Laïcité, Islam, République sont-ils vraiment incompatibles ?

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30 ans après l’affaire de Creil, on s’affronte toujours aujourd’hui pour savoir s’il faut ou non interdire le voile dans l’espace public. Certains en appellent au Président pour l’inciter à faire barrage à ce qu’ils interprètent comme « la haine du musulman ».

On en oublierait presque que la France vient de connaître un attentat d’un genre nouveau : un agent de la Préfecture de Police de Paris connu comme radicalisé et qui assassine 4 de ses collègues de bureau. Plus on se crispe sur des sujets secondaires, plus on perd de vue l’essentiel : le danger réel et insidieux que représente le fanatisme musulman quand il s’insère au cœur de la République.

Il faut être cohérent. La loi de 2010 avait établi une interdiction du voile à l’école comme un modus vivendi après des débats houleux. Il s’agissait alors de protéger les enfants contre une volonté des parents de leur imposer le voile et d’empêcher que ne s’instaure une différence de statut au milieu des cours de récré.

La loi de 2010 n’est pas l’Alpha et l’Omega de l’application du principe de laïcité.

Ce qu’il faut comprendre c’est que nous sommes dans une situation comparable à celle de 1905. A l’époque il s’agissait pour un état délibérément anticlérical, athée et scientiste d’interdire à la religion catholique d’imposer ses vues sur la société, et de limiter le pouvoir des institutions religieuses.

Aujourd’hui nous sommes dans une situation comparable quoique très différente où une religion d’importation extérieure – l’Islam – tente par la voix de sa frange la plus radicale, le salafisme, d’imposer ses règles en contestant la légitimité du droit républicain.

Le port du foulard ne présente a priori pas de risque pour la sécurité publique et peut être vu comme compatible avec les principes républicains. Sauf qu’il est le symbole d’un combat mené par l’Islam radical pour l’imposer à toutes les femmes, en faire l’étendard d’une appartenance à l’Islam malgré ou contre les limites imposées par la République, et finalement d’une volonté de substituer la charia au Droit civil.

L’interdiction du voile dans tout espace public qui relève de l’autorité de la République (école, assemblée d’élus, mairie, administration, hôpital, etc…) aurait le mérite de clarifier les choses. La République c’est la République. La loi républicaine s’applique à tous et aucun principe, aucune religion ne peut prétendre subordonner les principes ni le Droit républicain.

Ce qui pose problème avec l’application du principe de laïcité actuellement c’est qu’elle crée des zones d’ambiguïté, d’interprétations contradictoires où la stratégie des salafistes peut enfoncer des coins. Nous sommes prisonniers d’un relativisme qui voudrait accommoder des revendications incompatibles alors que nous faisons face à un radicalisme qui se nourrit de nos faiblesses.

Les pères de la laïcité telle qu’elle est inscrite dans l’esprit de la loi de 1905 étaient très radicaux et n’en avait pas honte. Aujourd’hui nous avons honte de nos valeurs. Nous n’osons pas nommer une religion sectaire et hostile, le salafisme, parce que nous avons peur de stigmatiser tous ceux qui se reconnaissent dans les autres composantes de l’Islam. Nous avons peur de heurter tous les musulmans, de faillir à notre aspiration idéaliste à la liberté pour tous, de manquer notre objectif d’intégration. Nous rêvons d’une République fantasmatique qui n’existe pas, où tous les hommes seraient libres, égaux et frères, où n’existerait aucune concurrence et aucune violence, où l’affirmation de sa différence ne souffrirait aucun obstacle ni aucune limite. Mais cet idéal n’existe pas. La République n’est pas une chose inamovible dont il suffirait d’entretenir la flamme. Elle est sans cesse à conquérir, à défendre, à inventer.

Si nous voulons vraiment rester fidèles à nos principes, et si nous voulons permettre aux musulmans d’être pleinement reconnus et acceptés dans la société, il faut clarifier nos positions, réaffirmer nos valeurs, nos principes sans se contenter de les scander, en préciser le menu détail, la logique, les conséquences pour chacun. Il faut avoir le courage de trancher, ce dont nos dirigeants sont incapables. De montrer que c’est l’engagement commun autour d’un socle de valeurs qui fait la force, la cohérence et la vitalité d’une nation.

L’enjeu aujourd’hui n’est pas de nos diviser sur des micro-sujets mais de regarder ensemble vers le haut. De nous interroger sur ce qui est le plus important pour nous : faire corps ou revendiquer des particularismes au risque de faire le jeu des forces de division. La République n’est pas un libre-service où l’on pourrait égoïstement se servir sans jamais s’engager au nom de l’intérêt général.

Il ne s’agit pas de choisir entre une religion ou la France, comme certains apôtres de la guerre des civilisations nous le serinent. Mais de reconnaître qu’en matière de loi il n’y a pas d’autorité supérieure à celle du Droit républicain, qu’une religion de peut pas prétendre s’affranchir des règles communes ou en imposer d’autres. Ceci ne limite en rien la liberté de conscience ni la liberté de culte. Ceci en revanche fonde l’attachement au principe de l’Etat de Droit.

C’est tout l’enjeu d’un Islam de France qui n’existe pas encore que d’inventer des modalités pour vivre sa foi en tant que musulman tout en adhérant pleinement au principe de l’Etat de Droit. De reconnaître que la transcendance des principes républicains inscrit dans le Droit passe avant la reconnaissance de toute Transcendance, notamment quand une religion qui la vénère entend fonder toute juridiction sur les règles établies par la tradition qui s’y réfère.

Ce n’est pas un pari facile. Car cette notion d’Etat de Droit, née en Occident, n’a aucun équivalent pour l’Islam. Toutes les sociétés islamiques ont toujours fondé leurs principes juridictionnels sur une interprétation plus ou moins rigoureuse de la loi coranique et l’appartenance à la nation fondée sur la notion de communauté musulmane (Oumma).

La confrontation entre la logique islamique et la logique républicaine force les musulmans à une mue éthique et identitaire. Et l’incapacité à gérer ce changement nourrit les crispations.

Malgré l’essor d’un esprit réformateur porté par des brillants esprits, philosophes ou scientifiques, durant ce que l’on a coutume de nommer « l’Age d’or de l’Islam », aucun peuple de l’Islam n’a connu de bouleversement historique comparable au siècle des Lumières et à l’avènement de la démocratie comme en Occident. Cette transformation est encore à venir mais tarde à se réaliser. Car confronté au choc de la modernité, à l’hégémonisme des puissances occidentales, à la colonisation et à la faillite de l’idéal du modernisme panarabique, l’Islam s’est peu à peu enfermé dans une crise identitaire et une rancœur contre l’Occident, dont les révolutions islamiques sont la conséquence.

En France, la mauvaise conscience post-coloniale, la morale tiers-mondiste et l’attachement au sort des minorités nourrissent l’embarras contemporain à propos de l’Islam et perturbent la lecture des vrais enjeux. Du pain béni pour ceux qui rêvent de récupérer le ressentiment des musulmans et ressouder les liens communautaires au bénéfice d’un Islam sécessionniste et conquérant.

C’est bien là le défi actuel : faire en sorte que l’Islam ne devienne pas un motif de soupçon ou de sécession. Que la tentation du repli communautaire, de la concurrence victimaire et du ressentiment ne vienne pas fracturer la société. Que l’appartenance active à la République soit unanimement comprise comme la meilleure chance pour chacun. Et que chacun nourrisse l’aspiration à fonder son identité sur le simple fait d’être un homme ou une femme, à l’égal de l’autre, tourné vers l’autre, et non sur la simple revendication d’un particularisme qui en serait le creuset.

La loi de 1905 n’a pas évacué l’aspiration spirituelle de l’homme vers une transcendance. Elle n’a pas non plus interdit que celle-ci s’exprime sous une forme religieuse. En revanche elle a sans doute contribué à favoriser l’expression de cette aspiration sous la forme d’un retour vers l’intériorité. Ce dont l’Etat laïc, qui n’est aucunement totalitaire mais facteur de liberté, est le garant quand il affirme que toute croyance religieuse relève de la sphère privée, intime, et n’a pas à imposer sa logique à toute la société.

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Recherche radicalisé, désespérément

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Le problème avec ce concept de « radicalisation », c’est qu’elle ne devient évidente que quand elle nous explose à la figure.

La difficulté à lister les signes de radicalisation en est la preuve : il n’existe pas de signes objectifs qui permettent de s’assurer de la « radicalisation » d’un suspect.

Pour la bonne et simple raison qu’il n’existe pas de frontière étanche entre « l’Islam » et « l’islamisme ».

L’islamisme n’est qu’un concept qui englobe des pratiques jugées plus fondamentalistes que d’autres, une façon de rejeter dans l’opprobre ce qui aux yeux de certains s’écarte d’une vision « orthodoxe » ou « acceptable » de l’islam.

En d’autres termes et même s’il n’est pas politiquement correct de l’affirmer, ce qu’on nomme ici « islamisme » fait partie de l’Islam.

Le rejet d’une frange plus radicale ou violente de l’Islam par certains musulmans partisans d’un Islam « pur » n’est qu’un trompe-l’œil.

Prétendre qu’il existerait une frontière étanche entre un Islam authentique et un Islam perverti est au mieux une illusion, au pire un mensonge.

Il n’existe pas de mosquées estampillées « salafistes » avec une plaque à l’entrée. Les organisations musulmanes présentes en France et qui sont rattachées à la Confrérie des Frères Musulmans ne sont jamais déclarées comme telles. Il n’y a pas non plus de pancarte à l’entrée de certains quartiers : « Attention, vous entrez en territoire salafiste. »

De même on n’entre pas en « radicalisation » en portant un brassard comme on adhère à un parti.

Tout est affaire de point de vue. Tout est relatif. Tout est sujet à interprétation.

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C’est donc à l’autorité publique que revient l’impérieuse responsabilité de fixer la limite.

D’autant que le débat qui s’ouvre actuellement quant à la nécessité d’identifier les signes de radicalisation se heurte rapidement à une impasse.

En effet, déclarer que se mettre à porter la barbe ou la djellaba peut constituer un signe de radicalisation relève autant d’une réalité que de l’arbitraire. Le simple fait d’aborder le sujet soulève déjà de la part de certains musulmans des crispations et la crainte de se voir stigmatiser.

Il n’existe pas de « panoplie » du parfait radicalisé. Tout se joue dans les esprits. Et les signes d’une évolution vers une forme plus radicale d’Islam sont à chercher dans les comportements.

Toute la difficulté dans une démocratie comme la nôtre est de repérer des comportements qui témoignent d’un engagement vers une forme de religiosité pouvant présenter d’objectifs dangers pour l’ordre public.

Toute la force des fondamentalistes est de pouvoir avancer patiemment leurs pions dans cette zone opaque, en tentant de repousser les limites sans faire obstacle au droit.

Car le droit s’intéresse aux faits, pas aux intentions ni à ce qu’il y a dans les têtes.

On ne combat pas une idéologie en s’attaquant aux apparences. On la combat en s’attaquant au fond.

On peut interdire d’arborer en public un costume SS ou des croix gammées car ce sont des symboles évidents du régime nazi. Mais à partir de quelle taille de barbe peut-on supposer qu’un individu adhère à l’idéologie salafiste ?

La grande faute de notre démocratie c’est de s’être engagée avec détermination après les attentats de 2015 sur le front de la lutte anti-terroriste, mais d’avoir renoncé à engager les moyens nécessaires pour traiter le problème de l’islamisme. Par peur de diviser et de braquer les susceptibilités musulmanes. Par électoralisme. Par complaisance envers des alliés économiques soutenant le fondamentalisme ou le terrorisme, comme le Qatar ou l’Arabie Saoudite. Par crainte de s’aventurer sur le terrain miné de la religion.

Or si l’on veut s’attaquer vraiment au problème du fondamentalisme il faut s’en donner les moyens. Identifier clairement les imams et les « influenceurs » qui répandent cette idéologie, les expulser ou les emprisonner. Fermer sans plus attendre les mosquées salafistes. Dissoudre l’association Musulmans de France (ex UOIF) et tout organisme affilié de près ou de loin aux Frères Musulmans. Interdire tout financement étranger d’organismes cultuels, caritatifs ou éducatifs musulmans. Tracer les ressources de ces organismes afin d’éviter que des financements étrangers ne transitent par des organismes établis en France. Autoriser la pratique du culte uniquement encadrée par des imams de nationalité française, formés en France et prêchant en français.

Les associations supposément représentatives du culte musulman doivent être dissoutes et remplacées par un Consistoire du culte musulman établi sur la base d’une charte. Celle-ci devra être signée par tout organisme membre du Consistoire. Aucun organisme cultuel se sera autorisé s’il n’en est pas membre.

La Charte rappellera les principes républicains qui fondent l’exercice de tout culte religieux en France : liberté de conscience et de culte, laïcité, respect du Droit, de l’autorité publique, du droit des femmes, respect des minorités…

Elle obligera chaque signataire à reconnaître la prééminence du Droit républicain sur tout autre juridiction. Comme à s’engager à dénoncer toute action contraire à l’ordre public.

Quant à la présomption de radicalisation pour tout fonctionnaire de l’Etat, celle-ci doit faire l’objet d’un signalement immédiat, d’une enquête et d’un fichage par les services de renseignements assorti d’une mention spécifique au casier judiciaire rendant impossible tout exercice d’un emploi sensible dans le public ou le privé. Et bien-sûr d’une expulsion immédiate de l’intéressé du service concerné.

En outre si l’on veut venir à bout du fondamentalisme musulman il faut se doter de tout l’arsenal législatif nécessaire.

La question de la déchéance de nationalité pour les binationaux coupables ou complices d’actes terroristes ne doit plus être évitée. Elle doit s’imposer comme une évidence et comme un symbole fort qui marque la limite au-delà de laquelle on s’exclue soi-même de l’appartenance à la communauté républicaine.

Toute personne reconnue pour son appartenance ou son soutien à des organismes à caractère terroriste ou dont l’action est susceptible de menacer l’ordre public doivent être déchue du droit de vote, du droit de se présenter à des élections, du droit à percevoir toute prestation sociale : Assedic, retraite, Sécurité Sociale, prestations familiales, aide au logement…

L’objectif doit être de rendre quasiment impossible pour une personne résolue à s’engager sur la voie djihadiste de vivre normalement sur le territoire français. A moins d’être soutenue financièrement par les organismes dont elle dépend, ce qui facilite la traçabilité des financements et la surveillance des réseaux.

Le communautarisme étant le berceau de l’islamisme, aucune liste électorale se revendiquant comme musulmane ou représentative d’une communauté ne peut être admise à quelque scrutin que ce soit. L’existence de telles listes est elle-même contraire aux principes de notre République. En outre l’idée qu’une religion puisse faire avancer ses idées par de telles voies heurte frontalement le principe de laïcité.

Concernant le port de signes religieux ostentatoires dans l’espace public qui posent problème parce qu’il se réfèrent à une forme d’Islam radical, il est temps de faire preuve de résolution et de fermeté. Notamment en ce qui concerne les vêtements qui représentent une forme d’asservissement de la femme et ne constituent pas une prescription coranique. En toute logique seul le port du hijab (simple voile) peut être toléré, à l’exclusion de tout lieu public placé sous l’autorité de la République : école, mairie, hôpital, administration… Le hiqab, la burqa, le tchador et leurs dérivés (burqini…) doivent être partout proscrits. Aucune tolérance ne peut plus être permise à ce sujet. Ceux qui les défendent doivent être pénalisés.

La prévention de la radicalisation chez les jeunes doit être envisagée dès le plus jeune âge. Des cours d’éducation civique obligatoires doivent être dispensés dans toutes les écoles, publiques ou privées, sur le territoire national. Ils doivent être animés par des professeurs laïcs et comprendre une initiation aux valeurs et principes de la République, aux règles de comportement en société, ainsi que des notions objectives sur l’histoire des grandes religions. Ils doivent veiller à stimuler l’esprit critique, l’exercice du libre arbitre, le respect d’autrui et l’engagement pour le bien commun.

Cette prévention devra aussi s’appliquer à identifier très en amont les populations les plus perméables au danger de radicalisation.

Dans un contexte d’accroissement prévisible de la pression migratoire, les pouvoirs publics doivent veiller, en concertation avec nos partenaires européens, à exercer une attention particulière au sort des migrants. Car ceux-ci figurent parmi les plus fragiles et les plus exposés aux risques de récupération par des réseaux très marqués idéologiquement.

L’Etat doit donc s’impliquer bien plus qu’il ne le fait dans l’encadrement et l’assistance aux migrants. Non seulement pour leur assurer des conditions de vie décentes, mais aussi pour éviter qu’ils ne soient livrés à des associations humanitaires présentant parfois d’objectifs dangers d’endoctrinement idéologique.

Enfin l’Etat doit mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour éviter que ne perdurent dans certaines banlieues des territoires de non-droit où l’autorité publique n’est plus respectée. Territoires où la criminalité se développe, où la sécurité des habitants n’est plus assurée, mais aussi où la charia s’impose parfois contre les lois républicaines. Cet objectif doit être poursuivi au nom de la liberté et de la vérité, et non d’une simple volonté sécuritaire.

Zemmour, l’Islam et la République

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Éric Zemmour a été condamné le 17 septembre 2019 à 3000€ d’amende pour provocation à la haine religieuse, après des propos tenus en 2016 dans l’émission « C à vous ».

On connaît le goût de l’intéressé pour la polémique.

Mais à y regarder de plus près, si ces propos relèvent de la provocation politique et s’apparentent à la rhétorique classique de l’extrême droite, ils ne constituent pas à proprement parler une « provocation à la haine » ni une exhortation dirigée contre les musulmans.

S’ils paraissent offensants aux yeux de certains, c’est parce qu’ils pourfendent le petit confort intellectuel commun, qui par souci d’être politiquement correct s’affranchit de dénoncer les dangers de l’islamisme, et au nom de la « tolérance » préfère s’abîmer dans la complaisance.

Les propos d’Éric Zemmour torpillent les réflexes de peur et les non-dits dictés par la mauvaise conscience. Ces réflexes qui poussent souvent les bonnes âmes à éviter les sujets qui dérangent pour ne pas heurter la sensibilité des minorités.

Dire qu’il faut donner aux musulmans « le choix entre l’islam et la France », cela peut sembler abrupt.

En vérité la provocation vise à dénoncer une ambiguïté, coupablement entretenue par les politiques soucieux d’électoralisme d’un côté, et par les religieux et certains intellectuels soucieux de défendre les minorités stigmatisées de l’autre.

Il y a un moment où les choses doivent être pour de bon clarifiées, et un choix doit être posé : entre l’appartenance à la République et le fait que dans un pays laïc toute religion doit se soumettre à ses lois, et la volonté de voir certains préceptes religieux primer sur les lois civiles.

Et il y a un moment où il faut avoir le courage de trancher. Au risque de nourrir des tensions, des réflexes victimaires, et la violence en retour.

Et c’est aux musulmans eux-mêmes de faire acte de clarification.

Quand Zemmour affirme qu’il y a en France une « lutte pour islamiser un territoire », « un djihad », il exagère sans doute. Mais il serait malhonnête d’affirmer que c’est totalement faux.

Il existe en effet une stratégie propre à certains islamistes, parfois clairement revendiquée, qui consiste à vouloir faire reculer les lois de la République et leur substituer peu à peu celles de la charia. Le but ultime étant que la France devienne un pays musulman. C’est la définition même du djihad.

Il serait faux d’affirmer que tous les musulmans s’inscrivent dans cette perspective. Et mènent un combat visant à saborder les lois de la République.

Il faut aussi reconnaître que toutes les religions ne se ressemblent pas, et n’ont pas la même vision du monde, la même histoire ni le même dessein universaliste.

Or que ça plaise ou non, le désir de conquête – spirituelle autant que territoriale – et l’absence de notion d’Etat de Droit comme en Occident, au bénéficie d’une conception théocratique de l’Etat, font partie de l’ADN de l’Islam depuis ses origines.

Certains musulmans parmi les plus pratiquants peuvent donc, à un degré ou à un autre, ressentir d’objectifs tiraillements sinon contradictions entre leur foi, leur obéissance à Dieu et aux préceptes du Coran, et leur sentiment d’appartenance à la nation française en tant que citoyens à part entière.

Les désigner du doigt ne peut qu’exacerber leur inconfort. En appeler à leur sens civique, à leur responsabilité, et à un devoir collectif de clarification, est en revanche une attitude saine et salutaire.

Il ne s’agit pas de défendre Éric Zemmour. Mais plutôt de s’interroger sur cette propension maladive de notre société à ériger des repoussoirs pour s’exonérer de penser.

Repoussoir de l’Islam radical et du djihadisme d’un côté, lesquels n’auraient aucun rapport avec l’Islam authentique. Repoussoir du racisme et de l’islamophobie de l’autre, qui renvoient dans les ténèbres de la « peur de l’autre » et de la « haine » tout discours qui prétend s’opposer à l’aspiration juste d’une minorité à voir ses particularismes s’exprimer.

Dans un cas on s’affranchit de toute tentation de déroger au sacro-saint principe de laïcité. De l’autre on échappe à l’accusation de faire le jeu d’un ethnocentrisme pétri de colonialisme, d’une tendance à vouloir tout niveler contraire au beau mythe d’une France inclusive, plurielle et égalitaire, ou de désigner une minorité comme bouc émissaire.

Notre société est malade de ses contradictions. De sa culpabilité. Et de sa tendance à préférer ses illusions au face-à-face avec la réalité.

Cette culpabilité et la mauvaise conscience qui la nourrit rongent son libre arbitre. Au point de lui interdire toute capacité de jugement. Et de fermer tout espace de parole qui lui permettrait de poser des limites claires à l’exercice de son cher « vivre ensemble ».

Pour sortir de cet écueil et éviter de multiplier les repoussoirs type Zemmour, il faut déconnecter toute réflexion sur l’Islam de tout amalgame avec la suspicion de racisme.

Et pour cela traiter le problème du racisme et toute forme de rejet de l’autre avec l’attirail juridique nécessaire. Et aborder la question de l’Islam non sous l’angle de la religion opposée à la République selon le principe de laïcité (laquelle n’existe pas au sein de l’Islam), mais sous l’angle des valeurs qui font socle commun.

Il faut surtout veiller à ne pas se laisser prendre dans les pièges tendus par les islamistes. Ceux-là utilisent nos propres contradictions et le manque de foi en nos propres valeurs pour semer le doute, nourrir la culpabilité et la mauvaise conscience dans les esprits. En entretenant l’idée fausse que tout attachement aux principes républicains et à la loi française qui se heurterait à leur volonté d’imposer leurs propres lois constituerait une forme de stigmatisation, d’islamophobie, de racisme, de rejet des particularismes culturels ou religieux. Et donc de l’Islam et des musulmans eux-mêmes.

Les musulmans sont les premiers pris en otages dans cette rhétorique mensongère qui vise à opposer et diviser. Et empêcher tout libre arbitre et tout libre choix.

Le premier mensonge est celui de l’existence d’une « communauté musulmane » en France. Il ne s’agit pas seulement de lutter contre une supposée revendication communautariste. Laquelle serait contraire avec notre conception de la nation républicaine.

Car on ne peut parler de « communauté musulmane » sans faire référence à la notion d’Oumma. La communauté des croyants, définie dans le Coran comme clairement distincte des « infidèles ». Distinction essentielle puisqu’elle confère aux premiers un statut supérieur, et impose aux autres vivant en terre d’Islam des règles strictes et des droits restreints.

Réalité totalement contraire à l’article premier de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, qui établit une liberté et une égalité parfaite des hommes face au Droit dès la naissance.

Cette notion de « communauté musulmane » est donc implicitement contraire aux valeurs de notre République. Elle est par ailleurs démentie par les faits : il n’y a pas en France de « communauté musulmane » monolithique. Pour la bonne et simple raison qu’il existe toute une panoplie de composantes hétérogènes, entre des Français musulmans pratiquants et d’autres originaire d’un pays musulman mais n’ayant aucune pratique religieuse. De même qu’il existe en France plusieurs islams issus de différentes obédiences souvent concurrents les uns aux autres. La difficulté à voir se constituer des institutions représentatives d’un « l’Islam de France », reconnues par tous et aptes à parler au nom de tous les musulmans, en est la preuve.

Le seul périmètre éthique et juridique légitime ne peut être que celui de la République.

On a donc toujours raison de rappeler avec fermeté quels discours, quelles pratiques ou comportements s’inscrivent dans les lois de la République, et ceux qui y dérogent ou les menacent.

Zemmour a raison de parler de « choix ». Si nous étions définis par nos seules appartenances ethniques, religieuses ou autre, il n’y aurait aucune liberté possible. Nous serions les esclaves d’un régime ou d’une pensée totalitaire. Ce que l’Islam radical est manifestement, quand il prétend tout soumettre au filtre de la religion.

L’erreur de Zemmour est de présenter ce choix comme un choix radical et binaire entre la République et l’Islam. Et implicitement entre deux communautés : la communauté des croyants et la communauté des citoyens.

En posant ainsi le débat, il fait évidemment le jeu des islamistes et de leur rhétorique de division. Laquelle voudrait laisser croire qu’on ne peut être un vrai musulman si l’on se conforme à certaines lois républicaines au détriment de la charia.

Il ne s’agit pas de choisir entre l’Islam et la France. Mais de reconnaître qu’il y a une hiérarchie de valeurs qui s’applique à tous les citoyens français. Laquelle interdit de subordonner les lois républicaines à quelque religion que ce soit.

Entre la nécessité de garantir la liberté de culte et celle de lutter contre des formes violentes de fondamentalisme, toute la difficulté est de gérer l’entre-deux.

Comment poser des arbitrages qui fasse consensus et soit compris par le plus grand nombre ? Encore un piège où les islamistes excellent à brouiller les pistes. D’autant que les sujets sur lesquels ils avancent leurs pions, comme la question du burkini, obligent à poser la question du symbolique.

Le port d’un vêtement qui fait signe ne constitue pas a priori une forme d’agression violente, d’offensive manifeste du religieux envers la sphère civile.

Tout réside dans l’interprétation et le sens qu’on donne à ce choix. Conformité à un précepte religieux ? Volonté de fronder les lois de la République ? De signifier son appartenance à un groupe en se démarquant du reste de la société ? Souci de préserver sa pudeur ? Ou simplement désir d’exprimer sa différence ?

Assurément ce genre d’initiative constitue une provocation. D’autant plus sournoise qu’elle surfe sur les ambiguïtés du Droit et des principes républicains en en pervertissant le sens. Entre la défense des libertés individuelles, du statut des femmes, des minorités, voire les revendications féministes, ces femmes qui exhibent fièrement leur burkini et les imams qui les y poussent prennent à contre-courant discours et repères en enfermant leurs détracteurs dans le discours victimaire.

Le but est toujours le même : enfoncer des coins, tester les résistances et diviser l’opinion pour masquer les vrais enjeux.

Le problème de la France, ce dont elle est malade et qui permet aux régressions religiocentriques de prospérer, c’est qu’elle a érigé le républicanisme laïciste en absolu. Et interdit toute référence possible à quelque forme de spiritualité ou de Transcendance que ce soit.

Ce que les commentateurs perçoivent moins, c’est que tous ces stratagèmes pour exhiber son appartenance religieuse dans l’espace public profitent justement du vide créé par l’exercice de la laïcité pur occuper l’espace là où la République a choisi de se retirer : l’espace du symbolique et du Sens.

En un siècle qui voit l’aspiration spirituelle refleurir sur fond de crise du rationalisme, il n’est pas étonnant que la tentation théocratique refasse surface. Notamment pour des populations davantage en quête de verticalité et de Sens du fait de leur statut minoritaire ou de leur sentiment d’hétérogénéité sinon de stigmatisation.

En rejetant systématiquement la religion dans la sphère privée comme on pousse la poussière sous le tapi, en refusant d’aborder dans le débat public la question du religieux autrement que sous l’angle de la laïcité, la République annihile toute capacité pour les valeurs qui la fondent d’exercer leur pouvoir fédérateur et unificateur. Sinon sous l’angle du mythe.

La laïcité à la française s’est imposée « contre » la religion catholique. Depuis les prêtres réfractaires guillotinés durant la Terreur jusqu’à la Loi de 1905, la République a certes ouvert un espace à la liberté de conscience et de culte, mais elle a aussi imposé la Raison comme ultime Transcendance.

La stratégie des islamistes s’inscrit justement dans ce fossé. Elle se nourrit de cette absence de « Dieu », réduit au mieux à une croyance privée, au pire à un archaïsme désuet.

Il y a au tréfonds des consciences une forme de tiraillement entre la foi émancipatrice dans les idéaux humanistes et, face aux béances existentielles et aux injustices creusées par l’arrogance du Progrès, le sentiment que la vérité est ailleurs.

Dans le cas d’une religion minoritaire comme l’Islam, a fortiori quand les populations concernées se sentent stigmatisées, plus les discours sur la laïcité se durcissent, plus le risque est grand de voir des formes religieuses radicales resurgir comme le retour du refoulé.

La seule façon de sortir de ce piège, c’est de redécouvrir qu’il y a au cœur de l’idéal humaniste et républicain plus qu’une promesse d’émancipation, de justice et de liberté.

Et que le progrès collectif peut être conçu non seulement comme un mouvement horizontal mais vertical. Non seulement sous l’angle de la conquête de nouveaux droits, de nouveaux territoires, de nouvelles capacités et connaissance, mais aussi comme une évolution de la conscience vers la Conscience.

Mais aussi que cet Idéal a sans doute aujourd’hui beaucoup à offrir pour permettre à la conscience de l’humanité de s’affranchir des limites et déterminismes de la pensée religieuse. Sans pour autant décrédibiliser les apports spirituels et éthiques des différentes religions. Que l’esprit est un territoire neuf à explorer, non une collection linéaire d’archives.

Quick Charia, l’islamisme soft dans votre plateau repas

Mis en avant

Article mis en ligne sur Facebook le 3/8/2018: Corrigé le 4/8/2018.


Chers amis,

Je partage avec vous ce coup de gueule.

Ou plutôt cette réaction raisonnée et citoyenne face à ce que s’apparente à une nouvelle victoire du salafisme en France.

A la base une simple mésaventure.

Apparemment insignifiante. Presque dérisoire.

Pas de quoi fouetter un chat, affoler la Une des médias ou mobiliser la rue, me direz-vous.

Juste l’un de ces petits (ou gros) « détails ».

Petits mais symptomatiques d’une dérive, d’une lente évolution, d’un phénomène rampant et sournois souvent décrié et qui résiste aux tentatives d’apporter des solutions idoines.

Une évolution marquée par l’avancée progressive du salafisme et de l’extrémisme musulman en France.

Lesquels entendent ouvertement et sans complexes appliquer leur stratégie d’islamisation de la société française.

Notamment en enfonçant des coins dans les remparts d’une laïcité par ailleurs contestée et fragilisée.

Et en dénaturant avec une méthodique perversité et une rhétorique éprouvée les principes mêmes de notre République.

Certes on est loin des attentats de Charlie, du Bataclan ou de Nice.

Pourtant c’est l’un de ces petits grains de sable, qui ajoutés les uns aux autres viennent peu à peu gripper le fonctionnement de nos institutions, grignoter nos libertés fondamentales et saper les bases de notre démocratie.

Une démocratie bien menacée. Rongée de l’intérieur comme de l’extérieur par des modèles concurrents ou franchement hostiles.

Une situation qui risque à terme de mettre en péril les fondements de notre République et ses valeurs humanistes.

Et faire péricliter toute tentative de garantir les bases d’un vivre ensemble respectueux des écarts et des différences, mais attaché à faire corps, à faire peuple commun sinon Fraternité. Démarqué en tout cas des forces de dislocation centrifuges, des clivages identitaires, communautaires et des conflits mimétiques.

Une situation face à laquelle juges débordés, politiques pressés ou clientélistes, et intellectuels angoissés semblent incapables d’apporter des réponses justes, pérennes, aptes à corriger le tir. Sinon à déployer une Vision pour construire un avenir de paix et d’unité.

Un boulevard pour les pires écueils qui menacent à plus ou moins long terme notre identité, notre culture, nos valeurs et notre modèle républicain, si jalousement et chèrement défendus.

D’un côté celui d’une islamisation et d’une libanisation de la France. En marche objective et même accélérée. N’en déplaise aux partisans d’un relativisme coupable, à ceux qui craignent de renforcer la stigmatisation des musulmans en dénonçant ce danger, aux suiveurs et aboyeurs moutonniers incapables de raisonner par eux-mêmes. Et bien que l’instrumentalisation qui en est faite par l’extrême droite en brouille l’analyse et tende à discréditer toute dénonciation un peu ferme.

Et de l’autre la porte ouverte aux pires extrémismes xénophobes. Incarné par cette même extrême droite.

Sinon à une forme de totalitarisme musclée accédant au pouvoir par les voix démocratiques à la faveur de crises, une exaspération populaire sur fond de délitement moral, de perte des repères, de confusion hystérisée, conduisant à des sursauts réactifs des peuples face au sentiment de déliquescence généralisée. Comme à l’incapacité d’élites déconnectées, autistes ou cyniques à prendre en compte leurs difficultés et revendications.

On l’a vu tout récemment avec l’arrivée au pouvoir en Italie du front d’extrême droite aux relents néo-mussoliniens. Et cette vague populiste sinon crypto-fasciste qui déferle depuis 10 ans sur les démocraties européennes et aux Etats-Unis.Ce sentiment de déliquescence, terreau des extrémismes de tous bords, se nourrit d’une forme de terrorisme intellectuel beaucoup plus insidieuse que celui de Daesh, dont on parle hélas assez peu. Et dont on mesure mal les vrais dangers tant on s’y est accoutumé.

Il s’agit du terrorisme moral exercé par l’hégémonie de la Pensée unique et le Politiquement correct, instruments du Système.

Terrorisme sournois car infiltré dans les discours, les schémas de pensée et les esprits.

Et qui nivelle discours, modèles comportementaux et valeurs, en s’opposant à toute expression libre, claire et directe de vérités dérangeantes qui risqueraient de mettre en cause certains modèles établis.

Vérités aussitôt raillées et détournées en accusations réflexe (« théorie du complot », discours victimaires, moralisation outrancière, emballement névrotique sur des broutilles…) visant à verrouiller tout débat, à empêcher tout discernement serein, à culpabiliser ou marginaliser les détracteurs.

Un terrorisme très efficace en revanche pour semer la confusion, imposer des modèles de pensée simplistes, faciles à reproduire, et gommer tout esprit de discernement nuancé.

Mais aussi et surtout à manipuler les esprits en traçant et en contrôlant discours et opinions.

Un phénomène largement conceptualisé par les sociologues du début du 20e siècle qui se sont attachés à décrypter les mécanismes de la psychologie et de la manipulation des foules. Et illustrés par des romans prophétiques comme 1984 d’Orwell, ou Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley. Plus récemment par des films comme Matrix ou V comme Vendetta.

En tout cas ce terrorisme empêche clairement les autorités institutionnelles, juridiques, politiques, morales ou intellectuelles de ce pays de faire leur travail correctement, en toute indépendance, sans être soumises en permanence à la double pression vindicative des gardiens du Système et d’une opinion grégaire.

Comment dès lors faire appliquer la Loi, sanctionner les contrevenants, veiller au respect du Droit démocratique, défendre les libertés individuelles et les valeurs de la République ? En tout cas sans être soumis à l’exercice d’une censure permanente. Et de mécanismes réducteurs, totalisants sinon totalitaires.

Mais venons-en au fait après cette longue introduction.

Lors d’un voyage au printemps dernier dans le Midi, je me suis vu confronté à un incident assez banal, mais très symptomatique de ce qu’on peut aisément interpréter comme une volonté d’imposer la charia dans un lieu tout à fait surprenant, a priori épargné par ces dérives.

De séjour à Nîmes, je me suis rendu dans un restaurant Quick situé à deux pas des Arènes, sur l’imposante Esplanade Charles de Gaulle. L’équivalent de la Place de l’Hôtel de Ville à Paris.

J’y ai commandé un menu du type cheeseburger bacon, un classique de cette enseigne et de bien d’autres marques de fast-foods.

A ma grande surprise le serveur m’a signifié que cette spécialité emblématique de la marque ne figurait pas au menu de l’établissement.

Lequel refusait tout simplement de servir à ses clients de la viande de porc.

Stupéfait, j’ai fait part de ma surprise à l’intéressé, qui bien qu’impuissant m’a immédiatement rejoint dans mes griefs. Estimant lui aussi inadmissible qu’un restaurant Quick applique ainsi la charia, mais pourtant bien obligé d’obtempérer.

J’ai failli tourner les talons après avoir fait un scandale.

Mais j’ai préféré me raviser et employer des moyens plus efficaces pour dénoncer ce procédé scandaleux.

Lequel constitue il faut le rappeler un délit manifeste, et une atteinte non négligeable aux principes de liberté, d’égalité des citoyens devant la loi, et de laïcité.

J’ai donc écrit une lettre au directeur de ce restaurant très fréquenté par des Nîmois et des touristes en plein cœur de Nîmes.

Je la soumets à votre lecture (au bas de cet article), et vous invite à en discuter.

Face à un tel état de fait et une impunité étonnante (Nîmes une ville bien ancrée à droite, avec un maire Républicains tendance Wauquiez, et un électoral FN qui aligne des scores importants aux élections), je me suis résolu à en parler à des amis nîmois qui ont partagé mon émotion. Une colère nourrie par une exaspération croissante face à la montée réelle de la délinquance, de la criminalité et de l’insécurité à Nîmes.

Une ville et une région à fortes populations immigrées, à fort taux de chômage, confrontées ces dernières années à un afflux massif de réfugiés, qui se singularisent selon la Police par une criminalité galopante, et une forte prévalence d’islamistes doctrinaires bien actifs dans leurs rangs.

Ce n’est hélas pas un fantasme parano digne de Valeurs Actuelles. Ni un de ces mensonges alarmistes et outranciers dont le FN est coutumier. Encore moins un cas isolé. Tout le pourtour méditerranéen est en effet concerné.

Une triste réalité à laquelle sont confrontés les habitants. Y compris les jeunes Nîmois enfants fils de parents immigrés de 2e ou 3 générations. Ils en subissent eux aussi les déboires, pris en tenaille entre une xénophobie rampante et des tentatives de récupération de la part de ces fanatiques, pourtant ultra minoritaires.

Face à ce constat, comment agir ?

N’est-il pas déjà trop tard pour infléchir l’évolution et parer à des menaces plus graves ?

Il appartient à chaque citoyen, croyant ou athée, quelles que soient ses propres origines, récentes ou lointaines, son appartenance éventuelle à une communauté, de prendre ses responsabilités, d’alerter, de sensibiliser. De proche en proche, ou en prenant à partie responsables et élus.

Avant que les urnes ne parlent de façon funeste.

Il ne s’agit pas de stigmatiser, d’attiser des peurs, rivalités ou tensions qui risqueraient de nourrir les frustrations et tentations de se marginaliser.

Mais d’être clairs, rigoureux, sans ambiguïté, paresse ou complaisance, qui font le terreau quotidien des extrémistes de tous bords et des ennemis de la République.

Réveillons-nous et agissons ensemble, mais aussi chacun à sa mesure.

Ne nous laissons pas endormir par une actualité insipide qui brodé sur des questions mineures, en tout cas sans comparaison avec ces enjeux : le foot, Benalla, ou le dernier petit commentaire d’un sous-ministre sur Twitter ou à la télé.


Lettre ouverte au Directeur du Quick de Nîmes
_______________
Cher Monsieur,
Je suis journaliste indépendant, membre et ancien dirigeant de plusieurs associations citoyennes de dialogue intercommunautaire, de défense des valeurs républicaines et de la laïcité, et ancien conseiller de quartier de la Ville de Paris.
Lors d’un récent déplacement à Nîmes et dans sa région, je me suis rendu à votre restaurant pour y commander un menu au comptoir.
J’ai été alors très surpris d’apprendre que votre restaurant refusait de servir à ses clients des plats contenant de la viande de porc.
Ce qui est contraire me semble-t-il à ce que pratiquent l’ensemble des restaurants Quick présents sur le territoire français. Lesquels proposent à peu près tous les mêmes spécialités et formules.
Je crois savoir que depuis sa création, Quick comme d’autres enseignes de restauration rapide américaines ou européennes, a toujours proposé dans ses menus, en France du moins, des hamburgers contenant du bacon.
Cette décision, dont je me suis ému auprès de votre employé qui a partagé ma réprobation, constitue une contradiction flagrante avec la politique de Quick en France. Une société belge rachetée récemment par le groupe américain Burger King. Lequel que je sache n’est pas une entreprise islamique.
En effet cette décision surprenante de la part d’un restaurant Quick situé en plein centre de Nîmes, sur l’emblématique Esplanade Charles de Gaulle, à quelques mètres des Arènes de Nîmes fréquentées par de nombreux touristes, a quelque chose de proprement révoltant.
Notamment parce qu’elle s’apparente à une facon non explicite d’appliquer la charia sur le territoire français, au cœur d’une grande ville vivant presque exclusivement du tourisme. Et non dans une banlieue reculée où ne vivent que des communautés issues de l’immigration, en grande partie musulmanes.
Cette façon d’imposer sans le dire la charia à vos clients et salariés est tout à fait inadmissible.
En particulier dans un lieu public et un établissement commercial appartenant à un groupe multinational de très forte notoriété, et hors de tour contexte cultuel ou communautaire.
Et donc en contradiction complète avec la loi française.
Je vous signale que cette décision constitue un délit passible d’une amende.
A titre personnel j’ai des amis musulmans qui gèrent des restaurants halals de type kebabs. Et je ne vois aucun problème à ce que ces restaurants ne servent pas de porc à leur clientèle, mais au contraire des plats et de la viande certifiés halal, ce qui me semble tout à fait normal pour ce type de restaurants.
De même je trouve normal que des chaînes de restauration rapide proposent à leurs clients le choix entre plusieurs menus, dont certains cashers ou halals si cela correspond à une demande.
Mais concernant la chaîne Quick, une telle décision ne peut être comprise que comme une concession inacceptable au communautarisme local.
Compte tenu du contexte démographique d’une ville comme Nîmes et d’un département comme le Gard, je comprends que vos clients puissent être pour une large part issus de l’immigration africaine ou maghrébine. Et donc pour une large part sinon une majorité de confession musulmane.
Vous n’êtes pas non plus sans savoir que les tensions communautaires qui ont nourri parfois tragiquement l’actualité de notre pays obligent autorités et responsables à une vigilance particulière pour faire respecter les lois de la République, en particulier en matière de laïcité.
Notamment en refusant de céder aux pressions d’une minorité au sein de la minorité musulmane, qui entend faire fi de nos lois et imposer les siennes, en complète rupture avec la République, le respect des libertés individuelles, des principes d’égalité devant la loi, de la laïcité et du vivre ensemble.
Je vous invite donc à exercer sans plus attendre votre responsabilité de manager et de citoyen, en amendant une décision qui vous met personnellement en situation d’enfreindre la loi.
Je ne manquerai pas d’en référer le cas échéant au Maire de Nîmes et au Préfet du Gard. Afin qu’un arrêté municipal ou préfectoral soit promulgué visant la fermeture administrative provisoire de votre établissement, dans l’attente d’ouvrir une enquête administrative ou judiciaire.
J’en informe également la Direction Générale de Quick France. Et celle de Burger King aux États-Unis.
Certain qu’elles ne manqueront pas de vous rappeler vos devoirs et responsabilités concernant le respect des lois et réglementations en vigueur dans notre pays.
Cordialement,
Christophe Claudel

En mai, fais ce qu’il leur plaît ! – Macron, mai 68 et les bobos

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Etudiant lançant des pavés lors des manifestations étudiantes le 25 mai 1968 dans le Quartier latin à Paris

On fêtera bientôt les 50 ans de mai 68.

Vous vous rendez compte ?

Le Président Macron, c’est le moins que l’on puisse dire, a d’autres priorités à son agenda et semble peu pressé de fêter l’événement.

Plus à l’aise dans les salons parisiens qu’avec les symboles de la gauche populaire.

Plus en phase avec le très politiquement correct « esprit du 11 janvier » qui reflète bien l‘atmosphère anémiée du moment qu’avec la Grande Récré des enfants du baby-boom, le souffle révolutionnaire des barricades et ce genre de commémorations un peu casse-gueule.

Pas de risques, pas de vagues, et surtout pas question de donner une caution à la rue.

Et gare à ceux qui contreviendraient au devoir de réserve : ils seront sévèrement sanctionnés !

Après le temps des cerises, le temps des prunes.

Pas d’artistes du moment, de stars ni de people conviés pour scénariser ce Cinquantenaire. Comme au temps des grand-messes mitterrandiennes qui avaient élevé le fameux « Bicentenaire » au rang de rite planétaire.

Même pas un entrefilet dans la presse pour rappeler que cela fera 50 ans dans trois mois que quelques étudiants chevelus de la Sorbonne et de Nanterre emmenés par un rouquin très agité déclenchaient toute une série de grèves et de manifs qui allaient mettre la France cul par-dessus tête et faire chanceler le régime gaulliste.

Aurait-on à ce point changé d’époque ? Que plus personne ne semble s’en préoccuper ?

Certes, la Génération Macron ou celle d’En Marche ! n’a rien à voir avec celle des bobos (bourgeois bohêmes).

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Les jeunes quadras d’aujourd’hui, à peine dépucelés de leur virginité politique à la faveur d’un fin stratège qui a dynamité tout l’échiquier, n’ont ni les référents ni les aspirations de leurs aînés, abîmés dans le confort et « l’esprit Canal ».

Cette génération au seuil de la quarantaine à laquelle appartient Emmanuel Macron, et que les sociologues du marketing appellent les momos (mobiles moraux), ont grandi dans les années 1990 : ils n’ont connu que la crise, le chômage et un marché du travail tendu. Ils ont dû sacrifier à de longues études, apprendre à s’adapter aux contraintes économiques, accepter d’être hyper mobiles et réactifs pour changer souvent de métier, de secteur, voire de pays au cours de leur carrière.

Serge July, Emmanuel Macron et Mark Zuckerberg, icônes des générations « bobo », « momo » et « yoyo »

Ces braves petits soldats de la mondialisation obéissants et angoissés ne partagent absolument pas les rêves et les luttes rebelles de leurs parents les bobos.

Autant les bobos sont volontiers décalés, frondeurs, rebelles et contestataires – du moins dans la posture – autant leurs enfants les momos sont hypernormés, et à fond dans le Système !

Autant les baby-boomers ont rêvé d’un autre monde où la terre serait ronde, d’être réalistes en demandant l’impossible, de réinventer la société et de changer la vie, autant les momos sont de véritables gardiens zélés du Temple ultralibéral et « progressiste ». Prêts à dénoncer tout dérapage verbal, tout écart de comportement ou de langage qui risquerait d’écorner la Pensée unique et de dévier un tant soit peu de la ligne orthodoxe imposée par le politiquement correct.

Quant à la génération suivante, celle des yoyos (young yobs : jeunes loubards) qui composent une bonne partie de l’équipe Macron, ces trentenaires malins comme des bonobos et opportunistes comme par deux, ils n’en ont strictement rien à cirer des discours des élites et des politiques.

A eux on ne la fait plus ! On leur a tellement bourré le mou avec des discours moralisateurs, culpabilisateurs et anxiogènes, avec ces vieilles rengaines humanistes, droits-de-l’hommistes, libertaristes, égalitaristes, communautaristes ou féministes, qu’ils s’en moquent avec une effronterie aussi calculée que jubilatoire.

Ils se servent de tout, détournent tout, customisent tout, n’ont aucune morale, aucun scrupule et aucune préoccupation, sinon de saisir les opportunités à leur portée, et d’utiliser les failles du système à leur avantage. Pour s’en sortir, pour réussir, gagner de d’argent ou pour aider leurs potes.

Ils ne cherchent ni à flamber comme les bobos ni à placer leurs économies en s’angoissant à propos de l’avenir et de leurs gosses qu’ils n’ont pas encore comme les momos.

Eventuellement ils réalisent à l’occasion de juteux placements boursiers dans quelque startup, aussitôt réinvestis dans des achats dictés par leur fantaisie du moment.

Ce sont des jouisseurs, des opportunistes, des pragmatiques, qui n’en font toujours qu’à leur tête. Qui vivent l’instant présent et se moquent éperdument que le monde puisse s’écrouler autour d’eux, sinon pour kiffer sa race sur leur console de jeux.

Ils vivent en tribus, et en changent comme de paires de Nike.

Ils sont à fond dans les nouvelles technologies, car ils ont grandi avec une Gameboy entre les mains, surfent sur internet dès leur plus jeune âge, et en maîtrisent tous les rouages.

Ils anticipent sinon inventent eux-mêmes les modes et les nouveaux courants, plus pour s’amuser ou par opportunisme que par snobisme.

Ces yoyos ne sont pas ceux qu’on entend le plus dans le staff Macron. Sinon au travers de ce pragmatisme très réactif et sans réelles convictions sauf pour flatter la galerie. L‘esprit momo tient encore le haut du pavé, pour la vitrine du moins.

Ces deux générations sont les enfants de la mondialisation.

Mais ils ne fantasment pas comme leurs aînés sur un universalisme très idéaliste et politisé en prétendant bousculer l’ordre établi. L’ordre ou le désordre, ils s’en tapent.

L’ordre et les règles ils savent parfaitement les contourner. Et le désordre leur permet de tirer leurs biles au milieu de la confusion.

Si les momos sont à fond dans l’humanitaire, les yoyos s’en foutent royalement, sinon quand ça les touche directement ou pour faire mine de plaire à leurs grands-frères.

Pour les momos comme pour les yoyos, Mai 68 c’est comme la bataille de Marignan : un truc appris dans les livres d’Histoire.

Ou éventuellement un refrain barbant dont leurs parents les ont suffisamment bassinés pour qu’ils en ignorent la teneur.

Les momos regardent leurs vieux comme des pauvres ados rêveurs abîmés dans des glorioles pitoyables et leurs souvenirs de fac. En leur confiant à l’occasion la garde du petit dernier sagement endormi dans son landau connecté signé Stark ou Pinifarina.

Les yoyos quant à eux observent ces vieux darons avec amusement et respect, parce que quand même, Mai 68 ça devait être un sacré kif !

Mais ils en parlent comme d’un truc de ouf, exactement comme ils s’excitent sur le méga set de leur DJ favori dans le prochain festival électro.

Bobos et yoyos sont souvent potes.

Les premiers offrent aux seconds une conscience par procuration. Et les seconds permettent aux premiers de ne pas devenir gâteux en les initiant au vertige néo-psychédélique des réalités augmentées.

Globalement on est aujourd’hui en France aux antipodes des lendemains qui chantent.

Des couplets maoïstes, trotskistes ou castristes lancés depuis la tribune ou vomis sur les CRS-SS.

On est bien loin des expérimentations loufoques, de la révolution sexuelle, de la musique de Pink Floyd, des Doors, du pop art, des chemises à fleurs, des colliers hippies, de l’encens, de Woodstock, du LSD, des partouzes géantes et des slogans comme « Il est interdit d’interdire »…

Même si, la nostalgie aidant et la mode rétro 70s ou 90s des années 2010 faisant loi, on revisite ces icônes de la génération hippie.

Pour le reste, ça fait plusieurs décennies que c’est Back to reality!

Et pour les plus téméraires, un rail de coke, volume à fond, binge drinking et baise à tout va jusqu’au prochain after.

Mai 68, c’est au mieux un mythe sympa, au pire un truc ringard de musée.

Les bobos ont du mal à en démordre, mais on a changé de siècle.

Les crises économiques, la chute du Mur de Berlin, le 11 septembre, internet et Twitter sont passés par là.

Les idéologies qui ont bercé leur jeunesse ont été remisées sur les étagères de l’Histoire.


Leurs idoles, Marx, le Che ou Sartre, n’ont même pas leur statue au Musée Grévin.

Ceux qui ont portées ces années du Changement se sont recyclés pour les plus chanceux dans le journalisme ou la politique (mais ils ont été balayés par le tsunami En Marche ! ou sont devenus de sages courtisans du Prince…).

Ils bossent et parfois ont fait fortune dans l’écologie, l’économie verte ou le numérique, le multimédia, le marché de l’art moderne, le business du bio, du bien-être ou du développement personnel.

Et pour les plus largués, le Grand Soir se résume le plus souvent à croupir dans une ONG en attendant la ménopause du cadre, à tenter de reconstruire un château de sable en pleurant sur les ruines du PS, à publier des compiles rééditant les tubes de leurs groupes fétiches, ou bien à faire le guignol dans les talk-shows le samedi soir pour les nunuches engagées qui prétendent avoir une conscience et qui lisent Philo Magazine.

Quant aux plus endurcis, nombreux sont ceux ont pas finis fauchés par le sida, une overdose, un infarctus ou un cancer, ecstasiés et pesant 30 ans kilos sur une plage de Goa, ou carrément suicidés, soit à cause de leurs excès de sexe et de drogues qui leur ont ravagé la capsule, soit parce que leurs doux rêves se sont fracassés sur le roc des flamboyantes mais austères années 80.

Les rescapés ont quitté les radars et vivent planqués dans leur salon germanopratin, ou toujours scotchés dans leur ashram en Inde, une communauté new age ou une ferme dans les Cévennes.

Alors, faut-il ou non fêter Mai 68 ?

Si c’est pour ressortir les vieux gimmicks, sûrement pas !

Qui plus est, l’aspect politique et contestataire de cette ultime « révolution » n’est pas forcément bon à titiller.

Une bonne grève générale pour faire barrage à la Loi Travail est justement ce qu’a soigneusement voulu éviter le Président Macron, fort de son expérience d’éminence grise puis de ministre du quinquennat Hollande et des fameuses Nuits debout qui s’en suivirent.

Aujourd’hui tout le monde est rentré dans le rang. Et beaucoup s’extasient toujours devant ce jeune président si nouveau, si intelligent, si bien élevé, si propre sur lui, si posé, si courtois avec les femmes et si sympathique.

Les Français ont troqué un excité narcissique et corrompu, suivi d’un gros balourd qui les a roulés dans la farine sitôt élu en s’asseyant sur ses promesses socialistes, contre une sorte de Prime Minister brittanique, au style très monarchique, bon teint, sage et moderne. Et totalement à la solde des molochs américains et européens. Un peu comme Tony Blair.

Alors le Général à côté c’est Che Guevara !…

L’esprit et les valeurs libertaires de Mai 68 ont depuis l’ère Mitterrand totalement imprégné la société, ses modèles et ses discours.

Au point qu’on n’en a même plus conscience.

Même Sarko a été présenté récemment par certains commentateurs comme un héritier de l’Après-Mai 68. Qu’il avait pourtant combattu.

Sauf qu’aujourd’hui, voir des filles à poil à 18 heures à la télé comme au bon vieux temps des Coco girls du Collaro Show c’est totalement impensable !

De nos jours les normes sont bien verrouillées. Et quiconque s’en écarte risque le pilori médiatique dans la seconde qui suit, voire un procès ou le zonzon s’il refuse de faire repentance et continue d’alimenter le scandale.

On peut sacrifier à tous les écarts, toutes les perversions, toutes les outrances, tous les excès et tous les délires, du moment qu’ils sont soigneusement répertoriés et labélisés.

Pour le reste, si l’on s’écarte un tant soit peu de la Pensée unique, on est aussitôt taxé au mieux de « complotiste », au pire de « terroriste ».

Alors faire la révolution, vous n’y pensez pas !

Nos contemporains sont frileux, formatés, lobotomisés, partagent des indignations téléguidées et à géométrie variable.

L’indignation réflexe est une posture obligée si l’on veut s’afficher comme un bon citoyen équipé d’une conscience éthique.

Mais le libre arbitre et l’esprit critique – le vrai – ou la contestation de l’ordre établi au nom d’un Idéal ou d’un projet alternatif de société sont des crimes de lèse-conformisme inadmissibles en « démocrassie » !

Alors on se contente de faire semblant d’être un rebelle. On s’agite et l’on s’offusque aussitôt que son voisin fait un pet de travers. On monte des kabbales hystériques sur Facebook pour des boulettes. Et c’est ce cirque burlesque et grandiloquent qui constitue l’Alpha et l’Oméga des moutons de panurge.

Dont les neurones sont totalement grippés par leur flip incessant, soigneusement monté en neige par les médias à propos du terrorisme, de la vache folle ou de la bombinette nord-coréenne.

Pourtant, il serait urgent de réapprendre à rêver.

Urgent de s’enivrer.

Et de remettre l’imagination au pouvoir.

D’ouvrir les yeux sur l’avenir au lieu d’ânonner le même catéchisme. D’inventer le monde de demain. Un monde qui sera fraternel, universel, unifié et pacifié.

Ou ne sera pas.

Un monde qui verra toutes les consciences planétaires totalement interconnectées. Et en tout cas par autre chose que l’écran mensonger des logiques du Système.

Mais ça, soyons certain que les milices du Zeitgeist s’empressent de nous en dissuader.

Nous incitant au contraire à nous vautrer dans la fascination du Vide, le culte de l’Ephémère, de l’Insignifiant. A nous prosterner devant les idoles consuméristes de leur Panthéon des Vanités.

Plus qu’une nouvelle « révolution », politique, sociale ou institutionnelle, c’est un Grand Saut de la conscience qu’il convient pour nous tous ensemble d’opérer en ce siècle.

Un siècle qui verra s’accomplir les plus grands bouleversements que l’humanité ait jamais connus. Et qui l’obligera à faire face aux plus grands défis de son histoire.

Mais il faut plus que de la lucidité, de l’imagination ou de l’audace pour s’engouffrer dans la brèche de ce Changement radical qui nous aspire à lui.

Il faut accepter de mourir totalement à soi-même pour renaitre tout autre. De ne plus rien savoir ni connaître ni contrôler.

Et d’abdiquer son cher Ego au bénéfice du Bien commun.

Mais ce sacrifice, l’homo post-modernicus qui se vante pourtant d’être un rebelle et s’éprend de toutes les causes n’est pas prêt d’y consentir !

On peut se piquer d’avoir une conscience et rêver éventuellement de prolonger l’utopie matérialiste dans une fiction transhumaniste, mais de là à faire passer le sort des réfugiés climatiques avant sa tisane bio, NO WAY!

Alors oui, il serait temps de célébrer le joli mois de mai, avant que l’hiver ne s’abatte définitivement sur nos belles illusions.

Le « cas Finkielkraut » et ce qu’il révèle de la culture et des médias français

Mis en avant

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Il y a ce qu’on appelle le point Godwin, qui consiste à faire de façon systématique référence au nazis ou à Hitler sitôt arrivé à un point crucial d’un débat qui s’éternise.

Il y aura bientôt le « point Finkie », tant aujourd’hui l’intellectuel honni est systématiquement cité à contre-exemple dans les discussions, sur internet ou dans les médias.

Pourquoi cette image si négative ? Est-elle vraiment justifiée ? Et pourquoi cette détestation si violente de la part d’une partie aujourd’hui devenue majoritaire de l’opinion publique, en particulier les jeunes ? Alors que celui-ci était encore célébré il y a dix ou quinze ans comme « le dernier » des philosophes sensés ?

Comment a-t-on pu aujourd’hui en arriver à assimiler de façon aussi indiscutable un ancien gauchiste de Mai 68, ex membre actif de l’Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes et figure de prou du mouvement de la nouvelle philosophie, à un suppôt de l’extrême droite et un inspirateur de Marine Le Pen ? Assimilé presque systématiquement à la clique des  » nouveaux réacs » qui comprend des polémistes de second rang comme Eric Zemmour. Ou, plus délirant encore aux pires antisémites, ces pseudos intellectuels de l’extrême droite radicale comme Renaud Camus ou Alain Soral.

Ou bien plus hallucinant encore, jusqu’à l’assimiler à des intellectuels du siècle dernier  adorateurs de Vichy et défenseurs de la Shoah comme Lauis-Ferdinand Céline ?

***

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Pour comprendre ce paradoxe et cette violence, il faut examiner comment les choses ont évolué.

Alain Finkielkraut est aujourd’hui devenu le symptôme d’une confusion qui s’est établie dans l’opinion française à la faveur des médias entre deux aspects bien distincts.

D’une part cette mode de l’insolence télévisuelle quasi systématique envers les élites. Dont le seul but est d’amuser le peuple et de faire du buzz… En détournant au passage l’attention du public des vrais problèmes.

Et d’autre part, la « conscience politique » de l’opinion majoritaire et de ceux qui la fabriquent, reflétée, « sacralisée » pourrait-on dire, sinon « déformée » par le prisme grossissant des émissions télé.

On aurait tort de congédier d’un revers de manche cette complaisance pour des modes de pensée arbitraires qui érigent la contestation en spectacle. Car ils sont les héritiers d’une tradition bien française. Celle de la farce, des bouffons, de la caricature burlesque et des polémistes. Lesquels jouaient autrefois le rôle indispensable de soupape pour exprimer et mettre en scène les frustrations et mécontentements populaires. Et constituent aujourd’hui un mode d’expression des libertés publiques et un moyen de faciliter la confrontation des idées dans une démocratie.

Encore que si les médias prétendent jouer le rôle de garants de la pluralité de l’information, ils sont surtout le gardien du Temple des idées considérées comme « justes » comme des « vérités » supposées factuelles.

Et donc sacralisent des discours autorisés plus qu’ils n’en constituent l’émulation et la critique.

Cette conscience politique était autrefois (depuis le Siècle des Lumières) l’apanage des esprits éclairés par la Raison. Que dès la Révolution française une certaine presse d’idées plus que d’opinion avait pour mission de relayer. Une presse qui comptait parmi ses éditeurs des écrivains et des philosophes progressistes. Soucieuse de publier pour le plus le bouillonnement des idées nouvelles qui inspiraient le débat au sein des assemblées, les nouvelle lois et les grands bouleversement politiques, idéologiques et sociétaux au noms des valeurs et grands principes humanistes.

Cet exercice du débat fondé sur des valeurs humanistes s’est imposé avec une prétention universaliste.

Et la philosophie, la vraie, pas celle des salons mondains et des lucarnes, tenait alors le haut du pavé. Inspirant aux politiques les changements selon un Idéal des plus élevé fondé sur la Raison, et centré la quête du bien commun, l’application des principes « révolutionnaires » énoncés dans les Droits de l’homme naissants pour remplacer l’ordre ancien.

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Finkielkraut est l’authentique héritier de cette tradition « progressiste », comme on dit souvent aujourd’hui.

Une tradition devenue au fil du temps « classique », même si les discours du politiquement correct s’y réfèrent toujours. Des discours renouvelés et bousculés par les valeurs libertaires de Mai 1968 et du siècle finissant, que Finkielkraut avait lui-même portées.

Il est donc compréhensible que dans la France de 2018, ce qu’on admet être « l’opinion majoritaire », pour peu qu’elle respecte les principes de notre République et de sa Constitution, fasse force de loi et s’impose à tous comme le modèle légitime.

Et cela justifie aux magistrats pour ce qui est des délits ou des crimes, d’un pouvoir de jugement critique  allant jusqu’à la sanction pour ce qui relèvent des idées, lesquelles sont plus rarement pénalisables.

C’est ce qu’on appelle le Quatrième Pouvoir. Autrefois simple « contre-pouvoir », devenu dans notre société de l’Information à l’heure d’internet et des médias de masse le seul et vrai pouvoir.

Hals, ce pouvoir est aujourd’hui devenu dans un petit pays comme la France encore très marqué par le centralisme jacobin un véritable temple souvent il faut le dire jalousement gardé par des plumitifs de seconde zone. Lesquels irriguent de leur orgueilleuse prose tous les caniveaux intellectuels de la presse quotidienne et de la télévision, dont le niveau, il faut le reconnaître avec objectivité, et sans passion ni concession, a considérablement chuté depuis 40 ans.

Il est même de bon ton de critiquer quasiment tous les jours l’indigence des programmes télé.

Et même le président Macron s’est saisi tout récemment de ce problème, en promettant de remédier au déficit criant de qualité des programmes du service public.

On ne va pas refaire l’histoire du journalisme et de la télévision. Mais il faut bien s’accorder à reconnaitre que la « téloche », mis à part quelques rares chaînes exigeantes et quelques très rares émission de qualité pour ce qui est du service public, n’est aujourd’hui rien de mieux qu’une vulgaire machine à divertir et abrutir le bon peuple. Entièrement soumise aux lois de l’audimat et totalement tournée vers l’unique objectif de satisfaire ses sponsors par le biais de la réclame. Laquelle impose des programmes découpés et formatés selon la quête de l’efficacité marketing maximale.

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De servir ses sponsors, les grandes marques, mais aussi ses actionnaires : des conglomérats industriels souvent centrés autour des mêmes activités : industries de l’armement, équipementiers ou immobilier…

Pas étonnant que ces mêmes groupes soient aussi investis dans le capitale de l’industrie du divertissement et forment de véritables empires maîtrisant toute la filière de l’information et de la consommation de masse.

Mais c’est un autre débat.

En tout cas on ne peut dénoncer les dérives médiatiques sans prendre en compte ces critères politiques ou économiques.

La télévision n’a aujourd’hui plus rien à voir avec celle des années de la France d’Après-guerre du Général De Gaulle. Epoque où l’unique chaîne du service public était chargée autant d’informé que de divertir. Elle était alors totalement soumise au « Ministère de la Culture et de l’Information ».

Mais ce ministère était dirigé par un certain André Malraux. Et la qualité des programmes du service public n’avait rien à envier au prétendu « pluralisme » actuel. Elle était au contraire bien supérieure à celles des programmes actuels, toutes proportions gardées et compte tenu des usages de l’époque.

Aujourd’hui cette conscience politique reflétée par la télévision et qui avant faisait débat dans des cercles où se réunissait l’élite est devenue l’objet d’un spectacle permanent. Qu’on relise Guy Debord pour s’en convaincre.

Elle ne se résume plus qu’à ce qu’on appelle la « Pensée unique », orientée selon les exigences du « politiquement correct ». Dont les valeurs sont verrouillées toujours autour des mêmes thèmes souvent plus approximatifs qu’inspirés pour ces idéaux qu’ils sont sensés défendre : droits-de-l’homme, liberté, égalité, justice, laïcité, défense du droit des femmes, des homosexuels, des minorités, antifascisme, antiracisme, communautarisme, anticolonialisme, écologie, parfois altermondialisme, culte de la « nouveauté » et de la branchitude, voire de la provocation érigée en art, reflets de la société « postmoderne »…

Bref, une conscience qui n’en est plus un mais qui traduit l’embonpoint las et la sclérose intellectuelle du parisianisme bobo et de ses icônes. Celui d’une caste qui ne songe qu’à se contempler le nombril, à se rassurer et à festoyer en célébrant le vide abyssal de ses pseudos idéaux tel un Veau d’or.

On a donc assimilé des réflexes anti-ceci ou anti-cela comme autant d’offuscations et d’exaspérations obligatoires et passablement sectaires bidouillé en prêt-à-penser étalé dans les médias et les talk-shows. Celui-ci fait office de conscience pour ceux qui ont renoncé à leur libre arbitre et se contentent de répéter les mêmes poncifs pour satisfaire leur narcissisme et faire montre envers leurs semblables d’une véritable conscience « démocratique », « républicaine », « humaniste », « progressiste », etc…

Toutes ces étiquettes ronflantes qui ont vidé de leur sens les référents éthiques qu’elles avaient kidnappés ou plagiés pour flatter l’ego de leurs héroïques défenseurs.

Depuis l’élection de François Mitterrand en 1981 et la libération de la parole qui s’en est suivie à la télé, depuis l’apparition d’émissions d’un genre nouveau comme Droit de Réponse, les producteurs et les journalistes ont imaginé en presque 40 ans une foultitude d’avatars. Depuis les émissions d’Ardisson, de Lunettes noires pour nuit blanches à Salut les Terriens, celles de Fogiel, de Ruquier. Et plus récemment, avec le succès de la téléréalité, les missions « populaires » sinon populistes d’un Cyril Hanouna, héritier d’Arthur, pour ce qui est de la version la plus bas-de-gamme et la plus beauf qu’on a concoctée pour les plus téléspectateurs les plus imbéciles, incapables de suivre les saillies de Yann Moix et Christine Angot…

Cette mode de l’insolence qui fait le sel des émissions prétendument « culturelles », est devenue et une véritable « culture ».

Celle de la vulgarité, de l’outrance et de l’arrogance.

Une culture que les bobos parisiens ont copiée, adoptée puis imposée à tous dans les discours et les postures mondaines, au cours des décennies 1990 et 2000.

Cette culture a assimilé comme pour s’en protéger en prétendant les défendre, les tics, le vocabulaire, l’attitude arrogante, les postures provocantes et le ton ultra-agressif et désinvolte des « cailleras, véritables icônes de la décennie 2000.

Avec cette certitude qu’il fallait flatter la médiocrité par souci de plaire aux minorités, et jeter du même coup au feu toutes les vieilles gloires poussiéreuses de la « tradition » classique. Tous les us et les discours hérités du passé, représentant le savoir, l’esprit et le «  bon goût » français. Tout ce Panthéon désuet et ridicule incarné par les académiciens ou les éditorialistes du Figaro.

C’est un parti-pris. Mais on s’est accoutumé à le considérer comme juste, « moderne » et inéluctable.

Eric Zemmour n’a pas tout à fait tort quand il dénonce cette évolution dans son livre Le Suicide français. Même s’il manque profondément de nuance,  de recul et d’honnêteté, et ne sert que ses propres lubies en creusant encore le vide qu’il dénonce pour servir un boulevard à Marine Le Pen.

Quoi qu’il en soit, force est de reconnaître qu’on a bien vite congédié et remisé au rang des pièces de musée Apostrophe et Bernard Pivot. Pour les remplacer par Ardisson, Jamel, Joey Starr et autres Booba. Et tous ces humoristes et artistes originaires des banlieues et icônes vivantes de la culture  » djeune » de se faire exciter et applaudir par des amuseurs aux dents longues.

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On a inventé un nouveau concept d’émission culturelle new-look.

Une véritable imposture au demeurant, puisque la « culture » la plus bas de gamme n’y sert plus que de vague caution pour faire le buzz en mixant le pire ou le plus banal et le plus commercial de l’actualité de la semaine : sorties éditoriales, pseudo écrivains qui viennent se pavaner et se féliciter d’avoir réinventé la roue, spectacles à succès… Et surtout agenda des copains – toujours les mêmes – qu’on invite à se polir le nombril sur les plateaux.

Ajoutez quelques people et quelques politiques égarés en manque de popularité, un pincée de sketchs burlesques (souvent très bons d’ailleurs) pour rythmer et pimenter la soirée, des ficelles de cirque ENEAURMES pour faire réagir le public, piéger les invités et les pousser au dérapage verbal ou à la contradiction en direct, parodiez la scène dramatique de l’exécution publique, n’oubliez jamais de mettre en scène des clashes soigneusement préparés pour faire le buzz… Secouez bien et vous avez la recette qui fait bingo en termes d’audimat !

Pour continuer de s’indigner ou de se bidonner, arrosez les réseaux sociaux des meilleurs moments de l’émission et le tout est joué.

Là où le bât blesse, c’est que cette prétention ronflante à illustrer l’esprit parisien et à défendre des valeurs engagées qui est celle des émissions comme On n’est pas couché, est cautionnée par la présence récurrente de philosophes de foire habitués des sunlights : les BHL, Onfray et autres Comte-Sponville.

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On n’est pas couché 21/11/2017 : la comédienne Camille Chamoux interpelle Alain Finkielkraut sur le thème « Islam et féminisme ».

Hélas, un intellectuel comme Finkielkraut, plus que son ancien comparse et coauteur du Nouveau désordre amoureux Pascal Bruckner, plus prudent à se montrer à la télé, s’est laissé piéger par les flatteries de certains puis la tentation de devoir se justifier une fois mis au ban des intellectuels respectables par une clique de bobos garants de la pensée unique.

Du coup on le voit trop souvent dans nos lucarnes et les animateurs pervers ne l’invitent plus aujourd’hui que pour ses tics nerveux et ses crispations inquiètes sur des thématiques éculées.

L’homme est intelligent, a encore de la ressource, et arrive souvent au terme d’un laborieux exercice d’explication de sa pensée à s’autojustifier et à retourner l’auditoire. Mais immanquablement il y a toujours ce moment où un mot mal interprété est monté en épingle par l’un des cabots vicelards qui lui tendent le crachoir et aussitôt jeté en pâture aux aboiements de la Plèbe.

On finit donc toujours par en conclure que l’horrible Finkielkraut n’est autre qu’un de ces intellos réac de l’ultra-droite. On l’assimile honteusement à Zemmour ou Marine Le Pen. Et on reste injustement sourds à ses propres dénégations quant à quelque complaisance que ce soit aux idées d’extrême droite.

Las !

La seule faute d’un homme d’esprit et de nuances qui incarne le monde ancien bousculé par la jeunesse, les stéréotypes, le goût du spectacle et de la jouissance immédiate et les modes du siècle, c’est de s’être prostitué dans ces défouloirs qui prétendent représenter la culture et être garant des valeurs.

Or ces bouffonneries télévisuelles ne sont rien de moins que des spectacles pour amuser la plèbe dignes des jeux du cirque. Dont ils reprennent d’ailleurs tous les codes. Combats de gladiateurs sous forme de clashes au scénario bien huilé. Mises en scène de tortures et d’exécutions publiques de condamnés à mort bouffés par les fauves : les « chroniqueurs ». Présence obligatoire des césars et des patriciens du moment : les politiques et les vedettes. Contribution du public inviter à confirmer ou infirmer la sentence prononcée envers les condamnés, musique tonitruante et interventions de bateleurs pour scander le rythme et faire plus d’audience, etc…

On n’y célèbre jamais la culture, la vraie. Pas nécessairement celle un brin surannée des beaux esprits, des encyclopédies et des académies. Mais celle de l’honnête homme, qui suppose élégance de l’esprit, érudition, intelligence, esprit critique et surtout ouverture, bienveillance envers l’autre, celui qui diffère ou qui surprend par sa singularité, et amour pour le présent et ses évolutions. Au lieu de complaisance crasse pour « l’actualité » et ses épiphénomènes, sensationnels et voyeuristes, dont elle se pourlèche en y abîmant la conscience des masses.

En définitive, Alain Finkielkraut ferait plus pitié que hurler. Parce que c’est un vestige du passé. Du « monde d‘avant ».

En qu’en vieillissant il se ternit, ressemble à une caricature de lui-même, se laisse salir et obligé de répondre aux injures, au lieu d’ignorer superbement les crapauds qui bavent sur sa robe d’académicien.

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La télé l’a tué. La popularité a entachée sa notoriété. Elle l’a livré aux appétits féroces de la basse-cour. Des nains.

Evidemment, qui aujourd’hui pourrait imaginer qu’on invite de grands intellectuels comme Jankélévitch, Raymond Aron, Michel Foucault ou même Paul Ricœur à débattre sur les plateaux des atermoiements du public face aux soubresauts de l’actualité ?

On a changé et de siècle et d’époque.

Qui ouvre d’ailleurs encore les livres de pareils monuments de la culture ?

Il ne s’agit pas d’être passéiste.

On peut tout à fait lire Proust le matin, Foucault l’après-midi, et Charlie hebdo le soir !

Ecouter Mozart en prenant son café, et Stromae ou NTM en faisant sa gym…

La question n’est pas de hiérarchiser à outrance les grands noms de la culture élevés au rang d’icônes.

La question est d’éviter de les banaliser en les noyant dans la soupe consensuelle et vulgaire des médias de masse.

Et de stariser de façon grossière des histrions insignifiants qui prétendent s’élever au niveau des grands félins de l’Olympe culturelle et leur voler la vedette.

En somme, ce qui manque à notre époque c’est la mesure, la tempérance et le discernement.

Et surtout les référents qui permettre de juger avec autorité qui est à considère comme une grande figure de l’esprit, et qui n’est qu’un comptempteurs du néant ou un avatar de l’ère du vide.

Soyons optimistes.

Et gageons qu’à la faveur des épreuves présentes et à venir, grâce à l’élévation statistique – toujours à espérer sinon promouvoir – du niveau d’instruction des jeunes, grâce à internet qui donne accès souvent au pire mais aussi parfois au meilleur, grâce à la conscience qui ne cesse d’évoluer et de grandir, on saura bien vite congédier ces excès coupables et sanctifier à nouveau des vraies valeurs.

Après tout, ce n’est pas parce Tout–le-monde-en-parle qu’un homme, une idée, une mode, une indignation, n’est autre chose que le reflet de coquetteries du moment, du Zeitgeist, ou de la pataugeoire où s’égayent les indigents du bulbe.

Et si personne n’en parle plus ou voudrait le taire, si personne n’en parle encore, c’est peut-être un signe qu’il faudrait revoir les priorités du moment.

Y a quà…

Et Si Au coin de la rue* on trouve parfois l’Aventure, il en sera toujours ainsi Des hommes et de bêtes*.

Au nom de l’autre*, Nous autres modernes* devrons toujours rester vigilants, mais aussi bienveillants les uns envers les autres pour éviter La Discorde*.

Car si l’on s’abîme à La Querelle de l’école*, que l’on s’aventure trop En terrain miné*, si l’on cède au chant des sirènes mondialistes au point de renoncer à jamais se demander Qu’est-ce que la France*, on se condamne à L’Identité malheureuse*.

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Celle de la violence qui plus jamais ne peut encore se dire :

« Et si l’amour durait* ? ».

___

* Titres d’ouvrages d’Alain Finkielkraut

Lettre ouverte à ceux qui sont passés de la Révolution à la Star Ac’ et de Tonton à Macron

Mis en avant

gauche

1981-2017.

Blum, Jaurès et Mendès doivent se retourner dans leur tombe !

Comment est-on passé de l’Union de la gauche sortie du choc pétrolier à la Dissolution de la gauche sortie du choc de la mondialisation ?

Comment est-on passé d’une politique qui entendait changer la vie et placer l’homme au cœur de l’économie à une soupe sans aucun goût sinon celle des billets d’euros, et d’un projet de société audacieux à un mirage tissé de vagues promesses démenties les unes après les autres ?

Comment ceux qui ont porté François Mitterrand au pouvoir au soir du 10 mai 1981 peuvent-ils s’apprêter à voter pour la plus grande arnaque politique de toute l’Histoire de la Ve République ?

Déjà en 1981 ceux-là voyaient d’un mauvais œil cette Seconde gauche vite étranglée par l’alliance fratricide du PC avec le PS. Celle des ouvriers, des grévistes et des communistes encore alliés de Moscou.

Que sont devenus ces enfants d’un autre mai, celui des barricades, de l’Imagination au pouvoir, du « Soyez exigeants, demandez l’impossible ! » et de la révolution sexuelle ? Ces enfants gâtés des Trois glorieuses qui rêvaient le temps d’une grande récré d’un autre avenir possible et s’enivraient 15 ans plus tard de leur victoire Place de la Concorde.

Cette France des beaux quartiers qui a le cœur à gauche mais le portefeuille à droite.

Cette France des plateaux télé qui adulent les génies rebelles sortis des banlieues alors qu’elle n’a jamais franchi le périphérique sinon Porte Dauphine.

Cette France orgueilleuse et sûre d’elle-même qui donne des leçons de morale et de démocratie à la planète entière mais est incapable de reconnaître une dictature rampante, celle de l’argent, surtout quand celle-ci promet de ménager les intérêts des classes moyennes supérieures.

Cette France qui parle sans cesse du « peuple » et prétend le représenter, mais qui n’a jamais serré la main pleine de boue d’un paysan, celle pleine de poux d’un SDF ou celle pleine de cambouis d’un ouvrier. Sinon quand les caméras de télé sont braquées sur elle.

Cette France qui a lu Sartre, Beauvoir et Duras, qui défendait hier le prolétariat opprimé par le patronat, les femmes opprimées par le patriarcat et qui défend aujourd’hui les jeunes de banlieues opprimés par l’injustice sociale, les réfugiés opprimés par les dictatures, et les minorités opprimées par la majorité réactionnaire. Mais qui jamais n’accueillerait chez elle un Arabe sorti de prison ou une famille Syrienne à la rue. Ou qui condamne l’homophobie et les réacs de la Manif pour tous mais pique un fard quand deux hommes osent s’embrasser en pleine rue devant leurs marmots.

Cette France qui défend becs et ongles la démocratie contre les puissances de l’argent mais méprise le peuple, le vrai. Qui s’érige pour dénoncer les injustices faites aux « défavorisés » mais déteste les pauvres, les vrais. Et surtout qui veille jalousement à ce que ses placements obligataires restent sagement défiscalisés.

Cette France qui dit incarner les Droits de l’homme, le Progrès, défend la liberté, l’égalité, le vivre ensemble et la laïcité, qui cite Amnesty International et cotise aux Restos du Cœur, est abonnée au Canard enchaîné et à Charlie Hebdo, surtout depuis le 11 janvier…

Cette France qui se pâme devant les humoristes officiels les plus vulgaires, mais qui s’offusque quand on fait de l’humour un peu grinçant dans un commentaire sur Facebook.

Cette France qui parle à tout bout de champ d’écologie et de citoyenneté, descend se balader le dimanche sur les quais de Seine en trottinette ou en roller, mais qu’on retrouve à 2 heures du matin fonçant à 150 km/h sur le périph, et qui n’échangerait jamais son break 4×4 familial qui dort au garage contre une voiture électrique partagée à vitesse bridée. Cette France qui consomme bio et équitable mais ne renoncerait jamais à ses graines de goji ou à ses fraises en février pour ne consommer que des patates et des goldens locales.

Cette France qui se laisse aujourd’hui plus facilement séduire par une sortie poujadiste sur le plateau d’On n’est pas couché par un Michel Onfray que par un poème d’Aragon chanté à la Fête de l’Huma par Hugues Auffray.

Cette France qui voit dans les blagues potaches de Stéphane Guillon, les installations bobasses de la Nuit Blanche et les doigts d’honneur du photographe Ai Wei Wei le summum de la transgression intellectuelle, culturelle et artistique.

Cette France qui a toujours sa résidence secondaire à Saint-Malo ou dans le Lubéron et s’arrange pour échapper à l’ISF, mais qui fustige les politiques corrompus qui embauchent des membres de leur famille ou planquent leur argent en Suisse.

Cette France qui s‘offusque que les socialistes au pouvoir aient trahi la gauche mais qui a applaudit le tournant de la rigueur d’un Jacques Delors en 1983, préfère l’ultralibéralisme de Blair et l’ultrasécuritaire de Valls aux égarements marxistes de Tsipras ou aux indignations altermondialistes.

Cette France prête à prostituer toutes ses valeurs, à avaler la trahison des idées de gauche, à passer l’éponge sur l’état d’urgence prolongé, le 49.3, le durcissement de la loi El Khomri, et à se jeter dans les bras d’un candidat fantoche parachuté par les banques et le système, un puceau de la politique sans expérience, un illusionniste sans consistance, sans projet et sans valeurs claires, un mirage monté en mousse par les médias, pourvu qu’il fasse barrage à l’Apocalypse lepéniste.

Cette France qui dénonce à l’occasion les méfaits du système mais trouve utopique ou trop à gauche ceux qui veulent offrir à chacun de quoi manger, s’habiller, se soigner et élever leurs enfants, ceux qui veulent donner plus de pouvoir aux salariés, taxer davantage les plus riches et les grandes entreprises, accueillir plus de réfugiés, peser sur nos partenaires pour construire une autre Europe que celle du fric et des lobbies, qui refusent clairement toute collusion avec Trump ou Poutine, qui veulent une France forte, ouverte et moderne mais aussi juste et libre, un France debout et non à genoux devant Wall Street, Bruxelles et les agences de notation, une France capable de dialoguer avec tous sans s’aligner sur aucun, qui reste indépendante, ferme sur ses convictions et dont la voix continue de compter dans le concert des nations.

A cette France qui par peur du nationalisme oublie d’être patriote, qui par peur du fondamentalisme oublie que « République » rime aussi avec « éthique », qui par peur du terrorisme accepte de voir ses libertés grignotées et applaudit l’état-policier, mais refuse de déchoir de leur nationalité des terroristes, ou qui se laisse manipuler par les médias et hurle avec des racailles brûleurs de voitures, veut lyncher tous les policiers parce que quelques-uns ont failli à leur déontologie la plus basique et déshonoré leur corporation en violant un jeune-homme innocent.

A cette France qui a des indignations à géométrie variable, qui défend des Roms voleurs et squatteurs que les braves gens désignent du doigt parce qu’ils saccagent l’espace public mais oublie les Noirs abattus froidement dans les quartiers pauvres américains. Cette France complaisante prête à descendre dans la rue pour fustiger la haine antisémite dès qu’on critique la politique des faucons israéliens mais qui reste indifférente quand on bombarde des enfants de Gaza à coup d’armes chimiques, ou qu’on massacre des familles entières de Chrétiens au Moyen-Orient.

Cette France de la gauche « humaniste et progressiste » qui s’évanouissait aux discours de Castro et se pâme aujourd’hui devant les effets de tribune d’un gamin vendu au capitalisme le plus rude.

A cette France qui a tellement perdu ses repères et sa dignité à force de s’allier au diable, mais qui prétend rester vertueuse, gardienne des valeurs laïques et républicaines, et surtout se croit toujours l’incarnation du Progrès, à cette France-là qui me fait honte, je dis : REVEILLEZ-VOUS !

Moi qui n’étais pas hier « de gauche » je dis à ces traîtres de ma génération : arrêtez de justifier ce qui est injustifiable, de pardonner ce qui est impardonnable, d’applaudir ce qui est détestable !

Eteignez votre petite lucarne qui vous grignote le cerveau et relisez vos maîtres à penser.

Ou mieux : sortez de vos petites habitudes et certitudes parisiennes et intéressez-vous vraiment au monde d’aujourd’hui. A ceux qui élaborent la pensée du siècle et façonnent les modèles de demain. Pas aux philosophes de plateau.

Cessez de vous crisper sur vos peurs, qu’on entretient pour vous interdire de voir la vérité.

Regardez le monde en face et faites votre autocritique au lieu d’accuser sans cesse votre voisin d’être un fasciste, un anarchiste ou un complotiste quand il ne pense pas comme vous et ne dit pas amen à tous les poncifs de la pensée unique servis par les chantres d’un système auquel vous obéissez sans même vous en rendre compte.

Redressez la tête, secouez votre morgue et ouvrez les yeux au lieu de vous aveuglez vous-mêmes pour ne surtout pas reconnaître que vous avez tort et donnez raison à ceux qui vous mènent droit dans le mur.

Changez de lunettes, jeter vos vieilles recettes déglinguées, abandonnez vos bons sentiments et vos ressentiments-réflexes. Et osez réfléchir en hommes et femmes indépendants, sincères et réalistes.

Et surtout prenez conscience qu’à force de vous entêter, de jouer les autruches et de répéter en boucle les mêmes refrains sans vous apercevoir qu’on a changé d’époque et que les schémas pour penser le monde d’hier ne marchent plus avec le monde d’aujourd’hui, vous êtes devenus totalement has been, tout juste bons à rattraper le train en marche quand vous croyez être toujours la vigie de la Justice et les gardiens de la Raison dans un monde en proie à la confusion et au chaos.

Vous vous êtes tellement gavés de téléréalité pour ne pas vous confronter au réel, de produits prêts à consommer mis en scène par les agences de pub, de slogans débiles rabâchés par les médias, de débats bidons pour masquer les vrais enjeux, vous avez tellement peur des vrais discours et des réflexions qui dérangent votre petit confort intellectuel, que vous ne savez plus distinguer l’authentique de l’artifice.

A trop confondre les hommes politiques avec les marionnettes de la Star Academy, vous voici prêts à confier les rênes de la France à un Pinocchio qui a érigé le flou et le mou en apothéose des vraies valeurs.

Qu’il dénature l’Histoire ou nie l’existence de l’art et de la culture française ne vous étouffe même pas ! Pourvu qu’il ait une belle gueule et surtout qu’il empêche Marine Le Pen d’accéder au pouvoir.

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Je peux comprendre que la génération des momos, ces « mobiles moraux » nés entre 1965 et 1976, puisse voter unanimement pour Macron. Eux qui n’ont connu que la crise, à qui on a oublié d’enseigner l’Histoire, qu’on a gavés de discours relativistes et qui n’ont pour seul horizon idéologique que la realpolitik et la doxa libérale.

Mais celle de leurs aînés les bobos, qui ont connu toutes les révolutions avant de conquérir tous les rouages du pouvoir politique, économique, médiatique, culturel. Auraient-ils totalement retourné leur veste au point d’adorer ce qu’il ont hier honni ?

N’avez-vous pas honte de voter pour un candidat qui ne représente pas vos idées et ne défend pas les intérêts des Français ? De voter avec votre calculette et non avec votre tête ! Vous sacralisez l’Ere du vide, vous sanctifiez le Néant !

En agissant ainsi, vous rendez-vous compte que vous abdiquez ce qui reste d’illusion de démocratie ?

Vous confiez les clés du pouvoir au candidat du système par peur d’une harpie nationale-socialiste qui vocifère contre ce même système, alors qu’elle en est issue et en incarne toute l’hypocrisie.

Car qui est Marine Le Pen ? La « candidate du peuple » ? Ou une grande bourgeoise du Domaine de Montretout, née avec une cuillère en argent dans la bouche, qui défend la République mais a inscrit ses enfants dans les bons lycées cathos de la banlieue Ouest comme tant d’autres réacs de la Manif pour tous ? Une fille d’ouvrier ? Ou celle d’un parvenu héritier d’une grosse fortune ? Une avocate vêtue d’un tailleur strict et d’un catogan blond platine.

Marine Le Pen dénonce sans cesse les institutions européennes, les élites corrompues et les puissances de l’argent ; mais la vérité c’est qu’elle se moque du peuple qu’elle prétend représenter.

Les élites, elle en fait partie. La corruption, son parti et ses élus en sont les champions. Et l’Europe, c’est elle qui la nourrit ainsi que ses assistants fictifs.

La vérité c’est que l’affrontement annoncé entre Macron et Marine Le Pen est l’alternative choisie aujourd’hui par des élites qui tirent les ficelles et choisissent leurs poulains en fonction de leurs stratégies et des fluctuations d’une opinion qu’ils manipulent par médias interposés.

Complotisme ? Non : lucidité !

Ainsi Macron est le favori du système, qui se pliera religieusement aux diktats de la haute finance et de Bruxelles.

Tandis que Marine Le Pen incarne le scénario catastrophe qui précipitera la France dans un abîme d’où seule l’allégeance consentie à un sauveur labellisé par Big Brother pourra la relever en l’asservissant totalement à la Matrice.

Ceux qui sont incapables de comprendre cela préfèrent la torpeur des anxiolytiques et des hallucinogènes qu’on leur inocule à l’âpre vérité. Et renoncent à toute responsabilité pour s’endormir dans le confort narcotique du Mensonge.

On ne pourra pas dire qu’ils n’ont pas été prévenus, quand ils se réveilleront de leur songe et découvriront qu’une fois de plus on les a dupés. Hollande et Valls ne leur ont apparemment pas suffi pour comprendre que la social-démocratie à la française était un mirage, le libéralisme social un attrape-couillons et le « socialisme progressiste » un mot creux ressorti des oubliettes pour masquer une formidable arnaque.

Avec la caution de la girouette Bayrou voici Macron maintenant flaqué d’un allié qui ancre sa candidature dans un « centre » aussi fantasmatique qu’éphémère.

Mais cela rassure pour un temps les plus dubitatifs qui ont maintenant bonne conscience à s’engouffrer dans une aventure dont ils ne ressortiront pas vivants.

Puisque les jeux semblent pliés, souhaitons bonne chance à cette pauvre France incapable de s’inventer un avenir et qui préfère s’en remettre à chaque scrutin à des marchands de rêves de plus en plus habiles, cyniques et mensongers.

Il n’y a hélas qu’au lendemain des grandes catastrophes et d’années d’humiliation que les Français savent distinguer un grand homme d’un imposteur et le suivre en se choisissant un destin d’envergure.

Pour l’heure, c’est entre la France riquiqui de Marine Le Pen et l’abandon de toute idée de la France au bénéfice du Système mondialisé qu’il va falloir choisir.

Dans les deux cas, un suicide : celui du monde orwellien des milices et des barbelés. Ou celui d’Alice au Pays des merveilles en version 3D augmentée.