Humanité, année Zéro : L’ultime combat

Mis en avant

La seule façon de triompher dans cette guerre nouvelle où nous entraîne l’oligarchie, c’est de créer une nouvelle réalité librement et consciemment choisie. Et pour cela, de nous engager dans un combat spirituel pour l’éveil global des consciences.

Il ne s’agit pas d’un combat eschatologique du Bien contre le Mal, mais d’un combat pour l’Unité et l’avènement d’une conscience universelle.

________________________________________________________________________

Un nombre croissant d’experts, d’observateurs et d’influenceurs s’accordent aujourd’hui sur un même diagnostic à propos de cette crise du coronavirus et ce qu’elle cache. Chacun à sa manière tente d’alerter l’opinion sur les manipulations en jeu, la nécessité d’un réveil collectif et d’une mobilisation des citoyens.

Reste la question des stratégies envisageables pour mettre en échec le projet totalitaire que l’oligarchie a commencé à déployer. Compte tenu de l’écart disproportionné entre les moyens dont disposent les forces en présence, cela revient à poser la question de la vraie nature du combat à mener et des véritables enjeux.

Doit-on s’opposer frontalement à ce qui ressemble chaque jour de plus en plus à un projet coercitif de domination totalitaire ? Doit-on s’opposer aux mesures mises en place, à commencer par le confinement imposé, et demain la vaccination obligatoire pour tous ? Faut-il se mettre en danger pour résister, entrer individuellement et collectivement en dissidence, se soulever contre des autorités manipulées et qui outrepassent leurs pouvoirs ? Refuser massivement de nous soumettre aux injonctions, au risque de voir les contraintes se durcir, et les libertés se réduire encore ? Faut-il planifier des opérations de sabotage, cibler des personnes ou des objectifs stratégiques ?

Ou bien doit-on au contraire se taire pour minimiser les dégâts, faire le gros dos, abdiquer face à un rapport de forces inégal ? Et donc renoncer à nos libertés, accepter toutes les restrictions, les privations, les humiliations, présentes et à venir, en espérant des jours meilleurs, et pour ne pas risquer un pire sort en cas de réaction agressive face à notre insubordination ?

Sur cette question de livrer ou non bataille contre l’élite au pouvoir pour reprendre en mains notre avenir et nous réapproprier nos libertés, on doit toujours se rappeler qu’il existe plusieurs manières de triompher.

Pour employer une métaphore, la saga Star Wars offre des illustrations intéressantes qui surfent sur cette vérité à la fois spirituelle et existentielle, à savoir quelle est la meilleure façon de défaire un « Empire » totalitaire.

Sauf que l’Empire galactique ou plutôt mondial qui nous menace n’est pas encore tout à fait advenu aujourd’hui : nous n’en sommes qu’aux prémices. C’est à dire à la mise en place de conditions dramatiques préalables pour précipiter le chaos. Qui rendra bientôt nécessaire et inéluctable l’instauration d’une gouvernance mondiale de type dictatorial, d’un régime totalitaire fondé sur la confiscation de toutes les libertés, de tous les pouvoirs, la surveillance absolue de tous au nom de la sécurité par des moyens technologiques inédits, l’assujettissement absolu de chaque citoyen aux décisions, modèles et normes imposés à tous, y compris par les moyens les plus violents, par une micro-élite impitoyable et toute puissante.

Aujourd’hui, si l’élite a l’avantage du pouvoir, du contrôle des moyens et la maîtrise de l’agenda, nous avons théoriquement celui de la supériorité numérique. Bien que le but qu’elle poursuit soit de rallier le maximum d’individus par la manipulation, la terreur, la contrainte ou la corruption. Et de neutraliser la masse de tous ceux qui renoncent à réagir.

Entreprendre de mener un combat armé contre une élite qui contrôle tous les pouvoirs serait illusoire. Comme de déclencher une insurrection populaire mondiale. Celle-ci avait déjà commencé de façon spontanée et sporadique en 2019 dans beaucoup de régions du monde. Mais elle a été étouffée dans des répressions policières ultra violentes, avant d’être recouverte par la psychose mondiale du coronavirus et les mesures de confinement généralisé prétendument mises en place pour enrayer cette pseudo pandémie.

Qui plus est, rentrer dans cette logique du rapport de forces et de l’affrontement violent, même légitime, ne ferait que renforcer l’ennemi en ajoutant à la peur et aux conflits déjà existants d’autres angoisses, d’autres souffrances et d’autres conflits. Justifiant au nom de la paix et de l’intérêt général la mise en place de politiques sécuritaires et coercitives encore plus musclées, et une restriction encore plus grande des libertés, qui creuserait davantage les oppositions et inégalités.

En vérité, la seule et unique façon de triompher radicalement et définitivement de cette logique d’oppression sociale et politique, de contrainte physique, d’asservissement psychique, de régression morale et identitaire, c’est de s’engager en premier lieu dans le seul combat qui vaille, le seul à la hauteur des enjeux : le combat spirituel.

En effet, seule la conscience a la capacité de créer de la réalité. Or sans consensus pour choisir un avenir commun, il n’y a tout simplement pas d’avenir possible. Et sans devenir, on cesse d’évoluer, on régresse et on meurt. L’esprit meurt, pas seulement les corps. Ceci est vrai pour les individus, les sociétés et les civilisations. Aujourd’hui c’est la civilisation humaine qui est menacée, alors qu’elle n’a même pas encore vraiment vu le jour. Ce n’est pas un génocide planétaire qui est en oeuvre, c’est une tentative de tuer l’embryon de l’humanité future dans sa matrice, c’est à dire nous.

Le mythe d’un pouvoir violent et arbitraire qui tente d’anéantir un enfant-messie avant sa naissance ou toute une génération des nouveaux-nés parce qu’ils constituent une menace prophétique à son pouvoir et son autorité est vieux comme le monde et traverse les cultures. Cette fois nous y sommes, de nouveau, à ce point nodal de l’évolution humaine où le saut significatif de conscience annoncé se heurte à l’obstruction des pouvoirs établis.

Quand un paradigme de conscience est dépassé mais que le suivant n’est pas encore totalement advenu, quand les systèmes les plus sophistiqués qui avaient été mis en place pour gouverner les sociétés et soutenir leurs évolutions deviennent des carcans oppressifs, verrouillés et mortifères, quand les élites qui les dirigent craignent de perdre leurs pouvoirs et leurs privilèges, alors une crise majeure se produit. Pour en sortir, la conscience collective se cristallise et opère un saut qualitatif qui permet de lever les blocages, de transcender les impasses et de libérer à nouveau le pouvoir de création qui avait été figé. Ou bien, dans le pire des cas, ce saut ne se produit pas, la conscience collective se raidit, se retourne contre elle-même, la société s’autodétruit, meurt et disparaît. En réalité, cette conscience fait le choix de se suicider, de mettre un terme à son existence, plus qu’elle n’est victime d’une « décadence » ou d’éventuels assauts extérieurs.

Nous en sommes vraiment là : allons nous décider de nous suicider, ou nous résoudre à nous laisser suicider par ce système, le capitalisme, qu’il y a trois ou quatre décennies à peine nous désignions encore comme « le meilleur de tous » ? Allons-nous le laisser sous l’influence de l’élite qui le dirige se muer en un système de domination et d’asservissement totalitaire le plus coercitif et le plus violent que notre humanité ait connu ? Plus violent encore que le nazisme, le communisme et l’islamisme réunis ? Ou allons-nous reprendre en mains les rênes de notre destin, infléchir le cours de l’Histoire et permettre à cette humanité promise et à son avenir radieux de voir le jour ?

Le choix paraît assez évident mais comment faire ?

Contrairement à notre façon habituelle d’aborder les problèmes dans les discours que nous nous tenons, le plus grand des périls qui nous guette ne tient pas d’abord à des considérations d’ordre écologique, « cosmiques » ou sécuritaire : ces raisons « extérieures » ne sont évoquées selon une vision infantile de la réalité que pour nous exonérer de toute responsabilité et faire comme si nous n’étions pas les uniques créateurs de cette réalité douloureuse à laquelle nous semblons nous heurter.

La vérité, c’est que les « crises » que nous vivons, et tout ce qui semble « nous arriver » de dramatique ne sont que le produit exclusif de notre conscience. Que nous percevons comme un feedback, juste ou injuste, que nous renvoie l’Univers.

Or ces événements que nous vivons comme tragiques ou admonitoires ne sont en réalité que des mouvements de la conscience collective, qui viennent nous alerter quant à un déficit d’ajustement, de cadrage, par rapport à un désir essentiel d’évolution que nous exprimons de façon plus ou moins biaisée et que nous nous empêchons de réaliser vraiment. Un désir qui exprime Qui nous voulons être. Et quand ce décalage devient trop grand entre nos aspirations profondes et la réalité que nous créons le plus souvent inconsciemment, la souffrance que nous ressentons sans pouvoir clairement la nommer se manifeste par des distorsions événementielles et identitaires. Un paradoxe insurmontable entre ce que nous vivons, Qui nous sommes, et ce que nous voudrions vivre, Qui nous aimerions être. Entre la réalité que nous créons et expérimentons présentement, et celle que nous rêverions de vivre mais dont nous nous éloignons en la trahissant à chaque instant.

Ainsi en va-t-il du décalage complet entre nos idéaux humanistes, notre aspiration à la paix, au bonheur pour tous, à la liberté, à l’équité, au partage, notre volonté de construire une société vraiment juste, fraternelle, qui donne à chacun ses chances et ne laisse personne de côté, et ce monde de plus en plus inhumain, violent, divisé, injuste, qui se ferme à l’autre, s’enrichit en renforçant les inégalités, les rivalités, les injustices, les oppressions et les pouvoirs arbitraires.

Ce que nous percevons comme des épreuves infligées de l’extérieur ne sont en vérité que le reflet sur d’autres plans de désordres et de contradictions intérieures que nous avons nous-mêmes créés.

Ce ne sont que des symptômes qui aiguisent notre conscience, pas des causes. Le vrai danger, le seul danger qui nous menace aujourd’hui en tant qu’espèce et civilisation, c’est nous-mêmes. Ou plutôt la perte de conscience de Qui nous sommes vraiment. Et de ce que nous choisissons de créer collectivement. Le renoncement à vivre en tant qu’être au monde, dans un Devenir commun. Et donc à nous définir avant tout au travers d’une conscience collective : celle de l’humanité dont nous faisons tous partie, reliée à la Conscience Universelle dans sa globalité. En faisant semblant de nous croire des sujets autonomes, séparés, déconnectés du reste de l’Univers, des autres espèces, des autres consciences, des plus élémentaires, celles des particules, aux plus complexes, celles des amas galactiques qui peuplent l’Univers.

Ce qui nous a été confisqué, ou plutôt ce que nous avons choisi par peur, par paresse, par ignorance, par abdication, de nous laisser confisquer, c’est cette capacité à créer notre propre réalité collective. A nous engager de façon synergique, harmonieuse, dynamique, pour la faire éclore et exister. Bien plus que ces libertés individuelles, ou nos outils éthiques, politiques, économiques, institutionnels orientés vers la construction d’un édifice commun, dont nous nous plaignons d’avoir été dépossédés par des méchants et des envieux.

En vérité, c’est nous qui leur avons dédié ce pouvoir. Chaque fois que nous avons payé pour acheter un objet ou un service avec un billet de banque. Chaque fois que nous avons placé un bulletin à contre-cœur dans une urne. Chaque fois que nous nous sommes laissés aller à acheter quelque chose dont nous n’avions absolument pas besoin, juste pour nous différencier des autres ou prétendre appartenir à telle ou telle caste.

Cet esprit d’asservissement, de manipulation, de mensonge, d’aliénation, incarné par la société de consommation et du spectacle, le fric, la mode, la pub, les médias et le cirque politique, c’est nous qui en sommes les auteurs.

Et cet esprit authentiquement « dia-bolique » (qui divise) incarné aujourd’hui par l’oligarchie au pouvoir et que nous avons tous créé, ne s’approprie pas seulement les moyens matériels. Il n’endort pas seulement nos consciences consentantes, en les enfermant dans les pièges du confort et de la jouissance matérialistes, de la possession jalouse des biens et des richesses, de l’exercice de pouvoirs dérisoires sur la matière ou sur les autres pour satisfaire notre orgueil et notre soif de domination. Il ne nous condamne pas seulement à dépenser inutilement notre énergie et nos richesses dans de vaines compétitions mimétiques d’egos, la poursuite de vaines gloires et de conflits sans fin pour assouvir notre volonté de puissance. Il se nourrit littéralement de notre substance, de notre énergie vitale. Comme ces machines du film Matrix qui utilisent les humains comme des piles électriques pour produire l’énergie qui les fait fonctionner.

Cet esprit délétère et entropique détourne à son avantage ce qu’il ne peut ni générer ni posséder : cette faculté positive qu’a la conscience de créer de la réalité. Exactement comme les virus parasitent les mécanismes de la vie et de la réplication de l’ADN de nos cellules pour les forcer à produire des briques d’ARN afin de se multiplier.

En nous ôtant cette capacité à créer notre propre réalité, en parasitant les mécanismes quantiques qui unissent la conscience au réel, le Pouvoir croit pouvoir s’assurer une domination totale sur des consciences désunies, désorientées, déconnectées de leur vraie nature. Il s’octroie la capacité d’utiliser leur facultés créatrices pour servir ses propres buts.

Marx s’était arrêté en chemin dans son analyse, piégé par l’obsession matérialiste des esprits de son temps, et une fixation aveugle sur le seul registre économique conçu comme l’Alpha et l’Oméga de la réalité humaine et sociale. Il avait vu juste en dénonçant cette volonté d’asservissement des travailleurs au sein de la société capitaliste. Mais il avait réduit le travailleur à un simple cheville ouvrière de l’outil de production industrielle, à une force de travail associée à celle des machines dans le processus de Production. Une victime prisonnière d’un rapport de forces politique et économique doublé d’un combat de classe avec le Capital, selon une Dialectique de l’Histoire construite autour des mythes du Progrès, de l’émancipation du Prolétariat opprimé face à l’oppresseur capitaliste, et de la dynamique révolutionnaire comme précipitation quasi messianique du « Sens de l’Histoire ».

Il y a longtemps que nous n’en sommes plus là. Si une quelconque « révolution » doit se produire aujourd’hui, elle réside dans les consciences. Pas dans une conscience de classe qui se constituerait par opposition à une autre. Mais au contraire une évolution, un saut qualitatif vers la conscience de l’indissoluble Unité du genre humain. Et ce saut prend la forme d’un Eveil collectif, pas d’un processus révolutionnaire visant à prendre le pouvoir contre un autre. Logique qui ne fait que pérenniser le caractère tragique de l’Histoire en reproduisant les mêmes schémas d’affrontement mimétique.

Or la vraie « valeur ajoutée » dégagée par toute forme de travail ou d’action consciente réside non pas dans l’ordre de la valeur donnée à toute production matérielle de biens dans le cas de la société industrielle, ou de services pour la société du tertiaire, ou même à celle du traitement de l’information pour la société du numérique. Mais dans la création de « réalité » dans tous les sens du terme. Et dans la création de sens.

La valeur, en particulier celle d’une action, ne se résume pas à son évaluation financière. Mais elle s’apprécie comme une création marginale, supplémentaire, dans l’ordre du réel existant. Dans le fait pour une action consciente d’exercer un pouvoir de transformation énergétique puis physique du réel, conduisant à faire exister ce qui n’existait pas auparavant sinon à l’état de potentialités. Et cette création a d’autant plus de valeur qu’elle produit du sens collectif.

C’est le principe même de la création artistique. Laquelle crée des œuvres qui n’ont pas d’utilité fonctionnelle en soi, contrairement aux objets utilitaires ou aux outils. Mais qui ont une valeur originale parce qu’elles créent du sens nouveau dans le registre du symbolique, en reliant des formes matérielles signifiantes au monde immatériel du Sens (ou de l’Essence).

Sans création consciente, sans rapport conscient au Sens, toujours mouvant, toujours changeant, il n’y a pas d’évolution possible, pour les individus comme pour les groupes. Et donc l’existence, qui est la possibilité d’éprouver consciemment ce rapport au Sens en multipliant les expériences, les états d’être, n’a plus aucun sens, plus aucune utilité. Sinon de répéter inlassablement, de façon insensée et stérile les mêmes schémas.

C’est précisément ce à quoi nous pousse la société de consommation capitaliste. Qui n’est pas orientée vers la création de valeur mais au contraire vers la destruction de valeur (au sens noble du mot). Et vers la création, l’appropriation et la concentration toujours plus grande de valeurs strictement financières. Valeurs fictives, factices et arbitraires, potentiellement violentes par la tension mimétique qu’elle génère entre les besoins qu’elles entretiennent et la satisfaction de ces besoins qu’elles semblent promettre dans l’ordre matériel pour ceux qui les détiennent.

D’où l’intérêt capital pour ceux qui veulent éviter à tout prix l’émergence d’une conscience et d’un consensus collectifs de tout faire pour séparer, isoler, désunir, diviser, opposer. Mais aussi brouiller les discours, les repères, les identités, les motivations. Fasciner et distraire au maximum les consciences individuelles en agitant des spectres pour les effrayer, ou en les orientant vers la satisfaction de désirs matériels subalternes.

Dans ce combat spirituel nous avons en principe l’avantage de la supériorité numérique en termes de consciences individuelles. Mais un énorme désavantage en termes d’éveil et de focalisation de ces consciences autour de mêmes buts, plus élevés que ceux que nous donnent à reproduire l’élite au pouvoir et la société de consommation.

Il est facile pour un petit groupe de quelques centaines d’individus partageant les mêmes buts, le même langage, les mêmes référents et les mêmes réseaux de pouvoir de s’entendre sur une vision et des objectifs communs. En revanche, cela devient beaucoup plus difficile quand il s’agit d’élever à un niveau significatif la conscience de 7,5 milliards de terriens, de les interconnecter consciemment, de leur faire expérimenter un degré d’intrication et d’unité suffisant pour qu’émerge une vraie conscience humaine globale. Ou plus précisément l’expérience consciente et universelle de l’Unité absolue, et celle de former une seule et unique conscience : expérience de l’Eveil.

Reste donc à trouver les moyens d’accélérer ce processus d’éveil collectif et d’unification de la conscience. Jusqu’à ce que la conscience globale atteigne un niveau vibratoire et une amplitude irréversibles. Une fois ce cap franchi, chaque désir individuel sera naturellement orienté vers la mise en commun des énergies et la contribution de chacun au bien commun. Et plus aucun désir individuel ne pourra viser la satisfaction égoïste de besoins personnels au détriment des autres. A fortiori plus personne n’aura l’idée de soumettre l’humanité pour satisfaire l’appétit de pouvoir et de richesses de quelques-uns.

Ce changement de paradigme de conscience ne sera pas le résultat d’une adhésion à une quelconque idéologie politique. Ni le résultat d’une croyance commune à une utopie de bonheur collectif. Pas plus que l’adhésion partagée à des croyances religieuses ou à des principes moraux. Qui seuls ne peuvent se dénaturer en idéologie et en prétention totalitaires. Ce changement sera la conséquence d’un niveau de conscience collective qui sera la matrice spirituelle d’une civilisation intelligente, pacifique et hautement évoluée.

Ce changement ne se produira pas de façon linéaire mais exponentielle, à mesure que les consciences seront de plus en plus interconnectées. Et donc ultra rapide. Il a d’ailleurs largement commencé, même si ses effets ne font pas la Une des médias, tous contrôlés par l’élite au pouvoir.

Les réseaux sociaux jouent un rôle paradoxal dans ce processus. A la fois d’accélérateur formidable de l’éveil et de l’interconnexion des consciences. Mais aussi d’amplificateur et de catalyseur très puissant des émotions, des affects et représentations, partagés en temps réel par des millions d’individus repartis sur toute la planète. Ils peuvent donc tout aussi bien amplifier et donner une consistance, un relief, une réalité incroyables au meilleur comme au pire des mouvements de la conscience collective. Et participer à l’élévation comme à la réduction de cette conscience. Comme par exemple exacerber des antagonismes violents entre des opinions sur tel ou tel sujet, essentiel ou superficiel.

C’est pourquoi l’élite cherche aujourd’hui à renforcer son contrôle sur les opinions et contenus partagés sur les réseaux sociaux, en plus du formatage rigoureux des discours distillés par les médias officiels. Notamment en interdisant et en supprimant chaque contenu ou discours jugé illicite. En imposant au contraire certains discours déclarés « vrais » ou conformes aux règles. Et en fabriquant ainsi une vérité arbitraire, universelle et univoque, à laquelle tous doivent se conformer, sous peine d’être exclus du réseau voire sanctionnés en cas de disqualification. L’une des constantes de la dictature.

L’élite connaît la vraie nature de la réalité. Qui est que tout ce qui est perçu ou reconnu comme « réel » procède de la conscience et du consensus établi par la conscience collective, seule matrice de la réalité.

Pour créer de la réalité, la conscience conçoit, nomme puis en réalise ce qu’elle crée. Pensée, langage et action sont les trois modes de création de réalité qu’il convient de maîtriser consciemment si l’on ne veut pas subir une réalité que l’on crée sans s’en rendre compte et qu’on attribue illusoirement à des circonstances extérieures. Et qu’il convient de contrôler si l’on veut exercer une emprise totale sur la réalité collective vécue par les individus.

Contrôler les émotions, notamment les émotions parasites et limitantes comme la peur, la tristesse ou la colère, est le meilleur moyen de contrôler ou de perturber le processus cognitif d’un individu ou d’un groupe. Contrôler la parole, les discours, l’expression, l’échange d’opinions et de représentations personnelles sur un sujet donné, est la meilleure façon de contrôler la manière dont un groupe crée ses propres représentations collectives et s’accorde sur le sens donné aux expériences vécues collectivement. Enfin, contrôler ce que les individus font, seuls ou collectivement, comment et pour quoi ils le font, est le meilleur moyen de contrôler la réalité qu’ils créent ensemble, après l’avoir imaginée et s’être accordés sur sa forme, son contenu, sa dénomination, son sens, sa valeur ou son utilité.

Reprendre la main sur ce processus de création de réalité en choisissant librement et consciemment ce que nous voulons vivre collectivement, quelles représentations adopter, quelles valeurs privilégier pour donner du sens à nos expériences communes, quelle direction choisir et selon quels critères nous entendre pour déterminer ce qui a du prix à nous yeux, est donc la seule façon de mettre radicalement en échec tout système totalitaire en nous réappropriant notre capacité à créer notre propre réalité. C’est à dire Qui nous sommes en tant qu’humanité, en tant qu’espèce vivante, en tant que civilisation planétaire.

Deus sive coronavirus

La crise du coronavirus est une crise essentiellement « spirituelle » de l’homme occidental. En sortir passe par une redéfinition complète de notre rapport à ce que nous concevons comme « la nature ».

En ce début de mois d’avril et au cœur de cette période de confinement, on pourrait croire que le printemps et la météo sont venus nous narguer. Que la nature se moque de nous.

Alors que la majeure partie de ses habitants sont confinés chez eux et regardent depuis trois semaines canards, chèvres ou chevreuils défiler devant leurs fenêtres, l’Europe est noyée sous un soleil indécent. Une atmosphère débarrassée de ses polluants, une lumière cristalline, un ciel sans nuage : le printemps est au maximum de sa beauté.

Une occasion de plus pour méditer sur les rapports insensés que nous entretenions avec cette nature qui a vu naître notre espèce. De précipiter les prises de conscience, de changer de logiciel collectif et de paradigme de conscience.

L’homme occidental, c’est à dire nous, avons inventé il y a quelques siècles cette notion de « nature ». Une notion philosophique essentiellement forgée par des théologiens du Moyen-âge, qui empruntèrent autant à la philosophie néoplatonicienne ou stoïcienne qu’à la notion judéo-chrétienne de Création.

Pendant longtemps cette nature fut l’objet de craintes et de suspicions, mais aussi d’idéalisations. Ainsi, jusqu’à l’essor de la modernité qui marque le triomphe de l’homme, de la culture et du progrès guidés par la Raison sur « la nature » – nature sauvage, nature animale, mais aussi nature humaine – la nature a longtemps été perçue comme un espace impénétrable, hostile, dangereux. Une limite, une barrière, une frontière.

Une conception à l’exact opposé de la vision plus contemporaine de la nature conçue comme un espace ouvert, prodigue, bienfaisant et généreux. Pour l’homme du Moyen-âge la nature c’est le danger, le désordre, les forêts touffues peuplés d’animaux sauvages, les montagnes inaccessibles, les marécages putrides, les routes impraticables et périlleuses où rôdent barbares et brigands, les saisons rudes, et la mort pour qui s’aventurerait inconsidérément dans l’inconnu. Et puis en bordure de cette nature sauvage, ce monde où vivent des gueux rustres, sales et analphabètes, à peine plus évolués que des animaux, en proie à tous les vices, toutes les maladies et toutes les vilenies. Le seigneur vit bien à l’abri dans son château défensif, entouré de douves, de herses et de fosses aux loups. Quant aux bourgeois et aux lettrés, ils se rassemblent dans des villes fortifiées, loin des turpitudes des campagnes.

Pour l’homme, la seule manière de survivre et progresser, c’est de lutter contre cette nature inhospitalière et de la conquérir. Déboiser des forêts entières et forcer des terres arides à produire semences et fruits pour endiguer famine et malnutrition. La nature est une barrière à faire reculer. Entre le sauvage et le domestique, le cultivé et l’inculte, l’humain et l’inhumain. Substituer des champs, des vergers et des jardins civilisés aux ronces et aux buissons.

A cette vision fondée sur des considérations sanitaires, agraires, démographiques et économiques, vient s’ajouter une vision morale, symbolique et spiritielle issue d’un christianisme médiéval tres imprégné de philosophie stoïcienne et néoplatonicienne.

Paradoxe, aussi hostile soit-elle, la Nature se voit aussi parée d’une signification quasi divine. Reflet de la Création telle qu’elle est décrite dans la Bible, en particulier le livre de la Genèse, la Nature ne peut être que bonne par essence, puisque créée par Dieu selon un plan parfait. Mieux encore, la perfection de la Création revêt un sens moral : la Nature idéalisée n’est pas seulement la Création parfaite d’un Dieu parfait, elle est aussi le reflet d’un Ordre divin que l’homme ne saurait transgresser sans se mettre en état de péché et s’attirer la colère de son Créateur.

Une lecture du mythe judéochrétien de la Chute d’Adam revisité par la philosophie néoplatonicienne associe en effet la notion de péché originel à celle de transgression d’un Ordre essentiel reflété par l’Eden et la plongée dans un monde de souffrance et de labeur comme sentence d’expiation. Avec une opposition radicale entre la Création initiale, le monde de l’Essence (celui des « Idées » chez Platon), pur et parfait, et la Création dévoyée par le péché, représentée par la vie terrestre, ses limites, ses tentations, ses souffrances, pâle reflet de la Réalité ultime désormais inaccessible sinon par la rédemption.

La Nature c’est donc à la fois le reflet de cette Création idéale et de cet Ordre naturel divin auquel il convient de se conformer, et le lieu de la Tentation, de la souffrance, mais aussi de la possible rédemption.

La morale chrétienne insiste beaucoup sur la nécessité de se conformer à l’Ordre divin, notamment en se pliant aux commandements et sacrements, mais aussi la nécessité d’éviter tout débordement, notamment celui des sens, qui nous ramènerait vers une nature pécheresse, animale, dévoyée, livrée au pouvoir du Démon. Ce dernier aspect de la « morale naturelle » est très influencé par le stoïcisme et le droit romain, en particulier en ce qui concerne l’économie des plaisirs, les soins apportés au corps, la répression des appétits et des vices, et la nécessaire maîtrise de soi.

Une vision marquée par un dualisme radical qui oppose les réalités spirituelles idéalisées aux réalités charnelles marquées par le péché et la Chute.

Notre vision contemporaine peut nous sembler très éloignée de cette vieille conception de la nature. Elle ne l’est qu’en apparence. Dans des périodes de crise majeure comme aujourd’hui, crise écologique et climatique, crise épidémiologique et sanitaire, crise morale et identitaire, beaucoup de mécanismes archaïques et de projections inconscientes refont surface.

Schématiquement, notre vision contemporaine, postmoderne, de la nature, est intimement liée à notre conception quasi dogmatique d’un monde et de rapports entre l’homme et son environnement marqués par le triomphe d’une idéologie matérialiste, rationaliste, scientiste, productiviste et consumériste, qui semble se généraliser de facon globale avec la mondialisation.

La nature, comme le réel dans son ensemble, ne sont envisagés que sous l’angle matériel. Une certaine vision de la physis qui a prévalu jusqu’au début du siècle dernier a justifié le triomphe du matérialisme en tant que modèle philosophique très présent chez des philosophes comme Marx. Ce modèle a cependant été totalement remis en cause dans la pensée occidentale avec les philosophies critiques du matérialisme et du rationalisme scientistes mais aussi depuis les débuts de la physique quantique qui a ouvert à une toute autre compréhension du monde. Cette conception scientifique et philosophique de la réalité sous l’angle du matérialisme est aujourd’hui totalement dépassée et abandonnée depuis le tournant de ce siècle par les théoriciens scientifiques les plus pointus. Mais les représentations traditionnelles de la physique classique matérialiste restent encore très enracinées dans les esprits, y compris chez beaucoup de scientifiques très attachés au paradigme ancien.

Le rationalisme a subi le même processus de remise en cause radicale, tant dans le domaine scientifique que philosophique voire politique. La science contemporaine investit aujourd’hui des domaines qui échappent totalement au rationnel et relèvent de l’irrationnel. Ce bouleversement a contribué à l’émergence d’un nouveau paradigme de conscience postmatérialiste et postrationnel. La nature ne peut plus être comprise que comme un ensemble obéissant à des lois déterministes et fondé sur des modèles rationnels validés par la géologie, la biologie, la botanique ou la zoologie classiques.

La philosophie marquée par le positivisme scientiste a elle aussi vécu. Alors que ce modèle avait prévalu à l’essor de la société industrielle et la domination des empires coloniaux, à la normalisation des sociétés modernes selon un mode de vie urbain, une organisation urbanistique rationnelle, un modèle de confort bourgeois et le mythe du Progrès social, sa remise en cause est d’autant plus radicale que les excès de la science et de la société industrielle sont aujourd’hui rendus responsables des déséquilibres que subit notre civilisation post-industrielle et postmoderne.

Face à ces défis, la nature est au cœur des inquiétudes et des questionnements. Alors que l’homme moderne pensait avoir trouvé le moyen d’étancher sa soif de conquête illimitée et de soumission absolue d’une nature perçue autrefois comme hostile, faisant reculer l’ignorance, les contraintes, les limites, les maladies, le voici aujourd’hui confronté à une situation où cette nature qu’il pensait être parvenu à domestiquer en totalité semble se retourner contre lui, et menace à nouveau sa survie avec une violence imprévue.

L’homme occidental et l’humain en général qu’il entraîne dans sa cohorte mondialiste est aujourd’hui face à un défi existentiel et essentiel. La société postmoderne capitaliste,
fondée sur le productivisme, le consumérisme et l’interaction illimitée de ses membres, qu’il avait érigée comme horizon absolu d’un bonheur hédoniste, individualiste et existentialiste, voit sa toute puissance anéantie par un feedback aux alllures apocalyptiques.

La crise du coronavirus, à la fois épidémiologique, sanitaire, sociale, politique, économique, financière, symbolique, spirituelle, ramène l’homme à ses propres limites, à sa dépendance à une nature dont il croyait pouvoir s’affranchir, mais qui peut tout aussi bien anéantir son espèce d’un trait de plume.

Ajoutée à la crise écologique et climatique, elle vient creuser un sentiment de culpabilité et réactiver des peurs ancestrales. Aux peurs archaïques de l’homme primitif confronté aux caprices du ciel, des volcans, aux animaux sauvages de la forêt et aux esprits malfaisants qui la peuplent, s’ajoutent les peurs médiévales toujours ancrées dans notre inconscient collectif face aux épidémies de peste ou autres maladies mortelles, interprétées comme des châtiments divins ou des désordres causés par des hérétiques.

Que nous en soyons pleinement conscients ou non, nous savons profondément que nous sommes les véritables auteurs de ces épidémies qui nous frappent. Que nous les avons nous-mêmes créées. Savants, épidémiologistes, écologues nous confirment aujourd’hui de facon scientifique cette intuition, en nous expliquant les conséquences désastreuses des déséquilibres que nous avons introduits dans la faune sauvage avec notre agriculture irraisonnée, notre élevage intensif, le commerce d’espèces animales sauvages, la déforestation massive et la destruction d’habitats sauvages qui sont autant de barrières d’espèces et de freins à la transmission zoonose des virus mutants.

Pendant des décennies nous n’avons pas voulu les écouter, et maintenant nous pleurnichons comme des gamins pris la main dans le pot de confiture.

L’une des plus grandes erreurs conceptuelles, philosophiques et spirituelles qui nous a conduits dans cette impasse, c’est le dualisme qui nous a incités à nous concevoir comme séparés de « la nature ». Comme si la nature était soit une frontière infranchissable, un monde sauvage, hétérogène peuplé de monstres et de fées comme dans les légendes remises au goût du jour par le cinéma hollywoodien. Soit une « chose », un objet, un espace dans lequel nous pourrions nous déplacer et puiser ad libitum.

Nous avions résolu de considérer avec mépris la vision du monde des peuples premiers, qualifiée d’archaïque, de « sauvage » ou « primitive ». Cette vision était pourtant fondée sur une inaltérable harmonie, une indissociable unité entre l’homme et son environnement, entre l’homme et les autres espèces. Et sur un pacte sans cesse renouvelé fait de respect mutuel et de coopération entre les « esprits » qui animent les différentes manifestations de la Réalité. Nous nous étions même égarés à prétendre avec orgueil que l’homme seul était pourvu d’une conscience.

Aujourd’hui la physique nous enseigne que la conscience est présente absolument partout, des particules élémentaires reliées entre elles aux galaxies et à l’Univers tout entier. Et même que rien n’a de réalité objective sans une conscience pour interagir avec lui. Achevant de ridiculiser notre orgueil d’homme savant en nous démontrant que la vision « animiste » du monde propre aux sociétés primitives est beaucoup plus proche de la vérité que notre vision mécaniste et déterministe classique.

Le dualisme qui avait présidé à notre vieux paradigme progressiste, rationaliste, fondé sur une science « objectiviste » vit ses dernières heures. La vérité qui nous apparaît et nous contraint à redresser radicalement nos perspectives c’est que Tout est Un. Il n’y a aucune « Séparation » d’aucune sorte. Pas plus entre les humains qui forment une seule et unique entité – l’Humanité – qu’entre l’homme et « la nature », ou entre l’espèce humaine et les autres espèces.

En conséquence, il nous faut aujourd’hui renoncer à tout esprit de conquête ou de domination entre un Sujet que serait l’homme réputé intelligent et la matière supposée inerte. Ou entre l’homme et les espèces inférieures. Ou entre l’homme et une « nature » qu’il faudrait soumettre pour survivre, s’émanciper et se développer.

Au mythe dépassé du « Progrès » devra se substituer la notion d’Evolution consciente. Plutôt que vouloir à tout prix dominer, il va nous falloir apprendre à coopérer. Coopérer avec cette planète dont nous ne sommes pas les possesseurs omnipotents mais les simples locataires temporaires. Avec les autres espèces qui ne sont ni des sujets, ni des possessions, ni des objets de consommation, mais des colocataires. Et une part de nous-mêmes en tant que partie du Vivant.

Il ne s’agit pas de devenir animistes. Ni de plagier le « bon sauvage » selon une vision totalement mythique que nous nous ferions des peuples premiers, lesquels auraient su conserver intacte une sagesse ancestrale que nous aurions perdue.

Une telle tentation existe pourtant chez beaucoup d’Occidentaux qui nourrissent le rêve d’un retour fantasmatique à « la Nature ». Et singent de facon artificielle et ridicule le mode de vie de certaines peuplades reculées. Comme chez certains adeptes d’une religion new age fortement teintée d’écologie critique de l’occidentalisme prônant le culte de Gaïa, le retour à la Terre-Mère et aux valeurs féministes et matriarcales. Une forme de délire névrotique et politique qui s’enracine dans la mauvaise conscience anticolonaliste et antipatriarcale.

Une façon aussi de conjurer ses angoisses sur fond de crise écologique en renouant avec une forme de religiosité fondée sur l’adoration d’une divinité féminine non-violente, maternante et protectrice que serait la Terre ou la Nature idéalisée. Une prétention fictive à restaurer l’Harmonie primordiale d’autant plus factice qu’elle s’enracine dans un rejet symétrique ultra agressif de tout ce qui symbolise la société patriarcale, violente et destructrice à l’origine de la crise écologique.

Face à ces deux écueils, le déni et la fuite en avant irresponsable, et le délire écolo-new age angélique et schizophrène, un chemin de sagesse est possible pour l’homme occidental en renouant avec la philosophie résumée par le « Deus sive natura » spinoziste. Une conception moniste et immanentiste de la nature et du divin (de l’Essence) conçus comme une Unité indissociable. Et sans doute plus proche des découvertes les plus récentes de la science que la vision classique, dualiste et conquérante, de l’homme et la nature, elle-même héritière d’une conception du Divin fabriquée par les religions monotheistes, présenté comme un être radicalement séparé, extérieur et supérieur à l’homme, et qui aurait droit de vie et de mort arbitraire et absolu sur ses « créatures ».

Comment sortir de l’Apocalypse ? Par la porte intérieure !

Mis en avant

En ces temps orwelliens et tourmentés où le Mensonge est devenu la Vérité, où l’Etat Providence est le hijab de la Dictature du Fric, où l’état d’urgence sanitaire est le prétexte au Nouvel Ordre Totalitaire, au confinement policier et à la dictature de l’Arbitraire, où le sauvetage de l’économie devient le prétexte au saccage définitif du Droit du Travail, où 60 ans est un âge trop jeune pour partir en retraite mais trop vieux pour être soigné à la chloroquine, où le capitalisme mondial tremble sur ses bases, craint pour ses Bourses et joue avec la vie de 7 milliards d’êtres humains, il est temps de se réveiller !

Il est temps de réagir. Collectivement.

De sortir de l’ornière de l’individualisme, de la compétition acharnée et du chacun pour soi.

De sortir du matérialisme, du productivisme et de l’affairisme qui aliènent nos consciences et empêchent l’humanité de relever la tête, de prendre conscience qu’elle est une seule et même Nation, un seul et même Peuple, une seule et même Espèce, un seul et même Esprit. De prendre conscience que l’humanité est Une et Indivisible, comme l’est en principe notre République.

Il est temps d’en finir avec ce consumérisme hédoniste, ce culte de l’image et de la surface, cette Ère du Vain et du Vide, qui nous empêchent de voir les vraies priorités et les vrais enjeux pour notre survie et notre évolution en tant qu’espèce.

De nous consacrer tous ensemble à promouvoir des vraies valeurs qui nous fassent vivre et grandir, d’édifier une vraie civilisation mondiale unie, solidaire et pacifique, fondée sur la Fraternité et la Justice, le sens de l’intérêt général et non la préservation des intérêts d’une toute petite élite, l’attention aux plus faibles et aux plus démunis et non l’esclavage de tous au service des plus riches, la quête collective du Bien commun le plus large et le plus universel et non l’accumulation frénétique de biens dérisoires et de pouvoirs désuets.

Ce Bien commun est celui de toute l’espèce humaine et des générations futures. Mais aussi du souci et de la coopération avec les autres espèces, de la préservation des grands équilibres planétaires, la volonté de développer une fécondité matérielle et un usage maîtrisés, de partager les ressources, les richesses, les savoirs. Non pas d’œuvrer pour notre satisfaction personnelle, mais de les mettre au service de l’épanouissement de tous.

Ce monde et ceux qui le défendent parce qu’ils en profitent sont en train d’agoniser. Ils résistent encore mais plus pour très longtemps. Il ont déjà perdu : il ont creusé leur propre tombe.

Ce monde avait pour fondement l’ego, l’orgueil, l’hubris de l’homme occidental, ivre de conquête, de domination et de son sentiment de supériorité.

L’homme s’était fabriqué des dieux. Des dieux jaloux et violents, crachant la foudre et le tonnerre. Puis il s’était fait Dieu lui-même, parce qu’il ignorait sa vraie nature spirituelle.

Le génie et la chute de cet homme-dieu, c’est sa volonté de puissance. Cette volonté de s’approprier tous les pouvoirs, tous les privilèges arrachés à l’autre. Son obstination à vouloir soumettre et détruire, autant que de construire palais, monuments et empires à sa gloire.

Son drame et sa chute, c’est cette volonté de prédation et d’assimilation de tous les avoirs et tous les savoirs. Vouloir devenir le Maître de l’Univers, s’élever plus haut que l’Olympe et les dieux.

Ce monde touche à sa fin. Avant la fin du siècle il ne sera plus que ruines.

A moins qu’il nous ait tous engloutis dans sa folie de pouvoir et de destruction. A nous d’en décider.

Ce monde c’est nous, humains, qui l’avons créé. Nous nous cachons le visage aujourd’hui comme Adam chassé de l’Eden en voyant de quel monstre nous avons accouché.

La terre crie vers le ciel, asphyxiée par nos rejets putrides et mortifères. Comme nos poumons aujourd’hui asphyxiés par un virus de chauve-souris. Les glaces fondent et les eaux montent, elles s’ajoutent aux déluges et menacent nos grandes cités de les envoyer rejoindre l’Atlantide. Les espèces agonisent, ravagées par les eaux, les feux de forêts, l’avancée des déserts, l’air vicié, les pestes et les pesticides, la surpêche, la surproduction et la surconsommation.

Des fleurs des champs aux grands mammifères, toute vie pourrait demain disparaître de la surface de la terre, du ciel et des mers, à cause de la simple disparition des abeilles et des autres insectes pollinisateurs. Plus de pollen, plus de plantes ; plus de plantes, plus de nourriture. Et plus d’oxygène pour verdir nos poumons.

Asphyxie.

L’homme est vaincu par ses propres pestilences. Par son ego aussi hypertrophié que le poitrail des vainqueurs.

Mais un autre monde est possible. Il est déjà là.

Un monde qui ne fait pas de publicité, ne s’étale pas sur les affiches, ne s’impose pas dans les rayons des supermarchés.

Un monde discret mais qui se répand plus rapidement qu’une rumeur, qu’un slogan ou un record en mondovision. A la vitesse de la Conscience : celle de la lumière.

Ce monde existe en filigrane, se répand de façon subliminale par-delà le brouhaha des réseaux sociaux. Il filtre dans les esprits, du moins ceux qui font silence, qui méditent ou qui font une pause. Plus efficacement que parmi ceux qui sont occupés à nourrir le Moloch.

Ce monde se donne à contempler avant de se découvrir. Ce monde n’est pas un monde qui se conquiert, qui se construit, qui s’érige comme un temple ou un gratte-ciel. Il vit au-dedans de nous.

Ce monde, ce sont nos « fils », la descendance de l’Humanité que nous portons en nous, en germe, et qui émerge à notre conscience. Dans nos espoirs les plus élevés, quand nous sommes bien ajustés, bien alignés sur la vie qui nous porte et nous pousse en avant.

Selon un principe quantique, ce qui est a déjà été et sera de nouveau. Passé et futur n’ont aucune réalité. Seul existe un éternel Présent, toujours changeant, toujours mouvant.

Passé et Futur ne sont pour le premier qu’une mémoire construite, individuelle ou collective, constituée de nos états d’être, de nos vécus émotionnels encryptés dans notre ADN, nos neurones et nos bibliothèques. Et pour le second, la cristallisation de nos espoirs, de nos désirs et de nos capacités, conjugués aux virtualités qui s’offrent maintenant à notre libre-arbitre. Une équation probabiliste qui trace une direction possible pour notre être en devenir.

Selon cette théorie, nous sommes déjà en contact permanent bien qu’inconscient avec nos lointains « descendants » : ces « fils de l’homme » des générations futures les plus lointaines qui nous succéderont dans quelques siècles, quelques millénaires ou plus. Qui auront appris à maîtriser les priorités inimaginables de l’esprit, de la force gravitationnelle ou de l’énergie de l’atome. Qui auront appris à voyager dans l’espace et le temps à des vitesses supérieures à celle de la lumière, à voyager des deux côtés des portes de la mort, entre conscience et matière. Qui auront ensemencé les étoiles, visité d’autres galaxies, échangé avec d’autres civilisations hautement évoluées…

Pour les esprits les plus cartésiens, tout ceci peut paraître de la science-fiction loufoque, ou une dinguerie new age. Pourtant ce sont les scientifiques les plus pointus qui nous enseignent aujourd’hui ces vérités. Du moins ceux qui ne s’égarent pas dans cette utopie transhumaniste, ce rêve de fusion homme-machine, cette « singularité » tant espérée où l’homme ne serait plus humain mais aliénerait sa conscience à la matière pour survivre à celle-ci. Un rêve fou digne de Frankenstein, et le dernier avatar du matérialisme scientiste agonisant.

Car la seule issue à la souffrance et à l’agonie, à l’irréductible angoisse existentielle, à la peur de la Perte qui motive toutes nos œuvres, toutes nos créations démiurgiques, nos testaments philosophiques, ce n’est pas de nous agripper à cette matière où nous avons choisi de plonger et qui sert de véhicule à nos expériences incarnées. C’est au contraire de lâcher du lest et d’accepter de nous en arracher pour de bon. D’investir les territoires multidimensionnels et infinis de l’Esprit, plutôt que de nous abîmer plus profond dans la physis.

Aujourd’hui il n’est plus besoin de compter sur la religion, sur des anges ou des saints imaginaires pour nous protéger des périls qui nous menacent le plus de destruction. Ni uniquement sur nous-mêmes, petits vermisseaux rampants incapables de nous sortir du bourbier où nous nous sommes jetés.

Il suffit de nous brancher sur notre fréquence intérieure. Ce à quoi notre retraite forcée nous oblige. Au lieu de passer nos journées à nous distraire en regardant des programmes débiles à la télé. Et d’unir nos fréquences pour entendre les messages diffusés par la Mémoire de nos origines et de notre destin.

Cela peut paraître stupide, inutile ou impossible pour beaucoup. Pourtant nous le faisons le plus souvent sans le savoir. Quand nous nous plongeons dans une musique qui nous transporte. Quand nous contemplons un paysage magnifique qui dilate notre esprit et notre cœur. Quand nous nous laissons aller à méditer sur des sujets profonds ou des vérités essentielles. Avec cette impression étrange d’être beaucoup plus clairvoyant et paisible que d’habitude, de toucher un sens qui nous dépasse et que nous n’aurions jamais pu approcher par nous-mêmes.

Cet état d’éveil de la conscience, de lâcher-prise et de reconnexion, à soi-même et à ce qui Est, est essentiel.

Et c’est MAINTENANT.

Confinés ne veut pas dire cons finis.

Sachons occuper au mieux cette période imposée de solitude et de retour sur soi. Nous décentrer de nos désirs habituels : consommer, jouir, parler, travailler, nous divertir, tuer le temps… Pour revenir à des besoins plus essentiels que nous méconnaissons ou que nous avions oubliés : faire silence, écouter, renoncer à « faire » pour être, accompagner.

Et si nous ouvrions ce bouquin sur la méditation acheté il y a quelques mois et rangé sous une pile de magazines ? Et si nous écoutions ce disque de musique de relaxation offert par une amie sophrologue ? Et si nous nous mettions à peindre dans la cuisine, sans aucun projet préétabli, juste laisser le pinceau filer sur la toile, et les couleurs se mettre en place instinctivement ? Et si nous essayions de jeûner pendant trois ou quatre jours, plutôt que de nous précipiter avec angoisse au Franprix du coin dès que le frigo est à moitié vide ? Et si nous passions un après-midi à jouer vraiment avec le chien, lui faire un câlin, au lieu de l’emmener dix fois par jour faire le tour du pâté de maison, juste pour échapper à nos quatre murs ?…

Les idées ne manquent pas pour initier la démarche. Viendra ensuite temps d’échanger, de partager, de dépasser angoisses et frustrations pour réfléchir ensemble à un meilleur avenir possible. Que ce soit au niveau de l’immeuble, du quartier, de la commune, de la région, de la nation ou du monde, de la famille, du groupe d’amis, de voisins, de l’entreprise, de l’association, du syndicat ou de l’humanité…

Un autre monde est possible. Il est déjà là.

Ne manquons pas cette occasion unique de le faire advenir. Car nous risquons une fois cette crise passée d’être vite repris par les rênes d’un capitalisme pressé de resserrer son emprise sur les corps et les esprits, d’augmenter son niveau de contrainte et de coercition pour nous réduire encore plus à l’état d’esclaves, de choses, de producteurs-consommateurs et de sous-humains.

L’heure du grand réveil a sonné. Pas l’heure de la bataille, de l’Apocalypse ou de l’Armageddon. Mais l’heure de s’enivrer.