LA DICTATURE EN MARCHE

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Le nombre de lois, décrets et dispositions nouvelles destinées à entraver les libertés individuelles et renforcer drastiquement la surveillance des populations en toute illégalité qui ont été votés ou imposés depuis l’affaire Griveaux, et surtout depuis le début de cette épidémie, est absolument ahurissant ! Du jamais vu dans toute l’Histoire de notre République depuis 1793, qui a pourtant connu des heures très sombres.

Beaucoup l’avaient anticipé, avaient tenté d’alerter. Cette fois nous y sommes.

Les politiques, les journalistes, les intellectuels, et tous ces imbéciles qui désormais oseront prétendre que nous ne sommes pas entrés pour de bon dans une DICTATURE ultralibérale, sont tout simplement des complices de cette machination. Des esclaves consentants, des poltrons ou des fourbes. Et clairement des traîtres à la nation. A ce qui fonde ses valeurs. A commencer par la Liberté.

La première des libertés fondamentales qui meure sous nos yeux, c’est la liberté de penser (de conscience) et son corollaire la liberté d’expression. Les premières visées par toutes les dictatures. Désormais bridées par étapes sur les réseaux sociaux. Le gouvernement a ainsi par exemple récemment exigé de Facebook qu’il supprime toute publication qualifiée arbitrairement de « fakes news » ou de « propos complotistes« . Et qu’il veille à sensibiliser leurs auteurs, voire qu’il supprime leur profil. Cela avait été pourtant annoncé par certains membres du gouvernement l’affaire Griveaux comme souhait visant à limiter les « atteintes à la vie privée » et les « fake news« . Beaucoup avaient ironisé mais ne croyaient pas que de telles propositions outrancièrement hypocrites et liberticides seraient mise en oeuvre. « Ils n’oseront jamais s’attaquer ainsi à la liberté d’expression« , disaient-ils.

Voilà. Ça c’est fait.

Il faut dire que Marc Zuckerberg, ami personnel d’Emmanuel Macron, ne peut rien lui refuser depuis qu’il a renoncé à taxer au taux fort les GAFAM, comme annoncé puis abandonné en une nième reculade.

La France était déjà depuis le 11 Septembre l’une « démocraties » avec le plus haut niveau de surveillance des citoyens sur internet. Notamment depuis les lois LOPPSI 1 2 3 et HADOPI 1 2 mises en place sous Sarkozy et Hollande. Au nom bien sûr de la « lutte contre le terrorisme » et du « respect des droits d’auteur ». Avec ces nouvelles dispositions contraignantes et liberticides sur Facebook, la France fait désormais figure d’exception et plastronne dans le peloton de tête aux côtés notamment de la Chine, de la Russie et des Etats-Unis, parmi les pays où la censure des contenus et des opinions est la plus forte.

Plus fort encore, l’Etat français a aussi obtenu du réseau social qu’il avertisse systématiquement et régulièrement chaque utilisateur de tous les contenus « indésirables« , conformément à sa Charte ou aux demandes plus opaques des états, qu’il aurait récemment « likés » !

Une façon de culpabiliser ceux qui seraient tentés de s’écarter de la Dogma, c’est à dire des discours et opinions déclarés vrais, justes, licites, acceptables par le pouvoir et par son autorité de contrôle de la Pensée.

La France « n’est pas la Chine », non non non ; en tout cas elle y ressemble de plus en plus.

Et c’est ainsi qu’en quelques semaines, coronaparanoïa oblige, nombre de journalistes d’opinion et d’intellectuels médiatiques se sont mués en véritables agents de surveillance d’internet au service de la Pensée unique et du Ministère de la Vérité. Cumulant les rôles de flics, juges, procureurs et bourreaux. Traquant dans les discussions le moindre écart de pensée, la moindre propos suspect, sur les sites des médias, les forums de discussion et les réseaux sociaux.

Bientôt, penser autrement que ce qui sera autorisé, ou dire le contraire de ce qui sera déclaré « vrai » par le pouvoir, sera considéré comme un « délit » voire un « crime ». Et donc passible de sanctions pénales. Comme dans 1984. Agir ainsi est déjà considéré par les ayatollahs autoenrôlés de la Pensée unique de plus en plus nombreux sur les réseaux comme une faute morale, civique, et une entrave à la bonne marche de l’Etat « en guerre » contre le coronavirus.

Une autre liberté qui est d’ores et déjà considérablement réduite sans que l’on sache quand ni dans quelles conditions ce statut d’exception sera levé, c’est la liberté de se déplacer pendant le confinement. Avec assignation à résidence surveillée pour tous, et des sanctions policières à la clé, allant jusqu’à la prison en cas de contravention aux consignes de confinement. Y compris pour des motifs déclarés licites comme aller simplement faire ses courses, promener son chien ou rendre visite à un parent malade, puisque tout est laissé à l’appréciation arbitraire des policiers, avec une grande variabilité d’interprétations et d’abus de pouvoir ayant fait l’objet de contestations et de plaintes de la part des prétendus contrevenants.

Les libertés d’association, de réunion, de manifestation, sont quant à elles de fait suspendues sinon abolies. Sans que personne sache quand ni comment elles seront rétablies. 2 mois après les dernières manifestations contre la réforme des retraites et alors que le mouvement des Gilets jaunes semble enterré, c’est un succès total pour notre apprenti dictateur et son gouvernement.

Mais au-delà de la contestation sociale, aussi légitime soit-elle, contre un gouvernement brutal envers les plus précarisés et sourd aux revendications de tous les corps de métiers, y compris sa Police, son armée et ses pompiers, c’est toute la vie syndicale, associative, culturelle, artistique, sportive, et tout simplement sociale qui est morte dans ce pays. Bien sûr a priori c’est pour une bonne raison. Mais pour combien de temps ? Et avec quelle garantie que tout pourra un jour redevenir comme avant ?

La liberté d’entreprendre et de travailler sont elles aussi réduites. Ou plus exactement subordonnées à l’arbitraire du pouvoir, c’est à dire aux intérêts économiques et financiers qu’il sert. Lesquels semblent vouloir forcer les travailleurs à retourner bosser pour redémarrer l’économie sous la pression du MEDEF, en les délestant de leurs enfants renvoyés à l’école contre toute précaution sanitaire à partir du 11 mai.

On pourrait ainsi dérouler longtemps la liste des droits rognés ou abolis depuis 2 mois.
Comme les atteintes flagrantes à la vie privée. Notamment avec cette nouvelle appli GendNotes mise en place très discrètement par décret le 20 février dernier, aussi ahurissante qu’illégale, et qui permet aux forces de l’ordre de récolter des informations personnelles ultra sensibles sur chaque individu contrôlé. Comme son orientation sexuelle, ses opinions politiques, son appartenance syndicale, et pour qui il a voté aux dernières élections.

Sans parler de sa cousine qui fait plus de bruit, l’appli de traçage individuelle StopCovid, qui sera bientôt mise en place pour tracer tout le monde par géolocalisation durant le déconfinement, pourra collecter des données confidentielles sur la santé des uns et des autres, et évaluer les risques potentiels de contact avec le virus selon les interactions relevées entre les personnes porteuses d’un smartphone durant les jours qui précèdent.

Mais aussi toutes ces atteintes en nombre stupéfiantes au Droit du Travail, qui consistent notamment à autoriser les employeurs à obliger leurs salariés à travailler 60 heures par semaine, y compris le dimanche et les jours fériés, sans compensation, à supprimer congés et RTT, au prétexte de relancer l’économie.

Et demain ces atteintes encore plus inimaginables permises par la 5G déployée en ce moment même. Qui permettra de connaître en temps réel notre localisation au centimètre près (aujourd’hui évaluée au mètre près grâce aux satellites, réseaux mobile, wifi, bluetooth caméras de surveillance extérieures et webcams), de connaître et décrypter nos moindres mouvements, nos conversations (ce qui est déjà le cas aujourd’hui, du moins en théorie uniquement pour les logiciels de Google, Apple et Microsoft). Et même nos intentions cachées, grâce à la reconnaissance faciale, aux capteurs sensoriels et d’ondes électromagnétiques cérébrales glissés dans les lunettes et casques connectés, à des systèmes experts sophistiqués capables de décrypter en temps réel nos pensées. Et puis de faire le relevé détaillé et minuté de tous nos déplacements, de nos activités, connectées ou non, des personnes qui nous avons croisées, avec qui et pourquoi nous avons interagi. Un condensé de notre vie sociale et intime plus exhaustif et plus méticuleux que la mémoire que nous pourrions nous-mêmes garder de notre propre vie.

Bref, un monde bien plus totalitaire que le pire des scénarios orwelliens.

Alors que les idiots utiles de service n’aillent pas encore nous la ramener en disant que tout ceci n’est que fumisterie, exagération et délires complotistes ! Et que nous ferions mieux d’aller voir en Chine comment ça se passe, comme le conseillait récemment le Pinocchio agacé à ceux qui osaient parler de dictature en France à propos des violences policières.

2020 : Dictature Année Zéro ?

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Il y a peu de temps encore on ne pouvait pas parler de « dérive autoritaire », encore moins de « dictature » en France, ni affirmer que la « démocratie », même chez nous, n’était qu’une façade, sans se faire accuser de « complotisme » – le réflexe pavlovien des idiots utiles et des pétochards alignés sur la Doxa progressiste – ou de faire le jeu des « fascistes« .

Les yeux commencent à se déciller maintenant avec l’inflation des violences d’État. Violences policières mais aussi politiques, économiques, sociales, fiscales, juridiques.

Et aujourd’hui cette violence nouvelle, « sanitaire », apparue avec la crise du coronavirus. Une violence absolument révoltante parce qu’assimilable à un génocide. Et qui consiste à choisir arbitrairement qui va vivre et qui va mourir, la vie humaine étant aux yeux de nos dirigeants une valeur moins importante que la rentabilité hospitalière.

Autant de violences diffuses et protéiformes, tantôt évidentes tantôt insidieuses, mais toujours recouvertes par une langue de bois digne d’un sermon de catéchèse déroulé en novlangue progressiste.

La majorité d’entre nous ne sommes qu’au début de cette séquence de dégrisement.

Quand nous aurons enfin les yeux bien ouverts, nous comprendrons que tout ce sketch démocratique, toute cette mise en scène médiatique autour du pouvoir et des élections ne sont rien d’autre qu’un gigantesque hologramme grandeur nature destiné à nous endormir et nous gruger. A nous faire croire que nous serions le « peuple souverain », que nos monarques seraient réellement « élus », que le Parlement ne serait pas autre chose qu’un théâtre et une chambre d’enregistrement, une claque, et que nous serions tous consentants pour choisir ce sort ignoble d’esclaves producteurs-consommateurs béats, abrutis de télé poubelle, d’infos falsifiées et autres hanounasseries destinées à nous maintenir en état de réceptivité hallucinatoire.

Nous comprendrons alors que Macron n’a rigoureusement aucune « légitimité démocratique« . Qu’il n’a jamais été « élu par les Français« . Fût-ce par 1/8e du corps électoral. Qu’il n’est d’ailleurs même pas « Président de la République française« , encore moins « chef d’Etat » (quel Etat ?…), mais juste un haut fonctionnaire du Système.

Une pure imposture.

Que cette élection de 2017 rocambolesque, unique dans l’Histoire de la Ve, n’a jamais été qu’une splendide mascarade.

Examinons le détail du casting et du scénario de l’époque.

Premier champion du Système « élu dans un fauteuil » : Fillon. Forcé d’endosser dès le 2e acte le rôle du tartuffe pourri, du bouc émissaire commode du dégagisme. Puis Mélenchon : la caricature du populiste bolchevique, prophète du Prolétariat teinté de quinoa biolivardienne, mais radicalement incompatible avec le 21e siècle post-moderne. Hamon : frondeur improbable ayant envoyé vallsé l’As des traîtres. Utopiste décalé rescapé de l’extinction des dinosaures et idoles des jeunes. Une sorte d’anticapitaliste bio remixé dans un Apple Store.

Des cadors auxquels il faut ajouter quelques spécimens cocasses parmi les outsiders, histoire de pimenter le script. Asselineau en disque rayé ânonnant en boucle quelques versets sataniques de la Constitution Européenne, du Code Civil et du Code des Montres et Pendules. Arthaud dans le rôle de la furie trotskyste, un râtelier de couteaux effilés entre les dents. Poutou dans le rôle du grand-frère anticonformiste et babacool, parti taquiner keufs et bourgeois pour faire glousser les camarades syndicalistes. Lassalle dans le rôle du grand bâton de berger descendu de ses montagnes, chantre des traditions rurales et populaires, parfumé au lait de chèvre avec quelques relents sexistes et homophobes. Et Cheminade dans le rôle du Pierrot lunaire jamais sorti de sa fusée.

On passera sur Dupont-Aignan, succédané pleurnichard de la vraie vedette de ces élections…

Car bien sûr c’est elle que tout le monde redoute ou attend, l’irremplaçable Marine Le Pen dans le rôle de la méchante du film : la Maléfique néonazie. Chouchoutée par tous les médias parce qu’indispensable pour faire gagner le champion au second tour.

Au fait, dans cette farce en 3D à rebondissements destinés à amuser le peuple, qui est vraiment Macron ?

Un mirage. Une idée. Une hallucination.

Un nouveau venu encore inconnu 3 ans auparavant. Un look propret, un verbe, des postures, une success-story et un positionnement de campagne savamment millimétrés par ses officines de marketing politique. Les mêmes qui nous vendent chaque jour de la merde pour nous faire crever à petit feu.

Quant aux médias qui ont quasiment tous contribué à fabriquer le mythe, permis son ascension dans l’opinion publique et fait campagne pour lui, ils ont servilement chroniqué et donné vie à un scénario écrit à l’avance.

Depuis l’entrée par les coulisses du pouvoir en tant que conseiller de Hollande chargé de dicter la politique économique de la France, jusqu’au Sacre impérial au soir de l’élection devant la Pyramide maçonnique trônant au beau milieu du Palais des rois de France : du jamais vu même au temps de de Gaulle ! En passant par ce faux couple d’opérette entre un homo placardisé et son ancienne prof de lycée, marâtre et conseillère privée.

Tout avait été si méticuleusement choisi, pensé, repéré, calibré. Et fut réalisé comme un chef d’œuvre du péplum hollywoodien. Cette Ascension vers le pouvoir jusqu’à la scène du Triomphe en carton-pâte aurait mérité un Oscar du Meilleur acteur au Pinocchio du Système, et celui du Meilleur film, du Meilleur scénario, du Meilleur réalisateur à ce « Projet« , dont la teneur se résumait à la jeunesse de l’impétrant. Avec pour unique promesse ce slogan d’une bêtise et d’une efficacité inouïes : « Macron, c’est nouveau ! »

Depuis 3 ans que cette arnaque magistrale nous a été infligée à notre corps consentant, tout n’a été que mensonge et déni. Fausses promesses et vraies tromperies. Ajoutées à une froideur implacable, un cynisme hors norme, une détermination irascible à dérouler un agenda conçu par les mentors du Pinocchio de la dictature oligarchique.

Les mêmes qui l’avaient repéré tout jeune à peine émoulu de Sciences Po. Qui l’avaient biberonné au bon lolo progressiste, avaient sponsorisé sa carrière et son ascension vers le sommet : haute fonction publique, Commission Attali, Banque Rothschild en tant que dirigeant associé pour y apprendre les arcanes de la haute finance et les « valeurs » de l’élite mondiale, dont il sera désormais le fidèle valet. Puis conseiller du Prince, et enfin Ministre des Finances, le temps d’aiguiser ses canines de prédateur cynique en réalisant quelques fructueuses martingales grâce à la vente à des vautours étrangers de quelques joyaux de l’industrie française comme Alstom.

La suite on la connaît : parti politique bidon, entrée en campagne par les routes secondaires, construction d’un hologramme politique de candidat jeune, intelligent, dynamique, compétent, intègre, volontariste « et en même temps » à l’écoute des préoccupations populaires.

Même son absence de programme a été volontairement retournée à son avantage : chacun pouvait y projeter ses attentes et ses désirs. Le faux et le flou de ce personnage furent la matrice et la condition du Rêve, de cette puissante épopée narcotique collective.

Le temps d’une folle campagne en tout cas.

Le mirage Macron s’est ainsi construit en creux dans la conscience collective. Jusqu’à ce que cette promesse fondée sur un vide absolu, ce conte de fées autour d’un Prince Charmant en toc sorti tout droit d’un casting de film de pub, cette hystérisation manipulée des espoirs individuels et des émotions collectives comme dans un festival rock, aboutissent à l’opposition finale de deux héros totalement antagonistes mais absolument complémentaires.

D’un côté la vieille héritière du parti de la France rance, populiste, xénophobe, étriquée, recroquevillée sur ses peurs et ses ressentiments. Et de l’autre le Peter Pan des gogos venu emmener les orphelins de Marianne vers le Pays Imaginaire des bisounours polyglottes, multiculturels, hyper connectés, hyper mobiles et mondialistes.

L’arrière-garde des losers frustrés contre l’avant-garde des winners au sourire Sensodyne.

Un clash générationnel aussi.

D’un côté les « boomers » de la Génération Mitterrand, déclassés par la « start-up nation » et frustrés de la disparition de l’État-Providence. Auxquels s’ajoutent parmi les premiers électeurs de la Marine la génération des 18-30 ans les plus laminés par la crise et le chômage, du moins ceux qui ne s’abstiennent pas. Et qui tiennent à donner de la voix pour dire à quel point ils haïssent ce monde faux dans lequel ils n’ont pas leur place.

De l’autre la Génération Macron, celle des « momos » (mobiles moraux), hyper dynamiques, hyper performants, hyper réactifs, hyper conformistes, totalement asservis au Système qui les a fabriqués. Et n’ayant aucune autre colonne vertébrale éthique que les poncifs bien usinés de la Pensée unique, du politiquement correct et des « causes à la mode » : écologie, féminisme, antisexisme, pro-LGBTQ, antiracisme, anticolonialisme, antifascisme, antinationalisme, anticorporatisme, communautarisme, défense des minorités, des migrants…

A ceux-là s’ajoutent quelques bobos déçus de la sociale-démocratie et reconvertis au progressisme.

« Progressisme », voilà le mot : beaucoup de blablas et de pieuses intentions au service d’une seule idéologie : l’ultralibéralisme. Et surtout de la micro-élite de ploutocrates qui tirent les ficelles.

Une génération phobique de cette populace ringarde et fainéante qui n’a pas su prendre le TGV de la révolution numérique En Marche. Et qui pleurniche aujourd’hui parce qu’elle est totalement déclassée.

Les imbéciles qui ont voté Macron « pour faire barrage à l’extrême droite » comme on les avait programmés à le faire se retrouvent aujourd’hui face à une triple désillusion.

D’abord leur champion au sourire de Prince charmant n’est qu’un horrible suppôt du Satan mondialiste. Ce Mammon qui règne en maître sur le monde, régisseur obsessionnel de tous les pouvoirs et de toutes les possessions. Ce dieu de l’Argent et des richesses qui est le véritable Prince de ce monde. Et le Prince du Mensonge qui nous vend chaque jour un bonheur factice, individualiste, faussement hédoniste, hypermatérialiste, consumériste. Une arnaque à l’échelle du monde qui nous enferme dans une société transparente, fasciste, hypernormative, d’une violence sans nom et d’un niveau d’aliénation physique, psychique et spirituelle supérieur à tous les totalitarismes et toutes les dictatures que nous avions jusqu’ici connus.

Ensuite la démocratie à laquelle ils croyaient avoir contribué, qu’ils croyaient avoir défendue contre un fascisme résurgent, n’est qu’une pure illusion. Macron n’est pas le Président élu d’un Etat démocratique : tout ceci n’est qu’un mensonge. Il n’est que le jouet d’un système oligarchique qui entend préserver les apparences de la démocratie en opposant certains régimes comme le nôtre à d’autres plus obvieusement dictatoriaux comme la Corée du Nord, la Chine ou la Russie.

En vérité ce que cache la mondialisation économique et financière et la soumission des logiques politiques et juridiques à celle du Marché, c’est l’existence depuis déjà plusieurs décennies d’un Ordre gouverné par une élite, qui a réuni depuis longtemps suffisamment de pouvoir pour contrôler et arbitrer tous les autres pouvoirs, à commencer par le pouvoir politique.

A ce titre le discours « libéral » (libre-échange, liberté d’entreprendre, d’acheter et de vendre, d’investir, de bouger ; mais aussi libéralisme social et sociétal qui rejoint le discours humaniste…) est autant une arnaque que le discours « progressiste » (ni droite ni gauche, mi libéral mi social) qui lui a succédé.

En réalité, si l’idéologie dominante se dit « libérale » d’un point de vue rhétorique ou même selon les méthodes de gestion, d’arbitrage politique et les stratégies économiques mises en avant, les intérêts qu’elles servent n’ont absolument rien de libéral. C’est même tout le contraire. Et on le vérifie lorsque les contestations qu’elles engendrent débordent des limites imposées sournoisement par le pouvoir en place.

Ainsi la crise des Gilets Jaunes et la mise en scène des émeutes des Black Blocs ont servi de miroir, de défouloir et d’exutoire pour canaliser sous forme de mini guerre civile hebdomadaire la grogne populaire alimentée par des réformes de plus en plus impopulaires, perçues comme injustes et cyniques, et imposées par des gouvernants bloqués sur un mode de communication du type : « Je vous ai compris, faisons plus de pédagogie ! »

Dernière trahison et désillusion chez les macronistes zélés qui avaient cru promouvoir « la Rupture » : Découvrir que toutes les valeurs qu’on leur avait inculquées depuis les bancs des grandes écoles (effort, sacrifice, efficacité, rentabilité, performance, adaptabilité, mobilité, cosmopolitisme managérial, excellence, mérite… enrobées dans un chamallow de fausses causes et fausses valeurs « de progrès« ) n’étaient en fait qu’un tissu de mensonges et de promesses bidon destinées à les asservir.

Avec comme seul horizon de devenir au mieux un autoentrepreneur überisable et corvéable à merci, avec pour seule liberté de bosser toute sa vie comme un damné pour payer sa retraite et ses charges. Et au pire d’être promu l’un de ces petits chefs sadiques et arrogants qui tyrannisent leurs employés en leur promettant la lune pour produire toujours plus, mieux et moins cher afin de grossir la cagnotte de leurs actionnaires.

Ceux qui ne sont pas déjà en train de se fabriquer un cancer en se tuant à la tâche en sont déjà probablement à leur 3e burn-out. Et s’accrochent au Moloch en attendant d’être virés et remplacés quand sonnera le tocsin de la ménopause du cadre.

Les momos de la Génération Macron sont pourtant les premiers à se moquer de leurs parents les bobos, ces babyboomers qui ont passé leur jeunesse à polir des rêves d’un autre monde égalitaire et humaniste, avant de se reconvertir à l’aube de la quarantaine en patron d’un groupe de presse néolibérale ou patron d’une chaîne de distribution écoresponsable.

Or les voici aujourd’hui pris dans des contradictions encore plus cuisantes : leurs idoles de jeunesse, golden-boys et jet-managers quadrilingues, les Steve Jobs, Bill Gates et autres Bernard Tapie, sont aujourd’hui soit en prison, soit à la tête du Système.

Un Système dont le seul horizon est un monde toujours plus fou, qui a perdu tout sens de l’humain, et qui se noie dans le vertige transhumaniste, seul avenir d’un peuple de clones : l’homo numericus entièrement consentant pour épouser la Matrice technologique qui l’asservit, renoncer définitivement à son âme, à sa conscience, et se fondre dans l’Eden indifférencié des robots.

Les fans de Macron le Robot-Président sont ceux qui vont connaître la plus grave crise existentielle, quand ils vont découvrir que tout leur univers repose sur du vide.

Ceux qui n’auront pas le courage de se suicider rejoindront les hordes de rebelles insurgés, avec une aigreur et une violence nihiliste encore plus exaltées puisqu’ils auront à juste titre le sentiment d’avoir été manipulés et trahis.

Les plus falots et les plus idiots rejoindront les rangs des Sibeth Ndiaye et des Marlène Schiappa. Et continueront d’ânonner pour quelque temps encore un credo macroniste totalement vidé de toute substance. Avant que ces perroquets déplumés ne soient définitivement balayés par les lance-flammes des chevaliers de l’Apocalypse systémique lancés à l’assaut des dernières citadelles d’humanité et de vérité.

Toutefois, ce scénario de fin du monde ne se produira pas.

Car ceux qui dirigent le monde, s’ils ne peuvent s’empêcher de montrer leur vrai visage quand des incorruptibles se lancent à l’assaut de leur Matrice et menacent ses fondations, ne pourront survivre dans un monde dont ils ont déjà initié le programme d’autodestruction.

Avant que l’Apocalypse climatique n’ait permis aux termites de remplacer les humains, d’autres cataclysmes auront sapé les bases de ce Colosse aux pieds d’argile.

Déjà la crise du coronavirus a démontré la fragilité de tout l’édifice économique, financier, organisationnel et institutionnel du Système. Lequel peut très bien s’écrouler en quelques semaines à cause d’un virus microscopique, comme les aliens géants de la Guerre des mondes vaincus par de simples bactéries.

Même si certains espèrent spéculer comme ils l’ont toujours fait sur la banqueroute mondiale ou la flambée des prix des denrées alimentaires, ils ne pourront pas longtemps régner sur un désert, quand toute l’économie mondiale se sera effondrée, quand les monnaies ne vaudront même plus leur poids de papier, que le troc, l’autogestion et l’autodéfense auront remplacé les hypermarchés, la régulation mondiale, la dictature policière et le flicage de tous par tous.

Nous allons vers des temps incertains. Mais ce qui est sûr, c’est que la dictature des ploutocrates relayée par des banquiers prédateurs, des pantins politiques, des « machins » bruxellois, des croupiers de casinos où l’argent file et se volatilise à la vitesse de la lumière, des lobbyistes voués au commerce de la guerre, des énergies polluantes, des aliments trafiqués, ou des médicaments qui tuent plus vite qu’ils ne soignent, assistés par des robocops près à fusiller fils et filles pour protéger leurs maîtres, touche irrémédiablement à sa fin.

Nous devrions plus nous préoccuper de savoir quel monde nous voulons construire après, sur les ruines de l’ancien. Si nous ne voulons pas reproduire les mêmes modèles et les mêmes erreurs. Et éviter de nous laisser fasciner par la Chute de l’Empire.

Nous devrions nous émerveiller plutôt de l’Avènement d’une nouvelle ère, qui sera à l’opposé de l’ancienne.

Tout dépendra de notre capacité à élever collectivement notre conscience. A nous défaire de nous vieux oripeaux pour revêtir des habits neufs. A accueillir le monde qui vient sans regretter ou trop haïr le monde qui meurt.

Tout est possible. Nous sommes les créateurs de notre Réalité.

L’aventure humaine ne fait que commencer.

Les 23 avril et 7 mai, ne laissons pas d’autres décider de notre avenir à notre place !

Les 23 avril et 7 mai prochains, nous ne voterons pas seulement pour élire celui ou celle qui nous représentera pour 5 ans. Un président dont les pouvoirs, nous le savons tous, sont de plus en plus limités, dans une « démocratie » qui par bien des aspects relève davantage du symbole trompeur que d’une réalité.

Dans 5 et 20 jours, nous aurons à choisir entre plusieurs modèles de société. Et entre des avenirs radicalement opposés que nous imposerons aux générations futures.

Le modèle libéral, qu’on nous présente encore aujourd’hui comme la seule voie possible dans une économie mondialisée, a non seulement montré ses limites. Il a conduit la France vers son déclin et trahi les idéaux qui ont façonné l’Europe au sortir de la guerre. Il continuera demain de mener le monde vers le chaos et la destruction si nous ne sommes pas capables de lui substituer d’autres modes de vie, d’échange et de développement.

Cette idéologie qui prétend offrir le bonheur pour tous sur des seuls critères matérialistes, sert en vérité les intérêts d’une toute petite minorité. Assujettie aux logiques intrépides de la finance mondialisée et au culte de l’argent-roi, elle condamne à la pauvreté et à de nouvelles formes d’esclavage des milliards d’êtres humains. Et concentre les richesses et les pouvoirs dans les mains d’une élite toute-puissante.

Dénoncer publiquement cette vérité pourtant évidente et attestée vaut aussitôt suspicion de « complotisme », preuve que son hégémonie sur les consciences exerce un pouvoir quasi-totalitaire qui interdit toute expression d’une contestation objective et sereine.

Les conséquences des politiques menées au nom de cette idéologie sont pourtant désastreuses sur nos vies, l’avenir de notre espèce et de notre planète.

Le modèle de croissance hyperproductiviste et consumériste qu’elle défend dégrade notre environnement, épuise les ressources, ou en confisque l’accès en privatisant des éléments aussi essentiels que l’eau, les semences végétales, et pourquoi pas demain l’air respirable dans nos grandes cités surpolluées.

Elle instrumentalise les guerres et fabrique de la terreur à des fins politiques, stratégiques et financières. Elle déstabilise des régions, et tient sous son joug états et citoyens par le levier de la dette. Elle fait et défait les gouvernements, manipule les opinions grâce à des discours monolithiques validés par des « experts » et relayés par les médias. Elle nourrit les esprits des signes et modèles qui la servent grâce à l’industrie du divertissement.

Dans les sociétés dites démocratiques, elle repère et désigne ses champions, façonne leurs politiques, oriente leurs programmes avant de les faire adouber par les électeurs afin de mettre en application ses choix politiques et stratégiques dans une parodie de démocratie.

Aujourd’hui, au moins 2 des 11 candidats en compétition pour recueillir nos suffrages sont tout entiers au service de cette idéologie : François Fillon, qui incarne la poursuite du vieux modèle ultralibéral tel qu’il a été appliqué en Europe et aux Etats-Unis depuis 4 décennies. Et Emmanuel Macron, qui en constitue la poursuite sous les traits d’une apparence de renouvellement.

La promesse que le candidat d’En Marche ! entend incarner de redéfinir l’offre politique en dépassant le vieux clivage droite-gauche n’est nullement le fruit du hasard ni un simple slogan de campagne. C’est en vérité la résultante d’une stratégie conçue et appliquée de longue date par les stratèges néolibéraux américains. Ceux-ci avaient repéré très tôt ses talents et misé sur le potentiel de ce jeune énarque dont ils ont facilité l’accession éclair vers les plus hautes sphères de l’Etat, après une « formation » aux arcanes du libéralisme au sein de l’administration des Finances puis comme directeur-associé d’une grande banque d’affaires*.

La candidature d’Emmanuel Macron n’est donc aucunement la résultante d’une ambition ni de ses seuls mérites personnels. C’est une option préparée de longue date et qui demain permettra si le peuple lui offre ses suffrages d’accéder au pouvoir et d’appliquer une politique, qui loin de renouveler quoi que ce soit constituera le parfait prolongement des 3 mandats précédents, de Jacques Chirac à François Hollande.

La campagne inédite à laquelle nous assistons depuis 4 mois s’est construite sur le rejet des candidats traditionnels, mis-à-part François Fillon, dont les affaires n’auront pas réussi à ruiner le crédit auprès de l’électorat conservateur.

Elle s’est aussi orientée autour d’un nouveau clivage qui désormais oppose des candidats libéraux (« pro-système ») et des candidats qui contestent le modèle dominant et en proposent des alternatives plus ou moins réalistes : Benoît Hamon pour la gauche du Parti Socialiste, Jean-Luc Mélenchon pour le Front de Gauche, et Marine Le Pen pour le Front National.

Cette dernière séduit des électeurs déboussolés, excédés par le carriérisme et les mensonges des politiques traditionnels, inquiets des dérives de la mondialisation, l’immigration incontrôlée, la montée des extrémismes religieux et la menace terroriste. Prêts à adhérer à cette vision d’une France repliée sur elle-même, jalouse de son identité, et lancée dans une aventure qui romprait avec ses partenaires européens et ferait fi des bouleversements planétaires. Une perspective qui loin de nous protéger, précipiterait notre pays vers une faillite et un déclin assurés.

Benoît Hamon incarne à l’inverse un projet plus apaisé, résolument humaniste et par bien des aspects antinomiques des intérêts qui entendent pérenniser le modèle dominant. Il paye aujourd’hui le prix d’une campagne pas assez offensive ni suffisamment audible, en proie à des assauts incessants. Son projet a en effet été sans cesse minimisé, décrédibilisé, caricaturé en une « utopie irréaliste » portée par un candidat accusé d’être trop frondeur, isolé et incapable de rassembler son propre camp.

Jean-Luc Mélenchon séduit par son verbe mais son programme fait peur à beaucoup. On le décrit comme un crypto-communiste aux sympathies coupables pour des dictateurs latinos comme Chavez ou Castro, aux complaisances impardonnables pour Poutine voire le régime de Bachar El Assad.

Au-delà de ces raccourcis parfois fondés, souvent déformés, qui appellent plus d’esprit de nuance envers une personnalité complexe, la candidature de Jean-Luc Mélenchon cristallise des mécontents qui refusent la poursuite d’un modèle voué à l’échec, qui a depuis longtemps montré ses limites et son incapacité à endiguer les crises ; mais aussi des électeurs qui ne se résolvent pas à tourner le dos au monde ou à l’Europe en désignant des boucs émissaires et en divisant davantage les Français.

Cependant, au-delà de l’expression de ces mécontentements légitimes, le programme du candidat de La France insoumise incarne une toute autre vision du monde et de la France. Que ses opposants s’empressent de caricaturer en la décrivant comme irréaliste, dangereuse voire suicidaire. Mais qui par bien des aspects préfigure ce que sera le monde de demain s’il consent à s’inventer un autre avenir.

L’écologie en est l’un des piliers majeurs : elle est au cœur du programme de Jean-Luc Mélenchon, dont on peut gager que la conversion récente n’est pas qu’un simple artifice de façade destiné à renouveler le chant de l’internationalisme trop daté. Beaucoup d’idées inspirées par des experts sont réellement innovantes. Elles ont été pour certaines appliquées avec succès dans d’autres pays qui ont acté le tournant de la transition écologique et initié d’autres politiques de développement.

Les chances sont nombreuses en termes de recherche et d’innovation, d’économie alternative et de créations de nouveaux emplois, associées à une volonté de renforcer notre système de protection sociale au bénéfice des plus démunis.

Mais au-delà de la substitution d’un modèle ou d’une économie à une autre, c’est un véritable basculement de conscience qu’il permettrait d’opérer. La France est un pays qui jouit d’un réel dynamisme et d’un formidable potentiel intellectuel, culturel et d’innovation, hélas souvent occulté par sa coupable propension au déclinisme nombriliste.

Quant à la volonté de redéfinir les règles de fonctionnement d’une Europe à bout de souffle, totalement vendue aux intérêts des lobbies libre-échangistes, gageons que la France si elle se tient fermement déterminée à entraîner ses partenaires vers un aggiornamento de ses valeurs et de la règle du jeu européen, pourrait reprendre à l’Allemagne le rôle de moteur de l’Europe et réorienter celle-ci vers un avenir plus en phase avec les aspirations de ses peuples. En redonnant le primat à la justice sociale, à l’harmonisation des règles économiques et fiscales, en redessinant les axes de notre politique internationale commune. Ce que le non majoritaire à la Constitution européenne confisquée par le Traité de Lisbonne n’avait pas pu entériner.

Nous voici donc face à un choix crucial, qui est sans doute le plus important que nous ayons à faire depuis la Libération. Car il définira sans doute les contours de notre avenir commun pour les décennies à venir.

Ne cédons pas aux sirènes du marketing et aux mensonges des maîtres-chanteurs. Ne nous laissons pas abuser par des discours de façade destinés à nous endormir pour demain mieux nous asservir. Ni par des peurs qui nous feraient choisir par défaut un candidat inexpérimenté et sous influence en espérant échapper au cataclysme d’une France qui ferait bégayer l’Histoire en la renvoyant à ses pires démons.

Il nous reste 4 jours pour nous déterminer.

Soyons lucides mais aussi audacieux.

Misons sur l’expérience, la culture et le sens de l’Histoire, le pari du partage dans un monde ouvert et non menaçant ou replié sur lui-même : toutes ces qualités qui à l’évidence inspirent le candidat Mélenchon. Oublions ses aspérités qui dérangent et offrons-lui au moins la chance d’amender ses égarements en misant sur la sagesse et le pragmatisme mûris par l’expérience.

L’alternative qui s’offre aujourd’hui à nous est simple : nous entêter sur une voie qui conduit immanquablement à précipiter la ruine de notre humanité et de nos valeurs universelles, ou redonner le primat à l’imagination, à l’ambition et à l’initiative collectives, à l’humain, et acquiescer enfin au changement de paradigme conscientiel et civilisationnel qui nous ouvre les bras.

Bonne semaine. Et bon vote !


*Pour ceux qui douteraient de ces affirmations, lire cet article très objectif, factuel et éminemment sourcé écrit par un observateur expert en géostratégie : Macron ciblé par la CIA ?

Où va la France ?

politik

Une campagne inédite faite d’incroyables rebondissements : 2017 rompt avec les élections plan-plan de ce début de siècle. Mis à part le choc du 21 avril, 2002, 2007 et 2012 avait rejoué l’éternel sketch franchouillard d’un affrontement droite-gauche sans grande surprise, avec un favori désigné à l’avance par les sondages.

Cette fois-ci la politique fait concurrence à la téléréalité : chaque journée apporte son lot de scoops et de revirements.

On ne peut que s’en féliciter, car c’est la preuve d’une vitalité et d’un regain d’intérêt pour une politique qu’on disait désertée par les Français sinon pour ouvrir un boulevard tapi de ressentiments à un Front National bravache.

Pourtant la campagne de 2017 ressemble plus à un spectacle de catch qu’à un débat d’idées.

Le « renouveau » que certains prétendaient incarner de façon factice, les Bruno Lemaire et Emmanuel Macron, s’invite sous le mode de l’ultra-violence et des règlements de compte plus que du jeunisme béat.

Faut-il s’en inquiéter ? Ou faut-il y voir plutôt le signe que la France est enfin entrée dans le 21e siècle ? Les idéologies sont mortes, les ficelles de comm à la Séguéla ne dupent plus le gogo, les Français pensent (enfin, certains…), surfent sur les réseaux sociaux, comparent, twittent. Le voile tombe et les saltimbanques sont débarqués de scène les uns après les autres.

Mais où va la France ?

Le mythe de l’homme providentiel et du monarque président, hérité du fondateur de la Ve, a du plomb dans l’aile. Sarkozy fut l’ultime fossoyeur du gaullisme et Hollande celui du socialisme.

Reste la querelle des technocrates et des gérants de PME, qui veulent appliquer à une France moribonde des remèdes de médecins-bourreaux : qui la saignée libérale, qui l’assistance respiratoire.

Ou bien la fuite en avant vers un national-socialisme relooké, en réponse aux angoisses du terrorisme et à la fragmentation communautaire.

Que reste-t-il des candidats d’hier ?

La fin de règne exsangue et les primaires LR ont enfin congédié les deux rivaux les plus détestés : Hollande et Sarkozy. Symboles d’une façon égocentrique, cynique et carriériste de conquérir le pouvoir et de l’exercer, fondée sur l’imposture permanente et le mensonge assumé.

Juppé « « le vieux sage » qu’on donnait président depuis au moins 2 ans s’est fait coiffé par un autre ex-premier ministre d’une médiocrité abyssale, devenu en quelques jours le chantre de la morale conservatrice et de l’ultralibéralisme le plus passéiste. Le masque de la vertu n’a pas tenu 2 mois et Tartuffe se voit aujourd’hui contraint de fuir à Varennes pour échapper à la guillotine.

Défait aux primaires, Valls a payé pour la politique de Hollande rejetée par une écrasante majorité de Français, notamment à gauche. La fermeté face au terrorisme et les grandes harangues post-Charlie ont finalement peu joué face à la Loi El Khomri, à la déchéance de nationalité, à la capitulation face à l’Allemagne et au sentiment de trahison.

La victoire de Hamon aux primaires a confirmé la fracture entre un électorat de gauche et le mythe de la « social-démocratie à la française », abâtardie en libéralisme social de type blairiste qu’ont imposé Hollande et ses ministres en opposition à sa propre campagne.

Mais malgré son manque de sincérité perceptible dans ses discours, le procès fait à Valls est assez injuste. Car s’il a appliqué une politique qu’il soutenait, il n’en était pas le véritable inspirateur. L’éminence grise de Hollande, c’était Macron. Un conseiller parachuté par le système pour infléchir la politique économique de la France à son avantage. On connaît la suite…

C’est pourquoi la campagne de Macron ne résistera pas à la confrontation adverse : elle ne tient que parce qu’il s’est fabriqué une image de chevalier franc-tireur en marge des appareils enveloppé de flou artistique, de hashtags branchouilles et d’effets de tribune : un pur mythe pour bobos !

Ajouté aux affaires et à son curieux rapport à l’argent public qui ne manqueront pas de le rattraper, et malgré l’ardeur servile des médias à entretenir le mirage, la bulle Macron explosera tôt ou tard. Surtout face à Marine Le Pen, qui ne manquera pas de le dynamiter au premier face-à-face.

Le succès de Benoît Hamon en revanche est davantage dû à un effet d’aspiration qu’à une adhésion franche à son programme, innovant mais immature, sinon sur le mode de la rupture. Un programme orienté vers les jeunes et sans doute conçu comme un premier étage de fusée en vue des présidentielles de 2022.

Voilà donc pourquoi Hamon doit rapidement s’il veut gagner se tailler un costume de président. Rassembler. Mais aussi s’inventer un style. Se démarquer de l’image de jeune-homme frondeur, de rebelle centrifuge « à la gauche de la gauche » (ce qu’il n’est pourtant pas si l’on regarde son parcours…) et d’utopiste rêveur comme on le dit souvent.

Ses idées sont bonnes même si elles rompent radicalement avec une doxa imposée depuis 50 ans comme le seul choix possible. Mais ces idées sont en décalage avec les habitus thématiques et rhétoriques français. Elles séduisent les jeunes, les déclassés et ceux qui rêvent d’un autre monde possible, mais il leur manque un ancrage et une articulation plus nette avec les attentes du « pays profond ».

Quant à son image, à l’inverse des saillies baroques du bouillonnant tribun Mélenchon, elle pâtit à l’évidence d’un déficit de « visuel » et de maîtrise de la mise en scène. Contrairement à ses challengers Mélenchon et Macron. Ses premiers meetings devant un fond grisâtre laissent une impression fadasse, malgré un ton énergique et convainquant et l’aura d’outsider surprise dont il bénéficie.

Est-ce à craindre que Marine Le Pen pourrait briser le plafond de verre qui l’empêche aujourd’hui de rassembler plus de 50% des suffrages ?

Ou bien faut-il s‘attendre à une candidature Bayroux de dernière minute pour mettre tout le monde d’accord au centre et débusquer l’imposture du jeune banquier devenu Pinocchio ?…

presidentielle-2017

Tout est possible. Et on peut aisément parier que cette campagne nous tiendra en haleine jusqu’au bout.

Si l’on est vite sorti de la petite escrime des comptables opposant leurs programmes, on a perdu en profondeur et en débat d’idées.

Sauf que les « valeurs » chères aux candidats s’invitent par les commodités : face aux relents d’imposture, de tromperie, de mépris et d’injustice qui suintent derrière le camouflage des faisans déplumés, le peuple réclame des têtes et des comptes, plus de morale et plus de justice. C’est la grande lessive !

Espérons que ce lynchage finira par rehausser le débat au lieu de profiter au bain d’acide lepéniste.

Faute d’une grande vision et d’un grand dessein, celui ou celle qui l’emportera sera le candidat qui aurait su incarner cette aspiration du peuple à être entendu, à maintenir son rang dans le monde et dans l’Histoire et non seulement son orgueil illusoire de grande nation, à dialoguer avec force face à ses partenaires dans un monde chaotique mais interdépendant, et surtout à dégager du sens vraiment actuel, cohérent et pertinent, à porter un projet humain et serein pour l’Europe et pour le monde, et non seulement à œuvrer pour la croissance, les emplois ou une balance excédentaire.