L’amour, la médecine et les miracles

Mis en avant

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Le titre de cet article est aussi celui d’un best-seller publié en 1986 par le Dr Bernie Siegel, chirurgien et enseignant à l’Université de Yale.

Le 14 novembre dernier, le magazine Marianne publiait sur son site un article intitulé « Cathos, évangéliques ou islamistes, ces fondamentalistes qui menacent notre système de santé. »

A plus de 30 ans d’écart et plus de 7000 kilomètres de distance, deux conceptions radicalement opposées de la médecine et de la santé.

L’article de Marianne avait pour objectif de dénoncer les dérives fondamentalistes de certaines religions et les menaces que celles-ci peuvent faire peser sur l’exercice de la médecine.

Le livre du Dr. Siegel au contraire visait à démontrer les liens étroits entre l’esprit et la guérison. Et les limites d’une médecine trop obnubilée par la technique.

Le télescopage des deux points de vue révèle un hiatus profond entre une vision de la santé qui considère l’homme dans toutes ses composantes, physique, psychique et spirituelle, et celle d’une médecine officielle cramponnée à une vision exclusivement matérialiste, déterministe et biologique du corps, de la vie et de la conscience.

Pourtant de nouvelles sciences médicales émergent depuis 20 ou 30 ans, comme les neurosciences ou l’épigénétique, qui s’intéressent à l’origine et aux mécanismes de la conscience. Elles s’inspirent des découvertes les plus récentes de la physique quantique.

Ces recherches et ces découvertes encore balbutiantes propulsent la science moderne vers des horizons insoupçonnés. Elles remettent en cause les postulats fondés sur le rationalisme scientifique, le déterminisme, et forcent la science à revoir ses théories, à explorer des domaines qui relèvent de l’irrationnel, à penser en termes de synchronicité plus que de causalité, à abandonner les schémas classiques pour entrer dans une nouvelle compréhension, non rationnelle et non dualiste de la réalité, de la conscience ou du vivant.

La France est largement ignorante de ces avancées foudroyantes. Elle reste orgueilleusement crispée sur une vision hyper rationaliste, cartésienne et matérialiste de la réalité. Nos beaux esprits si assurés de la supériorité de l’esprit français sont souvent persuadés que les découvertes de leurs homologues outre-Atlantique ou outre-Manche ne sont que des égarements ou des fantaisies.

La médecine en France pâtit grandement de ce mépris superbe. Les grands mandarins qui la gouvernent sont embastillés dans la forteresse d’un Savoir dogmatique qu’ils transmettent aux jeunes générations de médecins, sans rien lâcher de leurs préjugés et de leurs certitudes.

Seuls quelques rares médecins en services de réanimation commencent aujourd’hui à s’intéresser aux EMI (Expériences de Mort Imminente), un sujet d’étude clinique depuis au moins 50 ans aux Etats-Unis. Malgré d’évidentes preuves sur la persistence de la conscience au-delà de la mort clinique du cerveau, la question de la mort et de l’après-vie reste souvent taboue. Les expériences vécues par les personnes revenues de la mort ont beau toutes suivre le même schéma, leurs visions sont évacuées par beaucoup de ces mandarins comme de simples « délires » ou « hallucinations« .
Alors parler de religion, c’est encore trop leur demander.
S’il est juste dans l’intérêt des patients de vouloir lutter contre une prétention trop assurée des religieux à vouloir les guérir selon des méthodes qui ne cadrent pas à 100% avec l’orthodoxie de la Faculté, sur le fond en revanche cette obstruction au spirituel n’est pas toujours objectivement fondée.
En France la médecine est très encadrée – on s’en réjouit – mais aussi extrêmement dogmatique. Tout ce qui ne cadre pas avec les dogmes de l’allopathie omnipotente est taxé de supercherie, de charlatanisme, ou interdit par les prélats de la médecine officielle. Le pouvoir des lobbies pharmaceutiques y est aussi pour beaucoup dans ces arbitrages.
Les médecines douces comme l’homéopathie, l’acupuncture, la phytothérapie, le qi gong (pourtant enseigné à la Faculté de médecine de Bobigny dans le cursus universitaire sur la Médecine Traditionnelle Chinoise), l’aromathérapie, la médecine ayurvédique ou amazonienne qui comportent des savoir-faire millénaires et constituent des réservoirs de molécules inégalés pour la médecine du futur, sont régulièrement montrées du doigt, empêchées ou déremboursées.

Aux Etats-Unis en revanche, au Royaume-Uni et en Suisse se développent des nouvelles médecines étudiées dans des laboratoires de recherche et en milieu clinique qui constituent à n’en point douter l’avenir de la médecine : médecines « quantiques » ou « spirituelles », thérapies psychédéliques…

Tous ces domaines en plein essor et riches de promesses de guérison infiniment supérieures à nos potions chimiques mobilisent pour certaines les ressources profondes de la conscience.

Dans le même temps les recherches et les théories engagées par les physiciens pour percer les mystères de l’Univers, « voir » au-delà du Big Bang, ou tenter d’unifier les théories débouchent souvent sur des spéculations métaphysiques étonnantes.

Ainsi les physiciens qui planchent pour trouver une théorie qui permettrait d’unifier les quatre grandes forces physiques qui régissent l’univers se heurtent à un problème de vocabulaire. Le seul mot qu’ils trouvent pour définir ce qui semble la matrice de toutes les forces qui font tenir ensemble l’Univers c’est… « l’amour ».

En France de nombreux médecins et chirurgiens ouverts recourent régulièrement à des techniques bien peu conventionnelles pour pallierles limites de la médecine traditionnelle. Des « guérisseurs », des « coupeurs de feu » interviennent régulièrement dans certains hôpitaux pour guérir des eczémas, des allergies voire des cancers réfractaires aux traitements habituels.
Les oncologues sont parmi ceux qui savent le mieux que le psychologique voire le spirituel jouent un rôle prépondérant dans la mobilisation de forces intérieures qui conditionnent la guérison. Le Docteur Carl Simonton fut l’un des premiers cancérologues américains à faire appel dans les années 1970 à des techniques de visualisation pour soigner ou soulager des cancers, et à obtenir des rémissions spectaculaires chez de nombreux patients en phase terminale.
Dans le domaine psychothérapeutique, le psychiatre Stanislas Grof a posé il a cinquante ans les bases de la psychologie transpersonnelle, en expérimentant des thérapies psychédéliques qui se sont révélées très efficaces pour soigner certaines névroses.
Aujourd’hui grâce à ces thérapies, on obtient des résultats spectaculaires dans le sevrage d’addictions graves à l’alcool, à l’héroïne, à la cocaïne, ou aux antidépresseurs. Mais aussi pour guérir en deux ou trois séances des troubles post-traumatiques ou des dépressions sévères résistantes aux médicaments et aux thérapies classiques.
De même, Robert Dilts, l’un des inventeurs de la PNL, est aussi un spécialiste de la santé et de la modélisation des croyances, limitantes ou au contraire positives, qui conditionnent la maladie et la guérison. Avec des effets positifs éprouvés depuis trois décennies sur des malades du cancer, ou du sida à une époque où les trithérapies n’existaient pas encore.
La France souffre d’une rigidité dogmatique qui la pénalise, d’un attachement coupable au matérialisme, au rationalisme. Elle est en retard de presque deux siècles sur l’époque. Un retard qui conditionne et emprisonne autant la médecine classique que la psychanalyse. Celles-ci accusent un retard de 30 à 50 ans ans sur leurs homologues anglo-saxonnes.
Les religions proposent parfois des méthodes controversées, mais aussi parfois des voies de guérison qui peuvent aider des personnes à surmonter ou accepter leurs souffrances.
Soyons humbles et pragmatiques.
Il faut beaucoup de prudence, d’objectivité et de discernement avant de juger et condamner selon des préjugés qui veulent toujours assimiler ce qui relève de l’esprit à des fumisteries ou de l’obscurantisme.
Il faut distinguer la lutte contre les dérives sectaires, dont les organismes cités dans l’article de Marianne constituent certainement des exemples, avec une médecine qui ignorerait volontairement la spiritualité comme partie indissociable de l’humain, et ses implications dans le domaine de la santé.

Le combat des satyres et des sorcières

Désolé de revenir encore sur cette histoire de harcèlement.

Mais il me semble urgent de dénoncer les propos haineux déversés à l’encontre de cette tribune de femmes courageuses qui fait aujourd’hui polémique. Alors qu’on voudrait rejeter sur elles la honte et la culpabilité, en les assimilant à des complices de violeurs.

Je suis affligé de voir combien les esprits s’égarent, et dans quels excès on en arrive à s’enfermer.

Pardon mes cher(e)s ami(e)s, mais beaucoup d’entre vous avec qui j’échange sur les réseaux sociaux continuent de verser dans l’outrance et feraient mieux de se calmer et de réfléchir posément.

Certains ont ainsi improprement qualifié de « révolte des femmes » ce qui n’est qu’une libération spontanée de la parole à propos du harcèlement. Laquelle fait suite pour beaucoup à des années de silence, de honte ou de déni.

Cette initiative, on ne peut évidemment que la saluer.

Ce faisant, ceux qui sacrifient à ces excès de verbe s’abandonnent du même coup au lyrisme romantique des pasionarias les plus enflammées de la cause féministe. Qui battaient le pavé dans les années 70 en brûlant leur soutif et en vouant à la guillotine tous les mâles, forcément « machistes » et « dominants ». Elles qui prétendaient mettre à sac l’ordre impérialiste et bourgeois de la « société patriarcale ».

La rhétorique a changé en 50 ans mais le fond et les affects restent les mêmes.

Les nouvelles générations ont adopté inconsciemment les causes sinon quelques réflexes sémantiques hérités de ces années révolutionnaires de lutte des femmes.

Luttes qui ont tout de même permis aux femmes françaises d’accéder à des droits et à un statut de plus objective égalité, que beaucoup envieraient sous d’autres latitudes.

Qu’on songe que l’Arabie Saoudite vient tout juste de franchir un cap inouï cette année en autorisant les femmes à conduire seules un véhicule sur la voie publique !… Dans ce pays où on lapide encore arbitrairement les femmes adultères. Et où les violeurs cavalent en toute impunité, puisque ce sont les femmes violées qui sont accusées d’être des « provocatrices » et des pousse-au-crime.

Encore une fois, que l’affaire Weinstein ait suscité un vent de libération de la parole virale et que des femmes violées ou réellement harcelées sexuellement et qui n’osaient pas dénoncer leurs agresseurs aient enfin pu le dire, c’est une chose juste et qui mérite d’être saluée.

Qu’on aide des femmes battues, violées ou agressées à oser se défendre et faire les démarches pour dénoncer des criminels, c’est aussi une très bonne chose.

Le problème c’est qu’une fois cette brèche ouverte, avec l’effet amplificateur des médias et des réseaux sociaux, certaines ont voulu en profiter pour dénaturer cette juste cause et embrigader toutes les femmes dans cette croisade absurde et dégradante contre les hommes, toujours la même. Avec un paroxysme de haine et une incitation à la délation la plus abjecte.

Ainsi, tous les mecs étaient potentiellement désignés comme des « porcs ».

Le choix de ce terme n’est d’ailleurs pas anodin : il reflète bien plus qu’une simple répugnance à l’égard du désir masculin. J’y reviendrai…

Quant au désir et à la libido, qui est le moteur de la vie psychique et de la relation, à les entendre c’était désormais une chose sale, monstrueuse, coupable, qu’il fallait à tout prix réprimer. En tout cas en bannissant toute expression de sa flamme, forcément suspecte, à l’égard d’une femme désirée.

Que les femmes soient agacées d’être utilisées systématiquement par la publicité et sur les couvertures de magazines comme des objets sexuels, de faire l’objet de vannes misogynes et vulgaires dans les cafés où les mecs se lâchent après le boulot, passe encore.

Mais de là à vouloir jeter le discrédit systématique sur le désir masculin, qui n’est pas il faut le rappeler de la même nature que le désir féminin. Ce désir est par nature plus agressif, plus impérieux, parfois violent dans son aspect pulsionnel et volcanique.

Dans le règne animal comme dans les sociétés humaines, c’est la libido et la compétition pour trouver les meilleures partenaires qu poussent les mâles à se battre et à pavoiser, à rivaliser de postures orgueilleuses pour intéresser la galerie. Et les femmes sont elles-mêmes conditionnées par leurs hormones à choisir parmi ces prétendants le plus vigoureux, celui qui saura assurer au futur couple et à l’espèce une abondante descendance.

A moins de vouloir nous extraire totalement des lois de la nature, je ne vois pas comment on pourrait y échapper.

D’ailleurs ces comportements qui obéissent d’abord aux pulsions, relèvent aussi de la culture, depuis que le commerce entre hommes et femmes a été codifié dans toutes les sociétés.

Y compris dans les codes vestimentaires, selon lesquels les hommes (de pouvoir) arborent des costumes bien épaulés pour souligner leur carrure et une cravate, symbole phallique, tandis que les femmes coquettes portent un décolleté plongeant garni de bijoux étincelants mettant en valeur leur opulente poitrine, tel une corolle scintillante invitant les gros bourdons à venir butiner.

Même les dérives androgynes ou queer d’une société qui prétend abolir les stigmates du genre ne viendront jamais totalement à bout de ces codes qui rejouent au plan symbolique ceux de la parade nuptiale.

D’ailleurs après les années 1970 et sa mode unisexe, où toute une jeunesse portait uniformément les cheveux longs, des chemises à fleurs et des jeans cintrés diluant les silhouette dans une même indifférenciation filiforme, on est vite revenu aux signes bien établis de la féminité et de la masculinité. Parfois jusqu’à la caricature outrancière.

Des seins siliconés de Pamela Anderson aux muscles body-buildés d’Arnold Schwartzenegger, depuis les années 1980, rares ou éphémères sont ceux qui s’aventurent à jongler avec les codes. Et en cette fin de décennie 2010 les femmes n’hésitent pas à afficher une sensualité torride à l’image de leurs icônes, comme Rihanna ou Nabila. Alors que tout homme qui se respecte se doit d’arborer une barbe millimétrée, et si possible une toison fournie sur le torse.

Les excitées contre cet agencement pétillant des sexes voudraient même aller jusqu’à revoir la grammaire et imposer à tous les plumitifs cette délirante et fastidieuse « écriture inclusive ». Prétextant qu’une langue évolue et sinon qu’on doit l’y contraindre pour effacer tout stéréotype et toute règle héritée de la domination masculine. On ne s’attardera pas sur de telle arguties, auxquelles seuls quelques complexés du vermicelle osent sacrifier…

De toute façon on ne va pas refaire l’Histoire : depuis la plus haute antiquité et les temps bibliques, nous sommes les héritiers d’une société patriarcale.

Il ne s’agit pas de se cramponner à son phallus ni aux « traditions », en pleurant sur la décadence « déconstructiviste « des soixanthuitards, comme Eric Zemmour pour justifier sa misogynie réactionnaire.

Mais n’en déplaise à celles qui au nom de « l’égalité » voudraient en vérité supplanter le pouvoir des mâles, les dominer et les réduire en esclavage comme au bon vieux temps des Amazones, en 2018 il y toujours des hommes qui courent après les femmes.

Et comme tout pays latin la culture française demeure tout de même globalement patriarcale. Même si la France de 2018 n’a plus rien de commun avec celle de l’Après-guerre.

Et puis si les hommes ont encore le droit de draguer les filles, qu’elle se rassurent : de la haute couture aux patronnes de startups, la France met toujours en avant ses plus jolies femmes et les plus audacieuses qui font bouger les choses.

Nos sociétés ont bien évidemment évolué et continueront d’évoluer. Et le coup d’accélérateur donné par la modernité n’est pas à mettre en doute. Les femmes ont aujourd’hui, quoi qu’on puisse y redire, toute leur place à part égale avec les hommes dans un pays comme la France.

Un pays où notre jeune président est pourtant incapable d’aligner une phrase sans prendre la précaution de préciser à tout bout de champ « celles et ceux« . Par crainte de commettre un écart coupable par rapport à la ligne politiquement correcte qu’ils s’est fixée.

Est-ce un gage de progrès et une preuve supplémentaire de « civilisation » que de vouloir taxer la testostérone de drogue dure ? Ou d’interdire aux hommes d’être ce qu’ils sont : non des pourceaux mais simplement des mâles ? Non des « prédateurs » ou des criminels assimilables à Jack l’éventreur mais juste des êtres animés de désir et qui osent naturellement l’exprimer à celles qui les animent ?

Le Grand siècle avait certes octroyé le pouvoir aux élégantes pleines d’esprit, après des siècles ou les us du terroir propres au peuple autant qu’à la noblesse d’épée rimaient avec les rots, les pets, le cul, la merde et la farce la plus grasse.

Mais la Carte du tendre ou les gesticulations burlesques des laquais serviles et enrubannées de l’Étiquette ont vite été dénoncés et avec quel brio par le théâtre de Molière, à la faveur d’un roi qui méprisait les dévots et aimait beaucoup séduire les femmes.

La tyrannie des précieuses ridicules qui avaient réduit leurs prétendants à des caniches de foire travestis, poudrés, maquillés et peinturlurés comme des drag queens, mendiant un soupir, une œillade ou un aparté avec des chichiteries de tarlouzes, a vite été remisée à sa juste place au pays des troubadours, de Rabelais, puis de Sade, Maupassant ou Flaubert.

Aujourd’hui les choses sont plus drues et plus crues. On atteint vite les cimes du ridicule ou de l’extrême violence.

Quant à celle qui consiste à vouloir bannir de l’espace public toute expression du désir, tout rituel de séduction, par crainte de se voir exposer à des formes parfois trop insistantes ou non sollicitées de gringue appuyé, c’est du pur délire.

Pour un peu on assimilerait Jean d’Ormesson et Bigard !

Pire, c’est objectivement pathologique.

En langage psy on appelle ça une névrose collective. Et pour les intéressées, de « l’hystérie » caractérisée.

Partant, on doit les dénoncer comme tels et refuser de souscrire à ces excès et de à ce chantage.

Hélas, le terrorisme situationniste et médiatique de folles furieuses comme les Femen, avec leurs méthodes dignes de la guérilla urbaine, nous ont habitués à ces excès et ont endormi notre esprit critique.

La mauvaise conscience de certains hommes à l’égard des femmes et le politiquement correct aidant, on a même pu considérer que ce qui relevait au regard de la loi du délit punissable n’était après tout que des méthodes justes servant une cause juste au milieu d’un monde autiste incapable de reconnaître l’injustice faite aux femmes.

S’agissant des excès qui ont suivi la libération de la parole à propos du harcèlement, et de la violence haineuse qu’elle a suscitée, je peux comprendre que cela puisse procéder d’une souffrance trop longtemps tue et qui se déchaîne soudain dans un déluge de cris et d’aboiements vengeurs.

Mais il y a des cabinets de psys pour ça ! L’espace public et l’opinion n’ont pas à être pris en otages pour subir les assauts de ces femmes traumatisées au point de ne pouvoir exprimer que haine et violence.

Il est vrai que depuis le début des années 1980, des émissions comme Droit de réponse, Bas les masques ou Le Divan nous ont habitués à considérer comme normal qu’on instrumentalise les médias comme théâtre exhibitionniste d’une psychanalyse publique érigée en spectacle obscène. Là où la déontologie et l’efficacité de la cure supposent au contraire le huis clos et le secret professionnel.

La télé, puis les forums et les réseaux sociaux, sont ainsi devenus le déversoir de tous les traumatismes particuliers exhibés, disséqués et commentés comme un exercice de communion obligatoire. Un vomitorium de la souffrance et du « Moi je ».

Il y a sans doute dans cette dérive un phénomène d’acculturation et de pollution des esprits hexagonaux par des modes héritées du puritanisme anglo-saxon, et une assignation contre-culturelle à l’exercice de la confession publique comme dans les sociétés protestantes.

Depuis les Alcooliques Anonymes, la prise de parole publique est devenue un passage obligé. Et qui voudrait s’y soustraire serait aussitôt accusé de sécessionnisme et d’absence coupable de contribution à la vie du groupe.

La pudeur, le secret, la discrétion ne sont plus des valeurs en vogue.

L’outrance, la démesure, l’arrogance et l’exhibition, fût-elle vulgaire et forcée, les ont supplantées.

Ardisson est passé par là. Et les bobos ont érigé ces rituels au rang de culture dominante.

Revenons à cette tribune dans Le Monde conduite par une centaine de femmes courageuses qui osent braver l’unanimisme ambiant et défendre le droit pour les hommes de draguer les femmes. En avouant leur plaisir à être courtisées. Au risque de dérapages verbaux ou comportementaux qui font selon elles partie des jeux de l’amour et du hasard.

Il est parfaitement injuste maintenant que s’est libérée cette autre parole – celle du désir féminin – de vouloir culpabiliser ces femmes et les réduire à la caricature pour le coup honteusement misogyne de vieilles cougars en manque de rentre-dedans, ou d’insensées complices des violeurs. A cause de quelques maladresses ou provocations déplacées.

Comme celle de Catherine Millet qui a affirmé en provoquant regretter « de ne pas avoir été violée pour pouvoir dire que le viol on s’en sort« .

Bien sûr c’est un camouflet de trop infligé aux femmes battues ou violées et qui n’avaient pas besoin qu’on les humilie encore pour interdire aux furies qui instrumentalisent leur douleur de pousser le bouchon trop loin.

Il faut le dire tant qu’il est encore temps : vouloir culpabiliser ces femmes courageuses est aussi injuste, humiliant et totalitaire que de vouloir réduire les victimes de violeurs et de harceleurs au silence.

Sachons rester tempérants.

Et admettons de reconnaître que cette tribune, malgré quelques maladresses, vient rétablir enfin un peu d’équilibre dans le débat.

Et permettre surtout que ce débat ait lieu, en laissant libre cours à l’expression d’opinions et de témoignages de femmes parfois contradictoires.

Il faut le répéter aussi : dans un pays latin comme la France où la séduction fait partie de l’art de vivre, les excès du puritanisme érigé en arme politique comme aux Etats-Unis où on ne peut pas baiser sans consulter au préalable son avocat, n’ont pas leur place.

Enfin et non des moindres, ce dont bien peu semblent avoir conscience, c’est que les idiot(e)s utiles qui applaudissent au déversement de haine des féministes extrémistes, lesquelles voudraient castrer tous les mâles et criminaliser la séduction, font très exactement le jeu des fondamentalistes islamistes.

Lesquels ne conçoivent la femme que voilée, soumise et docile. Ou bien à l’inverse les considèrent comme des putes (des « courtisanes ») tout juste bonnes à être utilisées, ou bien sauvagement violées puis lapidées.

Pas étonnant qu’on ait utilisé ce terme insultant de « porc » pour désigner tout mâle qui oserait s’engager dans une drague appuyée, et qu’on qualifie aussitôt de « harceleur ». Sans même prendre le temps de vérifier si l’intéressé avait dépassé ou non les limites imposées par le Droit, ou simplement le respect d’autrui et de son libre arbitre.

Le porc est dans l’Islam, surtout dans l’Islam radical, le symbole par excellence de qui est haram, illicite, interdit, péché. Mais aussi répugnant, abject, immonde. Qui rabaisse l’homme au rang d’animal vivant dans le stupre et les excréments.

« Fils de porc ! » est pour tous les mômes des banlieues gavés de culture du bled, l’insulte par excellence. Là ou « Hijo de puta! » constitue le camouflet majeur dans les pays latinos bercés de catholicisme et de culte des madones.

Faire de tous les hommes des porcs, c’est donc de facto les déclarer haram !

Comme les femmes qui se prêtent à ce jeu sont nécessairement des « putes ».

Pas étonnant de voir monter au créneau des pasionarias de la cause féministe parmi les plus hystériques, comme Clémentine Autain, qui c’est à vrai a subi un viol dans sa jeunesse. Mais qui va jusqu’à renier ses engagements sur la laïcité en manifestant aux côtés des pires salafistes ennemis des femmes et de la République…

Cette récupération inconsciente des symboles islamiques sinon islamistes en dit long sur le degré de confusion et de dérèglement psychique de ces femmes phobiques du genre masculin.

Le mâle est pour elles forcément un animal. Les testicules une erreur de la nature. La testostérone une drogue dure à pénaliser. Et l’expression de tout désir d’un homme envers une femme est forcément sale, violent, insupportable.

Nul besoin d’épiloguer pour comprendre qu’il y a là un évident dérèglement de la libido et une hystérisation au sens le plus clinique et le plus étymologique.

Et ces furies, souvent lesbiennes militantes ou en tout cas misandres au plus haut point, ont érigé cette phobie vengeresse en idéologie et en combat imposé à toutes les femmes.

Que certains se déclarent consentantes, et elles sont aussitôt assimilées à des putains ou à des complices du crime.

Le plus triste c’est que ce sont souvent les plus promptes à monter au créneau pour défendre la laïcité et dénoncer les tentatives des extrémistes à kidnapper nos lois républicaines pour les plier à leur vision de la charia, qui sont aussi les premières à en rajouter dix couches dans l’outrance et cette violence féministe.

Que celles-ci soient épaulées par tous les chantres du djihadisme athéiste, si prompts à incendier la moindre crèche, à arracher leur voile aux femmes qui l’arborent dans la rue, ou à interdire toute déclaration publique de la part de dignitaires religieux au nom d’une mauvaise interprétation de la laïcité, quel comble !

Si l’on pense que j’exagère, qu’on songe à cette abominable initiative des Femen il y a deux ans à peine sur la Place Saint-Pierre de Rome. Lesquelles n’ont rien trouvé de mieux que de s’enfoncer des crucifix dans le vagin en mimant une scène du film L’Exorciste. Tout ça pour soi-disant protester contre une intervention du pape à la tribune des Nations Unies !

Quel rapport avec la cause des femmes me direz-vous ? Aucune !

Sauf que dans l’inconscient collectif le satanisme, la sorcellerie, qui a fait l’objet au Moyen-Âge de beaucoup de fantasmes de la part d’une cléricature hantée par le sexe et une misogynie outrancière, a toujours associé une violence débridée à l’égard des cultes chrétiens et des représentants de l’Eglise avec la mise en scène baroque des pulsions sexuelles les plus débridées de femmes aussitôt qualifiées de « possédées ».

Cherchez l’erreur…

Il est temps de se ressaisir.

Au risque sinon de perdre totalement le sens de la juste mesure et notre capacité de discernement.

Et de faire ressembler cette croisade pour le droit des femmes à être respectées à une Internationale du terrorisme.

La culture et l’esprit français valent beaucoup mieux que cela.

Les femmes y ont toujours eu la part belle.

Sachons donc bannir des usages communs la facilité, le chantage ou la vulgarité des harceleurs.

Mais gardons ce qui fait le sel des relations harmonieuses entre les sexes : la séduction, l’amour des coquetteries et afféteries qui bousculent un peu la pudeur et les bonnes manières. Tout ce qui pimente un quotidien trop morne ou trop sévère. Y compris sur le lieu de travail. Du moins tant que le pouvoir des uns ne justifie pas qu’ils forcent les autres à céder à leurs odieux chantages.

Si l’on s’y refuse, on se retrouvera dans quelques années dans une société totalement codifiée et aseptisée. Où le sexe sera considéré non plus comme un péché véniel mais comme un crime pénal. Et où hommes et femmes n’auront plus jamais le droit de se toucher, de se côtoyer, par crainte d’éveiller des désirs coupables.

Une folie absolue ouvrant du coup la brèche à toutes les sauvageries et perversions décompensatoires.

Ceux qui en doutent feraient bien de regarder du côté de Daesh.

Ou de relire 1984

Winston Smith et Julia, couple maudit condamné à mort pour « crime de sexe » dans le film 1984

Pourquoi le couple Macron est éminemment pathologique et pourquoi on devrait s’en inquiéter

Quand je vois à quel rythme délirant se multiplient les offuscations dans la presse et sur les réseaux sociaux à propos des saillies ironiques et des interrogations sur la différence d’âge entre le nouveau président élu et son épouse, j’en viens à craindre que mes tentatives pour redresser des perspectives soient totalement vouées à l’échec.

La religion maçonnique égalitariste dont Macron est l’apothéose a fait tellement de dégâts dans les consciences qu’on est en arrivé à un degré de confusion qui pourrait être irréversible.

Aujourd’hui on est tellement persuadé qu’un homme = une femme, que tout se vaut, que toutes les différences n’ont pas de sens, qu’on en vient à ne plus rien comprendre à ces différences qui sont pourtant le moteur des relations humaines.

Le politiquement correct pressé d’abolir toute polémique mettant en cause les dogmes égalitaires transforme chaque esprit un peu fragile en commissaire zélé prompt à traquer tout propos jugé vexatoire, offensant et donc jugé coupable parce que supposé « sexiste », « misogyne » ou autre.

Certains voudraient même voir dans le couple Macron composé d’un bon élève des grandes écoles de la République propulsé au sommet du pouvoir par ses mentors et d’une prof de lycée passablement pédophile devenue épouse-mère le comble de la modernité !

Et fustigent ceux qui au contraire ironisent ou simplement s’émeuvent qu’on ne puisse voir dans cette différence d’âge autre chose qu’une coquetterie tendance.

On en appelle même aux droits LGBT pour faire taire toute critique en prétendant que chicaner la nouvelle Première Dame sur son âge canonique reviendrait à s’attaquer aux principes intouchables du Mariage pour tous.

Dans cette frénésie d’amalgame et de lessivage identitaire, on confond notamment l’égalité « de droit » et l’IDENTICITE.

On sent poindre constamment dans les discours de Macron cette confusion qui consiste à passer du souci égalitaire à la langue de bois égalitariste, puis à l’indifférenciation confusionnelle. Ce piètre orateur n’a de cesse de souligner à chaque phrase « les femmes et les hommes« , « celles et ceux« , en prenant soin de diluer toute aspérité du discours dans une bienveillante androgynie castratrice, non-violente, soumise et ultra politiquement correcte.

Pourtant à l’évidence si les hommes et les femmes sont et doivent demeurer égaux en droit, ils ne sont absolument pas identiques. La différence des sexes – qui est distincte des différences de genres – est même l’archétype de la différence.

Même si on voudrait les gommer par excès de zèle égalitaire et à cause d’une phobie féministe de la discrimination, et même si les rôles et les identités évoluent heureusement, hommes et femmes ne seront jamais totalement identiques. Du moins tant que deux hommes ne pourront pas faire un enfant ensemble et que le cerveau des hommes et des femmes obéira à des déterminismes biologiques par certains aspects radicalement opposés.

Ainsi on voudrait nous faire croire qu’être en couple avec une femme serait exactement pareil qu’être en couple avec un homme. Que les unions homos et hétérosexuelles non seulement doivent bénéficier de droits égaux mais qu’elles sont équivalentes. Au risque de tomber dans le déni de réalité.

Or les unions de même sexe ne sont pas équivalentes et n’ont pas le même sens que les unions hétérosexuelles. Ce que le fourre-tout du Mariage pour tous a totalement ignoré dans son empressement égalitariste.

Non que les unes soient inférieures aux autres : elles sont simplement différentes et ne renvoient pas aux mêmes valeurs ni aux mêmes référents culturels, fondateurs dans les sociétés. Ignorer cela c’est ne rien comprendre aux réalités recouvertes sous ce concept bancal d’homosexualité. Et passer à côté des trésors humains et spirituels qu’elles renferment. [i]

De même, la différence d’âge est évidemment fondatrice de la relation, au plan symbolique et psychologique autant que social ou anthropologique. Quand les conjoints ont un écart d’âge suffisant, elle renvoie aux valeurs de filiation, de parentalité, de transmission entre les générations.

Or la relation entre un homme plus âgé et une femme plus jeune n’est pas équivalente à celle d’un jeune homme avec une femme en âge d’être sa mère.

Qu’une femme mariée soit ménopausée n’a en soit aucune importance. Et le fait de l’être n’empêche évidemment pas une femme d’aimer et d’avoir une sexualité épanouie même si elle ne peut plus avoir d’enfant. C’est dans l’ordre symbolique que cela a du sens. Surtout quand elle est mariée à un homme en âge d’être son fils.

Pas besoin d’avoir lu tout Freud pour comprendre qu’un lien affectif prolongé avec une mère-amante traduit pour un jeune homme un Œdipe contrarié et des troubles affectifs évidents.

Les relations mère-enfant au sein d’un couple ne sont en soit ni exceptionnelles ni pathologiques. On en trouve même des traces dans la Bible ou le Coran : Khadija, la première femme du prophète Mahomet, était de loin son aînée. C’est même elle selon certaines interprétations de la sunna qui l’aurait initié aux textes sacrés en plus d’avoir été l’interprète de ses révélations.

Dans toutes les traditions la femme a toujours plus ou moins tenu pour son époux le rôle d’interprète des signes, de pont vers l’Inconscient, voire le Divin. Mais si elle peut être utile et féconde, une relation maternante entre un homme et une femme plus âgée n’est pas faite pour durer.

Tout comme les relations homosexuelles entre un jeune homme et un homme mûr ont évidemment un caractère initiatique (et donc passager), vécu aujourd’hui sous la forme d’un paternage conjugal.

Les repères parentaux s’étant dilués et les rites de passage à l’âge adulte ayant disparu dans nos sociétés il est tout à fait compréhensible de voir aujourd’hui se multiplier des couples entre un jeune homme à peine sorti de l’adolescence et un « daddy » plus âgé qui joue le rôle de père de substitution. Mais ces derniers savent pertinemment que ces relations ne sont pas faites pour s’éterniser, à moins de se cristalliser sous la forme d’une « symbiose » où toute évolution personnelle est gelée au risque sinon de mettre en péril l’équilibre du couple.

Sans même évoquer l’homosexualité non assumée d’Emmanuel Macron et sa relation cachée avec Matthieu Gallet, le simple fait d’avoir épousé sa prof de français rencontrée à l’âge de 15 ans témoigne d’un déséquilibre psychique profond. Et d’un rapport à l’autorité particulièrement biaisé. Que l’on sent poindre chez le jeune président dans ses accès de fureur contenus chaque fois qu’un détracteur entrave son désir narcissique de reconnaissance et son aspiration à être adulé comme le fils chéri épris de perfection qui cherche à plaire à sa mère.

Ironiser sur ce couple n’est donc pas grave. Se poser des questions à quelques jours de l’investiture de l’Enfant-roi me semble en revanche essentiel.


[i] Pour plus de détail sur le sujet, voir mon blog : https://sautdelange.wordpress.com