Big Pharma, médecines alternatives et Changement de conscience

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Selon l’OMS le paludisme était encore en 2015 la 7e cause de mortalité dans les pays à bas revenu, la première étant les infections respiratoires.

Pourtant, beaucoup de maladies pourraient être efficacement soignées, certaines épidémies comme le paludisme éradiquées, avec des traitements naturels, efficaces et peu coûteux.

Notamment les infections virales ou bactériennes, grâce à des substances naturelles qui sont de puissants antibiotiques dénués d’effets secondaires.

Voir notamment cette vidéo qui démontre comment une plante peut vaincre le paludisme.

Même des affections de longue durée qui engendrent une forte mortalité et coûtent très cher à la collectivité comme le cancer, le sida ou le diabète peuvent être soignées efficacement grâce à certains traitements alternatifs. Parfois avec une efficacité supérieure aux traitements allopathiques, comme par exemple pour le cancer.

Mais on n’a pas le droit de le dire. Parce que cela risquerait de faire du tort à Big Pharma.

Et que la Doxa favorable à ce puissant lobby, verrouillée par des médecins corrompus et relayée par les pouvoirs publics, entretient dans l’opinion publique des croyances fausses, une vision univoque, qui rendent inaudible et discréditent tout discours alternatif.

Quand on cherche à promouvoir les médecines naturelles, quand on s’attaque aux lobbies pharmaceutiques, quand on dénonce leurs agissements coupables, la corruption des médecins, des institutions scientifiques et des pouvoirs publics, la dissimulation d’informations sur les effets secondaires des médicaments, ou plus incroyable, des scénarios dignes de films de science-fiction comme la dissémination criminelle d’agents pathogènes ou de substances nocives afin de vendre plus de vaccins ou de médicaments et de maximiser les profits, on est accusé au mieux de « complotisme », au pire on s’expose à devenir la cible de procès ruineux. Et si l’on est soi-même médecin, on s’expose à être rayé du Conseil de l’Ordre.

Pourtant les médecines naturelles, comme les médecines traditionnelles (chinoise, ayurvédique, amazonienne et autres) utilisent des remèdes naturels efficaces aux effets connus depuis des millénaires.

Quant à la recherche, elle ne cesse de découvrir de nouvelles voies thérapeutiques dans des domaines d’avenir comme l’épigénétique, les neurosciences, les états modifiés de conscience, les nanoparticules, la robotique ou certaines applications pratiques des théories quantiques.

Le Chiffre d’Affaires de l’industrie pharmaceutique dans le monde a augmenté de 175% en 15 ans. Il était en 2015 de plus de 1000 milliards de dollars (OMS).

Les enjeux sont considérables : scientifiques, économiques, financiers, sociaux, politiques, humanitaires, éthiques…

Hélas l’éthique est souvent oubliée, saccagée, au bénéfice du seul critère de la rentabilité financière.

L’industrie pharma est tout sauf une œuvre philanthropique. C’est au contraire une machine à générer des milliards de profits. Dans laquelle sont impliqués de grands conglomérats multinationaux, des banques, des états, des dirigeants politiques, des milliardaires au CV plutôt trouble comme Donald Rumsfeld…

On ne combattra pas une telle hydre en dénonçant des scandales ou juste avec des discours de vérité sur telle ou telle épidémie, ou sur telle ou telle substance aux vertus curatives négligées.

C’est un long travail sur les consciences, sur les opinions publiques, sur les décideurs, qui conduira peu à peu l’humanité à s’extraire de ces logiques barbares et asservissantes. Pour placer la quête du Bien commun au pinacle de nos valeurs et de nos objectifs communs au plan planétaire.

La santé publique est sans doute l’un des axes les plus critiques du Changement à l’œuvre aujourd’hui.

La pression démographique, l’accroissement des inégalités mais aussi des échanges et de la mobilité au plan mondial renforcent ce phénomène.

Les petits ruisseaux font les grands fleuves. Et l’éveil de consciences est l’affaire de chacun d’entre nous.

Ne restons pas esclaves d’idéologies et de mensonges pilotés par ceux qui veulent nous maintenir dans l’ignorance. Ne soyons pas les vaches à lait de structures et d’institutions entièrement vouées au profit maximum et servent les intérêts d’un tout petit nombre.

Sachons inventer d’autres logiques, qui soient réellement bénéfiques à l’homme et à ouvrent la voie d’un avenir radieux pour l’humanité.

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La Marche des Forcenés

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Une fois de plus je ne vais pas me faire que des amis mais j’assume.

Loin d’être une manifestation utile, décalée, drôle et surtout représentative des aspirations des gays et lesbiennes, plus de 40 ans après sa création la Marche des Fiertés LGBT est devenue un carnaval burlesque sans surprise ni saveur.

Toujours les mêmes clichés. Les mêmes chars bariolés. Les muscles saillants débordant des strings et les seins arrogants de camionneuses carrées. Les drag queens et les folles déchaînées.

Toujours la même cacophonie, la même hystérie, la même bêtise outrancière.

Et les mêmes slogans ressassés.

Quand on pense aux années « révolutionnaires », où quelques militants du FHAR et quelques féministes du MLF osaient braver la pudibonderie de la France post-gaulliste.

Quand on se souvient des années sida qui avaient précipité toute une communauté dans le tragique et l’urgence.

Et puis, il y a 20 ans, cette « accession à la visibilité » tant espérée. Enfin ! Près d’un million de personnes défilant de Montparnasse à Bastille lors de l’Europride 1997. Du jamais vu. Une sortie du placard déculottée pour les uns. Un phénomène voyeuriste pour les autres. Une métamorphose pour la société. Dont les mentalités commençaient à peine à se décrisper pour découvrir la réalité de millions de ses enfants autrement qu’aux travers des stéréotypes de Zaza et Rénato.

Les choses se sont accélérées avec le vote du pacs en 1999, la pénalisation de l’homophobie dans les années 2000. Puis le Mariage pour tous en 2013, qu’aucun n’aurait imaginé possible quelques années auparavant.

Que reste-t-il de ces combats et de ces paillettes ?

Aujourd’hui la gay pride est définitivement un « machin » du passé. Un éternel bégaiement sur les mêmes thèmes. Un défouloir pour les plus jeunes. Et un rituel imposé pour les apparatchiks de la cause et leurs supporters clientélistes.

La communauté LGBT devrait s’interroger sur l’image qu’elle donne d’elle-même lors de ce cirque annuel. Je ne parle évidemment pas d’autres grandes manifestations comme les Gay Games qui s’ouvriront à Paris à l’été 2018. Lesquels relèvent sérieusement le niveau, et offrent un autre visage de l’homosexualité que ces stéréotypes convenus dans lesquels 95% des gays et lesbiennes de 2017 ne se reconnaissent pas.

Quand une manifestation destinée à faire valoir des droits légitimes devient une institution nombriliste, quand l’avant-gardisme et la provocation politique s’abîment en conformisme contenté et en vulgarité affligeante, quand l’aiguillon de l’époque en vient à pasticher les modes des autres, il est temps de jeter l’éponge !

Comment oser pareil blasphème ?… Et les défenseurs de la cause de nous bassiner aussitôt avec « les droits LGBT », conquis de haute lutte, et auxquels ces marches auraient largement contribué.

Certes, mais quels « droits » ?…

Les LGBT ont tout conquis. L’homosexualité est devenue une norme. Que personne ne songe aujourd’hui à contester. Au moins ici, mis à part quelques aliens intégristes de La Manif pour Tous.

Reste à assurer la vigilance nécessaire pour éviter un retour de balancier, qu’on a d’ailleurs en partie suscité par trop d’excès, d’orgueil et de caprices.

Mais ça n’est sûrement pas avec ce genre de gay prides qu’on y arrivera.

A-t-on mis la Tchétchénie au pinacle des slogans de la Marche 2017 ?

Niet !

Tout un symbole. Triste et éloquent.

Les LGBT ont perdu le sens des réalités. Après que le sida les avait précipités il y a 35 ans dans un réel sombre et glacé. Passée la sidération, l’urgence les avait contraints à devenir des héros du changement. Aujourd’hui ils ne sont plus que des rentiers spéculant sur les dividendes arrachés à une société frileuse sommée de les aduler.

L’avenir me direz-vous ? Mais l’avenir n’est certainement pas aux identités fragmentées ! L’avenir est à une humanité diverse mais unifiée, solidaire et fraternelle. Pas à ces caricatures figées, égoïstes, héritées d’une autre époque.

Mais il n’y a pas que les droits ou l’avenir qui sont en jeu. Tout n’est pas qu’histoire de marchandage avec la société et le temps. Il y a aussi ce que l’on choisit d’être, de montrer et de partager avec le monde qui nous entoure.

Et dans ce domaine – l’identité – acquise ou construite et toujours en perpétuel renouvellement, tout n’est pas qu’affaire de genre ni de sexualité.

La seule chose que nous ayons à offrir à nos semblables et au monde qui nous entoure, c’est le meilleur de nous-mêmes. Ou bien le pire.

Encore faut-il en être conscient.

Les psychiatres en blouse blanche pétris de puritanisme et d’esprit scientiste qui avaient inventé au 19e siècle « l’homosexualité », ce douloureux concept, nous avaient assignés à vivre dans la déviance pathologique, la honte et l’exclusion. A moins de se plier aux aveux contrits sur le divan, et d’accepter de réformer ses perversions par des procédés plus ou moins barbares pour rentrer dans la normalité, et redevenir l’homme ou la femme à part entière que l’on aurait jamais dû cessé d’être.

Ceux qui ont par la suite inventé l’identité gay ont voulu nous persuader que loin d’être un motif de honte, cette homosexualité qu’on nous collait sur le visage en nous crachant dessus était au contraire un motif de fierté qu’il fallait assumer, revendiquer et même jeter à la figure de ceux qui nous insultaient en gueulant plus fort qu’eux pour les contraindre à nous regarder, nous considérer et même nous accepter.

Stonewall : autopsie d’un mythe…

Ou comment la fronde de quelques folles virées d’un bar de travelos à New York par une descente de police dégénéra en combat de rue. Une émeute qui fit couler de l’encre, et que les chroniqueurs des fanzines gay puis les historiens des gay studies érigèrent en acte de résistance, en Trois Glorieuses et en événement fondateur de la cause homosexuelle.

La gay pride est censée commémorer cet événement mythique et symbolique, en descendant dans la rue une fois l’an pour prendre possession du pavé, bousculer les codes de convenances, rejouer la tragédie antique des esclaves libérés de leurs chaîner et forcer la meute des citoyens indifférents à voir et à s’interroger.

Voir quoi ? Un spectacle. Une mise en scène. A l’origine celle du scandale de la répression et de ces marginaux qu’on ne voulaient voir que dans des cabarets burlesques pour s’en moquer.

Le but ? Transférer la honte des victimes sur leurs bourreaux. Forcer la société à se regarder en face. A prendre acte de ses paradoxes et de ses lâchetés. Puis fédérer d’autres parias pour rejoindre le Grande Marche toujours grossissante des rebelles sortis des placards et dont la conscience s’éveille. Un peu comme Gandhi forçant la Perfide Albion à accorder la liberté et des droits à ces millions d’intouchables. Et puis enfin, forts de ce nombre impressionnant, demander aux autorités des comptes et au politique de se bouger les fesses pour nous accorder des droits.

Le droit d’être ce que l’on est et qu’on n’a pas choisi d’être. Le droit d’agir et de vivre en accord avec une nature qui s’est imposée à nous, souvent dans la douleur et les larmes. Le droit de ne plus être systématiquement montré du doigt, stigmatisé, raillé, rejeté, banni de sa famille, de l’accès à un travail décent, de son église et finalement de la société. Sinon insulté, tabassé, voire assassiné par des coups ou des paroles meurtrières.

Le droit ensuite de partager à égalité les avantages politiques, juridiques et sociaux d’une société de consommation en plein boom. De jouir de tout et de demander l’impossible. Le droit de pouvoir choisir à son gré son identité, d’être un homme ou une femme, ou quelque chose entre les deux. Ou une « chose », un monstre, un queer, selon sa fantaisie ou sa démence…

Le droit de faire ce que les constantes anthropologiques, les normes sociales et les déterminisme biologiques ne nous avaient pas autorisés à croire possible. Comme se marier comme un couple « normal », comme papa-maman ou Blanche Neige et son Prince charmant. Faire des enfants, quitte à recourir à la science. En adopter et les élever au grand jour. Bénéficier des mêmes droits que n’importe quelle autre famille. Et voir la sienne reconnue comme telle. Après tout ce n’était qu’une façon d’entériner enfin ce qui existait déjà dans toutes les sociétés depuis la nuit des temps.

Certes. Mais quitte ce faisant à tordre le cou au réel ou à s’enfermer pour certains dans le déni de réalité. A franchir le Rubicon qui sépare la revendication légitime d’un statut et de droits égaux à celle d’un égalitarisme radical mué en désir d’identification. A prétendre que puisque que hommes et femmes sont égaux en droit, ceux-ci doivent aussi être en tous points identiques. Que la différence des sexes, archétype de toutes les autres et fondatrice de la dynamique des relations humaines sinon pour tous de la dynamique du désir, doit être abolie. Dénoncée comme un archaïsme d’un passé marqué par la domination machiste et hérérosexiste.

Cette revendication excessive à se dévoiler au grand jour, à se montrer et à donner de la voix pour son plus grand bonheur, cette obstination sectaire et totalitaire consistant à assigner toute personne attirée peu ou prou par le même sexe à se déclarer publiquement et à rejoindre la masse, à endosser sans honte ni nuance aucune cette identité elle aussi assignée du dehors par la milice communautaire et non plus la médecine, a certes permis de faire front, de forger des images et un discours qui allaient marquer des points durant 5 décennies.

Il faut reconnaître à ces pionniers et ces militants de l’audace et du mérite. Sans eux rien n’aurait bougé et nous en serions encore à draguer dans les pissotières ou les bars clandestins des bas-fonds des cités.

Mais leur excès de zèle, tout efficace et porteur de changements qu’il ait pu être, a aussi créé des normes et une idéologie. Aujourd’hui assumer ses goûts et son orientation sexuelle, vivre une sexualité, une vie affective, de couple, de famille, une vie sociale, professionnelle, intellectuelle et spirituelle épanouie tout en refusant de se déclarer « gay » être un motif de lynchage.

Si l’on a le malheur de partager ce plus petit dénominateur commun qui consiste à préférer les personnes de son sexe, on DOIT absolument endosser cette identité fabriquée et tout aussi factice que celle, pathologique, de l’homosexualité !

Au risque sinon d’être déclaré traître à la cause voire allié des forces oppressives : « l’autre », l’hétéro, forcément toujours quelque part hostile, brutal, agressif et prêt à casser du pédé pour se défouler, faire payer à à un bouc émissaire commode ses propres frustrations, ou la peur d’en être lui aussi.

A cause de ce terrorisme communautariste, beaucoup passent à côté de qui ils sont vraiment en réalité. Car l’identité est une chose complexe, protéiforme, délicate et changeante. Et qui ne se résume pas à de la zizologie.

Cocteau disait : « Il faut suivre sa pente naturelle… Vers le haut ! »

Le moins que l’on puisse dire c’est que ces gay prides n’incitent pas les jeunes ados un peu paumés qui se découvrent une attirance pour leur meilleur ami à se poser les bonnes questions ni à réfléchir avec sérénité et esprit de nuance sur ce qu’ils vivent sinon sur ce qui ils sont.

Et que les clichés qu’elles brandissent, à l’origine pour choquer, aujourd’hui pour répéter toujours les mêmes gimmicks, ne présentent pas à la société dont elles attendent tout le visage le plus amène ni le plus nuancé. Même si celle-ci fait mine d’applaudir parce que c’est dans l’air du temps.

Aujourd’hui il ne s’agit plus de conquérir de nouveaux droits. Ni même seulement de bétonner sur nos acquis par crainte de se les voir un jour rogner par Sens Commun ou le FN.

Aujourd’hui il s’agit d’intégrer cette nouvelle identité qu’est l’identité gay, devenue une norme sociale, culturelle et politiquement correcte, à la diversité des autres normes identitaires, comportementales, culturelles et même éthiques.

Il s’agit de lui donner du contenu et du sens. Et non juste de rajouter encore quelques tonnes de paillettes pour la faire briller plus fort et oublier les tourments qu’elle nous inflige.

Dont acte !

Dire ce genre de vérités demande plus de courage que de suivre l’esprit du temps. Mais sans discernement critique, on passe à côté des vrais changements.

Le temps n’est plus aux luttes héroïques ni aux harangues romantiques. Aux provocations calculées pour forcer le bourgeois à renoncer à son mépris envers les minorités et leur conférer des droits justes.

L’époque est aux identités sereines, décomplexées, vécues dans la simplicité et la joie du commerce avec l’autre. Pas aux revendications arrogantes, pendant d’une honte travestie en « fierté ».

Il est temps de prendre acte de ce changement. Au risque sinon de devenir encore plus ringards, ridicules et exaspérants.

Les jeunes générations des 18-30 ans, ces zozos et yoyos qui battent le pavé pour rigoler, se moquent éperdument des luttes de leurs aînés. S’ils plagient la langue de bois LGBT, c’est parce que ses slogans font partie du paysage de la pensée unique. La vérité c’est qu’ils s’en foutent royalement. Pour eux l’homosexualité n’est ni un « problème » ni même une identité. Etre gay ne leur pose pas plus de question qu’être black ou tismé. Sauf peut-être quand on habite Sarcelles et qu’il faut prendre le RER pour pouvoir afficher ses goûts devant ses potes à la terrasse du Cox. Encore que…

Le sida n’est plus un frein à la sexualité, à peine une maladie. Après tout il y a la PrEP. No comment…

En 2017 on peut se marier avec son pote, inviter parents, amis et collègues à faire la teuf, et même élever des gosses. Que demander de plus ?

Ah oui il y a bien des pays comme l’Arabie Saoudite ou la Russie où être pédé ça n’est pas vraiment rose. Mais c’est tellement loin… Et puis les djeunes kiffent plus Miami, Barcelone ou Berlin que Riyad ou Moscou…

Que reste-t-il de nos gay prides ?

Un musée à ciel ouvert chaque dernier samedi de juin. Où les irréductibles viennent se contempler le nombril en rejouant le sketch factice du Grand Soir arc-en-ciel.

Et puis sinon ? Quelques tonnes de flyers, bouteilles plastique et déchets divers déversés dans les rues en quelques heures. Que les camions verts de la Mairie de Paris ramassent méthodiquement en lessivant le macadam sitôt le dernier char passé.

Et une nuit de délires et de débauches où le Marais et ses métastases parisiennes entrent en éruption volcanique jusqu’au lendemain soir. Quand plumes et harnais rangés, les esprits dégrisés reprendront leur train-train quotidien en se disant à l’année prochaine. Pour refaire la même Marche des Forcenés.

Sans même s’apercevoir qu’à part quelques touristes chinois, leurs excentricités d’un autre âge font bailler tout le monde.

Bareback, ou comment bien s’en foutre

Retour sur 35 ans d’épidémie de sida, sur l’évolution des comportements et des représentations en matière de prévention.

1/ SIDÉRATION

sida

5 juin 1981 : le Centre de contrôle des maladies d’Atlanta fait état, chez cinq jeunes homosexuels de Californie, d’une pneumonie rare qui ne frappait jusqu’alors que des sujets fortement immunodéprimés. Un mois plus tard, un cancer de la peau très rare est diagnostiqué chez 26 homosexuels américains. On parle à l’époque de « cancer gay ».

Le sarcome de Kaposi est encore inconnu du grand public mais déjà les photos de ces jeunes gens décharnés et couverts de taches sombres sur le corps s’étalent sur les pages des tabloïds et provoquent la stupeur.

La médecine est impuissante à expliquer les raisons de la rapide et spectaculaire dégradation de leur état de santé. On incrimine un temps les poppers. En vain. Certains parlent d’une nouvelle « peste des temps modernes ». D’autres osent invoquer l’hypothèse d’un « châtiment divin » pour les fornicateurs et les sodomites.

Très rapidement ces cas inexpliqués d’effondrement immunitaire chez des hommes jeunes et en bonne santé se multiplient et gagnent d’autres communautés homosexuelles en Europe. Un premier est diagnostiqué en France en 1981. L’hypothèse infectieuse se confirme à mesure que les hôpitaux désorientés accueillent ces nouveaux malades.

La peur s’installe et tout bascule : on croyait la science à même de nous protéger des plus grands fléaux et la voici totalement mise en échec devant ce mal d’un nouveau genre.
Et puis ce qu’on appelle d’abord S.I.D.A. fait resurgir des peurs ancestrales. Sa portée symbolique est éloquente : comme il semble se communiquer par les fluides sexuels sans qu’on puisse identifier la cause exacte, c’est la transmission de la vie qui se voit symboliquement confondue avec celle de la mort. Et comme il semble ne concerner au départ que les homosexuels masculins cela semble accréditer l’idée folle que ceux qui pèchent contre la nature reçoivent le salaire de leur iniquité.

Alors que l’homosexualitée est encore stigmatisée et pénalisée dans beaucoup de pays occidentaux (elle ne sera dépénalisée en France qu’après l’arrivée de François Mitterand au pouvoir), les homosexuels qui rêvent d’une reconnaissance et de plus de liberté, sans même parler de droit snouveaux, comme pour toute une génération qui a grandit avec la libération des moeurs, les paillettes du disco et la levée de tous les tabous, le sida sonne comme un coup de massue, une trompette d’apocalypse. Tous sont sidérés et ne savent ni comment réagir ni quel sera leur avenir.

Il faudra attendre que les chercheurs découvrent la cause de la maladie et qu’on puisse envisager comment s’en protéger pour que s’organise un embryon de réponse à cette catastrophe et que des pionniers courageux entreprennent de venir en aide à leurs amis décimés en se mobilisant contre la peur généralisée, la tentation de désigner des boucs émissaires ou de condamner toute une population avant même qu’elle ne soit touchée.

2/ RETROVIRUS

1983 : H.I.V.

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Avec ces 3 petites lettres on tient enfin le coupable ! L’équipe du professeur Montagnier vient d’isoler une souche virale chez un malade du sida qui cible certains lymphocytes appelés « T4 », lesquels jouent un rôle de vigiles et d’alerte au sein du système immunitaire en déclenchant la réponse immunitaire en cas d’infection. Quand trop de ces lymphocytes sont détruits par le virus, l’organisme devient incapable de se défendre contre les infections opportunistes et le patient ne tarde pas à mourir de leurs conséquences, le plus souvent d’épuisement.
Mais désormais on connaît l’agresseur : il y a donc un espoir, à terme, de vaincre la maladie et d’enrayer l’hécatombe qui gagne toute la population homosexuelle dans les grands centres urbains et commence même à s’élargir aux hétérosexuels.

3/ AU COMMENCEMENT ÉTAIT LA PRÉVENTION

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Face à cette épidémie d’un nouveau genre initié au milieu des très libertaires seventies puis galopante dans les décennies 1980 et 1990, face à l’absence de traitements efficaces jusqu’à l’arrivée des trithérapies en 1996, associations d’aide aux malades, pouvoirs publics, corps médical, médias et communautés LGBT se tournent vers le seul rempart à la contamination : la bonne vieille « capote anglaise ».

On multiplie les messages de prévention, on tente par tous les moyens et à grand renforts de budgets publicitaires de rendre le plastique sympathique. Mais le sida court toujours. Et surtout il tue de plus en plus.

La raison et la peur d’être contaminé l’emportent toutefois sur la tentation défaitiste ou l’irresponsabilité d’une génération hédoniste habituée à jouir sans entraves et au sexe sans capote.
Mais si le ruban rouge est pour l’heure très tendance, la capote ne parvient pas à le devenir.

On se résout pourtant à l’utiliser en attendant des jours meilleurs… qui tardent à venir.
Grâce à cette persévérance, l’épidémie donne quelques signes de ralentissement. Quant aux avancées de la médecine, elles oscillent entre annonces spectaculaires, faux espoirs et désillusions.

On s’habitue à voir mourir ses amis et si l’on a la chance d’être passé au travers on fait contre mauvaise fortune bon cœur. On vit sous cloche en soutenant ceux qui n’ont plus la force de lutter ou plus envie de baiser à force d’être gavés de cachetons.
Quant à ceux, rares ou planqués, qui osaient se soustraire à l’injonction préventive et baiser sans capote, ils sont considérés, à juste titre, comme des irresponsables et des criminels.
D’ailleurs nombreux sont ceux qui ont contaminé sciemment leurs partenaires lors d’un rapport non protégé sans les avertir au préalable et ont fini en prison.

4/ LE « DEUIL DU DEUIL »

1996 : changement complet de paradigme.

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La science dont l’orgueil avait été sérieusement malmené par 15 années de défaites contre le sida tient enfin sa revanche avec l’arrivée des trithérapies. En associant 3 molécules qui agissent à des stades différents de la réplication virale on arrive enfin à ralentir celle-ci voire à la bloquer complètement.

Si l’on ne peut encore parler de guérison, du moins peut-on redonner aux séropositifs et aux malades qui ont tenu le coup l’espoir d’une vie prolongée sinon normale.
Et le pari tient ses promesses. Malgré la lourdeur des traitements et les nombreux effets secondaires, des mourants reprennent vie comme par miracle, du poids, des joues, de l’énergie, du moral, de l’appétit… et même une vie sexuelle !
On se prend même – changement inouï – à refaire des projets à long terme ! Alors que l’équation semblait auparavant posée comme une sentence inexorable :

PEDE = SEROPO = SIDA = MORT !

Certains se remettent même à faire du sport, à sortir, à reprendre une vie sociale, voire à retravailler.
Toute une génération de séropositifs auxquels on ne donnait plus vraiment d’espoir, qui étaient étiquetés à vie et qui n’avaient d’autre réconfort que la compassion craintive d’une société angoissée envers les « victimes » du sida se retrouvent face à un dilemme inattendu : comment redonner du sens à son existence quand on s’était préparé à mourir. Il faut faire le deuil du deuil… Pas simple.
Il faut aussi comprendre que pour beaucoup de personnes concernées, être séropositif était une identité, sinon le cœur de leur identité.

5/ « DES MOLÉCULES POUR QU’ON S’ENCULE ! »

C’est par ce slogan parmi d’autres du même goût (« Sida is disco»…) qu’Act Up défile dans les rangs de la Gay Pride à la fin de la décennie 1990.
Il résume à lui seul le changement d’attitude d’une partie des gays, qui de la sidération au courage, de la honte à l’action militante pour rendre visibles la maladie et l’homosexualité, ont poussé la surenchère auprès des politiques et de l’opinion publique pour réclamer toujours davantage de reconnaissance, de prérogatives et de droits, jusqu’à exiger un statut d’immunité ( !…) ou d’exception à l’instar des enfants capricieux qui veulent tout tout de suite.

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L’Etat a ouvert ses caisses (du moins au début), le bourgeois son porte-monnaie, toute la société a compati au sort de ces malades qui venaient expliquer leur combat quotidien contre la maladie sur les plateaux télé, la société a évolué, l’homosexualité est sortie du placard et a acquis une reconnaissance, on a voté le PACS en 1999, porté au départ par des militants soucieux de donner des droits élémentaires aux conjoints de malades décédés du sida et expulsés par leur famille ou leur propriétaire, puis le mariage pour tous en 2013. On ne peut qu’applaudir à ces avancées.
Mais à l’aube de l’an 2000, alors que de nouvelles molécules arrivaient chaque année et que l’on commençait à mieux maitriser les traitements, ça n’était pas assez.

Conséquence : une fracture s’est produite. Déjà le sida était moins « tendance », mobilisait moins les bonnes âmes. Et puis à l’heure où Christine Boutin incarnait la France bigote, réac et homophobe, une partie de la société a commencé à douter de sa générosité et de l’honnêteté des militants. Les fonds alloués aux programmes de prévention et aux divers services d’aide aux malades délégués par l’Etat aux associations comme AIDES se sont taris.
Alors certains ont cru malin d’en rajouter une couche dans la provocation, produisant un effet de rejet à l’égard des homosexuels plutôt qu’un élan de solidarité.
L’histoire leur a donné tort : ils ont disparu de la scène politique et communautaire, se sont calmés ou ont trouvé des fauteuils confortables pour se reconvertir, notamment dans l’équipe du nouveau maire de Paris Bertrand Delanoë élu en 2001.

6/ DU RELAPSE AU BAREBACK

Conséquence de l’arrivée des trithérapies : dès la fin de la décennie 1990 la sexualité reprend du souffle et des couleurs. Désormais on ne se contente plus de quelques rencontres occasionnelles sur minitel ou les petites annonces des fanzines gays ; les bordels et les lieux de drague se remplissent à nouveau.
L’arrivée d’internet booste et recompose le marché du sexe en modifiant les comportements. Grâce aux sites de rencontre on peut désormais faire son marché confortablement installé chez soi derrière son écran, prendre le temps de discuter, sans avoir à braver les intempéries, risquer de rentrer bredouille ou choper une bléno en se rabattant sur le seul mec qui traîne.

Parallèlement, après 20 ans d’épidémie et de baise encapuchonnée, la vigilance se relâche et les pratiques à risques commencent à se multiplier. D’abord on « oublie » de mettre une capote. Puis ça devient insidieusement une habitude. La désinhibition liée à l’usage du poppers ou de stupéfiants y contribue aussi.

Dans ce cas de figure on parle de « relapse » (relâchement).

On a beau accentuer les messages de prévention, il semble que de plus en plus de « vieux séropos » vivant plutôt bien avec le virus et de séronégatifs qui n’ont connu que la sexualité sous capote soient fatigués et aient envie de redonner du piquant à leur vie sexuelle en tentant occasionnellement de lever le pied.

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Pour une frange beaucoup plus minoritaire en revanche, l’abandon délibéré du préservatif est un acte réfléchi, militant et même paré d’une aura fascinante voire d’un puissant pouvoir de griserie.
Le fait de renoncer à se protéger et de s’exposer au virus est vécu comme un acte de courage, le contact avec le sperme est fétichisé. Certains y voit l’expression d’une sexualité libre de toute contrainte, frondeuse, animale. Pour d’autres la contamination volontaire de partenaires séronégatifs consentants est même élevée au rang d’acte rituel, d’initiation. Transmettre le VIH (et ses propres anticorps) c’est aussi transmettre un pouvoir magique. Et créer à vie une relation puissamment intime et inaltérable, incompréhensible au reste de la société, entre un « donneur » ou un « père » et un « receveur » ou un « fils ». Le virus devient l’agent d’une « insémination », par laquelle la force de celui qui a survécu à la maladie est mythiquement transmise à l’initié.

7/ DE LA DÉSINHIBITION A LA DÉCULPABILISATION

Désir de transgression, folie schizophrène, délire de toute puissance, jeu inconscient avec la mort ou au contraire confrontation volontaire au danger et dépassement des limites pour mobiliser des ressources intérieures face à la maladie que le confort du préservatif avait endormies, on a tout dit pour tenter d’expliquer le bareback sans jamais épuiser le sujet.

Quant à ceux qui le pratiquent en toute conscience des dangers qu’ils prennent, la loi et la société sont impuissantes à les en empêcher. Même si cela peut scandaliser, cela relève d’un choix librement consenti entre deux adultes de se protéger ou non.

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Ce qui est certain c’est que la pratique du bareback s’est développée et banalisée à partir de la décennie 2000.
Des sites de rencontre spécialisés bareback se sont multipliés. On y détaille en toute décontraction son statut sérologique, son nombre de T4 et sa charge virale si l’on est séropo, ses préférences en matière de prévention (Kpote / no Kpote), et pour les séronégatifs on peut même se porter candidat à la « plombe ». Entendez se faire contaminer volontairement par un donneur.
Tous les fantasmes sont permis. Y compris s’exposer au virus en se faisant « doser » (remplir) à la chaîne par un groupe de donneurs : une façon d’être volontairement rabaissé au rang d’objet sexuel le plus méprisable et d’assumer son rôle de « lopsa » (salope), de « chienne » ou de « garage à foutre ». On appréciera le niveau d’estime de soi.

logo-cul-a-remplir-chat-annonce-plan-sexe Les hétérosexuels ne sont pas en reste. Le porno japonais qui n’est pas à une fantaisie fétichiste prêt invente une nouvelle pratique pour les femmes qui raffolent du sperme : le bukake. Elle consiste à se faire recouvrir le visage et/ou le corps par le sperme d’un groupe d’hommes qui viennent à tour de rôle éjaculer sur l’élue pour la contenter. Cette pratique existe aussi chez les homosexuels.

Autre fait plus inquiétant : alors que l’homosexualité accède au rang de nouvelle norme à égalité avec l’hétérosexualité, les pratiques sexuelles extrêmes ou défiant les normes et véhiculées par l’industrie du porno se banalisent elles aussi, notamment chez les plus jeunes. Voire sont récupérées par la mode et les discours en vogue : SM, bondage, fétichisme, échangisme, multipartenariat, soumission… Même dans les milieux très rangés il est d’usage pour une soirée ou plus régulièrement de pimenter la sexualité du couple en y introduisant quelques éléments subversifs : une virée dans un club échangiste, un 3e partenaire invité ou « loué » pour quelques heures, quelques accessoires pour Madame ou Monsieur, transgresser les identités sexuelles et explorer les rapports homos en étant passif quand on est un homme hétéro, ou le saphisme quand on est une femme mariée, etc…

Enfin, pour une part non négligeable de gays au cours de la décennie 2010, la sexualité festive et extrême devient indissociable de la prise de diverses drogues baptisées « chems » : cocaïne, ecstasy, GBH, amphétamines, voire diverses substances injectables. Les dégâts sont considérables, la récupération est parfois laborieuse au terme d’un week-end de marathon sexuel et d’excès en tout genre, mais peu importe pourvu qu’il y ait l’ivresse. Certains y laissent des fortunes et leur santé.

On comprend que face à cette quête d’un plaisir toujours plus intense et sans cesse renouvelé, l’abandon du préservatif relève du simple détail et n’intéresse plus grand monde.

8/ BANALISATION DES EXTRÊMES ET MISE EN CATALOGUE CONSUMÉRISTE

Qu’en est-il aujourd’hui ?

La vérité c’est que dans les backrooms comme dans les rares lieux de drague extérieurs qui subsistent dans la capitale, presque plus personne n’utilise de préservatif.
Les IST comme la syphilis, la blennorragie, l’herpès, les chlamydiae, les condylomes ou l’hépatite C flambent mais personne ne semble s’en inquiéte. On nage en pleine euphorie comme si le sida n’existait plus. D’ailleurs la prévention a quasiment disparu des médias, l’Etat ne s’en préoccupe plus et les associations concernées rechignent à resservir des plats dont personne ne veut plus.

Reste que si certains s’en foutent ou négligent le danger, par ignorance, par défi, par irresponsabilité, par crainte de passer pour un ringard, un rabat-joie ou de ne plus trouver de partenaires pour assouvir ses fantasmes dans les bordels, ou par simple suivisme, d’autres en revanche restent fermentent attachés au préservatif et n’envisagent pas de rapports non protégés. Et pas forcément que des séronégatifs angoissés qui ont connu les heures sombres de l’épidémie et qui comptent le rester.

D’autres, soucieux de préserver et leur santé et leur plaisir et qui se présentent en général comme « hors milieu » parce qu’ils ne fréquentent jamais les bouillons de culture que sont les établissements de cruising gay, préfèrent choisir scrupuleusement leurs partenaires (séronégatifs) en s’assurant de ne prendre aucun risque.

On voit même apparaître une nouvelle catégorie sexuelle présentée par les médias comme une anomalie incompréhensible à l’époque où l’injonction au plaisir semble la norme universelle et où chacun est sensé savoir comment se protéger des IST : les « asexuels ». ceux-ci ont totalement renoncé au sexe, non par crainte de choper le sida, par puritanisme excessif ou parce qu’ils sont déprimés mais tout simplement parce qu’ils n’ont pas de désir. Ce choix, assumé sans honte par ceux qui l’incarnent, est même valorisé comme un moyen de consacrer son temps, son énergie et son attention à d’autres passions et activités que la zizilogie. Une manière peut-être de pousser à l’extrême le mécanisme freudien de sublimation de la libido. On est en tout cas aux antipodes des barebackers forcenés.

Ainsi cohabitent les contraires et les extrêmes les plus étonnants en matière de sexualité, de préférences et de choix préventifs. Cette typologie de comportements se retrouve dans les profils des sites de rencontre et des applis, dont les profils prennent soin de mentionner avec précision les préférences et desiderata personnels.

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Au nom du libre choix toutes les pratiques désormais  se valent, sont acceptées, mises en catalogue. Elles se concentrent dans des lieux prévus pour leur libre exercice sans pour autant se cacher ni s’exhiber outrageusement pour choquer le bourgeois ou subvertir la société, sont disséquées par les médias mainstream, présentées dans des docus épicés à heures de grande écoute. On peut afficher toutes les déviances qui autrefois alimentait les études psychiatriques sur la psychopathologie sans risque d’être moqué ou critiqué, pourvu qu’on rentre dans une case identifiée, nommée, connue, cartographiée.

Échappent à ce règne de la tolérance bienveillante les pratiques qui supposent la contrainte (viol, harcèlement), celle qui risquent d’entraîner la mort (SM hard), l’abus de mineurs (pédophilie), la sexualité avec des animaux (zoophilie) très peu visible sinon dans quelques sites pornos spécialisés, et la nécrophilie (sexualité avec des cadavres), rarissime et qui continue de jeter l’effroi. Pour le reste, tout est permis.

Le bareback, stigmatisé voire pénalisé à l’époque où le sida faisait encore des ravages et où les discours de prévention sur la capote incarnaient la forteresse inattaquable du politiquement correct en matière de comportement sexuel, est peu à peu devenu une pratique alternative parmi d’autres. Tout juste ses adeptes comme les personnes qu ont une sexualité à risque régulière avec de nombreux partenaires sont-ils invités le cas échéant à faire un bilan IST régulier. Les séropos ne prennent pour la plupart même plus la peine de préciser qu’ils le sont lors de rapports non protégés et baisent allègrement sans capote puisque c’est devenu la norme.

Tout se passe comme si le sida n’existait plus et que tout était redevenu comme avant. Les chantres de la prévention ont presque tous baissé les bras devant cette nouvelle soif orgiaque sans foi ni loi. Les bacchanales gays battent leur plein et rivalisent d’audace pour attirer le chaland.

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L’un des exemples de cette ivresse sans aucune retenue est La Démence, une soirée bruxelloise qui attire chaque mois dans un club du centre de la capitale belge quelques milliers de gays venus de toute l’Europe ou d’ailleurs pour une nuit de 23h à 13h le lendemain. Voire pour un week-end complet pour les plus sportifs. Longue file d’attente et filtrage musclé à l’entrée avant d’entrer dans ce temple dionysiaque qui regroupe 2 pistes de danse, une pléiade de DJs, des effets spéciaux hors normes, une marée compacte de corps torses nus et ruisselants dans la plus grande salle… et dans les étages supérieurs une enfilade de chambres noires où l’on y pratique tout autre chose que du développement photo. 3 à 400 frénétiques de la baise y tournent pour certains toute la soirée et forniquent comme des damnés dans toutes les positions possibles, passant d’un partenaire à l’autre, sans capote pour une écrasante majorité et sans aucun souci des IST. Le but n’est pas de s’amuser ou de rencontrer des partenaires, même anonymes, mais de s’envoyer en l’air jusqu’à l’évanouissement ou la nausée en faisant exploser le compteur. Nombreux sont ceux qu tentent de sensibiliser en rappelant que La Démence est l’un des plus grands spots de contamination de la communauté gay, rien n’y fait : l’appel du sexe est plus puissant que les réticences à se voir infecter.

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9/ SEXUALITÉ TRANSHUMANISTE

Pour combler l’attente des angoissés et développer chez les autres l’illusion d’une sexualité sans risques et sans capotes, certains laboratoires ont anticipé depuis longtemps l’évolution des comportements et prévu d’y apporter une réponse très lucrative : la PrEP.

Depuis 6 ans, un discours totalement nouveau sur la contamination émanant de la communauté scientifique se développe dans la communauté LGBT et les médias. Selon plusieurs études concordantes, il semble que les personnes vivant depuis longtemps avec le VIH, sous trithérapie et avec une charge virale indétectable ne puissent quasiment pas transmettre le virus ; celui-ci demeurant indétectable dans les fluides corporels mais seulement présents sous formes de traces éventuelles dans des « sanctuaires » comme la moelle épinière ou le cerveau où il dort en attendant les conditions favorables pour se multiplier à nouveau.

Puisque les séropositifs en bonne santé ne peuvent transmettre que très exceptionnellement le VIH, puisque le bareback est devenue une pratique courante, puisque beaucoup aimeraient baiser sans capote mais n’osent pas encore franchir le Rubicon, puisque les séropos préfèrent mentir sur leur statut sérologique plutôt que d’être rejetés, pourquoi ne pas offrir l’ultime sésame vers une sexualité décomplexée sous la forme d’une pilule qui préserverait du risque de contamination. C’est ainsi qu’est né le concept de la PrEP (Pre-Exposition Prophylaxis) qui consiste à utiliser un combiné de molécules utilisé habituellement comme traitement pour les personnes infectées comme traitement « préventif » avant un rapport sexuel, voire comme substitut au préservatif.
6 années d’études auraient prouvé l’efficacité de ce traitement, même si de sérieuse zones d’ombre subsistent qui font douter de son efficacité à long terme.

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N’empêche : tout le monde s’est engouffré comme un seul homme dans la brèche : pouvoirs publics pressés de subventionner ce traitement (remboursé par la Sécu depuis 2016) en taillant par ailleurs drastiquement dans les autres budgets sida jugés inutiles et trop coûteux ; institutions de santé comme l’ANRS dont les dirigeants ont des relations d’intérêt avec Gilead, le laboratoire qui commercialise la PrEP ; une grande partie du corps médical désabusé par l’échec des messages de prévention liées au préservatif ; médias soudoyés par les labos pour relayer leur messages ; associations comme AIDES supposées alerter quant aux dangers liés aux traitements ou à l’appétit des industriels mais s’en faisant les porte-parole zélés ; et bien-sûr les gays pressés d’en finir avec la capote, le sida, la stigmatisation pour les séropos, et le recours à répétition aux traitements d’urgence pour ceux qui oublient un peu trop souvent de mettre une capote.

Outre la flambée des IST qui jouissent avec le bareback d’un terrain idéal pour se développer (la PrEP ne protège que du VIH), la conséquence de cette dérive est d’entretenir l’idée fausse pour toute une population qu’on peut vivre et s’envoyer en l’air ad lib sans aucun risque et qu’il suffit pour ça de gober un cacheton avant d’aller au bordel.

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Comme les prothèses numériques qui alimentent nos rêves de toute puissance et d’immortalité, la PrEP nous conduit à une sexualité entièrement médicalisée et dépendante du bon vouloir de l’industrie pharmaceutique.

Est-ce vraiment le monde que nous voulons ?
N’est-il pas trop tard pour inverser la tendance ?

Ce qui est certain c’est qu’avec le bareback, pratique valorisée par les gays eux-mêmes, les films porno, les discours sur la sexualité « libre », associé aux mirages de la PrEP, ont créé les conditions pour une flambée épidémiologique à venir sans précédent et totalement hors de contrôle.

Les labos spéculent sur la politique du pire en prétendant être les bienfaiteurs de l’humanité mais c faisant ils ouvrent une boîte de pandore qui risque d’être bien plus dramatique que les 3 décennies et demie d’épidémie que nous avons connues.

A bon entendeur…