L’islamisme et le Diable

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On dit souvent que la plus grande ruse du Diable c’est de parvenir à faire croire qu’il n’existe pas.

Ne pas croire à l’existence du Diable en tant que personnification du Mal ne signifie pas qu’il n’existe pas des mécanismes « diaboliques », des forces entropiques ou de division à l’œuvre dans notre vie sociale, relationnelle ou spirituelle.

Si le Diable n’existe pas, l’islamisme existe quant à lui bel et bien. Et l’on constate chaque jour sa montée inexorable, les dégâts et les menaces qu’il fait peser sur nos démocraties.

Sa quête du pouvoir se traduit par une emprise croissante sur les esprits, au sein des communautés musulmanes mais aussi au dehors, une contribution à la confusion grandissante qui gagne les esprits, et des phénomènes objectifs d’infiltration de nos sociétés, avec une méthode aussi discrète qu’implacable.

Le Diable islamiste est donc bien réel. Il a plusieurs visages. Celui très patelin et courtois de « l’intégration », du « dialogue », de la respectabilité, du mérite, de la douceur, de l’amour de la France et de la République…

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Ruse ! « Taqyia ». Dissimulation. Simulation et double langage. Duplicité. Duperie. Tromperie. Piège. Feinte. Mensonge.

Il a ensuite celui, plus engagé mais toujours acceptable du moins dans sa rhétorique, de la défense des musulmans mal aimés, stigmatisés, discriminés, opprimés, humiliés, agressés. Une noble cause dont il se fait le porte-parole. Au nom des idéaux démocratiques et des lois républicaines : liberté, égalité, laïcité, droits des femmes et des minorités.

Ruse ! Toujours la ruse !

Et puis il y a un visage plus privé. Un visage réservé aux adeptes ou aux nouvelles recrues. Un visage qui s’accompagne d’une parole beaucoup plus agressive, dénonciatrice, accusatrice, frondeuse, radicale, intransigeante, catégorique, fière, arrogante voire menaçante. Une parole qui n’hésite pas à s’opposer frontalement à la République, à la démocratie, aux droits de l’homme, aux lois prétendument injustes ou « liberticides », à la France « colonialiste », « raciste », « xénophobe », « esclavagiste », à l’Occident décadent, perverti, impur…

Ainsi, plus on passe progressivement de la componction feinte, du pacifisme béat ou de la bienveillance de circonstance à la haine la plus acerbe, plus on se radicalise, plus on glisse imperceptiblement d’une « religion de paix et d’amour » à une soif violente de conquête et de destruction de l’autre. Et puis un jour la main fraternelle tendue à l’autre est celle qui vient poser des bombes à sa porte. Et cette parole aimable se fait vomissement de haine, d’insultes et d’appels au meurtre. Comme une innocente soudain possédée.

Le Diable islamiste a plusieurs visages, et il n’en a qu’un seul. Croire que le djihadisme et le terrorisme n’ont strictement rien à voir avec l’Islam, ou que l’islamisme ne serait qu’un système politique à visée communautariste est une bévue.

L’islamisme n’est pas une hydre, c’est une armée qui combat sur de multiples fronts : religieux, social, humanitaire, communautaire, politique, spirituel, économique, financier, médiatique, stratégique, éthique, local, mondial…

L’islamisme est, comme le Diable, le Prince du Mensonge et le maître des illusions.

Pour se rendre invisible, l’islamisme arrive à faire croire qu’il n’existe pas.

Pour les musulmans il se présente comme « l’Islam ». Le vrai, le pur, l’authentique. Beaucoup se font abuser. Car l’islam qu’on leur vend est aussi un pansement contre les blessures d’amour propre que ces hypnotiseurs exacerbent afin de mieux manipuler et endoctriner les esprits égarés.

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Pour les autres, l’islamisme s’évapore en une myriade de couleurs, d’officines et d’organes d’influence destinés à défendre « les musulmans », à les représenter ou à porter leur voix « démocratiquement » lors de suffrages électoraux. Difficile d’identifier dans ce dédale protéiforme une seule et même tête.

Et puis l’islamisme, pour faire oublier son existence, a eu l’idée géniale de s’inventer un contrepoint aussi pratique qu’indispensable : l’islamophobie.

Une chimère, un égrégore fondé sur un sentiment diffus. Ce sentiment de malaise irréductible à une seule logique mais bien ressenti par les fils et les filles d’immigrés originaires de pays musulmans, et parfois musulmans eux-mêmes. Un sentiment qu’on dénonce tour à tour comme la résultante d’un racisme xénophobe ou de classe, une haine ou un mépris post-colonialiste, une suspicion ou une discrimination au quotidien perceptible dans les grandes villes, dans la vie professionnelle, dans les discours, les codes et les usages sociaux, autant de mécanismes d’exclusion vis-à-vis d’un « prolétariat » qu’une France élitiste et méritocrate continuerait d’inférioriser.

L’islamisme se nourrit de ce malaise en le réduisant à des discours sur l’appartenance et l’expression religieuses. En laissant croire que ce que la société rejette, c’est l’Islam lui-même.

Ou plutôt « les musulmans ». Car le Diable est aussi celui qui accuse, qui convoque des procès, qui réclame justice au nom du Juste et du Bien, comble de la perversion. Alors le Diable fabrique des coupables, en appelle à tous les cœurs purs pour les fustiger : les « extrémistes », ces opposants bien commodes tant leurs vindictes est évidentes. Mais ça ne suffit pas, parce que l’extrémisme et l’islamisme sont à bien des égards les deux pièces d’une même monnaie et des opposants qui se renforcent. Et puis il seraient dangereux de montrer du doigt un quart des électeurs. D’autant qu’il existe des musulmans ralliés au vote RN.

Alors on évoque des « racistes » aussi vagues qu’imaginaires. Un concept beaucoup plus habile, car il permet d’assimiler une religion à une race, ce qui est absurde mais fonctionne. Et de faire oublier aussi que l’islamisme est un projet politique. Le racisme, c’est toujours un thème qui marche bien en France : le politiquement correct et la bonne conscience sont toujours prompts à débusquer dans un discours une virgule de travers qui pourrait être le signe d’un racisme dissimulé.

Voilà comment on manipule les concepts, les signes et les symboles pour donner de la consistance à une illusion.

Appropriation, captation, détournement sémantique, l’islamisme surfe à dessein sur l’ère du soupçon, aiguise les douleurs et les rancœurs, durcit les oppositions, dramatise des micro-événements, façonne un imaginaire victimaire, cannibalise et fascine l’opinion pour mettre en scène une fable sinistre où « les musulmans » seraient les uniques victimes d’un nouvel holocauste contemporain.

A l’horreur terroriste, systématiquement relativisée, minimisée ou passée sous silence, vient se substituer un hologramme anxiogène où la minorité musulmane avancerait vers un précipice.

L’islamisme est d’abord et avant tout le grand Maestro de la fantasmagorie. C’est de cet art qu’il tire son pouvoir.

Comme tous les grands manipulateurs spirituels il sait que ce que nous nommons « réalité » n’a aucune existence intrinsèque. Car tout ce que nous expérimentons est produit par la conscience. Manipulez les consciences et vous créerez de la réalité. Hitler l’avait fort bien compris. Et avant la montée du nazisme, les spécialistes de la psychologie des foules avaient déjà conceptualisé ces phénomènes de sujétion des masses.

L’islamisme est aujourd’hui l’un des plus grands manipulateurs spirituels, habile à jongler avec les discours, les croyances et les représentations. C’est ainsi qu’il arrive à faire croire qu’il n’existe pas, mais que ceux qui le combattent au nom de la vérité sont les véritables ennemis du public qu’il fascine et kidnappe pour asseoir ses ambitions.

L’islamisme n’est pas une idéologie qui rassemble, mais une idéologie qui divise pour mieux confronter et détruire. Son essence est « dia-bolique » (qui « divise ») et non « sym-bolique » (qui « unit »). L’islamisme s’oppose à l’aspiration profondément ancrée en l’homme à l’Unité. Une aspiration inscrite au cœur de toute démarche spirituelle ou religieuse sincère comme au cœur de tous les idéaux humanistes. Une aspiration et un principe central dans l’Idéal républicain. Car pour s’imposer, l’islamisme, comme tout mouvement sectaire, s’appuie sur le doute, la séparation, la scission, la suspicion à l’égard de l’autre transformé en ennemi hostile. Il projette sa propre hostilité contre ce qu’il abomine : la liberté, l’unité, la fraternité et la dynamique de la vie, pour justifier un projet totalitaire fondé sur la négation, la destruction, l’anéantissement.

Hitlérisme, stalinisme ou islamisme : il n’y a aucune différence. On y retrouve les mêmes constantes : totalitarisme, assujettissement, nivellement, négation de l’altérité, destruction, violence et pour finir morbidité.

Ne soyons pas dupes, restons vigilants, attentifs aux moindres signes, toujours en éveil et prompts au discernement. Car le Diable avance toujours masqué. Et le Diable se niche toujours dans les détails.

Le voile dans la symbolique de la République

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Casquée, coiffée d’un bonnet phrygien ou tête nue, seins dénudés ou couverts, Marianne c’est à la fois la République et la France. Une icône de la femme qui nourrit notre imaginaire et personnifie notre Idéal collectif comme la mère patrie.

Face à cette allégorie figurant une femme libre, forte et courageuse, a-t-on raison de mettre en concurrence celui de la femme voilée ? Ont-ils raison ceux qui la présentent comme un archétype de l’obscurantisme religieux qui voudrait prendre la place de Marianne ?

Si l’on oppose ces deux figures de la féminité radicalement opposées, faut-il croire comme le magazine Marianne que « 30 ans après Creil, la République a capitulé« .

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On a souvent tendance à considérer que le débat sur le voile est aujourd’hui sans importance, dépassé, inutile parce que stigmatisant, et que les priorités sont ailleurs.

Il est certain qu’il y a bien d’autres thèmes qui méritent qu’on s’y attache, et que le combat qu’il faut mener contre le salafisme ne se résume évidemment pas à une affaire de voile.

Néanmoins ce n’est peut-être pas si anodin si 30 ans après l’affaire de Creil le port du voile islamique dans l’espace public cristallise toujours autant les tensions.

Si l’on s’attache à décrypter sa symbolique on comprendra qu’il constitue un point d’achoppement au cœur de ce qui fait l’originalité et la force de notre modèle de société et de nos choix de valeurs, et de la façon nous entendons les préserver.

Il est étonnant qu’on veuille évacuer le sujet en réduisant le voile à « un bout de tissu ». Un drapeau est pourtant lui aussi un bout de tissu, beaucoup d’insignes sont faits de bouts de tissu. Ce qui importe ce n’est pas la matière mais le sens de cet accessoire.

Est-il d’ailleurs si accessoire ? Qu’est-ce qui compte le plus dans un vêtement ? La fonction, l’objet ou la signification ?

Il est tout de même stupéfiant qu’à une époque où le culte de l’image n’a jamais été aussi important, bon nombre de gens semblent n’être que si peu attentifs aux signes qu’ils envoient par leur apparence et leurs comportements à leurs congénères.

Serions-nous devenus une société « multitribale », où les codes vestimentaires, de langage et de comportement ne seraient que des signes de reconnaissance pour marquer son appartenance à tel ou tel groupe afin de mieux ignorer les autres ? Une façon d’établir un marquage territorial et sémantique par le jeu des symboles vestimentaires ?

Quand un homme se promène dans le métro avec un costume cravate et un attaché-case, il signifie : « Je suis cadre, je travaille et j’appartiens à une grande entreprise. » Il affiche l’uniforme qui correspond à la norme sociale du décideur CSP+.

Quand il y a 40 ans les punks arboraient au cœur des cités un uniforme rebelle fait de blousons noirs, de bottes et treillis militaires, de coupe iroquoise et d’épingles à nourrice fichées sur la peau et les vêtements, ils voulaient signifier leur expression commune d’un rejet agressif de la société et d’un désespoir anarchique.

A l’opposé quand les jeunes fans de rap des banlieues, souvent issus de l’immigration, adoptent l’uniforme bling bling de leurs idoles fait de pantalons baggy, de T-shirts de basket, de casquettes vissées sur le crâne, de colliers imposants et d’accessoires de grandes marques, c’est pour signifier qu’ils font partie d’une même tribu. Mais aussi pour dire : « J’existe. J’exhibe ma fierté et les signes de la réussite matérielle à laquelle j’aspire dans une société qui me rejette. Et pour conquérir ce droit, je suis prêt à tout. »

Quand une femme se promène voilée dans la rue en France, elle n’adresse pas le message : « Je suis musulmane. »

Il n’y a pas que les musulmanes qui portent un voile. Il existe de multiples façons de porter un foulard répondant à toutes sortes de motivations esthétiques, de protection contre le froid, d’appartenance à une classe ou d’obéissance à un précepte religieux.

Une femme voilée ne marque pas seulement une « différence » culturelle. Le message qu’elle envoie est aussi : « Je me retranche. »

Je me retranche de quoi ?

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  • Du regard des hommes. Que ce soit un choix volontaire dicté par la pudeur, ou imposé par un discours moral ou religieux, pour se conformer à un modèle de féminité déclaré licite : celui de la « femme vertueuse ».
    Le plus absurde est que dans une société ou la majorité des femmes ne sont pas voilées, le voile islamique ne soustrait aucunement celle qui le porte au regard des autres : au contraire il agit comme une fonction d’affichage d’une différence ou de convictions.
  • De la société. Autrement dit : « Je porte un voile en public parce que j’appartiens à une communauté qui me définie en tant que personne, avec un statut, des droits et un rôle à tenir bien définis. »
  • De toute projection éventuelle des autres et de la société qui pourrait m’identifier selon telle ou telle qualité. En d’autres termes je ne suis réductible ni à mon sexe, ni à mon origine, ni à mon appartenance ethnique, ni à une quelconque identité ou communauté extérieure, ni à la qualité de simple citoyenne ou d’être humain. Je suis définie par l’Islam. Il s’agit alors d’une assignation identitaire.

Le port du voile dans l’espace public ne peut pas symboliquement et inconsciemment être perçu autrement que comme une forme de provocation. Ce n’est pas un simple « signe religieux » comme un autre qui témoigne de la foi de celui qui le porte. Il est non seulement « ostensible », il a aussi sa particularité signifiante.

Le voile imposé aux femmes n’est pas qu’un accessoire de pudeur ou de bienséance. Il rappelle en effet que l’Islam (et pas seulement l’islamisme) opère une partition radicale entre « les musulmans » et « les infidèles ». L’Islam vise à définir l’être humain et la société selon une logique totalisante sinon totalitaire. Le « djihad » ne se limite pas au seul combat spirituel, intérieur, comme les partisans d’un Islam spirituel et non légaliste le revendiquent. Le djihad est un devoir imposé à tout musulman de convertir ceux qui n’adhèrent pas à la foi musulmane. D’ailleurs l’Islam est la seule religion qui se soit imposée aussi vite dans l’Histoire sur un vaste territoire.
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On peut penser que la pratique de l’Islam dans un pays démocratique comme la France s’acclimate de la liberté de conscience et des valeurs républicaines et vouloir passer à autre chose. C’est en partie vrai. Mais la difficulté de certains musulmans à comprendre la logique qui voudrait généraliser l’interdiction du port du voile, leur incapacité à en débattre sans céder à des crispations ou des peurs à propos d’un fantasmatique « racisme anti-musulmans » le prouvent.

Les politiques comme les musulmans devraient comprendre qu’au-delà de la question du voile, une volonté réformatrice de l’Islam de France serait une immense chance pour tous. Alors qu’aucun pays musulman au monde ne connaît une vraie démocratie, l’émergence d’un véritable Islam de France s’inspirant authentiquement du meilleur de l’idéal républicain et permettant l’exercice d’un culte indépendant, apaisé et ouvert serait une chance pour les musulmans, pour l’intégration, pour la France et pour les pays de culture musulmane dans le monde.

Malheureusement la volonté assimilatrice de la République est souvent perçue comme un rejet, un soupçon, une volonté d’interdire aux musulmans de vivre leur foi. Certains musulmans projettent inconsciemment sur cette volonté d’assimilation le zèle convertisseur de l’Islam à l’égard des non-musulmans. Il n’en est rien. L’assimilation selon les principes républicains procède d’une volonté de permettre à chaque citoyen issu d’un autre pays de jouir pleinement de ses droits, de l’égalité des chances et de participer pleinement à la vie de la nation.

Même riche de ses différences, une nation n’est pas qu’un territoire ouvert à tout. Il n’existe pas de nation sans un socle commun de valeurs, une langue et une mémoire communes.

La sémantique du port du voile en France n’est donc la même que dans les pays musulmans où elle est plus généralisée. En France elle s’apparente à un affichage, un démarquage, une mise à l’écart. Qu’ils soient délibérés ou non, conscients ou non, volontaires ou subis.

Or c’est précisément l’intention de mouvements fondamentalistes comme les Frères musulmans de vouloir obliger les femmes à porter le voile, comme une manière d’affirmer que toute personne a priori de confession musulmane appartient à une même communauté régie par les mêmes lois.

Or pas plus qu’on naît en France avec des droits et devoirs particuliers liés à une caste ou un privilège de rang, personne ne « naît » musulman. On le choisit. Et tout enfant né en France de parents musulmans ou originaires de pays musulmans est avant tout un citoyen français à part entière. Il a le droit de se définir librement par rapport à une identité religieuse, ou de refuser d’en avoir une. C’est un principe qu’il faut sans cesse rappeler, car cette réalité concerne beaucoup de descendants d’immigrés qui vivent un grand mal-être et peinent à se définir, surtout quand les pressions familiales et communautaires leur rappellent qu’ils « sont » musulmans. Et que la volonté personnelle d’adopter une autre religion est qualifiée d’apostasie, de rejet de ses origines et de sa famille.

La République est garante des libertés individuelles, en particulier des droits des femmes. Le problème que fait peser le port du voile dans l’espace public, et surtout dans tout lieu placé sous l’autorité de la République, c’est qu’il est impossible de trancher pour savoir selon les cas quand il relève d’une contrainte et quand il est choisi.

C’est cette ambiguïté qui assimile de facto le port du voile à la sémantique du « retranchement ». Or dans le registre symbolique on ne peut accepter ce type de retranchement qui renvoie implicitement à une prescription religieuse obligeant les femmes à renoncer à leur apparence de femmes et leur statut d’êtres libres, pour n’apparaître que comme des « possessions » jalousement gardées par leurs maris, leurs frères et la communauté.

La République fondée sur les Droits de l’Homme professe que hommes et femmes sont égaux. L’Islam non. En conséquence toute interprétation de l’Islam qui professe le contraire est opposé aux principes de notre démocratie traduits dans les lois civiles.

On voudrait exercer un chantage en nous faisant croire que notre corpus juridique est flou et inadapté aux principes de laïcité qu’on voudrait réduire à la garantie de la liberté confessionnelle. C’est absolument le contraire : c’est chaque confession qui doit s’adapter au principe de laïcité compris dans son entièreté. La loi sur le voile doit être adaptée et précisée pour empêcher toute lecture ambiguë et mettre en cohérence les principes et leur application concrète.

Pour garantir la liberté d’expression, de conscience et l’égalité entre tous, le principe de neutralité républicaine doit être appliqué de façon claire et non interprété comme une indifférence bienveillante de l’Etat à l’égard des discours et des pouvoirs religieux. Tout lieu placé sous l’égide de la République, écoles, universités, assemblées, mairies, administrations, hôpitaux publics, etc, doit être sanctuarisé. Toute expression ostensible ou prosélyte manifestant l’appartenance exclusive à une religion, doit être interdit.

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Ceci est la seule façon de garantir un espace pour un exercice paisible de l’autorité publique et de la citoyenneté républicaine, où chaque identité, singularité, particularisme ait la liberté de s’exprimer sans revendiquer pour soi ou pour les autres le primat d’une quelconque forme d’autorité supérieure.

Cette façon de concevoir la laïcité n’est pas un anticléricalisme militant comme les pères de la loi de 1905 le voulaient, mais une façon revivifier la symbolique républicaine et l’idéal démocratique portés par la France en restaurant un symbolisme vivant dans des lieux, dans des discours, dans des modes d’exercice du pouvoir qui l’avaient déserté.

Sans cet effort, nous courons le risque de voir se dissoudre nos principes et nos valeurs dans une compétition relativiste de modèles éthiques et symboliques, ou de perdre totalement le sens de valeurs que nous invoquons pour nous rassurer mais qui ne sont plus que des mythes, « les Droits de l’homme » notamment.

On oublie certains autres principes qui ne figurent pas dans notre devise nationale mais en découle. Comme l’universalisme. La République n’est pas fermée sur elle-même, elle est ouverte sur l’universel.

Mais aussi la République est une et indivisible.

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On devrait souvent rappeler ce principe car il n’y a pas d’exercice de la Fraternité sans un engagement de chacun pour l’intérêt général, l’épanouissement de tous et la recherche du bien commun. Sans cet effort, la République risque de se fissurer, de se diviser ou de se dissoudre dans une indifférenciation englobante : celle perceptible de la globalisation. En ce sens le concept de « vivre ensemble » en est l’exact contraire : la juxtaposition de sujets et de communautés vivant dans une indifférence tranquille les uns par rapport aux autres.

Tout ce qui désunit ou divise la République doit être condamné. Notamment l’instrumentalisation de ses principes et de ses symboles selon des logiques corporatistes, communautaristes ou sécessionnistes.

 

Le meilleur moyen de faire échec au Système ce n’est pas la révolution, c’est l’esprit

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L’imagerie complotiste est souvent hantée par l’idée que la planète serait gouvernée par une organisation fantôme regroupée sous la bannière des Illuminattis.

Une secte qui remonterait aux Illuminattis de Bavière, un courant de la Franc-maçonnerie né au 18e siècle. Voire à l’Antiquité comme l’attesterait la symbolique maçonnique qui fait référence aux dieux égyptiens Isis et Osiris en tant qu’archétypes du masculin et du féminin.

Cette société secrète serait aussi puissante que secrète. On lui prête des pratiques et des pouvoirs occultes voire sataniques. Grâce à ces pouvoirs et à sa faculté d’infiltrer tous les rouages de la société, elle tirerait les ficelles de l’Histoire et en dessinerait la trame. Elle aurait ainsi placé depuis toujours sur le trône des grands empires des hommes et des femmes de pouvoir parmi de ses plus hauts gradés, ou des marionnettes à sa botte. Aujourd’hui elle constituerait une élite mondiale ploutocratique et placerait ses pions à la tête de tous les partis politiques, des institutions mondiales, de la haute finance et des grandes multinationales.

Elle déclencherait sournoisement des guerres et des soulèvements afin de déployer une stratégie occulte à même de servir les intérêts de l’élite et de mieux asservir les peuples. Elle manipulerait les consciences grâce aux différentes religions, aux idéologies, aux croyances ancestrales ou nouvelles dont elle détiendrait les clés. Mais aussi grâce aux médias et à l’industrie du divertissement qui seraient sous la férule de ses adeptes.

Symbole de la Conscience, « l’œil qui voit tout » est souvent associé dans l’imagerie complotiste à un symbole « illuminatti », notamment parce qu’il est représenté sur le dollar américain. En réalité c’est un symbole universel qui trouve son origine dans la glande pinéale ou épiphyse, une glande de la taille d’une amande située dans le cerveau et qui agit essentiellement au moment de la naissance et de la mort en libérant de puissants médiateurs chimiques comme la DMT, dont la fonction aurait à voir avec notre esprit et le passage de celui-ci vers d’autres dimensions de la Réalité.

Cette lecture paranoïaque du monde et du pouvoir est évidemment délirante.

Bien sûr il existe des élites qui se concertent pour décider du sort des peuples sans forcément leur demander leur avis. Bien sûr la concentration des pouvoirs et des richesses est une réalité. Bien sûr il existe une petite classe de ploutocrates toujours plus étroite qui entend maintenir ses privilèges. Bien sûr les stratèges des grandes puissances économiques et militaires, les agences de renseignement, les cabinets de consulting qui conseillent les directoires des grandes banques et des multinationales, et les éminences grises des grands courants politiques font tourner leurs ordinateurs et plancher leurs think tank pour élaborer des stratégies à même d’avancer leurs pions sur l’échiquier mondial au mieux de leurs intérêts. Quitte à prendre des libertés avec l’éthique et la loi, à communiquer de façon mensongère pour paraître exemplaire tout faisant le contraire des objectifs affichés, en recourant à l’occasion à des réseaux mafieux ou terroristes pour organiser les trafics ou déstabiliser une région, etc.

Même si ces arrangements avec la morale et la vérité sont le lot commun des officines du pouvoir, pour lesquelles la fin justifie souvent les moyens, même si la démocratie est plus souvent dans les faits un mythe qu’une réalité, cela ne fait pas pour autant des puissants de ce monde des adeptes de Satan ou des mangeurs d’enfants.

Croire cela revient à penser naïvement que le Bien est d’un côté – celui des faibles et des opprimés – et le Mal du côté des riches et des princes. Une vision héritée d’un christianisme dévoyé, teinté de marxisme, d’idéologie révolutionnaire, voire de millénarisme.

Ainsi la théorie du complot judéo-maçonnique née dans les années 1930 refait surface sous les traits d’un antisémitisme déguisé en croisade antisystème. De même les réseaux anarchistes ou d’extrême droite nationaliste inondent la toile de théories fumeuses et de vidéos choc dénonçant le Nouvel ordre mondial mis en place par les Illuminattis. Recyclant au passage des fantasmes malthusiens de diminution programmée de la population mondiale, d’une 3e guerre mondiale imminente et d’un fascisme ultrasécuritaire et planétaire imposé aux peuples comme seule issue possible au chaos programmé.

Les fanatiques religieux ne sont pas en reste, qui voient dans la montée de chocs identitaires, communautaires, idéologiques et religieux les signes de l’Apocalypse qui précèdera la venue du Messie et le triomphe des élus sur les forces du mal.

D’autres théories plus fumeuses encore annoncent l’arrivée prochaine des aliens pour sauver la race humaine de sa destruction amorcée par les adorateurs de Mammon.

Dans une version plus soft, l’échiquier politique se recompose partout autour de nouveaux thèmes, non plus droite contre gauche ou libéralisme contre lutte des classes, mais partisans du système contre « souverainistes » antisystèmes.

L’élection de Donald Trump à la tête de l’état le plus puissant du monde a démontré qu’à défaut d’un vrai candidat antisystème les électeurs pouvaient préférer un clown milliardaire anticonformiste, raciste, violent et vulgaire à la figure policée de l’élite politique, économique et médiatique.

Car si les Illuminattis sont une chimère, le Système lui existe bel et bien. Et fait tout pour se maintenir même s’il craque de partout.

Essayons de comprendre les vrais enjeux actuels non pas au plan mythique ou symbolique mais au plan spirituel.

D’un côté nous sommes face à un monde qui se fissure et s’achemine vers sa destruction, entraînant dans sa chute des crises, des souffrances et des malheurs. Rien n’y fera rien : malgré l’énergie déployé pour maintenir en vie cet ancien monde, chacun sait ou sent que celui-ci est irrémédiablement condamné.

Ceux qui fantasment sur une secte qui en détiendrait les rouages et préparerait l’avènement d’un gouvernement mondial de type totalitaire ne sont pas tout à fait dans l’illusion mais commettent l’erreur de séparer d’un côté les bons dont ils feraient partie et de l’autre les méchants. D’un côté les victimes surnuméraires, et de l’autre une clique de pourris cyniques avides de fric et de pouvoir.

Ceux qui voient les choses ainsi sont esclaves sans le savoir des représentations que le système alimente chaque jour. Et plus dans une volonté de le concurrencer en prenant la place de ceux qui les asservissent, plutôt que de l’anéantir. Même quand ils prétendent vouloir se révolter, fédérer les insoumis et mettre à bas le Moloch, en vérité ils veulent réclamer leur part du gâteau et remplacer une dictature par une autre : celle du peuple contre celle de l’élite. Et un totalitarisme par un autre : celui de la transparence égalitariste contre la transparence de Big Brother.

En vérité nous sommes tous reliés et tous complices à un titre ou un autre de ce système que nous rejetons et de ceux qui l’alimentent.

Tous nous consommons les mêmes joujoux technologiques qu’on nous vend pour nous distraire et nous surveiller. Tous nous consommons les mêmes divertissements abêtissants, les mêmes films qui mettent en scène de façon allégorique ou parodique notre décadence, notre oppression et notre fantasmatique espoir de libération grâce à des héros providentiels.

Tous nous rêvons d’un ailleurs, d’un monde meilleur, plus juste et plus fraternel, mais pour l’écrasante majorité nous restons englués dans l’individualisme consumériste ou au mieux privilégions nos proches ou notre communauté quand la compétition fait rage et que la peur de l’autre s’installe.

Quant aux marchands de soupe et aux apôtres du système, ils répondent aux mêmes aspirations : servir leurs intérêts et se préserver contre l’avidité du plus grand nombre.

Une seule et même émotion gouverne l’écrasante majorité du genre humain : la peur.

C’est elle qui nous pousse à ériger des murs, des barbelés, des frontières réelles ou imaginaires, à désigner des coupables ou des boucs émissaires, à se méfier de l’autre au lieu de chercher à partager et collaborer, à vouloir toujours plus nous protéger, toujours plus de surveillance, toujours plus de transparence. Et qui conduit finalement à nous retrouver toujours plus angoissés, crispés sur nos possessions et nos certitudes, incapables de lâcher prise et d’aller de l’avant. Et ne pouvant voir l’avenir que sous les traits les plus sombres que nous présente chaque jour une actualité faite de drames et de catastrophes.

La véritable clé pour sortir de cette impasse tragique est d’ordre spirituelle.

Chacun à notre échelle individuelle, nous ne pouvons changer le monde. Même le pouvoir sur nos propres vies nous paraît de plus en plus limité. Et mêmes nos dirigeants que nous élisons pour nous gouverner, nous représenter et défendre nos intérêts n’ont objectivement plus beaucoup de marge de manœuvre face aux institutions supranationales qui décident des moindres détails de notre vie quotidienne. Quand ils ne font pas alliance avec le système pour faire carrière et penser d’abord à eux.

Faut-il décapiter tous les corrompus, au risque de nous retourner seuls incapables d’assumer des responsabilités auxquelles nous ne serions pas préparés ?

Faut-il revenir au paradigme précédent ? Arrêter la course du temps et stopper la mondialisation ? Ou au moins en limiter les effets en se barricadant chez soi comme le voudraient les nationalistes ? Faut-il régresser et sanctifier de nouveau sa patrie, sa cellule familiale, sa communauté ou son petit quartier ? Nous limiter à ces petites identités fractionnées, alors que le monde post-moderne nous pousse à voyager, à rencontrer, à nous nourrir des différences au lieu de les rejeter, quitte à nous déraciner ?

Là encore l’angoisse resurgit sous les traits d’une peur de se voir noyé, dilué, oublié dans un grand Tout indistinct. Ou d’être happé, phagocyté, avalé par un « autre » qui nous envahirait et dont la natalité galopante finirait par avoir raison de notre culture qui serait un jour balayée. C’est la théorie du « grand remplacement », qui conduit les politiciens nationalistes à faire croire à tous les déclassés qu’ils pourront retrouver leur place et leur dignité à la seule condition de virer ces envahisseurs opportunistes, ces étrangers qui viennent leur voler leur pain et substituer leurs coutumes barbares à leurs traditions les plus authentiques.

La seule façon de conjurer définitivement ces peurs et d’envisager l’avenir collectif sous un jour radieux, c’est de considérer que l’autre n’est pas un ennemi et que nous aspirons tous au même bonheur.

Et que les élites ne sont pas une caste séparée du peuple mais des hommes et des femmes sans doute plus gâtés et souvent plus égoïstes mais somme toute obéissant aux mêmes critères et aux mêmes désirs profonds.

La seule vraie différence se situe dans la façon dont nous décidons d’agir : soit pour nous-même, soit pour le bien de tous.

altruisme

Chacun à notre niveau nous avons à chaque instant cette même capacité d’élire comme dieu soit notre petit moi recroquevillé et pétrifié de peur qui réclame toujours plus d’attention, soit de lui tourner le dos et de servir avec amour celui qui est à côté de nous, et de proche en proche l’humanité tout entière.

Si chacun agit de la sorte, toute velléité de possession, tout réflexe de violence né de la crainte de mourir, d’être anéanti ou agressé, disparaîtra aussitôt.

Changer d’attitude peut paraitre risqué sinon impossible.

Car comment être certains que tout le monde jouera le jeu ? Et que cette invitation à baisser la garde ne soit pas une ruse de plus du Système pour mieux nous manipuler ? Si tout le monde ne s’engage pas en même temps sur cette voie, on peut légitimement craindre de se faire bouffer en jouant les élèves modèles ou les bons samaritains.

Alors à quoi bon ?

Sauf que rien ne change sans quelques aventuriers qui tracent la voie. Les moins peureux se sont déjà engagés sur cette voie. Le monde dont certains rêvent sans y croire existe déjà. Même si les médias n’en parlent pas parce que c’est beaucoup moins vendeur que les catastrophes et la lie puante qu’on nous sert quotidiennement.

Il suffit juste de changer de lunettes. Et de regard. Sur le monde, mais d’abord sur soi.

La seule chose que nous puissions réellement changer, c’est nous-mêmes. Et la première chose que nous pouvons facilement changer en nous-mêmes, c’est notre regard.

Osons changer notre regard sur nous-mêmes. Osons croire que nous sommes capables de penser, d’énoncer les choses et d’agir différemment. Que nous pouvons modifier nos croyances et nos représentations.

Tout est question de tentative et de persévérance. Car on ne réussit pas du premier coup à modifier des croyances et ses habitudes ancrées depuis des années voire des siècles dans nos cerveaux.

Commençons par des petites choses. Puis essayons de modifier des choses de plus en plus essentielles.

Cela peut commencer par notre façon de consommer, de choisir nos loisirs, notre façon de communiquer, nos relations avec nos proches, notre façon de travailler, notre relation à ce que nous possédons, la façon dont nous échangeons, dont nous conservons ou nous détachons de l’inutile et du superflu.

Cela peut ensuite concerner nos engagements collectifs, notre vie familiale, affective et sexuelle, nos principes d’éducation, notre système de valeurs, nos croyances religieuses, voire notre identité.

Qui sommes-nous en vérité ? Sommes-nous limités à la personne que nous sommes aujourd’hui ? Ou sommes-nous bien plus ? Sommes-nous la somme de ce que nous avons été, ou juste celui que nous croyons être aujourd’hui ? Sommes-nous ce que notre personnage public ou les autres nous renvoient comme image pour satisfaire notre ego, ou cet être profond qui aspire à de bien plus grandes choses ?

Nos capacités se limitent-elles à ce que nous avons jusqu’à présent expérimenté, ou serions-nous détenteurs d’un potentiel infini ? Notre vie s’arrête-t-elle à notre mort ou sommes-nous des êtres éternels ? Sommes-nous juste des individus séparés les uns des autres ou chacun de nous vit-il dans le cœur de ceux qui l’aiment ?…

C’est à toutes ces questions qu’il faut chercher des réponses. En n’essayant pas de nous réformer pour devenir parfaits. En ne cherchant pas à nous dénaturer pour correspondre à un idéal. Mais en expérimentant d’autres manières d’être au monde. Et surtout en allant à la rencontre de l’autre. En agissant les uns pour les autres.

Alors les peurs et les rancœurs relatives à ce monde injuste et violent, au désordre, à l’avenir, à ce système inhumain qui nous écrase, disparaîtront d’elles-mêmes peu à peu. De même que les regrets, les remords, les ressentiments et tout ce qui nous rattache à un passé qui n’est plus.

Le changement ne dépend de rien d’extérieur : ni système de remplacement, ni sécurité illusoire, ni outils ni moyens à inventer, ni amour que nous n’aurions déjà reçu. Tout est déjà là. Tout est déjà donné, et en abondance ! Il suffit de puiser.

Longtemps demeurera cette sensation du manque. Mais la seule façon de la combler et d’obtenir ce qui paraît nous faire défaut, c’est de le donner à d’autres. Ce que tu veux avoir ou réaliser, fais-le d’abord pour les autres.

Ce principe altruiste est l’exact contraire des valeurs individualistes promues par le système qui veut des individus fermés, séparés, dépendants de lui et surtout pas solidaires les uns des autres.

Il n’est pas non plus l’équivalent d’une sorte de charité sacrificielle. Ni d’un système de redistribution équitable où chacun trouverait son compte.

Car puisque la séparation n’est qu’une illusion, ce que nous donnons à l’autre, en vérité nous le recevons au moment-même où nous en faisons cadeau.

Pour anéantir le pouvoir d’un système qui semble nous opprimer, nul besoin de le combattre ni de faire la révolution. Toute violence contre lui ne fait en réalité que le renforcer. Et justifier qu’il se défende en usant de violence légitime.

Pour sortir de ce système et lui ôter tout pouvoir sur nous, il faut s’en remettre au pouvoir de l’esprit.

Car l’esprit est libre tant qu’il ne devient pas complice de son aliénation. Et aucun pouvoir, aucun système malgré toutes ses ruses, ses séductions et ses tentatives pour nous fasciner et nous garder sous son emprise ne peut gouverner notre esprit.

Si nous avions conscience de notre infinie liberté et de notre infini pourvoir de création, les murs qui nous enferment s’écrouleraient sur le champ. Et plus aucune limite ne pourrait surgir sur l’horizon de notre pleine et entière capacité à réaliser nos désirs les plus élevés.