, aux castrations, aux emprisonnements arbitraires et autres crimes dont sont victimes chaque jour les homosexuels dans certains régimes dictatoriaux ?

Autant de crimes sur lesquels nous préférons souvent fermer les yeux pour ne pas déranger notre confort, égratigner notre bonne conscience, ou nous confronter à nos propres lâchetés. Notamment quand un pays démocratique et fier de ses valeurs comme la France cherche à développer des liens avec des partenaires comme la Chine, la Russie ou les pays du Golfe, en mettant parfois un mouchoir sur ses principes.

Il serait temps de rectifier le tir. Et de redonner du sens et du souffle à ces grands événements comme la Marche annuelle des Fiertés. Ou les Gay Games qui n’ont lieu que tous les 4 ans dans une grande capitale du monde.

Plutôt que de chercher à se contenter ou créer un business gay concurrent des J.O., fût-ce au nom de généreux principes, la fédération organisatrice de ces jeux devrait réfléchir à sa mission, surtout dans les temps troublés que nous vivons. Et au message qu’entendent donner les LGBT les plus aisés à leurs frères, aux autres humains et au monde entier.

Il ne s’agit plus de se poser en victimes et de réclamer toujours plus d’égalité dans des démocraties où les différences sexuelles ne sont quasiment plus un problème. Ni de jouer la comédie de la « visibilité » en s’affichant lors de rassemblements sportifs organisés exclusivement dans des métropoles gaies où celle-ci est déjà acquise.

Le lobbying communautaire a ses limites. Il faut aller de l’avant, bousculer paresses et certitudes, faire preuve d’audace, de détermination et d’esprit d’innovation.

Les valeurs humanistes et universalistes d’unité, de fraternité, de solidarité et d’exemplarité, portées par tous, pour tous, et au nom de tous, ne peuvent plus être conçues selon les mêmes modèles éthiques, philosophiques, rhétoriques et politiques qui prévalaient au début du 20e siècle (pour les J.O modernes) ou à la fin de ce même 20e siècle (pour les gay Games).

Il faut donc repenser de fond en combles la philosophie de ces jeux.

Et soit en infléchir la forme et le fond en privilégiant un objectif de soutien actif et non juste symbolique aux minorités vraiment opprimées, dans des pays où ils sont condamnés à la mort, au silence et à l’oubli par des régimes fondamentalistes ou dictatoriaux. Et donc braver les peurs et mobiliser les énergies pour sortir ces personnes des prisons physiques, mentales ou spirituelles où on les enferme dans l’indifférence générale.

Soit consacrer les moyens et soutiens rassemblés autour de ces jeux pour travailler de l’intérieur comme de l’extérieur les instituions des J.O. et le milieu sportif en général.

Objectif ultra ambitieux, irréalistes diront certains. Mais qui constituent un défi propre à mobiliser bien au-delà des seules communautés LGBT, et qui honorerait grandement ceux qui s’y consacrent.