Peine de mort pour les terroristes, une exception au droit français ?

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Faut-il tuer les terroristes ? Et si oui comment et au nom de quoi ?

Épineuse question que celle du cycle mimétique de la violence. Faut-il répondre à la volonté de tuer des terroristes islamistes par une volonté analogue ?

Et qu’est-ce qui devrait motiver cette détermination à éradiquer nos ennemis par l’usage de la force ou de la sentence maximum, sans courir le risque de s’assimiler à eux dans leur désir de destruction et de vengeance ?

Je vais peut-être en étonner plus d’un, mais j’en viens de plus en plus à considérer que la façon la plus efficace de régler le cas des auteurs d’attentats dont le caractère terroriste est avéré n’est ni de les juger et de les condamner à des peines sévères d’emprisonnement (à vie), encore moins de les interner dans des établissements psychiatriques s’ils sont reconnus psychiquement déficients par l’expertise médicale, mais tout simplement de les « neutraliser ».

La condamnation à une peine de prison à vie a sa logique juridique. Elle correspond aussi à la sentence maximale considérée comme juste et admissible dans un état de droit comme la France, qui a aboli la peine de mort il y près de 40 ans.

Le cas beaucoup plus litigieux des criminels jugés psychiquement « malades » pose l’épineux problème de la disculpation éventuelle des actes terroristes, au motif que certains de leurs auteurs présenteraient des « antécédents psychiatriques », qu’ils ne seraient pas en pleine possession de leurs moyens psychiques au moment des faits, ou sous l’emprise de substances psychotropes qui auraient altéré leur jugement. Comme dans le cas de Kobili Traoré, ce terroriste malien qui a assassiné en 2017 sa voisine de palier Sarah Halimi, une grand-mère de 65 ans qui avait pour seul défaut d’être juive. Un acte manifestement motivé par la haine islamiste antisémite, mais dont l’auteur a scandaleusement été jugé comme « irresponsable » et relaxé par la justice parce qu’il était sous l’emprise de « bouffées délirantes » dues à une consommation massive de cannabis.

Empêcher la société de qualifier le caractère « terroriste » et « islamiste » des attentats perpétrés au nom de l’Islam par des individus isolés ou des membres d’organisations djihadistes, obliger la justice à fournir la charge de la preuve, disculper les terroristes jugés psychologiquement « fragiles », « déficients » ou « irresponsables », voici le plus beau rêve que poursuivent les islamistes qui les endoctrinent.

Doit-on continuer à faire ainsi leur jeu ? Continuer de perdre du temps alors que leur agenda s’accélère à l’évidence ?

Car contrairement à ce que les représentations médiatiques sur la menace terroriste laissent croire, notamment depuis la défaite de l’Etat Islamique en Syrie, nous sommes d’après les experts et les observateurs chargés d’en évaluer le niveau plutôt dans une phase ascendante, de transformation et de fragmentation du risque terroriste. Ce qui rend en amont le travail des enquêteurs chargés du renseignement ou de l’évaluation des critères de « radicalisation » individuelle beaucoup plus complexe. Et en aval plus délicat et volumineux le travail des policiers, des magistrats et de tous ceux amenés à « traiter » le cas des suspects ou des criminels reconnus coupables d’actes de terrorisme.

Autre point capital. L’abolition de la peine de mort sous Mitterrand au début des années 1980 ne concernait que des criminels de droit commun. Avec l’apparition en France dans les années 1990 et surtout dans les années 2010 d’une nouvelle forme de terroriste djihadiste, le débat a été rouvert sur l’opportunité de condamner à mort les auteurs de tels actes. Une hypothèse vite évacuée, notamment compte tenu de l’absence de caractère « dissuasif » dans le cas de terroristes déterminés à mourir pour la cause djihadiste.

Avec l’apparition de ces nouveaux « terroristes isolés » la question se complexifie encore.

Dans le cas où la Police intervient suffisamment à temps sur le lieu où ces actes sont commis, elle n’hésite jamais à « neutraliser » les individus en tirant à balles réelles et sans sommations préalables quand ceux-ci ont déjà commencé à s’attaquer à des innocents. Comme ce fut le cas lors de l’attentat de Villejuif en janvier 2020, ou celui de la Préfecture en octobre 2019, où les coupables ont été rapidement abattus. Cela n’épargne pas des morts mais cela permet au moins d’en limiter le nombre.

Tout ceci revient à poser la question de la véritable nature ces attentats, par-delà leur étonnante diversité et leur caractère souvent imprévisible.

Or pour comprendre parfaitement les enjeux, il convient de rappeler que nous ne sommes JAMAIS face à des actes réellement « isolés », lesquels n’engagerait que la seule responsabilité de leurs auteurs et tomberaient sous le coup du droit pénal commis tout crime de droit commun.

Car ces actes sont tous reliés les uns aux autres par une même logique, par un même but et surtout par une même idéologie qui les inspire et justifie.

Reconnaître le caractère « terroriste » mais aussi le caractère « islamiste » et même « djihadiste » de tous ces actes criminels est un enjeu crucial dans la guerre rhétorique et idéologique que livrent les islamistes à la France.

Derrière cette qualification il y a un enjeu autre que simplement sémantique ou juridique. Car la France ne lutte pas contre la menace terroriste comme elle lutte contre un autre risque qu’on peut évaluer et circonscrire avec des critères statistiques.

Ce dans quoi nous sommes engagés malgré nous n’est pas simplement la nécessité vitale pour nos démocraties d’endiguer un fléau qui menace la sécurité des personnes et des biens. Il s’agit véritablement d’une GUERRE que nous n’avons pas déclarée, mais que nous devons mener à son terme contraints et forcés. Car il en va de notre survie en tant que démocratie.

Cette qualification de « guerre » par le Président Hollande au lendemain des attentats du 13 novembre paraissait plus évidente dans les cas d’attentats de masse perpétrés sur notre territoire par des kamikazes appartenant à une organisation terroriste autoproclamée Etat Islamique, et qui occupait alors un vaste territoire en Irak et en Syrie. L’envoi de troupes pour détruire cette « Etat » avait alors matérialisé l’ennemi selon les critères classiques du conflit armé hérités des siècles passés.

Or dès l’aube du 21e siècle et les attentats du 11 Septembre 2001, la guerre avait changé de visage et de nature. Désormais ce ne sont plus des états qui livrent batailles, mobilisant des armées, conquérant des territoires et détruisant des infrastructures ennemies. La menace est permanente, invisible, insensible, diffuse et difficile à cerner.

Cette guerre à laquelle nous n’étions pas préparés est une guerre avant tout idéologique. Et dans une large mesure « spirituelle ». Non pas tant parce que nos ennemis s’appuient sur une rhétorique religieuse plus ou moins falsifiée de type millénariste : leurs visées sont avant tout politiques et concernent la conquête totale du pouvoir dans les pays ciblés, jusqu’à la planète toute entière.

Mais parce que cette guerre se joue d’abord dans les consciences. C’est une guerre idéologique au sens où l’islamisme est une idéologie totalitaire, au même titre que le nazisme ou le communisme. Mais c’est aussi une guerre psychologique, une guerre des consciences, une guerre d’affects, d’émotions et de représentations symboliques, dont le retentissement principal s’évalue moins en termes de nombre de victimes ou de kilomètres carrés conquis que de niveau d’emprise sur les esprits.

Ces représentations, ces affects, ces discours choc ont d’autant plus d’impact sur nos consciences qu’ils sont amplifiés à l’infini par l’écho médiatique et celui d’internet où les consciences sont interconnectées de façon instantanée.

Les « faits » ont de moins en moins d’importance. En revanche leur impact sur les esprits est capital. Car c’est là le véritable champ de bataille. La conscience collective, objet d’une formidable volonté d’emprise.

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Une emprise qui joue notamment sur le caractère fascinatoire des images et des discours : celles de la barbarie djihadiste obsessionnellement mise en scène. Une emprise qui sème le doute afin de fragiliser les fondamentaux éthiques des sociétés, qui s’immisce telle un virus pour parasiter les modes d’arbitrage politiques, juridiques, sociaux économiques, mais aussi les mythes collectifs et les référents symboliques d’une nation.

Le but des islamistes est de dynamiter la notion même de nation au bénéfice de l’Oumma. Et pour cela de court-circuiter ou saboter toute l’armature éthique, symbolique et discursive qui sert d’étayage à la République comme ensemble uni.

Les terroristes ne sont que la partie visible, flagrante et dramatique, et un outil stratégique parmi d’autres dans cette guerre fondée sur un patient travail de destruction et de conquête.

Aujourd’hui une guerre ne se gagne plus avec des chars et des bombes. Mais avec des idées et des convictions. A ce titre, la guerre cybernétique pour neutraliser les sites islamistes sur internet, identifier leurs acteurs et leurs objectifs, infiltrer et démanteler leurs réseaux est au moins aussi importante que l’action préventive et curative sur le terrain contre le terrorisme ou la radicalisation.

Chaque terroriste radicalisé par lui-même (ce qui relève comme nous l’avons vu du mythe) ou engagé volontaire dans un réseau terroriste est un « soldat » et donc un « ennemi » de la France. Considérer ces « éléments isolés » comme de simples criminels de droit commun est une chimère et une aberration.

Bien sûr il serait absurde et contraire à nos valeurs de les considérer ex abrupto comme des ennemis et des membres d’un corps étranger à éliminer. Ce serait même faire le jeu des islamistes qui est consiste à diviser les Français, disloquer les liens républicains et leur substituer l’appartenance prioritaire à l’Oumma dans dialectique « eux contre nous ». Ce sont pour la plupart des citoyens français « égarés » et abusés par la propagande islamiste, qui ont unilatéralement mais délibérément rompu les amarres avec la communauté nationale à laquelle ils appartiennent, ou qui ont choisi de se retourner contre la France, contre une communauté (les Juifs) ou contre Etat qu’ils jugent hostile.

Les abattre ce n’est pas nier leur appartenance paradoxale à la nation française en cédant à la logique des islamistes. Mais c’est prendre acte de leur volonté sécessionniste poussée à son paroxysme en circonscrivant cette transgressions pour qu’elle ne contamine pas d’autres victimes ou d’autres esprits tentés de les imiter.

A ce titre il est aveugle de chercher à n’évaluer que les responsabilités personnelles de chaque individu qui commet un acte terroriste au nom de l’Islam. Cela n’a aucun sens. Dès lors qu’un acte est reconnu comme relevant du terrorisme islamiste les responsabilités sont nécessairement diffuses et partagées. Ceux qui au sein des mosquées, dans les associations « musulmanes » de quartier, dans l’entourage familial, amical, professionnel, dans les médias, les publications « islamiques », sur les sites internet et réseaux sociaux, ont contribué à forger les convictions et construire les repères de ces « armes humaines » sont coresponsables à un degré ou un autre des actes qu’elles commettent.

Si l’on veut aller au bout de cette logique, les terroristes « isolés » sont la main qui tient le couteau ou la gâchette, et le CCIF, l’UOIF et toutes ces officines du mensonge islamiste déguisés en agneaux sont le cerveau qui en commande le mouvement.

Quoiqu’il en soit, en situation de guerre c’est la logique de guerre qui doit s’appliquer. Un ennemi est un ennemi, qu’il soit général ou simple fantassin.

Et donc autant que possible absolument tous les terroristes quels qu’il soient, dès lors qu’ils ont fait ne seraient-ce qu’une seule victime, doivent être abattus le plus vite possible sans aucun état d’âme.

La logique de ce mode opératoire n’obéit aucunement à un désir de revanche, de justice expéditive ou arbitraire. Ce qui serait rentrer dans la logique mimétique de haine et de violence des djihadistes, convaincu pour leur part du part bien-fondé de leurs actes, et de rejoindre par le martyre Allah, son Paradis et ses houris.

Elle repose uniquement sur une logique de pragmatisme et d’efficacité.

Le but ici n’est pas de « punir » par le sang dans une justice éclair, mais de « protéger » et « neutraliser ». Protéger d’autres éventuelles victimes, immédiates ou à venir, les terroristes servant toujours d’exemple déclencheur pour de futurs candidats au « sacrifice ». Ces victimes c’est nous-mêmes, nos proches, nos enfants, nos amis, nos collègues, nos voisins. Qu’ils soient nos concitoyens ou de simples étrangers séjournant proche de nous. Nos frères en humanité ciblés par des fanatiques pressés selon leur folie de nous déshumaniser.

Les préoccupations droits-de-l’hommistes qui viseraient à sanctuariser la vie humaine au point de renoncer à l’usage de la force létale ou de la peine capitale pour des terroristes au motif que la vie humaine serait supérieure à tout autre impératif éthique n’ont pas leur place ici.

Car c’est justement au nom de la vie, de sa dignité et de son unité, et non selon une fascination morbide pour la mort et le martyre, que l’on doit agir avec force et détermination.

Dans le cas des terroristes ayant commis des crimes avant d’être arrêtés et jugés, la question de la peine capitale doit rester de façon tout à fait exceptionnelle une question ouverte et non tranchée a priori.

Justement parce que nous n’avons pas les mêmes référents symboliques que ceux qui nous tuent.

Pour nos sociétés occidentales profondément imprégnée d’un héritage et d’une éthique chrétienne, la mort peut être rédemptrice mais le Pardon ou du moins le renoncement à appliquer une sentence égale aux crimes commis reste toujours une vertu supérieure à la Loi du talion. Notre justice démocratique fondée sur les droits de l’homme et l’affirmation que tous les hommes sont égaux se veut plus volontiers clémente qu’inflexible. Elle croit en la rémission possible des pires criminels.

Mais pour les terroristes inspirés par un Islam radical, tuer un mécréant n’a aucune importance : sa vie a bien moins d’importance qu’un vrai musulman. Pire, le tuer peut-être considérer comme un acte exemplaire de bravoure agréé par la communauté et le Tout-Puissant.

Au lieu d’offrir une mort ou un procès exemplaire à ces « martyres » de la foi djihadiste, leur offrir une exécution infamante c’est aussi renverser la symbolique attachée à leurs actes. Un échec et non un triomphe.

A condition de toujours rappeler au nom de qui et de quoi s’exerce la Justice, le Droit et l’usage de la force.

H.I.V. : Human Islamist Virus – Pourquoi l’islamisme est une forme de sida idéologique qui s’attaque aux sociétés musulmanes et occidentales ?

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S.I.D.A. Syndrome d’Immuno-Déficience Acquise.

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Au plan symbolique, le sida est une forme de dislocation identitaire.

D’un point de vue biologique, le virus HIV responsable de la maladie cible, parasite puis détruit les lymphocytes T4. Au cœur des mécanismes complexe de l’immunité, le rôle de ces lymphocytes peut être comparé à celui à celui de « vigiles ». Fidèles gardiens, les lymphocytes T4 identifient les agents pathogènes qui se multiplient dans l’organisme et déclenchent l’alerte grâce à des médiateurs chimiques auprès d’autres cellules immunitaires qui vont attaquer ou digérer ces agents pathogènes.

De même l’immunité, dont une bonne partie se joue dans le système digestif, assure un équilibre homéostasique entre des éléments extérieurs assimilables par l’organisme et provenant de la digestion, de la respiration, de contacts cutanés, de blessures ou d’échanges de fluides sexuels, et des agents pathogènes qui en excès mettraient en péril l’organisme.

Ainsi d’un point de vue symbolique l’immunité se présente comme un ensemble de mécanismes chargés d’assurer en permanence l’homogénéité, la congruence dynamique et la survie du corps humain, et donc de l’être humain au plan biologique.

Parce qu’elle opère en permanence un tri sélectif entre « ce qui est moi » et « ce qui n’est pas moi » l’immunité est une conscience garante de l’identité personnelle.

Il ne faudrait pas céder à une représentation trop « individualiste » de l’être que nous sommes. Un individu ou un organisme qui serait totalement séparé des autres. La vie est faite d’équilibre homéostasiques et évolutifs. Au plan biologique, mais aussi psychologique, social, politique, nous sommes tous intimement reliés les uns aux autres. Notre organisme est lui-même constitué d’un agrégat impermanent de protéines, de cellules, et de milliards d’hôtes étrangers comme les bactéries qui constituent notre flore intestinale, sans lesquelles nous serions voués à une mort certaine.

La vie repose donc sur tout un échafaudage d’équilibres, d’alliances, de coopérations entre des formes vivantes qui la composent.

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Quant aux religions, depuis les temps primitifs et les religions animistes, elles sont des systèmes de croyances, de représentations et de rites qui relient les êtres au sein de groupes humains, mais aussi à l’ensemble du vivant et de l’Univers selon des cosmogonies aussi diverses que les religions elles-mêmes.

Quant ces religions se dénaturent en systèmes dogmatiques, qu’elles se referment sur une orthodoxie et une orthopraxie qui confinent à l’intégrisme, qu’elles fondent leur justification sur une revendication offensive, agressive, destructrice à l’égard d’autres croyances, d’autres modèles, d’autres groupes, qu’elles ne servent que la volonté de puissance, le désir de conquête, d’asservissement, de soumission, qu’elles se réduisent à une simple rhétorique au service d’une ambition politique, alors elle trahissent la fonction pour laquelle elles ont été élaborées et cessent de jouer leur rôle de lien spirituel, de sacralisation et de perpétuation du Sens.

Peu importe qu’elles se réfèrent à un dieu, un principe ou une Conscience supérieure. Peu importe qu’elles servent la Transcendance divine, pour les religions monothéistes, ou celle du Collectif, pour les religions athées comme le communisme. Le résultat est le même : la promotion d’une idéologie totalitaire qui broie les individus, leur identité, leurs libertés, en les rendant esclaves d’un système ou d’une caste.

Ainsi l’islamisme, qui est un dévoiement complet de l’Islam dans sa version spirituelle et humaniste, est une idéologie qui distord les principes d’une religion à laquelle il se réfère pour mieux asseoir son emprise spirituelle, idéologique et politique sur les croyants.

Pour parvenir à ses fins dans les sociétés musulmanes, l’islamisme s’infiltre dans les discours, dans les consciences, dans les réseaux de pouvoir, ou quand ceux-ci sont suffisamment affaiblis il les attaque frontalement pour les renverser.

Artisan du mensonge, de la confusion et de la manipulation, l’islamisme sème le doute. Il instrumentalise les faiblesses, les craintes, les ressentiments. Il s’insinue en laissant croire que la seule manière pour les peuples opprimés de reconquérir leur liberté est d’adhérer à un Islam « pur », radical, de revenir au mythe d’un Islam originel, de débarrasser les formes sociales, juridiques, religieuses, cultuelles et symboliques de tous les oripeaux sacrilèges hérités de la corruption des dirigeants de pays arabes ou musulmans avec la modernité, les valeurs occidentales, la démocratie, avec ces idéaux impurs, décadents, délétères transmis par la colonisation, la corruption des nations infidèles.

L’islamisme conduit les musulmans à se diviser d’avec eux-mêmes. Il surfe sur leur malaise pour se multiplier, il parasite les discours, les représentations, les schémas identitaires et communautaires en place pour les neutraliser, les faire éclater, les subvertir et les vampiriser.

Exactement comme le virus du sida parasite le génome de ses hôtes pour se répliquer.

En effet, comme le virus du sida, l’islamisme est incapable de survivre au grand jour, incapable de se répandre. Il a besoin de pirater un organisme vivant pour en utiliser l’énergie afin de se multiplier.

Exposé à la lumière, déconnecté des cellules humaines qu’il parasite, le virus islamiste ne peut survivre. Il a besoin de surenchère et de contamination virale pour se disséminer.

Il utilise les flux rhétoriques comme le virus HIV utilise les fluides sexuels, sanguins ou placentaires. Il surfent sur les amalgames pour propager des mensonges.

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Quand il rencontre des cellules immunitaires qui l’identifient comme nuisible et sonnent l’alerte, il les attaque aussitôt. Il culpabilise, crie à « l’islamophobie », et dans bien des cas il utilise la justice même s’il a peu de chances de l’emporter pour affaiblir, ruiner et dissuader ses adversaires.

Son arme favorite pour tétaniser les défenses, c’est la terreur. La terreur djihadiste ou l’intimidation, le harcèlement psychologique, les menaces de mort adressées à ses adversaires.

Exactement comme le sida opérait sur ses proies et ses victimes une « sidération ». L’élément psychologique est en effet fondamental, tant dans les mécanismes de contamination que ceux qui président à l’évolution de l’infection vers la maladie. Tout affaiblissement psychologique, tout renoncement à se battre, toute perte de conscience de soi, de confiance en soi ou du goût de la vie sont des cofacteurs déterminants dans le déclenchement de la maladie.

L’islamisme est le Cheval de Troie des sociétés modernes, démocratiques, républicaines. Une fois qu’il a contaminé un nombre suffisant de musulmans et les a agrégés dans une « Oumma » factice qui sert de faire-valoir à sa rhétorique victimaire, il s’assure de soutiens auprès de politiques, d’intellectuels, de médias et d’institutions en utilisant et pervertissant les principes de ces sociétés qui sont justement sensés les protéger contre une telle menace.

Les islamo-gauchistes et autres idiots utiles de l’islamophobie deviennent les relais serviles de cette idéologie, au nom des valeurs républicaines, des libertés individuelles, de la liberté de conscience, du droit des minorités, de la laïcité, de l’antiracisme, de la lutte contre la xénophobie, le fascisme et l’extrémisme, le populisme, l’intolérance ou l’oppression, et même au nom du féminisme et des droits des femmes.

Ceux-là sont contaminés et perdus pour la République. Leur chute est annoncée. Atteint par ce sida idéologique, leur propre logiciel intellectuel et éthique est hors service. Il tourne en boucle et plus on cherche à les persuader de leur égarement, plus ils s’emballent en répétant les mêmes formules stéréotypées.

La plupart sont sincères mais d’autres ne sont que des clientélistes machiavéliques qui ont abdiqué toute morale, tout honneur et tout sens de l’intérêt général, obnubilés par leur carrière.

Les plus coupables ne sont pas ceux que l’on croit. Derrière les Mélenchon, Hamon, Autain, Benbassa, Lipietz, tous ces politicards de gauche et d’extrême gauche qui ont abdiqué leur conscience en espérant se refaire une vertu et une virginité politiques, d’autres au style plus consensuel sont sans doute les plus dangereux. Au premier rang desquels le chef de l’Etat Emmanuel Macron. Un homme qui n’a jamais eu aucune morale, aucune vision, aucun projet pour la France, sinon de servir sa carrière et les intérêts des lobbies qui l’ont hissé au pouvoir.

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Bien qu’il compte dans son entourage quelques lobbyistes de l’islamisme, Macron n’est pas vraiment atteint par le sida islamiste. N’ayant aucune morale personnelle ou politique, Macron, malgré ses postures solennelles et ses beaux sermons de circonstance, n’est qu’une sorte d’humanoïde servile programmé dès Sciences Po pour servir un système qui ignore toute autre préoccupation éthique que le retour sur investissement.

Tant que la montée de l’islamisme et son opposition avec l’extrémisme servent ses intérêts, le Président ne fera strictement rien pour engager une politique idoine afin de lutter efficacement contre ce fléau. D’où son silence stupéfiant depuis l’attentat de la Préfecture, l’emballement médiatique sur le voile et l’attaque de la mosquée de Bayonne par un déséquilibré.

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C’est pourquoi il appartient aux vrais républicains de se mobiliser pour combattre cette épidémie. Et de puiser dans le patrimoine de nos valeurs communes pour élaborer le vaccin qui saura vaincre l’assaillant.

Cela devient urgent. Car les sondages montrent une imprégnation croissante des phénomènes de radicalisation. Un sujet passé sous silence depuis Mickaël Harpon au bénéfice d’un soap-opéra bien commode sur le voile. Tout comme la prévalence des idées islamistes révélée par les sondages auprès des musulmans français, notamment les plus jeunes, aurait de quoi alerter les pouvoirs publics.

Il est urgent de mettre en place un plan prophylactique avant que cette épidémie de sida islamiste ne se répande dans tous les rouages de l’Etat et de la République.

La France a un rôle éminent à jouer, elle qui est l’héritière d’une tradition démocratique et humaniste que le monde nous envie toujours. Si la France échoue dans cette bataille, c’est toute l’Europe qui sombrera d’ici le milieu de ce siècle.

 

 

 

Jésus l’enquête: la résurrection entre quête de vérité et quête spirituelle

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Sorti en France le 28 février le film Jésus, l’enquête (The case for Christ) a déjà fait couler beaucoup d’encre, notamment dans la mouvance évangélique.

Voir la bande-annonce :

 

Rien de moins étonnant pour un blockbuster hollywoodien surfant sur les obsessions d’une Amérique en pleine confusion spirituelle, écartelée entre le tandem présidentiel Trump/Pence largement soutenu par les chrétiens fondamentalistes, la nostalgie de l’ère Obama, un rêve américain qui bat de l’aile et les crispations inquiètes d’une grande puissance en quête d’une nouvelle identité et dont le Congrès avait inscrit la devise In God we trust sur le Grand sceau comme sur le billet vert.

Tiré d’un roman autobiographique le film raconte l’itinéraire spirituel quasi rédempteur d’un journaliste d’investigation athée bousculé par la conversion de sa femme à la foi évangélique. Partant du principe que si l’on peut prouver que la résurrection du Christ n’a pas eu lieu tout l’édifice du christianisme s’effondre, le héros part enquêter à Jérusalem sur les traces du « cas Jésus ». Un Da Vinci Code à la sauce évangélique. Sauf que l’histoire est vraie. Et qu’au terme de son enquête le personnage fera une rencontre avec Jésus qui bouleversera sa vie.

Un témoignage sans doute très sincère et très touchant mais qui une fois merchandisé en best-seller de librairie puis en succès hollywoodien devient un exemple est assez typique des méthodes prosélytes utilisées par les églises évangéliques.

Les limites de la preuve

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Au-delà de cette histoire pleine de rebondissements et de bons sentiments, le film aborde le sujet des limites de la « preuve » opposée à l’expérience spirituelle. Il s’inscrit dans un débat éculé qui oppose depuis des siècles la Foi et la Raison. Et notre part émotionnelle et irrationnelle en butte à un esprit pétri de rationalisme athée. Avec en parallèle l’opposition récurrente quoique anachronique aujourd’hui entre dogme et science.

La foi en la résurrection de Jésus relève en effet d’une « croyance » en une vérité qui n’est pas établie : elle concerne des « événements », ou des « faits », qui n’ont pas été a priori retenus par le consensus majoritaire comme « crédibles » sinon attestés comme « réels » .

Pour peu qu’elle se soit réellement produite à Jérusalem au lendemain de la fête de Pessah de l’an 33, la résurrection de Jésus ne saurait donc être « prouvée » ou infirmée au terme d’une quelconque enquête journalistique. Ni par le biais d’un minutieux travail d’historien.

Que l’on sache, aucun humain n’a assisté en tant que témoin oculaire à la résurrection du jeune rabbin de Nazareth. Celle-ci n’a pas fait non plus l’objet d’un procès-verbal de police. Elle ne saurait donc être considérée comme un événement historique, encore moins comme un « fait » juridiquement opposable. Une telle prétention est évidemment une chimère, même si le sujet n’a pas épuisé des générations de spécialistes.

En ce qui concerne une approche historique, rappelons que pour autant qu’ils relatent des « événements », les historiens s’appliquent prioritairement à construire une « mémoire collective », plus qu’à authentifier des faits objectifs . Cette mémoire vivante est élaborée à partir d’un ou de plusieurs points de vue. La recherche de la vérité en matière d’Histoire n’a de valeur que relative et conciliaire puisqu’elle relève d’un consensus jamais définitif des historiens sur le champ qu’ils définissent comme sujet d’étude. La vérité historique demeure donc toujours un objectif à atteindre, jamais une certitude absolue.

S’agissant de la résurrection elle-même, les historiens ne peuvent se prononcer que sur le périmètre d’un tel événement. Ils ne peuvent décrire que l’impact produit à son sujet par les témoignages et agissements attribués aux membres d’une petite communauté de disciples, marginale parmi les courants juifs et autres religions présentes en Judée et dans le pourtour méditerranéen au 1er siècle. Et bien entendu sur les conséquences évidentes au plan de l’Histoire universelle d’un tel message porté par les tenants de la religion nouvelle et leurs successeurs.

Cet événement qui a fait basculer l’Histoire ne peut être a priori l’objet d’aucune étude « scientifique » qui en fournirait quelque élément de « preuve ». Il demeure pris entre deux attitudes extrêmes : la foi aveugle et le scepticisme radical.

Ce dont on ne peut que se réjouir, sans quoi il n’y aurait plus aucune place pour le libre arbitre personnel. Et interdirait tout acte libre et créateur de réalité qu’est le pari ou le choix conscient de croire telle ou telle chose « réelle » ou « vraie ». Qu’il soit de nature religieuse, idéologique ou scientifique, la tentation de tout discours dogmatique totalisant est précisément d’imposer à tous comme L’unique Vérité ce qui relève toujours en définitive d’un choix de valeurs.

Pour une science humaine comme l’Histoire, les modes d’authentification des faits diffèrent de ceux utilisés par les sciences exactes comme la physique pour valider des phénomènes observables : on ne peut pas a priori expérimenter scientifiquement une résurrection en tant que phénomène physique, avec le caractère reproductible sinon « prédictible » requis selon des lois physiques.

S’agissant des événements historiques retenus par l’Histoire on se saurait non plus « prouver » leur réalité intrinsèque indépendamment d’une conscience historique qui leur confère l’apparence d’une réalité sous forme d’un « événement passé » repérable selon un continuum temporel.

Or d’après les lois de la physique quantique et ses implications dans le domaine des neurosciences, les événements du « passé » n’ont aucune réalité intrinsèque. Ce que l’on conçoit comme un passé objectif n’a en vérité aucune existence propre, sinon en tant que « mémoires » individuelles ou collectives. Seul le présent existe, le futur n’existant qu’à l’état de virtualités.

Qu’en est-il de la foi ?

Radieux-Relèvement-sr-Jacqueline-Poirier-r.m.

Icône de la descente aux enfers

Seuls les chrétiens croient en principe à la résurrection de Jésus. Les Juifs n’y croient pas sans quoi ils seraient chrétiens. Le Coran reste dans l’incertitude et porte plutôt à croire Jésus ne serait pas mort[i] ; certaines interprétations prétendent même que ses disciples auraient substitué un sosie à la place du messie sur la croix.

Croire en la résurrection est a priori un acte de foi. Personnel avant d’être collectif.

Rappelons au passage que la résurrection conçue comme le retour à la vie d’une personne décédée n’est pas une expérience dont Jésus aurait eu l’exclusivité, même si pour les chrétiens elle représente le sommet du message évangélique.

Si l’on s’en tient aux textes bibliques, trois résurrections sont citées dans le Premier Testament : le fils de la veuve de Sarepta (1 Rois 17), le fils de la Sunamite (2 Rois 4) et un homme dans le sépulcre d’Élisée (2 Rois 13). Selon les évangiles canoniques trois autres personnages auraient été ressuscités grâce à l’intervention de Jésus au cours de son ministère : la fille de Jaïre (Marc 5,22-43), le fils de la veuve de Naïm (Luc 7,11-17) et son ami Lazare (Jean 11).  Enfin Dorcas, un disciple de Jaffa ressuscité par Pierre (Actes 9:36-43).

L’idée de la résurrection des morts est également un des fondements essentiels de l’eschatologie musulmane (1).

Pour l’homme de foi il s’agit en revanche davantage de croire ou non « en » la Résurrection que de croire simplement que la résurrection est une réalité. Terme qui recouvre plusieurs acceptions : Relèvement des morts (revenir à la vie), perspective eschatologique de la Fin des temps : combat escathologique, Résurrection des morts et Jugement dernier, prélables à l’instauration d’un règne messianique de paix et de justice, tels que l’annoncent les textes juifs comme Daniel et chrétiens comme Matthieu ou l’Apocalypse de Jean (Révélation). Annonces sinon textes eux-mêmes dont se sont sans doute en partie inspirés les rédacteurs du Coran.

Autant de sources écrites fondement de dogmes de foi à propos de la Résurrection. Et dont l’interprétation n’a cessé d’alimenter la controverse au fil des siècles, depuis que la croyance en la résurrection s’est imposée dans le judaïsme massorétique à l’époque des Maccabées.

Un pari existentiel autant qu’ontologique

Le fait de croire en la résurrection est avant tout un choix personnel qui fait sens et crée de la réalité du point de vue spirituel pour ceux qui la partagent.

Ainsi le Chrétien qui adhère à l’être-même de Jésus ressuscité s’inscrit dans la perspective de la Vie éternelle et du Royaume à venir. Pour beaucoup, celle-ci prend la forme d’une attente messianique conçue non plus comme un événement inscrit dans l’Histoire et qui en marquerait le terme, mais comme le choix d’enraciner sa vie dans une dimension spirituelle qui échappe à la matérialité et à la temporalité : vivre d’ores et déjà dans et pour le Royaume. C’est-à-dire préfigurer un monde qui « advient » ici et maintenant plus qu’un monde à venir.

Et actualiser cette perspective promise à l’humanité tout entière en focalisant ses propres choix essentiels et existentiels vers la préfiguration d’une humanité ayant « réalisé » tout son potentiel « divin ». Humanité préfigurée pour les Chrétiens en la personne de Jésus.

Dans la vision propre aux églises messianiques, cette inscription du message évangélique dans une temporalité critique demeure prépondérante. Comme dans la vision de l’apôtre Paul, horizon reste tendu vers l’annonce du retour imminent du Messie crucifié, mort et ressuscité à Jérusalem.

Le thème de la Seconde Venue de Jésus est aujourd’hui l’un des plus en vogue dans la mouvance évangélique. A l’image des thématiques apocalyptiques centrales dans les sectes messianiques juives.

Plus globalement les chrétiens partagent une espérance du Salut. Salut obtenu selon la théologie protestante par pure Grâce du fait de la foi en (adhésion à) la personne de Jésus, Messie et Sauveur. Ou selon les œuvres selon la théologie catholique classique.

Sauveur de quoi au juste ?

Du « péché » ? Terme souvent compris comme une « faute », un manquement à des règles comportementales telles qu’établies selon une lecture littérale des textes ? Ou terme qu’il faudrait plutôt entendre selon l’étymologie du verbe pécher en hébreu comme la résultante d’un défaut de ciblage de notre désir ontologique : « rater sa cible ».

Ou bien encore comme la libération salutaire d’une croyance illusoire en la réalité de la « Mort » conçue comme le terme définitif de toute forme de vie et la néantisation de l’être.

Avec les conséquences au plan existentiel, psychologique et spirituel que peuvent engendrer les croyances et représentations, individuelles et collectives, à propos de la mort. Croyances et représentations nourries des peurs les plus archaïques et objet de toutes les spéculations théologiques sur l’Après-vie.

Vers une compréhension dépassionnée ?

Si elle est vécue de façon active, la croyance effective sinon la foi en la résurrection produit du sens et de l’effet dans la vie présente.

Elle révèle la prégnance tangible d’une dimension non matérielle, « numineuse », présente au cœur même de notre existence incarnée. Un déjà-là qui n’est pas nécessairement repoussé de façon spéculative vers une hypothétique vie après la vie terrestre, un Paradis céleste, ou une Vie éternelle à venir qui ne serait promise qu’aux seuls élus.

Quoi qu’il en soit, la résurrection est un phénomène qui bouleverse nos conceptions classiques du temps et nos représentations quant aux limites du corps physique.

Admettons que Jésus a bien été crucifié, que son corps physique est bien mort, a bien été embaumé selon le rite puis enterré comme le relate les textes et la Tradition. Sous quelle forme est-il alors apparu à ses disciples ? Non comme un simple « fantôme », un « spectre », mais de façon identifiable par ses plus proches disciples. Avec un corps doué de facultés physiques « extra-ordinaires » : multilocalisation, faculté d’apparaître et de disparaître instantanément, de se matérialiser et se dématérialiser, et de jouir toutefois de certaines facultés physiques d’un homme « normal », comme respirer, voir, entendre, ressentir, parler, être vu, entendu, touché, manipuler des objets (rompre le pain), manger et boire ?

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C’est là que les théories et découvertes récentes ou à venir de la physique quantique pourraient ouvrir des perspectives de compréhension pour décrypter un phénomène qui relève toujours pour l’église du « mystère ». Et qui  résiste toujours à toute explication scientifique.

Du moins pour la science classique fondée sur les lois causales, longtemps fermée à l’irrationnel et marquée notamment au cours des deux siècles derniers par le matérialisme athée.

Grâce notamment à l’éclairage des découvertes quantiques sur l’origine de la conscience, des équipes de chercheurs s’attachent depuis quelques décennies à étudier en laboratoire des phénomènes auxquels la science était jusqu’alors réfractaire. Etats modifiés de conscience, cas cliniques de mort imminente (NDE), phénomènes « psys » (télépathie, psychokinésie voire ufologie).

Ce qui relevait autrefois de la métaphysique voire de la mystique n’est plus aujourd’hui un sujet tabou pour des scientifiques qui contribuent à faire évoluer les nouvelles sciences du 21e siècle hors des frontières où l’avait contrainte la pensée dualiste et l’idéologie scientiste ou rationaliste propres aux deux siècles précédents.

conscience quantique

S’agissant du 7e art, des scénaristes et producteurs inspirés auraient matière à réaliser une œuvre cinématographique qui laisserait entrevoir à propos de la résurrection ce que l’industrie du divertissement et les médias semblent aujourd’hui incapables d’appréhender autrement que sur le registre du sensationnel ou de l’émotionnel.


(1)« … à cause de leur parole (les juifs) : “Nous avons vraiment tué le Christ, Jésus, fils de Marie, le Messager d’Allah”… Or, ils ne l’ont ni tué ni crucifié ; mais cela leur est apparu ainsi (en arabe : choubbiha) ! Et ceux qui ont discuté sur son sujet sont vraiment dans l’incertitude : ils n’en ont aucune connaissance certaine, ils ne font que suivre des conjectures et ils ne l’ont certainement pas tué, mais Allah l’a élevé vers Lui. Et Allah est Puissant et Sage » (Sourate 4:157-158)

(2) Cf. Piotr Kuberski : La résurrection dans l’islam. Revue des Sciences Religieuses : Christianisme et islam. 87/2 | 2013, p. 179-200

VEUX-TU VIVRE VRAIMENT ?

L’Esprit de Dieu est réellement un grand forgeron spirituel.

Il fait fondre le métal de notre ego, il en extrait les scories, il façonne notre être à sa guise et en fait un glaive ou un instrument selon les desseins du Créateur qui nous a fait et nous recrée selon son bon vouloir, pour parfaire notre être et accomplir sa volonté.

Il le fait en vérité. Mais il le fait seulement si nous le demandons et si nous l’acceptons.

La souffrance c’est le refus de mourir à celui ou celle que l’on est ou que l’on a été. De mourir à ce petit « moi » que l’on veut jalousement préserver, en refusant de devenir. Ce petit ego que l’on croit être et que l’on croit pouvoir préserver par ses seuls efforts, pour se satisfaire son désir égoïste, étriqué, enclos, obstiné, ignorant du Grand Tout qui nous aspire vers le haut, réfractaire au Divin et à l’appel du large.

Vanité des vanités !…

Pour accepter de mourir à soi, il faut avoir vécu l’expérience de ne plus être soi-même. De ne plus être rien du tout. De ne plus avoir de consistance, d’existence, de congruence. Et même d’identité.

De ressentir que l’on n’est qu’un agrégat de cellules temporairement agrégées et qui constitue notre corps physique. Un agrégat de croyances à propos de ce qui nous croyons être et qui constitue notre être psychique. Je suis un homme, une femme. Je suis Untel. J’ai un nom que je crois être. Un nom temporaire, celui que m’ont donné mes parents. Je suis né à ce monde un jour de mai ou de décembre… J’ai tant d’années au compteur. Je suis donc jeune ou vieux, ou tantôt l’un tantôt l’autre. J’habite ici ou là. Je suis « français », « auvergnat », homme du terroir ou déraciné. J’ai grandi comme ci ou comme ça. J’ai aimé ou refusé d’aimé. Je suis attiré par les hommes ou par les femmes, ou les deux : je suis donc « homo », « hétéro », ou « bi », ou rien du tout. Ou je m’en fous. J’ai fait ceci ou cela dans ma vie. Selon mes comportements ou mes sentiments, on me dit « gentil », « sympa », ou parfait « salaud ». J’appartiens à telle ou telle communauté. Et je me prétends « juif », « chrétien », « athée » ou « communiste ».  Ou encore « citoyen du monde », car très idéaliste et pas très en phase avec ma patrie d’origine. Et je dis souvent que je suis le métier que j’exerce : avocat, ingénieur, journaliste, artiste, plongeur ou chômeur : la société est si injuste avec moi…

Alors qu’en vérité, je ne suis rien de tout cela. Ou si peu.

En vérité notre être profond est un voyageur qui vient de beaucoup plus loin et va beaucoup plus loin que le terme apparent de notre existence ici bas.

Ainsi, notre nationalité n’est rien qu’une ligne sur notre état civil, tellement contingente et passagère. Nous le savons bien, nous qui sommes « frères en Christ », à qui on a tant répété qu’il n’y avait plus « ni grec, ni juif, ni… » Et surtout en cette période de confusion et de mondialisation où les nations ne sont plus que des coquilles vides et des identités réflexes pour ceux qui refusent d’entrer dans l’universalité promise ou imposée par le système.

Quand à ce corps que nous croyons « avoir » ou « être », ce corps dont nous aimerions pouvoir développer indéfiniment les capacités, dont nous aimerions pouvoir préserver indéfiniment la vitalité et les traits pour continuer à jouir, à faire, à séduire ou simplement à plaire. Jouir pour avoir la sensation d’exister dans l’instant. Faire pour avoir le sentiment d’exister par l’agir et d’imprimer sa marque dans le réel. Séduire ou plaire pour avoir l’illusion d’exister dans le regard des autres ou de l’être aimé… Car oui, on se l’avoue parfois : on ne s’aime pas toujours suffisamment soi-même. Alors on cherche à se faire aimer par d’autres pour compenser ce mésamour de soi-même.

Et ce visage que l’on ne peut jamais saisir dans le miroir, que notre angoisse narcissique voudrait figer ou retenir ou gommer, comme un selfie dont on voudrait gommer les aspérités et les ombres changeantes, ou comme un épouvantail qu’on tente de rafistoler ou que l’on voudrait enfin oublier comme un encombrant fantôme.

Et ce « caractère » qu’on s’est habitué à dire ou laisser dire « bien trempé », « entêté » ou au contraire « falot », « timide », « soumis ». Cette psyché que d’autres désignent comme névrosée, bipolaire, parano, obsessionnelle, autiste, hystérique ou que sais-je encore comme nom d’oiseaux… En référence à normalité psychique adaptée au monde bien ordonné, à la société, et qui n’est après tout qu’imaginaire à en croire la folie dont sont habités les prophètes et les marginaux ivres de Dieu.

Et ce corps encore, qui change et se refuse à obéir à nos injonctions de maigrir, d’aller vite, de se mouvoir ou de façonner ce que nous désirons créer. Ce corps que la médecine nous promet demain comme quasi immortel. Ce corps constitué de milliards de cellules, dont nous ne soupçonnons même pas l’ordonnancement, la complexité et la beauté.

Et ces cellules qui nous constituent. Qui chaque jour meurent et se renouvellent. Cet organisme qui sous-tend notre vie. Et qui n’est après tout qu’un agrégat temporaire de matière et de briques génétiques, d’atomes, de molécules, de cellules vivantes : celles que notre organisme fabrique et celles que nous hébergeons sans le savoir. Un système homéostatique, qui se maintient sans cesse dans un équilibre précaire et dynamique, entre vitalité et maladie… Quelques milliards de bactéries en plus ou en moins dans nos intestins, et nous mourons immanquablement, par déficit ou par excès d’hôtes invisibles, tantôt alliés tantôt hostiles. Cette flore intestinale que nous abritons à notre insu et qui garantit notre immunité, nous permet d’agréger la nourriture afin de restaurer et renouveler notre corps.

Et si notre ego se met à proliférer de façon incontrôlée, nous voici vaincu par le cancer : cette production anarchique d’aberrations cellulaires, qui sont autant d’excroissances de « non-soi » que l’organisme se met à produire comme poussé par une folie auto-reproductive et autodestructrice. Une vraie bombe atomique.

Qui sommes-nous en vérité ? Tout ? Ou rien ?…

Cette expérience du grand vide, ce grand corridor ténébreux de la Mort, les mystiques l’appellent la « Traversée du Désert », la « Grande Nuit » mystique.

Sainte Thérèse d’Avila, Saint Jean de la Croix, Saint Ignace, et bien sûr Jésus lui-même, l’ont bien connue et traversée, aux prémices de leur entrée dans la Lumière.

Nos scientifiques aveugles appellent souvent ce type d’expérience « schizophrénie ». Ou « dépression chronique » quand elle est vécue de façon douloureuse, dramatique et se prolonge indéfiniment.

Alors qu’elle n’a rien de plus étranger à une scission de la psyché ou à une dépression réactive.

Quand elle est vécue comme une impasse sans foi ni horizon de salut, elle peut toutefois prendre la forme de l’acédie, la plus grande des tentations spirituelles sur le chemin de l’Eveil : le refus de la vie et le dégoût de l’existence : de la sienne, et de la vie ou de l’existence en général.

Mais elle peut aussi prendre la forme d’une perte totale de contrôle, d’une perte totale de la conscience d’exister. De ne plus savoir « qui » ni « ce que » « JE » suis. De ne plus avoir de soi, ni de « je », et encore moins de personne ou de personnage. Plus d’identité du tout. Juste de la conscience noyée dans la conscience indifférenciée.

Ceux qui se livrent à des expériences psychédéliques et expérimentent certains états modifiés de conscience grâce à des drogues comme le LSD, la mescaline, le peyotl, la datura, l’ayahuesca ou la DMT, vivent aussi cela en accéléré. Certains peuvent même y laisser leur âme et leur santé mentale. Et n’arrivent plus à revenir sur la rive commune où nous passons souvent le plus clair de notre existence,dans l’ignorance des réalités supérieures qui nous traversent, tant ce type expérience peut être déroutant.

Mais cette expérience est universelle. Nous la vivons tous au moment de mourir. Quand nous quittons ce corps et que soudain nous nous trouvons plongés dans l’océan de la Conscience. Que nous ne sommes plus une petite conscience vacillante comme la flamme d’une bouge qui s’éteint, mais que nous rejoignons et devenons « La Conscience », celle qui embrasse et irrigue tout l’Univers, qui contient tout le Savoir, toute la Connaissance, et baigne la totalité du Réel dans une lumière indicible de parfait Amour.

Pour devenir, et devenir vraiment « autre », et non juste un prolongement narcissique de soi-même, une extension, une protubérance, il faut vraiment accepter la perte et l’oubli. La perte et l’oubli de celui qu’on a été et qu’on ne peut ou ne veut plus être.

Il ne faut évidemment pas refuser d’être soi-même au motif que la réalité à laquelle nous participons dépasse largement les limites de l’ego. Ni rejeter celui que nous sommes a priori tenus d’incarner par les contingences existentielles, sociales et matérielles, en prétendant pourvoir nous en affranchir ou nous en débarrasser totalement. Car comme on ne saurait changer de corps pour revêtir le corps d’un autre, y compris dans l’effusion charnelle, on ne saurait changer subitement de destinée ni d’incarnation par son propre vouloir. A moins de sombrer dans la folie.

Notre vie est un parcours, avec parfois ses ruptures et ses changements de cap plus ou moins brusques et douloureux. Mais nous ne pouvons en faire abstraction ou en changer radicalement par miracle, nous exonérer de notre vie. Nous ne pouvons qu’évoluer et changer.

Combattre le réel, expérimenter la vie comme une lutte sans fin et sans merci, et souffrir toute notre vie de ce combat. Ou au contraire nous adapter, accepter, rendre enfin les armes. Et suivre parmi nos multiples désirs contradictoires celui qui nous aspire vers une vie meilleure, plus libre, plus ouverte, plus féconde, plus respectueuse de soi-même et de l’autre, plus en relation et plus connectée au réel, plus ajustée et plus participante de la Grande Réalité. Avec un cœur plus large et plus palpitant, qui embrasse à chaque inspir une parcelle plus vaste encore de l’Infini béant qui nous appelle au loin.

Et si nous acceptons de nous en remettre en totalité à celui que nous nommons « Dieu », alors tout devient possible.

Un meurtrier ou une prostituée repentie peuvent devenir un prophète ou une sainte, et servir Dieu d’un cœur aimant. Non parce qu’il ou elle a décidé d’amender ou de réformer sa vie. Mais en se remettant totalement à la Miséricorde divine. Et parce que Dieu l’a lavé, purifié, oint, béni. Que toute trace de ses erreurs, manquements ou « péchés passés ont été vraiment effacés, jetés loin de son être. Qu’aucune puissance entropique ni aucune logique karmique ne peut plus générer, du fait de ses erreurs passées, un avenir mauvais, funeste ou limité.

Car Dieu détruit VRAIMENT le péché. Il ne s’agit pas de morale. D’une économie du bien et du mal. Il ne s’agit pas seulement d’éthique comportementale. Ni d’une simple sagesse qui nous conférerait un sens du juste et de l’injuste. Ni seulement d’une forme de pardon, sentimental ou puritain. Dieu anéantit vraiment et définitivement le pouvoir entropique généré par nos manquements, petits ou grands, nos trahisons, nos coupures et nos retranchements d’avec l’énergie de vie qui nous habite.

Car quand nous dévions volontairement ou involontairement de celle-ci, nous blessons et nous cassons des branches vivantes de l’arbre de vie que nous sommes. Et celles-ci repoussent ensuite difficilement. Nous les cassons pour nous-mêmes mais aussi pour notre descendance et pour tous ceux auxquels nous sommes reliés par des liens d’amours et des liens d’interdépendance spirituelle, ceux qui sont rattachés à nous et qui se nourrissent en partie de notre propre sève vitale.

Ce que nos fautes passées devraient « normalement » produire comme fruit mauvais, ou comme limitation du flux vital, Dieu le restaure en totalité et même au-delà. Il nous restitue dans notre intégrité de fils de lumière. Il nous ressuscite comme un premier né au premier jour de sa vie. Plein, rond et entier, sans une goutte de sang ni un atome d’énergie défaillant.

Mais il ne le fait pas pour que nous repartions du même point, là où nous étions arrêtés. Ni pour que nous reprenions notre vie là où nous l’avions interrompue. Ou que nous retournions benoîtement vaquer à nos occupations comme si rien ne s’était produit. Il nous déplace et nous transforme. Rien n’est plus désormais pareil et ne saurait désormais être autrement qu’autrement.

Dieu nous réinvestit de sa force et de son pouvoir. Mais il ne le fait pas pour que nous demeurions les mêmes. Le but de la vie n’est pas de simplement de vivre ou de survivre, mais de devenir. Et de devenir vraiment « autre ».

Une simple métaphore : à chaque instant nous « inspirons » puis nous « expirons ». Il y a dans chaque inspir un renouvellement de la vie en nous, dans nos poumons, nos cellules et notre être profond. Puis un expir : nous mourrons à ce que nous avons en partie été, nous abandonnons une parcelle caduque de notre être passé, mort, pour devenir autre. Nous devenons. Et si nous sommes mus par la vie et tendus vers Dieu, nous évoluons en bien, en bon et en meilleur. En plus reliés.

Vieillir, c’est renoncer à changer, à entrer dans la lumière et à abandonner les déterminismes de ce que nous appelons habituellement « la chair » : notre part animale, « bio-logique », périssable.

Cette part de nous-mêmes, il nous faut l’accepter, la bénir, la revêtir et l’incarner du mieux que nous pouvons. Avec amour mais aussi avec détachement et raison.  Car elle n’est qu’une part temporaire de notre existence. L’instrument et la matrice de notre Passage vers une vie tout autre.

Si l’on veut être authentiquement dans l’imitation de Jésus-Christ, il nous faut refuser la tentation ascétique de la fuite hors du corps et de la mortification.

Car si Jésus a embrassé en totalité l’existence humaine et a vécu en totalité l’incarnation, ce n’est pas pour que nous en exonérions par peur du corps et de la vie. Vivons donc en être pleinement incarnés, sans maudire notre nature mais au contraire en la bénissant. Sans chercher à nous extraire de la vie, mais en la vivant vraiment, et en en traversant toutes les dimensions, des plus triviales aux plus sublimes. Et laissant transformer ce corps en pure lumière, au terme d’épousailles et dans un embrasement d’amour totalement inédit :
« Je suis venu pour qu’ils aient la vie, et qu’il l’aient en abondance. » (Jean 10 :10)

Nous sommes issus de la Lumière et nous sommes appelés à revenir vers cette lumière au terme de l’expérience existentielle, après avoir accompli ou non notre « mission » terrestre.

Ce qui suppose de revêtir intégralement l’opacité de notre condition humaine et d’en vivre tout le processus transformatif, dans ce grand laboratoire spirituel qu’est la Vie incarnée.

Ce qui suppose d’accepter d’en visiter à plusieurs reprises au cours de l’existence les recoins les plus ténébreux. Avec à nos côtés nos proches qui nous assistent mais ne peuvent prendre la barque à notre place. Et aussi le « bon berger », le Fils de la Lumière, toujours à nos côtés, même et surtout dans les plus grands moments d’angoisse et de solitude apparente (Psaume 23).

C’est justement cette descente dans nos enfers intérieurs qu’il nous faut à plusieurs reprises accepter de de vivre et de renouveler. Non par une sorte de goût pervers et complaisant pour nos propres abysses ou pour la souffrance. Mais pour voir libérer en nous le potentiel de vie qui demeure enfoui. Comme un orfèvre qui accepte de revêtir l’habit sombre et crasseux du mineur pour descendre au fond de la veine y extraire les pépites d’or fin, qu’il transformera ensuite en diadème resplendissant.

Sauf que l’orfèvre, c’est Dieu et non nous-mêmes !

L’orgueil et la grande erreur des théoriciens existentialistes et constructivistes de l’identité, et le grand drame de ceux qui les suivent en prétendant se refaire ou se reconstruire, c’est de croire qu’on peut par sa seule volonté et selon sa propre fantaisie, modifier totalement sa propre identité.

Devenir vraiment une femme quand on est né avec un sexe mâle, grâce à un long travail de transformation hormonal puis en ayant recours à la chirurgie, comme le font les transsexuels. Ou devenir une personne toute autre que celle que les déterminismes biologiques, familiaux ou sociaux nous ont conduits à être.

Ce type de changement radical paraît en effet possible. Il y a des hommes nés mâles qui deviennent des femmes. Et même des transsexuels qui ont des enfants une fois opérés alors que la « nature » ne semblaient pas les y avoir prédisposés. Mais ce type de changement n’opère efficacement qu’à un certain niveau de réalité.

La nature humaine n’est pas binaire, en particulier la nature sexuée. Elle est beaucoup plus complexe et comporte beaucoup plus d’aberrations ou d’exceptions apparentes que notre esprit nous le laisse croire. Dieu n’est pas un ordinateur qui sépare le réel en fragments binaires. Dieu se manifeste à nous dans une réalité qui se structure autour de formes trinitaires.

C’est notre intellect qui sépare le Réel en réalités opposées selon une logique binaire. Et c’est le langage qui ordonne la réalité selon des schémas qui nous la font saisir et nous la représenter selon des modèles duels. Dieu est bien au-delà du duel. Et du non-duel, du non-dicible, du silence que nous nous imposions quand nous méditons et cessons de laisser pérorer notre raison ou notre pensée dualiste.

De la même manière, quand Dieu nous saisit pour nous transformer, nous ne pouvons savoir ni prévoir à l’avance là où il veut nous mener.

Si nous acceptons de nous en remettre à lui, ce n’est pas pour notre petit confort personnel. Avant de quitter totalement ce monde pour rejoindre le Père, Jésus a prophétisé à Pierre qu’il serait un jour conduit « là où il ne voulait pas aller ». Contrairement à l’autre disciple, le bien-aimé, qui lui demeurerait toujours auprès du Fils jusqu’à ce qu’il vienne (Jean 31 :15-23 : apparition de Jésus au bord du Lac de Tibériade).

Si nous donnons vraiment notre vie à Dieu, au lieu d’en faire une idole que nous sollicitons juste pour notre confort personnel et spirituel, tout devient en effet possible. Mais nous ne sommes plus le maître de notre vie. Elle appartient désormais à Dieu. Et lui seul décide de nous envoyer ici ou là. Lui seul décide « qui » et « ce que » nous serons appelés à devenir. Ce que nous serons appelés à réaliser « en son nom », et non plus en notre nom propre.

Si je m’en remets à Dieu, ce n’est pas pour m’approprier une puissance spirituelle nouvelle qui n’est pas la mienne et dont je ne suis que le dépositaire. Sinon je ne suis qu’un magicien. Et tôt ou tard je serai jeté dans l’abîme de feu avec les plus abjects des meurtriers.

Si je m’en remets vraiment à lui, c’est pour renoncer à mes propres projets, à ma propre volonté, à mon propre libre arbitre. Et accepter de devenir son instrument. Son serviteur. Et non seulement un « bon chrétien » qui sert encore en réalité son petit ego, dissimulé sous les oripeaux tartufes de la Vertu, juge les autres et donne des leçons de morale, de sagesse, ou s’érige en modèle de perfection spirituelle auprès de qui veut bien l’écouter, en singeant la sainteté pour mieux flatter son propre orgueil.

Ce n’est pas facile de renoncer. De renoncer vraiment. Et non juste de renoncer en surface ou en partie. De renoncer inconditionnellement, comme Jésus l’a fait en se livrant librement à la Croix. De renoncer à ce que nous cherchons à abandonner volontairement, parce que cela ne fonctionne plus, que cela nous embarrasse et nous fait souffrir : nos vieilles habitudes, nos vieux conditionnements, nos limites et nos esclavages intérieurs ou extérieurs. Mais aussi renoncer notre chère « liberté »…

Car l’obéissance à Dieu, ça existe aussi ! Et cela fait partie du New deal spirituel que nous passons avec notre Dieu d’Amour. Par un marchandage de marchands de tapis : je te donne ceci si tu me donnes cela. Mais un pari vertigineux : je te donne ma vie, sans savoir ce que tu désires pour moi ni où tu veux me mener, ce que tu veux faire de moi plus tard, une fois que j’aurais accepté que tu me transformes.

Je te donne ma vie avec la certitude que tu veux le meilleur pour moi : un bonheur bien plus vaste que ce que je n’aurais jamais osé concevoir, espérer ni revendiquer pour moi-même.

Je le fais librement et totalement, sans réserve aucune. Je consens à m’en remettre totalement à toi et à te suivre aveuglément. Avec la certitude et la confiance que là où tu me mèneras, je ne manquerai jamais de rien. Et serai glorifié bien au-delà des glorioles auxquelles mon ego pourrait prétendre. Je serai sanctifié bien au-delà de ce que mon orgueil pourrait me faire désirer comme modèle de sainteté.

Ce pari, ce saut dans le vide sans élastique, il nous faudra le renouveler plusieurs fois. Parce qu’assurément, une fois embarqué dans la grande aventure, nous serons tôt ou tard tentés de nous rendormir, de faire demi-tour, sans même nous en apercevoir…

Croyant avoir atteint un stade satisfaisant de notre évolution spirituelle, nous régresserons un jour immanquablement, et nous nous retrouverons confrontés aux mêmes écueils. Jusqu’à ce qu’à nouveau nous mettions un genou à terre et confessions notre stupidité et notre aveuglement afin de nous laisser pardonner, renouveler et saisir de nouveau.

Rares sont les grands saints qui ne connaissent jamais de rechute. Paul n’a cessé de lutter toute sa vie contre les doutes. Et contre une nature plus sensuelle qu’il n’aurait voulu et qui le tourmentait au point de vouloir s’en défaire. Pierre a renié trois fois avant de pleurer amèrement le maître qu’il avait trahi et laissé mourir sur une croix. Plus tard, même si l’Esprit l’aura investi de sa puissance, il a aura connu aussi les doutes, les affres de l’angoisse et la froide obscurité du cachot. Thérèse de Lisieux n’a cessé de confesser ses imperfections et ses doutes. Etc…

Et Jésus lui-même a entamé son ministère après avoir traversé toutes les formes de tentations au désert durant 40 jours de jeûne. Puis l’agonie et la tentation du renoncement à sa mission de Sauveur et à sa nature de Christ à Gethsémani. Puis l’abandon total et l’entrée dans la grande nuit de la Mort qui précède la Résurrection, sur la croix à Golgotha.

Tous nous devons accepter de laisser notre ego crucifier.

En nous désidentifiant de celui-ci, au risque de souffrir horriblement d’une interminable agonie.

Et de nous laisser revêtir d’un habit de lumière d’une facture, d’une taille et d’une couleur dominante que nous n’avons pas choisies.

Nous devons accepter de nous voir remettre un nouveau « Nom » que nous n’avons non plus ni connu à l’avance ni choisi nous-mêmes.

Et non de nous réinventer une identité pour hisser artificiellement notre ego plus haut, à une étagère bien en vue sur les rayonnages de l’autel où sont rangées nos propres idoles.

Christ veut des christs. C’est-à-dire des fils nus et obéissants mais oint de la puissance de l’Esprit. Et non des soldats casqués et armés de métal prêts à livrer orgueilleusement bataille contre l’Ennemi.

Comme le disent les sages taoïstes : « Imposer sa volonté aux autres, c’est force. Se l’imposer à soi-même, c’est force supérieure ». (Lao Tse)

Mais Dieu ne veut pas seulement des sages. Il ne veut pas seulement que nous sachions nous imposer à nous-mêmes notre propre volonté au lieu de prétendre combattre l’autre et remporter victoire. Il veut que nous acceptions de nous en remettre avec confiance et amour à Sa volonté.

Mais l’humilité, la vraie, est tout sauf son contraire : l’hypocrisie tartuffe qui nous fait souvent jouer les humbles, alors que nous bouillonnons d’orgueil et souhaitons en vérité nous hisser au-dessus des ignorants, des mécréants ou des brebis stupides que nous méprisons superbement.

L’humilité n’est pas fausse modestie. Ou négation des talents et des missions que Dieu nous a confiées et nous confie encore. Jésus est humble mais ne renonce pas à la puissance que le Père lui a confiée. Ni à dire la vérité pour défaire les orgueilleux et les hypocrites. Il en fait au contraire un bon usage, mais sans jamais s’arroger le bénéficie de la victoire, ni la gloire pour le résultat obtenu.

« A toi le règne, la puissance et la gloire ! » Il nous faut le dire et le répéter inlassablement quand Dieu nous investit d’une puissance nouvelle et nous équipe pour le combat qu’il veut nous voir mener en ce monde au nom de l’Amour.

Si nous cherchons la gloire, nous serons humiliés.
Si nous cherchons la victoire, nous serons vaincus.
Si nous cherchons à nous sauver par nous-mêmes, nous serons anéantis.

Mais si nous cherchons la Vérité, si nous cherchons à servir la Vie, si nous cherchons à laisser agir consciemment l’Esprit qui demeure en nous, mais qui peut tout aussi bien nous délaisser à tout moment, alors nous sommes réellement revêtus de la puissance de Dieu.

Mais que l’orgueil vienne nous saisir et que nous nous nous glorifions nous-même de cette puissance qui nous habite, ou que nous tentions d’en user nous servir nos intérêts propres ou jouir de l’ivresse que son usage nous procure, et elle nous quitte aussitôt. Et nous chutons plus bas et plus nus que nous ne l’avions jamais été auparavant.

C’est donc avec un effort constant de discernement et d’humilité qu’il nous faut tenir debout face à Dieu.

Nous ne saurions jamais y parvenir sans le secours de l’Esprit qui nous guide et nous éclaire.

La vie spirituelle n’est pas ni roman ni une épopée. C’est une relation d’amour bien réelle, à renouveler chaque matin.

Quand on célèbre un mariage, on ignore souvent qu’il nous faudra en renouveler chaque jour les vœux. Il en va des même pour la relation de compagnonnage avec Dieu.

Et nul ne peut prédire à l’avance quel nouvel épisode nous serons conduits à vivre. Quel fruit nous serons conduits à livrer, ni quelle rencontre inattendue nous ferons sur la route étonnante que Dieu nous invite à suivre.

Mais quelle autre vie pourrions-nous vivre quand nous avons goûté la saveur de la vraie Vie ?

Comment pourrions-nous nous rendormir dans une existence étriquée, morne et solitaire, quand nous avons goûté à la félicité de voyager sous le soleil, avec les multiples frères que Dieu nous donne à connaître pour partager et voyager ensemble ?

Vivre, c’est mourir pour revivre de nouveau. Plus loin, plus haut, plus vaste et plus éternellement encore.

Il n’y a pas d’autre vie de substitution que la Vie en Dieu.

Tout le reste n’est que cinéma hollywoodien, mensonge et piège.

Alors en marche, tous et toutes !