Pour combattre efficacement l’islamisme il faut aussi retrouver le sens du sacré et de la conscience collective

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La République et le sacré: vaste sujet !

Dans un article publié sur AgoraVox intitulé Le sacré est-il la pièce manquante du puzzle en France ?, l’auteur pointe un aspect essentiel mais hélas tabou, en tout cas peu débattu en France : la relation de notre République au sacré. Voire l’absence de sacralité, j’oserais même dire de « spiritualité » au sens de « conscience collective » incarnée dans la République.

Dans notre République laïque, même l’éthique se résume trop souvent à un consensus équivoque et fluctuant sur des principes strictement juridiques. Les valeurs fondatrices de la République (Liberté, Egalité, mais aussi FRATERNITE, Unité, Universalisme…) sont souvent délaissées au profit de revendications identitaires, catégorielles, nourries par l’esprit individualiste et consumériste contemporain. Revendications qui instrumentalisent le Droit et le dénaturent pour satisfaire des intérêts particuliers. Disloquant au passage tout reste de sentiment d’appartenance collective sinon d’unité nationale déjà bien malmenés. Une dérive qu’exploite au maximum la propagande islamiste, en incitant les musulmans à faire sécession.

Quant au Sens et à la Conscience collective qui réunit horizontalement et érige verticalement une nation, ils sont aujourd’hui dilués en une infinité de problématiques disjointes, ou recouverts par la confusion spirituelle, éthique et identitaire engendrée par le vertige d’une mondialisation galopante et le relativisme des valeurs qui l’accompagne.

C’est précisément cette absence de Conscience et ce vide de Sens collectif, ajoutés au grand maelstrom des croyances, des discours et des identités, qui offrent un espace favorable à toutes les régressions identitaires ou religieuses de type communautaristes, nationalistes ou fondamentalistes, souvent flanquées de discours idéologiques qui instrumentalisent les anciennes religions comme les mythes nationaliste en les sacralisant de façon aussi artificielle que réactive.

Quant à la « sacralité » et à la symbolique républicaines, elles ne se résument plus qu’à une pompe ornementale à l’occasion de rituels comme le Défilé du 14 Juillet, lors de la visite de chefs d’Etat étrangers ou de cérémonies répétitives de deuil national aux Invalides.

Le pouvoir politique quant à lui, surtout celui du chef de l’État, est aujourd’hui totalement déconnecté de toute sacralité.

Même les apparences ne sont même plus préservées. Les temps ont changé depuis l’instauration de la 5e République, et les nouveaux monarques présidentiels affichent plus volontiers une décontraction, une proximité et une simplicité calculées qui cadrent mieux avec l’esprit du temps et leur aspiration à se montrer « populaires » ou « proches des gens ». En outre, le Président est aujourd’hui plus un simple « gestionnaire » redevable d’un programme sur lequel il est élu qu’un véritable « Père de la nation » porteur d’un projet et dépositaire de la confiance du peuple comme de sa souveraineté. Un gestionnaire au service d’intérêts économiques et financiers plus que de ce peuple qui l’a en principe élu.

Aucun Président de la République depuis Chirac, aujourd’hui adulé comme le dernier modèle des Présidents du « monde d’avant », n’a incarné ce qui manque aujourd’hui cruellement à la France, à savoir une « Vision ». C’est-à-dire une conscience des aspirations profondes du peuple, des enjeux de l’avenir et d’une trajectoire qui permettrait d’en fédérer les énergies pour surmonter ses difficultés, se hisser plus haut sur l’échelle éthique et symbolique, d’être en mesure de servir de modèle et d’éclairer le monde selon la tradition humaniste et universaliste de notre République que nous avait léguée l’Histoire.

Ce déficit de sacralité, de Sens et de Conscience collective, symbolisée dans notre monarchie républicaine par la personne du Chef de l’Etat et les corps constitués, ce renoncement à l’ancrer sur une réalité spirituelle partagée, religieuse ou non, ne tient pas seulement au « désenchantement du monde » cher à Max Weber. Un désenchantement qui s’ajoute à une désillusion : celle la perte de souveraineté nationale et à la transformation des dirigeants politiques en  » hauts fonctionnaires du Système ».

Il tient aussi à une singularité française qui remonte à la Révolution et qui se traduit par une tendance hypercritique, honteuse sinon amnésique vis-à-vis de nos racines spirituelles. Et par « spirituelles » il faut évidemment entendre bien plus que le très polémique « héritage culturel chrétien ».

La laïcité est un principe essentiel de notre démocratie puisqu’il garantit la liberté de conscience, la liberté de culte et la neutralité de l’Etat à leur égard (sous réserve de fidélité aux autres principes). Mais c’est aussi une arme à double tranchant.

Ceux qui voudraient l’appliquer comme un dogme « laïciste » de façon intransigeante et fondamentaliste ne se méfient pas seulement comme de la peste de tout sujet religieux, ils ont tendance à réprimer toute expression dans la sphère publique d’un discours qui se réfère à une quelconque transcendance ou à l’esprit.

Cet extrémisme laïciste assèche et dénature la sève républicaine. Il en stérilise les capacité créatrice en la déconnectant artificiellement de la réalité spirituelle vécue par une nation. Que celle-ci en ait ou non conscience, qu’elle le formule dans des discours et un Pacte symbolique collectif ou non. Il annihile aussi toute capacité collective à ériger de nouveaux modèles symboliques en lien direct avec la réalité spirituelle, conscientielle, vécue par une nation. Et renvoit les référents collectifs à des mythes vidés de leur sens et de leurs pertinence par leur déphasage croissant avec la réalité présente vécue.

L’esprit existe, c’est une réalité indéniable, qu’il s’agisse de l’esprit d’une personne ou d’une nation. « Inconscient collectif », « égrégore national », « esprit de la République » : peu importe les termes, ces expressions revoient à une réalité de la conscience, non à des métaphores.

N’en déplaise aux hypermatérialistes et aux salafistes de l’athéisme militant, c’est même la seule « réalité » avérée : selon la physique quantique contemporaine la conscience préexiste à la matière et la « crée ». Cela vaut pour les particules, les atomes, les cellules et les organismes vivants, les peuples ou les civilisations les planètes ou l’univers entier.

Dire que la République ou la Nation a un « esprit » ce n’est ni une extravagance ni une forme d’animisme républicain, cC’est un constat.

Quant à la spiritualité, elle ne se limite évidemment pas aux seules religions. Lesquelles ne se limitent pas aux religions déistes.

Chaque individu, chaque groupe, chaque nation a sa propre « religion », entendue au sens large comme un système de croyances, de représentations et de relations entre les individus, le monde, l’Univers ou le Tout, et le Sens. Le communisme, le nationalisme, le libéralisme ou l’écologie peuvent être considérés comme des religions. Même si a priori elles ne se préoccupent que de social, de politique, d’économie ou d’environnement.

De même tout individu comme tout corps collectif, famille, communauté, nation, humanité est avant tout constitué, « créé » par la conscience qu’il nourrit sur lui-même, et la conscience de la réalité extérieure qu’il engendre aux travers de ses croyances « y compris rationnelles ou « scientifiques »), des représentations et discours qu’il élabore, des valeurs auxquelles il s’identifie, qui fondent son libre entre et son agir, les choix conscients et signifiants qu’il pose, et la mémoire personnelle ou collective qu’il nourrit et transmet.

Si la République est soucieuse de son Histoire, de ses valeurs, de ses discours, elle est en revanche beaucoup négligente quant à la symbolique qui relie ses enfants, leur permet de « communier » de façon rituelle dans un même sentiment d’appartenance et de cohésion, et de vivre au quotidien cette conscience d’appartenir à une même « nation », mais avant tout à une même « Conscience collective ».

Pour beaucoup de Français « non croyants » (non pas en un « dieu » mais simplement en « l’esprit »), l’évocation d’une éventuelle « spiritualité républicaine » relève de la folie, du mythe ou du gag.

Si ce sentiment de communion nationale ne peut se vivre qu’une fois tous les 20 ans au soir d’une victoire en Coupe du monde de foot, ou après une défaite militaire écrasante infligée à un ennemi, reconnaissons que c’est un peu dommage.

Le 2 janvier 1995, au soir de sa vie, François Mitterrand alors très malade adressait un ultime message émouvant aux Français. Un message d’espoir en forme de testament : « Mes chers compatriotes, je crois aux forces de l’esprit et je ne vous quitterai pas. » Un message étonnant de la part d’un homme issu d’une famille catholique conservatrice mais qui avait toute sa vie voulu donner l’image d’un socialiste agnostique.

Il fut un temps, celui de Robespierre, où la statue de la Déesse Raison et des tableaux à la gloire de l’Etre Suprême maçonnique trônaient dans les églises transformées en temples républicains, en lieu et place des anciennes divinités judéo-chrétiennes renversées.

Aujourd’hui il ne viendrait à l’idée d’aucun personnage public d’invoquer devant les Français la Déesse Raison, pas plus que Jésus, Elohim, Allah ou Vishnou, sinon pour répondre de ses convictions personnelles.

Cependant nul n’est besoin de « déifier » ou de personnifier l’esprit pour croire à son existence.

Nulle nécessité non plus de professer ou de nier l’existence de Dieu pour vivre la dimension sacrée. Fût-ce sous la forme négative d’une sacralisation du « Collectif » érigé en Transcendance et d’une interdiction ou d’une désacralisation autoritaire de tous les cultes, comme dans les totalitarismes athées ou les sectes nihilistes. Ce que fait aujourd’hui la Chine en « réécrivant » la Bible et le Coran pour les accommoder au dogme communiste.

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Pour retrouver le chemin d’une sacralité authentique et partagée, il faudrait déjà rompre avec les hypocrisies coutumières qui vident la République de son contenu, la résument à un contenant juridique, une coquille vide kidnappée par tous les abuseurs du peuple.

Une dérive objectivement « décadente » de l’esprit républicain qui fait le lit de l’islamisme comme de tous les populismes.

L’islamisme est une idéologie politique qui se sert d’une religion, l’Islam pour atteindre ses buts. Certes. Mais cette idéologie pour autant qu’elle pervertisse l’Islam est aussi éminemment spirituelle et non juste politique et communautariste.

L’islamisme est par essence « messianique ». Exactement comme l’étaient à peu près toutes les idéologies totalitaires du siècle dernier, notamment le nazisme et le communisme.

Le 3e Reich n’était en effet rien de moins qu’une projection fantasmatique et néoromantique du « Royaume » chrétien, fondé sur le triomphe du « peuple germanique » et d’une « race supérieure », la race « aryenne« , nouveau substitut du « peuple élu » destiné à l’extermination complète. Comme d’un projet de domination politique monde et d’instauration d’une société « moderne », « socialiste » et « révolutionnaire » de type nationaliste. L’hitlérisme est un projet socialiste et révolutionnaire parent sinon un avatar du bolchevisme qu’il combat. Mais il ne faut jamais oublier que c’est aussi un projet fondé sur une perversion des mythes judéo-chrétiens et un messianisme politique qui puise beaucoup dans la symbolique des religions païennes et même l’occultisme.

De même le communisme est un messianisme « social » qui représente une précipitation de la Parousie et de la Fin des temps, thème apocalyptiques judéo-chrétiens, dans le plan de l’Histoire selon sa vision marxiste fondée sur « la lutte des classes ». Une Parousie traduite sous la forme mythique autant que politique de la « Révolution prolétarienne » ou du « Grand Soir » comme sortie de l’Histoire selon le scénario parodique de l’Armageddon judéo-chrétien qui oppose à la fin des temps des forces du Bien aux forces du mal travesti en « Lutte finale » révolutionnaire. La « spiritualité » de la religion communiste s’affirme également selon un athéisme radical qui évacue toute référence au divin au bénéfice du seul « Collectif ». Ce qui ne l’empêche pas (pour ce qui est du stalinisme) d’emprunter dans ses rituels des éléments aux fastes de l’empire tsariste déchu comme à la liturgie orthodoxe.

Religions ou pas, il y a aujourd’hui dans le monde une « conscience apocalyptique » qui se manifeste de façon plus aiguë avec les crises convergentes. Les thèmes populaires du cinéma de science-fiction, des jeux vidéo ou des séries télé jouent abondamment sur ces thématiques en mettant en scène les angoisses collectives à propos de l’écologie, des catastrophes climatiques, géologiques et les divers chaos planétaires, et les spéculations sur les extra-terrestres venus détruire ou sauver l’humanité.

L’islamisme vient précisément proposer une interprétation, un projet et une alternative politique, mais aussi spirituelle, pour combler tous ces désordres. Et une réponse au vide de Sens laissé par les gestionnaires de la République.

Il est donc urgent et essentiel de retrouver du Sens dans notre démocratie. Un Sens collectif le plus large et le plus élevé possible, qui ne soit pas juste un rabâchage mécanique de principes (Droits de l’Homme notamment) auxquels beaucoup ne croient plus. Principes qui a bien des égards relèvent d’un mythe honteusement trahi par les réalités quotidiennes ou la corruption des élites.

Nos politiques sont des menteurs et des abuseurs. On ne peut pas leur en valoir, ça fait partie du métier. Le mythe du « grand homme » a du plomb dans l’aile. Ils n’existent plus que dans les livres d’Histoire.

Non contents d’être des professionnels de l’hypocrisie, nos dirigeants font aussi intelligence avec l’ennemi, puisqu’ils s’entendent à merveille avec les champions toutes catégorie du mensonge hostiles à la démocratie, à savoir les islamistes.

Raison de plus pour ne pas attendre des politiques qu’ils règlent un problème qui les arrange et qu’ils nourrissent par leur complaisance ou leur duplicité. Ce n’est pas d’eux que viendra une souhaitable restauration de la Conscience collective ou l’incarnation d’un Sens vacant. A nous d’embrasser les idéaux qui nous rassemblent et nous ont façonnés au fil des siècles, de les revisiter, de les revivifier, de leur redonner pleinement du sens, une vérité et une actualité !

Le « Salut » de la République face au péril islamiste et à tous les autres ne viendra ni du pouvoir politique ni d’un quelconque parti. Ni d’une religion ou d’une autre que la République aurait aveuglément abandonnée. Mais de l’éveil collectif des consciences. En l’occurrence des consciences « citoyennes ».

Celle de 70 millions de Français reliés à 8 milliards de Terriens que nous sommes.

Parce qu’il n’y a aucune alternative pour ce monde et pour la France en particulier que de construire une civilisation planétaire fondée sur les principes humanistes et démocratiques, une assemblée de peuples et de nations libres et solidaires, et la conscience d’appartenir à une même Conscience en voie d’unification complète : celle de l’Humanité orientée vers un même destin commun.

Mises au point sur la liberté de conscience

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La « liberté de conscience » est souvent invoquée par les fondamentalistes pour faire avancer leur agenda, contourner ou contester les lois démocratiques.

Rappelons que la liberté de conscience n’est ni un droit absolu, ni indépassable, ni illimité.

La liberté de conscience s’arrête là où commencent les autres libertés garanties par la République, notamment la liberté d’expression qui comprend celle de critiquer une religion, de blasphémer, de dénoncer publiquement des atteintes au droit ou aux principes, de condamner et sanctionner des organisations ou des responsables religieux. Mais aussi la liberté de réunion et d’association, la liberté de la presse, la liberté de circuler, de voter, de jouir librement de ses biens ou de ses moyens financiers.

Elle s’arrête là où commence le devoir républicain de protéger les personnes contre les dérives sectaires, les atteintes à leurs libertés individuelles, leur libre arbitre, leur dignité, leur intégrité ou leur sécurité, les tentatives d’emprise, d’intimidation, de contrainte, d’abus, de pression, de séquestration, et toute forme de menace ou de violence physique, verbale ou psychologique. En particulier ce qui concerne la protection des plus faibles, des personnes fragilisées ou plus exposées : mineurs, femmes, personnes âgées, minorités ethniques, migrants, personnes LGBT…

Elle s’arrête là où commence la haine raciale, l’antisémitisme, le négationnisme ou le révisionnisme, la justification de la xénophobie, du génocide ou de l’épuration ethnique, de l’esclavage, des persécutions religieuse, du terrorisme et de tout autre crime.

Elle s’arrête là où commence l’égalité hommes-femmes, les droits des femmes, des mineurs des minorités, des personnes LGBT. En particulier les délits et les crimes que constituent l’obligation faite sous contrainte à une femme mineure ou majeure de porter le voile, la polygamie, les violences conjugales, le viol conjugal, le viol en réunion, le féminicide, l’homophobie, la lesbophobie, la transphobie.

Elle s’appelle là où commence la laïcité, c’est-à-dire le respect des devoirs et obligations légales concernant l’exercice des cultes et l’expression des convictions, en particulier le port de signes religieux ostentatoires ou de signes politiques à caractère religieux dans l’espace public, le prosélytisme religieux ou la volonté de se soustraire aux lois françaises au nom d’une religion. Mais aussi le principe de séparation des cultes et de l’État, le détournement de fonds publics à des fins de financement d’organismes cultuels, la tentative de corruption d’élus ou de fonctionnaires de l’État, l’infiltration de partis politiques, de syndicats ou d’administrations publiques pour promouvoir une idéologie religieuse.

Elle s’arrête là où commence le communautarisme, contraire aux valeurs et principes républicains. Notamment quand celui-ci vise à fracturer la société française, à menacer l’unité nationale et le caractère indivisible de la République. Quand elle vise à monter des populations les unes contre les autres ou contre l’État désigné comme oppresseur. Ou à isoler des populations dans une volonté séparatiste.

Elle s’arrête là où commence la volonté de pays étrangers, en particulier des dictatures islamistes, de peser sur les décisions des dirigeants français, d’orienter la politique en matière de gestion des cultes ou de droits civiques en fonction de leur idéologie ou de leurs intérêts, d’exercer un chantage sur la France, l’Europe et ses états, de s’ingérer dans les affaires publiques, d’instrumentaliser des ressortissants nationaux, binationaux ou étrangers résidant en France pour servir des intérêts partisans contraires aux principes républicains, ou de les transformer en forces hostiles à la République ou à la démocratie. Elle s’arrête là où commence la seule communauté reconnue par la France : la communauté républicaine.

Elle s’arrête là où commencent la force majeure, la raison d’État et l’intérêt supérieur de la nation qui commandent de restreindre certaines libertés individuelles quand le sort de la nation, des intérêts vitaux du pays, la sécurité ou l’ordre publics sont menacés.

Toute absence de reconnaissance de ces principes, toute volonté de faire céder l’État ou la force publique quant à leur application, constituent un chantage inacceptable et doit être dénoncé comme une atteinte aux valeurs de la République, à la cohésion sociale ou à l’ordre public.

En conclusion, la liberté de conscience ne saurait être invoquée pour justifier tout en n’importe quoi. Encore moins pour faire reculer la République.

La laïcité, également instrumentalisée et dénaturée par les islamistes ne se résume pas à la liberté de conscience. Laquelle serait conçue comme le droit de revendiquer la liberté de tout faire, tout dire tout croire ou tout imposer aux autres. La laïcité est avant tout la séparation des cultes et de l’Etat. Un principe qui garantit dans les libertés exposées ici comme la liberté de conscience et et la liberté de culte. Mais aussi qui réaffirme la prééminence des logiques et des lois républicaines, lesquelles s’imposent inconditionnellement partout et à tous, sur toute autre logique ou loi d’inspiration religieuse.

Il est essentiel de ne pas se laisser abuser par la volonté de certains de se soustraire aux lois républicaines à partir de prétentions libertaires en constituant une communauté isolée qui auraient ses propres lois.

Toute doit être fait et maintenu pour combattre ces dérives que l’on peut aisément qualifier de sectaires et qui constituent des infractions évidentes au principe d’unité et d’indivisibilité de la République.

 

Un nouveau mouvement citoyen est né : 512, le Mouvement du 5 décembre

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PRESENTATION

Le Mouvement 512 ou Mouvement du 5 décembre est né le 5 décembre 2019, journée de grèves nationales unitaires. Une série de manifestations contre la réforme des retraites qui a suivi celles des Gilets jaunes iinitié un an plus tôt.

Ce mouvement s’appuie sur un constat partagé par une très grande majorité de Français, porté par des revendications diverses et une colère populaire qui s’exprime de plus en plus fortement sans que rien ne change.

Animé par un souci de restaurer en France une vraie dynamique démocratique et une vraie justice sociale, le mouvement 512 porte plusieurs propositions, exigences et revendications dans les domaines institutionnel, politique, social, économique, budgétaire, fiscal, administratif, éducatif, culturel, écologique, diplomatique, humanitaire ou technologique.

Le mouvement 512 est un mouvement populaire et unitaire. Populaire parce qu’il émane du peuple souverain et non de ceux qui prétendent parler en son nom. Unitaire parce qu’il vise à rassembler la nation plutôt qu’à la fragmenter.

Le mouvement 512 n’est ni un mouvement anarchiste, ni un mouvement nationaliste, ni révolutionnaire. C’est un mouvement républicain, fidèle à l’esprit, aux valeurs et aux principes de notre République.

Son but est le rétablissement de la démocratie et des vertus républicaines, en particulier la justice sociale, la solidarité et l’engagement citoyen pour le bien commun. Son but n’est aucunement de changer de régime, de renverser l’Etat ou de diviser une partie de la population contre une autre.

En revanche ce mouvement entend demander des comptes à ceux qui usurpent le pouvoir contre l’intérêt du peuple.

NB : Le Mouvement 512 est indépendant de toute appartenance politique, syndicale, corporatiste, philosophique ou religieuse. Il ne soutient aucun parti, aucun élu, aucune association ou mouvement d’aucune sorte.

Il est l’émanation des citoyens qui se reconnaissent dans les mêmes valeurs démocratiques, républicaines, sociales et citoyennes.

UN CONSTAT

En mai 2017, le pouvoir a été confisqué au peuple pour être livré aux lobbies de la finance et aux multinationales.

Le Président actuel n’est pas un chef d’Etat mais un simple haut fonctionnaire du système, et non le représentant élu de la nation malgré l’apparence de légitimité démocratique dont il jouit.

Durant deux ans et demi, pas une de ses décisions n’a été engagée dans l’intérêt du peuple français ou de la France. Mais uniquement pour satisfaire ses sponsors qui l’ont fait élire.

Le Droit du Travail continue d’être démantelé, le système de protection sociale également, le régime d’assurance chômage est réduit au strict minimum, nos services de santé sont exsangues, les services publics à bout de souffle, quand ils ne sont pas livrés au secteur privé, de grandes entreprises nationales comme la SNCF, EDF, GDF, Aéroport de Paris, La Française des Jeux sont privatisées ou démantelées comme de simples bibelots.

Aujourd’hui la France n’est plus une démocratie, mais une oligarchie ploutocratique au service d’intérêts économiques, financiers, et des plus riches. Une oligarchie qui impose ses lois selon une idéologie néolibérale au service du Marché et non du peuple.

Nous voulons que le pourvoir soit rendu au peuple au plus vite, et que la France soit gouvernée par un pouvoir exécutif qui représente et défende vraiment les Français, en particulier les moins favorisés.

NOUS DEMANDONS

  • La démission immédiate d’Emmanuel Macron et la dissolution de l’Assemblée Nationale
  • La tenue d’élections présidentielles et législatives anticipées
  • La fin du régime de parti unique et la garantie d’une vraie alternance démocratique par le jeu des oppositions
  • La dissolution de LREM, parti factice destiné à servir l’ambition carriériste d’un seul homme
  • L’inscription dans la Constitution de l’interdiction de toute collusion avec le secteur privé des candidats aux élections présidentielles, législatives et régionales
  • L’interdiction pour tout lobby quel qu’il soit d’être représenté dans une assemblér républicaine. La pénalisation de toute tentative de corruption ou d’influence d’élus de la part d’organismes financiers, d’entreprises ou de lobbies, sous quelque forme que ce soit (y compris cadeaux, repas, vacances…)
  • L’abandon immédiat et total de la réforme des retraites
  • Une revalorisation immédiate du SMIC à hauteur de 30%
  • Un moratoire de 5 ans sur les hausses du prix des carburants, du gaz domestique et de l’électricité
  • Un encadrement des prix de tous les biens et services de consommation courante, avec une interdiction totale d’augmentation du prix des denrées alimentaires de base partout en France
  • La création d’un organisme public indépendant chargé de garantir l’encadrement du prix de l’énergie pour tous les fournisseurs
  • La création d’un ensemble de mesures incitatives pour permettre le passage d’ici 10 ans à 50% d’agriculture bio en France
  • L’interdiction progressive totale de tous pesticides et perturbateurs endocriniens (étalée sur 10 à 20 ans selon les produits). Le remplacement des pesticides chimiques par des pesticides naturels ou non polluants à prix compétitif. L’extension de cette mesure à nos partenaires européens.
  • La tenue d’une Convention Nationale de la Santé réunissant tous les acteurs concernés (Sécurité Sociale, médecins et auxiliaires de santé, pharmaciens, Assistance Publique, cliniques privées…) destinée à évaluer les conditions d’équilibre, d’harmonisation et d’excellence de tout notre système de santé, de la Sécurité Sociale, du maintien et de l’amélioration des soins et prestations, la réorganisation de l’Assistance Publique afin de garantir le fonctionnement de tous ses services, son refinancement afin de garantir de meilleurs services, plus de personnel médical, de soin et d’encadrement
  • L’inscription dans la Constitution de l’écologie et de la lutte contre le changement climatique comme priorités nationales au nom des générations futures, qui engage tous les services de l’Etat
  • La création d’une Commission de contrôle environnemental indépendante du gouvernement chargée de contrôler la conformité de tous les critères engagés par la France relatifs à la transition écologique et à la protection de l’environnement, avec un droit de sanction en cas de non respect
  • L’augmentation immédiate du budget de la fonction publique et l’embauche de 100.000 fonctionnaires supplémentaires dans les domaines suivants : santé, éducation, emploi, services sociaux, environnement, sécurité nationale pompiers, Police, lutte contre le terrorisme et la radicalisation…
  • La création d’un emprunt d’Etat à taux garanti supérieur à celui des produits d’épargne courants afin de financer les augmentations budgétaires dès 2021
  • l’inscription au niveau européen puis mondial d’un moratoire global visant à effacer la dette des états les plus pauvres. Mais aussi d’un moratoire pour tous les états endettés. Une dénonciation globale du système financier fondé sur la dette visant à assujettir les états et les pouvoirs politiques au pouvoir financier
  • La mise en place d’une table ronde au niveau mondial composée de représentants des différentes nations du monde visant à redéfinir les règles du capitalisme mondial, à refonder les liens qui subordonnent le monde de la finance, le monde économique et le monde politique (les états souverains) aux grandes institutions mondiales de la finance
  • Le refonte du Conseil économique et social en un Comité national d’expertise, composé des 1000 meilleurs experts français dans tous les domaines. Ce comité pourra être consulté à tout moment par le gouvernement ou le Parlement pour l’élaboration des lois, décrets et décisions. Mais aussi émettre des avis sur la politique du gouvernement, des collectivités, la situation économique, sociale, administrative de la France.
  • création d’un Conseil National Citoyen composé de citoyens non élus ayant pour mission de contrôler l’action de l’Etat, d’émettre des avis, recommandations ou sanctions analogues à celles du Conseil d’Etat dans les domaines suivants : budget de l’Etat, fiscalité, transparence des ministres et élus, finances publiques, haute fonction publique, administration et services publics, politique en matière économique, d’énergie, d’emploi, d’éducation, de défense, de sécurité et de renseignement, de transport, de santé, d’immigration, de défense des minorités, de culture et de francophonie, de relations extérieures, de coopération, d’aide au développement, d’écologie, d’aménagement du territoire, de collectivités territoriales, prévention de la précarisation sociale, de la violence, de la délinquance, de la radicalisation et du terrorisme, participation et votes de la France dans les institutions européennes, internationales et mondiales. Ce conseil sera composé de citoyens représentatifs de la société française tirés au sort parmi ceux qui se seront déclarés candidats sur internet. Ce Conseil n’est pas une forme de démocratie directe qui se substituerait à l’action du parlement, mais un moyen de remettre nos institutions en prise plus directe avec le peuples souverain.
  • L’élargissement du Référendum d’Initiative Citoyenne à des initiatives rassemblant 500.000 personnes sur internet. Examen systématique des autres initiatives à partir de 5.000 signataires
  • La France est la 6e puissance mondiale et compte en 2019 10 millions de pauvres. Une situation inacceptable.
    Nous demandons la création d’un Plan national de lutte contre la pauvreté. Comportant notamment la révision et la revalorisation des minima sociaux, des aides et des services proposés aux chômeurs de longue durée, aux personnes âgées, aux personnes malades, handicapées, invalides, aux personnes seules, aux mères célibataires, aux demandeurs d’asile et aux migrants… La création d’un organisme unique pour venir en aide aux sans-abris, en particulier en hiver, avec des services d’hébergement d’urgence, la distribution de repas, de vêtements, des services de santé, sanitaires, sociaux et d’entraide locale, une meilleure organisation et des moyens accrus pour les services du Samu Social, une meilleure coordination avec les ONG, associations et intervenants spécialisées.
  • Pour mieux s’occuper des plus démunis présents sur notre territoire la France doit mieux maîtriser son immigration. Nous demandons l’instauration de quotas justes et raisonnables pour satisfaire nos besoins réels en termes d’immigration économique. L’arrêt ou la réduction au minimum du regroupement familial. Une concertation plus étroite avec nos partenaires européens pour prévoir et adapter nos moyens et mieux encadrer l’immigration liée aux conflits et aux mouvements massifs de populations vers l’Europe. De meilleures conditions d’accompagnement et d’intégration pour les demandeurs d’asile. Nous demandons que la France soit avec l’Europe à l’initiative d’un Plan démographique mondial pour anticiper et gérer les futurs mouvements massifs de population (plusieurs milliards de personnes) liés aux migrations climatiques à venir.
  • La création d’un Plan national d’éducation, d’insertion et de lutte contre l’exclusion. Réviser complètement la logique du système éducatif, de formation, d’alternance. Redéfinir les priorités de l’Education nationale : préparer à la vie active mais surtout à la vie tout court. Renforcer dès l’école la formation à l’esprit critique, à l’esprit d’équipe, les facultés de raisonnement, d’initiative, de jugement, de collaboration. Initier à la vie en société, à la citoyenneté, à l’engagement social, au respect des différences, au partage, à la recherche de l’intérêt général plus qu’à la compétition et la réussite individuelle. Stimuler l’intelligence plus que l’apport de connaissances, la culture générale plus que l’hyper spécialisation, les savoir-faire cognitifs, relationnels et pratiques plus que techniques. Adapter l’école au monde ouvert de demain, plus qu’au monde du travail en France aujourd’hui. Développer des modes de valorisation des compétences individuelles autres que le travail salarié, notamment pour les personnes sans emploi, handicapées, les jeunes en insertion, les anciens détenus, les retraités, les exclus…

De l’urgence de repenser radicalement la laïcité pour combattre l’Islam politique

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Aujourd’hui il y a urgence.

La Laïcité à la française n’est plus adaptée pour faire face à une volonté de conquête de l’Islam, une religion exogène très différente dans ses fondements et son évolution du catholicisme français, contre lequel la laïcité moderne avait été conceptualisée.

Cette laïcité énoncée il y a plus d’un siècle dans la Loi de 1905 est l’héritière de siècles de relations complexes entre l’Etat et l’Eglise. Comme le rappelle Jean-François Colosimo dans son dernier livre La religion française – Mille ans de laïcité, la laïcité est une spécificité française élaborée sur un millénaire sur des bases qui remontent à l’Israël biblique pour faire face aux féodalités et aux empires, et qui régit les relations tumultueuses entre l’Etat, la nation et l’Eglise, notamment par la tradition des concordats signés entre le roi et Rome.

A propos de cette conception de la laïcité fondée sur une volonté de séparer les églises et l’Etat et de fixer les règles juridiques sur le financement des organisations religieuses, deux conceptions de la laïcité s’opposent aujourd’hui. L’une négative et l’autre positive.

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La conception négative de la laïcité répond à une posture défensive face au danger d’un prosélytisme réel ou supposé de la part des religions. Elle veut préserver la liberté de croire ou de ne pas croire, de choisir et de pratiquer ou non une religion contre une volonté hégémonique de s’imposer aux esprits ou d’imposer sa logique à l’Etat. Cette conception s’appuie sur des présupposés philosophiques et des convictions de type rationalistes, matérialistes, positivistes, scientistes et bien souvent athéistes. Le danger pour les partisans d’une laïcité défensive c’est de voir Dieu s’inviter dans les discours et les territoires intellectuels ou politiques d’où il avait été évincé. Puisque la religion est un vestige obscurantiste de la pensée mythique et un outil d’asservissement de l’homme au nom d’une idéologie fausse, il faut élever partout des remparts pour éviter de la voir resurgir.

Les partisans de ce type de laïcité athéiste qui n’ose pas dire son nom sont souvent obsédés par la moindre effloraison de croyances religieuses. Ils sont allergiques à toute cohabitation de signes, de pratiques ou de discours laïcs et religieux dans le même espace public. Pour eux la religion ne doit jamais s’échapper des oubliettes de la « sphère privée » où elle avait été remisée, et où elle ne subsiste que grâce à un refus du totalitarisme athée et au nom du pluralisme démocratique. Sans quoi elle aurait été anéantie, ses clercs exterminés comme au bon vieux temps de la Terreur ou des épurations staliniennes.

Les partisans de cette laïcité dure et réactive sont bien évidemment les premiers ulcérés par la montée du fondamentalisme islamiste. Contrairement aux partisans d’une conception plus soft, plus relativiste, plus droits-de-l’hommiste de la laïcité, qui ne voient pas toujours a priori dans l’Islam un danger pour la démocratie, et qui vont même jusqu’à défendre les symboles de l’Islam radical comme le voile au nom d’une conception libertaire, consumériste et communautariste de la République.

Les partisans d’une laïcité pure et dure sont aussi les premiers à dénoncer la façon dont celui-ci instrumentalise le principe de laïcité réduit à la liberté de conscience pour attendrir les résistances d’une société déjà bien infiltrée par son idéologie et ses promoteurs. Ce en quoi ils ont raison.

A l’image de certains pères de la Loi de 1905 imprégnés de rationalisme athée et principalement motivés par des préoccupations anticléricales, les hérauts contemporains d’une laïcité radicale et défensive sont aussi ceux qui peuvent le plus facilement verser dans le fanatisme laïciste. Et se montrer à l’occasion plus intransigeants et violents dans leurs diatribes antireligieuses ou leur combat contre les religieux que les religions les plus intolérantes qu’ils dénoncent avec justesse.

A l’opposé de cette vision radicale et réactive de la laïcité, on trouve une conception beaucoup plus assertive, positive, authentiquement humaniste et progressiste, fondée sur la liberté, la volonté de faire corps, de faire société sur des bases communément acceptées, et sur une vision ouverte, humaniste et universaliste de la République.

Cette autre conception de la laïcité s’acclimate parfaitement de la coexistence pacifique des différentes convictions et croyances, de la présence de différentes religions respectueuses les unes des autres comme des principes et des règles communes, et de l’exercice de cultes différents tant qu’ils ne prétendent pas s’imposer à tous, limiter l’exercice d’autres cultes, ou se prévaloir d’un droit de peser sur les affaires de l’Etat et la vie civile autrement que comme des autorités morales appelées à être consultées sur des questions d’éthique publique.

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Pourtant, cette conception de la laïcité ne se limite pas à proclamer la liberté de conscience en laissant les citoyens libres de vivre leur religion comme ils l’entendent, dans une indifférence totale à l’égard du fait religieux. Cette liberté essentielle n’a en effet de sens que si elle s’exerce dans le cadre des autres principes républicains qui garantissent l’intégrité de la République, des droits individuels et devoirs réciproques qui lient ensemble les citoyens.

La liberté de conscience n’est pas un absolu. Sauf à croire que la République serait un sorte de supermarché où chacun pourrait venir faire valoir des revendication et quérir des droits dans l’ignorance totale des autres citoyens.

La liberté de conscience s’arrête quand elle veut réprimer ou entraver d’autres libertés fondamentales, forcer des individus ou des groupes à croire ou ne pas croire, obliger des personnes à se conformer à une religion qu’elles n’ont pas choisi en réfutant le droit à l’apostasie, interdire qu’on critique ou qu’on dénonce telle ou telle religion, se soustraire à la communauté nationale et aux lois républicaines, détourner des fonds publics à des fins de financement d’une religion, exercer une contrainte quelconque sur des individus ou exercer un abus d’autorité, endoctriner et exercer une emprise sur des personnes selon des méthodes sectaires, contester le principe d’égalité hommes-femmes et restreindre les droits des femmes sous l’autorité de leur père ou de leur mari, limiter les droits des minorités, faire justice soi-même au nom d’une religion, obliger ou interdire certains comportement au nom d’une conformité à des préceptes religieux, inviter à transgresser des lois, inciter à la haine ou proférer des menaces de mort contre une catégorie de personnes, soutenir des discours antisémites ou révisionnistes, faire l’apologie du terrorisme, menacer l’intégrité des personnes ou des biens, l’unité de la République, l’ordre public, la cohésion sociale, l’intégrité territoriale, la sécurité nationale…

Selon cette conception de la laïcité, la neutralité de l’Etat qui en est un élément central, n’est ni équivalente à une passivité des pouvoirs publics, ni réduite à une interdiction faite à l’autorité publique de se mêler des affaires religieuses. Ce qui serait d’ailleurs absurde puisque le Ministère de l’Intérieur en charge de la sécurité et du maintien de l’ordre est aussi celui chargé d’organiser les cultes dans l’espace républicain.

Si l’on est fidèle à cette conception ouverte mais néanmoins responsable de la laïcité l’Etat se doit d’intervenir à propos des religions, y compris de façon ferme et en arbitrant selon les pouvoirs que lui confie le Droit. Notamment quand il s’agit de défendre les libertés individuelles, l’unité et l’indivisibilité de la République quand elles sont menacées par le communautarisme religieux et la volonté d’un Islam politique d’entraîner les musulmans dans la sécession. Quand ils s’agit de lutter contre les dérives sectaire comme le salafisme, le wahhabisme, l’islamisme turc ou l’idéologie des Frères musulmans, de dissoudre des organisations, des associations qui font la promotion de ces dérives, d’interdire des imams ou des conférenciers islamistes qui propagent ces idéologies et constituent un danger pour les femmes, les mineurs, les minorités, la démocratie quand ils justifient l’insoumission aux lois républicaines, les violences conjugales, la haine des mécréants, l’antisémitisme ou le djihad.

L’Etat doit non seulement protéger les citoyens, la République et ses principes dont il est garant, mais aussi lutter contre toute forme d’influence extérieure ou d’entrisme qui constituent des menaces directes pour la démocratie. Il doit notamment intervenir pour interdire toute subvention versée à des associations musulmanes par des organismes étrangers ou leurs relais en Europe dont le but est de propager l’idéologie islamiste.

Il doit s’attaquer à une réforme en profondeur de l’Islam de France. Dissoudre les organisations existantes (CFCM, UMF, AMIF, CCIF, Fédération Nationale des Musulmans de France, Musulmans de France, CCMTF, AFSCM…) toutes aux mains des islamistes. Et remplacer ce maquis associatif par un organisme unique chargé de représenter l’Islam auprès de l’Etat, de former et d’agréer les imams, de valider les financements, de gérer et surveiller les mosquées et d’organiser le culte. En partenariat constant et étroit avec des agents du service public.

L’Etat doit intensifier la lutte contre la radicalisation et la lutte anti-terroriste, en accentuant l’action sur le terrain, en mobilisant davantage les services de renseignements mais aussi les médias et les citoyens, en concertation plus étroite avec tous nos partenaires internationaux.

Il ne s’agit évidemment plus ici uniquement de défendre la laïcité, mais de défendre un modèle de société mis en péril par une volonté de conquête de l’Islam radical qui n’est plus à démontrer.

Il faut se résoudre à un constat objectif. Face au phénomène nouveau que constitue la progression de l’Islam radical sur notre territoire, face à l’impasse dans laquelle nous nous trouvons pour répondre à l’offensive d’une religion totalement différente des églises que la laïcité était sensée combattre, la conception de la laïcité qui consiste à ne surtout pas se mêler d’affaires religieuses a vécu. Elle nous conduit même droit dans le mur.

Il faut donc repenser la laïcité de fond en comble. Et mieux l’articuler avec les autres principes qui fondent la République et moyens dont elle dispose pour engager un combat sans merci contre l’Islam politique. Les deux modèles, le modèle démocratique et républicain, et celui d’une société islamiste, sont radicalement antinomiques, incompatibles. L’Islam politique est un cancer dont les métastases menacent le pronostic vital de nos sociétés. Nous devons donc faire un choix et nous y tenir.

L’Etat doit donc sortir de ce piège d’une laïcité confisquée par les islamistes et qui lui interdit d’intervenir en se limitant à un rôle laxiste de permission de toutes les formes d’expression religieuses au nom d’une interprétation dévoyée de la liberté de conscience. Il doit urgemment se préoccuper d’affaires religieuses et plus particulièrement de la percée de l’Islam politique en France.

D’autant que les chiffres parlent d’eux, qui nous prédisent un avenir plutôt sombre. Plus de la moitié des jeunes musulmans considèrent que c’est à la République et à la laïcité de s’adapter à l’Islam et non l’inverse. Et 3/4 d’entre eux considèrent que le voile qui est l’étendard visible des islamistes devrait être autorisé dans toutes les écoles de la République.

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Le hiatus qui s’est construit entre notre conception d’une République unie, égalitaire, humaniste, qui offre à chacun sa chance, qui prône le « vivre ensemble » et l’école républicaine qui en serait le creuset initiatique, et une part majoritaire des jeunes musulmans qui ne sentent plus vraiment appartenir à cette République voire qui la méprisent ou la combattent, est sidérant. Il se creuse d’année en année.

Cet état de fait est le résultat direct d’un travail de sape contre les principes républicains exercé sur le long terme par les islamistes dans les quartiers. D’une volonté de cristalliser les malaises et les tensions d’une partie de la jeunesse autour des questions identitaires. D’attiser les réflexes communautaristes. Et de promouvoir un Islam de combat contre une France décrite comme injuste, stigmatisante et décadente qui les renierait.

Si au lieu de déléguer parfois au Qatar ou à l’Arabie saoudite le soin de gérer les problèmes des banlieues l’Etat se préoccupait un peu plus des discours tenus à ces jeunes par des « animateurs de quartier », nous n’aurions pas un tel pourcentage de jeunes radicalisés et de futurs Merah, Kouachi, Coulibaly ou Mickaël Harpon prêts à se retourner contre des innocents.

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Si la République veut avoir un avenir il est temps de changer de lunettes et de discours sur la laïcité, de faire un vrai aggiornamento critique et éthique, de se réveiller pour de bon et d’aller au combat. Sans se tromper de cible ni d’époque.

« Islamophobie »… Et après ? – Pourquoi le combat contre l’Islam politique ne concerne pas que l’avenir de la France mais l’avenir du monde

Mis en avant

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A l’origine islamophobia est un mot anglais qui désigne une suspicion irrationnelle à l’égard de l’Islam.

Plus récemment, les Frères musulmans ont forgé à partir de ce mot un concept qui désigne une forme de de « racisme » à l’égard des musulmans en raison de leur appartenance religieuse réelle ou supposé à l’Islam. Ce nouveau concept que l’on doit en grande partie en France à l’idéologue islamiste Tariq Ramadan, tend à se substituer au racisme anti-arabe qui est lui bel et bien réel en accréditant une conception abusive d’un « racisme » dirigé contre des personnes du fait de leur religion. Concept bien évidemment absurde puisque qu’une religion n’est pas une race et qu’on ne peut en conséquence fonder de discours raciste ou discriminatoire envers des personnes du fait de leur seule confession ou pratique religieuse réelle ou supposée.

En réalité ce concept participe d’une stratégie politique, juridique et d’un outillage rhétorique dont Tariq Ramadan est l’un des porte-parole francophones, qui vise à empêcher toute critique de l’Islam. Ce qui en démocratie revient à réintroduire dans le droit la notion (et le délit) de « blasphème ». Une notion que la loi française ne reconnaît pas puisque le principe de laïcité garantit à la fois la liberté de conscience – c’est-à-dire celle de croire ou de ne pas croire en une religion – mais aussi la liberté d’expression, notamment le droit de critiquer une religion.

Cette stratégie vise aussi à victimiser les personnes de confession musulmane en accréditant l’idée qu’il existerait dans la société française un « racisme antimusulmans » comme il existe un racisme dirigé contre les Arabes, les Juifs, les Noirs ou les Asiatiques.

Le but des islamistes en attisant ces peurs est de susciter un réflexe communautaire parmi les musulmans afin de les agréger au sein d’une « communauté musulmane », d’opérer une « réislamisation » des personnes d’origine musulmane en les incitant à adhérer à leur vision ultraorthodoxe, fondamentaliste et rétrograde de l’Islam. Puis de transformer les musulmans en une force numérique au sein de la société française et les inciter à se mettre en retrait de la République, à part, afin de les mobiliser contre les valeurs, principes et fondements de la République. En d’autres termes de fractionner l’unité de la République. Mais aussi en reconstituant sans le dire ouvertement les contours de l’Oumma, la « communauté des croyants », comme seul critère d’appartenance valable pour les musulmans. En tout cas comme principe supérieur à la citoyenneté et la nationalité françaises.

Enfin, ce concept d’islamophobie que les islamistes souhaitent inscrire au plus vite dans la loi, est un moyen de culpabiliser publiquement tout auteur de critiques vis-à-vis de l’Islam, de sanctuariser l’Islam comme une religion inattaquable. Mais également de judiciariser le combat pour sacraliser la religion musulmane. Cette stratégie qui porte le nom de « jihad judiciaire », une forme tout aussi offensive mais moins violente que le djihad terroriste, utilise les principes et les lois de la République pour les retourner contre eux en faisant reculer la laïcité et en réduisant au silence ceux qui combattent à juste titre l’islamisme.

Ce jihad judiciaire consiste à poursuivre systématiquement en justice toute personne tenant des propos critiques envers l’Islam, et non seulement des personnes coupables d’actes objectivement racistes envers des personnes d’origine étrangère de confession musulmane. Ce combat n’a pas produit pour le moment de résultats en termes juridiques puisque la loi française autorise la critique des religions. Mais elle permet sous couvert d’apparente légalité d’engager un harcèlement psychologique long et éprouvant contre des adversaires de l’Islam politique.

Mais aussi d’inscrire durablement le thème de l’islamophobie comme une évidence indiscutable dans les canevas rhétoriques ou éthiques, dans les débats publics et les mentalités, à égalité de statut et de légitimité avec d’autres combats « progressistes » comme la lutte contre l’antisémitisme, pour les droits des femmes, des personnes LGBT, des minorités ethniques, des étrangers, des réfugiés, etc…

Pour ceux qui en sont les cibles ce jihad judiciaire est une épreuve éreintante physiquement, psychologiquement et financièrement, qui conduit parfois certains à renoncer à leur combat contre l’islamisme, et qui s’avère souvent dissuasif parce que ruineux financièrement. C’est un peu la revanche de Goliath contre David puisque les organismes islamistes comme le CCIF qui engagent ces poursuites disposent d’une armada de juristes musulmans très habiles à jongler avec les droits français et européen, et d’un budget quasi illimité financé par des subventions provenant de « pays frères » comme le Qatar, l’Arabie Saoudite ou la Turquie du dictateur Erdogan. S’ils ne sont pas soutenus pas des associations laïques déterminées à engager le combat, leurs adversaires isolés ne font pas le poids. Sans compter les intimidations et menaces dont ils font quotidiennement l’objet, comme Zineb El Rhazoui devenue aujourd’hui la femme la plus protégée de France.

L’islamophobie est donc la tête de pont de ce combat engagé par les islamistes contre la République pour faire tomber le bastion de la laïcité. Mais ils ne comptent pas s’arrêter là.

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Au nom du combat contre l’islamophobie ce sont les lois françaises sur la laïcité et l’Etat lui-même qui sont directement visés. En qualifiant certaines lois françaises de « liberticides », l’appel publié dans Libération à manifester le 10 novembre contre l’islamophobie lancé par un rassemblement d’organisations et de personnalités islamistes visait implicitement la loi de 2004 sur le voile à l’école et celle de 2010 interdisant la burqa.

Ces lois sont évidemment emblématiques de la traduction du principe de laïcité pour lutter contre l’Islam politique dans la sphère publique, plus encore que pour simplement limiter les signes religieux ostentatoires dans des sanctuaires de la République. Ce thème est aussi l’un des points majeurs de crispation identitaire et de cristallisation des discours médiatiques autour du voile islamiste. Abolir ces lois consisterait à enfoncer un coin dans l’arsenal juridique qui outre l’application du principe de laïcité, contribue à lutter contre la propagande islamiste et les phénomènes de radicalisation.

Il devient urgent que l’ensemble des citoyens français et des responsables politiques de ce pays prennent véritablement conscience de l’enjeu. Car nous ne sommes qu’au début de cette « croisade » d’un nouveau genre lancée par l’Islam politique, dont le but n’est ni plus ni moins que de transformer progressivement notre société, d’imposer ses modèles et ses lois, de faire reculer la démocratie par un travail lent, patient, méthodique mais déterminé qui consiste à éroder les principes républicains, à faire reculer l’Etat de Droit et à instaurer très insidieusement une théocratie islamiste en lieu et place de la République.

Quelques chiffres. Interrogés lors d’un sondage réalisé en 2019 par la Fondation Jean Jaurès auprès des musulmans français sur leur rapport à la laïcité, 37% d’entre eux déclaraient que c’est à la laïcité à la française à s’adapter à l’Islam et non l‘inverse. Ce chiffre s’élève même à 48% soit près de la moitié pour les femmes musulmanes de moins de 35 ans.

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Ce sondage confirme l’imprégnation croissante des idées de l’Islam politique et de sa vision ultraorthodoxe de l’Islam parmi les Français de confession musulmane, en particulier les jeunes.

Bien qu’encore minoritaires en France parmi les populations de confession musulmane, les différentes mouvances de l’Islam politique réalisent une nette percée idéologique, lente et en profondeur, au sein de l’Islam français. Une progression qui n’est que la résultante d’une volonté de prise de contrôle institutionnel sur des organisations représentatives de l’Islam comme le CFCM, ni seulement d’une stratégie politique et médiatique très offensive, mais d’un combat idéologique interne à l’Islam pour imposer l’Islam radical comme seule interprétation pertinente de l’Islam. Et ses acteurs comme les seuls à même de représenter et défendre les musulmans en France en engageant un rapport de force avec l’Etat.

« L’Etat », c’est d’ailleurs aujourd’hui l’ennemi clairement désigné par les islamistes (et non « l’extrême droite »). L’Etat accusé par les organisateurs de la manifestation islamiste du 10 novembre d’être à l’origine d’une discrimination des musulmans en France (cf. tract du CCIF distribué durant la manifestation). L’Etat accusé d’être le responsable d’une véritable « persécution » des musulmans, que les islamistes n’hésitent pas à comparer dans une aberrante et ignominieuse concurrence victimaire avec celles dont furent victimes les Juifs durant l’Occupation. L’Etat accusé de promulguer des lois « liberticides » envers les musulmans.

Ainsi la laïcité résumée à la seule liberté de conscience est aussi accusée d’être un principe injuste, inégalitaire et liberticide. Alors que c’est elle qui garantit depuis plus de deux siècles la liberté de culte.

Contrairement à ce que beaucoup prétendent, il faut bien prendre conscience que la conception qu’ont les islamistes de l’Etat, et même l’Islam lui-même dans son acception majoritaire contemporaine, sont structurellement incompatibles avec la République.

Cette vérité n’est compréhensible qu’en n’analysant en profondeur les organisations, les principes et les méthodes d’action de l’Islam politique. Mais aussi les fondamentaux de l’Islam.

D’une part l’Islam politique n’avance jamais à découvert. Il pratique systématiquement un double langage selon le principe musulman de la Taqiya (ruse, dissimulation) érigé en méthode de conquête politique. Il consiste à ne jamais dévoiler ses intentions face à des adversaires ou des mécréants, à mentir volontairement en cachant ses véritables intentions, à pratiquer systématiquement un double langage ou le mensonge délibéré.

Ainsi les partisans de cet Islam politique se servent des principes démocratiques et de la rhétorique républicaine pour les dénaturer, les contourner ou les combattre. Ils développent un certain discours dans les médias, sur les plateaux télé, et disent exactement le contraire face à un auditoire musulman. Cette duplicité en trompe hélas plus d’un, qui croient voir dans cet Islam soft promu par les islamistes une « religion de paix et d’amour » respectueuse des valeurs et des lois de la République, et parfaitement compatible avec celles-ci.

Il n’en est rien.

La conception que les islamistes se font de l’Islam est radicalement différente de celle qu’ont une majorité de musulmans français (pour le moment). Lesquels sont sincèrement attachés à la République à laquelle ils se sentent pleinement appartenir.

Cette conception ignore totalement les principes d’Etat de Droit, de citoyenneté, de laïcité et même de liberté telle que nous l’entendons depuis 1789.

Les islamistes sont d’ailleurs farouchement opposés à la démocratie, aux droits de l’homme, à la République et à tous les régimes occidentaux ou arabes modernistes fondés d’après ces modèles.

Aucun pays musulman au monde n’a jamais pu s’instaurer et perdurer selon le principe d’Etat de droit. Tous les tentatives dans les pays arabes « modernistes », toutes les tentatives d’instaurer la laïcité ou des régimes vraiment démocratiques ont échoué. L’Algérie, la Tunisie ou le Liban sont des exemples de pays musulmans ou à majorité musulmane qui ont tenté d’évoluer vers de vraies démocraties à l’occidentale. Mais aujourd’hui encore ces peuples se battent pour s’affranchir de l’oppression islamiste ou d’une conception communautariste ou confessionnelle de l’Etat.

Radicalement monothéiste, radicalement théocratique, l’Islam n’a jamais reconnu qu’une seule Transcendance et une seule Autorité pour fonder le Droit, la Société et l’Etat : celle d’Allah. Et de ses interprètes.

La citoyenneté en Islam ne s’établit que sur un seul principe : l’appartenance à l’Oumma, la communauté des croyants. Les non-musulmans, les dhimmis, ne sont admis au sein de la société musulmane qu’au titre d’un statut subalterne, qui leur confère des droits limités et des obligations fiscales spécifiques. Parfois tolérés, parfois pourchassés les kouffars (mécréants) et les dhimmis (Juif et chrétiens) n’ont pas accès aux mêmes prérogatives que les musulmans.

Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, le rappelait récemment, « l’Oumma constitue une sorte de supranationalité supérieure à toute autre nationalité », y compris la nationalité française.

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Si l’on applique l’Islam à la lettre, il ne peut exister d’Etat de Droit. Et si l’on vit dans un pays démocratique comme la France où prévalent les principes d’Etat de Droit, de liberté et d’égalité des citoyens devant la loi, d’unité et d’indivisibilité de la République et de la laïcité, l’Islam devient de facto incompatible avec la République et la démocratie. Et les citoyens musulmans qui privilégient leur foi selon cette conception littéraliste de l’Islam à leur appartenance à la République ne peuvent que vivre un déchirement entre deux identités opposées.

Ce fossé identitaire, idéologique, social et politique qui fracture la société française, les islamistes entendent bien le creuser et le pousser à son paroxysme pour nourrir les ferments de ce qu’il faut bien évoquer comme la tentation de la guerre civile. Leur stratégie en pareil cas serait de passer à l’offensive avec des méthodes beaucoup moins douces et ouvertement violentes contre l’Etat et le reste de la population hostile à leurs buts.

Mais il n’est pas nécessaire d’en arriver à cette extrémité : le djihad que pratiquent les Frères musulmans et les islamistes français d’accomode parfaitement de formes « civilisées » de combat contre la démocratie.

A plus long terme, dans un horizon que l’on peut situer entre 10 et 30 ans, le projet des islamistes serait de durcir les bastions conquis sur la laïcité et la République pour en conquérir toute la citadelle et imposer leurs modèles et leurs lois.

En l’occurrence, le Plan des Frères musulmans révélé par plusieurs ex « frères » et transparaissant dans les discours tenus en off par certains islamistes français (mais aussi belges ou européens) quant à leur stratégie de conquête le confirment ouvertement : l’un des buts essentiels est de mettre en place en France la charia. Et à terme de faire de la France un pays musulman à part entière.

L’application progressive de la charia et son inscription dans le Code Civil pourrait notamment concerner les points suivants :

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Faire reculer les droits des femmes et des minorités sexuelles

  • Inscrire dans la loi l’autorisation du port du voile et de ses dérivés, pour les mineures comme pour les majeures, à l’école, dans les universités, les administrations, les salles de sport, piscines, sur les plages, puis dans l’ensemble de l’espace public sans aucune limitation
  • Imposer progressivement le port du voile islamiste à toutes les femmes musulmanes
  • Interdire aux femmes musulmanes de sortir de chez elles non voilées
  • Imposer les dérivés du voile islamiste comme le burqini, le hijab de running, etc…
  • Développer le marché du vêtement islamiste et l’étendre aux grandes enseignes et petits commerces d’articles de mode, de prêt-à-porter féminin
  • Encourager la mode du hijab et du niqab dans la publicité, les médias, l’affichage public pour en faire un standard incontournable de la féminité pour les musulmanes (cf. l’affiche militante de la FCPE présentant une mère voilée)
  • Encourager le port du voile en public par des personnalités musulmanes
  • Interdire aux femmes musulmanes d’effectuer certaines démarches sans l’accord de leur mari : sortir après une certaine heure, adhérer à un parti ou une association, participer à une activité sociale ou de loisirs, voyager seule, s’exprimer en public, parler avec d’autres hommes, se rendre dans un café ou un lieu de sociabilité, ouvrir un compte bancaire, voter, demander le divorce…
  • Limiter ou interdire les poursuites judiciaires pour les auteurs de violences conjugales, de viol conjugal voire de viol en réunion
  • Minimiser les sanctions pour les auteurs de féminicide
  • Interdire la mixité dans les écoles, les piscines, étendre progressivement cette interdiction à tout l’espace public
  • Autoriser la polygamie
  • Abolir le mariage pour tous, criminaliser les pratiques homosexuelles, pourchasser les personnes LGBT

Sanctuariser l’Islam et le culte musulman

  • Criminaliser l’apostasie
  • Interdire toute contestation d’une décision émise par une autorité religieuse musulmane. Transformer progressivement l’imamat en juridiction à part entière au même titre que les juridictions de la République. Valider ses décrets ou fatwas indépendamment du Droit français et empêcher toute contestation de ceux-ci
  • Interdire à toute autorité non-musulmane de traduire ou d’interpréter le Coran
  • Interdire toute caricature ou tout procédé comique mettant en scène une figure de l’Islam ou visant à tourner en dérision un passage du Coran
  • Rétablir et pénaliser le délit de blasphème
  • Limiter la liberté d’expression et la liberté de la presse
  • Interdire l’accès aux mosquées à des non-musulmans.

Imposer le halal

  • Renforcer le contrôle et développer le marché du halal, source de revenus essentielle pour les organisations islamistes
  • Attaquer la filière viticole et de l’élevage porcin. Culpabiliser, intimider et boycotter les agriculteurs et les commerces vendant du vin, de l’alcool ou de la viande de porc. Ne jamais condamner sinon encourager discrètement les opérations commando contre ces producteurs et distributeurs haram.
  • Rendre obligatoire les menus halal dans les cantines, les comités d’entreprises, les restaurants publics, les administrations

Instaurer progressivement la censure islamique

  • Exercer une censure drastique de la presse, des débats politiques, parlementaires ou médiatiques à propos de l’Islam
  • Interdire certaines productions artistiques (musiques, films, pièces de théâtre, clips ou jeux vidéo) qualifiées d’« offensantes », « obscènes » ou « islamophobes » : films présentant des femmes dénudées, musiques incitant à la débauche, œuvres présentant les musulmans ou l’Islam sous un jour critique ou dégradant, films sur Israël…
  • Interdire toute utilisation ou parodie de musiques religieuses (comme l’Appel à la prière) à des fins profanes

Renforcer le lobbying politique et transformer les institutions républicaines

  • Présenter systématiquement des listes « communautaires » ou « républicaines » (islamistes déguisées) dans tous les scrutins afin de peser de plus en plus sur la représentation au niveau local et national
  • Exercer un lobbying politique intense dans tous les réseaux de pouvoir politique : mairies, départements, régions, Parlement, Présidence de la République, think tanks, partis, syndicats, institutions européennes…
  • Encourager des projets de réforme de la Constitution. Inscrire l’islamophobie comme un délit constitutionnel. Tenter de rapprocher le modèle démocratique de séparation des pouvoirs législatif, exécutif, judiciaire (et médiatique) des modèles de sociétés islamiques. Encourager l’inscription de la proportionnalité communautaire dans tous les scrutins

Redéfinir la politique extérieure de la France

  • Développer les partenariats avec les pays du Golfe (Arabie Saoudite, Qatar notamment), avec les pays musulmans (gouvernés par des islamistes) au Maghreb, au Moyen-Orient (Turquie, Iran), en Afrique ou en Asie
  • Rompre les relations commerciales puis diplomatiques avec Israël. Boycotter les produits israéliens et ceux des pays qui soutiennent Israël
  • Soutenir les organisations « antisionistes » voire terroristes opposées à Israël
  • Limiter les relations avec les pays occidentaux les plus hostiles aux régimes islamistes
  • Sortir de l’OTAN et refuser de participer à toute coalition internationale sous l’égide de l’ONU hostile à des pays musulmans
  • Jouer au sein des organismes internationaux (Conseil de Sécurité, ONU, G8, G20, etc) un rôle de soutien aux pays musulmans y compris contre l’intérêt des pays occidentaux
  • Favoriser les lobbies islamistes au sein de toutes les instances nationales, européennes et internationales

Ce scénario n’est qu’une ébauche mais il n’est nullement une fiction ou une affabulation. Certaines de ces mesures sont déjà bien engagées ou en germe. Toutes correspondent à une stratégie de fond dont on peut dessiner les contours précis en consultant des documents internes aux organisations islamistes ou à celles qui les soutiennent depuis l’étranger.

Aujourd’hui il n’y a pas d’alternative. L’islamophobie et le combat des islamistes engagés à découvert contre la laïcité n’est que le Cheval de Troie d’une politique de conquête idéologique, symbolique, politique et territoriale engagée depuis plusieurs décennies. Une politique de démantèlement progressif de tout l’édifice républicain, de destruction de notre modèle de société et de nos valeurs, qui si rien n’est fait pour l’enrayer finira immanquablement par ruiner les fondations de notre République, anéantir la France et tout ce qu’elle représente aux yeux du monde.

Les observateurs de l’islamisme, en France comme dans le monde musulman, ne cessent de nous alerter depuis des années : la France est la principale cible des islamistes dans le monde occidental. Parce que la laïcité à la française est un phénomène historique et une spécificité institutionnelle uniques dans l’Histoire universelle.

Si la France ne s’engage pas aujourd’hui dans un combat radical et déterminé contre l’islamisme qui la menace, demain c’est toute l’Europe qui sombrera. D’ici le milieu de ce siècle, toutes les nations démocratiques européennes subiront le même sort et aucun rempart ne pourra endiguer le tsunami islamiste qui menace nos libertés et notre modèle de civilisation.

Il ne s’agit pas d’un scénario catastrophiste digne du Choc des civilisations ou de la théorie du Grand remplacement. Il ne s’agit pas d’une vision catastrophiste dictée par la xénophobie, un quelconque racisme antimusulman, une idéologie extrémiste hostile à l’Islam ou des préoccupations nationalistes.

Il s’agit d’un constat objectif à propos d’un scénario qui est en train de se dérouler sous nos yeux et qui répond à un programme clairement établi depuis plusieurs décennies de conquête du pouvoir et de l’Europe par l’Islam politique.

Le terrorisme auquel notre pays a dû faire face au cours de cette décennie n’est qu’un des visages de cette guerre entre la France, l’Occident, et des adversaire déterminés à nous détruire au nom d’une religion dévoyée. Elle n’est que la partie émergée de l’iceberg d’une hydre bien installée au cours des démocraties et résolue à les combattre sans relâche.

En France, ce combat contre l’ennemi islamiste dépasse de très loin les règlements de compte pusillanimes sur les égarements de la gauche française et la complaisance d’une partie de ses membres à l’égard de l’Islam politique.

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Ce combat doit être mené au nom de l’unité de notre nation et de notre République, AVEC, POUR et non contre les musulmans français. Car ce sont les premières victimes de cet OPA réalisée par les islamistes sur les personnes de confession musulmane.

Ce combat doit être conduit avec un souci de résoudre les tensions, l’élever les revendications et d’empêcher les manipulations en plaçant tout débat, toute politique, toute action sous l’égide de l’Unité et de la Fraternité républicaines, de la démocratie et des droits humains, principes d’émancipation universels et non français, les seuls à pouvoir orienter le monde et l’humanité vers un avenir de paix, de justice, d’unité et de participation de tous à l’édification d’une civilisation globale consacrée aux plus grandes réalisations humaines et au bien commun.

Les limites du combat politique

Bien qu’urgent et nécessaire, ce combat idéologique, politique et juridique contre l’Islam radical comporte certains freins que l’on aurait peine à imaginer à priori.

L’un d’entre eux concernent la duplicité des responsables politiques en charge d’assurer la défense des lois et principes républicains, de lutter contre les dérives sectaires, d’encadrer les culte en France, de garantir la sécurité nationale, l’unité et l’intégrité de la République.

Concernant le gouvernement actuel, on peut légitimement s’émouvoir de l’absence d’actions concrètes engagées par le gouvernement depuis l’attentat de la Préfecture, vite escamoté par le tsunami médiatique sur le voile. Comment comprendre qu’après un tel attentat d’un genre inédit en France mettant en cause un agent de la Préfecture de Police de Paris assermenté secret défense et passé sous les radars de détection de la lutte anti-radicalisation la seule consigne que donne le Président de la République dans son discours adressé aux Français soit de les inviter à la délation en prenant en charge eux-même la détection des signes de radicalisation ?

Comment interpréter le silence de celui-ci et du gouvernement depuis cet attentat ? Sinon pour arguer qu’il « n’était pas concerné par le port du voile » ailleurs qu’à l’école ? Quel signal envoyé à l’opinion et aux islamistes qui en font un étendard de leur combat ?

Comment accepter qu’on ait pu laisser se dérouler à Paris une manifestation organisée par des représentants de l’Islam politiques, des salafistes, des imams radicalisés, des fichés S ? Comment accepter qu’au cours de cette manifestation on ait pu voir fleurir au milieu d’une marée de voiles chariatiques en tous genres des drapeaux palestiniens, quand on sait que les Frères Musulmans et certains officines islamistes françaises à initiatives de cette manifestation soutiennent le Hamas ?

Comment interpréter qu’aucune dénonciation publique venant du Président ou de l’un de ses ministres ne vienne condamner fermement l’utilisation proprement révisionniste de l’étoile jaune amalgamée avec l’étoile et le croissant islamiques, et l’évocation de la Shoah et de ses 6 millions de Juifs exterminés comparés aux persécutions dont seraient victimes les musulmans français ?

Comment comprendre que les représentants de l’Etat ne jugent pas utile de réagir quand le CCIF accuse clairement l’Etat de persécuter les musulmans ? Pourquoi ont-ils laissé le soin à certains partis politiques, certains médias ou certaines personnalités le soin de réagir à leur place ?

On comprend mieux cette trahison des élites politiques au pouvoir quand on sait que les lobbyistes islamistes ont leurs entrées en bonne place à Elysées. Qu’Emmanuel Macron négocie avec le CCIF pour avaliser la montée en puissance de l’AMIF (Association Musulmane pour un Islam de France), une association également acquise aux Frères Musulmans et qui milite pour une réforme des institutions représentatives de l’Islam afin, prétendent-ils, de créer un véritable « Islam de France ».

On comprend mieux aussi quand ont analyse la stratégie d’Emmanuel Macron, déjà en campagne depuis cet été pour sa réélection. Lequel table sur une montée de l’islamisme en France et une opposition entre les islamistes et l’extrême droite pour se positionner en arbitre et en seul sauveur de la République face à Marine Le Pen.

En résumé la République aujourd’hui vivement menacée par les assauts de l’Islam politique d’un côté et la persistance du risque terroriste de l’autre, est ni plus ni moins qu’hypothéquée par un homme et le système qu’il représente pour satisfaire des ambitions carriéristes et pérenniser la main-mise d’une oligarchie financière et économique sur la politique et la nation françaises.

Dit autrement les principes de la République ne sont qu’un outil accessoirisé pour servir d’autres intérêts que ceux des Français. Une stratégie qui autorise les pires calculs politiques, y compris de pactiser avec le diable islamiste tout en tablant sur une montée proportionnelle du populisme et de l’extrême droite.

Développer une analyse sur ces dérives politiques n’est pas ici le propos.

En revanche, face à ce constat de la démission des élites politiques au pouvoir pour défendre efficacement la République contre ceux qui en constituent la plus grave menace, il est essentiel que les citoyens se mobilisent pour engager le combat contre l’Islam politique sans rien attendre d’autre de leurs dirigeants que de belles déclarations ou un renoncement à toute action ambitieuse au nom d’un relativisme permanent du type « ni ni » ou « et en même temps« .

Si l’on élargit le spectre au-delà d’enjeux strictement nationaux, l’islamisme est un allié implicite bien utile pour d’autres pays qui auraient intérêt à affaiblir l’Europe. Ce n’est nullement une théorie « complotiste » mais bien une vérité qui relève de calculs hégémoniques et géostratégiques : l’empire américain qui est pourtant notre allié a toujours eu intérêt à affaiblir l’Europe pour la mettre sous sa coupe. Ce n’est pas un hasard si des banques américaines ont spéculé sur les conflits armés du 20e siècle, en finançant à la fois le réarmement de l’Allemagne dans l’entre-deux-guerre et les efforts d’armement des alliés. Le retour sur investissement porte même un nom : le Plan Marshall. Lequel a permis de reconstruire l’Europe et de relancer ses économies mais aussi de booster considérablement l’économie américaine.

De même les stratèges néoconservateurs ont à la fois prétendu engager leurs alliés dans des guerres contre le terrorisme, tout en finançant discrètement les organisations terroristes qu’il combattaient, dans le but de déstabiliser des régions, de s’assurer une présence militaire permanente et le contrôle de l’acheminement du brut à travers ces pays. Mais aussi de peser sur l’échiquier politique de ces régions contre d’autres grandes puissances comme la Russie ou l’Europe. De la même façon, le scénario d’une Europe affaiblie par la montée d’un l’Islam radical opposé à celle des populismes et des nationalismes, sur fond de pression migratoire massive, de troubles sociaux divers et de dislocation progressives des institutions européennes, est une hypothèse tout à fait envisageable qui pourrait servir les intérêts stratégiques américains.

S’agissant de ce qui est possible aujourd’hui en France, il faut que des associations se développent ou se constituent afin de jouer un rôle citoyen de vigilance, de dénonciation et d’alerte de l’opinion et des médias quant à l’Islam politique et ses dérives. Un rôle de promotion et d’actualisation des principes républicains, en particulier de la laïcité, des droits des femmes et des minorités, dans l’opinion, les réseaux de pouvoir, les médias, sur les réseaux sociaux. Un rôle de combat juridique en portant les poursuites engagées contre toute atteinte aux lois et principes de la République, aux personnes victimes de l’oppression islamiste, objet d’intimidations ou de menaces.

Ce combat sera long. Il est vital et requiert l’assentiment de la plus large fraction des vrais républicains. Il ne peut se faire sans y associer les musulmans, sans des initiatives menées au nom des Français d’origine ou de confession musulmane et nom au nom de l’Islam, au nom de l’unité de la République et non d’une communauté montée contre une autre. Car la seule communauté que nous reconnaissons c’est celle de la République et de la Nation.