Un nouveau mouvement citoyen est né : 512, le Mouvement du 5 décembre !

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PRESENTATION

Le Mouvement 512 ou Mouvement du 5 décembre est né le 5 décembre 2019, journée de grèves nationales unitaires. Une série de manifestations contre la réforme des retraites qui a suivi celles des Gilets jaunes iinitié un an plus tôt.

Ce mouvement s’appuie sur un constat partagé par une très grande majorité de Français, porté par des revendications diverses et une colère populaire qui s’exprime de plus en plus fortement sans que rien ne change.

Animé par un souci de restaurer en France une vraie dynamique démocratique et une vraie justice sociale, le mouvement 512 porte plusieurs propositions, exigences et revendications dans les domaines institutionnel, politique, social, économique, budgétaire, fiscal, administratif, éducatif, culturel, écologique, diplomatique, humanitaire ou technologique.

Le mouvement 512 est un mouvement populaire et unitaire. Populaire parce qu’il émane du peuple souverain et non de ceux qui prétendent parler en son nom. Unitaire parce qu’il vise à rassembler la nation plutôt qu’à la fragmenter.

Le mouvement 512 n’est ni un mouvement anarchiste, ni un mouvement nationaliste, ni révolutionnaire. C’est un mouvement républicain, fidèle à l’esprit, aux valeurs et aux principes de notre République.

Son but est le rétablissement de la démocratie et des vertus républicaines, en particulier la justice sociale, la solidarité et l’engagement citoyen pour le bien commun. Son but n’est aucunement de changer de régime, de renverser l’Etat ou de diviser une partie de la population contre une autre.

En revanche ce mouvement entend demander des comptes à ceux qui usurpent le pouvoir contre l’intérêt du peuple.

NB : Le Mouvement 512 est indépendant de toute appartenance politique, syndicale, corporatiste, philosophique ou religieuse. Il ne soutient aucun parti, aucun élu, aucune association ou mouvement d’aucune sorte.

Il est l’émanation des citoyens qui se reconnaissent dans les mêmes valeurs démocratiques, républicaines, sociales et citoyennes.

UN CONSTAT

En mai 2017, le pouvoir a été confisqué au peuple pour être livré aux lobbies de la finance et aux multinationales.

Le Président actuel n’est pas un chef d’Etat mais un simple haut fonctionnaire du système, et non le représentant élu de la nation malgré l’apparence de légitimité démocratique dont il jouit.

Durant deux ans et demi, pas une de ses décisions n’a été engagée dans l’intérêt du peuple français ou de la France. Mais uniquement pour satisfaire ses sponsors qui l’ont fait élire.

Le Droit du Travail continue d’être démantelé, le système de protection sociale également, le régime d’assurance chômage est réduit au strict minimum, nos services de santé sont exsangues, les services publics à bout de souffle, quand ils ne sont pas livrés au secteur privé, de grandes entreprises nationales comme la SNCF, EDF, GDF, Aéroport de Paris, La Française des Jeux sont privatisées ou démantelées comme de simples bibelots.

Aujourd’hui la France n’est plus une démocratie, mais une oligarchie ploutocratique au service d’intérêts économiques, financiers, et des plus riches. Une oligarchie qui impose ses lois selon une idéologie néolibérale au service du Marché et non du peuple.

Nous voulons que le pourvoir soit rendu au peuple au plus vite, et que la France soit gouvernée par un pouvoir exécutif qui représente et défende vraiment les Français, en particulier les moins favorisés.

NOUS DEMANDONS

  • La démission immédiate d’Emmanuel Macron et la dissolution de l’Assemblée Nationale
  • La tenue d’élections présidentielles et législatives anticipées
  • La fin du régime de parti unique et la garantie d’une vraie alternance démocratique par le jeu des oppositions
  • La dissolution de LREM, parti factice destiné à servir l’ambition carriériste d’un seul homme
  • L’inscription dans la Constitution de l’interdiction de toute collusion avec le secteur privé des candidats aux élections présidentielles, législatives et régionales
  • L’interdiction pour tout lobby quel qu’il soit d’être représenté dans une assemblér républicaine. La pénalisation de toute tentative de corruption ou d’influence d’élus de la part d’organismes financiers, d’entreprises ou de lobbies, sous quelque forme que ce soit (y compris cadeaux, repas, vacances…)
  • L’abandon immédiat et total de la réforme des retraites
  • Une revalorisation immédiate du SMIC à hauteur de 30%
  • Un moratoire de 5 ans sur les hausses du prix des carburants, du gaz domestique et de l’électricité
  • Un encadrement des prix de tous les biens et services de consommation courante, avec une interdiction totale d’augmentation du prix des denrées alimentaires de base partout en France
  • La création d’un organisme public indépendant chargé de garantir l’encadrement du prix de l’énergie pour tous les fournisseurs
  • La création d’un ensemble de mesures incitatives pour permettre le passage d’ici 10 ans à 50% d’agriculture bio en France
  • L’interdiction progressive totale de tous pesticides et perturbateurs endocriniens (étalée sur 10 à 20 ans selon les produits). Le remplacement des pesticides chimiques par des pesticides naturels ou non polluants à prix compétitif. L’extension de cette mesure à nos partenaires européens.
  • La tenue d’une Convention Nationale de la Santé réunissant tous les acteurs concernés (Sécurité Sociale, médecins et auxiliaires de santé, pharmaciens, Assistance Publique, cliniques privées…) destinée à évaluer les conditions d’équilibre, d’harmonisation et d’excellence de tout notre système de santé, de la Sécurité Sociale, du maintien et de l’amélioration des soins et prestations, la réorganisation de l’Assistance Publique afin de garantir le fonctionnement de tous ses services, son refinancement afin de garantir de meilleurs services, plus de personnel médical, de soin et d’encadrement
  • L’inscription dans la Constitution de l’écologie et de la lutte contre le changement climatique comme priorités nationales au nom des générations futures, qui engage tous les services de l’Etat
  • La création d’une Commission de contrôle environnemental indépendante du gouvernement chargée de contrôler la conformité de tous les critères engagés par la France relatifs à la transition écologique et à la protection de l’environnement, avec un droit de sanction en cas de non respect
  • L’augmentation immédiate du budget de la fonction publique et l’embauche de 100.000 fonctionnaires supplémentaires dans les domaines suivants : santé, éducation, emploi, services sociaux, environnement, sécurité nationale pompiers, Police, lutte contre le terrorisme et la radicalisation…
  • La création d’un emprunt d’Etat à taux garanti supérieur à celui des produits d’épargne courants afin de financer les augmentations budgétaires dès 2021
  • l’inscription au niveau européen puis mondial d’un moratoire global visant à effacer la dette des états les plus pauvres. Mais aussi d’un moratoire pour tous les états endettés. Une dénonciation globale du système financier fondé sur la dette visant à assujettir les états et les pouvoirs politiques au pouvoir financier
  • La mise en place d’une table ronde au niveau mondial composée de représentants des différentes nations du monde visant à redéfinir les règles du capitalisme mondial, à refonder les liens qui subordonnent le monde de la finance, le monde économique et le monde politique (les états souverains) aux grandes institutions mondiales de la finance
  • Le refonte du Conseil économique et social en un Comité national d’expertise, composé des 1000 meilleurs experts français dans tous les domaines. Ce comité pourra être consulté à tout moment par le gouvernement ou le Parlement pour l’élaboration des lois, décrets et décisions. Mais aussi émettre des avis sur la politique du gouvernement, des collectivités, la situation économique, sociale, administrative de la France.
  • création d’un Conseil National Citoyen composé de citoyens non élus ayant pour mission de contrôler l’action de l’Etat, d’émettre des avis, recommandations ou sanctions analogues à celles du Conseil d’Etat dans les domaines suivants : budget de l’Etat, fiscalité, transparence des ministres et élus, finances publiques, haute fonction publique, administration et services publics, politique en matière économique, d’énergie, d’emploi, d’éducation, de défense, de sécurité et de renseignement, de transport, de santé, d’immigration, de défense des minorités, de culture et de francophonie, de relations extérieures, de coopération, d’aide au développement, d’écologie, d’aménagement du territoire, de collectivités territoriales, prévention de la précarisation sociale, de la violence, de la délinquance, de la radicalisation et du terrorisme, participation et votes de la France dans les institutions européennes, internationales et mondiales. Ce conseil sera composé de citoyens représentatifs de la société française tirés au sort parmi ceux qui se seront déclarés candidats sur internet. Ce Conseil n’est pas une forme de démocratie directe qui se substituerait à l’action du parlement, mais un moyen de remettre nos institutions en prise plus directe avec le peuples souverain.
  • L’élargissement du Référendum d’Initiative Citoyenne à des initiatives rassemblant 500.000 personnes sur internet. Examen systématique des autres initiatives à partir de 5.000 signataires
  • La France est la 6e puissance mondiale et compte en 2019 10 millions de pauvres. Une situation inacceptable.
    Nous demandons la création d’un Plan national de lutte contre la pauvreté. Comportant notamment la révision et la revalorisation des minima sociaux, des aides et des services proposés aux chômeurs de longue durée, aux personnes âgées, aux personnes malades, handicapées, invalides, aux personnes seules, aux mères célibataires, aux demandeurs d’asile et aux migrants… La création d’un organisme unique pour venir en aide aux sans-abris, en particulier en hiver, avec des services d’hébergement d’urgence, la distribution de repas, de vêtements, des services de santé, sanitaires, sociaux et d’entraide locale, une meilleure organisation et des moyens accrus pour les services du Samu Social, une meilleure coordination avec les ONG, associations et intervenants spécialisées.
  • Pour mieux s’occuper des plus démunis présents sur notre territoire la France doit mieux maîtriser son immigration. Nous demandons l’instauration de quotas justes et raisonnables pour satisfaire nos besoins réels en termes d’immigration économique. L’arrêt ou la réduction au minimum du regroupement familial. Une concertation plus étroite avec nos partenaires européens pour prévoir et adapter nos moyens et mieux encadrer l’immigration liée aux conflits et aux mouvements massifs de populations vers l’Europe. De meilleures conditions d’accompagnement et d’intégration pour les demandeurs d’asile. Nous demandons que la France soit avec l’Europe à l’initiative d’un Plan démographique mondial pour anticiper et gérer les futurs mouvements massifs de population (plusieurs milliards de personnes) liés aux migrations climatiques à venir.
  • La création d’un Plan national d’éducation, d’insertion et de lutte contre l’exclusion. Réviser complètement la logique du système éducatif, de formation, d’alternance. Redéfinir les priorités de l’Education nationale : préparer à la vie active mais surtout à la vie tout court. Renforcer dès l’école la formation à l’esprit critique, à l’esprit d’équipe, les facultés de raisonnement, d’initiative, de jugement, de collaboration. Initier à la vie en société, à la citoyenneté, à l’engagement social, au respect des différences, au partage, à la recherche de l’intérêt général plus qu’à la compétition et la réussite individuelle. Stimuler l’intelligence plus que l’apport de connaissances, la culture générale plus que l’hyper spécialisation, les savoir-faire cognitifs, relationnels et pratiques plus que techniques. Adapter l’école au monde ouvert de demain, plus qu’au monde du travail en France aujourd’hui. Développer des modes de valorisation des compétences individuelles autres que le travail salarié, notamment pour les personnes sans emploi, handicapées, les jeunes en insertion, les anciens détenus, les retraités, les exclus…

Faut-il assimiler antisémitisme et antisionisme ?

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Épineuse, très épineuse question !

La volonté d’assimiler l’antisionisme à une forme déguisée d’antisémitisme se justifie aujourd’hui pleinement. Beaucoup d’antisémites se cachent derrière un « antisionisme » revendiqué, non seulement pour critiquer la politique d’Israël mais aussi pour verser dans des généralités concernant tous les Juifs (« les sionistes ») accusés de tous les mots habituels : vouloir accaparer le pouvoir, les richesses, tenir les rênes de la finance mondiale, manipuler tous les dirigeants occidentaux, renforcer les inégalités, créer des injustices envers les plus pauvres, les minorités ethniques ou religieuses, entreprendre des guerres de conquête et asseoir leur domination sur des populations incapables de se défendre.

Bien évidemment ceux qui utilisent le plus fréquemment ce paravent de « l’antisionisme » sont les musulmans et les pays arabes ou islamistes qui justifient ainsi leur haine d’Israël mais aussi des Juifs. En tête l’Iran et sa rhétorique anti-Israël. Et ses vassaux ou ceux qui bénéficient de ses largesses, Hezbollah et Hamas notamment. Mais aussi d’une façon ou d’une autre à peu près tout le monde arabe ou musulman. Même ceux qui comme l’Arabie saoudite sont des partenaires économiques de premier plan de l’état hébreu mais subventionnent aussi largement les organisations terroristes sunnites hostiles aux « sionistes » et aux « croisés ».

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Cette rhétorique antisioniste a de nombreuses composantes. Chez les peuples musulmans elle s’enracine dans un antijudaïsme offensif qui remonte au Coran. Même dans les empires islamiques où Juifs et Chrétiens étaient accueillis et protégés sous le statut de dhimmis, les Juifs avaient toujours un rang inférieur. Certaines professions ou fonctions de haut rang, politiques, militaires, sociales ou économiques leur étaient interdites. Un Juif ou un Chrétien ne pouvait dominer ou commander un musulman. Sauf à de très rares exceptions dans le royaume d’Al Andalus.

L’antisémitisme plus politique intra-islamique s’est considérablement accru avec l’apparition des idéologies islamistes au 20e siècle. Celle de la Confrérie des Frères musulmans, qui a inspiré à peu près tous les régimes islamistes de l’Iran khomeyniste à la dictature d’Erdogan en passant par le FIS algérien ou l’Ennahdha tunisien, s’inspirait au départ du salafisme mais aussi du nazisme, puis du léninisme. Les fondateurs de la Confrérie, comme le grand mufti de Jérusalem dans les années 1930/40 pressé de demander aux nazis de l’aider à « se débarrasser de ses Juifs », entretinrent des liens très étroits avec Hitler.

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Adolf Hitler recevant le grand mufti de Jérusalem à Berlin

La rhétorique des Frères musulmans est toujours caractérisée par un profond antisémitisme. Pire, leur stratégie de conquête du monde est aussi fondée sur une obsession mimétique à l’égard des Juifs. Le mythe d’une élite financière juive dominant le monde depuis le 20e voire le 18e siècle est une projection typique de l’idéologie conquérante des Frères musulmans qui entendent instaurer un califat mondial et dominer le monde.

Dans les pays comme la France où les Frères musulmans sont déjà profondément implantés, leur stratégie pour faire main basse sur l’Islam et les musulmans, infiltrer tous les rouages de la société, accroître leur influence et leur représentativité, passe par une victimisation systématique des musulmans, et des discours qui s’apparentent à ceux de la lutte contre le racisme ou l’antisémitisme.

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Les islamistes français sont sans cesse engagés dans une concurrence victimaire et n’hésitent pas à récupérer de façon ignominieuse certains symboles des persécutions historiques contre les Juifs. Ainsi la montée d’une « islamophobie » fabriquée de toutes pièces dans les médias et la situation des musulmans aujourd’hui dans la société française sont comparées sans complexe à celle des Juifs dans l’Allemagne nazie ou dans la France d’Occupation. Durant la manifestation islamiste du 10 novembre à Paris, l’étoile jaune, signe de discrimination infamant imposé aux Juifs, fut récupérée et détournée en étoile islamique puis distribuée sous forme de stickers flanqués du sigle « MUSLIM » (comme « JUDE ») par des propagandistes du CCIF.

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Bien sûr le discours officiel des islamistes français est de dénoncer « toutes les discriminations, y compris l’antisémitisme ». Dans la réalité leur antisémitisme prend les traits d’une surenchère victimaire mimétique permanente.

Cet antisémitisme musulman ou islamiste déguisé en « antisionisme » trouve bien sûr un écho dans les banlieues depuis que le conflit israélo-palestinien s’est en partie importé dans les quartiers. Les jeunes musulmans des banlieues sont très souvent antisémites. La violence latente à l’égard des Juifs y est permanente. Beaucoup de familles juives originaires de quartiers « islamisés » sont obligées de partir vivre ailleurs.

Ces jeunes sont aussi gavés de discours et de modèles qui exaltent la haine, en particulier la haine des mécréants, des Blancs, ou des Juifs, comme de discours valorisant l’insoumission, la rébellion, la guérilla urbaine ou l’insurrection. Que ce soit au travers de textes de rap écrits par des stars hexagonales, souvent des musulmans, ou d’autres discours fondés sur la haine de l’autre, des nantis, des pourris, des exploiteurs, donc des « sionistes ».

Rares sont les imams des mosquées et les prêcheurs improvisés qui font quelque chose pour dissuader cet appétit. Taper sur les Juifs est facile et souvent impuni. Les clichés sur le djihad et les terroristes sont très appréciés. Ils constituent pour ces jeunes désorientés ou en quête de modèles masculins des sortes de héros, des têtes brûlées, des Robin des bois jusqu’au-boutistes frondant tous les ordres et toutes les lois.

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L’antisionisme des jeunes de banlieue fait non seulement office de ciment et de rhétorique communautaires, il participe aussi d’une culture de la provocation et du franchissement des limites. En France se dire antisémite est mal, condamnable, inacceptable. Alors ces jeunes contournent l’interdit en adoptant un langage « antisioniste » fondé sur la haine d’Israël, la condamnation des crimes de Tsahal à Gaza, systématiquement comparé à Auschwitz, la valorisation parallèle des « armées de résistance » que sont à leurs yeux des organisations terroristes comme le Hezbollah ou le Hamas, voire Al Qaeda ou Daesh.

Ces jeunes sont d’ailleurs souvent très friands de sites complotistes, révisionnistes, antisionistes voire ou franchement antisémites d’extrême droite. Quant aux sites islamiste, ils sont aujourd’hui les premiers pourvoyeurs dans le monde de désinformation à caractère antisémite ou complotiste.

Des auteurs notoirement antisémites comme Alain Soral, Renaud Camus (inventeur du concept de « Grand remplacement ») ou le polémiste Éric Zemmour, les sites auxquels ils contribuent, les émissions auxquelles ils participent et les blogs qu’ils animent sont très suivis par les adolescents et les jeunes de confession ou d’origine musulmane. Peu leur importe que ces auteurs tirent parfois à boulets rouge autant sur l’Islam que sur les Juifs ou d’autres cibles. Leur côté sulfureux, transgressif et interdit exerce un attrait irrésistible sur les jeunes.

L’une des personnalités presque unanimement adulées par les jeunes musulmans pétris d’antisionisme est évidemment l’ex humoriste Dieudonné. Lequel tire parti de sa notoriété pour justifier par un faux humour une propagande ouvertement antisémite, révisionniste et pro-djihadiste. Le sinistre Dieudonné est un l’ami des dirigeants du Hezbollah qu’il est allé soutenir au Liban en 2006 durant la Seconde guerre israélo-libanaise. Mais aussi des mollahs iraniens auxquels il était allé rendre visite au moment de la présidence d’Ahmadinejad. Ce provocateur antisémite plusieurs fois condamné est un modèle pour de nombreux antisémites, parmi lesquels des islamistes et des simples musulmans. Sa « quenelle », mélange de salut nazi et de bras d’honneur, et ses jeux de mots ignobles comme « shoananas » dignes de Jean-Marie Le Pen dans ses meilleurs jours sont repris allègrement par tous les néonazis et les jeunes Arabes « antisionistes ».

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Face à ce constat il paraît évident qu’il ne faut pas hésiter à condamner la rhétorique antisioniste et l’appel à la haine d’Israël (et implicitement des Juifs, comme des autres nations qui le soutiennent) au même titre que l’antisémitisme.

Toutefois les choses sont plus complexes.

On peut être philosémite, on peut être soi-même juif, voire israélien, tout en critiquant à juste titre la politique d’Israël. Notamment quand celle-ci viole le droit international, commet des brutalités quotidiennes envers des minorités, des crimes de guerre à Gaza, s’entête dans une volonté de poursuivre la colonisation des Territoires, rase des immeubles ou des villages palestiniens pour y construire des maisons juives, entretient un authentique régime d’apartheid en déniant à 30% de ses ressortissants arabes des droits égaux à ceux des citoyens juifs, discrimine et humilie au quotidien des Palestiniens qui doivent traverser les check-points pour se rendre au travail ou visiter leur famille de l’autre côté du mur.

Une politique qui nourrit la haine des Juifs, en Palestine, au Moyen-Orient et dans le reste du monde, en ne cédant rien aux injonctions du monde à plus d’humanité et de mesure.

Depuis de nombreuses années, la majorité des Juifs vivant en diaspora, notamment aux Etats-Unis, ne soutiennent plus Israël et critiquent même avec véhémence la politique conduite par la coalition d’extrême droite au pouvoir depuis 10 ans. Le lobby ultra-orthodoxe américain est toujours assez puissant financièrement pour infléchir la politique du principal allié d’Israël, mais pour combien de temps encore ?

Quant à la France et à l’Europe, bien que n’étant pas « antisionistes » elles entretiennent des liens autant avec Israël que les pays arabes. Ces alliés se lassent de vouloir jouer les médiateurs du conflit et de voir les chances de paix se réduire comme peau de chagrin.

En outre, indépendamment de ce conflit qui s’enlise et plombe l’image d’Israël comme ses relations avec ses partenaires, on peut très bien être juif ou pro-sémite, et antisioniste.

Il existe même une frange importante des Juifs ultra-orthodoxes, les haredim, qui vivent en Israël, consacrent tout leur temps à étudier de la Torah et à élever leurs nombreux enfants mais sont antisionistes. Ils vivent des aides de l’état, sont exonérés de travail, mais passent leur temps à critiquer le pays où ils vivent et qui les nourrit. Un état laïc auquel ils ne reconnaissent aucune légitimité, et qu’ils considèrent comme une monstruosité impie. Car selon eux, seul le messie à venir pourra venir restaurer le Royaume d’Israël sur les bases du Tanakh (la Bible).

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Pire encore, il existait encore il y a peu dans l’Iran des mollahs une petite communauté de Juifs ultra intégristes. Non seulement ceux-là haïssent Israël, refusent d’y vivre, mais ils pactisent avec son pire ennemi en espérant que celui-ci détruira très vite cette verrue impie. Une façon très messianique de précipiter la venue du messie. Comme leurs homologues israéliens qui bien que vivant en Israël ne rêvent que d’une chose : dynamiter les mosquées présentes depuis 14 siècles sur le Mont du Temple. Et précipiter ainsi l’Armageddon, la bataille finale des armées de Dieu contre les légions de Satan et des infidèles. Une façon tout aussi expéditive de hâter la venue du messie et la Fin des temps.

Sans verser dans ces extrêmes, on peut tout à fait aimer Israël et ne pas adhérer au projet sioniste, qui est avant tout un projet nationaliste visant à donner une terre aux Juifs. On peut refuser de fonder l’état d’Israël et son affirmation nationaliste limitée à un peuple ou une race, un demos. Le très controversé historien israélien Shlomo Sand est l’un des intellectuels juifs les plus virulents à s’opposer au sionisme comme aux « mythes fondateurs » de l’Israël moderne.

Sans être aussi radicaux, une bonne part des Israéliens ne s’identifient pas à cette volonté actuelle des sionistes ultranationalistes israéliens de sanctuariser la nation israélienne en tant qu’état « des » Juifs et non « état juif ». Et de vouloir inscrire cette identité dans la Loi fondamentale. Selon eux, si Israël est un état juif, les autres citoyens, qu’ils soient arabes, bédouins, druzes, européens, africains ou asiatiques, doivent y avoir toute leur place et les mêmes droits que les autres. Leur conception de la nation israélienne se rapproche plus de celle des nations européennes fondées au 19e siècle à partir d’un ethos, un idéal et un système de valeurs comme « la République », que sur un ethnos, une ethnie.

C’est toute la différence qui sépare le véritable antisionisme qui est le refus d’accorder au peuple juif le droit à l’autodétermination, le droit d’avoir un pays et de le défendre, et la critique du sionisme sur la base d’un désaccord quant aux fondements juridiques et politiques de l’état d’Israël, ou à propos de la politique conduite par ses dirigeants au nom d’une conception dévoyée du sionisme.

Le sionisme est une idéologie nationaliste qui a vu fleurir beaucoup de variantes depuis l’époque de Théodore Herzl, son fondateur. Critiquer telle ou telle conception du sionisme est l’un des sports favoris de la communauté juive, en Israël et de par le monde. Il n’est pas rare de s’adresser entre Juifs des anathèmes en se traitant d’ »antisioniste ».

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Théodore Herzl, père du sionisme historique

On peut critiquer le sionisme. On doit même le faire aujourd’hui quand on est un démocrate et un humaniste.

Le sionisme actuel de Netanyahu, idéologue ultranationaliste de type messianiste, est l’exact opposé de l’idéal socialiste, inclusif, humaniste et universaliste des pères de l’Israël moderne. De 1948 à 2019, Israël est passé d’une démocratie laïque, socialiste et pluraliste à une proto-théocratie messianique, où les religieux les plus extrêmes proches du pouvoir tentent de faire évoluer un état démocratique vers un fantasme biblique régi par la Haskala (la loi juive). Le symétrique exact des pays totalitaires islamistes dirigés par la charia.

L’extrême gauche communiste et internationaliste y a toujours été opposée au sionisme. Ses avatars pacifistes comme Shalom Archav (La Paix Maintenant) ont toujours combattu la politique extérieure d’Israël et pris franchement le partis de la minorité palestinienne, quand ils ne trouvent pas des vertus aux ennemis du Hamas. Ses avatars contemporains y compris en France défendent une politique résolument antisioniste et pro-arabe.

Pénaliser l’antisionisme en tant que tel en l’assimilant uniformément à l’antisémitisme risquerait donc de brouiller encore plus le regard. Cela risquerait aussi de sanctuariser le sionisme actuel en lui conférant une forme de légitimité juridique, ce qui n’est ni le but ni la compétence de la loi française.

Sans doute y a-t-il d’autres façons plus pertinentes de pénaliser les formes d’antisémitisme qui se cachent derrière un discours antisioniste.

Bien entendu la perversité des discours antisémites déguisés en antisionisme est de se justifier en rappelant qu’on a le droit de critiquer un état. Pénaliser l’antisionisme reviendrait à sanctuariser Israël et à interdire toute critique du régime ou de sa politique au motif que cela constituerait une haine des Juifs. Absurde.

Il faut pourvoir continuer à critiquer, Israël, ses dirigeants, leur politique et peser sur eux, sans pour autant être accusé d’antisémitisme, et tout en soutenant le droit à l’existence et à la sécurité pour Israël. Une attitude de non-alignement.

Assimiler la critique d’Israël à de l’antisémitisme c’est précisément que Netanyahu n’hésite pas à faire quand il joue sur les peurs pour appeler les Juifs de France à faire leur Alya en Israël afin d’échapper à « la recrudescence de l’antisémitisme ». Comme si l’Etat français était complice de cette recrudescence, ou qu’il ne faisait rien pour défendre lui-même ses citoyens juifs.

De la même façon on doit pourvoir critiquer le judaïsme comme l’Islam ou toute autre religion. Surtout dans une République laïque.

Il ne s’agit donc pas de créer un délit de blasphème antisioniste ou antijudaïque au motif d’étendre la définition juridique de l’antisémitisme.

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Alors que faire ?

Le Parlement européen avait adopté en 2017 cette définition de l’antisémitisme :

« L’antisémitisme est une certaine perception des Juifs qui peut se manifester par une haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme visent des individus juifs ou non et/ou leurs biens, des institutions communautaires et des lieux de culte. »

Il faudrait y ajouter « des manifestations politiques« . Et à « institutions communautaires et lieux de culte », ajouter « et à l’état d’Israël ».

Il conviendrait par ailleurs de préciser que l’antisémitisme ou la haine des Juifs « peut » se dissimuler derrière un discours antisioniste, d’une critique d’Israël servant à le justifier, d’une obsession et d’une désinformation systématique concernant Israël, sa politique extérieure, les sionistes ou leur volonté hégémonique fantasmée.

On ne combat pas l’islamisme en agitant des principes ! – L’Etat, les religions et l’argent

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Tout individu a des croyances, des valeurs, des convictions. Toute société également, qui les sanctuarise en énonçant des principes communs.

Les principes sont essentiels, mais ils ne servent pas à combattre. Quant une société est attaquée, elle ne combat avec pour arme ses principes, sinon comme une métaphore. Une société qui entend se défendre combat « AU NOM » de ses principes, mais « avec » des moyens adaptés à l’adversaire, à l’enjeu, à l’époque.

Certains qui voudraient sincèrement combattre l’islamisme se contentent d’ânonner des principes comme on invoque la protection divine. Parfois ils se contentent d’exhortations, de vociférations, d’exaspérations.

L’affectif et l’éthique font mauvais ménage. On ne pratique pas le bien, on ne défend pas la justice, la vérité ou le droit en s’agitant ni en étant le jouet de ses affects.

La rhétorique non plus ne suffit pas à réduire en poussière un adversaire déterminé à envahir un territoire. On ne défait pas une armée en hurlant à son général : « Je vous demande de vous arrêter ! »

Comme tout fin stratège avant de livrer bataille, les vrais républicains qui partent en guerre contre l’islamisme prennent le temps de fourbir leurs armes. Pour combattre une idéologie qui s’appuie sur un réservoir de 1,8 milliard de musulmans dans le monde (soit un terrien sur quatre) et 8,5 millions de citoyens en France, il faut plus que des convictions, du bagou et de l’audace. Il faut du sens tactique et des moyens.

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Si l’on veut RÉELLEMENT combattre l’islamisme il ne faut pas en rester au niveau des principes. Il faut faire preuve de pragmatisme. Viser l’efficacité et la victoire, pas la suprématie verbale. Sinon on risque de ne défendre qu’une citadelle imaginaire, pas une société réelle.

Les islamistes ne sont pas des combattants qui poussent des grands cris pour annoncer leurs assauts. Au contraire ils font profil bas, se taisent, mentent sur leurs intentions réelles, montrent patte blanche, font mine d’être de bons citoyens loyaux et respectueux du droit. Puis ils se déguisent en sauveurs des victimes imaginaires qu’ils prétendent vouloir protéger, à la fois pour se les approprier et désigner des coupables : l’extrême droite, le colonialisme, les blancs suprémacistes, la France qui méprise ses minorités, l’Etat qui stigmatise tous les musulmans par des lois « liberticides »…

Ils falsifient alors nos principes pour les retourner contre nous. Liberté, égalité, fraternité, démocratie, laïcité, droits de l’homme, justice sociale, défense des faibles et des minorités, émancipation des jeunes, féminisme… Aucune de nos valeurs républicaines n’est épargnée.

Pour démonter leur rhétorique il faut connaître l’adversaire, ses méthodes, et faire preuve d’un discernement constant.

Mais pour engager la bataille, on serait bien inconscient de se limiter à celle des idées.

Il y a le djihad juridique qu’il faut contrer. Et devancer en attaquant les islamistes retranchés dans les organisations musulmanes, les associations locales, les écoles, les universités, les listes communautaires aux élections, les partis politiques, les assemblées, les ministères, les syndicats, les entreprises, les administrations, les clubs sportifs, les services d’ordre… C’est un immense travail qui requiert du temps, des moyens humains, logistiques et financiers.

Et puis il y a tout un travail d’encadrement, de surveillance, d’organisation et de régulation à mener dans les mosquées, les associations et les écoles islamiques, les organismes chargés de former les imams, les éditeurs de supports physiques ou numériques à caractère religieux, les médias communautaires, les sites internet, les réseaux sociaux… Qui doit s’en charger ? Au nom de quoi ? Jusqu’où ? Et comment ?

Or que ça plaise ou non aux idéalistes, le vrai pouvoir aujourd’hui c’est l’argent.

Ce n’est pas à des organes privés de mener ce combat. Si l’Etat ne consacre pas beaucoup beaucoup d’argent à ces objectifs, autant donner tout de suite les clés du pouvoir aux islamistes.

De l’argent il en faut notamment pour exercer le rôle d’arbitrage, d’encadrement, d’organisation et de surveillance des cultes. Des missions qui ont toujours fait partie, n’en déplaise aux laïcistes, des fonctions régaliennes. Une partie du budget du Ministère de l’Intérieur et des administrations qui en dépendent est affectée à ces tâches.

Comme le rappelle le site du Sénat dans une note de synthèse publiée aujourd’hui même : « Si la séparation implique théoriquement l’interdiction de toute subvention, directe ou indirecte, en faveur d’une communauté religieuse, ce régime de séparation est loin d’être absolu. »

Pour faire ou défaire, l’argent reste le nerf de la guerre.

Les islamistes, eux, l’ont bien compris, qui pratiquent un entrisme financier et économique autant que social et politique. Eux qui s’appuient sur une finance islamique qui est l’une des plus puissantes au monde avec 2500 milliards de dollars d’en-cours, dont un tiers détenu par l’Iran et 20% par l’Arabie saoudite.

Entrisme financier ? En France comme ailleurs en Occident les islamistes infiltrent les organismes financiers, les banques, les compagnies d’assurances, prennent des participations dans le capital des multinationales, des industries du pétrole, de l’énergie, du bâtiment, du luxe, de la culture et des médias, des industries du divertissement, des clubs de foot…

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En France ils ont trusté tout le marché du halal, une source de revenus colossaux, autant qu’un outil d’emprise idéologique sur les consommateurs musulmans. La myriade d’associations qu’ils créent chaque jour perçoivent des subventions de pays frères via des organisations islamistes « caritatives » comme Qatar Charity.

Elles ne s’arrêtent pas là. Sous couvert de proposer des loisirs, des services sanitaires, d’éducation ou sociaux, ces associations attirent les jeunes des quartiers pour les endoctriner. A cette fin, elles détournent les subventions allouées par les mairies, les collectivités territoriales ou l’Etat en se déguisant en œuvres de charité, en écoles, en associations culturelles ou en clubs sportifs. Des méthodes utilisées partout par les Frères musulmans pour recruter, infiltrer et conquérir le pouvoir.

Lingots_0_730_486Face à cette stratégie de grande envergure déjà très développée en France, nos petits laïcistes montés sur leurs ergots de 1905 qui prétendent combattre l’hydre islamiste avec des tapettes à mouche font figure d’agités utiles, de Don Quichotte de la laïcité lancés contre des moulins à vent.

Leurs « victoires », quand ils arrivent à pointer du doigt une allocation ridicule, l’utilisation d’un local de mairie pour une bar mitzvah ou d’une salle universitaire pour une quelques étudiants religieux sans contrepartie financière, relèvent de l’obstination pitoyable de morpions accrochés à leur poil pubien.

Quand l’État pour une fois joue son rôle d’arbitre en se mêlant d’affaires religieuses afin de faire reculer l’islamisme, alors ils crient au loup et prennent des poses de moralistes offusqués. Parce selon leur conception pathétique de la laïcité, l’État n’a pas à se compromettre en fourrant son museau dans la fourmilière des calotins.

Soyons raisonnables. Et surtout pragmatiques.

Face à l’ampleur des dangers qui nous menacent, il faut mobiliser des moyens et des énergies idoines.

La loi de 1905 pas plus que la laïcité ne sont des absolus indépassables en soi. La loi est faite pour l’homme et non l’homme pour la Loi. Même si elle est un principe central de la République, la laïcité est faite pour organiser la vie en société, non pour orienter la société vers la vénération de la déesse Laïcité.

L’Idéal républicain lui-même n’est pas un absolu indépassable ou une divinité. Ses principes ne sont ni des totems ni des tabous. La Concorde républicaine n’est pas une momie figée. Le débat démocratique a pour finalité d’en actualiser le sens et les modalités d’application pratique, selon les évolutions politiques, sociales, éthiques, les enjeux et priorités de l’époque. Et pour cela il convient de faire évoluer le droit, d’accorder la façon de l’appliquer et les modes d’exercice des différents pouvoirs aux défis du temps.

Un exemple de tabou à faire sauter. La loi de 1905 précise que « l’État ne finance aucun culte« . Ce principe répond à celui de « séparation des églises et l’État » (qui est le titre de la loi). Mais aussi à une volonté de ne pas obliger l’État et les contribuables à subventionner les cultes. Conformément à la liberté de conscience, l’État se limite à une neutralité en n’obligeant pas des citoyens agnostiques ou d’une autre religion à financer telle religion contre leur gré. Dans d’autres pays européens comme l’Allemagne chaque contribuable verse un impôt annuel destiné à la religion qu’il souhaite. Ce qui semble plus égalitaire, mais qui scandaliserait tout intégriste de la laïcité pour qui la religion c’est le Diable, la vérole ou la peste noire.

Appliqué à l’entrisme islamiste, et à un premier niveau d’analyse, il est tout à fait conforme au principe de laïcité entendu comme l’interdiction de tout financement public au bénéfice d’une religion de dénoncer l’octroi de subventions publiques à une organisation cultuelle ou religieuse.

Depuis 1802 et jusqu’à 1905, le service des cultes était, par l’existence du Concordat, un service public. Comme n’importe quel autre service public, il bénéficiait de crédits alloués par une loi budgétaire votée par le Parlement.

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Il n’est pas question de revenir en arrière. Toutefois, dans les faits l’État subventionne de différentes manières et depuis fort longtemps les différentes églises.

Un seul exemple, la quasi-totalité des édifices religieux autrefois propriété de l’église catholique ont été expropriées à la Révolution et appartiennent aujourd’hui au patrimoine national. Elles sont mises à disposition des églises pour le service du culte. Leur entretien est à la charge de l’Etat en tant qu’éléments du patrimoine culturel.

Autre exemple : les écoles catholiques, protestantes, juives, islamiques ou autres sous contrat avec l’Education nationale reçoivent de l’Etat des subventions pour organiser l’enseignement et payer leurs enseignants, laïcs ou religieux. Leurs cursus comprennent souvent des cours d’instruction religieuse et des heures consacrées à la prière, la rencontre de religieux chargés de l’encadrement, etc…

L’Etat étant en partie le payeur, le garant du système éducatif et de la protection des jeunes, il serait inconcevable qu’il ne mette pas son nez dans les programmes, qu’il ne s’enquiert pas du curriculum des professeurs et du type d’enseignement qu’ils délivrent à leurs élèves. Comme de la conformité des programmes avec les directives de l’Education nationale, du nombre d’heures de cours consacrées à l’apprentissage du français, des maths, de l’Histoire, mais aussi à l’instruction civique.

L’Etat dispose d’un droit de regard quant aux enseignements, aux matières, aux contenus et aux méthodes pédagogiques, aux professeurs habilités à les délivrer, aux proviseurs, surveillants et toute personne en contact avec les élèves. Idem pour les universités.

Quant aux établissements privés qui ne sont pas sous contrat, ou aux enfants dont les parents choisissent de surseoir eux-mêmes à leur enseignement, l’Etat aussi a un droit de regard et ferait même bien de l’exercer avec un peu plus d’étroitesse et de contrainte le cas échéant.

A un second niveau d’analyse, l’islamisme dispose au plan mondial de ressources suffisamment importantes pour que des organisations islamistes nationales ou même locales puissent se passer de subventions.

Qui plus est, ce n’est pas l’annulation d’une subvention annuelle de quelques milliers d’euros à un club de foot, un groupe de musique ou une association de soutien scolaire dirigés par des islamistes qui les empêchera de les faire fonctionner et d’attirer des jeunes pour les endoctriner. Il n’y a qu’à voir comment l’État lui-même a délégué la gestion de certaines banlieues au Qatar ou à l’Arabie saoudite pour s’en convaincre.

Oragroup-et-la-finance-islamique_ng_image_fullEn revanche, si l’État n’investit pas massivement pour développer et désenclaver les banlieues, éduquer, former et encadrer les jeunes menacés de récupération idéologique ou de radicalisation, il fait défaut à ses missions.

Ces missions passent par un encadrement plus étroit de toute organisation à caractère identitaire ou religieux. L’Etat n’a pas craindre de se salir les mains ou d’outrepasser ses prérogatives.

Cela au nom d’impératifs catégoriques comme l’unité et la sécurité de la nation, la protection des citoyens les plus vulnérables contre des dérives sectaires et une idéologie politique qui menace leur intégrité et leurs droits. En particulier les femmes, les mineurs, les minorités ethniques ou sexuelles.

Si cela doit nous conduire à réviser notre conception de la laïcité au nom d’un principe plus grand comme la défense la démocratie et de la République en guerre contre l’islamisme, il n’y a aucune hésitation à avoir. Au contraire, nécessité fait loi. On ne peut que se féliciter d’avoir été prévoyants et non obtus.

S’agissant de la réforme indispensable du culte musulman toujours repoussée, l’État doit agir urgemment, et ne pas se laisser dicter ses lois par un maquis d’organisations islamistes déterminés à faire plier la République à son agenda.

Quant au budget alloué à ces missions, il est essentiel de bien préciser que celui-ci n’a aucunement pour objectif de financer le culte musulman, encore moins de subventionner l’islamisme. Mais au contraire de lutter contre ce fléau en précisant les règles de fonctionnement et en défendant la République.

Le financement du culte doit toujours être en principe de la responsabilité des fidèles concernés. Même si dans les faits les choses sont beaucoup plus complexes.

Si l’État consacre des moyens humains, logistiques, financiers pour lutter contre les dérives sectaires et assurer un exercice des cultes conforme au droit en remplissant ses missions d’arbitrage, cela a un coût. Il serait naïf de croire que depuis 130 ans l’organisation des cultes qui fait partie des missions régaliennes assurées par le Ministère de l’Intérieur n’a jamais coûté un centime à la collectivité.

Il faut faire preuve de raison, voir la réalité en face et répondre aux enjeux avec un souci de réalisme, de cohérence et d’efficacité.

Les idéalistes et les fanatiques de tous poils sont les pires ennemis de la République.

Ces salafistes de la laïcité, alliés implicites des islamistes

Mis en avant

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La laïcité à la française est l’objet d’attaques de toutes parts. Ses adversaires les plus sournois ne sont pas toujours ceux qu’on croit.

Les religieux voudraient en limiter l’expression, rogner sur des principes et des lois qu’ils jugent « liberticides » quand elles ne coïncident pas avec leur vision licite de la liberté ou de la société. Certains contestent des avancées sociétales et juridiques majeures comme le mariage pour tous ou l’ouverture des PMA aux femmes célibataires et aux couples de lesbiennes, au motif que ces initiatives imprudentes constitueraient des ruptures anthropologiques majeures, qu’elles trahiraient l’ordre naturel des choses, des modèles universels, sinon l’Ordre divin inscrit dans une « Nature » plus fantasmée que réelle.

Les islamistes contestent le principe de laïcité, résolument incompatible avec leur conception de la société fondée exclusivement sur l’Islam. De tous temps et en tous lieux les sociétés islamiques ont pourchassé et persécuté ceux qui prétendaient fonder l’autorité, le pouvoir et le libre arbitre sur la raison. L’islam est une société qui ignore le principe d’Etat de droit, la liberté religieuse, qui réfute toute Autorité qui ne viendrait pas d’Allah, de la seule révélation licite – l’Islam – inscrite dans le seul livre sacré : le Coran.

Ces sociétés fondées sur l’Islam criminalisent le blasphème et l’apostasie. Elles réfutent tout principe égalitaire entre hommes et femmes, entre fidèles et mécréants. Elles instaurent des liens de soumission, de contrainte ou de domination arbitraire. Des hommes vis-à-vis des femmes. Des musulmans vis-à-vis des infidèles réduits à un statut d’infériorité sinon en esclavage. Les excluant de certaines professions, des fonctions honorifiques ou politiques, de portions du territoire réservées aux seuls musulmans, et les soumettant à un impôt lié à leur statut de dhimmis qui leur autorise d’être tolérés au sein de la société, sans jamais faire partie de la communauté des croyants.

Inspirées par cette tradition islamique, les islamistes sont aussi les promoteurs d’une idéologie religieuse et politique qui vise ouvertement à combattre la démocratie, les valeurs de l’Occident, le pluralisme et les libertés démocratiques. Qui s’infiltre dans toutes les strates de la société et tous les réseaux de pouvoir grâce à une stratégie d’endoctrinement des populations musulmanes et d’entrisme, dont le but ultime est l’instauration d’une théocratie islamiste en lieu et place de la République et la conquête du monde.

Pour réaliser cette stratégie les islamistes combattent ou dénaturent une conception de la laïcité sensée pourtant promouvoir les libertés individuelles, au premier rang desquelles la liberté de conscience et de culte. Dans le même temps ils instrumentalisent, interprètent, subvertissent les principes républicains et les déforment pour imposer leurs vues au nom d’une conception des libertés religieuses absolutiste, illimitée, ignorante de la cohérence éthique qui articule entre eux ces principes.

Ainsi ils s’approprient le principe de laïcité, lui faisant dire le contraire de l’esprit qui le fonde, afin de le retourner contre l’authentique conception républicaine de la laïcité et contre l’intégrité de la République elle-même. La liberté de conscience réinterprétée par les islamistes devient ainsi le droit au communautarisme, le droit de chacun à exercer sa religion comme il l’entend, sans se voir imposer de quelconques limites qui seraient aussitôt interprétées comme une stigmatisation, une persécution, un refus de l’autre et de la différence contraires aux droits humains.

Pour combattre les éléments restrictifs ou coercitifs de la laïcité, les islamistes ont ainsi développé une rhétorique victimaire très éprouvée qui trouve un appui dans les discours en vogue sur la défense des minorités, contre le racisme, l’oppression postcoloniale, l’antisémitisme, la xénophobie, l’homophobie, les revendications communautaristes ou catégorielles, notamment celles qui visent à faire progresser les droits des femmes, les droits LGBT, les droits des minorités ethniques ou religieuses, etc…

Ces revendications qui s’appuient parfois sur un discours égalitaire et victimaire, ont servi de matrice pour concevoir le concept rhétorique et politique d’islamophobie. Lequel ne correspond à aucune réalité objective mais s’avère très efficace pour porter les revendications islamistes au travers d’un discours audible et qui rencontre les préoccupations démocratiques de ceux qui luttent pour la justice sociale, contre les vestiges d’une société blanche et oppressive, qui stigmatise, discrimine, persécute, violente selon les critères habituels de la domination ou de la désignation de boucs émissaires.

L’un des principes centraux de la laïcité, la neutralité de l’Etat à l’égard des religions, est parfois célébrée comme bienveillante, utilisée et exploitée pour développer une propagande et un agenda sous-terrains. Tant que l’Etat ne se mêle pas de religion, qu’il ne contrarie pas des initiatives pour faire reculer les lignes symboliques, réduire le périmètre juridique et les discours admis qui circonscrivent les libertés religieuses, tant qu’il ne devient pas évident que ces revendications islamistes entrent en conflit avec la République, notre conception du vivre ensemble, d’une société unie, ou qu’elles n’entravent pas les autres libertés, les islamistes s’en prennent à l’extrême droite identitaire plutôt qu’à l’Etat.

Un tournant a été franchi avec la manifestation islamiste du 10 novembre, durant laquelle l’Etat a clairement été désigné comme le responsable de « l’islamophobie » et l’instigateur d’une « persécution » dont seraient victimes les musulmans.

Ce « racisme anti-musulmans », cette « stigmatisation permanente » aussi dramatique que fictive, les islamistes du CCIF n’ont pas hésité à la comparer aux persécutions dont furent victimes les Juifs sous le régime de Vichy. Pour contester la laïcité et faire plier la République, les islamistes jouent ainsi sur un registre strictement affectif et symbolique, ils épuisent les ressources rhétoriques jusqu’à faire un chantage odieux à la shoah des musulmans.

Pourtant l’Etat ou plus exactement les pouvoirs publics sont les alliés objectifs des islamistes. Car si le pouvoir politique et administratif est engagé depuis de longues années dans la lutte antiterroriste, il semble malgré beaucoup d’effets d’annonce et quelques mesures insuffisantes que la lutte contre la radicalisation et les dérives sectaires liées à l’islamisme ait pris un sérieux retard.

On peut même dire que l’Etat ne fait rien pour contrer véritablement la volonté d’endoctrinement, d’entrisme et de destruction de la société engagée par les islamistes.

Depuis sa création par Lionel Jospin au début des années 2000, le projet d’un « Islam de France » opposé une présence anarchique des islams en France n’est demeuré qu’un vœu pieu. Toutes les instances supposément représentatives des différentes composantes de l’Islam en France sont directement ou indirectement aux mains des islamistes. Elles ne représentent peu ou prou que la mouvance ultra-orthodoxe, radicale, fondamentaliste voire djihadiste : Frères musulmans, salafisme, wahhabisme, islam marocain, islam turc…

En ce qui concerne le Président Macron, celui-ci n’est ni un démocrate ni un républicain. C’est un fonctionnaire, un apparatchik du système. Défendre la République et la démocratie menacées par la montée de l’islamisme lui importent guère. Car le système est indifférents aux régimes qui gouvernent les peuples. Les dirigeants peuvent aussi bien être des démocrates, des républicains, des socialistes, des néofascistes, des dictateurs ou demain des islamistes, aucun importance pourvu que l’argent rentre.

Macron ne combat pas et ne combattra jamais l’islamisme. Le plan de « lutte contre l’islamisme annoncé tout récemment par le gouvernement n’est qu’un hoquet, un artifice, un paravent jeté en pâture au peuple. Un gage donné à l’électorat de droite. Et une façon de faire comme si l’Etat remplissait ses fonctions régaliennes. Les inaugurations de chrysanthèmes après chaque attentats ou après le décès de soldats français morts au combat n’est qu’une façon de mobiliser la pompe, de jouer sur les symboles et l’émotion.

Curieusement on n’entend jamais parler des mesures concrètes mises en place par l’Etat pour lutter contre l’islamisme, la radicalisation ou l’entrisme islamiste. Beaucoup de « machins » ont été mis en place : Observatoire de la laïcité, de la radicalisation, plan de ceci ou de cela. Mais on n’en voit jamais les résultats concrets. Les chiffres ou les sondages annoncent juste que l’islamisme poursuit sa montée inexorables. Dans les mosquée, dans les banlieues, chez les jeunes, parmi les détenus…

Pour tous ces attentats officiellement « neutralisés » avant qu’ils ne soient déclenchés grâce au « travail exemplaire des services de renseignement« , combien de nouveaux convertis à la doctrine radicale des islamistes ? Combien de Mohamed Merah, de Kouachi, de Coulibaly ou de Mickaël Harpon en puissance arpentent nos rues, nos cafés, nos centres commerciaux, nos cinémas, nos salles de concert en ruminant leur ressentiment contre la France, son islamophobie, ses injustices ? Combien de fonctionnaires, de policiers, de soldats, d’agents du renseignement, d’agents de sécurité, d’employés de centrales nucléaires, de la SNCF, d’aéroports sont en ce moment même en train de basculer dans la tentation djihadiste ?…

L’embarras palpable des autorités au lendemain de l’attentat de la Préfecture a révélé à la fois la pénétration en profondeur de l’idéologie djihadiste au cœur des institutions de la République, l’incapacité des services de Police et de renseignement à évaluer les menaces, à prévenir la radicalisation et à identifier les fonctionnaires radicalisés, et l’incompétence manifeste des pouvoirs publics pour y apporter une réponse, sinon en appelant à un concept aussi flou qu’inconsistant de « société de vigilance ». Ce sujet embarrassant a d’ailleurs aussitôt été recouvert par un déchaînement hystérique parfaitement téléguidé sur le voile.

Le voile, étendard politique, marqueur territorial mais aussi cache-sexe de l’islamisme. Depuis plusieurs décennies on tente en effet de résumer la question de l’Islam politique et la question de l’Islam tout court à celle du voile. Une façon de dévier l’attention et d’occuper l’opinion l’opinion à propos d’un « bout de tissu » sur lequel chacun peut projeter ses attentes, ses colères et ses exaspérations. Un os à ronger qui permet d’oublier les vrais problèmes : la percée de l’Islam radical en France, en particulier chez les plus jeunes, son infiltration dans toutes les couches de la société, sa présence dans toutes les sphères du pouvoir, de l’association sportive locale au Palais de l’Elysée, en passant par les partis politiques, les syndicats, les entreprises, les think tanks et bien sûr les médias.

Les médias sont en effet le principal allié des islamistes et le plus zélé. On peut estimer entre 60 et 80% la proportion des supports de la presse écrite dont la ligne éditoriale est callée sur l’idéologie islamo-gauchiste. Cette prévalence englobe la quasi-totalité des news magazines français (mis à part Marianne, Le Point, et L’Express dans une moindre mesure), une majorité de quotidiens, notamment les institutionnels de la Pensée unique comme Le Monde, Le Monde diplomatique ou Libération. Mais aussi, et c’est plus étonnant, des magazines chrétiens « progressistes » comme La Vie ou Le Monde des Religions. Pour les radios périphériques tout le groupe France Inter, dont France Culture (surtout) et France Info. Pour les chaînes de télé, toutes celles du service public regroupées sous la bannière France Télévision, la plupart des chaînes d’info continue hormis CNews (BFM, France Info…), TMC, C8… Et pour les médias qui n’ont d’ »indépendants »que le nom, Médiapart (La Voix de son Maître…) totalement aligné sur l’islamistophilie médiatique, HuffPost, Slate pour ne citer que les principaux.

L’Etat, les médias… Il ne faudrait pas oublier l’un des alliés tacites les plus puissants de l’islamisme, même s’il prétend le combattre frontalement : l’extrême droite identitaire et nationaliste.

En effet, si la montée de l’islamisme nourrit les ressentiments populaires et la méfiance à l’égard de l’Islam comme de l’immigration, terreau de l’extrémisme, à l’inverse la montée de l’extrême droite justifie la propagande victimaire des islamistes et leur fournit des alliés objectifs.

Comme les deux faces d’une même monnaie, extrémisme et islamisme s’enfantent et se renforcent l’un l’autre. Comme autrefois le bolchevisme et le nazisme. Ou plus récemment le néocommunisme ou l’altermondialisme et le libéralisme sauvage.

C’est cette fascination mimétique qu’il faut prendre en compte si l’on veut combattre efficacement l’Islam politique. On ne peut combattre l’islamisme au nom du nationalisme. Ou au nom d’une conception identitaire de la France. On ne peut combattre symétriquement l’islamisme et l’extrémisme car tous deux obéissent à des logiques différentes et présentent des menaces différentes pour la République. Mais on ne peut combattre l’islamisme en ignorant son frère jumeau : l’extrémisme nationaliste ou identitaire.

On ne peut défendre la République et combattre l’islamisme qu’au nom de la République elle-même. Avec ses principes et ses lois comme armes de contention ou de destruction idéologique.

Partant, on ne peut combattre l’islamisme au nom du seul principe de laïcité, lequel est aujourd’hui pris en otage par les uns comme par les autres.

Les autres, c’est la quatrième catégorie d’alliés implicites de l’islamiste : les irréductibles d’un laïcisme obscurantiste.

Ceux qui voudraient ériger la Laïcité ou l’idée dénaturée qu’ils s’en font en nouvelle déesse. Ceux qui sous couvert de défendre la République font la promotion d’une idéologie tout aussi néfaste que l’islamisme, d’une religion dont le credo est de refuser toutes les autres.

Cette religion laïciste se singularise par son intolérance, son sectarisme, son autoritarisme, sa tentation dictatoriale et totalitaire. Ce laïcisme qui est un athéisme offensif qui n’ose pas dire son nom, qui se prétend garant de la laïcité et de l’esprit de ses lois, est en réalité une secte oppressive. Une secte dont le dieu se prétend Raison mais en vérité sert une haine jalouse. Une haine dirigée contre toutes les formes de convictions fondées sur une référence à une transcendance. Pas étonnant que ces fossoyeurs de la laïcité arborent souvent en guise de signe de ralliement des symboles morbides ou satanistes : tête de mort, de diable, statue de Baphomet. Des symboles utilisés par certaines sociétés secrètes, détournés de rituels maçonniques et repris par certains complotistes ou amateurs d’occultisme.

On est loin, très loin même, de Marianne, de la Liberté guidant le peuple, de la Marseillaise ou d’autres allégories républicaines. On est loin de la vie. On est loin tout court. En tout cas, tout ce fatras n’a objectivement rien à voir, historiquement, philosophiquement ou symboliquement avec la République et sa conception de la laïcité. Ni même avec l’anticléricalisme des pères fondateurs de la loi de 1905, quel que pût être leur fondamentalisme rationaliste, positiviste, voire leur athéisme combattif.

Ces laïcistes font preuve d’une phobie obsessionnelle qui les poussent à traquer toute expression d’une religion qui empiéterait sur la sphère publique. Ces laïcistes n’obéissent qu’à des pulsions, pas à une logique. Ainsi ils somment l’Etat d’intervenir pour interdire aux religions qu’elles ne débordent leur chasse gardée. Et dans le même temps ils s’évanouissent et poussent des hauts cris chaque fois qu’une administration ou une autorité publique se mêle de religion. Attitude quasi infantile et parfaitement irréaliste puisque l’État, notamment par l’intermédiaire du Ministère de l’intérieur qui est aussi celui des culte se mêle chaque jour d’organiser les cultes sur le territoire national. Neutralité se signifie pas passivité, laisser faire ou ignorance de ses responsabilités, comme les voudraient à la fois les islamistes et leurs alliés laïcistes.

Assurément ce n’est pas à eux qu’il faut confier la responsabilité de défendre la République ou la laïcité contre les assauts de l’islamisme. La République, ils s’en tamponnent d’ailleurs ; ce qui leur importe c’est que chacun se conforme à leur idéologie et s’associe à cette traque de la calotte, de la kippa ou de la chéchia.

Leurs méthodes, leurs discours violents et excommunicateurs participent d’un fanatisme analogue à ceux des pires islamistes qu’ils prétendent combattre.

Nombreux sont les intellectuels français ou étrangers dont certains musulmans qui mettent en garde aujourd’hui la France à la fois contre le danger islamiste, et contre celui de ce laïcisme intégriste et réactif qui fait leur lit.

Ces salafistes de la laïcité sont plus proches idéologiquement de la Corée du Nord ou de la Chine maoïste que de la France de Robespierre ou d’Aristide Briand.

Par leurs méthodes et leurs excès ils sont plus conformes aux illuminés de Civitas, aux évangéliques américains ou aux djihadistes musulmans fanatiques qu’aux authentiques démocrates. La démocratie ils n’en ont cure. Ils avancent en rangs serrés et ne tolèrent aucun écart. Certes ils ne vont pas jusqu’à tuer ou commettre des attentats. Du moins physiquement. Symboliquement, le meurtre et l’excommunication font partie de leur attirail ; comme dans les procès de Moscou.

Nous nous épargnerons d’instruire un procès en citant des noms. Car il est inutile de gaspiller son énergie dans de vains combats.

Toutefois il faut bien comprendre que si l’on entend lutter avec pragmatisme et fermeté contre l’islamisme et ses dérives, il serait contre-productif de compter sur ces ayatollahs de la laïcité.

Le seul combat légitime je le répète s’appuie sur les fondamentaux républicains. Tous les fondamentaux républicains. Rien que les fondamentaux républicains. Les seuls à même de rassembler une grande majorité de concitoyens. Les seuls à même de garantir les libertés. Les seuls à même de protéger les hommes et les femmes qui font nation, qui font République, contre ceux qui veulent les diviser, les récupérer ou les détruire.

Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers ?
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers.

Tremblez, tyrans ! et vous, perfides,
L’opprobre de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leur prix

Rouget de Lisle : La Marseillaise

De l’urgence de repenser radicalement la laïcité pour combattre l’Islam politique

Mis en avant

Aujourd’hui il y a urgence.

La Laïcité à la française n’est plus adaptée pour faire face à une volonté de conquête de l’Islam, une religion exogène très différente dans ses fondements et son évolution du catholicisme français, contre lequel la laïcité moderne avait été conceptualisée.

Cette laïcité énoncée il y a plus d’un siècle dans la Loi de 1905 est l’héritière de siècles de relations complexes entre l’Etat et l’Eglise. Comme le rappelle Jean-François Colosimo dans son dernier livre La religion française – Mille ans de laïcité, la laïcité est une spécificité française élaborée sur un millénaire sur des bases qui remontent à l’Israël biblique pour faire face aux féodalités et aux empires, et qui régit les relations tumultueuses entre l’Etat, la nation et l’Eglise, notamment par la tradition des concordats signés entre le roi et Rome.

A propos de cette conception de la laïcité fondée sur une volonté de séparer les églises et l’Etat et de fixer les règles juridiques sur le financement des organisations religieuses, deux conceptions de la laïcité s’opposent aujourd’hui. L’une négative et l’autre positive.

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La conception négative de la laïcité répond à une posture défensive face au danger d’un prosélytisme réel ou supposé de la part des religions. Elle veut préserver la liberté de croire ou de ne pas croire, de choisir et de pratiquer ou non une religion contre une volonté hégémonique de s’imposer aux esprits ou d’imposer sa logique à l’Etat. Cette conception s’appuie sur des présupposés philosophiques et des convictions de type rationalistes, matérialistes, positivistes, scientistes et bien souvent athéistes. Le danger pour les partisans d’une laïcité défensive c’est de voir Dieu s’inviter dans les discours et les territoires intellectuels ou politiques d’où il avait été évincé. Puisque la religion est un vestige obscurantiste de la pensée mythique et un outil d’asservissement de l’homme au nom d’une idéologie fausse, il faut élever partout des remparts pour éviter de la voir resurgir.

Les partisans de ce type de laïcité athéiste qui n’ose pas dire son nom sont souvent obsédés par la moindre effloraison de croyances religieuses. Ils sont allergiques à toute cohabitation de signes, de pratiques ou de discours laïcs et religieux dans le même espace public. Pour eux la religion ne doit jamais s’échapper des oubliettes de la « sphère privée » où elle avait été remisée, et où elle ne subsiste que grâce à un refus du totalitarisme athée et au nom du pluralisme démocratique. Sans quoi elle aurait été anéantie, ses clercs exterminés comme au bon vieux temps de la Terreur ou des épurations staliniennes.

Les partisans de cette laïcité dure et réactive sont bien évidemment les premiers ulcérés par la montée du fondamentalisme islamiste. Contrairement aux partisans d’une conception plus soft, plus relativiste, plus droits-de-l’hommiste de la laïcité, qui ne voient pas toujours a priori dans l’Islam un danger pour la démocratie, et qui vont même jusqu’à défendre les symboles de l’Islam radical comme le voile au nom d’une conception libertaire, consumériste et communautariste de la République.

Les partisans d’une laïcité pure et dure sont aussi les premiers à dénoncer la façon dont celui-ci instrumentalise le principe de laïcité réduit à la liberté de conscience pour attendrir les résistances d’une société déjà bien infiltrée par son idéologie et ses promoteurs. Ce en quoi ils ont raison.

A l’image de certains pères de la Loi de 1905 imprégnés de rationalisme athée et principalement motivés par des préoccupations anticléricales, les hérauts contemporains d’une laïcité radicale et défensive sont aussi ceux qui peuvent le plus facilement verser dans le fanatisme laïciste. Et se montrer à l’occasion plus intransigeants et violents dans leurs diatribes antireligieuses ou leur combat contre les religieux que les religions les plus intolérantes qu’ils dénoncent avec justesse.

A l’opposé de cette vision radicale et réactive de la laïcité, on trouve une conception beaucoup plus assertive, positive, authentiquement humaniste et progressiste, fondée sur la liberté, la volonté de faire corps, de faire société sur des bases communément acceptées, et sur une vision ouverte, humaniste et universaliste de la République.

Cette autre conception de la laïcité s’acclimate parfaitement de la coexistence pacifique des différentes convictions et croyances, de la présence de différentes religions respectueuses les unes des autres comme des principes et des règles communes, et de l’exercice de cultes différents tant qu’ils ne prétendent pas s’imposer à tous, limiter l’exercice d’autres cultes, ou se prévaloir d’un droit de peser sur les affaires de l’Etat et la vie civile autrement que comme des autorités morales appelées à être consultées sur des questions d’éthique publique.

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Pourtant, cette conception de la laïcité ne se limite pas à proclamer la liberté de conscience en laissant les citoyens libres de vivre leur religion comme ils l’entendent, dans une indifférence totale à l’égard du fait religieux. Cette liberté essentielle n’a en effet de sens que si elle s’exerce dans le cadre des autres principes républicains qui garantissent l’intégrité de la République, des droits individuels et devoirs réciproques qui lient ensemble les citoyens.

La liberté de conscience n’est pas un absolu. Sauf à croire que la République serait un sorte de supermarché où chacun pourrait venir faire valoir des revendication et quérir des droits dans l’ignorance totale des autres citoyens.

La liberté de conscience s’arrête quand elle veut réprimer ou entraver d’autres libertés fondamentales, forcer des individus ou des groupes à croire ou ne pas croire, obliger des personnes à se conformer à une religion qu’elles n’ont pas choisi en réfutant le droit à l’apostasie, interdire qu’on critique ou qu’on dénonce telle ou telle religion, se soustraire à la communauté nationale et aux lois républicaines, détourner des fonds publics à des fins de financement d’une religion, exercer une contrainte quelconque sur des individus ou exercer un abus d’autorité, endoctriner et exercer une emprise sur des personnes selon des méthodes sectaires, contester le principe d’égalité hommes-femmes et restreindre les droits des femmes sous l’autorité de leur père ou de leur mari, limiter les droits des minorités, faire justice soi-même au nom d’une religion, obliger ou interdire certains comportement au nom d’une conformité à des préceptes religieux, inviter à transgresser des lois, inciter à la haine ou proférer des menaces de mort contre une catégorie de personnes, soutenir des discours antisémites ou révisionnistes, faire l’apologie du terrorisme, menacer l’intégrité des personnes ou des biens, l’unité de la République, l’ordre public, la cohésion sociale, l’intégrité territoriale, la sécurité nationale…

Selon cette conception de la laïcité, la neutralité de l’Etat qui en est un élément central, n’est ni équivalente à une passivité des pouvoirs publics, ni réduite à une interdiction faite à l’autorité publique de se mêler des affaires religieuses. Ce qui serait d’ailleurs absurde puisque le Ministère de l’Intérieur en charge de la sécurité et du maintien de l’ordre est aussi celui chargé d’organiser les cultes dans l’espace républicain.

Si l’on est fidèle à cette conception ouverte mais néanmoins responsable de la laïcité l’Etat se doit d’intervenir à propos des religions, y compris de façon ferme et en arbitrant selon les pouvoirs que lui confie le Droit. Notamment quand il s’agit de défendre les libertés individuelles, l’unité et l’indivisibilité de la République quand elles sont menacées par le communautarisme religieux et la volonté d’un Islam politique d’entraîner les musulmans dans la sécession. Quand ils s’agit de lutter contre les dérives sectaire comme le salafisme, le wahhabisme, l’islamisme turc ou l’idéologie des Frères musulmans, de dissoudre des organisations, des associations qui font la promotion de ces dérives, d’interdire des imams ou des conférenciers islamistes qui propagent ces idéologies et constituent un danger pour les femmes, les mineurs, les minorités, la démocratie quand ils justifient l’insoumission aux lois républicaines, les violences conjugales, la haine des mécréants, l’antisémitisme ou le djihad.

L’Etat doit non seulement protéger les citoyens, la République et ses principes dont il est garant, mais aussi lutter contre toute forme d’influence extérieure ou d’entrisme qui constituent des menaces directes pour la démocratie. Il doit notamment intervenir pour interdire toute subvention versée à des associations musulmanes par des organismes étrangers ou leurs relais en Europe dont le but est de propager l’idéologie islamiste.

Il doit s’attaquer à une réforme en profondeur de l’Islam de France. Dissoudre les organisations existantes (CFCM, UMF, AMIF, CCIF, Fédération Nationale des Musulmans de France, Musulmans de France, CCMTF, AFSCM…) toutes aux mains des islamistes. Et remplacer ce maquis associatif par un organisme unique chargé de représenter l’Islam auprès de l’Etat, de former et d’agréer les imams, de valider les financements, de gérer et surveiller les mosquées et d’organiser le culte. En partenariat constant et étroit avec des agents du service public.

L’Etat doit intensifier la lutte contre la radicalisation et la lutte anti-terroriste, en accentuant l’action sur le terrain, en mobilisant davantage les services de renseignements mais aussi les médias et les citoyens, en concertation plus étroite avec tous nos partenaires internationaux.

Il ne s’agit évidemment plus ici uniquement de défendre la laïcité, mais de défendre un modèle de société mis en péril par une volonté de conquête de l’Islam radical qui n’est plus à démontrer.

Il faut se résoudre à un constat objectif. Face au phénomène nouveau que constitue la progression de l’Islam radical sur notre territoire, face à l’impasse dans laquelle nous nous trouvons pour répondre à l’offensive d’une religion totalement différente des églises que la laïcité était sensée combattre, la conception de la laïcité qui consiste à ne surtout pas se mêler d’affaires religieuses a vécu. Elle nous conduit même droit dans le mur.

Il faut donc repenser la laïcité de fond en comble. Et mieux l’articuler avec les autres principes qui fondent la République et moyens dont elle dispose pour engager un combat sans merci contre l’Islam politique. Les deux modèles, le modèle démocratique et républicain, et celui d’une société islamiste, sont radicalement antinomiques, incompatibles. L’Islam politique est un cancer dont les métastases menacent le pronostic vital de nos sociétés. Nous devons donc faire un choix et nous y tenir.

L’Etat doit donc sortir de ce piège d’une laïcité confisquée par les islamistes et qui lui interdit d’intervenir en se limitant à un rôle laxiste de permission de toutes les formes d’expression religieuses au nom d’une interprétation dévoyée de la liberté de conscience. Il doit urgemment se préoccuper d’affaires religieuses et plus particulièrement de la percée de l’Islam politique en France.

D’autant que les chiffres parlent d’eux, qui nous prédisent un avenir plutôt sombre. Plus de la moitié des jeunes musulmans considèrent que c’est à la République et à la laïcité de s’adapter à l’Islam et non l’inverse. Et 3/4 d’entre eux considèrent que le voile qui est l’étendard visible des islamistes devrait être autorisé dans toutes les écoles de la République.

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Le hiatus qui s’est construit entre notre conception d’une République unie, égalitaire, humaniste, qui offre à chacun sa chance, qui prône le « vivre ensemble » et l’école républicaine qui en serait le creuset initiatique, et une part majoritaire des jeunes musulmans qui ne sentent plus vraiment appartenir à cette République voire qui la méprisent ou la combattent, est sidérant. Il se creuse d’année en année.

Cet état de fait est le résultat direct d’un travail de sape contre les principes républicains exercé sur le long terme par les islamistes dans les quartiers. D’une volonté de cristalliser les malaises et les tensions d’une partie de la jeunesse autour des questions identitaires. D’attiser les réflexes communautaristes. Et de promouvoir un Islam de combat contre une France décrite comme injuste, stigmatisante et décadente qui les renierait.

Si au lieu de déléguer parfois au Qatar ou à l’Arabie saoudite le soin de gérer les problèmes des banlieues l’Etat se préoccupait un peu plus des discours tenus à ces jeunes par des « animateurs de quartier », nous n’aurions pas un tel pourcentage de jeunes radicalisés et de futurs Merah, Kouachi, Coulibaly ou Mickaël Harpon prêts à se retourner contre des innocents.

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Si la République veut avoir un avenir il est temps de changer de lunettes et de discours sur la laïcité, de faire un vrai aggiornamento critique et éthique, de se réveiller pour de bon et d’aller au combat. Sans se tromper de cible ni d’époque.

La Laïcité n’est qu’un outil, aujourd’hui dévoyé, parmi tout l’arsenal des principes républicains pour lutter contre l’islamisme

Mis en avant

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Certains se sont émus ces derniers jours que l’Etat veuille se mêler de religion. Il est vrai que dans le cas présent c’est de façon bien maladroite voire complaisante, que l’Etat s’est mis en tête de réformer l’Islam en l’accommodant à la volonté des islamistes, comme s’il voulait leur faciliter la conquête du pouvoir.

« Le rôle de l’Etat n’est pas de réformer l’Islam, mais de protéger la laïcité. » C’est ainsi que Radika Adnani critiquait il y a un an ceux qui interprètent la montée de l’Islam radical selon une lecture sociologique.

Une telle affirmation mérite qu’on s’y arrête. Tant sur le plan de la pertinence que de l’efficacité à combattre l’Islam.

« Le rôle de l’Etat n’est pas de réformer l’Islam. » Grave erreur ! Depuis Lionel Jospin l’Etat a échoué à créer des institutions qui représentent réellement les musulmans, comme à faire barrage à la volonté hégémonique de l’Islam radical, aujourd’hui surreprésenté dans ces institutions fantoches que sont le CFCM ou l’AMIF. Sans compter les autres succursales des Frères Musulmans comme le CCIF, Musulmans de France ou LES Musulmans.

Si l’Etat ne se mêle pas urgemment de réformer de fond et comble l’Islam dit « de France », c’en est définitivement fichu de la possibilité de voir émerger un interlocuteur légitime, responsable et sérieux, et surtout qui représente les musulmans au lieu de les kidnapper.

« … mais de protéger la laïcité. » Hélas cette affirmation apparaît comme un sursaut désespéré, tant la laïcité prend l’eau aujourd’hui de partout, ballottée par tous ceux qui en donnent une lecture personnelle particulièrement dévoyée.

Plus de cent ans après la Loi de 1905, que reste-t-il de la laïcité à la française ?

C’est ici qu’on voit les limites à vouloir faire reculer l’Islam et défendre la République au nom du seul principe de laïcité.

Sur la question récurrente du voile, on voit déjà à quel point la laïcité est instrumentalisée par ceux qui ont pour objectif de l’abolir. Comment ils la subvertissent en la réduisant à la seule « liberté de conscience ». Une liberté comprise comme la liberté sans condition de chacun de vivre sa religion comme il l’entend, le droit pour des communautés de se constituer de façon séparée sur la base de l’appartenance religieuse réelle ou supposée, de s’affranchir des contraintes, des lois et des principes de la République. Mais aussi comment les mêmes exigent une neutralité absolue de l’Etat quant aux affaires religieuses. Un Etat accusé d’être un persécuteur liberticide.

Comme le rappelait Marcel Gauchet dans une interview publiée dans les Echos à propos de l’Islam réalisée en août 2016 et toujours pertinente aujourd’hui : « Nous sommes désarmés devant ce nouveau visage du problème de la laïcité et nous ne savons pas y répondre. » La laïcité à la française a été instituée au terme d’un combat contre l’église catholique. Laquelle s’est vite adaptée, autant au contexte historique et politique français qu’au triomphe du rationalisme, du positivisme et du scientisme athées de la fin du 19e siècle.

Face à une religion comme l’Islam, la République est désarmée. Cette religion exogène très différente du catholicisme fonctionne encore aujourd’hui selon des principes totalement réfractaires à la modernité comme à la conception occidentale de la démocratie et des rapports entre les religions, le Droit et l’Etat. Il ignore totalement les notions d’Etat de droit, de démocratie, de séparation des pouvoirs ou de laïcité. Pire, il les conteste et les combat avec virulence partout où c’est possible.

S’agissant de l’Islam politique issu de l’idéologie des Frères musulmans, le but de tout état musulman et de toute organisation qui en émane ou s’en inspire (notamment l’Arabie saoudite, le Qatar ou la Turquie, financeurs du terrorisme djihadiste et d’organisations islamistes en Europe), est de combattre le modèle démocratique en infiltrant en profondeur les sociétés occidentales, en réislamisant les populations d’origine musulmane, en pratiquant un lobbying actif à tous les niveaux, national, international et mondial. Et en poursuivant leur but à long terme de remplacer les états démocratiques par des théocraties, de conquérir et d’islamiser progressivement tous les territoires impies, d’instaurer un califat mondial en de dominer toute la planète.

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Ce but n’a absolument pas varié au cours des décennies passées. Simplement la stratégie s’est acclimatée et le rythme de son exécution, la rhétorique et les moyens utilisés se sont adaptés aux réalités locales comme aux résistances rencontrées.

Face à une détermination patiente de l’Islam radical, face à la duplicité de ses acteurs qui font mine de se conformer au contexte juridique et culturel des sociétés qu’ils entendent conquérir, la laïcité est impuissante.

Pourtant, même si on a eu tendance à le négliger, la République est fondée sur des principes qui sont autant de solides piliers pour maintenir en place l’édifice.

Ainsi, l’article premier de notre Constitution précise :

« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. »

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République : le pouvoir en France est exercé par des personnes élues. La France n’est ni une monarchie, ni une théocratie, ni une dictature, ni une tyrannie.

Unité et indivisibilité : la République est une unité, elle ne peut être séparée en différentes parties. Le communautarisme n’est pas le modèle français. Aucun groupe ne peut s’isoler ou faire sécession en revendiquant des droits particuliers. Les lois s’appliquent sur tout le territoire. La République ne reconnaît qu’une seule langue officielle : le français.

Laïcité : l’État n’a pas de religion officielle, il ne paye pas les hommes d’Église et ne donne pas d’argent aux religions. Les personnes peuvent avoir une liberté de culte, de croyance. Toutefois cette liberté s’exerce dans les limites fixées par la loi et les autres principes : liberté de tous les citoyens, égalité hommes-femmes, protection des mineurs, interdiction de toute emprise et lutte contre les dérives sectaires, les troubles à l’ordre public, les menaces pour la sécurité publique, l’intégrité territoriale ou la cohésion nationale…
La République ne reconnaissant aucune religion, la loi française ignore la notion de blasphème. Critiquer, caricaturer, se moquer d’une religion ou de ses représentants n’est aucunement un délit.

Démocratie : le peuple est souverain. C’est lui qui exerce le pouvoir, même si c’est par l’intermédiaire de ses représentants élus. Au contraire d’une monarchie de droit divin où le monarque tire son pourvoir et sa légitimité de Dieu. La République ne reconnaît aucune transcendance divine d’où émanerait le pouvoir, l’Autorité, le Droit et la capacité à régner.

Sociale : la République doit mettre en œuvre et satisfaire les besoins de la population dans les domaines de l’éducation, du logement, de l’emploi et de la santé. En conséquence tout système éducatif privé (notamment religieux) ne peut s’exercer que par délégation, ses acteurs et programmes subordonnés à l’autorité concernée (Education Nationale).

Mais aussi la République qui est d’abord un Idéal humaniste trouve son application concrète dans un projet de « société ». La République n’est pas qu’un principe de gouvernement ou un ensemble de droits, la citoyenneté ne peut s’exercer quand dans le cadre de l’appartenance commune et active à une même Société, dont l’un des buts est la quête de l’intérêt général et du bien commun.

Etat de droit : le principe d’Etat de droit implique la prééminence du droit sur le pouvoir politique dans un État où tous, gouvernants et gouvernés, doivent obéir à la loi.
Dans un pays comme la France, nul ne peut se soustraire au droit. La prétention de certains à se définir en marge de la loi, ou à vouloir adopter des lois qu’ils jugent supérieures au Droit français, est incompatible avec la République.
Dit plus clairement, l’Islam politique et la charia sont incompatibles avec la République.
Et ceux qui prétendent le contraire sont hors-la-loi.

 

Les valeurs et principes énoncés dans le Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, Liberté, Egalité, Fraternité, délimitent quant à eux clairement l’exercice de la citoyenneté et protège le statut comme les droits des citoyens contre toute dénaturation, limitation ou appropriation au nom d’une idéologie ou d’une religion.

Liberté : tous les citoyens sont libres de naissance. Aucun citoyen, aucun groupe ne peut prétendre à un statut ou des droits différents selon un privilège de naissance.
L’une des libertés essentielles qui découlent de ce principe est la liberté de conscience. Ce principe entre radicalement en contradiction avec l’un des principes essentiels de la foi musulmane, à savoir que l’on « naît musulman » et que l’on ne peut y déroger. En droit français, l’appartenance à une religion relève d’un choix personnel libre et conscient. Naître de parents musulmans n’oblige personne à se reconnaître comme tel. L’apostasie (le fait de renoncer à une religion) est un droit inaliénable en démocratie.
En outre l’Islam considère que le fait d’être musulman confère un statut et des droits particuliers, supérieurs à tout autre. Les « mécréants » dans les sociétés musulmanes traditionnelles n’ont pas le même statut ni les mêmes droits que les fidèles. Pour être acceptés dans la société ils doivent s’acquitter d’un impôt, se conformer à des devoirs et interdictions spécifiques.

Paradoxe, la liberté de conscience est aujourd’hui instrumentalisée par les islamistes et retournée contre l’Etat, accusé de la limiter par des lois « liberticides » notamment sur le voile.
D’autres libertés entrent en conflit avec les prescriptions ou revendications de l’Islam radical. La liberté pour les femmes de porter ou non le voile, souvent imposé au jeunes-filles dans les familles musulmanes orthodoxes. La liberté pour les femmes de se mouvoir librement, de prendre des décisions sans l’accord de leur mari, de parler à d’autres hommes, de faire des études, d’adhérer à un parti politique, de se réunir sans présence masculine, de refuser la contrainte physique, l’abus sexuel, le viol ou les violences conjugales, le droit de disposer librement de son argent, de voter, etc…

Egalité : La République considère que tous les hommes sont égaux dès la naissance. En conséquence il n’y a pas de statut inférieur ou supérieur qui puisse être lié à l’origine, à la religion, au fait d’être musulman ou non.
De même tous les citoyens sont également soumis aux mêmes obligations et les mêmes lois s’appliquent à tous. Nul ne peut prétendre déroger au Droit au nom de son appartenance à une religion ou une communauté.

Hommes et femmes sont égaux en droit. L’homme n’est pas supérieur à la femme. Celle-ci n’est pas soumise à l’homme, à son mari, à ses frères, à une communauté ou une autorité religieuse. Aucune entrave à ce principe d’égalité ne peut être accepté dans un cadre domestique, privé, communautaire, religieux, professionnel, public ou autre.

Fraternité : Les citoyens sont tous frères. Cela signifie qu’ils font tous partie à égalité d’une même famille : la République.

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Cette fraternité républicaine est supérieure statutairement à toute autre type de fraternité : religieuse ou spirituelle, élective, communautaire, de métier, au nom d’une société comme la franc-maçonnerie…

Au nom de ce principe, les citoyens sont engagés dans des liens de solidarité. Ils doivent se respecter et s’entraider.

La fraternité républicaine n’est pas le « vivre ensemble », ni la simple coexistence neutre et pacifique entre des individus ou des communautés juxtaposées. Elle repose au contraire sur la participation active de tous à l’entraide commune et à l’édification d’une société juste tournée vers la quête du bien commun et de l’épanouissement de chacun.

Nation : l’une des conséquences de ce ce principe de fraternité c’est la cohésion nationale. Tous les citoyens sont membres d’une même nation, délimitée par un territoire géographique, une langue commune unique et obligatoire (le français), une mémoire, une culture et des institutions communes.

Le refus de s’identifier à une culture commune, de parler la même langue, de reconnaître l’intégrité de la Nation , de partager une mémoire, des valeurs et des principes communs, constitue une mise à l’écart de la seule communauté qui vaille pour la République : la communauté nationale. Et une incompatibilité avec la nationalité française.
Hélas c’est souvent ce que l’on constate chez beaucoup de Français de confession musulmane, qui refusent de se définir selon l’appartenance à une même nation et la mettent en conflit avec leur religion ou leur origine.

Nationalité et assimilation : la nationalité française se transmet par la naissance (quand un des deux parents est de nationalité française) ou par le droit du sol (pour les citoyens nés en France de parents d’origine étrangère). Pour les candidats à la nationalité française, elle n’est pas un dû mais elle s’acquiert au terme d’un processus de naturalisation selon certains critères et un arbitrage administratif.

En France, le modèle républicain sanctionne l’intégration de nouveaux citoyens d’origine étrangère selon le principe de l’assimilation. Ce principe s’oppose radicalement au modèle communautariste anglo-saxon selon lequel les citoyens appartiennent à des communautés hétérogènes coexistant dans une même société. En conséquence on ne peut être français si l’on revendique l’appartenance première à une communauté ethnique ou religieuse, ou s’il l’on prétend que certaines lois communautaires transcendent le Droit français. La charia ne peut en partie ou en totalité se substituer au droit français.
Qu’une majorité de jeunes musulmans français considèrent aujourd’hui que c’est à la République et à la laïcité de s’adapter à la charia en non l’inverse est un fait extrêmement préoccupant. Car ces jeunes ne se considèrent plus de facto comme français, mais en marge de la communauté nationale voire hostiles à la France.

Humanisme : la République, la société française et ses lois sont fondées sur un Idéal humaniste. C’est l’homme qui est au centre de notre conception du Droit, du gouvernement et de la société. Et non un dieu, une idéologie religieuse ou un une élite.

Universalisme : contrairement au nationalisme qui tend à refermer la nation sur elle-même, la conception française de la République et son humanisme sont de nature universaliste. C’est-à-dire que si la République n’est pas l’émanation d’une transcendance religieuse, elle reconnaît néanmoins une certaine forme de transcendance collective dans la notion d’Humanité. Avec une volonté émancipatrice étendue à tout le genre humain selon des principes fondés sur la Raison.

La République, ses valeurs et principes ne sont pas tournés vers une société cloisonnée ou repliée sur elle-même, ou simplement sur une nation. Ils entendent rayonner pour toutes les nations et s’étendre à l’édification d’une société transnationale fondée sur le Droit, l’unité et la justice.

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En reconnaissant notamment à tout être humain la même dignité, le même statut et les mêmes droits.

Cet universalisme démocratique et républicain heurte aujourd’hui de plein fouet la prétention hégémonique de l’Islam politique à s’imposer à toute la planète selon une conception radicalement différente de l’Universel.

A une conception fondée sur la Raison, l’émancipation, le progrès, la liberté, l’égalité de tous les hommes quels que soient leur origine, leur ethnie, leur religion ou leur statut social, s’oppose une conception de l’homme fondée sur la soumission à un dieu prétendument révélé dans des textes écrits il y 13 ou 14 siècles et réputés inamovibles. Une conception qui oppose les fidèles aux infidèles, ces derniers étant voués à la conversion forcée, à l’esclavage ou à l’anéantissement.

A une conception humaniste, libertaire et pacifique fondée sur les Droits humains s’oppose une conception totalitaire, sectaire, figée et violente qui partout dans le monde saccage la dignité humanité et conduit les nations vers la barbarie et le chaos.

C’est pourquoi l’islamisme est radicalement hostile à la République. Radicalement incompatible avec celle-ci, ses valeurs, ses principes, sa conception de l’homme et la société.

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C’est pourquoi il doit être combattu, sanctionné, éradiqué avec la plus extrême énergie. Car il constitue aujourd’hui et de très loin le plus grand danger pour la démocratie, pour les libertés, pour les citoyens, pour les femmes, pour les minorités, pour les générations futures, pour la paix et la fraternité.

La prétention des islamistes à imposer la charia au nom de la « liberté de conscience » doit être balayée avec la dernière des énergies.

La laïcité n’est pas le seul principe qui puisse aujourd’hui servir de rempart à l’Islam. L’ensemble des principes et des lois de la République constitue un arsenal cohérent tout à fait apte à défendre celle-ci contre ses ennemis objectifs.

Ce qu’il convient de faire en revanche, c’est de rappeler, de marteler ces principes, leur signification, leur articulation et leurs modalités d’application.

Il ne peut y avoir d’autre arsenal pour combattre l’islamisme. Car la France est un Etat de droit, pas un état ou règne l’arbitraire, la loi du plus fort, le fait du prince ou le relativisme.

Le plus gros obstacle à ce combat, c’est le politique. Car il y a longtemps que les hommes politiques ici comme ailleurs ne servent plus les intérêts de la France et des Français, mais ceux d’autres acteurs qui les font élire. Et leur propre carrière.

Macron représente l’archétype de ces dirigeants programmés et parachutés en quelques années au sommet de l’Etat par des mécènes qui attendent un retour sur investissement.

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Ces mécènes n’ont aucune éthique. La République, la démocratie, la liberté, la vérité leur importent peu. Qu’il y ait à la tête de l’Etat un républicain, un démocrate, un communiste, un fasciste ou demain un islamiste, peu leur en chaut. Tant que l’argent rentre.

Leurs seuls critères d’évaluation se nomment libre-échange, investissement, productivité, rentabilité, plus-value, profitabilité et risques financiers.

C’est aux citoyens attachés à la République à prendre en main leur destin. De peser sur ces marionnettes selon un rapport de force suffisamment persuasif pour les inciter à infléchir leur politique. La seule cible à viser pour convaincre ces nouveaux princes insensibles aux soubresauts du monde tant qu’ils rapportent, c’est l’argent et le marché. Asséchez les profits, empêchez les capitaux de circuler, mettez le marché en panne, et retournez les services d’ordre contre les gouvernants, et aussitôt vous trouverez un interlocuteur prêt à négocier.

C’es hélas triste de constater que la démocratie soit à ce point en panne. C’est ce qui fait la force des islamistes, décidés à utiliser toutes ambiguïtés politiques, toutes les failles du système, toutes les faiblesses d’une société endormie sur ses principes, pour avancer leurs pions et s’i,infiltrer dans tous les réseaux de pouvoirs.

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Compte tenu de la vacance du pouvoir politique sur des questions aussi essentielles, si la société veut se protéger contre ce qui menace de la détruire, elle doit passer à l’offensive : se réapproprier les fondamentaux républicains, instaurer des réseaux efficaces de vigilance, exiger que la loi soit appliquée partout, que les principes qui fondent notre unité soient appliquées par tous, éviter que la société ne se fragmente, établir des rempart contre ceux qui veulent diviser, opposer, séparer, et s’infiltrer pour prendre le pouvoir.

Il faut sanctuariser non seulement l’école et l’université, mais toute la société civile : l’hôpital, la santé, le monde syndical, sportif, associatif, les partis politiques, les collectivités territoriales, les assemblées, les grands corps constitués, la diplomatie, le monde du travail, les entreprises publiques et privées, le monde de la finance, la culture, les médias, le monde du spectacle, du divertissement et des loisirs.

Réformer le culte musulman ? Un impératif de tout premier ordre pour lequel les citoyens doivent se mobiliser afin de l’exiger.

Presque toutes les organisations musulmanes au plan national doivent être dissoutes, à commencer par le CFCM. Et remplacées par un organisme unique représentant l’Islam de France, d’où sera exclus tout membre lié à des organisations réputées islamistes (et terroristes) comme les Frères Musulmans.

Les dirigeants de ces organisations doivent être dénoncés publiquement, voire pénalisés et sanctionnés s’il ont enfreint la loi. Les imams litigieux doivent être interdits, et expulsés du territoire quand cela est possible. Aucun islamiste inculpé, condamné ou fiché comme Tariq Ramadan ne doit plus pouvoir circuler sur le territoire, a fortiori pour y effectuer des conférences. Les mosquées salafistes ou fréristes doivent être immédiatement fermées.

Aucun financement étranger direct ou indirect ne peut être accepté pour financer des organisations musulmanes, des lieux de culte, des associations communautaires ou islamistes déguisées en organismes « caritatifs », « éducatifs », « culturels » ou « sportifs ». Les mairies ou les collectivités qui les subventionnent doivent être sanctionnées, leurs maires condamnés.

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Les belles harangues sur la démocratie, la justice sociale, la laïcité ou la liberté ne servent qu’à attendrir et endormir le gogo. Aujourd’hui il faut des actes concrets.

Une République de combat, fidèle à ses valeurs, prête à les défendre, insensible au chant des sirènes islamistes comme aux bobards politiciens, voilà ce qu’il nous faut.

 

 

 

 

13 novembre : A quoi servent les commémorations ?

Mis en avant

Pendant plusieurs années, j’ai eu beaucoup de mal avec ces commémorations obligées des attentats de Charlie et du 13 novembre.

Comme tous les Français, j’avais été bouleversé par ces attentats. Mais la mémoire, individuelle et collective est un être vivant, qui pour vivre et se développer a besoin constamment de se renouveler.

Tout travail de deuil, personnel ou national, suppose à un moment donné une mise à distance volontaire du traumatisme vécu. Une mise au repos des émotions et de la conscience, notamment par respect pour des êtres fauchés prématurément par le tragique.

Les rescapés qui revenaient des camps de la mort étaient les premiers à ne pas vouloir évoquer ce qu’ils avaient vécu. A vouloir célébrer la vie et ne surtout pas se laisser enfermer dans une culture morbide d’un passé indicible. Tout comme les poilus qui revenaient de l’horreur de Verdun, ou les soldats du front russe.

En 2016 et 2107 j’ai tenté d’alerter sur les dangers de cette crispation mortifère sur des commémorations à n’en plus finir, qui ne faisaient que rouvrir des blessures et empêcher cette cicatrisation de la mémoire. Et qui avaient pour autre conséquence d’enfermer la France et les Français dans un statut de victimes sidérées et impuissantes face au terrorisme : l’un des buts précisément de la terreur.

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4 ou 5 ans après ces attentats, les choses ont commencé à évoluer. La mémoire s’est davantage apaisée. Le temps a fait son ouvrage. Et ces événements tragiques nous apparaissent avec une tonalité différente, moins aiguisée.

Daesh, au moins en Syrie, a été vaincu. La menace terroriste n’a pourtant pas disparu. Pas plus que l’idéologie islamiste ne s’est évaporée. Le combat a juste changé de visage.

L’attentat de la Préfecture début octobre est venu nous rappeler que le terrorisme existait toujours, qu’il avait juste changé de forme. Moins spectaculaire, plus insidieux.

Comme un cancer l’idéologie djihadiste s’est infiltrée dans les esprits, a produit des métastases inattendues chez certains de nos concitoyens gagnés par le fondamentalisme musulman. Peut-être le danger est-il même aujourd’hui plus menaçant parce que plus profond et plus diffus, protéiforme.

Aujourd’hui le « devoir de mémoire » et ces commémorations prennent une toute autre allure. Il ne s’agit plus simplement de commémorer des événements que personne n’a oubliés. Mais d’en revisiter la signification pour donner du sens à ce que nous vivons aujourd’hui.

3 jours après la marche de la honte qui a réuni quelques 13.000 « musulmans » français emmenés par des officines et des personnalités clairement gagnées à l’islamisme, après ces amalgames honteux entre des symboles de la Shoah comme l’étoile jaune et cette imposture intellectuelle et politique qu’est « l’islamophobie », nous célébrons aujourd’hui les attentats de Paris de la nuit du 13 novembre 2015. Et les 130 victimes que firent ces massacres dans les rues de la capitale et au Bataclan.

« Ne pas oublier » ces victimes : c’est évident. Mais ne pas oublier surtout que ceux qui encore aujourd’hui osent prétendre qu’ils n’ont « aucun lien » avec le terrorisme, comptent parmi eux des idéologues qui ont endoctriné de jeunes Français, les ont convertis à une vision radicale, rétrograde, haineuse et agressive de l’Islam, ont contribué à leur radicalisation, et les ont poussés un jour à rejoindre les rangs djihadistes.

« Pas d’amalgame ! », « Pas en mon nom ! », « Rien à voir » : tous ces slogans simplistes ne peuvent plus fonctionner aujourd’hui.

C’est aux musulmans eux-mêmes qu’il appartient en premier lieu de faire ce travail de discernement, de libération, de lutte contre toute forme d’endoctrinement, d’embrigadement au nom de l’Islam, de conscience, de sanctuarisation de la limite qui sépare le juste de l’injuste, le vrai du faux, et acceptable de l’inacceptable.

C’est le contraire de l’adhésion à une religion morte, figée dans le littéralisme, ce qu’en principe ne permettent pas les langues sémitiques comme l’hébreu, l’araméen ou l’arabe, la langue du Coran, parce que leur structure consonantique interdit toute interprétation monolithique et offre à l’esprit une pluralité de sens.

Il y a donc dans le cœur-même de la tradition musulmane une impérieuse nécessité d’actualisation du sens. Ce que réprouvent les fondamentalistes qui voudraient se l’accaparer en le refermant sur une seule et même lecture licite.

C’est donc tout un travail de relecture de leur tradition, de son articulation avec les fondements éthiques de la République, un travail de conscience et de mémoire qui attend les musulmans de France. Un travail identitaire et éthique, collectif et non seulement individuel, surtout pas communautariste mais authentiquement républicain.

Et ce travail honnête et courageux passe notamment par un travail de mémoire sur ces attentats contre l’unité de la nation et des citoyens français.

Un travail nécessaire pour ne pas céder, par crainte d’être déclarés complices ou coupables, à la tentation d’occulter sous le sceau de l’oubli une mémoire qui risque de hanter certains comme un spectre, et de revenir un jour frapper à leur porte comme le retour du refoulé.

Il est facile de vouloir séparer les bons des méchants, les terroristes des vrais musulmans, les « Je suis Charlie » des anti-Charlie.

Sauf que la réalité ne se résume pas à ces schémas binaires. Il y a toute une frange nombreuse de musulmans honnêtes et attachés à la République, mais qui risquent de se laisser piéger par les discours mensongers des islamistes sur « l’islamophobie ». De se laisser gagner par des peurs qu’on fabrique et qu’on instrumentalise pour les amalgamer. Ou bien de voir sa propre conscience neutralisée par un tiraillement entre son appartenance à la communauté nationale et son attachement une « communauté musulmane » qu’on prétend menacée.

Le virus de l’islamisme s’apparente plus à un sida qu’à un cancer. Un sida qui trompe les mécanismes de défense immunitaire, qui déjoue les mécanismes de congruence identitaire afin de semer le doute, de s’insinuer et d’amener ses victimes à ne plus se reconnaître qui elles sont : des citoyens français à part entière. Et qui finit par les retourner contre un pays qui les aurait rejetés.

C’est contre cette maladie qu’il faut lutter. Et pas seulement contre l’idéologie qui en est responsable et ceux qui la propagent.

Tout combat contre l’islamisme, le fondamentalisme, les dérives sectaires qui les accompagnent et les menacent qu’ils font peser sur la cohésion nationale, sur la sécurité publique, sur les lois et les principes républicains doit se faire AVEC Les musulmans, surtout pas sans eux ou contre eux.

Ce combat diot être fondé sur une volonté de rassembler. Non sur une illusion de tolérance libertaire aveugle à toutes les dérives. C’st pourquoi il doit fédérer autour d’un socle de valeurs communes sans cesse rappelées, y compris dans leurs applications les plus basiques.

Quant aux commémorations elles n’ont de sens que si elles participent à un travail de réconciliation de la mémoire collective traumatisée par des actes admonitoires qui visent à la profaner et la diviser.